Skip to main content

Full text of "Gazette des hôpitaux civils et militaires (Lancette française)"

See other formats
































ELEMENT au n« du 31 décembre 




TABLE DES MATIÈRES 

COffllES DANS LE TOME 6, DEUXIÈME SERIE, 

( 1844 ) 

DE LA LANCETTE FRANÇAISE, 


UZETTE DES HOPITAEX 


'■"ÿ\ 


CIVILS ET MILITAIRES. 


de la fosse iliaque (Gouraud), 53. — froid , ouverture 
e (Lisfranc), (23. — par congestion , ouverture par le ve- 
toire, Î36. — de la vulve (Huguier), 153. — de la fosse 
que (Chomel), 173, 202.—du bassin (Traitement des), 267. 
à l’anus, fistule. Guërison par la compression (Lisfranc), 
î. —de la cornée (Desmarres), 279.— hépatique, déler- 
lé par une paille dans le tube digestif, 291. — de la fosse 
ique (Nélaton), 417. — par congestion, larges incisions 
isfianr), 429. — de la gaine des fléchisseurs des doigts (Le- 
ir), 430. — par congestion sur une côte, syphilis (Chas- 
ignac), 436. — du poumon (Trousseau), 447. — froids sous- 
ilanés de l’aisselle. Ponctions par la méthode sous-cutanée 
landin), 553. —de la cloison du nez, 594, 

«PTioN veineuse (Panizza), 124. 

demie de médecine, 3, 15, 27, 38 bis, 51, 62, 71, 87, 99, 
II, 123, 135, 147, 168, 171, 183, 195, 208, 211, 215 , 227 , 
10, 251, 263, 275, 287, 298, 311, 323, 335, 347, 354, 367, 

19, 391, 403, 415, 427, 439, 451, 463, 475 , 480, 499, 511, 

19, 530, 543, 555, 568, 580, 590, 603. 
lÉMlK des sciences, 4, 15, 22, 39 bis, 51, 71, 83, 104, 107, 
ÎO, 135, 160, 183, 196, 208 , 211, 228, 264 , 276 , 287 , 311, 

23, 336, 356, 375, 398, 428, 439, 452, 463 , 481, 495, 512, 

36, 544, 568, 575, 591. 

loeisTS consécutifs aux opérations chirurgicales (Roux, dis¬ 
ours d’ouverture), 534, 542, 649, 558, 582, 597. 
tiMATEMENT des Européens dans les pays chauds, 20. 
oocHEMENT. Présentation du bras, évolution spontanée, 3. 
lonsidérations sur la délivrance (Barnetcbe), 12. — sur le 
recédé de Baudelocque, 184. — Forceps (Voir ce mot. — 
Ivolution spontanée (Danyau), 284. — spontané, malgré un 
ice du bassin (Danyau), 372. — Putréfaction du placenta 
Madame Mercier), 388. — Céphalotomie (Laborie), 483. — 
ouble (Chailly), 576. — Mort par excès de douleur (Pinel- 
irandchampj, 591. 

jpüNCTüBE pour les tumeurs sanguines. (Voir Tumeurs.) 
iiuTiNATiF. Emplâtre—, 140. 
ïAMTATioN animale (Thiloricr), 276, 287. 

BüMiMURiE. Causes de 1’ — (Fourcault), 211. 
cooL dans certaines maladies, 40. 

lÉNÉs. Système de no-restraint, 205.—Asphyxie chez les — 
Voir Asphyxie.)— Retour de la raison à l’approche de la mort 
;hez les—(Brierre), 216.—Hydropisie chez les (Brierre), 365. 
-Renvoi des. (Voir Feuilleton.) 
iMENTAiRES. Recherches sur les substances —, 196. 

UN dans la colique de plomb, 68. — dans la chorée. (V. 

lAUROsE (Lisfranc) , 49. — Nouveaux succès de la pommade 
le Gondret (Lisfranc), 147. — traitée par les antiphlogisti- 
jues. Hémorrhagie (Gerdy), 219. — Traitement par la noix 
vomique (Malgaigne), 351. 
iMONiACAt. Usage du gaz—, 308. 

MMONiAQüE dans le delirium tremens. (Voir ce mot.) 

MPUTATioN de la verge (Lisfranc), 49. — d’un sein pesant 
4 kilogr. (Lisfranc), 59. —du maxillaire supérieur (Velpeau), 
61. — au tiers inférieur de la jambe. Guérison sans conicité 
(Lisfranc), 77. — du nez. — de la verge (iô.). — du doigt, 
pour une difformité (Lisfranc), 78. — de la langue (Sédillot), 
83. — partielle du pied (Nouveau mode d’) (Poullain), 116.— 
de la cuisse (Baraduc), 138. — du sein ; difficultés (Lisfranc), 
234.— de la jambe. Nouveau procédé (Baudens), 278. — pour 
une gangrène sénile (Baudens), 341; (Roux), 366. — de la 
verge (Velpeau), 393. —de la verge (Roux), 419. — du ma¬ 
xillaire inférieur (Nélalon), 459. — des mâchoires. Nouvelle 
méthode, 460. — de la jambe et de la cuisse (Roux), 479. 
avGDALE. Concrétions de 1’ — (Léger), 79. — lodure de zinc 
dans certaines affections des—, 164. — Leçons sur l’hypertro- 
lie des (Baudens), 166. — Ablation de l’’—(Blatin), 327. 
usARQUE sans altérations appréciables (Castelnau), 311. 

SATOMiE chez les Chinois (Lieutaud), 40. 

SÉVRYSME poplité, ligature de la fémorale (Jobert), 341. — va¬ 
riqueux, suite de saignées, 358. — du cœur (Forget), 427. — 
de l’artère gastro-épiploïque (Allé), 476. 

SGiNE laryngienne œdémateuse (Fleury), 3. — pseudo-membra¬ 
neuse (Jadelot), 5. — de poitrine (Homolle), 380. 

NKYLosE. De r — (Lacroix), 23. — fausse du coude, 168. 
NTiMONiAux dans la phthisie, 212. 

SOS. Contraction spasmodique de 1’ — (Gerdy), 174. — anor¬ 
mal , s’ouvrant à la vulve. Etablissement d’un anus artihciel 
(Bérard), 286. 

■HONIE nerveuse, guérie par l’électricité, 44. — hystérique, 
guérie par le nitrate d’argent, 332. 

■opiExiE et hémiplégie (Arnal), 507. 

iGENT dans les épanchements articulaires. Nitrate d’ —, 52. — 
Propriétés de l’oxyde d’—, 164, 340.—dans la blennorrhagie 
(azotate d’—)(Berton), 588. 

iNicAdans les phlegmasies des amygdales et du pharynx, 169. 
iSEKic des cimetières (Ollivier), (330. — solution de Fowler, 
347, 360. — Acétate d’oxyde de fer, contre-poison de T—, 
564. — dans les fièvres intermittentes (Bertet), 404, 576, 
sENicALE. Nouvelle formule de solution — (Devergie), 268. 


Arsénieux. Emploi thérapeutique de Tacide —, 340. — Ab¬ 
sorption par les végétaux de Tacide, 396. — sur divers ani¬ 
maux. Nouvelles expériences avec Tacide —, 404. 

Artères. Sur le bruit de souffle des —, 439. — Blessures des 
(Amussai), 512, 591. _ . . u 

Arthrite blennorrhagique. Ponctions; sulfate de quinine (Bau¬ 
dens), 54. — traumatique. Glace, ib. 

Articulaires. Nitrate d’argent dans les épanchements —, 52. 

Arythkroïdien. Ganglion —, 398. 

Ascite. Teinture de cantharides dans 1’—, 344 . —Hypertrophie 
de la rate et du foie (Jadelot), 586. 

Asphyxie. Eau froide dans T—, 180. — chez les aliénés (Bail- 
larger), 216. — par le charbon, 295. ■— chez une femme en¬ 
ceinte, 599. 

Associations médicales. (V. l'*'Paris).—de vétériu. anglais, 592. 

Asthmatique. Liniment anti- —, 328. 

Asthme. Traitement par le nitrate de potasse, 48. — Lobélie 
enflée dans T, 363.—thymique (Jeanselme), 608. 

Auscultation et percussion chez les enfants (Trousseau), 25. 

Auïoplastie du prépuce (Vidal), 483. 

Autopsie. Discussion sur le droit d’ —, 24, 44. — d’un individu 
tué par la foudre, 280. 

B 

Baume opodeldoch liquide, 330. 

BEC-de-lièvre. Nouvelle méthode pour l’opération du — (Mal¬ 
gaigne), 43. 

Belladone. Effets de la —, 360. 

Bieeeettk pour les malades (Blatin), 108. 

Bibliographie. — Traité des maladies des yeux dé Mackensie , 
l9. — Précis de la doctrine de Montpellier (Alquié), 23.— 
Mémoires et observations de chirurgie pratique (Bermond) , 
28. — Nouvelle méthode de traitement des fièvres continues 
(Banque) , 28. — Nouveau guide des mères (Maire), 38. — 
Traité du-pied-bot (Duval), 43. — Histoire de quelques affec¬ 
tions qui peuvent occasionner la mort subite (Pichard), 43.-— 
Traité complet de Tanatomiedu système nerveux cérébro-spi¬ 
nal (Foville), 47. — Manuel pratique des maladies des voies 
urinaires par Guœury-Duvivier, 65.— Epicure opposé à Des¬ 
cartes, par Rochoux, ib. Traité de médecine opératoire , par 
Malle, 60. — Histoire des méningites cérébro-spinaleS (G. 
Broussais), 64. — Mémoire sur le traitement de quelques 
afi'ections de la matrice par le seigle ergoté (Arnal), 92. — 
Traité d’anat. (Pétrequin), 108.—Cours de microscopie (Don¬ 
né), 112.—Atlasd’anat. (Beau). 120.—Traité de la digestion 
(Blondlot), 143.—Annuaire de thérap, (Bouchardat), 147.— 
Du traitement de la phthisie (E. Pereyra), 148. —Manuel de 
médecine légale (Bayard), ib. Clinique chirurg. de la Pitié, 3' 
volume (Lisfranc), 155.—Eléments de patholog.méd. (Requin), 
168. — Recherches sur les causes de la maladie scrofuleuse 
(Lugol), 173. — Bibliothèque du médecin praticien (Fabre), 
185, 691.—De la physiologie dans ses rapports avec là philoso¬ 
phie (Virey), 223. — Etudes sur la mortalité dans les hagnes 
(Raoul Chassinal), 237. — Analyse de Tenlendement (Colli- 
neau), 247. — Eléments d’hygiène militaire (Mutel), 280 — 
Manuel du diagnostic des maladies du cœur (Andry), 280. — 
Essai de géographie médicale (Boudin), 284. — Hippocrate, 
traduction de Daremberg, 287. — Traité des phénomènes 
électro-physiologiques des animaux (P. Savi), 285. — Recher¬ 
ches sur le traitement médical des tumeurs cancéreuses du 
sein (Tanchou), 212. — Traité de Thypochondrie (Brachet), 
307. — De la fièvre typhoïde (Watton), 308. —Histoire de 
l’épidémie de Suelte (Parrot), 308. — De l’hydrothérapie 
(Scoutetten), 315.—De l’habitude (Martin jeune), 339.—Nou¬ 
velle théorie de l’action nerveuse (Durand), ib. Mélanges de 
chirurgie (Janson), 340. — Buffon , histoire de ses travaux et 
de ses idées (Flourens), 435. — Manuel d’auscultation et de 
percussion (Andry), 440. — Mémoires pour servir à Tétude 
des maladies des ovaires (Chereau). Théorie de la fécondation 
des mammifères (Pouchet). Manuel de petile chirurgie (Jamain), 
452. — Histoire de l’épidémie de méningite de Versailles 
(Faure-Villar), 472. Rapport sur Tophthalmie milil. en Hol¬ 
lande (Boissonneau), ib. Musée d’anatomie pathologique (Thi- 
bert), 472.—Nouvelles recherches'sur le traitement du typhus, 
(Cornay), 472. — Traité des maladies chirurgicales (Boyer), 
484. — Traité des plaies d’armes à feu (Serrier), 488. — Du 
cœur, de sa structure, etc. (Parchappe), 492. — Recherches 

• sur la nature et le traitement d'une cause peu connue de ré- 

■ tentiond’urine (Mercier), 600. —Nouveau manuel d’anatomie 
générale(Marchessaux),508. —Traité pratique d’auscultation 
et de percussion (Barlh et Roger), 524. — Traité des accou- 
ciieinenls (Cazeaux), 656. —Manuel d’hygiène (Foy), 592. — 
Art de soigner les malades (L. Bertrand), 600. 

Bichat. Restes mortels de—, 191,307, 338. 

Biliaires. Diagnostic et trait, des concrétions—(Duparque), 243. 

Blennorrhagie. Diagnostic de la — (Puche), 191; — et uréthrite 
chez la femme, 142. — 'Traitement par l’acétate d’argent (Ve- 
not), 500. 

Blennorhée. Injections de nitrate d’argent (Duhamel), 80. 

Blépharites (Velpeau), 149. — (V. Maladies des yeux), 169. 
— Trait, (Velpeau), 186. — conjonctivales; (Velpeau), 197. 

BLEssuREs'en disséquant (Moyens de prévenir les), 254. 


Brevets d’invention (V. Premiers Paris), 171. 

Bronches. Corps étrangers dans les —. Expulsion sponlanée 
(Faivre), 231. 

Bronchites (Bricheteau), 102, 142; — et stomatite (Guersant 
père), 509, 618. — (Bricheteau), 563. 

Behcine dans la paralysie (Bricheteau), 126. 

Brûlures. Traitement par le liniment oléo-calcaire et le coton 
cardé, 256. 

Bubons et leur traitement. — Considérations sur les — (Ray¬ 
naud), 212. — (Forget), 259. 


Cachexie cancéreuse, 357.— tubercul. de l’appareil urin., 601, 

Cadavérique. Causes de la roideur —, 28. 

Cagots des Pyrénées (Guyon), 428. 

Cal. De la formation du — (Lebert), 91. —vicieux, résection 
(Blandin), 213. 

Calculs chez les enfants. Méthode pour provoquer la sortie des 
—, 28. — vésical compliqué de grossesse, 86. — Instrument 
; pour extraire les graviers, etc. (Mercier), 111. — Evacuation 
î des débris de — (Leroy), 135. — de la fosse nasale (Blandin),. 
I 290. — salivaire et urétral, 490. — prostatique, 607. 
à Calvitie.'T einture contre la—, 564. 

5 Cancer utérin. Examen des signes diagnostiques (Chomel), 38 
5 bis. — du foie ; matière cancéreuse dans les veines (Méinne- 
ret), 50. — du maxillaire supérieur; amputation (Velpeau), 
61. — encéphaloïde du thorax (Arnal), 78. —■_ de la lèvre; 
récidive (Lisfranc), 85.—(Bricheteau), 126, 606.—Du col uté¬ 
rin ; application avantageuse des érignes (Lisfranc), 4 46. — 
du rectum opéré avec succès ; remarques pratiques (Roux), 
197, 255, 283. — de la glande lacrymale; ablation (Bérard), 
205. — Note sur lo _ (Tanchoul. 211. — de la vulve CHu- • 
guier), 214. — de l’orbite (Chassaignac), 3i». ■— Efficacité 
du chloride de plomb contre le —, 320. — de Tœil Bérard), 
329.— de la vulve et du vagin (Hnguier), 342.—Fréquence du 
tempérament sanguin chez les femmes affectées de cancer de 
la matrice (Tanchou), 369. — de la verge; Roux), 419. — du 
maxillaire supérieur (Velpeau), 552.—du fémur, 607. 

Cancéreuses. Statistique des affections — (V- Statistique.) 

Canitie chlorotique (Richelot), 563. 

Cantharides. Empoisonnement. (V. ce mot.)— Extrait acétique 
de — comme vésicant, 136. 

Caoutchouc comme hémostatique, 196. 

Cardialgie. Oxyde de bismuth contre la —, 448. 

Carie des dents. Matière delà —, 28. — de la phalange, 186. 

— de la mâchoire, 456. — de l’apophyse odontoïde, 601. 

Carragaheen. Préparations de— (Mouebon), 600. 

Cascarille dans la diarrhée des enfants, 388. 

Catalepsie chez une femme en travail, 291. 

Cataracte. Formation extraordinaire d’une,— 24.—guérie spon¬ 
tanément (Roussilhe), 72. — traumatique, pétrification du 
cristallin (Sichel), 168. — Recherches sur la —, 164. — Des 

— (Velpeau), 222. — Des eomplications et du traitement de 
la — (Velpeau), 229, 243. — compliquée de strabisme (Bé¬ 
rard), 257. — Préparation et soins dans l’opération de la — 
(Velpeau), 265. — sur un vieillard de 103 ans (Opération de 
—), 295. — par extraction ; généralités (Roux), 324. —; sur 
un seul œil (Bérard), 352. —Nouvelle méthode d’opération 
de la — (Bodinier), 453.—Opération par élévation (Hervez de 
Chégoin), 587. 

Catarrhe pulmonaire. Opium et acétate de morphine (Forget), 
208. — chez les vieillards ; traitement, 266. 

Cathétérisme de l’œsophage, de la trompe d’Eustache, 571. 

Causeries hebdomadaires, i, 9, 21, 35, 45, 57, 69, 81, 93, 105, 
117, 129,141, 153, 165, 177, 187, 201, 209, 221, 233, 245, 
257,269, 281, 293, 306, 3l7, 329, 341, 361, 373, 385, 397, 
409, 421, 433, 445, 467, 481, 493, 505, 513, 525, 537, 549, 
562, 573,585, 597, 605. 

Céphalotomie. (V- Accouchement.) 

Cérébrales. Affections—,432. — Diagnostic (Chomel), 457.— 
Affections — Chroniques, 474. 

Cerveau. Plaie d’arme à feu traversant le —, 267. — Affection., 
douteuse dii — (Chomel), 270. — Affections ihlétessantrs du 

— (Récamier), 305. — Leçons sur les maladies du — (Rostan)^ 
317 , 324, 421.'— Affection douteuse du — (Lagasquie),'332. 
— Ramollissement du — (Rostan), 614, 541. 

Césarienne (Opération) ; guérison, réflexions (Lebleu), 574. 

Chanvre indien. Propriété du — (Lieutaud), 39. 

Charbon produit par les poumons, 575. 

Chirurgie simplifiée de Mayor (Vidal), 24. 

Chlorose syphilitique. Traitement di la — (Ricord), 240, 403.. 

— guérie par les pilules de Vallet (A. Latour), 416, ■ • 

Choléra-morbüs en Chine. Traitement, 368, 448. — a Brest 

(Guépratte), 426. 

Chorée. Nouveau mode de traitement de la —, 96. —Efficacité 
de la strychnine dans la —, 288. — Traitement de la —, 308. 
— Traitement et marche delà — (Jadelot), 349. —Traite¬ 
ment (Chomel), 390. — dans la première enfance. Traitement, 
408. —Traitement par l’alun, 472. 

Choroïde. Ossifieation et hydropisie de la — (Furnari), 510. 

Choucroute crue. Emploi chirurgical de la—, 434. 

Ciguë contre les indurations glandulaires, 563. 













— 2 — 


Cils. Du renversement des —, 351. 

Clavicule. Fracture de la —. (V. ce mot.) 

Climat de la France. Recherches sur le — (Fuster), 15. 

Clinique Ouverture du cours de — (Guersant fils), » 

— de M. Fouquier. Discours d’ouverture, 566. 

CocHENiLLK Conlre la coqueluche, 28, 116, 188. 

Coeur. Maladies du — (Bricheleau), 414. "" _î, 

392. —Affections organiques du— (Chomel), lu y, s • 
Anévrisme du — (V. ce mot.) _ Hypercardiatrophie du 
(Piorry), 466. — Maladies du — (Bricheteau), 606. 

CoHATi. Médicament diurétique. Racine de —, 248. 

CoMQUE de plombi Traitement pas l'alun, 68. 
ment (Piorry), loS, 145. — Traitement de la —, 172. irai- 
tement, 352. 

Colle àiRimoniée (Souberbielle), 12, _ 

CoLLïRis. — Bu wttate d’argent dans k? —««O. 
ger de quelques—(Cunier), 384. 

Colombo. Racine de — dans les affections de 1 estomac, 456. 

Concours pour l’agrégation (médecine), 12, 24. — pour agr 
galion à Montpellier, 16. — Les juges doivent elre en nombre 
impair, 46. — Des épreuves éliminatoires du — (V. Premiers 
Paris.) Rejet de l’élimination, 108. — au Yal-de-Grace , 120. 

— pour l’agrégation, 128. — Sujet de lheses, 176. — Nomi¬ 
nation de MM. Fleury, Burguières, Tardieu, Grisolle, Beau, 
Béhier, 227. — pour les chirurgiens militaires, 232, — pujeis 
de thèses, 270. — du bureau central, 404. — a 1 hôpital de 
perfectionnement, 562. — ilour l’internat, nomin., 600, 604. 

CoNDŸLOMss. Solution de Frike, 40. 

Conjonctivite oeulaire (Velpeau), 271, 281, 301. — papuleuse 
et purulente, 335, 338. 

Conserves. (V. Lunettes.) 

Constipation iniermitlenle, 124. — Semences de colchique, 532. 

Contusiôns du périnée. Traitement (Pétrequin), 163. — Effets 
tardifs des—(Lisfranc), 401. _ 

Convulsions puerpérales, 98. —tétaniques (Vinchon), 40T. 

CopAHU, Dragées de—, 248. . 

Coqueluche. Cochenille contre la —, 28, 116, 488. — lanin 
contre la —, 164. — Alcali volatil contre la —, 368. 

Cornée. Danger de certains collyres dans les altérations de la — 
(Cunier), 144. — AbCès de la —. (V. Abcès.) — Ulcères de 
la —. (V. Ulcères.) — Des taehës de la — (Desmarres), 334. 

— Ulcérations de là — (Velpeau), 349. — Epaississement, 
résection de la — (Lisfranc), 401. 

Corps ÉtSANGER dans l’orèillé (Marchai), 3. — dans la trachée, 
(V. ce mot.) — dans les bronches (V. ce mot.) — dans les 
tissus, 496. —dans le rectum, 576. 

CoRRïspoNDANCE. MM. Oulmont et Richet sur le concours des 
internes, 8. — M. Déguisé sur les autopsies, 44. — M. Londc 
sur l’omnipotence des sections à l’Académie, 64. (V. ïNouvél- 
les.) — M. Joüsset et M. LaChaise sur l’omnipotence des sec¬ 
tions, 72. — M. Colorobat, 136.—Priorité d’un remède con¬ 
tre les brûlures (Boutigny), 146.— M. Souberbielle sur la 
taille, 200. — M. Szokalski,204.— M.C. Broussais. 312—MM. 
Marie et David, 320. — MM. Aubert et Hamont, etc., 323. — 
M. Charrière, 400. — M. A. Thierry, 456. — M. Pernet, 264. 

— M. Lesage PicOu, 470. — M. Charrière, 480. — Lettres re¬ 
latives au prix d'Argenteuil, 498. — MM. Cavenlon, 620.— 

.LAO HO. — Lacamère, son. — M. 

Thierry sur la morve, 574. — M. Dubourg sur l’hydrencépha- 
locèle, SSD. 

Coryza chronique. Guérison par un sternutaloire, 320. 

CoW-Pox découvert sur une vache, 252. 

Crayons àermographiques (Pyrlas), 156. 

Créosote dans les affections de la conjonctive et de la cornée, 
48. — contre les ulcères anciens du pied, 176. — dans la té- 
langiectasie, 196, — dans la fièvre typhoïde, 393. 

Croup. Traitement par les mercuriaux et le tartre slibié (Nonal), 
65. — Sur le traitement du—, 318. 

Cysticerquk. Observation de—(Bérard), 257, 593, 596. 

Cystocèle vaginal (Huguier), 414. 

Cytisus laburnum. — Sur les propriétés toxiques du —, 148. 


D 


décapités. Expériences sur les — (Bonnafont), 568. 

Dscubitus trop prolongé. Moyens de remédier aux accidents 
d’un—,176. 

Délire phonétique (Blandet), 608. 

Delirium Iremens. Emploi de l’ammoniaque, 268, ÎSS, 387 — 
Emploi des alcooliques (Belhomme), 492, 504. 

Dentition. Moyens de corriger les vices de la seconde — 
(Désirabode), 39. 

Dents. — Nature de la matière de la carie des —, 28. —Ciment 
pour les —, 176. — Nouveau ciment pour les —, 312. — de 
sagesse, suppuration de la mâchoire (Homolle), 331. — Hémor¬ 
rhagie après l’extraction d’une —, 348, 416. 

Diabète. Cause du —, 183. — sucré guéri par les alcalis et 
les sudorifiques, 323. — Réflexions sur le traitement (Chomel), 
386. 

Diachylqn gommé au lieu des bandes ; des bandelettes, 396. 

DiACNOSTic en médecine. Utilité du— (Rostan), 181, 487. 

Diarrhée des enfants. Emploi de la cascarille, 388. — Nitrate 
d’argent dans la —, 444. 

Digitale dans l’épanchement pleurétique (Çruveilhier), 42. 
dans l’inflammation et l’hépalisation du poumon, 116. — à 
haute dose contre l’épilepsie et la manie, 192. — Accidents 
causés par une forte infusion ^e—, 899. 

Diphtiiéritk. (y. Angine pseudo-membraneuse.) 

Doigt coupé. Tentative de réunion (Lisfranc),•226. 

Dyspepsie. Emploi du thé dans la —, 268. 

DYSURiEdes vieillards. Pilules contre la —, 488. 


M. Marchai, 5. — Jugement, 12, 125. — du maréchal d'’E''r-' 
Ion, 52. — Réclamation de M. Gannal, 151. 

Emphysème pulmonaire, phthisiç laryngée (Rpstan),, 69. — 
(Piorry), 90. — Considcralions-générales (Chomel), 226. 

Empoisonnement par l’eau de Javelle (Bardet), 12. par le 
plomb (Danger et Flandiii), 61. -7- par les cantharides, gncri 
parles alcooliques, G8. — par le bîoxalale de potasse, 155. 
— par la racine de sureau, 174. — des sangsues par le labac, 
316. -T par le cyanure de polA^ium, 327. — par 1 acétatq de 
plombi ?.28. — par l’opium, flagellation, 323. — par k ledum 
palustre, 360. — par fa liqueur de Fowler, 412. par le 
nérion laurier-rose, 420. — par le cuivre, 463. 
fruits de belladone (Bonnassies), 471. — par une faible dose 
d’hydrochlorate de morphine (Danyan), 539. 

Emprisonnement cellulaire. (V. Premiers Paris.) 

Emulsion de cire, 300'. 

Èncéphalocklé. (V. Tumeur.) r'i • 

Entérite cholériforme. De 1’— (Trousseau), 49. — Chronique, 


Eau bouillante dans certaines maladies, 40. — de mer (Etudes 
médicalessurl’—, (Guastalla), 11. 

Eaux minérales de Heilbrunn, 63. — de bail, de Paillere,.d tlau- 
terive 99.—dtEvaux, 158. -r sulfureuses à Paris, 611.— 
(Cavenlon), 620. — (Lacarrière), 640. — (Caventou), 548. 
Eolambsie (Andrieux), .339 — Mémoire sur B—.(Godemer), 


Ecthyma. Considérations sur r—, .295. , 

Blhcxrigité. piles d’animaux vivants a .sang chaud ( Maleueci), 
120. — dans les maladies des yeux, 344. — Son rapport avec 
les contractions musculaires (Longet), 428. 

Eléphantiasis du scrotum (Lenoir), 430. 

Eloge. d’Esquirol (Pariset), 590. 

Embarras gastrique (Bricheteau), 95, 565. 

Embaumement. Contrefaçon ; pnç.cès de M. Gannal COJUW 


Ehtéro colite et dysenterie (Jadclot), US. 

Entérotomie lombaire (Amussat), 356. — pratiquée avec succès 
(Maisonneuve), 439. > ci • 

Entorse. Considérations générales sur le traitement de l (Lis- 
franc)", 478. ^ ^ 

Epanchement sanguin. — De récrasemcnl dans 1’— (Velpeau), 
662. — pleurétique, empyeme (Monod), 584, 607. 

Epïklidss. — Bi-iodure de mercure dans les —. 344. 

Epidémie de fièvres typhoïdes, 441. — de rougeole, 568. 
Epilepsie (Cangrain), 337. — guérie par l’ammpniure de cuivrç, 
368, 473. 

Epileptique. Vertige (Gaide), 699. 

Ebitbélium des membranes muqueuses (Mandl), 2?8. 

Erectiles. Tumeurs. (V. ce mot.) 

Ergotisme gangréneux, 591. 

Erysipèle chez les enfants (Trousseau), 27. — (Monnerel), 65. 

— Nature et traitement de 1’— (Blandin),73. — interne, 304. 

— ambulant; abcès multiples, 436. t- Applications d’axonge 
(Lisfranc), 478. — Sulfate de fer dans 1’—, 540. 

Estomac. Liquides vomis dans les affections organiques de 1’—, 
253. — Affections organiques de 1’—, 473. 

Ether dans certaines maladies, 40. 


Fébrifuge de Metzinger, 32. 

Fer. Proto-iodure de — (valeur thérapçutiqne du), 20. 

Fhuillktons. Causeries hebdomadaires. (V. ce mot.) Compte¬ 
rendu des travaux de l'école de médecine du Caire, 5, 17, 97, 
113. — Accidents déterminés par les vers intestinaux. (V. 
vers. — Statistique des hôpitaux de France, 25, 99.^— Ré¬ 
flexions sur les travaux de la copimiBsion quarantenaire russe 
ClotBey), 41. — Surveillant, infirmier et gardien, 53, -- 
RécIa'Èatibn de M. Jousset, 72. — Lettres sur la thérapeuti¬ 
que (Forget), 73, 85, 101, 133, }45, 161.— L’Hôtel-Dieu de 
Paris il y a cinquante ans , 109. — Notice nécrologique sur 
Mirambeau, 193. — Organisation de l’enseignèment de la 
médecine dans la Confédération germanique, 218, 217, 241, 
549, S61, 265, 273. — Réponse au rapport de la commission 
dé là Revue orientale parles professeurs de l’école du Cairg, 
Soi. — Réplique de la Société orientale, 323. — Des hôpi- 
îaux et hospices de Paris, 357, 369. — De l’envoi des aliénés 
de la Salpêtrière en province (Trélat), 449, 47'3_, 497. —Les 
guérisseurs du Brésil , 657, — Ecole de médecine du Caire, 
565. — Dé là peste. (V. ce mot.) — Conseils aux médecins 
qui exercent à cheval (Munaret), 693, 601. 

Fièvre hectique par la viande crue. Traitement de la —,38. 

Fièvres intermitléntes. Emploi des évacuants dans les —, 16. 
engorgement du col utérin; cautérisation; guérison (Gou- 
1 .RA .— nprnicieiises (Ratailleï. 332. — rebelles; guéri- 


Galactocèle. (V. Tumeur.) 

Gangrène de la bouche (Delavacherie), 84. ■—du poumon (Bri¬ 
cheteau), 95. — sénile. (V. Amputation.) — spontanée. (V. 
Amputation), — de la bouche, chlorate dépotasse, 420. 
Gangreneuse chez un maniaque. Disposition — (Baillargcr), 


Garance. Coloration du chyle par la — (Bouisson), 208. 

Gastralgie. Hydrate d’amandes amères contre la —, 316. 

Gastrite aiguë. Etiologie, diagnostic et traitement de la — 
(Valleix), 331. 

Gastro-malacie. Muriale de fer dans 1^—, 148. 

GASTRônitTESTiNALK particulière (AffeeOon) (Fouquier), 

Gencives chez les enfants à la maipelle. De l’excision des — 
(Trousseau), 109. — Traitement des fongosités des —, ?2û, 

Genièvre. Action de l’hojle volatile de—, 340. 

GèrçBrês du seih( Pommade contre les —,^236'; 

Goitre. Bols contre le —, 140. — cyslique et son traitement 
par les injections iodées, 460. 

Goudron dans la panne hépatique. Pommade de—, 16. 

Goutte. Traitement par les eaux de Vichy (Rilliet), 40. — pério¬ 
dique devenue régulière. Réflexions sur les affections gout¬ 
teuses ('fessier), 182. — Guérison par la méthode àurifique, 
184. —Nouveau mode de traitement de la — (Henrotay), 224. 
— Efficacité de l’acide carbonique contre la —, 312. — Sur 
le traitement de la —, 336. 

Grateron dans les scrofules, 348, 

Gravidine, 360. 

Grbnouillette aiguë (Chassaigiiac), 310. — Nouveau procédé 
opératoire (Jobert), 321, 443. 

Grippe. Vésicatoires dans une épidémie de —, 289. 

Grossesse. Durée de la — (Berlhold), 252. extra utérine, 498. 

Gymnastique de M. Clias, 572. 


raud), 54.— pernicieuses (Bataille), 332. — rebelles; guéri¬ 
son par un topique, 368. — nerveuses (Cerises), 415. — per¬ 
nicieuse (Monnerel). 470. 

Fièvre puerpérale, -l Thérapeutique de la — (Smith), 80. — 
Émissions sanguines dans le traitement de la —, 172. — 
diaphorétique pernicieuse, 267. —Traitementde la—, 392. 

Fièvre lypho’ïde. (V- Typhoïde.) 

Fissure à l’anus, complication d’hémorrhoïdes; danger de l’opé¬ 
ration (Lisfranc), 78.— Lotions de ratanbia (Trousseau), 442. 
Sur la possibilité de guérir les — sans opération, 608. 

Fistules à la cuisse (Lisfranc), 49. — à l’anus, ib. — à l’anus; 
écoulement,diagnostic (Lisfranc), 101.:—stercorale ombilicale, 
incision en étoile (Lisfranc), 186. — de la vulve et du va¬ 
gin (Huguier), 214. — vaginales et leurs variétés (Huguigr), 
260. — à l’anus ; traitement (Lisfranc), 227. — à l’anus; con¬ 
sidérations pratiques (Roux), 238. — vésico-vaginales ; guéri¬ 
son (Ségalas), 264, 287, 347. — à l’anus ; guérison par la 
compression (Lisfranc), 273. — vulvaires et vaginales (Hu¬ 
guier), 367. — à l’anus; guérison par la teinture d’iode, 380. 

•— bronchique sans tubercules, 405. — pulmonaire , 519. — 
à l’anus, guérie parles injections d’ipde (Clay), 584.— vésico- 
vaginale incurable (Blandin), 605. 

Foie. Cancer du — (V. Cancer.) — Structure du -r- (Raçi- 
borski), 544. 

Folie. Causes physiques et morales de la — (Brierre), 11. — 
(Belhomme), t9. — singulière, 120. — Slalislique sur l’héré¬ 
dité de la — (Baillarger), 159. — Lésions anatomiques de la 

— (Relhomme), 492.—Statistique de la— en Angleterre, 579. 

Forceps nouveau (Tarsitani), 183. —assemblé (C. Bernard), nou- 

vellés applications, 265, 271.— présentation de la face, 495. 

Fracture des malléoles (Lasserre), 15. — de faxis, 15. — de la 
colonne vertébrale (Robert), 61. — Considérations sur les -- 
(Roux), 103. — des côtes, emphysème (Roux), 119.— multi¬ 
ple du sacrum (Roux), 146.— comminulive de la clavicule (Lis¬ 
franc), 186. — compliquée de la jambe, ib.—r du col du fémur 
et de la rotule. Nouvel appareil pour les — (Baudens) ,211. 

— du radius par effort musculaire, 224. — des os du fœtus. 
Médecine légale (Ollivier), 315. — compliquée de la jambe; 
réduction difficile ( Lisfranc ), 358. — du col du fémur 
(Robert), 363. — Compte-rendu des — (Baudens), 389 — 
de cuiàse, ib. — du col du fémur (Baudens), 398. — de 
jambe (Baudens), ,406. — de côtes (Pasquier), 418. — de 
jambe (Baudens), 422. — par écrasement de la jambe (Bau¬ 
dens), 437. — transversales de la rotule; appareil (Baudens), 
449. — de l’avant-bras (Velpeau), 458. — compliquée ; glace 
(Baudens], 489. — de la rotule et de l’olécrane ; appareil de 
Al. Pasquier, 489. — de l’olécrane, traitement (Baudens), 
493. — de l’avant -bras, et spécialement du radius (appareil 
Baudens), 506. — du col du fémur avec pénétration (Robert), 
555. —r (Hervéz de Chégoiii), 659. —1 des côtés, 


G 


Héviatémèse chez un enfant de quinze mois, mort (Morel), ’79,13î, 
Hématocèle par épançhement en dehors de la tunique vaginale 


(Gosselin), 311. 

Hémoptysie. — Emploi de l’émétique à haufe dose, 4. _ ^ 

Hémorrhagie spontanée du biilbe de l’œil, 24. — par les piqûres 
de sangsues; emploi du caoutchouc, 196. — due à h rupturç 
d’une varice du cordon, 306. — après l’eytraction dune denj 
(F. Legros), 3f8.— cérébrale (Anbruq), 376.—utérine aprçs 
l’accoucheiqent (Duhamel), 528. 

HémÔrrhagiqüss du cerveau (Cicatrisation des foyer^), 200. 
HÉmorriioïdeÉ. — Topique calpiant pour les-, 32.—Trailempnt 


par l’acide nitrique, 64, — Nature et traitement des 

(Lisfranc), 13'3. — Apide aïQliqqp dans certaines formes 


Hépatite aiguë. Récidivé (Monnerel), 44jl. _ 

Hernie ombilicale étranglée, Réduction pans çpppatipi), — QFH- 
Vaiégauché ét’rangléè, anqs'artificiél (Blanfjip), p- r“ 
nale scrolale effiez uh yieillard, élranglemçnl a la partie jpfé-^ 
rieure du sac (Bernioqd), 38. — inguinale élrapglép, accidents 
insolites (Robert), 154( — élraqglép, guérison par l’adminisy 
tration de finécacuanha, 252. — onibilifigle çhez les epfanif à 
la mamelle. Nouvel appareil de traitement (Trbnsseau), 309. 
r— De quelques — (VpiUemièr), 392. — sous-pubieppe (VeJ- 
peau), 393. — étranglée, Eipploi de la poix vpmique,' 404.'— 
étranglée, deux opérations (Alàisonneuyé), 4)1)8.du v^gin 
(Huguier), 414. — Leur diagnostic parla ppreupsion (Piorry), 
506.— Cure radicale des — (Robert), 523.—'Nouveau pioyçif 
d’oblitérer ie sac (Jobert), 520. — étranglée, Iraileiiiept spiif 
opération, 528. — congénitale, adhérence avep Ip lésji.cp|'j 
(Velpeau), 562. 

Hôpitaux. —Entrée dans les—,1J90. 

Hoquet convulsif guéri par les frictions avpc l’huiie de crotpp-ti- 
glium, 495. 

Huile de foie de morue (V. Morue). — remplacée par fhuile 
d'œillette, 248.—dans les affections struipeuàes, 362,—es¬ 
sentielles (Action de certaines), 112. 

Hydatides par contagion (Transmission des), 7. 

Hydatiques. — Tumeurs — (V. ce mot.) 

Hydramnios. — Note pour l’hisipire de 1’-:-(Gpde|frpy)^ 852. 

Hyprencéphrlocèle. — (y. Tumeur, etCprrespondaiiçe). 

Hydrocèle. — Avantages d’upe irritation vive par l’injection 
(Lisfranc), 11. du cou (Fleury), 127. — Poiictipn et injpp- 
tion (Lisfranc), 185.— Traitement par la sonde (le gomme 
élastique (Guillon), 235. — Guérispn par rinjecRon iodée 
(Velpeau), 249. — Irès-volurainense, Ponction préparalpire 
(Lisfranc), 274. — Accident dansT’-r- (Rpux), 345.-i-conte¬ 
nant de petits kystes (Lisfranc), 401. —Nouveau procédé "(Ri- 
cord), 459, 467. 

Hydrocéphale des adultes. Bons e!fe|s du tartre stibié, 360. — 

■ congéniale (Huguier), 670, 583. ■ 

Hydrométrie et hydrpphysoinélrje (Blalin etNivel), 50. 

HydropÉricaedite. —(Çruveilhier), 12^, 

HïdropÎsie. -l-R echerches sur la nature elle traitement de 1’-—, 
(O'Beirn), 59. — de l’ovaire, guérison spontanée, 156. -rrr de 
l’utérus (V- ce rapt).-TNature et traitement de I’— (O’Beirn), 
236. — Causes dé j’ -r- (Àndral), 581. -r du sinus maxilRipe 
(Velpeau), ib. 

Hydrothérapie contre un épanchement pleurétique,. 38.—yiclime 
de r—(V- Nouvelles.)—dans i’inloxic. saturn. (Piorry), 681. 

Hydrothprai , suite de pleurésie CJadelpl), 90. 

Hygroma — (V. Tumeur.) 

Hyoïde. 7—Expulsion spontanée de l’ps—(Rozat), 4G3. 

Hyoïdienne. — Engprgeinentde la région sus—(Velpeau), IpG. 

Hystérie. — Symptômes et traitement 4e.V— (Rps.lan), 94.—rÇas 
extraordinaire d’— (Gavalli), 231. 


Iatealsptiqde, 99. Applications de médecine — (Sandras); 460. 
Ictère, Sur les causes: organiques de 1’— (Piorry),..?8. 

Idiotie. Essai sur 1’— (Belhomme), 107. 

Iléus. Recherches sur 1’—, 359. 

Iliaque externe. Ligature de l’artère — (Malgaigne), 26.4. — 
Phlegmon de la fosse — (Chomel), 373, 386. 

Incontinence d’urine. (V. le mot Urine.) ' 

Indigo sur l’économie. Effets de 1’—, 555. 

Infanticide par asphyxie (Mathysseus), 20. 

Infection. De 1’— (Audouard), 136. 

Infibulation, 180. 

Inoculation sübiée. Sur 1’-.^, 32. 

Insomnie. Traitement d’une variété d’—-, 328, 372. 

Instruments trpuvés à Herculanum, 15. 

Intqiiication saturnine, 490, 











- 3 


lopuR? 1 J 9 potassium dans les ulcératjpns non vénériennes (Esr 
pczelj, 16. ^ 430 s un ei^orgenient, de la cuisse; avec fistutes 
(Lisfranc), 77- — ^ans les engfprgements da sein, 127. — dans 
la nécrose syphiliJJ(iite, '186. —inconvénients de l’adjonction 
4’eau de fleurs d’oranger à 1’—, 368. 

TpïCACusNHS.'Poipmâ^ed:^, 212. 

Ihdectoviis. Pîçuve^u procédé (Callias), JSî, 463, 

lais.'Du tremblement,de 1’—: (Tavignot), 482- 

iRiTis syphilitique (Cullerier), 28S. 

iBRisATgüR pour les maladies de matrice (Egpisier), 327. 

IvREssB. Essai sur 1'—, )69, 181. — dans le traitement des luxa¬ 
tions. (Y. ce; mot.) 

K 

Kkratit® (Velpeau), 338. — Pronostic et traitement de la —, 
377 , 395. 

KÉRATO-conjonctivite. Traitement par l’occlusion complète des 
yeux (Chaumel), 236. 

Kermès minéral. Sur l’absorption du — (Bonjean), 71 . 

KiKSTEiNE. Nouvelles recherches sur la —14,8. 

Kïste s,ynovial du poignet. Incision sp'uç-cuianée (Baudens), 
6fi, J- sou8-raaxillàire;'estirpa,tipn par énucléation et torsion 
(Baudens),'70. —ov'arîque (Chopiel), l||', 14 ). —abdominal 
Pu Perthiiia), 343 , — d'ç l’^il, procédé particulier, 601. 


Lait. Moyen de fabriquer du —, 1,56. 

Larïnkotomie pour un polype du larynx, 160. 

Leucorrhée chez les petit.es tilles (GuersantiBls), 31. — Efliçaeité 
de la teinture d’iode comme topique dans la —, 260'. '— trai¬ 
tement de la — (Velpeau), 440. 

Lèvre inférieure. Restauration de la —, 291. 

Lichen agrius perpendicnlaris ; cas rare (Devergie), 2, 

LiNiMENT savonneux térébenthiné, 300. 

Lithérétkur pour retirer la gravelle et les calculs (Cornay), 88 . 
Lithotomie. ( V. Taille.) 

Lithotriteür (Guillon), 298. 

Lithotritie (Guersant fils), 405. 

Loupe (V. Tumeur.) 

Lunettes et conserves (Desmarres, 450, 475, 523, 

Luxations du poignet avec fracture du radiüs (Lisfranc), 101. ri¬ 
de l’humérus (Gerdy), 143. de l’extrémité supérieure 4n 
radius, 156.^—sous-glénoïdale de l’humérus (Gnéprattè), 280. 

— Ivresse dans la réduction des — 324. — des'doigts (Tliieif- 
ry), 379. — Nouvel appareil pour la réductiçinrdes , 460.r- 
du métacarpien (Guépratte), 552. ' 

Maladies de la peau, 128. — Solutioi) d’iydripdate d’arseiiic 
et de mercure dans les —, 160. t- Discours sûr les — (Giberl), 

225. r 

Maladies de? centres nerveux. Leçons sur les -r (Roslan), 402. 
MALADisi des enfants, 27, 2'9, 3l, 32) 49, 65, lOg) IM, 283, 
309. —Emploi de la poix muscade dans les—, 320, 469, 482, 
526, 635. ' ' ' ■ 

Maladies des organes génitaux de la femm.e. Leçons sur les 
(Huguier), 9, 62, 109, 153. — Marche pîed exploratenr (Bla- 
tin), 107. 

Maladies des yeux. Introduction (Velpeau), 137- — Divisions; 
blépharite, 149, 109, 186, 197, 222, 229, 243, 257, 265, 271, 
281,301,325, 329, 338. — Emploi de l’électricité galvanique, 
344, 349, 354, 377, 395. — (Sichel), 52«'. ' 

M ■ 

Maladies régnantes, 351, 376, 42;é, 504. 

Maladies saturnines (Briçheteau), 134, 607. 

Malaria. Causes de la —, 296. 

Marche-pied explorateur pour les malad. des femmes (Blalin), 107. 
Matioo, médicament astringent, 388. 

Maxillaire supérieur. Cancer et amputation du—. (Y. ces mots.) 
Médecine légale.'Tubercules muqueux. (V. Tubercules^)—orga- 
ganique; introduction au cours de — (RoSlan), 202, 209, 239. 

— Questions de —, 280. — Cri des victimes, 320. 

Médecins cantonaux. (V. Nouvelles.) 

Médicaments. Recherches sur les — (Poiseuille), 536. 

Mélanose de Tceil (Ammon), 520. —■ (Sichel), 526. 

Ménincite (Briçheteau), 115, — céphalo-rachidienne à Poitiers. 

Epidémie de —, 264. — cérébro-spinale (Monnerel), 4t3. ' 
MÉNiNGo-céphalite. Diagnostic différentiei (Rostan), 2l, 33. — 
Efficacité de quelques agenls,lhéripeutiqaes dans U — (Dela- 
roque, 539. 

Menstruation supplémentaire (Forget), 447. 

Mercure dans les symptômes secondaires da la syphilis. Prolo- 
iodure de — (Robert), 17. 

Métrorrhagik Thlaspi bursa pastoris contre la —, 176. 
Microscopie. De la — (Monnerel), 291. 

Mixture anti-prurigineuse, 192. 

Moelle épinière. Lésions de la — (Ségalas), 403, 415, 427. 
Monstruosité. Eventration ombilicale (Goyrand), 43. — Cas 
remarquable de — (Pierquin), 276. — Fœtus mopocéphale, 
285. — (Berigny), 380. 

Morphine dans le catarrhe pulmonaire. Acétate de —, 211. 

Morue. Huile de foie de —. Son emploi, 96. — dans le rachilis, 
580, 687. ’ 

Mouches de Milan. Préparation et emploi — (Louradour), 588. 

Morte aiguë, suite de morsure (Landouzy), 323.”'De la_. 

569, ’ 

Muguet chez les nouveau-nés. Traitement du — 404. 

Mydriase (Fallot), 436. 

Myotomie oculaire (Guépin), 4. — rachidienne. (V.Ténotomie.) 

N ' 

Naphtk dans la phthisie. Emploi de l’huile de —, 212 . 
Nécrologie. Mort de M. Trémollière, 12. de M. Barbier, 70. 

— de M. Seux, 108. — de M. O’Méara. -r-de M. Blondel, 
228. — Mort de M. Geoffroy St-Hilaire, 291.-^ Ses obsèques, 
296. — Discours prononcés par MM. Serres, Dumas, Edgar 
Quinet, 299.—Mort de M. d’Isjernois, 303. — de Mailly (ib.). 

— de d’Arcet, 364. — de Bouillon-Lagrange, 398. —de 
Boulland, 408. — Nolipe sur Mailly, 410. — de Dalmas, Çla- ; 
rion, Huart, 458. — de Guiaud, 470. — de M. Jourdain, 
500, — de M. Hirsch, 536. 

Nécrose invaginée du métatarse (Roux), 26.—du maxillaire infé¬ 
rieur, 603. 

Nerfs du système.fibreux. Sur les — (Pappenheiin), 428. 

Nerveux. Sur les masses comparai, du système—(Bourgery), 452; 
Névralgies et leur traitement. Sur les — (Hcrmel), .140. — 
Traitement des —, 336. — syphilitique (Velpeau), 416. 
Névrosé guérie par la racine de columbo, 4. 

NtGKLLE cultivée. Examen de la semence de —, 68. 


Nitrate d’argent dans les collyres, 100. 

Noevi materni. (V. Tumeurs.) 

Noix muscade dans les maladies des enfants, 320. 

Nominations. De M. GaVaret à la faculté, 4. — des membres du 
bureau de la Société phrénologique, 4. — de la Société d’émuA 
latiqn, 20. '—de la société de médecine pratique, 31. — de 
M% Fduilloy et Payen, etc,, 32. — de MM. Franck et Lelut 
à l’Académie des sciences morales, 38. — de M. Estevenet à 
Toulouse, 56. — de M. Prus à l’Académie, 62. — de M. Dah- 
reiiherg, bibliothécaire. — de M. Barthès, 88. — de MM. Bro- 
die et Ch. Bonaparte à l’Institut. — de M. Forget à la Légion 
d’honneur, 210. — Ducros jeune, Nonat, Guersant fils, Jules 
.Pelletan, Caizergues, 214. —Longet, Lesauvage, Royer, 220. 

— Charrière, 356. — de M, Laugier à l'Académie, 367. — 
des médecins du bureau centiul, de M. de Blainville, 376. — 
de chirurgiens militaires, 388. — de MM. Milne Edwards et 
Gely, 306. — de M. Seux, 398. — des agrégés, 412. — du 
bureau central, 416. — dans la Légion d’honneur, 600. — 
de M. Balard, 527. — de chirurgiens aides-majors, 538. — 
de M. Marchai au Val-de-Grâce, 664. — de M. Fouilloy, 674. 
de M. Valenciennes, 575.;' .qeehirurgiensmilitaires, 696,598. 

Nouvelles. Plaintes sur Tïéut des amphiiliéàircs. Concours à 
Montpellier. Epidémie de grippe à Cayenne et à Lyon, 16.— 
Pforabre des médecins à Londres. Fièvre jaune, 20.—Candi¬ 
datures médicales, 40.—Morve çommuniquée, 40.— Inconvé¬ 
nients des wagons d-icouverls. Embaumement du maréchal 
d’Érlon.^ir F. Burdelt, victime de Thydropalhie, 52.— Mala¬ 
dies des habitants de TQcéanie, 56. — Omnipotence des sec¬ 
tions à l’Académie, 56. — Concours à Toulouse; fait grave, 
Hôpital du clos Saint-Lazare. Création de chaires de médecine 
légale- Personnel des médecins inspecteurs des décès, 56. — 
Viande des hôpitaux. Association des médecins de Paris, 68. 
Mortalité par la phthisie en Angleterre. Candidats pour le 
professorat militaire. Médailles aux officiers de santé, 84. — 
Médecins de canton, 136. — Prix triennal pour la structure du 
thymus. Faculté de médecine de Vienne, 190. — La vaccine 
en Russie, 195. —Nombre des docteurs en Belgique, 196.— 
Les cours de TAthénée , 202. — Suppression de l’Académie 
înédico - chirurgicale de Saint-Pétersbourg. Nouvel hôpital 
civil à Berlin , 206. — Société des médecins allemands à 
Paris, 232. — Chirurgiens militaires cités pour les meilleurs 
mémoires, 300. — Assassinat par un aliéné. Bruits sur le 
choléra à Marseille. Renvoi des aliénés dans les départements, 
336. —Buste en marbre de Geoffroy Saint-Hilaire, 340. — 
Session des jurys médicaux, 408.— Chaire d’embryogénie au 
collège de France. École de pharmacie, 420. — Nouvelles 
chaires à Strasbourg, 456. — Acçit|ent à ta chasse. Asphyxie 
et brùlu'res pay un bain' de vapeur, 464. — Fjablissements 
tliéfmaux dp'l’Ariège, 472. — Accidents à Marseille et à 
Montpellier', Etat sanitaire de Jîicêtre, 482. — Hôpital Guy. 
Maladie de Bright à Londres. Nombre des aliénés en Europe. 
Hydropalhie, 488. — Transport des aliénés. Elimination. 
Bénéfice sur les eaux de Vichy, 482. — Concours pour Tin- 
ternat. Bibliothèque de Hambourg. Société de zoologie à Ber¬ 
lin, 506. — Visiteil Bicêlre, —Méflicastres à Constan¬ 
tinople. Statue de Vésale, 627,—Pensions militaires. Nom¬ 
bre des médecins à Moscou,1540, -r- Le typhus à Saint-Brieuc, 
544. — Inscriptions prises à la faculté.. Nouvel hôpital, 548. 

— Décès à Paris, 556.— Balance très sensible. Fièvre typliüï- 
de â Liverpool, '566..— Ophlhalmies à Sierra Leone. Tarif des 
visites à I^udolstadt. (àtatistique de la folie en Angleterre , 
579. -TT- Manip des moulins à vent. Typhus des bestiaux, 584. 

— Une victime de la science, 586. — Universités en Russie , 
592. — Pesle, mortalité. Epizootie, ib., 608. 

Noyer dans les affections scrofuleuses, 100. 

O 

Oculaire (Myotomie) (V. pe mot.) — Thérapeutique, 116. 

OEdème élépbanliasique de la main. —Sous-carbonate de po¬ 
tasse et compression dans T-, 472. 

OEil. —Hémorrhagie spontanée du bulbe de T—, 24. —Moyen 
d’enlever les paiUetles de fer de T—, 32.— Les trois lumières 
de T— (Magne), 39.— Conjonctivite et kératite de T—(Vel¬ 
peau), 61. — Pétrification de T—, 21. — Calaracte. —Phleg¬ 
mon ide la gaine du muscle droit de T— (Bérard), 257. — 
.Cancer dp T—, 329.—Corps étranger dans T—(Bérard), 331. 

Mélanose de T—, 520. 

OEsophagh. — Rétrécissement de 1’—. Corps étranger, 71. — 
Cathétérisme de T—, 571. 

OEsophagismk. — (Salone), 492. 

Ophtiialmie grave avec kératite (Jobert), 129. — catarrhale 
chronique. Note sur T— (Réveillé-Parise), 172. — scrofu¬ 
leuse. — Epidémie d’—, 240. — catarrhale— chronique — 
Note-sur Ip traitement de T— (Réveillé-Parise), 240. —puru¬ 
lente (Nélaton), 417. — à Sierra-Leone, 679. 

Ophthalmologie. — Discussion sur T—, 298, 335. 

Opium. —dans le catarrhe pulmonaire(Forget), 211.—Nou¬ 
veau sparaijrap d’—, 212. — Mémoire sur T— (Carrier),- 287. 

Orchite blennorrhagique — De T— (Reynaud), 56; — (Vidal), 
230, 266. —Extrait de belladone dans T— (Philippe), 267. — 
parenchymateuse. Débridement (Vidal), 297, 410, 484, 491. 

Oreille. — Corps étranger dans 1’— (M. Corps étrangers). — 
Polypes de!— (Bonnafont), 439. 

Orteils) - Formule contre lesrhagades des—, 38. 

Orthopédie. — Valeur de T— (V. 'Ténoloroie.) 

Ortie. — Epine de 1’— (Roclioux), 366. 

Os longs chez les enfants. — Courbature et fracture incomplète 
des — (Tbore), 40. 

Otite chronique. —, Traitement de 1’—, 444. 

Ovaire — Guérison spontanée d’une hydropisie de 1’—(V. ce 
mot.) — Maladies de 1’—, 164,192. 


Pansement par occlusion, 512, 545. 

ParacentÈie du thorax (Trousseau), 376.—répétée 34 fois, 601, 
Paralysie hystérique ( De la), 47. — delà vessie (Lisfranc), 85. 

— Emploi de la brucine dans la (Briçheteau), 126— Emploi 
de l’iode dans la —, 204. -A de la face, suite de syphilis, 351. 

— intermittente, 424. ■ 

Parapiiïmdsis. — Compression méthodique de la verge (Henro- 
tay), 232.,— Douches d’ean froide dans le —, 296. 

Parotides, — Réflexions sur les(Briçheteau ), 126. — Tumeur 
delà—: (V. Tumeur.) 

Patente — Adoption de la loi sur l’exemplion de la—, 113, 185. 
Paupières. — Tumeurs érectiles des — (Y. Tumeurs.)— Inéga¬ 
lités de leurs ouvertures après les ophlhalmies. — Spasme du 
muscle orbiculaire (Cfaassaignac), 350. — Sur les ecchymoses 
des — (Desmarres), 363, 


Peau. — Cours sur les maladies de la — (Diichesne-Duparc), 128 
(V. Maladies.) - - < 

Pellagre — (Brugière de la Mothe), 315. 

PÉNIS, — Etranglement du —, 392;- 
Pénitentiaire, — Du système — (Benoiston), 20. 

Péricarde. — Recherches sur les adhérences du — (Aran), 200. 
PÉRINÉE. — Contusions du—(V. Contusions.) 

Péritonite chez un aliéné (Cangrain), 71.-— Traumatique, per¬ 
foration de l’intestin, opération proposée (Baudens), 137; — 
aiguë, puis chronique (Gouraud), 138.^—^Frictions mercu¬ 
rielles à haute dose dans la —, 304. —Perforation, 406. 
Pessaire enclavé depuis dix-huit ans dans le vagin, extraction 
(Lisfranc), 401. , , ■ 

Peste. — Incubation de la —, 15. — Génération de la — (Gé- 
mini), 16, 51. — Propagation de la — (Sturner), 211. — Cas 
suspect de—,227, 251. — noire, 360.—Commission pour 
la —, 403. —j-ettre sur la — (Aubert), 451. — De la— (Ha- 
mont), 509, 621, 545, 553, 577. 

Phlébite ombilicale (Trousseau), 253. - 
Phleomasia alba dolens (Salgues), 436.' 

Phlegmasie pleurale et pulmonaire (Chomel), 494. 

Phlegmon iliaque, 373, 386. de la gaine du muscle droit ex¬ 
terne de 1,’œil (Bérard), 257. — Considérations sur le traite¬ 
ment d,u — (Forget), 259.—de la fosse. — diffus du cou (Bou¬ 
vier), 533. 

Photophobie. —De la— (Bérard), 402. 

Phthisie pulmonaire. — Etiologie (Gouraud), 46. — laryngée 
(Rostan), 69. avec cavernes, 121.—Traitement (Cheneaü), 
188. — Emploi des antimoniaux, 212.—Huile de uapble dans 
la—,212, 348.—Thérapeutique dee diverses périodes de la— 
236 ; — (Chomel), 361; — (Guersant), 274, 382. — laryngée, 
traitem., 508.—granulations de la pie-mère (Trousseau), 538. 
Phymosis coMgénial, circoncision (Baudens), 67. — Pansement 
(Velpeau), 411. • 

PiED-BOT. — Varus équin, guérison (Robert), 17. — congénital 
double. — Section du tendon d’Achille (Roux), 466. 

Placenta. — Colleclion sanguine du — (Laborie), 339, 388. 
Plaies récentes. — Nouvelle méthode de hâter la guérison des— 
(Réveillé-Parise), 16. —Levée du premier appareil (Blandin), 
73. — d’qrme à feu du poigdet. — Conservation du membre 
(Lisfranc), 77. —- d’arme à feu à la cuisse (Lisfranc), 85. — de 
l’articulation tibio-tarsienne guérie sans amputation (Lemon- 
nier), 164.—de mauvaise nature. Emploi du sulfate d’alu¬ 
mine, 164-d'arme à feti à la face, Fracture 4e la base du 

crâne, Mort après la cicatrisàtion (Baudens), 246. — d’àrmeh 
feu traversant le cerveau; guérison (V, Cerveau.) — çbroni’ 
qués.— Sur le traitement de Baynton (Roux), 345)—Nouveau 
■traitement (Laugier), 512. ' 

PléssimétHie. -^ Leçons cliniques sur la (Piorry), 161,221, 242, 
269,282, 294, 420,455, 615. 

Pleurésie. (Bricheitehu)', 102;—avec épanchement, diagnpstiç 
: (Chomel), 293, 314,—aiguë dans l’enfance (Jadelol), 431, 
438, 454; (Chomel), 502; (Briçheteau),'5^3. —latente, ëm- 
pyème (MonÇd), ’6S4.'■ ' ' ' ; 

PLEüRoràEüMota'E — tBouîllaud), 18. — Diagnostic et traitement 
de la (Chomel), 74,'81 ; — Relevé (Monnéret),T90. '—Va¬ 
leur des urines, 234. — Diagnostic différenlipl (Rpstan), 274, 
306. — Cpnsidérations pratiques (Çhomél), .433, 578!—trau¬ 
matique (Chassaignaç), 435. - ' • ■ • 

Plique polonaise (Szpkafski), 192. 318. 

Plomb — Empoisonnement parlé —'(Y. les mots Empoisonne¬ 
ment, Coliques à’altiri, et Maladies saturnines.) 

PnedaiPnih.—; Effiéacilé du tartre stibié (;\ndral), 14. — (Bri- 
cheleau), 95.'— des vieillards ( Martin), — lobulaire. 
Saignées et kermès (Jadelot), 170, 194. — Chez les enfants 
(Trousseau), 204. -l. Réflexions pratiques (Tessier), 207, 418. 

— bilieuse. Traitement de Stbll, 227. — aveç parotides (Tes¬ 
sier), 254.—Diagnostic et traitement (Rostan), 262, 297_ 

traitée par la saignée et l’acide cyanhydrique, 280.—lobulaire, 
traitement, 312. — (BquiHaùd), 370, 394, 425, 430, 461, 546, 
570, 589.—Onzième (Mônnëret), 383 (V! Phlegmasies.)—(Bri- 
cheleau), 562. 

Pneumo-thorax et phthisie (Jadelot), 469, 482. 

Poitrine. — Les excitants dans les phlegmasiès de — 480. 
PoLYFEs de la fosse nasale (Lisfranc), 49. — èxtra-utérins, 122. 

— utérins (Lisfranc), 227. —de l’urètre chez les femmes, 331. 
—utérins, 331 de l’oreille, (V. ce mot.)— utérins, mastur¬ 
bation. 471.—Considérations générales (Lisfranc), 594. ' ’ ’ 

Pommade mercurielle belladonée, 220.— anlipénbdique, 380. 
Pommes de terre. — Action de l’huile volatile de —, 348.—Em- 
ploi thérapeutique des feuilles et tiges de—,672. “ 

Poplité. — Anévrisme (V. ce mot). 

Potasse caustique dans l'inflammation du tissu cellulaire, 272. 
Potion résolutive, 411. • ' 

Poudre résolutive! 411. — pectorale adoucissante, 496. 

Pouls veineux (Martin-Solon), 475 ; (Poiseuille), 487. 

PouMoih — Gangrène du — (V. Gangrène.)—Ses maladies chez 
les enfants, 161. 

Pourriture d’hôpital. — Emploi du jus de citron et du chlore 
(Roux), 467. 

Premikrs-Paeis.-— Sur les projets de loi relatif? à lamédecine^ I. 
Des épreuves éliminatoires dé concours) 29, 94. —^ Procès de 
M. Guérin, 67. — Exemption de la patente, 113. — De la 
discussion sur les tumeurs du sein, 117, 129, — Du projet de 
loi sur les brevets d’invention, 153. — Séance de l’Académie, 
lecture de M. Malgaigne, 161. —De l’influence exercée par 
M. Orfila sur les institutions médicales, 165, 177, 189, 201. -7- 
Du projet de loi sur laréforme des prisons, 197. — Liberté de 
l’enseignement, 205. — Echeb du Conseil royal de l’instrup- 
tion publique, 209. —Consécration de la nouvelle salle de 
l'Académie. Lecture de M. Vidal, '213. — Del’emprisonne- 
ment cellulaire. Discours de M. Bouillaud, 217. — Annonce 
d’une répônse de M. Orfila, 221. —Sur la réponsedcM. Or- 
fila, 229, 233, 237. — Sur les travaux de l’Académie, 241. ^— 
Honneurs’a'cadéraiques aux morts, 249 —Le corps médical 
en souffrance, 253. — L’imprévu à l’Académie, 262. —En¬ 
core une séhnce orageuse à rÀcadëmle, 273. — Le calme rç- 
venu à l'Académie, 286. —Translation des restes de Broussais 
au Val-de-G.râ’ce, 289. — Sùf la séance de l’Académie, 333.— 
Historiettes je l’Académie, 345. —Discussion sur le mode de 
boucher les bouteilles à l’Académie, 363. — Philosophie phy¬ 
siologique, 377.—Noire influence àTAcadémie, 437. — Sur 
la séance de l’Académie, 449. — Distribution des_ médailles 
au Val-de-Grâce, 485.—Séance de rentrée et distribution 
des prix. Discours de M; Bouillaud, 513, 517. — Fin du débat 
sur la ténotomie, 541. —Des associations médicales de pré¬ 
voyance, 565, 577. —Pétition des agrégés. Nouvelles dispos, 
pour les examens, 669, 597. —Les médecins et la pairie, 573. 






~ 4 


Prisons. — Du projet de loi sur la réforme des—, 197. 

Prix de la Société de Bordeaux, 8,131.—Montyon, 38, 64, 104. 

— de la Société d’émulation, 108. — Commission pour les —-, 
123. — du Cercle médical de Liège, 136. —de la Société me- 
dico-pratique, 140. — de l’Ünion allemande, 224.— de la So¬ 
ciété de médecine de Marseille, 260.— des élèves sages-fem¬ 
mes, 300. — de la Société deToulouse, 316. — de la Société 
de Bruxelles, 324. — de l’Académie de médecine de Bruxelles, 
494 — de la Faculté, 513. — de la Société de Mmes, 514. 

—^ de la Société de médecine pratique, 527. — de la Société 
de Bordeaux, 560. — de l’Acad.de méd., 590. — de l’Ecole 
pratique, 596. — des Externes, 600. — des Ann. d’oculis., tb. 
Procès. — ( V. Embaumement.) — de M. Guérin, (V. Premiers- 
Paris.) — contre un jury médical, 496. 

Prosopalgie traumatique (Marchai), 489 — rhumatismale, trai¬ 
tement,. 556. 

Prostate. —Engorgement de la—, Ponction (Chassaignac), 434, 
Prurit du périnée. Efficacité de l’iode, 520. 

Pseudarthrose du bras, 557, 569. 

Psoriasis. — Daphné mezereum dans le—,224. 

Ptïatismk mercuriel. Traitement du —, 172. — puerpérale (V. 

Fièvre.) — Convulsions (V. ce mot.) 

PuoGÉNiE cutanée des enfants à la mamelle (Pigeollet), 32. 
Pupille artificielle, 184.—Emploi de l'hyosciamine pour la 
dilatation des —, 260, 

Purpura hemorrhagica (Brichetean), 142, 369, 381. — avec va¬ 
riole, 399. 

Pustule maligne (Traitement de la), 64. 

Pylore.— Squirrhe du — (Rostan), 490. 

Q 

Quarantaines. Réforme des lois sanitaires, 3, 15, 51, 135. 
Quinine. Emploi du valérianate de —, 688. 

Quinquina contre la bronchite spécifique , 92. — Effets du — 
(Jacquot), 471. 

R 

Rachitis. Traitement par l’huile de foie de morue (Trousseau)580. 
Rage. Discussion sur la—, 19.— dans le Levant, 393, 607. 
Ramollissement du cerveau. (V. ce mot.) 

Rate. Structure spongieuse delà — (Vigla), 40. — Extirpation 
de la —, 135. — Observation d’hypertrophie de la — (Piorry), 
178. — Ablation de la — (Berthet), 323. — Nouveau mode 
d’exploration de la — (Gouraud), 572 — Sa diminution par le 
sulfate de quinine-(Piorry), 579,581,584, 598. 

Rectum. Guérison remarquable d’un prolapsus du —100. — 
Rétrécissement du—; dilatation (Baudens), 127. — Nouveau 
moyen de dilatation du — (Petit), 176. — Cancer du—. (V. 
Cancer.) —Imperforalion du— (Baudeloque), 398. — Corps 
étranger dans le —, 424. _ 

Respiration. Phénomène chimique de la — (Gay-Lussac), 160. 
Rétention d’urine. (V.^ le mot Urine.) 

Rétrécissement de l’urètre. (V. ce mot.) 

Résections articulaires. Sur les — (Chassaignac), 516. 

Revue clinique hebdomadaire, 367, 369, 381, 393, 405, 417. 
429, 441, 463, 465, 477, 490, 501, 521, 533, 545, 557, 569, 
581, 693, 601. 

Revue des journaux. (V. aux divers articles.) 

Revue générale, 572, 587, 607. 

Revue thérapeutique. (V. aux divers articles.) 

Bbagadbs. Traitement des —, 472. 

Rhamnus frangula, succédané de la rhubarbe, 184. 

Rhumatisme articulaire chez les enfants. Durée et traitement 
(Guersant père), 29. — Sulfate de quinine (Baudens), 46, 51. 
— Complication de péricardite endocardite; traitement par 
Tiodure de potassium et la digitale, 60. — (Bricheteau), 115. 
— Emploi du colchique, du nitrate de potasse et de la saignée 
dans le — (Monneret), 144. — Guérison par la méthode au- 
rifique, 184. — Emétique à haute dose (Legrand), 256. — 
Discussion sur le traitement du —, 456. — de la face ; traite¬ 
ment topique, 488.—articulaire (Bricheteau), 606. 

Ricin. Semence de— comme purgatif, 288. 

Rougeole. Epidémie de — de Strasbourg, 568. 

Ruptures de l’utérus, 30, 339. — des muscles, 483.—de l’urètre 
par sa contraction sur un calcul, 560. 

S 

Sacrum. Fracture du —. (V. ce mot.) 

Salivaire. Flux —. (V. Sialorrhée.) 

Sang dans la colique saturnine Analyse du —, 4. — Analyse du 
—, 323. 

Sangsues. Leur empoisonnement par le tabac, 316. — Moyen 
de remédier aux hémorrhagies par piqûres des — (E. Rous¬ 
seau), 351. 

Santonine. Tablettes anthelmintiques de —, 124. 

SarcocÈle syphilitique. Du — (Vidal), 398. 

Scarlatine. Diagnostic et marche de la — (Chomel), 13. — avec 
complications (Guersant père), 313, 325. 

Scolopendre rendue vivante par le nez, 512. 

Scorbut. Traitement par la teinture de cantharides, 48. — D’A¬ 
rabie, 251. 

Scrofuleuses. Traitement des affections — (Négrier), 100. — 
Efficacité du grateron dans les affections —, 348. 

Sécrétions. Recherches des sels minéraux dans les —, 84. 

Seigle ergoté. Accidents causés par le — (Bonjcan), 22. — Ac¬ 
tion primitive du —, 67. 

Sialorrhée ou flux salivaire. Recherches cliniques (Tanquerel), 
336. 

Société de médecine pratique, 31, 79, 132, 188, 235, 287, 342, 
399, 503, 527. 

Société de chirurgie de Paris, 459, 467, 488, 603, 515, 523, 
539, 551, 560, 570, 583, 599, 607. 

Société médicale d’émulation. 11, 91, 163, 191.— Sépulture 
de Bichat, 306, 338, 383, 387, 447, 499, 571, 687. 

Société médicale du Temple, 19, 107, 138, 179, 259, 295, 327, 
347, 471, 495, 575, 604. 

Société médicale du douzième arrondissement, 216, 283, 351, 
371, 435, 492, 539, 691. 

Société médico-pratique de Paris (Compte-rendu des travaux), 
199, 318, 331, 375, 379, 407, 415, 423, 455,|471, 495, 5l2, 
563, 599. 

Sommeil. Etudes sur le — (Bourdet), 259. 

Spermatorrhée. Traitement de la —, 388. 

Spina-bifida, Cas de — (Baron), 381. 

Spinal. Fonctions du nerf —, 200, 311. 


Squirrhe du pylore. (V. ce mot.) — et cancer ; traitement de 
Reitz, 204. 

Staphylôme (Jobert), 130. —Phénomène consécutif à l’enlè¬ 
vement des — (Bérard), 354, 358. — Ponctions successives 
(Baudens), 489. 

Statistique des hospices et hôpitaux de France, 25. — Remar¬ 
ques sur les — (Mêlier), 169. — sur l’hérédité de la folie 
(Baillarger), 159. — des opérations à la Pitié (Lisfraiic), 193. 

— des affections cancéreuses (Tanchou), 220. — des aliénés 
en Angleterre, 360, 579. 

Stomatite pseudo-membraneuse. Réflexions (Jàdelot), 375. 

Strabisme. Opération de — et considérations sur le degré de 
confiance que cette opération doit inspirer (Velpeau), 22. — 
Déviation de l’œil après l’opération du — (Jobert), 410. 

Strychnine sur le système nerveu” Action de la —, 28. 

Stupidité. Observation de — (Baillarger), 371. 

Styptiques- Sur les—, 434. 

Surdité. Anatomie path. de la trompe d’EusIache (Bonnafont), 
183. — due à la présence de larves, 224. — par la syphilis , 
351. —Cathétérisme de la trompe d’Eustache (Gayral), 571. 

Suture. Nouveau procédé (Gé’ly)» 423. — Modifications de 
M. Blatin, 456, 551. 

Syphilis. Proto-iodure de mercure dans les accidents secondaires 
de la — (Robert), 17. — Traitement employé à Saint-Louis 
contre la — (Devergie), 212.,— Tartre stibié dans la —, ^64. 

— développée sous l’influence du virias vaccin (Ricord), 440. 
— Son inoculation aux animaux (Auziàs-Turenne) , 512,519, 
521, 671.—second, chez un enfant, 591.—EvoL de la—, 607. 

Syphilitique de la langue. Ulcération— (Lisfranc), 101. — Trai¬ 
tement de la chlorose — (Ricord), 240. — Considérations et 
traitement des maladies — (Chomel), 333, — Traitement des 
affections de nature — (Velpeau), 440. 


Tabac. Application externe des feuilles de—, 144. 

Taille bilatérale (Guersant fils), 70. —par le haut appareil; 
insuccès de la lilhotritie (Sonberbielle), 231. — sus pubienne 
(Ségalas), 335. — Six opérations de — (Guersant fils), 405.— 
sus-pubienne (Ségalas), 451. — Résumé des opérations de 
— (Guersant fils), 485, 497 (Souberbielle), 604. 

Teigne tondante. Recherches sur la — (Gruby), 160. 

'Télangiectasik. Emploi de la créosote —, 196. 

Tendon d’Achille. Rétraction du — (Pasquiér), 418. 

Ténesme des colonies, 284. 

Ténotomie. Abus et dangers de la — (Malgaigne), 83, 115. — 
Réponse de M.,Guérin, 107. — Valeur réelle de la — (Mal¬ 
gaigne), 159.,— (Lantery), 196. — (Guérin), 208. —Discus¬ 
sion, 263, 275, 309. — Quelques considérations sur la — 
(Guersant fils), 277. — Rapport de M. Velpeau sur le mé¬ 
moire de M. Malgaigne sur la —, 519. — Discussion sur la 
—, 429, 543. 

Testicule. Maladie du—. (V. Orchite.) — à l’anneau pris pour 
une hernie, 347. — Tubercules du — (Vidal), 412. — Encé- 
phaloïdedu — (Lisfranc), 429. — cancéreux (Pinel - Grand- 
champ), 59t.— tuberculeux, 601. 

Tétanos après l’application de cautères (Roussilhe), 12. —guéri 
par le sulfate de quinine, 32, 68, 228. — mortel après l’extir¬ 
pation d’un cor, 316. — Acide cyanhydrique dans le—, 404. 
traumatique, guérison (H. Larrey), 448. — Emétique à haute 
dose, 572. 

Thérapeutique. Lettres sur la — (Forget). (V. Feuilleton.) — 
Emploi de l'action vitale et de la douleur en — (Ducros), 
487. 

Thyroïde. Extirpation du corps—, 135. 

Timbre. Proposition pour l’exemption du—, 140, 161, 162.— 
Sur le —, 337. 

Tænia. Racine de grenadier contre le — (Lafargue), 104, 444. 

.— Racine de fougère mâle, 172, 288. 

Tonique deKnaup, 32. 

Torpille. Organes de l’électricité de la — (Jobert), 208. 

Toux. Huile de laurier contre la —, 336. 

Trachée. Haricot dans la —. Trachéotomie (Guersant fils), 150, 
179. — Calibre de la —, 396. 

Trachéotomie dans le croup. (Pinel-Grandchamp), 492. 

Transfusion du sang opérée avec succès, 44. 

Tubercules muqueux au sein (Cullerier), 41. — des poumons, 
des plaques de Peyer, etc. (Monneret), 82. — pulmonaires 
(Bricheteau), 102, 596. — Composition des — (Boudet), 427. 

Tuberculeuse. Sur quelques points de la diathèse — (Thirial), 
219. 

Tuberculisation pulmonaire chez l’enfant (Guersant père), 406. 

Tuberculose. Sel ammoniac contre la —, 176. 

Tumeurs fibreuses du sein. Note sur les— (Cruveilhier), 15. — 
Discussion, 27, 38 bis, 49, 51,63, 64, 75, 99, 111, 117, 123, 
129, 135. 147, 31 1. — squirrheuse du sein, diagnostic diffé¬ 
rentiel (Velpeau) ,22. — encéphaloïde du pied (Velpeau), 
45. — blanche au coude-pied (Lisfranc), 49. — de la cuisse 
(Lisfranc), 49. — érectile; traitement par les piqûres (Lafai- 
gue), 51. — sanguine fongueuse traitée par l’acupuncture, 52. 

— érectile chez les enfants, acétate de plomb, 52. — pesant 
4 kilogrammes ; amputation (Lisfranc), 59. — hydatique de la 
fosse iliaque (Blandin), 66. — blanche ; la fluctuation n’est 
pas un signe absolu de la présence du pus (Lisfranc), 77. — 
énorme de la cuisse, ib. — sanguine fongueuse ; caustiques 
(Robert), 83. — volumineuse des narines (Mott), 84. — géla¬ 
tino-albumineuses (Lesauvage), 100.— au sein ; excision, acci¬ 
dents (Lisfranc), 122. — de la tête (Amussat), 123, 127. — 
érectiles des paupières (Caron), 123. — du sein ayant les ca¬ 
ractères des tumeurs fibreuses (Amussat), 175. — éburnée du 
sein (Lesauvage), 183. — des ovaires, 192. — parotidienne; 
extirpation (Bérard), 203. — fibreuse du sein (Forget), 231.— 
cancéreuse du vagin (Ch. Masson), 235. — blanches. Traite¬ 
ment des — (Forget), 259. — énorme à la cuisse. Compres¬ 
sion, ioilure de plomb (Lisfranc), 234. — ovariques. Excision 
des— (Chereau), 279. — de la voûte palatine (Blandin), 290. 

— érectile; récidive après la cautérisation. Considérations sur 
l’emploi des caustiques (Chassaignac), 303. — lacrymale; 
médecine opératoire (Davat), 307. — du petit bassin ; opéra¬ 
tion césarienne, 311. — fongueuse du tibia, ligature de la 
fémorale; guérison (Roux), 318. — de l’aisselle (Souberbielle), 
34 3. — encéphaloïde de la paroi recto-vaginale. Procédé opé¬ 
ratoire nouveau (Chassaignac), 346. — cancéreuse du colon, 
ablation de l’intestin ; guérison (Reybard), 356.—intrà orbi¬ 
taire; extirpation de l’œil (Roux), 362.—desbourses muqueuses, 
369. — abdominale, diagnostic (Chomel), 373, 386. — cancé¬ 


reuse. Considérations générales, 375. — Classification des --- 
417. — de la fosse sous-épineuse (Velpeau), 417. voli^i- 
neuse de la parotide, 439. — érectile, ligature , 448. — Hy- 
datidiforme du poignet (Velpeau), 559. — du crâne ; ence- 
phalocèle (Bérard), 481. — (Velpeau), 487, 511, 521. — de 
l’ovaire (Richelot), 495. — érectile du rectum et de l’utérus 
(Chassaignac), 503. — scrotale prise pour une hydrocele 
(Piorry), 506. — du sein, ablation (Chassaignac), 524. — pé- 
diculée de l’utérus (Chassaignac), 539. — à l’hypogastre (Des¬ 
prés), 639. - de Porbite (Bérard), 539. — fibreuse. Discus¬ 
sion, 155. — encéphaloïde du pied (Velpeau), 561. de 
nature douieuse dans l’aine, 661. —laiteuse du sein (Forget), 
564. — sanguine du genou. Diagnostic, thérapeutique (Vel¬ 
peau), 586. — encéphaloïde, 601. 

Typhoïde. Parallèle des lésions intestinales de la fièvre — et de 
la dysenterie (Piorry), 39, 67. — (Bricheteau), 86. — (Piorry), 
89.— (Chomel) 97, 113. — Grave complication (Guersant 
père), 245, 258. — Coup d’œil sur la fièvre, 256. — Etiologie 
et contagion de la fièvre — (Brierre), 283. — De la fièvre — 
(Rostan), 365, 378, 445, 462. — (Homolle), 376. --Créosote 
dans la fièvre —, 393. — Fièvre — (Mort), 415. — Epidémies 
de fièvres, 441. — Grave fièvre—, eschares (Piorry), 474. — 
Fièvres (Chomel), 502, 522. — Emploi de la noix vomique 
dans la fièvre —, 520. — Considérations pratiques sur la 
fièvre —, 537, 567. — Fièvre — (Bricheteau), 551, 554. 

U 

Ulcères chancreux du nez (Lisfranc), 49. — chroniques^ des 
pieds. Nouveau mode de traitement des —, 232. — des jam¬ 
bes: traitement, 272. —delà cornée (Desmarres), 290, — de 
la gorge (Vidal), 412. — de la gorge (Vidal), 423. -- du col 
de l’utérus. (V. ce mot.) — phagédénique à la poitrine (Lis¬ 
franc), 478. 

Urètre. Rétrécissement valvulaire de 1’— (Guillon), 99.^ — 
Boursouflement énorme de 1’—, 291. — Accidents par lin- 
troduction d’une sonde dans T— (Chassaignac), 329.— Poly- 
pes de r—, 331. — Rupture de 1’—, 560. 

Urétroplastie (Jobert), 555. , . . j. 

Urine. Diverses espèces de rétention et d’incontinence d — 
(Lisfranc), 157. — Teinture de cantharides (Lisfranc), 185.— 
Valeur séméioiologique des — (Martin-Solon), 234, 314, 
486. —Efficacité des balsamiques dans l’incontinencq d — 
(Chabrely), 260. — colorée en violet par l’usage de l’eau de 
chaux, 324. — Teinture de cantharides dans la rétention 
d’—, 388. — Nouvelle cause de rétention d’— (Guillon), 
399. — Nitrate dépotasse et acide benzoïque dans l’inconti¬ 
nence d’— (Delcour), 595. 

Utérin. Affuseur — (Blatin), 416. — Granulations du col 
(Chomel), 602. 

Utérus. Recherches sur les ulcérations du col de l’— (Tanchou), 
10, 31, 37. — Hydropisie et tympanite de 1’— (Tessier), 27. 

■ — Rupture de 1’— (Velpeau), 30. — Cancer de 1’—. (V. ce 

mot.) — Fréquences des polypes fibreux de 1'— (Cambernon), 
63. — Cautérisation au fer rouge des ulcérations et engorge¬ 
ments du col de l’—(Laurès), 155, 499, 504 — Recherches 
sur la structure de 1’—, 351. — Extirpation du fond de 1’— 
(Velpeau), 393 , 413. — Ulcération du col dè 1’—, pessaire 
(Tanchou), 451. '^Instrument pour la dilatatWi du col de 
P— (Huguier), 503. — Sur l'instrument de Busch pour la di¬ 
latation du col de 1’—, 516. — Ulcérations du col de 1’—. 
Traitement par le caustique d'iode (Cullerier), 531. 


Vaccin. Caractères différentiels du — (Fiard), 487. 

Vaccine en Russie, 195. — en France, 196.— Note pour servir à 
l’histoire de la — (Richelot), 200. — et son affaiblissement, 
300. — Note sur l’ancienne et la nouvelle — (James), 333. 
—et variole. Leur développement simultané, 471. 

Vagin. Oblitération du —, 180, — Tumeur cancéreuse du —, 
235. — Hernies du —. (V. hernie, Cystocèle.) 

Vaginales. Fistules —. (V. ce mot.) 

Vaginite granuleuse (Deville), 391, 465. 

Valérianate de quinine. (V. ce mot,) 

Vanille. Propriétés thérapeutiques de la —, 364. 

Varicocèle. De la cure radicale du — (Vidal), 212. — (Vel¬ 
peau), 357, 373. — Traitement du — (Vidal), 453. — Enrou¬ 
lement du cordon spermatique (Vidal), 519. 

Variolaire discoïde. Vertu fébrifuge de la —, 248. 

Variole (Bricheteau), 126. — confluente, mort, carnification 
pulmonaire à 87 ans, 448. — (Monneret), 289. —chez un 
amputé (Chassaignac), 310. 

Veines. Fonctions des —, 107. 

Veineuse. Absorption —. (V. ce mot.) 

Verge. Amputation de la —. (V. ce mot.) 

Verrue sur la plante du pied (Lisfranc), 49. 

VÉSICATION. Nouveau moyen de produire la —, 364. _ 

Vésicatoire dans la vessie (Morel), 311. — dans le jeune âge, 
420. — Abus des —, 460. 

Vessie. Instrument pour inciser les valvules du col de la — 
(Mercier), 111. —(Guillon), 196. — Végétation carcinoma¬ 
teuse de la — (Cruveilhier), 211.— Vésication de la —, 311. 

Vers intestinaux. Accidents des— (Mondière), 13, 65, 79, 121, 
137, 149, 157.— Observation médico-légale (Hotowski), 2l6. 
Lombric sorti par l’anneau inguinal, 272. 

Vertébrale. Fracture —. {V. ce mot.) — Sur les déviations de 
la colonne —, 432. 

Vices de conformation. Eventration. (V. Monstruosité.) 

Vin chalybé. Préparation du —, 340; 

Vitalisme. Examen des faits relatifs au — (Virey), 379. 

Vomissement. Sur divers cas de —, 132. 

Vue. Transposition du sens delà —, 444. 

Vulvaire. Thérapeutique du thrombus —, 440. 

Vulve. Traitement des démangeaisons de la —, 32. ■ 
de la — (Huguier), 215 — Fistules de la —, ib. 


Zona. Plusieurs cas de — (Blache), 581. 


Imprimerie de Béthune et Plon, rue de Vaugirard, 36. 


- Cancer 














MARDI 2, ET JEUDI 4 JANVIER 1844. 


(I7‘ ANNÉE.) 


N*. I. TOME VI. — 2* SÉRIE. 


ïïja Ijaneetîe W^rançaine ^ 


GAZETTE DES HOPITAUX 


te Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, Q^fr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 
Départ., id. lo fr.; id. 20 fr.; id, 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


Institutions médicales. — Hôpital Saint-Loüis (M. Devergie). Exeni|ile 
rare de lichen gyratus, à désigner sous le nom de lichen perpendi- 
cularis. — Accouchement. Présentation de l’épaule avec issue du 
bras. Evolution spontanée du fœtus; par le Dr G. Goyraiid, d’Aix. 
^ Académie de médecine {2 ÎHii'iiev). Quarantaines. — Académie 
des sciences (2 janvier). Myotomie oculaire. — Revuethérapeutique. 
Cas de névrose guérie par la racine de Colombo. — Efficacité de 
l’émélique à haute dose contre l’hémoptysie. — Analyse du sang 
dans un cas de colique saturnine. — Feuilleton. Causeries hebdo¬ 
madaires. — Nouvelles. 


PARIS, l'r JANVIER 1844. 

L’année qui commence nous promet de graves sujets de 
médiialion en ce qui concerne les institutions médicales. D’a¬ 
près le discours de la couronne, les chambres auront à s’oc¬ 
cuper, cette année, de la loi sur l’instruciion secondaire, et 
la loi sur les patentes, restée, à la session dernière, à l’étal de 
rapport, sera nécessairement discutée pendant la session ac¬ 
tuelle. 

Dans la loi sur l’insiruction secondaire comprendra-t-on 
celle depuis si long -temps promise sur l’enseignement et l’exer¬ 
cice de la médecine ? Nous n’osons le croire ; et à vrai dire, 
nous ne le désirons pas. Les hommes qui sont à la lête des 
affaires, les hommes qui dirigent nos institutions médicales ne 
nous inspirent pas assez de confiance pour que nous puissions 
désirer que la loi qui nous concerne soit préparée par eux. 
Rien de grand, d’élevé, de généreux ne peut venir de ce côté. 
Depuis douze ans nous les voyons à l’œuvre, et ce qu’ils ont 
fait donne la mesure de ce que nous aurions à en attendre 
encore. Nous estimons qu’il vaut mieux subir le statu quo, 
tout déplorable qu’il est, que d’enchaîner nos destinées aux 
idées gouvernementales du moment. Nous ne trouverions 
peut-être pas dans le sein des chambres des connaissances suf¬ 
fisantes de la matière pour paralyser les mauvaises intentions 
dont, à bon droit, nous redoutons l’influence. D’ailleurs, par¬ 
mi nous, sont-ils nombreux les médecins qui se soient occupés 
de ce grave sujet, qui puissent apporter dans la discussion 
l’élaboration consciencieuse d’un travail réfléchi ? La presse 
elle-même a-t-elle suffisamment préparé les esprits à ces hau¬ 
tes questions d’où dépendent l’avenir de la profession, l’exis¬ 
tence même de la science? Non, il faut le reconnaître; nous 
sentons bien que nous vivons d’une vio anormale, nous éprou¬ 
vons la douleur de notre fausse position ; mais, qn’on nous 
passe ici celte comparaison, noos sommes le pauvre malade 
qui gémit sur ses souffrances et qui écoute imprudemment les 
conseils des commères ou les prescriptions des charlatans. Le 
médecin prudent, honnête et éclairé n’est pas encore venu ; 
sachons l’attendre en étudiant avec soin les symptômes et les 
causes de notre maladie, pour pouvoir lui en rendre un 
compte fidèle. 


Le temps est arrivé, ce nous semble , où toute indifférence 
à cet égard doit cesser. Si nous n’espérons rien dn présent, 
nous avons foi en l’avenir. Or, comme le disait Leibnitz, le 
présent est gros de l’avenir, c’est-à-dire qu’on se prépare des 
deshnées fuiiires plus ou uioins heureuses, selon qu’on ira- 
vaille actuellement à obtenir*ce qu on désire. Tel est ie motif 
qui nous engage h présenter à nos lecteurs ,. dans le courant 
de celte année, nos réflexions sur l’enseignement et l’exercice 
de la médecine. Nous le croyons utile à plus d’un titre. 

D’abord pour stimuler le zèle de nos confrères eii faveur 
d’une réforme dont ils sentent tous l’urgence , mais à laquelle 
fis ne se rallient pas, peut-être faute d’un point de ralliement. 
Nous avons 1 ambition de le leur offrir, en leur promettant 
sympathique et cordial accueil pour leur adhésion aux princi - 
pes que nous défendons. Un exemple récent lenr a montré 
toute la puissance, toute la fécondité de l’association quand 
elle repose sur une base légitime et véritablement libérale. 

Ensuite, comme nous serons forcés de dire ce qui est, avant 
de dire ce qui devrait être , nous sommes convaincus que la 
simple exposition de l’état des choses conduira dans les voies 
de la réforme un grand nombre d’esprits qui, soit par igno- 
rance de la vérité, soit par appréciation erronée, ont vécu jus¬ 
que-là dans une quiète insouciance. 

Enfm , et c’est pour nous le point décisif, nous croyons 
avoir d utiles et d’importantes vérités à faire prévaloir, et pour 
leur propagation nous nous sentons toute l’ardeur que peut 
donner une honnête et généreuse conviction. 

Notre programme d’ailleurs est simple et se réduit aux pro¬ 
positions suivantes : 

Pour renseignement, fidèle à nos principes de 1830, nous 
voulons aujourd’hui ce que la Charte nous promit alors, la 
liberté. Nous savons bien que par une inconcevable faiblesse 
du pouvoir, cette question si simple et si claire s’est obscurcie 
de toutes les mauvaises passions que l’intolérance et le jésui¬ 
tisme y ont sciemment introduites. Nous savons bien qu’au- 
jourd hui, faire de l’oppo-siiion à l’autocratie intolérable de 
I Université, c est en apparence se rallier aux attaques intéres¬ 
sées du clergé provocateur et menaçant. Mais, pour notre 
compte, nous sommes peu effrayés de cette émeute de sa¬ 
cristie ; le clergé court après un principe où il doit trouver 
autre chose que ce qu’il y cherche ; d’un principe vrai, libé¬ 
ral , révolutionnaire il ne peut sortir la consécration du men¬ 
songe, de 1 absolutisme et de l’immobilité. Le clergé demande 
une arme qui doit crever entre ses mains, une arme avec la¬ 
quelle , au contraire , la liberté marchera plus sûrement vers 
ses irrevocables destinées. 

Peu nous importe donc de rencontrer sur ce terrain les jé¬ 
suites de toute robe. Qu’ils obtiennent pour eux la liberté 
d enseignement, nous l’obtiendrons aussi pour nous et, les 
douteLT *3, la victoire ne sera pas long-temps 

La liberté d’enseignement n’entraîne pas pour nous l’idée 


necessaire de la destruction des corps enseignants tels qu’ils 
exi.stent actuellement. Nous voulons leur modification non 
leur suppression. Et, par exemple, notre radicalisme ne va 
pas jusqu’à vouloir anéantir les facultés de médecine, nous 
desirons senlemeiii qu’on en change la nature et le but. Telles 
qu elles .sont instituées , les facultés constituent une sorte de 
petite église au milieu de la grande communauté médicale. Il 
est dangereux de livrer aux mêmes mains l’enseignement et 
le pouvoir de conférer les grades. L’aspirant au doctorat, ex¬ 
clusivement examiné par ses maîtres, n’apprendra que ce que 
ses maîtres enseignent, leurs opinions, leurs doctrines, quel¬ 
quefois leurs erreurs : cela s’est vu. L’enseignement d’une 
école peut d’ailleurs, cela se voit, être en opposition avec les 
opinions généralement régnantes. 

11 peut arriver aussi qu’une faculté autrefois brillante, 
composée de professeurs d’une célébrité européenne, qu’une 
faculté qui a possédé les Dupuyiren, les Pinel, les Hallé, les 
Boyer, les Corvisart, les Laënnec, les Broussais, etc., ne 
remplace ces grandes illustrations qui cachaient sous leur 
gloire les défauts de l’insiituilon , que par des médiocrités 
plus ou moins remuantes auprès desquelles les jeunes gens 
soient cependant forcés de venir lecevoir une éducaiion mé¬ 
dicale insuffisante, incomplète et viciée. Car selon les tendances 
et ies habitudes du chef de cette cabale, il pourra se faire, et 
I exemple ne nous manquerait pas, que la direction des élu- 
des soit poussée dans des voies opposées à la véritable science 
medicale, que les études dites accessoires aient pris un déve¬ 
loppement tel, que les autres branches bien plus indispensa¬ 
bles souffrent et languissent ; par suite de cette direction , il 
pourrait se faire que les juges d’un concours pour l’internat 
et 1 externat se plaignissent hautement et publiquement de la 
faiblesse en anatomie des élèves d’une école qui, sous d’autres 
directions, a dû précisément toute sa prépondérance à la cul¬ 
ture de cette science négligée ailleurs. 

Par tous ces motifs que nous ne faisons qu’indiquer, par 
beaucoup d’autres encore que nous développerons à mesure , 
nous soutiendrons cette opinion, que l’on doit enlever aux Fa¬ 
cultés le droit de conférer des grades; que ces écoles doivent 
être transformées en établissements d’instruction supérieure, 
ou quelque chose d’analogue à ce qui existe au collège de 
France, dont les élèves ne suivent les cours que tout autant 
que ces cours ont de l’éclat et de la solidité. Nous dirons par 
quels moyens on peut remplacer les cours obligatoires des 
Facultés, et nous indiquerons la série des modifications que 
nous voudrions voir apporter à l’enseignement des sciences 
médicales et aux épreuves pour obtenir les grades. 

Mais il est un point sur lequel nous tenons dès aujourd’hui 
à renouveler notre vieille profession de foi, le concours. Pour 
nous, cette institution est une de nos plus belles conquêtes, 
et, malgré toutes les iniquités qui se sont cachées sous son 
manteau , elle trouvera toujours dans ce journal défense et 
protection. Ces iniquités, d’ailleurs, sont le produit des hom- 


W'Æ WJIMa WaMVOIV, 


CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

Bonne année. — RéalisâlioD d’une prophétie. — Le professeur de 
physique. — Une attaque au feuilleton. Citation diolatique. — Les 
cartes de visite. — L’hypochondrie. — La chemise d’un homme 
heureux. 


J ai voulu chercher une formule un peu plus neuve, je n’en ai pas 
trouvé de plus riaïve et qui rendit aussi complètement toute l’exten¬ 
sion de mes désirs et de mes vœux. Une bonne année, cela veut tout 
dire et s’étend à tout. Le plus profond et aussi le plus amusant des 
philosophes, Molière, a très judicieusement parodié cette formule par 
ces souhaits célèbres : 


Salut, honor et argenlum 
Atque bonum appelilum. 

Voilà le nec plus ultrà des désirs à exprimer et voilà aussi, sans 
a'Idiliuiis ni suppressions, tout ce qui e^t nécessaire pour passer une 
nonne année, ce que je vous souhaite du meilleur de mon rœiir. Salut, 
c’est-à-dire bonnes et coniraternelies relations entre nous, absence dé 
discussions irritantes , ces.salion de toute querelle, feu de joie de pa¬ 
pier liiiibré, expulsion des robes noires du sanctuaire de la science et 
accolade générale. Honor , c’est-à-oire succès dans vos ambitions lé- 
6 limes de gloire et de renommée, vicloire dans vos concours, réussite 
dans vos sollicitations, chances |iour vos candidatures soit à’la dépu- 
Mtioii soit aux fonctions de maire , soit à celles plus modestes de 
conseiller municipal ; et argenlum, c’est-à-dire clientèle nombreuse 
Choisie et surtout bien payante, qui vous permette des économies, de 
placer vos garçons, de marier vos filles, de vous procurer pour vos 
'leux jours une confortable aisance. Atque bonum appelitim, c’est- 
Mire la santé sans laquelle tout le reste n’est rien ou peu de ebose. 
août cela je vous le souhaite et vous le donne d’intention. J’y ajoute 
encore une bonne et jolie femme — remarquez que je dis bo.ine 
avant jolie ; — deux ou trois, pas plus, petits marmots bien barbouil¬ 
les de confitures , un bon cbeval pour vos courses, au retour un bon 
•eu , bon potage et surtout bon accueil, de bonnes dents, un bon 
'liâ> P®*'* ''Oii'sicault en cas de grêle ; que pouvez-vous sou- 

«aiter de plus ? Vous aurez tout cela, je vous le prédis et je suis bon 
prophète. Exemple; 


J ai prédit la nomination de M. Gavarret à la chaire de physique, et 
M. Gavarret vient d être nommé. Non sans efforts , cependant; car il 
cifp i“„i‘’“fl'*""' P"“'' la victoire long-temps indé¬ 
cise entre M. Maissiat et lui. Le Succès de ce jeune candidat qui ap¬ 
paraissait pour la première fois dans les luttes de la Faculté, est assu¬ 
rément fort remarquable, et il faut admettre que les épreuves ont té¬ 
moigné d une supériorité bien évidente, pour que le jury lui ait donné 
'louorables concurrents; sur M. Person qui , en 
1831’ obtint p^our cette même chaire le suffrage de Dulong et de Sa¬ 
vait funini.î!,'itr‘^’i“ a® eoDoour-s dans lesquels il pa- 

nié e^lle Al distinction, et qu’une sorte de fata- 

r îmie i l éloigne toujours du scrutin; sur M. Baiidrimont, que la 
®‘ ^ ® ® P'^P®’’® inoontestableinent de plus heu 

“-/’o'os'ot, enfin, qui a tellement approché du 
but cette fois, que sa défaite est assurément un triomphe.*^A M. Ga- 
remplacer M. Pelletan, professeur di- 
si rt, élégant et facile, dont les élèves suivaient avec empressement les 
dû a 1 "®’ '‘® P®® dii’ils auraient 

dûêtie, cesl-a-dire, des cours de pby.sique médicale. Le nouveau 
prufesseiir com|irendra autrement, il faut l’espérer, la nature et le ca- 
é ®* P‘‘ysi‘l»“ générale et 

nïnftiT. *. 1- ^ i et d autres ampbilliéàires que le 

P diflT r P ‘'® C’est à la Sorbonne, au 

.""a®®." que celte .science reçoit tous les 

déve oppemenis dont elle est susceptible. A la Faculté, il ne peut être 
Snmin'''® ‘^® sf;''l'P‘icalions à la science de la vie, et le pro- 
me railla P«"‘ “ point de lue est encore snflisam- 

r a p!i»li/?"-i ^ Ce professeur 

de la Faculté doit se rappeler sans cesse que les élèves n’ont et ne peu- 
m.'ii lüni'’"® ''noomiilèles et bornées sur la physique, 

ré -1,,1 f '‘®“ P®“’‘ a'gébristes , et qu’il faut par conté jurnt leur 

piésenter la science, non pas en géomètre, mais en médedn. 

Pour ne pas commencer l’année par des récriminations, je passerai 
'!'i ®"®-®a“''®r f “'‘"® feuilleton par un 

journal q a écrit la science en petits bouts d’articles, en pensées com- 
Pascal, en maximes comme. Laroch. foucanld. Il nous a fait l’hon. 
m je dis nous, car il s’adresse aux feuilletonistes , de nous placer 
....re un aphorisme sur les tumeurs de mauvaise nature , et une 
apoplithegrne sur le cancer. Ce monsieur qui n’ecrit nas des f-udle 
tons et qui abomine c^ ux qui ont l’âme assez noire pour se livrer à 
eÜl ® ® cependant le plus grand tort de ne pas 

cultiver ce genre de littérature, car son style léger, gracieux et nlein 
de distinction , lui procurerait les plus brillants succès. J’en ^cuéra” 
pour preuve une seule phrase extraite de ce même journal, où les li¬ 
mites du genre m ont paru dépassées, L’auteur rend compte d’une tra¬ 


duction récente d Hippocrate, et parlant du retour des esprits vers les 
principes de la médecine grecque, il en attribue en grande partie la 
gloire aux publications de la Revue médicale, non toutefois sans quel¬ 
ques correctifs ; « Il est vrai encore, dit ce spirituel critique, que les 
» préoccupalions personnelles et polémiques, j’allais dire politiques, de 
>> la Revue,-U distrayaient souvent de son noble but. Malgré tout cela 
» pourtant, on peut dire que la Revue a donné un bon coup d’épaule à 
» Hippocrate, et un bon coup de pied à ses ennemis. » N’est-ce pas 
que cette image est charmante, et délicate et gracieuse ? Et n’admi- 
rez-vous pas que , parlant d’un coup de pied , le prude écrivain nous 
ait fait giâce de la partie lésée? 

Je SUIS fort étonné tous les ans, au janvier, de voir combien le 
cerc e de mes connaissances s’agrandit, ou plutôt de combien de gens 
J ai I honneur d être connu que j’ignorais complètement. Je reçois une 
10 mité de cartes tout-a-fait inattendues et qui mettent souvent l’esprit 
a la torture. Ainsi je vois là , sur ma table , un M. Poinsot, qui m’a¬ 
dresse un charmant petit paysage où rien ne manque , ni la petite 
maisonnette et son tuyau fumant, ni les arbres pittoresquement grou- 
pés , ni la prairie où paissent la vache et la chèvre et l’ânesse , ni la 
gentille fermière en jupons courts. Quel est donc, me disais-je, ce bu¬ 
colique confrère qui grave ainsi son nom sur l’écorce des arbres et 
qui ra envoie, pour carte de visite, une idylle de Ge.ssner? J’ai fini par 
découvrir et je suis tout fier de ma perspicacité, que M. Poinsot était 
tout simjilement un honorable nowrisseur qui, au lieu de faire vul¬ 
gairement écrire sur sa carie les articles de son commerce, les a in- 
génieusement placés en emblème , ce qui ne me parait point sot, en 
vérité. Voici M. Pissot qui m’adresse avec adresse un gentil petit al¬ 
manach en lettres d’or , tout ornementé d’arabesques et de bandages 
herniaires. Voici Veau de Pulna qui me souhaite la bonne année, et 
puis un chocolat ferrugineux , que dis-je ? six ou sept de ces cacaos 
plus ou moins chalybés ; et puis un ventouseur, un dépôt de nourri¬ 
ces , trois fabricants de biberons , deux clysoirs , que sais-je ? Mais 
celui que je garde pour la bonne bonche, c’est un certain M. Potel 
fabricant de... en vérité, je n’ose dire ce que ce monsieur fabrique ; et 
cependant, voyez, c est écrit en toutes lettres, fabricant de... de quel¬ 
que chose qui a un nonn tout à fait impropre, car ce qu’on y met ne 
se parte pas, au contraire, et ne ressemble à aucune espèce de robe. 

Fl donc ! monsieur ; je ne donne pas de pareilles étrennes. Comme 
circonstance atténuante , je dois ajouter cependant que ce que ce 
monsieur fabrique est hygiénique et hydrogliffe, ce qui pour moFest 
un peu hiérogliffe. 

Pour dissiper toutes ces mauvaises odeurs, permettez-moi de vous 
dire quelque chose qui, quoique m’étant un peu personnel, peut ce¬ 
pendant être raconté sans blesser aucune convenance. Ce que je vais 
dire s ailleurs rentre tout à fait dans le domaine de la médecine me- 























nies qui ont exploité le principe et non le résultat du principe 
lui-même. Et si, au grand jour, en face d’épreuves publiques, 
l’intrigue et le favoritisme peuvent encore trop souvent jouer 
adroitement leur rôle, que serait-ce donc si ou leur laissan te 
cUamp tout à fait libre , si les mauvaises passions pouvaient 
manœuvrer à leur aise dans l’ombre et le mystère du bms- 
clos? Considérez d’ailleurs par quels hommes et dans s 
intérêts le concours est attaqué , et vos sentiments eieves^ei 
généreux vous feront embrasser la défense de cette mstilulion 
dont d’hypocrites ambitions ont pu fausser queltjues applica¬ 
tions, mais non compromettre l’avenir. 

Relativement aux disfiositions légales promises sur 1 exercice 
de la médecine , le nombre et la complexité des iiueslions qui 
se rattachent à ce sujet nous empêchent de formuler claire¬ 
ment et en quelques mots nos opinions..^ Disons que toute 
mesure qui garantira l'hohorabilité et la dignité de notre .pro¬ 
fession, en tant qu’elle sera 'compatible avec les principes de 
liberté et d’indépendance qui la caractérisent, que bette mesure 
nous trouvera pour défenseurs. La question très grave des con¬ 
seils de discipline sera par nous examinée avec le plus grand 
soin. Un grand nombre de préjugés , d’idées fausses et dange¬ 
reuses ont été répandues à dessein ou sans intention sur la 
nécessité trompeuse de leur création. Nous espérons p cet 
égard pouvoir ramener nos lecteurs aux véritabjes principes , 

11, sans nous expliquer plus nettement aujourd’hui, bous di¬ 
rons, eii temps et lieu, pour quels misérables intérêts, pout 
quelles passions coupables , pour quelles intentions visibles 
d’arislocratic quelques hommes voudraient légalement, et par 
des apparences fallacieuses, soumettre le corps médical h une 
hiérarchie tyrannique. 

Qu’on le croie bien , dans toutes cés discussions que nous 
voulons neitement et loyalement aborder, nous ferons tous nos 
efforts pour que notre opposition s’arrête aux choses et évite 
les hommes. Nos principes planent au-dessus de ces mesqui¬ 
nes et vulgaires questions d’individualité. Nous ne gâterons 
pas notre cause, que nous croyons belle , par une polémique 
outrageante et de mauvais goût. Les principes d’abord , les 
hommes ensuite, telle a été, telle sera toujours notre règle de 
conduite. , • 

Il est une autre question toute palpitante d’actualite et qui 
se rattache pour nous — car tout s’ebchaine daiis les convic¬ 
tions sérieuses et réfléchies — aux principes de libéralité que 
nous voudrions faire prévaloir dans nos institutions médicales ; 
nous voulons parler du droit dé critique et de libre exanien 
dont, par la plus étrange des aberrations, on cherche biicoré , 
à l’heure qu’il est, à fausser le caractère, h dénaturer le sens, 
à affaiblir la portée pour y substituer on ne sait quelle obMçbre 
et métaphysique combinaison dont l’application est certaine¬ 
ment absurde , mais dont l’intention est visible et palpable, 
Dégagée des nuages dont un intérêt trop évident l’enveloppe , 
ia question se préselite éblouissante de clarté; pour bous et 
pour tout hoinme de sens qui vit avec les lumières et les exi¬ 
gences de son siècle, elle se formule ainsi ; Tout homme de 
science qui avance un fait d’un ordre scientifique doit la preu; 
ve de ce fait ; si celte preuve est absente, la critique a le droit 
de le dire, la critique a le droit de recherche, et si cette re¬ 
cherche conduit a la négation du fait, c’est le droit, c’est le 
devoir de la critique de le proclamer. Eh bien ! cette vérité de 
sens commun , ce principe si clair qu’on e'st cOnfus d avoir à 
le poser , un écrivain les conteste et, renversant la proposi¬ 
tion et avec elle le sens commun, il ose dire que c’est d’abord 
au critique à faire la preuve de la fausseté des faits, et que jus¬ 
que-là toute allégation , quelque invraisemblable qu’elle Soit ; 
toute énonciation d’un fait, ce fait fût-il surnaturel et phéno¬ 
ménal, doivent être crues sur parole jusqu’à démonstration dû 


contraire. Cela s’appelle faire de la critique mora/e / Il est 
temps de combattre des prétentions aussi étranges, il est temps 
de soumettre à un examen sévère les opinions qu’on cherche 
à introduire dans le domaine de la critique, il est temps de 
métit’e un terme à une exposition d’idées aussi subversives des 
principes qui dirigent les écrivains conscièneieux. Nous ne 
faiblirons pas dàns cette tache péniblë, mais honorable , et 
nous sommes certîdns de rencontrer au bbiit la sympathique 
adhésion de nos confrères. 

Un mot encore snr la loi des patentes. Nos lecteurs savent 
que c’est dans le courant de la session actuelle que cette loi 
va être discutée. Us savent encore que le rapporteur de cette 
loi a été favorable à nos légitimes récriminations. .Mais nous 
les supplions de ne pas s’endormir sûr la foi d’un avenir qui 
paraît favorable.. Toutes les convictions ne sont pas gagnées 
ddiisie sein des chambres; bien des préjugés y existent en¬ 
core. Il est donc urgent de se remettre à l’œuvre ; réunissez- 
vdü.s, pétitionnez collectivement; le temps presse, hâtez-vous; 
craignez pas de redire ce qui cent fois a été dit ; insistez 
■ cette assimilation inique et absurde de la profession mé¬ 
dicale avec le commerce, sur l’exemption de la patente accor¬ 
dée à toutes les professions libérales, à l’exception de la plus 
libérale de toutes, celle qui exige le plus de dévouement, le 
plus d’abnégation, le plus de désiniéressement ; puisez vos ar¬ 
guments dans le cœur et dans l’esprit ; mais encore une fois 
hâtez-vous! , , , 

Voilà ce qu’il noos a paru utile de .dire à nos lecteurs 
commencement de cette année. Ils y verront clairement que 
nos principes d’aiijourd’hüi sont ceux à la défense desquels 
nous avons cori-sâcré en tout temps notre zèle et nos efforts. 
La calomnie, sous quelque forme qu’elle se présentât, ou bru¬ 
tale, où hypocrite, a été impuissante b nous trouver infidele 
à nos antécédents. Comme le philosophe antique, à ceux qui 
niaisement nous accusaient d’immobilité, nous avons répondu 
en marchant en avant. Dans cette fiévreuse et inquiète agita¬ 
tion qui tourmente la société actuelle, dans cette aspiration 
générale vers un avenir meilleur et plus moral, le corps medi- 
m 1 seul ne peut rester attaché à un ordre de choses iiicompa- 
tibh- avec l’accomplissement de ses nobles destinées. Il spivra 
le rabuvement bu sera entraîné par lui. La Gazette des Hôpi¬ 
taux s’est donné là mission de représenter, d’indiquer, de di- 
ritrer iiar fois toutes r’es idées jeunes, généreüses, rénovatri¬ 
ces, qui fermentent dans les esprits intelligents et dévoués. 
Le présent est triste, mais l’avenir se lève radieux. Sachons 
attendre, sachons surtout réunir en ün faisceau commun tou¬ 
tes les intentions pures el hbiitlêtes. 

HOPITAL SAIlVT-LOUis. — M. Devergie. 


Exemple , 


■e de lichen gyratus, à désigner sous le n 
de lichen perpendicularis. 


On s’accorde aujourd’hui à désigner sous le nom de lichen, 
toute éleVure papuleuse pyramidale plus ou moins large, dé¬ 
veloppée à la surface de la peau , principalement dans le sens 
de l’extension des membres, ayant tous les caractères inflam¬ 
matoires de ce que l’on nomme vulgairement un bouton , a 
cette différence que presque jamais l’élevure 
rive spontanément à suppuration , et que ja saillie enflammee 
se dessine très nettement de la peau sanie. Les especes du 
lichen ont été câractèrisêes par les épithètes simplex, pitaris, 
circuriiscnptus, agrius, Ihidus, tropicus et urlicatus, quim- 
diqûeiit assez les modifications que peut présenter cette affec¬ 
tion. Toutefois , Biett aurait signalé l’existence d une variété 


(lu’il aurait observée une seule fois, et qu’il aurait appeléj 
lichen gyratus. M. Cazenave en expose les caractères ainsi 
qu’il suit (àbrégé pratique des maladies de la peau, p. 299); 
«Les papules disposées, en petits groupes, forment une espèce 
èë ruljan qùî partant de là partie antérieùre de la poitrine, 
gab'nait la partie ihterùe du bras ; dont il longeait en se con- 
ibSrnant tout le bord extèrne jusqu’à l’extrémité du peiit 
dbigt, en suivant exactement te trajet du nerf cubinàl. » 

Biett a compris cette forme de lichen dans le lichen sim. 
plex. . 

Mais dans le cas que je vais rapporter, et que j ai^ traité 
dans mon service , c’était moins un lichen simplex qu’un li. 
chen agrius, férus; le volume des papules, la vive déman- 
geaison qu’elles causaient, la persistance du mal, son ancien- 
neté et sa forme, constituent autant de circonstances que je 
regarde comme propres à caractériser cette aflection. 

Suivant les dermatologistes,. le lichen agrius se présente 
presque toujours sous forme de plaques arrondies siégeani 
principalement au jarret, au pli du coude, dans les points de 
flexion dés membres , tandis que les autres variétés de lichen 
en occupent la partie externe. Pour moi, le lichen ogTiiwpeni 
exister sous deux dispositions principales; d’abord sous celle 
de plaques , ainsi qu’on l’à principalement décrit ; ensuiie 
sous^celle de ruban. La première occupe le point de flexion 
des membres, principah nieut le jarret et le pli du coude. La 
seconde siège le long de la partie interne des cuisses et des 
bras, sous forme de prolongements obliques de dehors en de¬ 
dans et de haut en bas. Je pense que trois conditions princi¬ 
pales doivent cai'actériser le lichen agrius : 1“ Le volume plus 
considérable des élevures lichénoïdes ; 2» la vive démangeai, 
son qu’elles causent; 3° la persistance de la maladie et sa té¬ 
nacité à résister au traitement souvent le plus rationnel. Açes 
divers titres, le lichen décrit par notre savant prédécesseur 
Biett doit être plutôt considéré comme uu lichen agrius que 
comme un lichen simplex. . il 

Nous pensons aussi que l’expression gyratus ne convient pas 
à cette maladie. Cette qualification suppose une disposition 
arrondie ou contournée d’une ligne ou d’un ruban, tandis 
que l’espèce de lichen très rare que nous décriyons.est tout à 
fait longitudinale; aussi nous proposons de l’appeler Uchm 

perpendicularis. . 

Voici maintenant la description du fait que nous avons eu 
à traiter. . . ,. 

Le nommé L... (Antoine), âgé de trente-sept ans, bijoutier, 
entre dans notre service le 3 mai 1843 (ce malade nous avait 
été adressé par M. le docteur B...). Sa constitution est bonne; 
il est d’un tempérament sanguin ; il habite une chambre à un 
étage élevé ; il n’a jamais souffert de la misère. Son père à fu 
des dartres dites farineuses. Quan,t à lui, il n’a jamais été 
malade qu’une seule,fois, d’une phlegmasie aiguë de la poi¬ 
trine. Il n’a eu ni gale, ni maladie vénérienne. 

Il y a dix mois (juillet 1842), après trois semaines d’un 
travail soutenu pendant quinze à vingt heures par jour dam 
la position assise, il éprouva une assez vivè démangeaisons 
l’anus, suivie bientôt de l’apparition de boulons à la partie in¬ 
terne et supérieure de la cuisse gauche, disposés sous la for¬ 
me d’un ruban, et qui envahirent peu à peu toute la longueur 
du membre jusque sur la face dorsale du pied. Gos boutons 
prirent de l’accroissement en donnant lieu à une démangeai¬ 
son qui se faisait surtout sentir pendant toute augmentation 

dans la chaleur du corps. . 

À son entrée à rhôpilal, ces boulons, ou mieux ces élevu- 
res papuleuses étaient généralement volumineuses et, ternie 
moyen, présentaient la largeur d’une lentille. Disposées sous 
forme d’un ruban , elles prenaient naissance au voisinage cl 


raie. — Je connais, à Paris, une dame qui, quoique jeune, jolie, ai¬ 
mable et riche, a été atteinte de cette affreuse malaJic dont rient avec 
le vulgaire les; médecins ignorants, que comprennent et à laquelle 
compatissent les médecins dignes de ce nom, je veux dire 1 hypocon¬ 
drie Au sein du luxe, au milieu, de.s distractions et des plaisirs du 
monde, adorée par un mari auquel elle a, par inclination seule, uni sa 
destinée, mère de deux petits enfants cliarmants, cette .leune lemme, 
placée comme à souhait dans une de ces conditions les plus favorables 
de la vie, éprouve cependant de ja vie le plus profond dégoût ; un 
triste, mortel et constant ennui pèse sur son existence, a flétri ses illu¬ 
sions, ses désirs, ses e-pérauces. Bref, cette pauvre femme est malade, 

et cela sans cause appréciable, sans motif apparent. 

Le sujet favori de ses conversations, cest la possibilité du bonheur 
dont elle se croit à jamais déshéritée, et la recherche des moyens pro¬ 
pres à l’atteindre, qui lui manqueront toujours, dit-elle. Je croîs que, 
dans ces cas surtout où rintelligence n’est que partiellement malade, 
les iirincipes de la médication morale posés par M. Leuret sont émi¬ 
nemment applicables, aussi les ai-je mis en pralique d’une manière 
continue et par des moyens qu’il serait trop long de dire ici. Le succès 
ccj.-..i.ciat-il mes efforts? Je ne puis l’assurer, quoique une cir¬ 
constance toute récente soit propre è me donner quelque espoir. 

C’était samedi soir. J’étais depuis un quart d heure avec la malade, 
dont la conversation ne s’ciait pas portée jrisqirt-la sur .«es niées ordi¬ 
naires, le bonheur, mais qu’elle reprit tout à coup avec 1 a (. i de la 
plus profonde tristesse. Et moi de les combattre de plijs belle. Le 
bonheur, lui disais-je , est de sa nature .nême incompatible avec 1 hti- 
maine organisation qui ne peut rien , absolument rien .supporter .de 
constant, de durable, de continu. L’idée de bonheur entr aîne nécessai¬ 
rement celle de jouissance, de plaisir ; or, plaisir et durée sont deux 
choses incompatibles. Le plaisir n’est plaisir que parce qii il est fugace, 
éphémère. Une jouissance pr olongée devient fatigue et quelquefois sup- 
DÜce. La nature piévoyante n'u donné à l’homme qu.! la faculté du 
plaisir, comme elle l’a doté aussi d’une force de réaction prodigieuse 
contre la peine , qui n’est pas plus le malheur que le plaisir n est le 
bonheur. Il n’y a dans la vie ni bonheur, ni malheur, il y a plaisir et 
.peine, jouissance et douleur, et rien de tout cela n’est permanent, mais 
• se succède alternativement et dans des proportions à peu près égales 
pour la généralité des hommes. Courir après le bouheur constant et 
parfait, c’est courir après la plus complète et la plus foUe des chimères. 
Tenez, madame, voici à ce sujet ce que rapporte un de nos médeems 
arabes qui était en même temps un grand philosophe. Je vous laisse le 
soin de faire l’application, . ' .... 

Un grand et puissant calife , jeune el beau, tomba dans la plus pro¬ 
fonde mélancolie. Les médecins les plus habiles furent appelés , mais 
vainement employèrent-ils les ressources de leur ait, tout fut mutile. 


C’est alors qu’on apprit que dans un ‘J.® 

mîf vilP pti camoaime les courtisans du prince , d abord ctioi ae im 

s’adressèrent d’abord au plus riche financier de la capitale en ^ 
«ant - Vous devez être assuréiiieiit le plus heureux des hommes , vous 
“gorgeld^r et d\St > vos vaisseaux, chargés de richesses encom- 
brlnUe port, vite donnez-nous votre fût bas 

Vorà lè"rnalUir de L vie, allez ailleurs. Ils 
le royaume , allant des plus hau es .smnmtés “ 

! partiU ne rencontrèrent un homme qui l. n dit. Je srj he i eux 
^.isles et découragés, ils regagnaient la ê 

champ voisin, ils entendirent une chanson ain^i 

cent de la plus vive gaieté. C’était un pauvre laboureur qui faisait ainsi 
retentir l’air de sa satisfaction. 

-- Kh l’ami ! tii parais bien content aujourd’hui, hi» Çne I un d eux. 
Z C’est qu’appàremLot j’ai lieu rie l’être, leprit-il. Aujourd Uni 
comme hier c’est loiijoiirs ainsi, messieurs. 

_Vrai, tu es toujours content ? 

— Toujours. 

_Quoi ! tu ne désires rien ? 

— Rien, 

— Tu as tout ce que tu désires ? 

— Tout. 

— Tu es donc un Irorame heureux ? 

— Parfaitement heureux. _ ,. 

Voilà enfin notre homme, dirent les courtisans, et 
donnèrent des soldats s’emparèrent du pauvre laboureur p 
duire au palais du prince. 

Le bruit se répandit bientôt de 

toute la cour fut convoquée pour la cérémonie de la chemise, q 
lieu le lendemain. 


Le laboureur introduit, les courtisans le déshabillent.... O di 

cruelle el amère déception 1 

L’homme heureux n’avait pas de chemise!... 

— O mon Dieu ! s’écria ma pauvre malade. Docteur, je comprends' 
votre histoire, ajoula-t-elle d’une voix émue; et me pressant la ’■ 
Merci, merci, dit-elle. 

Depuis trois jours, en effet, un changement notable s’est opéré èni 
ses liabiliides. Ce n’est pas encore de la gaieté, mais ce n’est déjà plujl 
de la trislesse, el Voilà comme un homme sans chemise peut étreboip 
à quelque chose. Jean RximOlND. 

XOTIVEI.LES. 

La liste de présentation pour le remplacement de M. Edwkrdii 
l’Académie des sciences morales et politiques, a été ainsi cointii' 
niquée : 

Eu pri mièrc ligne, M. Peisse. 

En seconde ligue, ex œquo, MM. Bûchez, Dubois (d’Amiens), Gae 
nier, Lelut. 

— Nous avons reçu une réclamation de M. Oiilmont relative) 
prix des internes. Nous regrettons que le défaut d’espace nous force* 
leineltre cotle insertion an prochain nuniéru. 

— On écrit de Quedliiiboiirg , le 4 décembre : 

« Le roi de Pru.sse, pendant le séjour qu’il a fait, vers la fin du mon 

dernier, à Quedlinbonrg , a visité en détail le célèbre caveau qui 
trouve au-dessous de la chapelle du cliâteau de cette ville , cliapo™ 
qui est construite entièrement en grès (sandstein), dont on prétend q" 
les exhalaisons ont la vertu de conserver intacts les cadavres. S.K'i 
pour s’en convaincre, fit ouvrir le tombeau renfermant le corpi;® 
l’empereur Henri l'"', mort eu 936, et celui où se trouvent déposésJ'’ 
restes mortels de la célèbre comtesse de Kœningsmark , mère du uu' 
réclial de Saxe , morte en 1728. Le corps de l’empereur Henri lîK" 
desséclié et tout à fait raéc rimaissable , et ses vêtements réduili ® 
poussière , tandis que le corps de la comtesse était merveilleusefflf 
conservé, et l’on pouvait reconnaître à sa figure la grande beautéf 
la distinguait Son costume, composé d’une robe en brocart d’argC' 
d’un bonnet à la Marie-Stuart, en velours blanc brodé d’argent et* 
pciles.de bas de soie blancs, et de souliers en satin de la mêmec» 
leur, avait tout l’éclat de la nouveauté. » 

— On lit dans la Nederlandsch Lancet (sept. 1843) l’histoire é* 
enfant épileptique qui après chaque accès croissait d’un à un et 
centimètre en longueur. 


















dessus de l’anus, gagnaient le pli de la fesse, toute la par- 
interne de la cuisse, longeaient le jarret, la partie interne 
U® I ;jn,be, se contournaient derrière la malléole interne, 

4nt sous la malléole externe et venaient se terminer sur 
I eoude-pied, au voisinage de la naissance du petit orteil. Çà 
là on voyait quelques papules rassemblées sous forme d’un 
** han d’un'ceniimèire de largeur ; mais dans la majeure partie 
l’étendue du mal, les élevures papuleuses étaient nettement 
• lées et se suivaient les unes les autres, et leur volume éga- 
Îtî en moyenne celui d’une lentille , les unes plus grosses, les 
Vh res plus petites. Elles étaient coniques, et le sommet de 
«iielaup unes d’entre elles avait été excorié par arrachement ; 
nssi étaient elles recouvertes de petites éaailles ou squames, 
de croûtes mêlées d’un peu de sang desséché. 

° La formé de la maladie, son ancienneté (neufmots), 
ipc wmpiomes apparents, les démangeaisons qui l’accompa- 
onaienl la persistance du mal, malgré de nombreux moyens 
Lnloyés par le malade pour combattre cette éruption , 1 ab- 
Lnce de toute cause svphilitique, ne pouvaient induire en er- 
rpiir sous le rapport du diagnostic : c’eiait un lichen agnus. 

T a maladie avait résisté à l’usage de la tisane de fumeterre, 
aux bains simples et sulfureux , à des pommades ayant pour 

uriocipes actifs le soufre, le calomel, etc. , , • , 

^ Dans cet état de choses, je mis le malade à 1 usage des bains 
de vapeur, en même temps que je crus devoir modifier la 
nartie malade à l’âide de cautérisaiiOus, d’abord avec la solu¬ 
tion de nitrate d’argent au cinquième, puis avec l’iode causti- 
rrue employé tous les jours. Je prescrivis à l’intérieur de la 
fisane de chicorée et la teinture de cantharides, commencée à 
la dose de quatre gouttes dans un julep , puis augmentée tous 
les deux jours de deux gouttes de manière à arriver a trente 
pouttes. C’est un agent très propre à combattre les affections 
napuleûses, et en particulier le lichen agrius. En même temps 
les papules étaient le soir recouvertes d’axonge, et le matin le 
malade se lavait avec une eau alcaline. . , 

Ce traitement apporta de ramélioratioti dans la maladie, 
en ce sens que certaines papules disparurent, que les plus 
volumineuses diminuèrent, et que la demaiigeaison perdit 
de son intensité ; mais, les voyant persister encore, ] eus re¬ 
cours durant le mois de juin à la pommade de protoiodure dë 
mercure , qui produisit un affaissement plus notable des pa- 
Dules Peu à peu leur nombre diminua et quelques portions de 
neau se guérirent complètement, en sorte qu’il existait à cettë 
époque des iiiierseclions dans l’espèce de ruban que présen¬ 
tait l’affection à son origine. 

En juillet, j’eus recours à l’application permanente d un 
snaradrap de Vigo et aux bains alcalins ; la résolution s’accrut, 
et enfin ce ne fut qu’en août que le malade put sortir de l’hô¬ 
pital , délivré d’une affection cutanée qu’il avait depuis treize 

™ ni tenu à rapporter cette observation avec quelques détails, 
Attendu que c’est le second fait de cotte nature que la sciencë 
oossède Le lichen est une des maladies les plus communes ; 
on la voit se développer à tous les âges, et,^dans l’enfance, on 
la nrend souvent pour la gale. K \ éM lichen simplex 
vilaris, uriicatus, elle eSt généralement facile h guérir, même 
chez l’adulte ; mais du moment qu’elle revêt la forme agnus, 
elle se perpétue durant des années dans l’adolescence et se 
reproduit souvent à de longs intervalles : tenace surtout chez 

les Sujets d’un tempérament scrofuleux. 

Les bains simples ou émollients ne sont utiles que dans les 
premiers temps de l’apparition de la maladie. Les bains sulfu¬ 
reux et alcalins l’exaspèrent souvent. Les bains de vapeur et 
les bains russes ou les bains de sublimé sont ceux dont l’em¬ 
ploi m’a toujours paru plus efficace. Mais les bains seuls, fus- 
sent-ils aidés d’une médication externe puisée dans les pom- 
taades résolutives, sont toujours insuffisants pour obtenir la 
Buérison ; il faut y joindre une médication interne, et de 
tous les modificateurs c’est à la teinture de cantharides que 
j’ai donné la préférence. Je la mets en usage même chez les 
enfants de six à sept ans sans qu’elle cause d’accidents. Je 1 ai 
encore employée il y a peu temps chez une petite demoiselle 
oui depuis quatre ans, était atteinte d’un lichen chronique. 
Celle petite fille avait reçu les soins de médecins habitués à 
traiter les maladies de l’enfance, mais en vain. Les éruptions 
incessantes, les démangeaisons qui les accompagnaient avaient 
amené l’insomnie , porté le trouble dans les fonctions digesti¬ 
ves et par suite l’amaigrissement. La teinture de cantharides 
a puissamment modifié l’état général et local, et cette jeune 
enfant, quoique âgée de sept ans, a pris jusqu a seize gouttes 
de cette teinture, moitié le matin, moitié le soir. Peu a peu 
l’affeclion cutanée a diminué, les digestions sont devenues 
meilleures, l’énergie et la vivacité , l’animation de la figure 
sont revenues, et dans l’espacedequatre mois la maladie avait 
toiale;meiVt disparu. , 

En vain craindra-t-olii l’acliOm de de médicanient swjes 
parties génitaleh. S’il cà que t^is làelques cas on pui^e 
observer 'u'ne'cerlaine excilîiJibn dè^partilis géifrfaleh, éllèhdrt 
.très bornée ^ Je h^ti.cprinais que ^xenM^e?. 
îéd'nè hô'iïiûrfe m ‘prèiiah yin-gt-crfiq |;«uitlfs dû f^i^ltfëm, 
et celui d’ime femme qui e-fôft^laJose_^ÿ 
Turplus ces accuïents sont peu mai^s et Ws passagers ; ils 
cessent aussitôt que l’on vient à diminuer la dose de 'a tein¬ 
ture et quelques frictions avec une pommade camphrée sur 
les parties génitales suffisent pour les faire cesser immédiate¬ 
ment. 


ACCOUCHEMENT. 

Présenintion de l’épaule a^ec issue du bras. E^’olulwn sponta¬ 
née du fœliJ. Par le docteur G. Goyrand, d Aix. 

Le 23 mars 18h2, on est venu m’appeler à minuit, pour 
une femme en travail d’enfantement. Cette femme âgée de 
trente-deux ans, a eu d^à deux laccouchemeUls naturels et à 


terme. Arrivée à la fin de sa troisième grossesse, elle a res¬ 
senti, hier, les premières douleurs de l’accouchement; et as¬ 
sistée d’une sage-femme, elle a accouché naturellement d’uite 
fille bien portante à dix heures et demie du soir. Après la 
sortie de cet enfant, le ventre est resté gros. Bientôt, les dou¬ 
leurs ont commencé, une nouvelle poche s’est formée, et, à 
la rupture de cette poche, le bras d’un second enfant est sorti. 
Il était alors onze heures. 

A minuit et quart, j’arrive auprès de la femme. Le bras 
droit de l’enfant est tout dehors ; il est livide et sans mouve¬ 
ment ; la tête est dans la fosse iliaque droite (deuxième posi¬ 
tion de l’épaule droite). Au-dessus de l’ombilic, existe ui^e 
tumeur sphérique et dure, que j’aurais prise pour la tête, sije 
n’avais pas vu le bras hors de la vulve. Je fais placer la fèmine 
sur le bord du lit, les pieds appuyés sur deux chaises, poûr 
opérer la version ; mais la poitrine de l’enfant est tellement 
engagée dans le bassin, que ma main ne peut passer. CO- 
pendant, les douleurs sont fortes et fréquentes, et je m’aper¬ 
çois que chaque contraction utérine fait descendre un peu plus 
le membre dégagé et la poitrine. Quand l’épaule est arrivée 
sous l’arcade pubienne elle y reste.arc-boutée. La poitrine 
continue de descendre et vient se montrer à la vulve. Chaque 
douleur soulève davantage le périnée et écarte les bords de fa 
Vulve. Enfin, une contraction plus énergique et plus soutenue 
fait passer successivement au-devant de la commissure posté¬ 
rieure de la vulve la base du thorax, le flanc, la hanche et les 
membres inférieurs, sans que l’épaule, qui est sortie d abord , 
ait changé de place. Le corps de l’enfant se trouve ainsi tout à 
l’extérieur, moins la tête, qui est placée comme dans la deu¬ 
xième position des pieds (calcanéo-cotyloïdienne droite), et le 
bras gauche , qui est relevé sur le côté correspondant du cou 
et de la tête. Je dégage ce membre, puis la tête, d’après les 
règles ordinaires. 

L’enfant, du sexe masculin, est né [mort, avec le bras et 
l’épaule qui s’étaient présentés d’abord à l’orifice tuméfiés et 
livides. 

La délivrance présente quelques difficultés. Les placentas 

_*in<\ nt**>iÀt*a_nDTrif<A IlIfAf'iiQ_ fini fnrrn^ 


» J’ai donné des faits et des chiffres, que l’on m’oppose des faits et 

des chiffres. , . , . . 

.. Quant aux questions scientifiques qui regardent la pste et que 
i’apprécie autant que qui que ce soit, il est loisible à 1 Académie de 
s’en occuper, mais je ne les ai pas posées, et je croirais manquer en 
ce moment à mon devoir de médecin et de Français si je m y laissais 

» L’Académie me pardonnera donc si j’insiste aussi fortemMt pour 
rappeler les débats sur le terrain des faits. Je ne vois que le but et le 
but national, que la solution et la solution la plus rapide ; car où les 
intérêts de la France ou la santé publique sont aujourd hui com- 

‘’T conseil a aussi volé la leclure d’une lettre de M. Chassinat am 
le même sujet. M. Chassinat craint que M. Aubert n ait pas tenu 
compte de tous les f its. Ainsi il n’a pas parjé du fait relatif au pa¬ 
quebot-poste le Léonidas. Ce bâtiment parti de Marseï leen juin 1837 
pour Constantinople . arrive dans le port de celte ville où régnait la 
peste. Les hommes de l’éqnipnge allèrent à terre, et fréquentèrent sur- 
tout les mauvais cafés du faubourg Galelta. Le bâtiment quitte Cons¬ 
tantinople le 27 juillet; il touche à Smyrne, où régnait aussi la peste, 
et après plusieurs autres relâches arrive à MarseHIe le 15 août. Le rap¬ 
port du médecin de bord constata que la santé de 1 équipage avait été 
excellente parlout. Un homme seulement éprouvait depuis deux jours 
des phénomènes que le médecin rajiportait à une gasiro-eutérite. Ce 
malade succomba au troisième jour de son arrivée. Les médecins 
lazareth présents à l’autopsie ne furent pas bien convaincus que ce 
fût là un cas de gastro-entérite. Le lendemain, un autre homnie de l é- 
quipage tomba malade, et succomba avec tous lés caractères de la pes- 
te Un peu plus tard troisième malade qui meurt également avec le 
bubon caraclérisliqne. Or, si l’on considère le premier malade comtne 
atteint de pesté, ce qui e-t très probable, la peste se serait déclarée 
sur ce bâtiment treize jours après le départ en comptant de Constan- 
liimnle ou onze ionrs en comptant de Smyrne, et pour les deux an¬ 
tres maîades seize et dix-sept jours après l’infection probable. Ce fait 
parait donc en opposition avec les opinions de M. Aubert. 

M. Londe. La version de M. Cliassinal est en opposition avec les do- 
imenls publiés par le ministre du commerce. Il résulterait, en effet, 
de ces documenls que le premier malade du Léonidas aurait été at- 

, , : . •. J.. ...>•» rit, fuU ronttixrnif nlnrA diinfà lîi 

dans le.s p 


e glisse 


est étroit, et j’extrais l’arrière-faix, que je trouve décollé. Il 
existe deux placentas réunis par un chorion commun. Les 
deux amnios sont distincts. 

L’enfant est bien constitué et assez gros ; il pèse 2 kilogf. 

900 grammes. 

— Ce fait présente un exemple remarquable de l’évolution 
spontanée du fœtus, telle que la décrivait M. le professeur 
Yelpeau dans la séance de l’Académie de médecine du 10 oc¬ 
tobre. 

Ou remarquera que dans ce cas le fœtus était assez gros. 

Qu’il n’était nullement ramolli, puisqu’il était mort seule¬ 
ment pendant le travail, ainsi que le prouve la lividité de l’é¬ 
paule et du bras, qui élaieut sortis au moment de la rupture 
des membranes. 

Que la seule circonsîànce favorable à l’évolution spontanée 
qui existât dans ce cas , était la dilatation des parties de la 
inère par la sortie d’un premier enfant, et que cependant le 
fœtus a été expulsé avec facilité, puisqu’il ue s’est écoulé que 
deux heures entre la sortie du premier enfant et celle du se- 
cond. 

Je ne pense pas que la mort de l’enfant puisse être attribuée 
à la position, car l’accouchement a été facile. Il est bien plus 
probable qu’elle est résultée du décollement prématuré du 
placenta, qui a sans doute eu lieu après la sortie du premier possible 
enfant, quand le fond de l’utérus s’est resserré sur l’arrière- 
faix pour le chaton lier. 


r M. Aubert. 


-s jours du départ. Ce fait rentrerait alors dans la 

Le bureau fei a prendre des renseignements à cet égard. 

— il/, le président lit à l’Académie le discours qu il a adressé au 

i à l’occasion du nouvel an, et la réponse de S. M. 

M le pré.-ident adresse aussi nue allocution à l’Académie pour la 
remercier de l’honneur qu’elle lui a fait. . . u • 

Il propose , en outre , de voler des remcrctmenls a M. P. Dubois, 

pré.sidentsnr1ant. Celle proposition estaloptée. 

— M. Thlllaye lit un rapport .sur un nouveau pupitre imaginé par 

M. de Tasclp r. D’après le rapporteur , ce pupitre sera rarement utile, 
luuvent commode, toujours innifensif. , „ , . 

Sur la proposition de M. Villeneuve , l’Académie passe à 1 ordre du 

_jjf Fleury en sou nom et en celui de M. Monneret, lit un 

mémoire sur les causes , la nature et le traitement de l’œdème laryn¬ 
gienne œdémateuse. . , ,_ 

L’angine laryngienne œdémateuse est-elle une maladie existant par 
elle-même ou un épipbém.mèue aiiatomo palhologique de la laryn¬ 
gite? En d’autres termes, est-aile une laryngite œdémateuse ou une 
livdropisie laryngienne? 

Cette que.stmn n’a point été résolue , parce que les auteurs se sont 
placés à un point de vue trop exclusif, en ne voulant voir, dans tous 
les cüSf Ips uns, qu*uim hydropisie essentielles , I08 Autres, qu un ac- 
cideiit inflammatoire. 

Fleury a établi que l’œdème laryngien est 
vaut se développer sous l’influence 

iiillamma- 


ÂCADEMIB D£ MEDECINE. 

Séance du 2 janvier 1844. — Présidence de M. Febkus. 

AI. Macartan, nommé membre de deux commissions permanentes, 
demande à ue faire partie que de celle des remèdes secrets. M. Gui- 
bourt est nommé à sa place. 

— il/. Dubois (d’Amiens), d’après le désir exprimé par le conseil, 
donne leetme d’une lettre de M. Aubert-Roebe, ainsi conçue ; 

« Je crois devoir intervenir dans la question qui se débat der 
vous, aiiu de la replacer, pour ce qui me regarde, sur le terrain o 
l’ai posée, celui des faits et des cliiffres. 

>. 'Voici ce que j'ai dit ; 

1» L’Autriche et l’Angleterre ont aboli leurs quarantaines ; la France 
couerve les siennes. Donc il faut une réforme des lois sanitaires-’* 
l’Europe. 

» 2“ Tout bâtiment arrivé sans attaque de peste dans un port d Eu¬ 
rope est resté sans attaque. 

» Lorsqu’un bâtiment était pesliféré, la maladie s’est toujoui 
tiîfestee dans les huit jours, au plus, qui ont suivi le jour du départ. 
'Bèlle est la base de la réforme que j’ai proposée. Ces deux résumés, 
clairs et précis, seraient très faciles à réfuter s’ils étaient faux. 

» Le fait d- l’Aulriebe et de l’Angleterre est authentique. Les deux 
ptoi>ositions, base de la réforme, découlent d’une expérience de cunt- 
vîngl-quatru ans. 

:» Pour les combàltre que l’on apporte donc, au lieu de suppositions, 
des faits qui prouvent le contraire. 

• Lorsque dans la discussion on a parlé de'la période d’incubation, 
toujours on a semblé la présenter au point de vue scientifique. M. Ha- 
mont vous a même cité l'opinion de divers auteurs, qui dumienl à 
cette période de la manifestation de la maladie, plus de huit jours. 
Cela ne regarde en rien mes propositions, puisque les cas ont eu lieu 
à terre et non à bord d’un navire en mer. Il a dit, de plus, que la 
pe.sle se traiisporlait. Tout ceci est écrit dans mon mémoire. An reste, 
qu’importe, puisque, dans tous les cas de transport, et il y en a eu 
soixante-quatre en cent-vingl-quatre ans , ils ont toujours commencé, 
en mer, à bord du navire. Or, j’ai abandonné les bâtiments qui 
avaient’eu des attaques en mer à la suprême direction des intendances 
sanitaires. ... 

Il Dans une discussion, il est facile de faire de 1 érudition ; mais ce 
qui est très difficile, je dirai plus, impossible, c’est de trouver uu fait 
qui constate : 1° que la peste s’est manifestée eu mer après le huitiè¬ 
me jour du départ ; 2» qu’un bâtiment arrivé sans attaque en a eu 
après son arrivée. 


hydropisie pou- 
différeiites causes qui produi¬ 
sent toutes les hydropisies en générale et t’auasarque partiel (œdème) 
en particulier; que celte hydropisie est dans quelques cas mflainma- 
loire, mais que le plus ordinairement elle est entièrement étrangère a 
l’iuflimraation. ..... i> 

M Fleury tonde sa démonstration sur 1 analogie et sur 1 observation, 
en monlraut que l’œdè.oe laryngienne se développe quelquefois chez des 
sujets débilités pendant la convalescence des fièvres paves , en 1 ab¬ 
sence de toute, aitératioii antérieure ou concomitante do larynx. 

Il résulte de cette première partie du travail de M. Fleury ; 1 que 
"’o-t à tort que M. Blai lie a déclaré qu’il n’existait pas dps la scietice 
seul exemple d’œdème e.ssenliel du larynx ; 2- qu il n est [uiint 
iible de ne voir dans l’œdème laryngien que le premier degré de 
ia laryngite soiis-muqueiise ; 3° que décrire sous le nom d angine 
larvnsieniie œdémateuse des caries, des nécroses, des abcès du larynx 
existants sans aucune trace d’inflammation séreuse, cest dire qu il 
existe un œdème laryngien sans œdème. . 

Après avoir terminé cette discussion de pathogénie, M. Fleury com¬ 
bat l’opinion généralement adoptée qui preprit fopposer a 1 angine 
laryngite œ lémateuse la médication antiphlogistique la p us énergi- 
“ ^ ,__..A 1... n«.liiana IkS nlllS exclusifs de CB 


les moyen.s thérapeutiques doivent varierBvec la cause de 1 œdème, et 
qu’à cet égard il f.mt obéir aux médications qui constituent la tliéra 

''"mm" CnweiThierrBouifiaml et Beichetean examineront ce travail. 

— Jlf. Cornay ht mi mémoire sur la topographie de Rochefort. 

Renvoi à la commissioii de topographie. _ 

— M. Alarchal ( de Calvi ) communique un fait de corps étranger 

‘’“Deiî’x“err"urs d’un geme opposé, dit M. Marchai, peuvent être corn 
mises au sujet des coijis étrangers du conduit audilit externe. Ou peut 


t rapportés pat divers 
;l”Fabricedc Hildcn. 
ai d’une boule de verre que l’oii 
n oublia par la suite. 


siliôn'. D’uii autre côté, il arrive assez souvent que l’t 
eause matérielle d’accideiits positivement dus à un corps étranger de 
l’oreille. Des exemples de ce dernier genre ♦ -«-'..«-ras „ai. iv.rs 
chirurgiens, entre aolres par Power i 
Dans le cas de Fabrice, il s’agiss 
essaya d’abord vainement d'extraire, 

Ce corps étranger amena des accid^...., ^ . 

antres des convulsions et de la paralysie. Celle-ci, à son tour, donna 
lieu à l’atropliie d’uii bras. Convulsions et paralysie se dissipèrent, « t 
la ieuiie fille, sujet de cette intéressante observation, revint à la saul.i 
ipr'ès ï’extiacti^^ de la boule de verre dont nntroduel.on , fort an¬ 
térieure (ut fortuitement rappelée à Fabrice de Hilden. 

* Dans'l’observation de Power, la présence, ignorée d une grande quau- 
tilé de laine dans le conduit auditif dél^ermina . 

duisit 1.1 malade (également une jeune fille) au ma asme et tout près uu 
.. no '■ liection du comliiit audilit fit reconnatire le corps étranger, 
à l’ext .toi lu elo procéda. Dès ce moment l’état de la jeune 
fille s’anl^él^ra, et elle se rétablit. Le fait q.œ j 

di>rqurrexis\r.Ice (l’Z co?ps éTr^ngef dli^onduil auditif fut mécoii- 
te, rt qùe les aceîdeids dus à ce corps étranger furent attribués à une 

““m! de Smidt, officier de cavalerie, 
recrutement de 1,. Seine, dont je fais partie " ° 
l’hiver de 1821, de la surdité du côté droit. “J,® 

étant à cheval, au soleil , il sentit quelque chos^sÇ 
oreille , et il entendit dans ci 


le déplacer d.ms smi 
« mômënt-là et pendant quelque tenijis. 















_ 4 — 


tard, il fut sujet à des alternatives de surdité et de rétablissement 
de 1 ouïe. Au commencement de cet hiver il éprouva de la surdité 
toujours du côté droit, une céphalalgie intense et conlinnelle , des 
étourdissements violents aussitôt qu’il se baissait. Je fis tirer du sang. 
Les symnlôines persistant, j’examinai l’oreille et je vis au fond une 
sorte de cérumen épaissi. Je prescrivis des injections, après l’une des¬ 
quelles s’échappa ce corps étranger, qui est un grain de chapelet très 
altéré. M. de Smidt ayant cinquante ans, à supposer que ce corps ait 
été introduit dans l’oreille à l’âge de cinq ans ( cet officier n’a aucune 
idee de l’époque de cette introduction ), il aurait séjourné dans le con¬ 
duit auditif externe pendant quarante-cinq ans environ. Tons les ac¬ 
cidents ont cessé depuis la sortie du corps étranger. 

M. Marchai termine cette communication en rappelant un fait du 
barron Larrey, qui s’est passé pendant l’inspection de cet illustre chi¬ 
rurgien en Afrique. On lui présenta un soldat atteint d’une otorrhée. 
11^ introduisit une pince dans le conduit auditif, et en retira un ver. 
L homme guérit promptement. 

. — Plusieurs faits semblables ont été observés en Algé¬ 

rie , et j’ai déposé au Musée du Val de Grâce un bocal renfermant des 
larves d’insecles retirées de l’oreille d’un soldat. 

— JH. Virey. Ilard et M. de Humboldt ont signalé des fails analo¬ 
gues. 

— M, le président présente le modèle en plâtre de la fêle de la pe¬ 
tite fille anencéphale qui a été vue dans une des dernières séances. 

— M. Souberbielle adresse une lettre de fait de lithotomie dont il 
a été déjà question. 

La séance est levée avant cinq heures. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Séance du 2 janvier 1844. — Présidence de M. Dupin. 

M. le Dr Guépin, de Nantes , adresse quelques observations sur la 
myotomie oculaire. 

Un marinier s’aperçoit un malin que son œil gauche voit bien moins; 
pendant deux mois le mal s’aggrave, et quand il nous arrive il voit à 
peine à se conduire les deux yeux ouverts , il voit mieux en se servant 
seulement de l’isil le moins malade. J -coupe le droit interne gauche, 
et aussitôt la diplopie resse sans que le niala le puisse cependant poib r 
l’œil en dehors. J’emploie alors un traitement anti-amaurotique, et au 
bout de huit jours le malade me quitte se trouvant guéri, mais ne pou¬ 
vant encore porter son œil en dehors. Dans ce cas, la diplopie n’exis¬ 
tait pas pour les objets vus de près. 

Un meunier présentrit les mêmes symptômes que le malade précé¬ 
dent ; mais la diplopie était d’autant plus prononcée que les objets 
étaient vus de plus près. La maladie, moins ancienne, ne datait que 
de quinze jours. Je coupe le droit interne de l’œil droit, qui était l’œil 
malade , et aus.sîtôt la myolilité oculaire reprend l’état normal ; mais 
la diplopie, quoique bien diminuée , ne cesse pas entièrement. Quatre 
jours plus tard, le malade quittait Nantes se croyant guéri, et voyant 
en effet bien mieux. 

Une demoiselle de douze à treize ans avait été soignée à Angers par 
M. le docteur Mirault, pour une amaurose de l’œil gauche. Elle est 
complètement borgne, et l'autre œil se trouve menacé. Je remarque que 
l’œil amaurotique ne peut se tourner en dehors , et je pratique la sec¬ 
tion du droit interne. Le lendemain, légère amélioration qui a marché 
en croissant. Deux mois après l’opération, les deux yeux voient égale¬ 
ment. 

J’ai fait une quatrième opération chez un amaurotique, chez lequel 
un léger strabisme unioculaire s’était manifesté en même temps que 
l’amaurose. Il n’y a eu aucune amélioration ni pour la vision, ni pour 
le strabisme. 

Quatre fois nous avons coupé le droit interne chez des myopes. 
Voici les faits ; 

l" cas. Strabisme léger, et myopie prononcée de l’œil gauche ; ré¬ 
sultat nul sous tous les rappoits. 

2« cas. Semblable en apparence ; amélioration sensible et immé¬ 
diate. 

3' cas. Myopie excessive accompagnée de strabisme ; guérison im¬ 
médiate et entière. 

4® cas. Œil droit du même ; cet œil avait été louche autrefois. Aus¬ 
sitôt la section musculaire, la vision se modifie enlièreiuent et la gué¬ 
rison est parfaile. 


itEvaJE 

Cas de névrose guérie par la racine de Colombo; observation publiée 
par M. le docteur MANFirEDONii. 

Un «niliti îre, effrayé par le danger d’une attaque, fut saisi tout à 
coup Jed'i .îlTS atroces et continues à l’estomac et au bas-ventre, 
avec accoEip£§îtu:''*-ut de vomissements et d’évacuations diarrhéiques. 


Ces douleurs, qui revenaient par accès, se reproduisaient sept ou huit 
fois par jour. La diarrhée céda au bout de peu de jours, mais le vo- 
mi.ssement persista, et il y avait déjà treize mois qu’il résistait à tous 
les moyens employés pour le-combattre, lorsque le inalaJe commença 
à recevoir les soins de l’auteur. Tout son ensemble indiquait un état 
cachectique ; le visage était d'une teinte légèrement jaunâtre, la con¬ 
jonctive de couleur bleuâtre, la langue blarlchâtre, la bouche .sèche ; 
il y avait anorexie et une légère douleur qui se faisait sentir à l’épi¬ 
gastre, précédait un vomissement d’un liquide aqueux blanc-jaunâtre 
et de consistance visqueuse, qui se reproduisait six ou sept fois dans 
la journée. Il existait un sentiment de lassitudé, les matières alviues 
étaient liquides et exhalaient une odeur infecte ; il y avait de l’incon¬ 
tinence d’urine. 

M. Manfredonia essaya sans aucun avantage l’usage des bains tièdes, 
de la potion anti-émétique de Rivière, des terres absorbantes, des limo¬ 
nades minérales, du lait d’ânesse coupé d’eau, des révulsifs appliqués 
sur l’abdomen, de l’opium, des lavements irritants, et enfin desmoxas 
à l’épigastre. 

Après quaire mois de ces divers traitements, le malade arrivait à un 
véritable état de consomption. C’est alors qu’il fut mis à l’usage de la 
poudre de racine de Colombo, à la dose de quinze décigrammes en qua¬ 
tre prises chaque jour ; par dessus chaque prise , on lui donnait une 
tasse de lait de chèvre. L’avantage de cette médication paraissait se 
réduire à peu de chose an bout de vingt jours ; néanmoins, le vomisse¬ 
ment était déjà un peu moins fort , et la nutrition paraissait s’être 
améliorée tant soit peu. Mais, à partir de ce moment, le malade ayant 
été mis à l’usage de la décoction de la même racine, on vit, dans l’es¬ 
pace de trois mois, les vomissements aller peu à peu en diminuant par 
degrés, les digestions s’améliorer, les forces et la nutrition se rétablir, 
et enfin le malade revenir à un état de parfaite santé. 

M. Manfredonia pense que , dans le cas dont il s'agit, le vomisse¬ 
ment était purement symptomatique, et que la maladie n’était autre 
qu’une névrose essentielle. (il Severino ) 

E/ficaciié de l’émétique à haute dose contre l'hémoptysie ; 
par M. le docteur Joly, de Bruxelles. 

Une dame âgée de Irente-six ans, mère de plusieurs enfants, ayant 
é,irouvé déjà eu quatre ans trois hémoptysies , et présentant tous les 
signes qui dénotent l’existince des tubercules [lulmouaires , fut prise 
d’un crachement de sang au cinquièmeïnois d’une nouvelle grosse.sse. 

M. Joly ayant été appelé, et ayant reconnu qu’il avait été expectoré 
environ 150 grammes d’un sang rutilant, pratiqua aussitôt une saignée 
de deux palettes à l’un des bras ; il prescrivit en outre un repo.s et un 
silence alcsolus, le renouvellement fréquent de l’air de l’appaitement, 
et l’usage de boissons froides. 

Le lendemain, en raison de la persistance des accidents, une seconde 
saignée, aussi forte que celle de la veille, fut pratiquée ; dix sangsues 
furent en outre appliquées sur le côté, où il existait un point doulou¬ 
reux; la limonade citrique fut donnée pour boisson. 

L’hémoptysie continuant malgré ces moyens, on recourut une troi¬ 
sième fois à la saignée; mais il survint une syncope qui ne permit 
plus de compter davantage sur les émissions sanguines. 

Alors, on prescrivit l’alun , le rataiihia , le tania pur et à l’inlé- 
rieur, et des applications révulsives sur les extrémités. Mais , comme 
la malade s’aflaiblissait ,• que les crachats étaient toujours fortement 
mélangés de sang, que le pouls était petit et fréquent, M. Joly demanda 
un confrère en consultation; ce fut M. le docteur Tliibou qui fut ap¬ 
pelé. 

Ce praticien, appuyé sur des faits observés par lui antérieurement, 
et dans lesquels il avait réprimé des hémoptysies en administrant le 
tartre stibié à liaule dose, propose l’emploi de ce .médicament à l’in- 

• En conséquence , on prescrivit l’usage d’une potion composée de 
40 centigrammes d’émétique dissous dans 240 grammes d’eau gom¬ 
mée, avec addition de 15 grammes de sirop diacode. Cette potion fut 
donnée à la dose d’une cuillerée à bouche toutes les heures. 

Après les deux premières prises, la tolérance s’établit, et à partir de 
ce moment l’hémoptysie céda comme par enchantement, et tout ren¬ 
tra dans l’ordre. La même potion fut répétée une seconde fois pour 
consolider la cessation des accidents, et pour prévenir une récidive. 

La malade arriva au terme de sa grossesse sans éprouver rien de 
fâcheux ; mais, plus tard, elle succomba aux progrès de l'affection tu¬ 
berculeuse dont elle était atteinte. 

(Journ. de méd. de la Société méd. de Eruxelles.) 

Analyse du sang dans un cas de colique saturnine ; 
par M. le professeur A. Cozzi. 

M. A. Cozzi, chargé d’analyser une certaine quantité de sang tiré 
de la veine d’un sujet atteint de colique saturnine , a recherché si ce 
liquide renfermait des sels ou des oxydes de plomb , et si ces subs¬ 
tances se trouvaient combinées avec tous les principes immédiats du 
sang ou seulement avec quelques-uus d’entre eux. 



Il y a constaté la présence d’un sel et d’un oxyde de ce métal, et i, 
a reconnu de plus qu’au lieu d’être unis à l’hématosine , au pérbL 
bule, à la fibrine, ils étaient entrés en combinaison avec l’albiiniia. ' 
Cette analyse, qui vient à l’appui des théorie^ déjà exposées aj 
Schuehler , Beizélius , Las.<aigne et Taddei , est la première qui nJ ' 
ait fait connaître avec lequel des matériaux immédiats du sang i. 
plomb entra t réellement en combiiia'son. 

(Giornale per servira ai progressi , etc.) 


Samedi dernier, à trois heures, le jury du concours pour la chai,, 
de physique , s est réuni pour procéder à la nomination du proK 
seu., 

Le résultat n’en a pas élé rendu public; les juges ont voté dans h 
salle du conseil, et les élèves, réunis dans la cour, n’ont appris la ijj. 
cision que d’une façon indirecte. Voici, d’après nos renseignements' 
comment les choses se sont passées ; ' 

Les juges étaient au nombre de 12. 

Premier Jour de scrutin. 

MM. Maissiat obtient 4 voix. 

Gavarret, 3 

Guérard, 3 

Person, l 

Baudrimont, 1 

Deuxième tour de scrutin. 

Gavarret, 6 

Maissiat, 5 

Guérard, i 

Troisième tour de scrutin. 

Gavarret, o 

Mais.siat, 6 

En cas de partage, la voix du président est prépondérante; M. Pouil. 
Itt, président, interpellé sur sou vote, a déclaré avoir voté pour M 
Gavarret qui, ayant ainsi obtenu la majorité, a été déclaré professent 
de physique. 

Nous pourrions, à côté de ces chiffres, mettre le nom des votants ■ 
nous croyons devoir nous en abstenir. Disons seulement que la nofni! 
nation de M. Gavarret est qn nouvel et grave échec pour l’influenCe de 
M. Oifila, qui, malgré l’emploi de toutes ses ressources, n’a pu enle- 
ver la nomination de son candidat. 


La Société phrénologiqiie de Paris siégeant à l’Alhénée royal, vient, 
aux termes de sou règlement, de renouveler son bureau pour l’année 
1844. Ont été nommés ; 

M. Bouillaud , professeur à la Faculté de médecine, député, prési¬ 
dent honotaire. 

M. le comte de Las-Cases, député, président annuel. 

MM. les docteurs Danuecy, Belhomme, vices-présidents. 

M. le docteur Place, secrétaire-général. 

M. le docteur Le Coiiteulx, trésorier. 

MM. les docteurs Faivre, Rivail, secrétaires-rédacteurs. 

M. le docte.ur Le Tellier, archiviste-conservateur. 

— M. lè docteur Ciirrel, qui depuis quelques années réside en Chine, 
vient d’écrire au rédacteur des Annales d’oculistique qu’une ophlhal- 
mie offiaut la plus parfaile analogie avec l’oplilhalmie d’Egypte est 
endémique dans diverses parties du celeste empire. Souvent elle a ré¬ 
gné épidémiqueiiient et a exercé les plus grands ravages. M. Currel 
annonce l’envoi d’un mémoire sur cette affection et sur diverses autres 
maladies particulières au peuple chinois. 


Traité d’anatomie médico-chirurgicale et topographique , 
Considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la mé¬ 
decine légale , à l’obstétrique et à la médecine opératoire ; par J.-E. 
PÉiREQuiN . chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Lyon, prolesseiir- 
a tjoint à l’Ecole de médecine de la même ville, membre de plusieurs 
sociétés savantes nationales et étrangères. 

Un vol. in-8» de plus de 800 pages. Prix, 8 fr. — Chez J.-B. Bail¬ 
lière et Germer Baillière , à Paris ; Giiyot, à Lyon ; Sévalle, à Mont¬ 
pellier ; Dérivaux, à Strasbourg ; Gimet, à Toulouse. 


M. Béchard, breveté (médaille d’honneur 1843), mérite l’attention 
pour ses Appareils oi thopédiques si légers, si élégants et à la fois si 
utiles. Leur emploi est tellement commode, que la plupart des per- 
onnes qui en font usage paraissent oublier qu’elles sont renfermées 
dans des corsets élastiques ou dans des jambières à ressort. — Rue 
de Tournon, 15. 


Recouvrement des créances dues à MM. les Médecins et Pharma¬ 
ciens, chez M. Frédéric Beurrey, rue de l-’Echiquier, 34. 


SIROP PESTOBAL P 


P. LAMOUROUX. 


Les Médecins les pins acciédités, Professeurs et Membres de TAcadémie royale de Médecine, recom¬ 
mandent ce Sirop contre les Affections de poitrine. Rhumes, Catharres et Irritations. 

Trente années de succès constants confirment la réputation qu'il s’est acquise. 


Sirop ti’Ecorces tJT Or anges , 

TONIQUE ANTl -NERVEUN 


4 tr- BREVET D INVENTION, 

î.x’çosâUou 1839. — îlVîi.o.i.VVe i’ot. 

GHARIÈRE, COUTELIER, 

fabricant d’instrumens de chirurgie, Fournisseur de la 
vÇJr Faculté de Médecine de Paris. 

Rue de l’EcoIe-de-Médecine, 9, à Paris. 

Bouts de sein et Biberons en ivoire flexible, de 4 à 10 fr. — Pompe simple à courant réguliei 
sans réservoir d’air, de 12 à 24 fr. — Appareil du Dr Donné, de 5 à 8 fr. —Chacun de ces objets 
est accompagné de la notice explicative. 

Dépôt à Londres, cliez M. Warick, Laurence Pountnay Lane. 



de LAROZE, Pharmacien, nie Neuve des Pctils-Champs, 26, à Paris. 

Les succès du Sirop d’Ecorces d’Oranges (Curaçao de Hollande), dont la f.irmiile, toujours con.'itaiite, a élé 
publiée, sont tellement soutenus, que journellement il e.-t pre.-cril dans les Affei lions nerveuse.s vagues comme 
un puissant auxiliaire, et dans beaucoup comme uii Spéciliijoe à peu près certain. Smi action Ionique et 
stomachique est reconnue dans les Affections attribuées a l’alonio de l’esiomac et du canal aliineiitaire. H 
peut remplacer avec avantage, le Qiiii quiiia, le Columbo. la Rliubaibe, qui ne sont pas supportés égal, 
par le malade. Les cas où l’expérience a constaté snn action curative, sont les Aigreiiis, ou Coliques d’ 
mac, Mauvaise digestiou avec mal de tête sympathique, Absence d’appélit, Colique mrveuse. Gastrite. 


. APPARüII. ÉLECTRO-MËIIICAL. 

Ce qui a ''‘té jusqu’à ce jour pour un grand obstacle dau.s l’emploi de l’électricité en médecine, c’est le man¬ 
que d’inslru nens commodes pour l’apiiliquer facilement aux personnes malades. MM. Breton viennent d’ins 
venter une nachine très énergique et en même temps très portative, au moyen de laquelle on obtient des se¬ 
cousses continues et d’une force extraordinaire, et qui peuvent se graduer à volonté. Le prix de cet inslru- 
«..r Ua Un riot a.,„o..„.i l’appareil électro-magnétique de Clarke, qui se 


WANINTEB père et Comp., rue Nfeuve-des petltN-Ctaampis, 28. 

CHOCOLATS DYIMIOÜES AU HOUBLON OU AU NOYER, 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la valeur d’un litre d’infusion bien chargée. 


PARIS. — IMPRIMKRIE BITHÜNÏ EX PIQM, Büï DE YAÜGIRARD, 36. 


LE SERMENT 

D’HIPPOCRATE, 

DEDIE A TOUS LES ME¬ 
DECINS DE TOUS LE 
TEMPS. 

Prix , 1 Jranc, 

Au Bureau du Jouit al, rui 
Dauphine, 22-24. 


295. AUXETRAMISES^ 

EAUX 

NATURELLES 

d’Hauterive 



ÆUEST.HONOXLÉ, 295. 

PASTILLES 

DIGESTIVES 

d’Hauterive 


TRAITEMINT des DIYIATIONS dbu TAILLE hks MEMBRES 

Paip MjECUAIiSt, SMéc.in%ieie>s-]Bansia^i*ie, rwe éle Tournon, É& 
Breveté. — Médaille d’Honneur 1842. 

I Ces appareils réunissent à la résistance nécessaire une flexibilité par¬ 
faite qui permet au corps l’usage de ses moindres mouvemeus ; ils sont J 
d’un emploi facile, vu leur légèreté, qui n’empêche en rien les personnes ^ 
qui en font usage de vaquer à leurs affaires. De nombreuses guérisons, 
attestés au besoin, établissent l’efficacité du Corset Tuteur, auquel M. 

Béchard vient d’apporter de notables améliorations. On trouve aussi chez I 
M. Béchard tous les articles nécessaires à l’orthopédie, les mains et X 
jambes artificielles, Us bandages herniaires, etc.;Ie tout bien confec- | 

Itionné. ' 






































SAMEDI G JANVIER 1844. 


N*. 2, TOME VI. — 2» SÉRIE. 


Wja Ktancette française 


GAZETTE DES HOPITAUX 


le Journal paraît les Mardis, Jeudis,'Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 5 mois, 9jfr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 
Départ., id. 10 fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


Sommaire. 

Procès deM. Cannai contre M. Marchai. Jugement. — HOPITAUX. 
DES Enfants (M. Jadelot). Angine pseudo-membraneuse on diphthé- 
rite. De sa nature et de son traitement. — Hôtel-Dieu (M. Blandin). 
Hernie ombilicale étranglée. Réduction sans opération. — Hernie 
crurale étranglée. Anus arlificiel. — Hernie inguinale étranglée. 
Anus artificiel. Considérations sur l’entérotomie. — Revue des Jour¬ 
naux. — Gazette médicale. Recherches sur la transmission de.s hy- 
datides par contagion. — Réclamation et réponse. — Feuilleton. 
Compte-rendu des travaux de l’Ecole de médecine du Caire. 


PARIS , 5 JANVIER 1844. 
tribunal de police correctionnelle. (7' Chambre.) 
Audience du 5 janvier. — Présidence de M. Pinondel' 


Le jugement est prononcé. M. Marchai (de Caivi) est ren¬ 
voyé des fins de la plainte, et M. Gannal, partie civile, est 
condamné aux dépens. 

Nous avons déjà fait la part de M. Marchai ; nous avons dit 
que, par sa fermeté à défendre le droit commun , il a bien 
mérité du corps médical ; nous avons mis son discours sous 
les yeux de nos lecteurs; ils ont pu l’apprécier., et nous n’a¬ 
vons probablement rien à ajouter à l’impression qu’ils en ont 
ressentie. 

Nous n’avons pas à revenir non plus sur les conclusions si 
morales, si savantes, et à la fois si lucide, de M. l’avocat du 
roi. 

Il nous reste à exprimer notre opinion sur le jugement, et 
nons sommes assurés d’être ici les interprètes du sentiment 
public. 

Ce jugement est empreint d’une grande élévation. Le tri¬ 
bunal n’a pas même voulu se préoccuper de la question de 
ait. M. Marchai avait bien employé la méthode d’embaume¬ 
ment par injection, mais il avait nommément fait usage d’un 
procédé décrit deux ans avant le brevet de M. Gannal. Le 
tribunal, disons-nous, a laissé de côté cette question, et on 
verra qu’il a agi logiquement. Le seul point qui ait fixé son 
attention, est celui de savoir s’il doit être permis d’assimiler, 
en un cas quelconque, le corps humain à une marchandise, 
et il a répoudu par la négative. Parlant de là, l’opération de 
l’embaumement se pratiquant sur le corps_humain, il a dé¬ 
claré cette opération non brevetable. 

Il n’y a, dans le jugeaient, que deux considérants : celui 
que nous venons d’indiquer, et un autre, qui n’en est que le 
corollaire, et par lequel il est établi que l’opération qui con¬ 
siste à découvrir une artère sur le corps humain, étant analo¬ 
gue à une opération de chirurgie, elle ne peut être l’objet d’un 
brevet. Ainsi, pour deux raisons, le brevet de M. Gannal est 
frappé de nullité. On voit maintenant pourquoi le tribunal 
n’a pas dû se préoccuper de la question de fait. 

Nous sommes heureux d’avoir à enregistrer ce jugement, 
moins pour nous que pour la moralité publique, qui était en¬ 
core plus en canse que l’intérêt des médecins. Le tribunal n’a 
pas voulu qu’il fût dit qu’en France on estimait le corps hu¬ 
main à l’égal d’une matière à brevet d’invention. Nous lui en 
exprimons notre reconnaissance , non plus comme médecins, 
mais comme hommes et comme citoyens. Nous sommes cer¬ 
tains de ne pas nous faire illusion en pensant que ce jugement 


a une grande portée et une grande signification. L’industria¬ 
lisme en était venu à mettre la main.sur le corps humain ; la 
justice lui a ôté cette proie. Honneur à elle ! 

Nous n’avons pa.s clé passionnés par la lutte; nous ne som¬ 
mes pas énorgiieillis par le iriomphe. Au contraire , nous 
pensons, avec lin p"ofinKl senlimept de tristesse, à l’indus¬ 
triel qui, par un calcul téniéra^^ à compromis une position 
avantageuse. Ce sentiment est si sincère, que nous ne nous 
sentons pas la force de donner plus d’extension à ces remar¬ 
ques. 


HOPITAL DES ENFANTS. — M. Jadelot. 

Angine pseudo-membraneuse, ou diphthérite .— De sa nature 
et de son traitement. 

Au n” 7 de la salle Sainte-Catherine a été couchée une jeune 
fille de neuf ans, malade depuis six jours, au dire des pa¬ 
rents. 

D’une bonne constitution , assez forte , d’un tempérament 
lymphatique , cette enfant est habituellement bien portante. 
Elle a eu , à l’âge de deux ans, la rougeole ; mais cette affec¬ 
tion a été assez bénigne, et s’est passée sans l’emploi d’aucune 
médication active. Depuis ce temps, elle semble avoir tou¬ 
jours été bien portante , sauf quelques maux de gorge, mais 
sans intensité, la plupart du temps. Six jours avant son entrée 
à l’hôpital, elle fut prise d’un mal de gorge assez intense, qui 
causa dès le premier jour une gêne notable dans la dégluti¬ 
tion. En même temps frissons, suivie de chaleur et de sueur, 
céphalalgie; symptômes qui ont persisté jusqu’au moment où 
les parents se sont décidés à l’amener à l’hôpital. On s’est bor¬ 
né , pour tout traitement, à réduire la quantité des ali¬ 
ments , et à faire prendre à l’enfant quelques boissons gom¬ 
meuses. 

Voici l’état qu’elle présente au moment de la visite : 

Visage rouge, animé, surtout aux pommelles. Peau chau¬ 
de, sudorale; pouls à 108-112, petit, peu développé, non re¬ 
doublé . Langue blanche, un peu saburrale , rouge aux bords 
et-à la pointe. Pas d’appétit ; soif vive. L’enfant demande sou¬ 
vent à boire. La douleur de gorge, quoique persistant encore, 
est beaucoup moins forte que pendant les premiers jours. 
Gêne assez considérable de la déglutition, même pour les li¬ 
quides. L’intérieur de la bouche et le pharynx, examinés avec 
soin, présentent, à considérer, une rougeur vive de la mu¬ 
queuse buccale ; la portion de la muqueuse qui recouvre les 
amygdales est rouge , gonflée, recouverte çà et là de plaques 
blanches, caséiformes; dans quelques points, ces plaques sont 
d’un jaune clair. La membrane muqueuse de la luette et du 
pharynx, autant qu’on peut l’apercevoir, semble recouverte 
dans la plus grande portion de son étendue de productions 
blanches, caséiformes, analogues à celles qui sont sur les 
amygdales. Les ganglions sous-maxillaires un peu gonflés, 
sensibles à la pression, sont faciles h sentir à l’extérieur, en 
promenant le doigt sous la mâchoire inférieure. La voix est 
rauque, pénible. L’enfant ni les parents ne savent à quelle 
cause attribuer la production de la maladie. 

Solution de sirop de gomme. Gargarisme avec le miel ro- 
sat ; toucher la muqueuse du pharynx et des amygdales avec 
l’acide hydrochlorique étendu d’eau. 

Le surlendemain, l’enfant se trouve un peu mieux. Le pouls 
est toujours fréquent, à 104-108, petit, peu développé. Le 


visage est moins animé, plus calme ; la peau est moins chau¬ 
de, moins sudorale; langue toujours blanche; soif; anorexie. 
La douleur de gorge est presque nulle. La déglutition toujours 
assez difficile. La rougeur de la muqueuse buccale et pharyn¬ 
gienne est moins considérable. Les plaques sont un peu moins 
épaisses, commençant à se détacher sur les bords'; dans quel¬ 
ques points mêmes elles .sont tout à fait tombées, et l’on apeis^ 
çoit au-dessous d’elles, ou dans les points qu’elles occupaient, 
la muqueuse enflammée. Le gonflement des ganglions .sous- 
maxillaires est toujours le même. Mêmes boissons. Continuer 
l’usage de l’acide hydrochlorique. Bouillon coupé. 

Le 13 , l’amélioration continue. Le pouls est tombé à 92. 
La peau est moins chaude aussi, moins sudorale. Les ganglions 
sous-maxillaires semblent peut-être un peu moins volumineux, 
bien qu’encore sensibles à la pression. Douleur de gorge très 
peu intense. Déglutition de plus en plus facile. L’examen delà 
gorge fait apercevoir encore de loin en loin quelques plaques 
couenneuses, mais en grande partie détachées. Un lambeau 
de ces fausses membranes, à demi détaché de la luette, est 
suspendu au voile du palais. L’enfant demande à manger. Un 
peu de sommeil la nuit dernière. Même traitement. 

Le 16, la malade est affectée depuis deux jours d’une bron¬ 
chite légère, probablement due à un refroidissement subit dont 
l’enfant ne se sera point aperçue. Toux assez fréquente , sans 
expectoration notable. Les mousses de la toux ont achevé de 
détacher toutes les productions pseudo-membraneuses qui 
subsistaient encore dans le pharynx. L’auscultation et la per¬ 
cussion ne donnent pas de résultats bien sensibles. On ne con¬ 
state qu’un peu de râle sibilant en arrière des deux côtés. In¬ 
fusion de fleurs de mauve édulcorée. 

Cinq ou six jours après, la guérison de la double affection 
du pharynx et de la muqueuse bronchique est complète. 
L’enfant a de l’appétit ; la soif est normale ; toutes les fonc¬ 
tions s’exécutent bien ; la déglutition est facile. Les pseudo¬ 
membranes ont tout à fait disparu. Les ganglions sous-maxil¬ 
laires ont perdu leur volume anormal, et ne conservent qu’un 
peu d’empâtement. Elle demande et obtient sa sortie. 

— Avant d’entrer dans le détail et dans l’examen de quel¬ 
ques-uns des principaux symptômes et de la marche de l’an¬ 
gine couenneuse^ pseudo-membraneuse ou diphthéritique, 
gangréneuse de quelques auteurs, il est nécessaire, ce nons 
semble, de consacrer quelques lignes à l’examen d’une impor¬ 
tante question ; nous voulons parler de celle qui a trait à la 
nature de la maladie et à la place que certains auteurs ont 
voulu lui assigner dans les classifications nosologiques. 

Et d’abord, l’angine pseudo-membraneuse ou diphthériti¬ 
que, et c’est, disons-le, cette dénomination qui nous semble 
préférable à toute autre, parce qu’elle se borne à indiquer le 
symptôme caractéristique de l’affection sans en préjuger la 
nature, précaution que l’on doit toujours prendre dès qu’il 
s’agit d’affection sur lesquelles il y a des dissidences ; l’angine 
diphthéritique, disons-nous, est-elle simplement, comme l’ont 
prétendu quelques auteurs, la terminaison d’une phlegmasie 
très intense de la muqueuse de l’arrière-bouche et du pha¬ 
rynx? Ou bien est-ce une forme particulière d’une inflamma¬ 
tion de la muqueuse, une maladie sut generis qui mérite d'être 
étudiée séparément et en détail, une inflammation gangré¬ 
neuse? 

Il est des auteurs, avons-nous dit, qui ne voient autre chose 
dans l’angine diphthéritique qu’une terminaison de l’angine 
pharyngée extrêmement intense. D’autres ont, au contraire. 


WM 


Compte rendu des travaux de l’Ecole de médecine du Caire , par 
les professeurs nationaux de la nouvelle école arabe d’Egypte, 
f récédé d'une Note de la commission chargée de son examen par 
la Société orientale. 

Note. —Composée d’hommes qui ont, pour la plupart, une con¬ 
naissance pratique das contrées du Levant, une sorte de juridiction 
est réservée à la Société orientale, relativement aux nouvelles impor¬ 
tantes qui lui parviennent de ces pays, et qui sont tour à four suscep¬ 
tibles d’éclairer ou d’égarer l’opinion publique. La communication qui 
a été faite, dans la séance d’hier, du Compte rendu des travaux de 
l’Ecole de médecine du Caire , dont on a demandé l’insertion dans la 
Revue de l’Orient (l), est devenue l’objet d’une discussion vive et sé¬ 
rieuse, à laquelle ont pris part plusieurs membres de la Société. Par 
suite de cette discussion , une commission a été chargée d’examiner le 
document adressé par les pro/essewrs nationaux de la nouvelle école 
arabe d’Egypte, et de transmettre immédiatement un premier aperçu, 
en attendant le rapport, appuyé de preuves, qui sera présenté à la So¬ 
ciété orientale dans sa plus prochaine séance, le 5 janvier prochain. 

Nous avons tous une connaissance personnelle de rinstifutiou mé¬ 
dicale dont il s’agit : les uns à diverses époques, les autres sans inter¬ 
ruption , nous avons pu en observer l’origine et les développements 
depuis 1827 jusqu’en 1842. Ainsi, c’est d’après notre propre observa¬ 
tion , et avec toute la sincérité de juges complètement désintéressés 
dans la question, que nous allons exprimer notre sentiment sur l’Ecole 
de médecine du Caiie. 

S’il ne s’agissait que de louer la pensée qui voulut doter l’Egypte 
et l’islamisme d’institutions scientifiques entièrement perdues dans le 
pays, depuis la chute des califes protecteurs de la civilisation ; s’il ne 


(1) C’est à ce recueil que nous empruntous cet article. 


fallait qu'applaudir au choix qui fut fait de médecins français pour 
présider à la restauration des sciences médicales ; s’il sutfisait même 
de reconnaître qu’il a été fait, dans ce but, de louables efforts, de gé¬ 
néreux sacrifices ; que quelques difficultés ont été heureusement vain¬ 
cues; oh! certes, nous joindrions volontiers notre témoignage à celui 
des auteurs du Compte rendu en formant des vœux bien sincères pour 
raffermissement et le progrès d'un établissernent scientifique sur le¬ 
quel I bumauité et la civilisation des Orientaux doivent fonder des es¬ 
pérances. 

Mais les professeurs nationaux de la nouvelle école arabe sont beau¬ 
coup moins réservés dans leurs louanges et leurs prétentions. Le suc¬ 
cès que nous souhaitons à leur institution médicale, ils nous l’annon¬ 
cent comme accompli. A les entendre, « leur éco’le présente un système 
» d’orgauisatiun plus avancé que celui de beaucoup d’universités d’Ëu- 
» rope ; elle deviendra bientôt la sœur et l’émule de l’école française ; 
» déjà elle se place sans crainte en rivalité avec les meilleures écoles 
)) d Europe, etc., etc. » 

Comme il est beaucoup plus facile d’induire le public en erreur que 
de se tromper soi-même dans l’ordre des faits matériels et intellectuels 
à la fois, nous voudrions pouvoir démêler si des assertions aussi étran¬ 
gement décevantes et prétentieuses ont été suggérées par un aveugle¬ 
ment enthousiaste, ou par les calculs de la mauvaise foi. Pour nous, 
que l’inspection des lieux, la fréquentation des professeurs et des élè¬ 
ves, ont suffisamment éclairés sur les imperfections et les pauvretés de 
l’Ecole de médecine du Caire , nous sommes profondément affligés de 
ce panégyrique fait à plaisir et sans pudeur par des hommes à qui leur 
profession devrait avoir appris à se respecter eux-mêmes en respectant 
la vérité. Nous savons que penser de ces brillants examens, en arabe, 
dans lesquels le traducteur suppléait au besoin de l’élève , lorsque le 
candidat et le juge ne s’étaient pas préalablement entendus sur les 
questions et les réponses ; de ces riches programmes des études qu’il 
est si facile d’exposer par écrit; de ce nombre de 700 médecins ou 
pharmaciens sortis dé l’école, et qu’il a fallu renvoyer, pour la plu¬ 
part, du service à l’école, pour cause d’incapacité. Telles sont les mi¬ 
sères de cette institution médicale qui se place sans crainte en riva¬ 


lité avec les meilleures écoles d’Europe 1 qui va bientôt diplômée des 
docteurs 1 

Jusqu’à ce moment, nous avons confondu l’Ecole de médecine 
d’Abou-Zabel, avec celle du Caire, qui compte aujourd’hui une exis¬ 
tence d'environ seize années. Un mot matntenant sur la nouvelle 
école arabe, qu’on nous annonce devoir continuer seule l’œuvre scien¬ 
tifique commencée par des Européens, Français pour la plupart. Nous 
ne ferons pas d’objt ction au principe de vouloir employer, pour civi¬ 
liser les Arabes, des Arabes formés aux sources de la civilisation euro¬ 
péenne. Mais en dehors du principe civilisateur, nous avons à consi¬ 
dérer les instruments de la civilisation eux-mêmes, dont quelques-uns 
sont connus de nous personnellement ; et, nous le déclarons, c’en est 
fait de l’école naissante, c’en est fait de la médecine en Egypte, si l’on 
repousse le concours, encore long-temps nécessaire, de professeurs eu¬ 
ropéens. Un soupçon pénible s’est élevé dans notre esprit, en lisant 
l’annonce de la nouvelle école arabe : nous avons craint d’y voir une 
préméditation voilée d’éliminer de cette école et des divers emplois 
qufils occupent, des médecins européens que nous jugeons indispensa¬ 
bles au maintien et au progrès des institutions scientifiques de l’Egyp¬ 
te. Les Arabes formés par eux étaient, au moment où ils leur furent 
confiés, dans des conditions intellectuelles trop défectueuses pour pou¬ 
voir les suppléer aujourd’hui. D’une instruction plus que médiocre , 
sans activité, sans dignité, leur incapacité est patente; l’Ecole de mé¬ 
decine égyptienne va dépérir et tomber, si l’autorité se prive du con¬ 
cours des Européens, auxquels devraient l’avoir d’ailleurs attachée les 
liens de la reconnaissance. 

Le public courrait risque de s’abuse'r étrangement, s’il attribuait aux 
professeurs nationaux de la nouvelle école arabe la simple rédaction 
du Compte rendu que nous avons examiné. Quoique cette rédaction 
n’ait rien de remarquable, il est évident pour nous que les signataires 
n’en sont pas les auteurs ; c’est probablement une de ces réclames dé¬ 
guisées, à l’aide desquelles on est parvenu à tromper l’opinion de la 
France sur la civilisation de l’Egypte. Pauvre civilisation 1 contre la¬ 
quelle protestent l’ignorance, la misère et les malédictions du peuple 
entier J 





















r 


prétendu que celte affection ne se présentait pas avec un en¬ 
semble de phénomènes inflammatoires semblables à ceux qui 
accompagnent l’angine grave, et qu’elle revêtait ordinaire¬ 
ment une forme tout autre et toute particulière. 

M. Bretonneau et ses élèves 'ont cru (jup l’angiiie dipblhé- 
rifique n’était autre çfiose qu’un mode spécial de l’inflantma ■ 
tion, un état phlegmasique particulier. Peut-êtré'ne parajlrait- 
il pas dénué d’intérêt d.e rapporter, à propos de cetfe inipôr- 
tante question, les paroles mêmes de M. Bretonneau et les 
conclusions du savant ouvrage qu’il a publié sur ce sujet ; 

« Cette rougeur de la membrane muqueuse, dit-il, sans 
épaississement de tissu, si superficielle, et qui cependant s’ac¬ 
compagne d’une exsudaiion concrète si abondante et si remar¬ 
quable, me paraît, je l’avoue, un mode inflammatoire très 
particulier. Je ne dirais pas toute ma pensée si je n’ajoutais 
que je vois dans cette ihflanimauon couenneuse' une ^inflam¬ 
mation spécifique aussi différente d’une ' pliïogosë catarrhale 
que la pustule maligne l’est du zona ; une maladie plus dis¬ 
tincte de l’angine scarlatineuse que la scarlatine elle-même ne 
l’est de la petite vérole ; enfin, une affection morbide .tii? ^e- 
neris qui n’est pas plus le dernier degré du catarrhe quë la 
dartre squammeuse n’est le dernier degré de rérysipè'e. Dans 
l’impossibilité d’appliquer à une inflammation spéciaie aussi 
tranchée un seul des noms impropres qui ont été' donnés à 
chacune de ces nuances, qu’il me' spit permis de désigner 
cette phlegmasie sous le nom de’diphihérite. » 

» Il paraîtrait qu’en certains endroits de son livre, M. Bre¬ 
tonneau aurait quelquefois confondu l’angine diphtliérifique 
avec l’angine gangréneuse. Or, il est bien évidyit que sou¬ 
vent ces deux affections présentent des caractères bien tran¬ 
chés qui permettent de les clilTérenciér difficilement. Tandis 
que dans l’angine gangréneuse on constate la prédominance 
des accidents généraux qui entraînent avec eux lin appareil 
morbide semblable à celui du typhus, et que le mal de gorge 
ne constitue le plus souvent qu’urt épiphénorhène, c’esf tout 
le contraire dans l’angine purement pseudo membraneuse, 
dans laquelle l’état fébrile est peu prononcé, l’accélération du 
pouls quelquefois nulle ou presque nulle. 

» Dans l’angine gangréneuse existent des eschares plus ou 
moins profondes qui détruisent les parties, entraînent des 
pertes de substance plus ou moins considérable.^. La marche 
de la maladie est continue, et presque toujours l’affection fait 
des progrès dé plus en plus étendus. Dans l’angine diphthéri- 
tique simple, où a pour toute affection locale : une concré¬ 
tion pelliculaire, lichénoïde, caduque, facile à détacher, éssen- 
tiellement superficielle, et r|ui ne peut cesser de l’être sans 
que la maladie perde de son caractère principal. Après une 
brusque expansion, les progrès de l’inflammation cquenneiise 
diphihéritique restent momentanément suspendus. » 

D’après ce que nous venons de dire, il semble donc néces¬ 
saire d’établir une distinction bien manifeste entre l’angine 
diphthériiique ou pseudo-membraneuse simple, et l’angine 
gangréneuse! Maintenant, quelle est la véritable nature de 
l’ii/flammation diphthéritique î Les caractères dè cette phleg¬ 
masie se réduisent à trois principaux. D’abofd, il faut noter 
l’excrétion d’uné matière mucuso-séreuse qui se montre dans 
le premier degré de l’indammation diphthéritique, et semble 
jouir de la propriété de transmettre cette inflammation à de 
grandes distances. Puis, la forme de cette maladie qui tend à 
se propager de proche en proche. Enfin, le peu d’efficacité des 
médications antiphlogistiques, et d^s émissions sanguines si 
utiles ordinairement dans les inflammations franches. De plus, 
cette phlegmasie offre encore ceci de particulier, qu’elle reste 
superficielle et se transmet difficilement au tissu cellulaire 
sous-jacent. 

Nous croyons en avoir dit assez sur la nature de Taffection 
qui nous occupe. Examinons maintenant en peu de mots quel¬ 
ques-uns des principaux symptômes, et le traitement à mettre 
en usage contre çette maladie. Le principal symptôme, le phé¬ 
nomène caractéristique de la maladie , c’est la présence sur la 
muqueuse du pharynx des fausses membranes qui lui ont fait 
donner le nom qu’elle porte. Le plus souvent, les fausses 
membranes commencent à paraître sur l’une des deux amyg¬ 
dales; de là elles s’étendent assez rapidement sur les piliers 



du voile du palais, sur la luette, et enfin sur la membrane 
muqueuse qui tapisse la cavité du pharynx. Lorsque l’inflam¬ 
mation éclate sur plusieurs points à la fois, les plaques couen- 
neuses, pn s’étendant, finissent par se repcoptrer et par former 
pne surface continue. 

Quelques jours après leur première apparition, les fausses 
membranes acquièrent une épaisseur plus ponsidérable ; pn 
même temps elles perdent leur couleur d’un Wanc parfait pour 
prendre une couleur jaunâtre - lardacé. La plupart des mala¬ 
des étant soumis à un traitement topique , il est assez rare de 
voir les fausses membranes se terminer d’elles-mêmes, se dé¬ 
tacher spontanément et disparaître. Mais lorsque par suite du 
contact de caustiques ou d’astringents on est parvenu à les 
faire tomber, la muqueuse qui apparaît au-dessous est rouge, 
un peu gonflée. 

La douleur est loin d’être un symptôme constant. G est pfus 
souvent au début qu’elle se montre ; et dans les trois ou qua¬ 
tre jours qui suivent l’invasion , elle disparaît habitucllemeuf. 
Elle est rarement très violente. Le plus souvent, une fois dé¬ 
clarée , elle n’à'ugraente pas d’une manière progressive, se 
maintient dans les mêmes limites, et n’est nullement en rap¬ 
port avec l’intensité apparente de la phlegmasie. La gêne de 
la déglutition, causée par le gonflement des parties, en impose 
soiivehtpour une véritable douleur; elle est quelquefois dé¬ 
terminée, cette gêne de la déglutition, par l’épaisseur dés falis- 
ses membranes. En général, cependant, on peut dire que les 
désordres fonctionnels ne sont pas en rapport avec l’intensité 
de la maladie. Dans le cas que nous avons rapporté en détail 
au commencement de cet article, les phénomènes fébriles et 
réactionnels, fort intenses au début de l’affection , ont rapide¬ 
ment cessé, et la guérison est survenue avec une rapidité sur¬ 
prenante. 

Le pronostic de cette affection est variable. Cependant il est 
rare qu’elle soit grave, à moins qu’elle ne soit épidémique , et 
encore dans ce cas, ne l’est-elle pas toujours. M. Bretonneau 
a cité un exemple dans lequel l’angine diphthéritique, quoique 
dégagée de toute complication, s’est terminée par la mort. I.e 
pronostic est excessivement grave lorsque les fausses membra¬ 
nes se propagent dans lephârynx. 

Arrivons au traitement, qui est sans contredit la chose la 
plus importante ici. Le traitement indiqué contre l’angine 
diphihéritique est loin d’être le même que celui'de l’angine 
simple, et si l’aphorisme si ancien et si connu est juste : Na- 
iuram morborwn osiendiint citraliones , c’est une preuve de 
plus que l’angine pseudo-membraneuse dont nous nous occu¬ 
pons n’est pas ufie terminaison de l’angine simple comme 
lions avons dit que le pensaient quelques auteurs. Les anti¬ 
phlogistiques une fois écartés dans le plus grand nombre des 
cas, examinons les diverses méthodes thérapeutiques que l’on 
doit meitrë en usage. 

Les préparations caustiques ou astringentes que l’on appli¬ 
que sur la muqueuse malade sont destinées autant à empêcher 
l’extension dés plaques couenneuses sur les portions saines, 
qu’à substituer une inflammation franche à une inflammation 
spécifique. Les caustiques les plus usités sont l’acide hydro- 
chlorique étendu d’eau le plus ordinairement, la sdlutioa de 
nitrate d’argeUt, la poudre d’alun calciné, et le chlorure de 
chaux. , ^ , 

L’acide hydrochlorique s’emploie pur ou etendu. Le plus 
souvent on l’affaiblit avec une certaine quantité d’eau. M. Bre¬ 
tonneau a néanmoins conseillé de débuter par deux cautérisa¬ 
tions avec l’acide pur, à vingt-quatre heures de distancé, afin 
de porter immédiatement sur les parties malades un trouble 
'violent et salutaire. Si, après cette cautérisation, les membra • 
nés paraissent plus épaisses et plus larges, on les voit peu à peu 
Se détacher et laisser au-dessous d’elles à nu la membrane 
muqueuse du pharynx. 

Quand l’on met en usage le nitrate d’argent, ce peut être 
ou sous forme de solutiqn, ou sous forme de caustique soliqe. 
La solution portée à l’aidé d’un pinceau semble préférable au 
nitrsle d’argent en crayon, forme sous laquelle il offre une 
moins grande surface, et est exposé à se briser. L’alqn calcipé, 
le calomel et le chlorUiCe de chaux peuvent être égçderaeni 
employés avec succès ; ôn les porte sur le point majade à 1 aide 


d’un pinceau de préférence au doigt, dont se servent quelqoçj 
médecins. Il est bon quelquefois de mélanger à la poudre 
caustique un peu de gomme arabique, pour faciliter son adhé- 
sion à la partie malade. 

Le traitement antiphlogistiqqe est, la plupart du tenipsj 
saijs efficacité. Cependant, il ne faudrait pas craindre d’y avoir 
recours lorsque l’enfant est vigoureux et d’une jb,onne santé 
habituelle, que l’état fébrile eft intense et que la inàrchede 
la maladie est très rapide. La grande tendance qu’ont les 
plaies h devenir pseudo-membraneuses doit le faire proscrire 
formellement dans les cas de ce genre. 

Les vomitifs, quoique rarement indiqués comme constituant 
la base du traitement, peuvent cependant être utiles dans un 
grand nombre dé cas. Les secousses produites par les efforts 
du vomissement, auront .souvent pour effet de détacher les 
fausses membranes et de déterriiiner leur expulsion. De plus, 
on évite, par l’emploi des médicaments vomitifs, que les fausses 
membranes, quelquefois décomposées et d’une odeur fétide, 
ne tombent dans les voieg digestives, où elles pourraient pro¬ 
duire des résultats fâcheux. 

Doit-on , et c’est par là que nous terminerons, soumettre 
les malades à un traitement général spécifique ? Doit-on ad¬ 
ministrer ces remèdes connus sous le nom d’altôrants, et dont 
l’effet, encore peu connu, est d’introduire dans 1 économie 
des principes qui modifient la composition dea liquides et par 
suite l’état ^,es solides ? C’est dans le cas où l’affection a en¬ 
vahi le larynx que l’on doit mettre en usage ces sortes de 
médications. Mais une médication de cette espèce n’étant ja¬ 
mais sans danger, il faudra toujours avant de l’emplpyer exa¬ 
miner avec soin si la maladie d de la propension à envahir le 
larynx et |es voies aériennes ; si elle présente une forme ady. 
namique. C’est surtout dans la première de ces circonstances 
que l’on doit mettre en usage la médication ^Itérante , le ca¬ 
lomel , ies frictions raercurièlies, lé sulfuré de potassium, etc. 

Enfin les toniques n’ont pas été sans présentrer quelquefois 
d’heureux résultats, surtout quand la maladié réyêt la forme 
gangrénëuse et s’accompagne de diarrhées ou d’hé.tnorrhagies 
abondanlos. L’état général dominant l’état local ,' p’est a lui 
que la médication doit s’adresser de préférence.' 


iJOTïlL-piEU. — M. Blandin. 

Hernie ombilicale étranglée. Réduction sans opération. 

Au n“ 10 de la salle Saint-Pajil pst çpuÆée pne fepirpe 
âgée dé soixante-huit ans, d’une bonne constitution, ayant 
assez d’embonpoint; elle présentait à son entréedaiisThôpitai 
nne hérnië ombilicale étranglée. Dans potré réunion précé¬ 
dente', VOUS avez vu que j’avais été forcé, pour une heriiie 
crurale étranglée et même gangrépeusé, de recourir à lai[hér- 
niotomie et d’ouvrir l’intestin. Au contraire, ^ans le cas dont 
je vais vous entreténir, vous î^llez voir que j’ai obtenu 1? l'é- 
duciiori dé la tumeur à l’aide des rnoyeps ordinaires, ' 

Quand j’èxamînai la malade pour la première fois, je trou¬ 
vai la cicatrice ombilicale effacée ; mais à ce niveau il existait 
une hernié du volume des deux poings, dirigée dé haut en bas 
par son propré poids, plus large à s,a partie inférieure qu’à aa 
partie supérieure, qui correspôndaii a fanneau opibilical: elle 
était lobée et passablement irrégulière. Cef aspect lobé, qui se 
remarque ordinairement dans là hernie ombilicale tient à des 
'causes divérses, parmi lesquelles je vous signalerai l'existéoce 
de brides dans le sac herniaire, et la présence du grps'intestin 
qui présente des bosselures très marq'oées aussitôt qu’il est 
dîsteodu par les gaz ou les matièrés fécales. 

La fumeur était dure inférieuremènt, ipolle supérieurement. 
Quand oh la préssait daps cé.derniér pojuf, on qe parvenait 
pas à la réduiré et pourtant on spntgit quelque chose d’analo¬ 
gue à une rentrée,' Comme si des gaz avaient passé de son iu- 
térieqr da,ns la cavité abdominale. 'Le doigt pouvait parcourir 
assez façilem.eut la dcmi-circonférence supérieure dé l’anneau 
hnibilical. En'‘u],êuie temps, douleurs epigastri'qqes irès-yives, 
firaillements d’e-stomac, ' nausées , ïonus'semeqts, bàlloone- 
raénf et sensibilité ■considérable du ventre, tmsenço complète 


Nous justifierons par des faits et des preuves péremptoires, dans no¬ 
tre rapport à la Société orientale, le 5 janvier prochain , fe sentirnent 
général que nous venons d’eXprîmèr touchant lé Compïe rendu dé l’or¬ 
ganisation et des travaux de la nouvelle Ecole de médecine du Caire. 

L. Aubert-Roche, n-M.-p.; Le Bron de'Vexela; Hamont; 
A. Lagasqiiie, d.-m -p.; J. Moreau (deTour.s), médecin 
de l’hospice de Bicélre. 

Paris, le 16 décembre 1843. 

COMPTE RENDU. — AUX MÉDECINS DE L’EUROPE. 


La fondation de l’Ecole de médecine d’Abou-Zabel , en 1827, a eu 
en Europe quelque retentissement (1); Les comptes rendus, publiés par 
son fondateur Clot-Bey, en ont fait connaître l’organisation , Us pro¬ 
grès et la translation au Caire en 1837. 

“ On se rappellera sans doute qn’en 1832 nous fûmes, par ordre du 
vice-roi, choisi au nombre de douze parmi les élèves de l’Ecole d’Abou- 
Zabel pour être envoyés à Paris. Nous avions alors environ cinq ans 
d’études. Nous fûmes conduits en France par notre directeur, M. Clot- 
Bey pour compléter nos études, devenir plus tard des professeurs, et 
pouvoir en même temps traduire en arabe les ouvrages nécessaires au 
nerfectionnement des sciences médicales en Egypte. 

^ Nous arrivâmes à Paris en octobre 1832', et le 13 novembre suivant 
nous subîmes un examen en présence de l’Académie royale de méde- 
fine Nous fûmes interrogés par MM. Orfila, Diipuytren, Roche, San- 
gon Breschel, J. Cloquet et Pariset. Différentes questions nous furent 
Dosées sur l’anatomie, la physiologie , la chirurgie, la pathologie in¬ 
terne Il résulta de cet examen que, malgré les difficultés qui avaient 
embarrassé les fondateurs de l’Ecole d’Abou-Zabel , malgré le travail 
uu’avait entraîné pour nous l’étude de la langue française , à laquelle 
nous nous étions livrés , nous avions , en cinq ans , acquis assez de 

(1) La Gazette des Hôpitaux a été la première à faire connaître en 
Europe la fondation et les premiers travaux de cette école. 


connaissances pour sati.-faire avec honneur aux questions iSlevées qui 
nous avaient été adressées , et assez d’iiqbitude du français pour ré¬ 
pondre clairement à nos interrogateurs'. 

Le procès-verbal de cet examen a été inséré dans le Compte rendu 
général d(!S travaux de l’Ecole de médecine d’Abon-Zabel , publié par 
M. Clot-Bey, et imprimé en 1833 , à Paris , chez DevUle-Cavel.in. 

Ce document répond suffisamment à certaines déclamations calom¬ 
nieuses que des esprits aveugle-s ou méchants ont publiées contre notre 
école, contre son fundateur, contre nos profepeurs et contre nous. Si 
nous n’étions loin de l’Europe , nous laisserions tous ces dires dai:s 
leur nullité, et nous attendrions que le mensonge se dévoilât de lui- 
même et retombât sur ceux qui Tont inventé. Mais notre silence, à la 
distance où nous sommes du grand corps médical européen , pourrait 
être regardé comme un aveu indirect. 

Nous avons donc besoin , pour notre honneur et notre conscience , 
pour la conscience rt l’honneur de notre célèbre fondateur, M. Clot- 
Bey, du directeur laborieux et éclairé, M. Perron, qui administre 1 E- 
cole aujourd’hui, des médecins européens qui ont fourni leurs lumiè¬ 
res à l’Ecole médicale arabe pendant nombre d’années avant nous et 
nous ont frayé la voie du perfectionnêment ; nous avons besoin , di- 
' sons-nous , d’expo.ser brièvement et simplement ce qu’a été d’abOrd 
et ce qu’est aujourd’hui l’Ecole médicale égyptienne, de dire comment 
nous avons été Ctiargés peu à peu de l’enseignement ; ce sera toute 
notre réponse. . 

Après un séjour de plus de quatre années à l’Ecole de Pans, nous 
revînmes en Egypte. Plusieurs d’entre nous eurent le temps de pren¬ 
dre le titre de docteurs; les autres furent rappelés précipitamment 
par le vice-roi pour les besoins du service , et n’eurent pas le loisir 
de subir l’épreuve exigée pour obtenir leur diplôme. Mais cette diffé- 
' rence entre nous est une pure formalité qui n’a rien ajouté aux uns et 
rien enlevé aux autres, , , 

A notre retour en Egypte, en 1836, nous fûmes attachés à 1 Ecole 
de médecine en qualité de professeurs-adjoints. En 1840 , nous occu¬ 
pâmes les chaires comme professeurs en titre. Ce n’est donc qu après 


treize ans d’études tbéoriqnos et pratiques que nous avons été désignés 

pour recnplacer les professeurs européens. 

Nous n’essaierons pas de venger nos mattres des odieuses calomnies 
qui ont été débitées'et publiées contre eux. Tous hommes honorables, 
ils sont au-dc.“sus de tout ce qiiè'la jalousie, la mauvaise foi ont pn 
iniaginer pour chercher a les déprécier, et par suite nçiis pyeseiitei 
hoiis-mèmçs comme des homme.S incapables çç iiuligne.s de reijap'lii 
les fonctions qui nojii-s oii,t été confiées. Il est certains d.e ceux qui nor 
accusent et se vantent de coniialtie I Egypte, qui, n’ayaiit pa.s Ja cons¬ 
cience nette , feraient bien de se taire et de ne pas s’exposer au ns 
que de provoquer seulement quelques lignes de réponse. 

Aujoiird tiiii, par notre âge, par notre position, et par Içs connais 
sances que nous avons aéqiiise.s en seize ou dix-sept années de Iravap 
nous nous croyons en droit et en mesure de piemlre la défense d 
l’institution nationale a laquelle nous sommes attachés, et do justil| 
700 élèves arabes médecins on pharmaciens sortis jusqn’è présent d 
l’École do médecine , et les 125 élèves qui en forment actuelléiuej 
l’iffectif réglementaire, des accusations d inaptitude élevées con(i 

Cl tte jinstification, nous la donnerons tout simplement, en expos^ 
les résultats qes examens generaux de ceue a.nnee tl»43;, dans lë 
quels 48 élèves de 1™ classe,' que nous .avons instruits depuis les éli 
inents des' sciences médicales, et qui vont être élevés au grade ( 
sous aides et appliqués aux services des provinces, ont complài 
ment satisfait les éxâminaleurs composant' je jury, et ont mérité 1 
annotations consignées dans le tableau que no,us tracerons logt 
l’heore. Nous y ajouterons, pour plus ample réponse, le résumé gén 
rat des notes de toiis les élèves. 

(La suite à, un prochain numéro.) 

















— 7 ~ 


.... .... .. Il , J I I. 

1g la défécation depuis je début des accidents, qui duraient 
déjà depuis quarante-huit heures.- Observant sur sa paroi ab¬ 
dominale antérieure des signes de grossesse antécédente , je 
demandai à la malade si elle avait eu sa hernie à la suite d’une 

ossesse : elle me répondit que non ; que c’était bien des an¬ 
nées après et sans cause connue; que du reste elle n’avait eu 
de sa vie qu’un seul enfant. Cependant je crois que l’alfection 
remonte 'a cetlp époque ; en effet, dans l’état de gestation, les 
hernies ombilicales ont une grande tendance à se produire , 
tant à cause du refoulement des viscères que de l’affaiblisse¬ 
ment des parois abdominales parla pression de l’utérus, énor¬ 
mément distendu : et si la fempie qui fait le sujet de notre 
observation ne s’est pas aperçue el’abord de la production de 
sa hernie, c’est que celle-ci était extrêmement petite et qu’elle 
à fixé l’attention seulement alors que par une cause ou par 
une autre son volume a augmenté tout à coup. Quoi qu’il ep 
soit, nous avions affaire à une hernie ombilicale étranglée de¬ 
puis quarante-huit heures ; il fallait donc se hâter d’agir. Jp 
ne crus pas devoir recourir de suite à l’opération ; ffétat dé 
mollesse de la partie supérieure, la sensation toute particulière 
flu’on éprouvait en palpant cet endroit me firent espér la gué¬ 
rison à l’aide des moyëns ordinaires. Au reste , je dois dire 
qu’ici l’opération eût été extrêmement grave à cause du vo¬ 
lume de la partie et sans doute on n’eût obtenu la réduction 
par ce moyen qu’en attirant un danger de mort sur )a malade. 
Je prescrivis un bain prolongé, des lavements purgatifs et 
narcotiques, des cataplasmes émollients sur la tufneur et une 
position convenable de telle sorte que les parois abdominales 
fussent dans le relâchement le plus complet. Une saignée fut 
i aussi pratiquée à l’instant même : la constitution éminemment 
sanguine de la malade, un état congestionnel de la face qui 
i frapVii chez elle au premier abord, étaient des indications 

! assez formelles. Je revins pendant la journée pour m’assurer 

de l’effet de ces diverses prescriptions : il n’y avait eu qu’un 
I seul vomissement depuis le matin ; le ventre était plus souple, 

I la tumeur plus molle et moins volumineuse, le gargouillement 

i manifeste ; en un mot, le mieux était très sensible. Il fallait 

i donc moins que jamais songer à opérer. L’amélioration obte¬ 

nue à l’aide des moyens précédents me fit persister dans leur 
emploi ; un nouvean bain prolongé fut ordonné, une nouvelle 
saignée pratiquée , etc., et le lendemain matin les accidents 
avaient complètement cessé : il me suffit de la plus légère 
tentative pour réduire la hernie. 

Quel était l’espèce d’étranglement auquel nous avions affaire 
ici? Était-ce à l’étranglement par inflammation ou à celui par 
engouement ? Tout se réunit pour nous faire croire à ce der¬ 
nier. En effet, dans les hernies ombilicales, l’étranglement 
par engouement est assez facile pour deux raisons : la pre¬ 
mière, que ces hernies sont ordinairement formées par le gros 
intestin qui est le lieu de stase des matières fécales ; la secon¬ 
de , que l’anse intestinale herniée se réfléchissant de haut en 
bas’sur la demi-circonférence inférieure de l’anneau ombilical 
forme un coude qui contribue singulièrement aussi à arrêter 
la circulation de ces matières. Eh bien ! ces deux circons¬ 
tances se présentaient chez notre malade. De plus, la tumeur 
n’avait point la dureté ni la rénitence des hernies étranglées 
avec inflammation. Ajouterai-je cette dernière remarque, sa¬ 
voir : que l’engouement est l’étranglement ordinaire des her¬ 
nies chez les vieillards à cause de la paresse de l’intestin , et 
a que précisément la femme à qui nous avions affaire était âgée 

s de soixante-huit ans ! Voilà, je pense , assez de raisons pour 

e nous faire croire au simple engouement. 

Hernie crurale, gauche étranglée. Formation d'un anus 
artificiel. 

Indépendamment du cas précédent, il existe au n“ 17 de la 
salle Saint-Paul, une femme sur laquelle nous-avons été obli¬ 
gé d’établir un anus artificiel â la suite d’une hernie crurale 
gauche étranglée. Cette femme est âgée de quarante-deux ans, 
d’une bonne constitution ; elle a eu huit enfants. Elle ne porte 
’ sa hernie que depuis deux ans et demi environ, quelque temps 
, après sa dernière couche. Un bandage fut appliqué : je ne sais 
si un trop long usage l’a déformé, mais ce bandage est si mau- 
® vais qu’ff était plus propre à faire naître des accidents qu’a les 
faire éviter. Vous savez, en effet, qu’un mauvais bandage peut 
is produire l’étranglement et la gangrène. 

" A l’entrée de la malade à l’hôpital, qui eut lieu le soir 12 
!s novembre, la hernie était étranglée depuis vingt-quatre heu- 

*’ res. Pendant la nuit on fit usage des moyens ordinaires dont 

je vous ai déjà parlé, pour lâcher d’obtenir la réduction ; mais 
I les accidents n’avaie.nt point interrompu leur n)arche. Le len- 

I demain matin, quand je vis la malade, je fis aussi inutilement 

i- de légères tentatives de taxis. D’autres tentatives faites en ville 

' à diverses reprises, et par plusieurs médecins, pendant la jour¬ 

née de la veille, n’avaient pas été plus heureuses, mais il est 
I probable que toutes n’avaient pas été dirigées bien mé.thodi- 

I quement et dan,s une mesure convenable. En effet, plusieurs 

de nos confrères pensent cfue pour être suivi de succès, le 
' taxis doit être prolongé long-temps ; mais je m’élève de toutes 
mes forces contre une pareille conduite: c’est une erreur chi¬ 
rurgicale dont le résultat peut être funeste. Si, comme il arri¬ 
ve le plus souvent, on ne parvient pas à réduire l’intestin, on 
l’irrite, on le contond fortement par ces manœuvres réitérées 
et on le met dans des conditions bien défavorables pour l’opé¬ 
ration. Ce fait avait déjà été signalé par Desault et un grand 
nombre de chirurgiens après lui. 

N’avant point réussi à faire rentrer la tumeur, je me décidai 
à l’opération. Sachez qu’en pareil cas on est trop souvent porté 
à temporiser, et que l’opération a d’autant plus de chances de 
réussite qu’elle est pratiquée plus tôt. La peau incisée avec le 
tissu cellulaire et le fascia sous-cutané, j’arrivai dans i’inté- 
rieur d’un kyste rempli de matière filante. Il n’est pas rare, 
dans les hernies, d,e trouver de ces kystes communiquant ou 
non avec l’intérieur du sac herniaire : ici il étmt tout à fait in- 


dépendant. Le deuxième temps de l’opération fut consacré à l’ou¬ 
verture du sac herniaire. Enfin je passai au troisième temps, 
au débridement. Dans les hernies crurales, on ne peut débri¬ 
der, ni en bas à cause de la partie osseuse qui ne s’y prêterait 
guère, ni en haut à cause du cordon testiculaire chez l’hom¬ 
me et du ligament rond chez la femme qu’on serait exposé à 
léser avec l’artère plus ou moins volumineuse contenue dans 
chacune de ces parties, ni en dehors à cause de l’artère épi¬ 
gastrique. J’ai vu un chirurgien distingué qui, dans je ne sais 
quelle préoccupation d’esprit, opéra le débridement en ce der¬ 
nier sens : une hémorrhagie en fut la conséquence et fit périr 
le malade. Dupuytren avait donné le conseil de débrider en 
haut et en dehors; il serait assez difficile de dire sur quelle 
base il fondaitsa conduite. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’une 
pareille manière de faire expose aussi à léser l’artère épigas¬ 
trique. Reste donc le débridement en dedans : c’est le seul 
vraiment rationnel et celui que je mis en usage. Je fis tendre 
le sac herniaire par des aides à l’aide do pinces, afin que le 
manche dq bistouri ne fût arrêté par aucune duplicaiure; je 
glissai ensuite l’instrument sur la pulpe du doigt indicateur 
dont l’ongle était arc-bouté conlfe le bord interne de l’anneau. 
Le débridement fait suivant les règles ordinaires, je cherchai 
à attirer l’intestin au dehors par des tractions légères, pour voir 
s’il ne présentait pas quelque altération à l’endroit de la con- 
striction. Je vous recommande toujours cette règle de con¬ 
duite, car elle peut éviter la réduction d’un intestin frappé de 
gangrène en un point qui serait resté d’abord inaperçu. Dans 
le premier moment, je n’avais rien trouvé qui pût me faire 
soupçonner un état aussi grave, et j’allais réduire, quand tout 
à coup j’aperçus , et bien heureusement pour la malade, un 
petit point gangréneux et une éraillure légère. Vous devez 
comprendre combien cette circonstance fut heureuse: un 
épanchement dans le péritoine et une péritonite extrêmement 
grave seraient survenus, et la mort ne se serait pas fait atten¬ 
dre plus de cinq à six heures. Il est probable qu’ici, l’altéra¬ 
tion était la conséquence des manœuvres faites en ville sur 1^ 
tumeur. 

L’intestin fut repoussé presqu’en entier dans l’abdomen , à 
l’exception du point malade ; la petite ouverture fut légère¬ 
ment agrandie, et une sonde introduite pour faciliter l’écou¬ 
lement des matières au dehors. 

Depuis l’opération, la malade continue à être dans uu état 
satisfaisant, et les matières fécales coulent librement par 4 
sonde. Je dois dire pourtant qq’au troisième ou qualrièmé 
jour, il y a eu de légères coliques, un peu de météorisme du 
ventre, et que les matières ont paru s’arrêter ; mais ces symp¬ 
tômes ne vous effraieront pas plus qu’ils ne m’ont effrayé 
moi-même quand vous saurez qu’ils sont le résultat du gon¬ 
flement inflammatoire de l’ouverture intestinale, gonflement 
inévitable à cette époque. Bientôt tout est rentré dans l’ordre; 
l’ouverture a continué à donner issue aux matières slercorales, 
et à l’heure où je vous parle, huit jours environ après l’opé¬ 
ration, la malade a déjà rendu quelques gaz et une petite 
quantité de matières par l’anus. En effet, il n’y a eu qu’un 
petit point de la paroi intestinale détruit, l’éperon est très 
peu saillant, et il est très probable que la plaie intestinale 
va se fermer peu à peu, que peu à peu aussi la quantité de 
matières fécales coulant par la plaie deviendra moins considé¬ 
rable, et qu’enfin la malade sera délivrée de cette infirmité 
dégoûtante et si pénible pour les malheureuses qui en sont 
affectées. 

Hernie inguinale droite étranglée. Etablissement d'un anus 
artificiel. Considérations sur rentérotornie. 

Au n° 32 de la salle Saint-Jean, est couché un jeune 
homme entré dans nos salles ponr une hernie inguinale du 
côté droit. Il portait cette hernie depuis plusieurs années, et 
ne l’avait jamais contenue par aucun bandage. Elle sortait et 
rentrait facilement, quand un jour il s’aperçut qu’elle n’était 
plus réductible et qu’elle occasionnait de la douleur. Bientôt 
il survint des coliques, des nausées, des vomissements, et 
tout le cortège de symptômes qui accompagnent l’étrangle¬ 
ment des hernies, et quand je vis le malade l’opération était 
dévenue urgente. Elle fut pratiquée de suite ; malheureuse¬ 
ment l’intestin élaff gangrené dans une assez grande étendue, 
et il me fallut créer une onvçrinre pour introduire une sonde. 
Immédiatement les matières fécales s’échappèrent, et le malade 
fut sensiblement mieux. Les jours suivants, pas de nouveaux 
accidents ; à part l’exislen.ce de l’ouverture intestinale, tout 
était dans l’état le’pliis s'âllsfaisant possible. Je dirai seule¬ 
ment qu’un peu au-dessus de cette ouverture, il s’en est formé 
depuis une autre plus petite; elle résulte certainement d’un 
petit point gangréneux de la paroi intestinale qui s’est déta¬ 
ché et s’est ouvert uqe issue à l’extérieur, ce qui prouve com¬ 
bien nous avons eu raison de pratiquer un anus artificiel. 

Vous avez dû remarquer combien, depuis l’opération, no¬ 
tre malade est tourmenté par la faim ; il me réclame sans cesse 
des aliments. Vous avez pu voir aussi qu’il maigrit considé¬ 
rablement. Cette circonstance donne à penser que la hernie 
était formée par la partie supérieure de l’intestin grêle. Les 
substances alimentaires ne parcourant qu’une portion très li¬ 
mitée du courant intestinal pour gagner l’ouverture anormale 
située très haut, sont loin d’être dépouillées complètement des 
matériaux nutritifs qu’elles contiennent, et les perles de l’or¬ 
ganisme ne peuvent être suffisamment réparées. A cause de 
cela, j’ai dû hâter une opération que je n’aurais faite qu’un 
peu plus tard , alors que la rétraction du mésentère aurait 
fait rentrer en partie dans l’abdomen l’anse intestinale her¬ 
niée, et rendu l’éperon de beaucoup moins saillant. Je veux 
parler de l’opération de l’entérotomie. Mais pour vous mettre 
à même de bien ccwnprendre cette opération, il faut vous dire 
quelques mots et de l’instrument dont on se sert, et'des par¬ 
ties sur lesquelles on agit. Voyons d’abord ce qui a rapport à 
ce dernier point. Vous savez qu’une anse intestinale herniée 


est composée de deux moitiés ; elles commencent toutes deux 
à l’ouverture herniaire, où elles se continuent, l’une avec le 
bout supérieur, l’aiitre avec le bout inférieur de l’intestin, 
tandis qu’elles se terminent vers le sommet de l’anse intesti¬ 
nale, où elles s’abouchent l’une dans l’autre en même temps 
que leurs parois contiguës forment un angle ouvert en arrière 
et saillant en avant : c’est cet angle qu’on désigne sous le nom 
d’éperon ; c’est lui qui empêche les matière fécales de passer 
du bout supérieur dans le bout inférieur; c’est lui enfin qu’il 
fallait détruire chez le sujet soumis à notre observation. Quant 
à l’instrument usité pour cela, contentez vous, pour le mo¬ 
ment, de savoir qu’il est désigné sous le nom d’entérotome, 
et qu’il est formé de deux branches articulées entre elles 
comme les branches d’un forceps, terminées à l’une de leurs 
extrémités par des plaques armées de dents, qui peuvent s’en¬ 
grener les unes dans les autres, faciles d’ailleurs à rapprocher, 
à serrer plus ou moins fortement à l’aide d’une vis de rappel 
située à l’autre extrémité. 

Quelqu’un de vous se demande peut-être à quoi bon un 
instrument si compliqué, quand on pourrait tout simplement 
couper l’éperon avec des ciseaux; mais en agissant ainsi, 
on aurait à craindre l’épanchement des matières dans la cavi¬ 
té abdominale, puisque les parois de l’éperon sont seulement 
contiguës. L’usage de la pince entérotorae éloigne cet incon¬ 
vénient. On introduit l’une des branches dans le bout supé¬ 
rieur de l’intestin, l’autre branche dans le bout inférieur, on 
les serre ensuite au moyen de la vis de rappel dont je vous ai 
parlé, de manière que les plaques dentelées puissent pincer 
plus ou moins fortement les parois de l’éperon ; une inflam¬ 
mation plus ou moins vive en est le résultat ; les parties sou¬ 
mises à l’action de l’instrument se gangrènent, et autour de 
l’eschare se fait un épanchement de matière plastique qui 
s’organise et établit des adhérences protectrices. Remarquons 
toutefois qu’on ne doit pas serrer trop fort les branches de 
l’instrument. A part d’autres inconvénients dont je vais par¬ 
les dans un instant, l’eschare pourrait être formée et déta¬ 
chée trop rapidement, et avant que les adhérences fussent, as¬ 
sez solides pour résister à une distension un peu forte de l’in¬ 
testin ; alors l’épanchement dans le péritoine aurait lieu faci¬ 
lement. 

Vous voyez que l’entérotomie n’est pas sans danger; l’in¬ 
flammation, limitée d’abord aux parois de l’anse intestinale 
herniée, a d’ailleurs de la tendance à envahir tout le péritoine 
de la cavité abdominale, et le malade est encore en danger de 
mort. Mais ces accidents arrivent encore bien moins souvent 
qu’on pourrait le croire. Pour mon compte, j’ai déjà appliqué 
la pince entérotome chez sept malades, et tous sept ont guéri 
sans malheur. 

Pour en revenir à notre sujet, j’ai donc appliqué la pince 
entérotome ; aussitôt qu’elle a été serrée, est survenue une 
douleur très vive s’irradiant dans l’intérieur du ventre. Cela 
ne doit pas vous étonner, puisqu’on serrant les parois de l’in¬ 
testin on produit uu étranglement qui, sans être comparable 
en tout point à rétranglement herniaire, n’est cependant pas 
sans présenter avec lui une certaine analogie. Dans quelques 
cas, l’eniérotome détermine des nausées, des vomissements 
violents ; la douleur est intolérable : on doit se hâter alors d’en¬ 
lever l’instrument. Pour éviter de pareils accidents, j’ai di¬ 
minué un peu la pression chez notre malade, et la douleur a 
diminué d’autant. J”ai pensé qu’elle cesserait complètement 
dans la journée, à mesure que l’intestin s’habituerait à la pré¬ 
sence de l’instrument, et j’ai fixé ce dernier de manière à l’em¬ 
pêcher de vaciller. Toutefois, à moji départ, recommandation 
a été faite de l’enlever si la douleur redevenait plus vive et 
s’il survenait des vomissements. 

Le lendemain, à la visite, l’entérolome fut trouvé en place. 
Les douleurs avaient complètement disparu, ou à peu près, et 
les matières fécales étaient sorties en filant sur le côté des 
branches de l’inslrumenl. La pression fut augmentée, et aus¬ 
sitôt le malade d’accuser une douleur vive ; mais bientôt il a 
cessé de se plaindre, et il y a tout lieu de croire que désormais 
l’eschare va se former et les adhérences s’établir tout autour. 
Quand l’escharre se détachera, nous on serons avertis par cette 
circonstance, que la pince entrera plus avant dans l’intestin. 
Nous verrons aussi les matières fécales et des gaz soriir par 
l’anus. 

Aujourd'hui, 20 novembre, trois jours après l’opération, 
tout va bien ; il n’y a pas de gêne, pas de douleur, pas de tu¬ 
méfaction, et le malade me tourmente pour avoir des aliments, 
mais je ne lui accorderai que des bouillons pendant sept ou 
huit jours encore. Vous pensez bien qu’en lui donnant des 
aliments solides, les matériaux, résidus de la digestion, vien¬ 
draient se heurter contre les mors de l’instrument, et déter¬ 
mineraient peut-être une chute prématurée de reschare. Je 
vous ai dit plus haut quelles pouvaient .être les conséquences 
de cet accident. D....F. 

REVUE DES JOURNAUX DE SIÉDECINE. 

GAZETTE MÉDICALE DE PARIS. N» 52. (1848.) 

Recherches sur la transmission des hydatides par contagion ; 

par le professeur Klencke , de Braun^cbweig. 

Ce iDéaaoire est extrait de VArchif fs» die gesammte medicin. 
Nous ne (tonnerons de ce mémoire que U partie vérilablement neuve , 
celle qui a trait aux expériences de l’auteur sur les hydatides, consi¬ 
dérées comme principe contagieux animé. 

Fausse hijdalide. Pour étudier la faculté reproductrice de cette es¬ 
pèce, je fis choix, dit l’auteur, de deux jeunes chiens et de deux jeu¬ 
nes chats, et je leur injectai dans la cavité ahdiMuioale, au moyen d’un 
trocart, de l’eau tiède contenant de ces hydatides, que je venais de 
recueillir dans le cerveau frais d’un cadavre humait). Après l’injection 
j’eus soin de fermer avec précaution l’ouveiture. L.es aiiimaux ne pa¬ 
rurent pas souffrir beaucoup de cette opération ; iis furent fendus à 
leurs mères. Ils se développèrent parfaitement. Au bout de trois mois 
je trouvai, en examinant l’abdomen, et partant de la plaie de la ponc¬ 
tion, 1“ une adhérence de la séreuse pariétale avep l’épiploon , au ni¬ 
veau de la plaie; sur cette adhérence, aussT bien que sur la face in- 













— 8 — 


terne du péritoine, au voisinage de la cicatrice, existait cliez les deux 
chiens et chez l’un des chats un très grand nombre de fausses hyda- 
tides. Chez l’autre chat, chez Irqiiel il n’y avait point d’adhérence, il 
n’y avait aucune trace de ces productions au voisinage de la cicatrice, 
tandis que la tunique péritonéale de la vessie on trouve une masse de 
fausses hydatides faisant saillie dans l’abdomen. 

Je pris de très petites cellules hydatiques dons le plexus choroïde 
d’un homme et les inocnlai dans l’orhite d’une vieille poule. Les ac¬ 
cidents inflammatoires s’étaient dissipés le huitième jour. Au'bout de 
treize semaines tout le côté externe de l'orbile était tuméfié et l’oeil 
dévié en dedans. A l’autopsie, on trouva l’orbite rempli d’une masse 
cellulaire contenant un très grand nombre de fausses hydatides. 

Toute la couvée de ces hydatides fut injectée dans la veine fémorale 
d’un jeune chat. Au bout de trois semaines, l’animal devint morose, 
somnolence habituelle. A l’autopsie on trouva dans le cœur, et notam¬ 
ment dans l’orifice auriculo-ventriculaiie droit, un précipité fibrineux 
et gélatineux contenant une innombrable quantité de fausses hydatides. 

Excessivement communes chez l’homme , les fausses hydatides pa¬ 
raissent être plus rares chez les animaux. Les expériences ont appris 
à l’auteur que la transmission des hydatides s’opère plus facilement 
quand l’espèce animale inoculée ne s’éloigne pas trop de celle qui a 
fourni le parasite. Elle réussit difficilement de l’homme aux oiseaux , 
et jamais de l’homme aux reptiles, tandis qu’elle réussit quelquefois 
des oiseaux aux reptiles. De sorte que l'on peut les transmettre de 
l’homme aux reptiles par l’intermédiaire des oiseaux. 

Quant h ses expériences sur les acéphalocystes et les échinocoques, 
un premier fait, qui paraîtra important pour l’explication de bien des 
phénomènes, c’est qu’il a trouvé des acéphalocystes dans le lait de 
vache, et à côté d’elle, nageant dans le sérum, il a retrouvé les petits 
ovules que l’on rencontre dans le corps de ces animaux. D’un autre 
côté , on trouve journellement dans la chair et le sang des animaux 
des acéphalocystes et des ecchymocoques, et si la cuisson ne délruisait 
ces hydatides , on serait continuellement exposé è la contagion. Une 
autre question , c’est de savoir si les forces digestives ne les détrui¬ 
sent point. Dans le but d’éclairer ce point, il fit l’expérience sui¬ 
vante : 

Il plaça des échinocoques adultes dans le suc gastrique d’un chien 
et dans ceiui d’un homme. Au bout de trois heures, les parasites pa¬ 
raissaient morts. Après les avoir bien lavées dans l’eau tiède , il les 
inocula dans le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse d’un jeune 
chat. D’un autre côté, il plongea des échinocoques nans du suc gastri¬ 
que étendu de moitié d’eau ou de lait. Il les inocula à nu jeune chien 
en fendant la paroi abdominale jusqu’au péritoine, sans ouvrir ce der¬ 
nier. Il plaça sur le péiitoine même deux de ces parasites. Au bout de 
trois semaines , il retrouva les deux échinocoques notablement modi¬ 
fiées. Elles s’étaient transformées en vésicules, recouvertes à leur face 
extérieure d’uue multitude de bourgeons et de cellules isolées, suppor¬ 
tées par des pédicules. 

De l’ensemble des expériences de l’auteur, il résulte: 

1“ Que dans toutes les hydatides on ob.serve une reproduction cys- 
sipare et ovipare 

2“ Qu’il y a de fausses hydatides qui se propagent par^blastidie. 

3“ Que toutes les hydatides se transmettent d’organisme à orga¬ 
nisme, et comme on les trouve dans nos aliments fluides et dans les 
chairs des animaux, elles peuvent être transmises par infection. 

4“ Que les acéphalocystes ne sont pas distincts des échinocoques, 
ce ne sont que des œufs de ces derniers avec ou sans coquille mère. 

5" Que le torrent de la circulation sert à répandre les hydatides, 
quelle que soit la voie par laquelle elles ont pénétré dans l'économie. 

6° Qu’il existe dans l’organisme des agents et dans la matière médi- 
dicale des substances qui peuvent détruire les hydatides. 


Nous avons reçu et nous publions aujourd’hui une lettre de M. Oui- 
mont, relative aux prix des internes. Avant son insertion, M. Oulmont, 
par un avis fort sage, a été invité à soumettre la contestation actuelle 
à des arbitres amiablement nommés, qui auraient eu à apprécier si le 
feuilleton de ce Journal du 28 décembre dernier avait rapporté inexac¬ 
tement tes faits, comme M. Oulmont l'en accuse. M. Oulmont n’a ac¬ 
cepté cet arbitrage qu’à la condition de l’insertion préalable de sa lettre. 
Cette condition équivaut pour nous à un refus, car M. Oulmont de¬ 
vait certainement prévoir, et il en a été du reste très nettement averti, 
que l’insertion de sa lettre entraînait nécessairement pour nous le 
droit d’examen et, de réponse, s’il y avait heu ; que dès lors l’arbitrage 
devenait inutile, puisque les pièces du procès allaient être portées de¬ 
vant le pubiie. M. Oulmont a persisté dans son désir, auquel, dès lors, 
nous n’avons pas cru devoir refuser satisfaction. 

Mais, en même temps, et pour être juste envers tous, et surtout en¬ 
vers l’auteur du feuilleton, qui soutient l’exactitude de ses renseigne¬ 
ments; pour ne pas pruloiiger une polémique sans résultat possible, 
nous avons dô demander des explications à M. Richet lui-même, et 
nous lui avons communiqué la lettre de M. Oulmout, en le priant de 


nous donner ses explications propres. La iettie de M. Richet suit celle 
de M. Oulmont, le public a ainsi les deux opinions sous les yeux ; 
qu’il juge. 

Monsieur le RédacteiirT 

Le feuilleton de la Gazette des Hôpitaux ia 28 décembre contient, 
à propos du concours pour le prix des internes, quelques assertions qui 
me touchent de près, et auxquelles je suis obligé de répondre. On 
vous a dit que M. Richet avait obtenu 36 poinis, et M. Oulmont 34 
1/2. Cela est inexact. Le jury n’a donné des points que pour l’épreuve 
orale et l’épreuve écrite. Les points à donner pour les mémoires avaient 
été proposés par les rapporteurs, admis seulement à titre provisoire ; 
mais non discutés, encore moins adoptés par le jury. 

On vous a dit que M. Richet, par générosité pure et aussi parce 
que ses fonctions de prosecteur eussent été incompatibles avec les 
fonctions d’interne, aurait proposé au jury de partager le prix entre 
son collègue et lui. Il y a là plusieurs inexactitudes. Les fonctions de 
prosecteur s’allient parlaitement aux fonctions d’interne. En outre, M. 
Richet, pour céder la moitié de son prix , rôt dû être certain de l’a¬ 
voir; et tout le monde sait qu’avant le vote définitif, personne, pas 
même les membres du jury, n’a de certitude à cet égard. 

La vérité est, Monsieur, qu'avaiit les deux dernières épreuves, il a 
été question entre M. Richet et moi de demander le partage du prix, 
si ie concours nous plaçait en première ligne ; que plus tard, les chan¬ 
ces paraissant très incertaines entre nous deux, nous nous accordâmes 
l’un et l’autre pour ne pas perdre ce que chacun de nous désirait le 
plus obtenir , lui la médaille d’or , moi les deux années d’internat. 
Nous allâmes ensemble faire près des juges les démarches nécessaires ; 
et Vex œquo était d’ailleurs si bien dans l’esprit du jury, qu’il fut voté 
à l’unanimité. Je puis sans doute invoquer ce fait, qui est connu de 
M. Richet aii.ssi bien que de moi. Peut-être même , Monsieur , si vous 
vouliez bien vous enquérir des impressions de chacun des juges, trou¬ 
veriez-vous que la générosité u’a pas été si clairement du côté qu’on 
vous avait dit. Mais en réalité, il n’y a eu de générosité d’aucun côté, 
il y a eu pacte accepté de bonne foi, tenu de bonne foi, et je ne sau¬ 
rais penser que M. Richet soit entré pour quelque chose dans les ex¬ 
plications inexactes qu’on vous a données. 

Je connais assez votre impaitialilé, Monsieur le rédai teur, pour être 
certain que vous insérerez ma réclamation dans votre pmchaiii numéro. 

Recevez, etc. Oulmont. 

Paris, 29 décembre 1843- 

Monsieur le rédacteur , 

Vous avez eu;ia bonté de me communiquer la lettre de M. Oulmont ; 
voici la réponse que je crois devoir y faire : 

r M. Oulmont dit qu’il est inexact que j’aie obtenu 36 points et 
lui 34 1/2. Une simple addition suffira , je pen^e , pour mettre les 
choses hors de doute. Dans l’épreuve oraie , M. Oulmont a obtenu 7 
points 3/6, plus 12 pour la question écrite, plus 15 pour le mémoire. 
Or, 7 3/6 -i- 12 -f- 15 = 34 3/6. 

Quant à moi, j'ai obtenu 10 points pour l’épreuve orale , 11 pour 
la question écrite et 15 pour mon mémoire. Or, 10 -i- M -(- 15 = 36. 

Donc votre feuilleton. Monsieur, a eu raison de dire que j’avais été 
supérieur en points à mon compétiteur , puisque 34 3/6 n’équivalent 
pas à 36. 

Maintenant, M. Oulmont prétend que les points accordés aux mé¬ 
moires et dont le maximum avait fixé à 15 , n’étaient que provisoires. 
Provisoires, dites-vous ? Ils l’étaient donc pour nous seulement, puis¬ 
que nos collègues, tant de la première que de la deuxième série, ont 
été jugés avec ces mêmes points. Et d’ailleurs, j’ai, toutes les épreuves 
étant terminées, interrogé les juges pour savoir si, après avoir pris une 
connaissance plus approfondie et définitive de nos deux mémoires, ilsr 
nous conservaient le même nombre de poinis , et quatre d’entre eux 
(je n’ai point consulté le cinquième) m’ont répondu affirmativement. 
Je vous adresse. Monsieur, comme preuve de ce que j’avance, la lettre 
que j’écrivis à trois de ces messieurs avant le scrutin , pour leur ex¬ 
pliquer les motifs qui m’empêchaient d’accepter l’épreuve supplémen- 

Voici cette lettre : 

Monsieur, 

L’obligeance que vous avez mise à m’écouter lors de la visite que je 
vous fis il y a quelque temps, m’engage à vous soumettre la résolution 
que je viens de pri-ndre. 

Vous vous rappelez sans doute que ce fut avec le plus grand plaisir 
que je consentis au partage du premier prix, mais que tout en adhé¬ 
rant à ce partage , je vous demandai quelles seraient vos intentions 
dans le cas où le conseil n’accepterait point la proposition qui lui était 
soumise. 

Votre réponse fut qu’étant numériquement supérieur, le résultat ne 
pouvait être douteux pour moi. 

Or, le conseil ayant cru ne pouvoir diviser le prix, et nous croyant 


d’ailleurs parfaitement ex œquo, nous appelle à une épreuve suppi^ 
menfaire. 

Cette nouvelle épreuve me semble remettre en question ce que vouj, 
même aviez liéjà décidé. 

Eu conséquence, après avoir pris l’avis de personnes dont les coj. 
seils sont pour moi des ordres, je ne puis et no dois i’accepter. 

Ce n’est pas sans un vif regret que je me suis déterminé à cefij 
résolution, qui, j’ose l’espérer , ne pourra me nuire dans votre esprit, 
je ne fais que consacrer un principe de justice que mieux que moi sanj 
doute, Monsieur, vous saurez apprécier. 

Agréez, etc. 

Paris, 24 décembre 1843. 

Il est facile de voir, d’après cette lettre, que ces messieurs, lors de 
la visite que je leur fis , avaient jugé définitifs les soi-disant poio(, 
provisoires, puisque je n’avais été les voir qn’après toutes les épreuves 
subies. 

2» M. Oulmont prétend qu’il n’y a point eu de ma part concessiim, 
et partant point de générosité à demander le partage du prix, puij. 
qu’avant le vote définitif, personne, pas même les membres du jory^ 
ne savent ce qui doit advenir. 

Si les choses s’élaient passées telles que le dit M. Oulmont, et avec 
la couleur qu’il leur donne , sans doute il n’y aurait eu que pari ac- 
cepté de bonne foi et tenu de bonne foi. 

Mais pour être tout à fait exact, mon coliègue aurait dû dire quj 
tout en convenant, dès le début du concours, de demander le partage 
du prix, nous avions ajouté : Si toutefois, d’après ies épreuves , il y 
avait égalité. 

Or, je le demande au public , juge impartial en pareille matière, y 
a-t-il eu égalité? En un mot, 34 3/6 équivalent-iis à 36? Non , sanj 
doute. Donc, en demandant le partage du premier prix, auquel j’avaij 
droit par ma supériorité numérique, je faisais une concession. Donc 
votre feuilleton du 28 décembre a encore eu raison de dire, M. Ij 
Rédacteur, que c’était moi qui avais proposé le partage du prix, et que y 
par conséquent j’avais fait une concession. Voilà , Monsieur, quelles 
sont les objections que j’avais à faire à ia lettre que vous a adressée 
M. Oulmont. J’ajouterai , seulement pour être complètement exact, . 
que les fonctions de prosecteur ne sont point, par le réglement , in. ,! 
compatibles avec celles d’interne ; mais qu’il est très pénible, sinoa | 
impossible, de remplir exactement l’une et l’autre place, la préparatiou 5 
du cours d’anatomie de la Faculté devant se faire le matin, à la même f 
heure , où se fout les services dans les hôpitaux. Je pense donc que j 
par le mot incompatible, votre feuilleton a seulement voulu parler de , 
la difficulté qu’il y avait à faire à la fois un service d’interne et celai 
de préparateur des cours. 1 

Agréez, etc. Richet, 

Prosecteur à la Faculté de médecine. 


La Société royale de médecine de Bordeaux vient de tenir, le 23 
décembre 1843 , sa séance annuelle et publique. Elle avait posé au 
concours une question de haute importance et par elle-même et pat 
son actualité ; « De l’inlluence des divers systèmes pénitentiaires, et 
eu particulier de l'isolement sur la santé des prisonniers, considérée 
tant sous le lapport physique que sous le rapport moral. » Elle a ac. 
cordé , ex œquo , une médaille d’or et le titre de membre correspou. 
dant à M. Varrentrapp, médecin en chef de l’hôpital du Saint-Esprit, 
à Francfoit-siir-Mein, et à M. Emile Chaulfard , interne des hôpitaux 
de Paris. Elle a , en outre , décerné une mention honorable à M. le 
docteur Gerbaud (de Lyon), et à M. Niboyet, secrétaire-général du bu¬ 
reau de bienfaisance et de la Société de la morale chrétienne. 

Aliment ferrugineux. 

De toutes les préparations de fer usitées en médecine, celle qui est la 
plus préférable au goût est sans contredit le Chocolat ferrugineux h 
M. Colmet, pharmacien à Paris. C’est une idée heureuse et féconde en 
résultats hygiéniques qu’a eue cet habile pharmacien lorsqu’il a conçu 
la combinaison d’une poudre de fer très active avec de bon chocolat 
pour en composer un aliment médicamenteux facilement supporté par 
les estomacs même fatigués et délabrés. Nous le recommandons avec 
plaisir à nos confrères. Propager la connaissance de moyens pharma¬ 
ceutiques préventifs nouveaux et si utiles chez les femmes , les jeunes 
filles et les enfans lymphatiques, c’est aller au-devant du mal, et, au¬ 
tant que possible, le prévenir et ie combattre avec succès. 


Les remerciements que nous adressent toutes les personnes que nous 
envoyons chez madame Breton, nous font un devoir de recommander 
de plus en plus l’usage de ses Bouts de sein et Biberons en teline. Les 
nombreuses médailles qui lui ont été accordées ssnt des preuves irré¬ 
cusables de la supériorité de son invention. 


Spécialité des Chocolats Médicinaiïx. 


butte, 

Les six boites. 19 fr. 50 c. 

3“ Le Chocolat rafraîchissant au lait d’amandes ; 
prix, les 500 grammes, 4fr. | 

Le paquet de 3 killog., 21 fr.| 

4“ Le Chocolat analeptique au salep de Perse 


M. COLMET D’AAGE, pharmacien, encouragé par 
la faveur que MM. les Médecins accordent aux produits 
de sa fabrique de chocolats, vient d'établir, à la suite 
de sa pharmacie, des mécaniques en fer poli, une pi- 
lerie à trois pilons et sur pivôt, et une broicrie à trois 
cylindres coniques, et mues par un manège; elles fonc¬ 
tionnent tous les jours. 

Aujourd’hui, il peut combiner en deux heures tou¬ 
tes espèces de Chocolats médicinaux. 

Ces mécaniques résolvent le problème si long-temps 
cherché, propreté dans la manipulation des pâtes, 
exactitude dans le broyage. 

A la pharmacie, rue Neuve St-Merry, n» 12, à Pa¬ 
ris, on trouve préparé d’avance : 

1° Le Chocolat ferrugineux, dont il est le seul pro¬ 
priétaire ; prix en tablettes, les 500 grammes, 5 fr. 

Par paquets de 3 kilog., 27 fr. 

2® Pour les enfants, les Bonbons ferruginenx, par 

DEPOTS dans les Pharmacies principales de France et de Pétrange 

Exiger la Notice sur les chocolats médicinaux. 


5® Le Chocolat pectoral, au baume de Tolu; prix, 
s 500 grammes, 4 fr. 

6° Le Chocolat à l’osmazone pour convalescents ; 
prix, les 500 grammes, 5 fr. 50 c. 

7° Le Chocolat sans sucre; prix, les 500 gr., 4lr. 
Avis. M. COLMET-DAAGE accordera à MM. les 
médecins, pour leurs malades chargés de famille 
peu fortunés, et sur une recommandation écrite e 
gnée d’eux , une remise de vingt pour cent sui 
prix de tous les chocolats médicinaux. 


SIROP 


Pharmacie JOHNSON, à Paris, rue Caumarlin, 1. 

DK POIIVTKS D’AüPKRCiESl DK 


Le rapport de MM. LODIBERT et MARTIN-SOLON à l’Académie royale de médecine. 

Sirop, fait par Johnson, est efficace dans ies Affections nerveuses (asthmes, palpitations), dans ies Irritations 
des organes respiratoires (rhumes, toux, catarrhes). Sa vertu bienfaisante sur les organes urinaires est notoire 


’WANINiEB père et Comp.. rue IVenTe-des-petitii-Cliampsy 28. 

CHOCOLATS DYimOllES Al) HOUBLON 011 AU NWIR. 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la valeur d’un litre d’infusion bien chargée. 


PARIS. — JMPRIMÏRIE BÉTHCNS ET PEON, BÜB DE YAÜGIRARD, 36. 


BREVET PROLONGE DE DIX ANS, 

A MADAME BRETON. SAGE-FEMME, 

Boulevard Saint-Martin, 3 bis, en face le Château-d’Eau, à Paris. 

Les Bouts de sein en tétine et Biberons de Madame BRETON, ex-répéti¬ 
teur et chef de clinique à ia Maison royale d’accouchemens, sont les seuls 1 
I qui aient obtenus des médaiiies aux expositions de 1827, 1834 et 1839. f 

Pour éviter la mauvaise contrefaçon, il faut exiger gratis, avec chaqui 1 
ippareil, l’Avis aux Mères, en 25 pages, qui indique les so'ns et alimem | 
dûs aux enfans. Les bouts de sein et biberons de Madame BRETON por- 1 
tent son nom. Elle reçoit des Dames enceintes à tout terme de la grossesse- 


Sirop éPJEcorces Or anges , 

TONIQUE ANTI - NERVEUX 

de LAROZE, Pharmacien, rue Neuve des Petits-Champs, 26, à Paris. 

Les succès du Sirop d’Ecorces d’Oranges (Curaçao de Hollande), dont la formule, toujours constante, a élé 
publiée, sont tellement soutenus, que journellement il est pre.scrit dans les Affections nerveuses vagues comme 
in puissant auxiliaire, et dans beaucoup comme uii Spécifique à peu près certain. Son action tonique et 
itoraacliiqiie est reconnue dans les Affections attribuées à l’atonie de l’eslomac et du canal alimentaire. Il 
peut remplacer avec avantage le Quinquina, le Columbo, la Rhubarbe, qui ne sont pas supportés également 
lar le malade. Les cas où l’expérience a constaté son action curative, sont les Aigreurs, ou Coliques d’eslo- 
nac, Mauvaise digestion avec mal de tête sympalliique, Absence d’appétit, Colique nerveuse. Gastrite. 


ILLUSTREE, 

RECUEIL DE SATIRES, 

Par F. FABBB ( bocéen et Boctear). 

Les deux volumes : Paris , 12 fr. 

Départements, 15 

Ei’onvrage est complet. 

Paris, au bureau de la Gazette des Hôpitaux, 
rue Dauphine, 22-24, 


UTdud’MCOIE 

utile aux malades, blessés, infirmes. — Béquilles, 
appareils à fractures. — Fauteuils mécaniques , cami- 
.sole de force, lits en fer de différentes manières. -- 
Vente et location. — Rue Thévenot, 10, 





























mardi 9 JANVIER 1844. 


Eta EttOi 



ï». 4. TOME VI. — 2» SÉRIE. 


'anfaiae 9 


GAZETTE DES HOPITAUX 


le Journal paraît lés Mardis,‘Jeudisi Samedis, 

Bureaux, rue Dauphine; 22:24. : , ■ 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-Sf-Jean, 3i 


; CIVILS-; ET MILITAllIÈS 


paris, 3. mois, 9 fr,; 6 ippis, IS ff.; u 
Départ-, id. 10,fr.; :id.^ 20.fr.; ■- 

Etranger, un. an, 45 fr,. , , 

.Annoncés, 75 cent, l'a ligne de 45 lettres. ' ; 


• • ' ' Sommaire." 

HÔprrAL DF, I-ouRClNE ,(M.'Hugiiier);' Leçons sut les maladie? non sy-, 
uhrlitiques îles organes génitaux de 3a femme, -T-,lîemaii|m s piaU 
mies sur les ulcérations du col de la matrice ;' nar.M. ram Imn. — 

■ Société médicale d’Emiilalion (6 liécembre). Causes mm .de- <1. la 
_ Eludes sur IVaii .le nu r. — Revue nES Journaux. - 

nal-de'médecine'de Bordeaux (uovemhre), C.uxstd. luiiom-j, jaii- 

• gués .sur la délivrance. - Applications de cautère.s S"*'*'-' 

. nos _Empoisonnement par l’eau de Javelle. — iNmive it.?. 

Jugement dans, l’affaire Gannal.;— Fisuilueton. Causeries .hnbdoma- 

HOPITAL de tOURCiNE. — M. HudDiER. 

iieconisur les maladies, non sf pliiÛtiqms des organes gériiiaux 
, ' delà femme. ; 

Les maladies des organes génitaux de la femme sont pont 
le moins aussi nombreuses, si elles né le sont pas dayaniage, 
quei celles des-mêmés organes chez rhonime. Toula la foiS, 
par' la conformation et la disposition ’de ces organes, du 
domaine de la'cbirurgte el-'de celui de'la médeGinq, il serait 
difficile , pour ne pas dire impossible de divi-ser ces mala¬ 
dies en médicales èi chirurgicales ; aussi nous garderonS- 

nou^ bien de,chercher', à établir une 'division de -ce genre. 
Nous suivrons plutôt un ordre ânatomo et physiologico-palhO|- 
logique, et nous diviserons les afféclions des organes.qui com¬ 
posent ' j’ap'pàreil génital ebèz la femnm, eh' trois grandes 

classes, queynons’ passerons'successiv'ément; en. revue dans 

çha,cune dés grandes sections de Tappareil : ' . • 

I. La vulve etle vagin; . ; 1 

, IL .L’utérus et ses'annexes; ' . ; 

III. Les mamelles. ' , 

Ces trois grandes classes comprennent : . . ; 

1“ Les, lésions de nutrition ;primordiale, anomalies pu viccs 
dq conformation ; ; ‘ : . ! I ^ 

2“ Lps lésions physiques ; , : : 

3° Les lésions vilales; ' ; ; , 'U 

i° Les lésions organiques,(cancers^ tubercules,, elc.;. ; 

' ' . ' l^ices de confonnaliàn. 

n est bien ènlendU: qii.e, dans la degcriplion des vices de 
conformation, - nbus' iTeiitr'erons pas dansles déiails nombreux 
bue coffiiiorieni les traités de,pathologie spéciale. Nous nous 
bornefOhs.à voü's isignal'cr les'principales espèces qui peuvent 
se présenté!- à votr'e observaiion,. insis|ant sur ceux dont nous 
pourrons \'oùs offrir des'exefnples parmi les malades aéluelle- 
menf dans nos-salles. ', . ■ 

Lesvicesdè'confol-màtiondela vulve et du vagm_peuvcnt 
être dés viéespar défaut oü des vices par ex.cès. Ainsi, par 
exfemple, la vulve peut mbnquèr dans une ou dans quelques- 


• :.WMMJÏÏÏÏj i 


CAÜSERIÉS HEBDOMADAIRES. : 

Les inforlunes de M. Gannal. — Lés tribulations ^jin bossiu’.-VL’A- 
icadémie deimédeeine belge, —i Désespoir d’uji journaliste.— Guerre 
jnlestine à Clnirènton. -f- Les entrepreneurs de biügiaphie.s; 

M. G'annal a mal commencé l'année. Le voilà condamné à payer les 
frais d’un procès qu’il n’aiirait pas engagé non plus, s’il ».vàit écouté 
Certains àvfs fort sages. Mon Dieu, qite le.s' bortimea sonfblén laujours 
les.artisans de'leurs propres douleiiis ! Rien n'est assurément plus 
éloigné de mop tempérament que d’aggavçr la iposîtion dluii homme 
vaincu;; ntaispeul-op s’çmpéclier de reoijiinaltre et de dirç qne;M. 
^Gannal à cherohë ce qui lui .arrive ? Pourquoi tout-ce bruit, cetb 
publicité" effrénée ,’ces r'écr'iaiinations ffilessant'es contre d’bonorabjes 
cpàfièfes .qui , obéissant à.lénréonscifencc oirà l'ordre des' familles , 
procédaient à l’embaumement par une autre méthode que-crlfe qu’il 
idisait sienne ? No pouvait-il pas prévoir qu’il amassait sur sa, tête ui; 
'.orage qui tôt ou lard devait cieverf Et cependant, cioyez-le. M. ,Gan- 
ual est loin d'élre un méchant liomme ; si je né voyais dans cellt 
affaire la consécration jii.liciaîfe d’un principe f.ivorablé à la digiiifr 
' du Corps médical, je. né me réjouirais,pas du résultat. Pourquoi ? pafct 
qu’au demeurant M. Gannal est nu homme bon , obligeant, serviabli 
e,t qun.qe connais.de lui/das faits but honorables qui me f.mbregretlei 
»'i mésaventure,. Du rç.ste, et c’est,ce qui;me console un;peu poijr IJii 
pour les esprits ainsi faits'une vive commotion morale n’entraîne ;iai 
de nécessité la paralysie ; battus sur im point, ils se relèvent jsur ui 
au,fre, et.si M; Gannal perd 'lé' moJiopOlè de Ifembauinement, soyez .sû • 
que vous, entendrez bientôt- parler d’nn autre'.. En cas de snccè-s ' 
que je, lui'souliàile, je lui recommande prudence et modération ..Il n’: 

: A pas eh ce monde de succès plus sùljde, plus durabje et p.lu^ réel Jqué 
le succès igijoaé. Qui trop haut fait claquer sonTunet, ameute les pasf 
lants’et .iévçille l’c'nvie,. Le,grand art dans la viç, c’est de savoir plrç 
heureux incognito, ‘ ‘ ' ' 1, ' ' ' i 

—‘On a beaucoop ri dans quelques'sajous médicanx des IrihiilationB 
d’un pauyre bossu qui, alrivê ji.Paris du,fond de la Guionne ,'tombé 
dans la capitale au beau milieu des circonstances que vous savez , eir- 
,constances for,t dé.so.bligeantes pour l’ortliO|iédie en général et pour une, 
entre autres, en particulier. Ce jeune homme avait été adressé à un 
de lios,confrères en très-grand renom, qbi dévajt le diriger dans l.e 


unes dé ses parties, constituantes; tantôt ce sera le clitoris,, 
tantôt les graqdcs lièvres, janiôu lés nymphes: J.a pacrabrané 
hyirjen eUe-même pourra manquer Coraplél'pnienl. Il faudra;- 
du reste, se [jaiiiler de cjuifondre ce; vice de'C()ii.foiraa,iion par 
absence co.ngïniale du da métiibram'; liy.iilen avec les' cas Dît 
soii ab.suiicè o.st lu résiiUa’. du Ja; iiui.s.tûrbaüoii oil.d’uii accii- 
dent. . , ,, , , 

Il est arrivé qucbiuefois que^par occlusion complète, .rurè- 
tre, oblitéré, ne présentât :pns Ittc Tnéat urinaire. iXa science 
lux'senle un certain iibimbre.de faits de cette,espèce.; Qn a vu 
quelquefois alors lies. eufants:nouvea;i-nés iiriùer, par l’ombilic,, 
mais ces .cas sont assez râres. Les casid’occlusion et .d’abseiicé 
létale de la vu'lv.e ne sont pas très fréquents ; .mpi.s;qua|)d ce 
vice dô: conformation se: présente, uii- raphéj rouge, ipégal, 
remplace la -fente.,vulvaire. On a vu dans certaines cirçonstan- 
cesle canal dè'.l’urètre.s’ouvrir dans le vpgin, et )é.vagin dans 
le r-«cium..;C’est alors par l’anus.que s!écoulent, avec les ma¬ 
tières fécales, et le sang des règles ot rui'ine,'lorsqu’uneopér 
ralion.,convenable n’a pas remédié à cptiè infirmité, ; 

Le vagin peut manquer dans,sa totalité, ; c’est-à-dife qu’il 
ppui y avoir absfence'.cora’plèlç de ce conduit, o.u seulement 
dans son ouverture inféüeuré. .Dans; les. deux pas, lejsang 
Uicusiruel ne peu h s’écouler au'dehors, s’.accpraole, dans la ca¬ 
vité; utérine,, et peut.dotjner lieu à un dévploppenient.plu? ou 
riioins Coinsidérable; de l’abdomen :et à des accidents ,S9uven,t 
très gravés.. Lorsque le vagifii est seuletnent oblitéré à son, ex|- 
irémité infé.rieure, un simple coup de bistouri suffit pour ré- 
4ablit'.rouvèrtijfe.:Mais;quand il .manque en .totalité, il esî plus 
difficile de remédicr'à ce vice dé conformation.:Cependant;, 
on a vu pratiquer avec.sii.ccès;un vt^ip anifici,el;,ch’.ez.de jeu¬ 
nes filles citez lesquelles il manquait. Enfin, dans dés cas où 
le vagin n’était qu’oblitéré inférieurement, on a vu ce canal 
s’ouvrir dans la vessie. , , , 

Au lieu de présenler l’alroiyhie que l’on remarque dans lés 
vices de conformation par défaut’,'et dlins la plupart des oc¬ 
clusions dont.nous venons de parler, les organes génitaux peu¬ 
vent présenter un défaut contraire et pécher par excès. Ces 
aliératlons'pdôvéht porter" sur Pupe des parties de la vulve 
seulement. l;In tléveloppement excessif des grandes lèvres, 
par exemple, qui sont anormalement allongées par eu bas, 
vice de conformation dont nous avons maintenant un exemple 
dans nos salles. Gel excès de développement des grandes lè¬ 
vres peut donner lieu à des pityriasis, à des eczéma, à des ir- 
.ritaiions déteræiijéqs par, le .froltqmeut de ces,organçs pen¬ 
dant la marche. , 

' Le clitoris et les p\:r ; l.csçon,tdans le même cas,.etsnscep- 
. tildes d’un très’.gi ajid,développement ï-’our le clilgrisj-'il peut 
: acquérir dé. le)l('S dinientions. qqe Pou a parlé, de dit,pris de 30 
cent:,dé longiiQur. Les peliteà lèvres S,ont souvent d’uqe lon¬ 
gueur anormale, priitcipalement .chez les fempie? lynipliati- 
qnescu scrofuleuses^'Danb* des ça;s «je cp genre les nymphes 
pendent énlrples grandes lèvres; |e frottemeiif produit par laj 


marche irrite et hypertrophie jes follicules qu’elles présentent 
et en changent raspect, L’excès de,développe,ment du clitoris 
porte le? femmes à l’abiis du coït, de la masturbation ; on 
possède des exemples de ce'.genre. ut des cas,dé guérison ob-- 
ledus par l’amputation de l’orgaiiu diyperlhrophié. Quelque¬ 
fois,' chez les enfants;, je dévubippumç.-it du clitoris a pu faire 
croire à rexisle|icu;,du sexe opposé. ' 

Le développement excessif et anormal des nymphes expose 
la femme, non-seuleinenl à des excoriàlions déterminées par 
le frottement, mais encore à une plus grande prédisposition à 
la contagion syphilitique. , ... 

Les. caroncules qui existent à l’entrée du vagin peuvent, 
compie les aq 1res parties’des organes génitaux,; prendre un 
accroissement, extraordinaire, à tel point qu’il est, arrivé qu’on 
ait pu les prendre pour des excroissances polypiformes. Ces 
excroissances défurnient les organes, 'gênent lé'.coït et l’émis-;- 
sion de l’u.rine. D.ugès et madame Boîvin rapportent un fait 
dans leque,! une caroneuîe atteignit le volume d’une petite 
poire de 5 centim. environ de ; longueur, et de 2 centïm. dè 
diamètre.,RL. Jlloreau en'a également observé unede 6 cent* 
de long.ueur, m'ais dii volume seulement du tuyau!d’une 
plume ci’otè. , i, . 

Si, abandonnant les parties externes de la génération, nous 
passons à l’examen des organes intérieurs, nous trouvons que 
le, vagin p’cst.pas exposé à des vices de confornaatioh moins 
fréquents. Comme ceux des organes précédents, nous les r-n- 
gepns èn (jeux classes ; l’une 'comprenant leà Rices de confor- 
njalion par excès, l’autre les vices dé confeirmatioh par défaut. 
Enfin’,,,une'.lroisième section pourrait comprendre les, anoma¬ 
lies du vagin’’ telles que, la ' disposition bifide,, sur , laquelle 
nous reviendrons pl.us au long. , ; 

Le, vagin peut, pçéséntér une longueur anormale, ce que 
l’on fi quelquefois trouvé provenir d’une adhérence dé l’utérus 
avç.c qublques-uns;des organes contenusidans.la cavité aMo- 
mi:nale,;;et:même avec,les, parois àe cette cavité pendant uùe 
grande dilatation de cet organe. Le-vagin peùt être double ; 


alors deux orifices utérins;, disposition do laquelle ' peuvent 
résulter deux fécondations, deux grossesses.: Ces cas, bous 
devons le dire,'sont excéssHement rares. 

11 arrive assez fréq'uemment que des adhérences des grati- 
dçs lèvres ont lieu^ qui sont dues à un trop grand développè- 
ment dé cçs orgàpes ;- mais cette disposition rentrant ‘plutôt 
dans les vices de cüof'ormàtion des'grandes lèvdes, no,ùs n!y 
deviendrons, point.,Il,'én est de même dés nÿmphes, (Jui, par 
leur adhéreiicé, peuvent oblitérer ,1a vulve. Quelquefois une 
’eioisdu'verticale,'une .sorte de'diaphragme, séparé èn deux 
portions la vessie,,-,perpmâiculaireraént à son grand axe. Une 
operatiôn; chirurgicale a pu remédier à cette confornaalion vi- 


eboix des hommes et des moyens à employer. Porfeiii- d’une lettre de 
son médecin, qui, ignorant les querelles parisiennes, recommandait 
cliaudemcut im certain établissement,' iiotre'bossu 'niettaU'Iè.côiifrère 
daiis-uii grandembai'iâs, car.il.nè voulait pas, Ü’ün.côté, lui commu¬ 
niquer les doutes qui. assiégeaient.sa conseiiiice;, et sa conscience; lu: 
déleiidaut, de l-’autie,.de.con.seiller un moyen dont.il.n’était pas sùr ;il 
s’eu, tira par .l’échappatoirn obligée detousles honimeS'timoVés, en en- 
.royant le»bossu dfiiuandéc xoiiseil auprèald’uii autre cohfrèée.; Crtui-ci, 
.homme: d’esprit,aperçut xifq le dangcrjdç la..situatij)ii, et y,eo;Jisa.ayec 
adresseiet même avec origiuabté. Môn amj,..Uii dit-il, allez deiiîain au 
Patais-dê-Juslfce ,,tâcliéz ;d’entrer à la 6« Cliâmbie, et venez: nie voir 
.aprè.s; Le bossu, -fort étonné que pour une affaire de médecine .on: l’.e.ii- 
.ïoyât au pqlais , 'revint chez . le.biçmiéi; confrèie lui rappinlér l’avis 
qu’il venait de recevoir. On vous a donué^un bon. conseil, lui dit le 
.confrère, et il faut le suivre. Le leiulemaio, lé bossu se rend en effet, à 
l’audience;' nj.ais:ia;sallg était qoinble,,et.i| étaitbieiidifttcile de.Re- 
.nélrer. 11 s’informa de la cause qùî.allifait un public aussi (lombreuX 
et en apprenant qu’il s’agit d’ürtbop'édie, il,s’écrie': C'e-.t mon affaire 
Le municipal se; méprenant, sut le sens de ,1’eXcIamatiuu , et croyant 
qu’un .bossu pouvait bieq être en èlTet. partie intéressée,dans, une af 
faire il’oitbopédie, lui qnvre la porte eu disant à l’audiencîér : c’est sa^n 
duule.un témoin. L’.aiidiencier n’en demande pas'plus long., et, san; 
s’mfiirmer davantage^ conduit notre, nauvre bossu, nun pas à l’audience, 
mais dans là petite salle adjacente destinée auv.témoins. en lui disant; 
Restez, là jusqii’a ce qu’un vuiis-appelle. Le rnalbeiireux y resta 
effet, depuis, dix Jieuies du iiiatiii jusqu’à six beuies du soir, .son ti 
ne vint jamais. A la fin il s’impatiente, il crie, 11 /lapué à la porte,, 
eu ne fut qu’après.expltcations qu il parvint aAppreii.dre le qui|-r.oqut 
de l’huissier et à.recouvrt-r sa.libeité. Furieux, il voulait poiter plain¬ 
te en Uélention arbitraire. Mieux coiiseiUé , il s’apaisa tl ae.i'fuit an 
plus ïilefde cette.cité inhospitabere ou il,ne pouvait tronver le redyes- 
.sement à'ses toï'is, et où i| lut victime de Joutes sortes.de mysfiflc,: 

• tiqns. ■ , :. , ■ , 

Là Belgique , nous, le savons tous , et messieurs Ie.s libiaires le sa 
vent éneore riiieux que nous; a une tendance irrésistible à imiler, '- 
ie mot est parlementaire, — fout.ee que fait sààclièiç .sœur là France 
.'Or,' la France aVait J’ineslmiable bonheur de posséder uiiu académie d, i 
.médmùne, et nosboiis voisuisiles Belges en éfuienl absolument pri 
vés. Je ne vo;us dirai pas tout ce que celte priyafimi occasipimaitid i 
raallie,urs à ce hou. peuple. Tant y a .que des voix éploiées.paryiiiren : 
jusqu’au trône, et que depuis bientôt deux an;s la'Belglqife n’a pluS .riei i 
à éiivier à taFrance à l’eiulioit.de l’Académie de médecine. Le roi Léo ■ 
pbld lui en a donné une bleu et dûment coiidili'oiiuée , qui foijcfiopn 
ni plus ni moins que sa consœur française. Il paraît même que d 
temps à autre Tes me'mbres de cette docte assemblée, qui ont leur nr 


viciât à faire en discussions scientifiques , poussent l’argumentation 
jusqu’aux limites voisines du grotesque; ce que la presse reproductrice 
fidèlè des séances académiques, a eu la maladresse de fiajre connaître 
dans les comptes-rendus, /nrfe'irœ. La docte compagnie s-est fâchée 
Jüut l'Qiige, èt coinme rien ulest aussi vaiiiteuf qu’un parvenu , elle a 
pris une mesure féroce envers les jqurnalisles,' en les expulsant de.Ja 
salie.des séances.'Vous conceviez tout ce-que ce coup.d’état aeadémi- 
qiie a' pu susciter (je léciiminations dans la presse et dans le public 
médical.,Eu France,, une mesure semblable perdrait inévitableme'nt 
1 Académie ; mais en France l’Açadémie a du bon sgns, et tandis qu’en 
Bêlg'(iue oh expulse les jouinajistes des sé -iices , k Paris oi| leur pné- 
■pai-e une ti ibiiBe commode, et il est fortement question de leur rendre 
la libre communication de la correspondance, et de favoriser de la nfa- 
iiièie la plus large la ppbjicité, devenue aujourd’hui- le besoin le plus 
irrésistible de toute institution Au lieu cfiniiter ce' libéral'exemplp , 
les a'caciémjçiens' belges ferment leurs portes; aux journalistes, ils pren¬ 
nent unè mesure rétrograde èt absurde 1 Que les journalistes les lais¬ 
sent faire, tel est mon avis; qu’ils organisent une petite conspiration 
,dii silcilcc, et ,il.s verront bienlôt .tous ces amours propres, tontes ces 
vaiùtés, Içules çcs. misères académiques venir tirer leurs sonnettes ,et 
leur demander en suppliant, ce qu’orgueilleusement et follement,its çe- 
fusent aujourd’hui. La presse n’a plus aujourd’bui.de couçessians à 
demander, elle n’a que des droits à faire prévaloir ou à-défendre. Que 
nos iconf ères belgçs se placent hardiment sur ce terrain du droit, 
qu’au lieu de transiger avec Cette intolérable prétention ,; ils ne disent 
lien, absobunen'.'iien de leur a,ca<iéiniè, ils la verront bientôt maudtia 
leur silence et en demandei la cessation. , 

. — Puisqu’il s.’agil de, journalistes beiges, il faut que je vous fasse 
coiinaîtie à quelle dure: e.xliémité eu a été lédgit l’un d’eux pour par- 
veufr il se faire payer le prix de sou.sciiptiqn par quelques-uns de ses 
abonnés. En iête du dernier numéro de l’année dernière, ont lit l’avis 
Éuivâiit. pour lequel tout commentaire serait inutile ;■ 

<1 Nous avons l’Iionneur.de prévenir MM: les docteurs De C -,,de 

Mald..... (Flandre-Orientale), Le...... pharmacien à Qu. (Hainant) 

et J? ., d’AUk.-lerGaiid , qge nous rqmmes décidés à avoir re- 

"côurs à M.'le juge-dc-paix de leur canton, si', d’ici à trois jpurs.Jls ne 
nous ont tait parvenir franco le montant de leur abonnement,'dent la 
quittance leur a été vainement présentée, , 

» JV. B. Afin que nos lecleiirs sachent que noyis n’ayons pas de sitôt 
peidu.;palieiice , nops leur dirons et leur monlrerons.au besoin , que, 
depuis la création de nos Annales , .il nous est ritonrné environ cent 
Cinquante quillances de la part de -médecins qui nous avaient donné 
tuule e.spèce de raisons pour tes considérer comme abonnés (ainsi que 
les. trois médecins ci-dessus qui ont signé sur le registre d’abonne¬ 
ment , accepté , comme prime ,. un exemplaire de noire Rapport.; et 

























— 10 


La nature esseniiellemont pratique de ces leçons, nous en- 


, un^ca^^ wrr .jv .■ 

fqt pratlwée pfflur y t^nf^r fgt 
„Uat -M 


rs, entra à l’hôpiial de Lourcine, salle Saint-Bruno, 
n» 18, la nommée Julie R..., âgée de seize ans, domestique, 
d’une bonne cotisiitülion, d’une bonne sanlé habiiïielle. Il y a 
onze ans, elle eut une variole légère, bien qu’éllé eût été vac¬ 
cinée. Elle n’a jamais été réglée ; mais depuis l’âge de onze a 
douze ans elle rend à peu près tous les mois une quantité plus 
ou moins considérable de sang par l’anus en allant à la selle. 
Cette évaquaiion dure pendant deux ou trois jours.- • . 

■Au mdià de décembre dernier,’ après avoir eu sucoessive- 
mpnt avec sept individus des rapports sexuels dans lesquels, 
l’a-cle de la Gopülâtron ne putêirë eniièrement consommé, elle, 
s’àperçut'qulelle (était atteinte d’unécdulement abondant, épais,■ 
qui tacbait son’linge eh jaune et causait des cuissons à la vul¬ 
ve. La marche était un peu dôuloureuse. Elle donna une bléri- 
horr-hagie à l’une des personnes qui la connurent. Getie der¬ 
nière circorist'ance, et l’extension de l’inflamniation du vagin â 
la vulve, ladéiérthinèrenl hivenir à Paris ppiir se faite tràiteiv 
Le 8 mars, à notre visite du matin, nous constatons l’état sui¬ 
vant -. état inflammatoire de toute la vulve, et en particulier 
des grandes lèvres.; les plis génito-cruraux sont le siège d’une 
doufeur éVythéraial'ense. Tin'écoulehieht- épais, blanc crémeux, 
s’écoulè d'u.vagin’et baigné, iioh-sèidernent la face interne, des 
lèvres,' mais encore lé périnée et sè.s environs. Aucunè sensi¬ 
bilité ânorniale du vagîp.' A 9 ou 10 cenlim. environ de son 
ôiiverlure, on aperçoit, à l’aide do spéculiim, que 1 ou lie peut 
jntro'duiré plusloin, une meïnbranèqui offre deux ouvertures, 
l’uiiè près de fa paroi inférieure du vagin, capable de recevoit 
l’extrémilé 'd’une glb-se’ plum-e';- de forme irrégulièrement 
ovalaire. Son grand diamètre, dirigé transversalement, a en¬ 
viron 7 millim. d’éiendu.e. - , , ‘ 

En élevant lé'spéculum, on aperçoit encore une autre ou¬ 
verture de 1 centuij. :de diamèite environ, et dont les bords, 
en avant, se rapprpchent dé là paroi sujiérieure du vagih. En 
arrière, ils sont séparés par la largeur de la membrane elle- 
même. Cellè-ci, ’dü reste, présente lè mèmè aspect que les 
parois du vagin. L’ouvertu'ré supérieure a son grand diamètre 
dirigé d’devant en ârrièTe, eji 'sens inverse du précédent. Par 
l’ouverture inférieure, sort un liquide jaunâiré absolument 
setpblable à celui de l’écouleibeht vaginal. Eh introduisant 
rçxfréjnité du doigt indicateur par l’ouverlurè supérieure, 
qui se laisse difficilement distendrè,'on arrivé dans une arrièré- 
cavii'é dans laquelle ou sent lé cold'e rujérus ; .mais il est irn- 
nossibie d’arriver jusqu’à son ouverture; Il sémMe qu’une 
membarné très mincé le recouvlfe. Lorsque l’on introduit le 
' doigt par l’ouvçrture supérieure, ètüne'sbhde par l’inférieure, 
pu ne pept sentir, lé contact de la soude imniédiateraent. Le 
doigt en est séparé par une memfiràne., Au-dessous'et en ar- 
’ rière àe cette ouverture i'nfèrieurç, le vagin présente une dé¬ 
pression , ou cul-de;sâc, formée aux dépens de sa paroi pos-, 
térieurq. Le doigt; introduit dans le cul dé-s'ac, qui a environ 
un-‘pouce d’éténidue, r,emonié au-dessus de la cloison dia¬ 
phragmatique,. Cefté dépression du col dé la. paroi postérieure 
•du vagin nqus parait êtré fç résultat des nombreux efforts qui 
'ont'été tentés pour consommer l’acte de la copulation. 

Le Ib-mars, on agrandit l’ouverture supérieure de la cloi- 
' son anorfnale par trois iucisioris. Le doigt, introduit enpite, 
atteint três.facilcmeht aii col; mais il semble à quelques per¬ 
sonnes présentes à l'operation, que ce col soit enveloppé d’pne 
petite membrane qui empêche d’en sentir l’ouverture. Cepen¬ 
dant M. Huguier pense avoir senti parfaitement le col à nu. 



v i e le T 1^ fois”"pânsëment avec une mèche de puis des siècles , et de nos jours plus que jamais, sans qu on 

“cé!4.ïon ^ucreniiron dediaqiètre. . Fasse le moindre effort pour les évifor ni pour les prévenir es 


Le pansement consiste dans l’intsoduclion d’ 
qui eè imn44i‘'>it'mq^pm'couvci^ÿ)%M^i 

qm rstirèi^lit. UÜrécoqj^jgent b1ancfli|tr 

lé col. I^s bords dé la niêmbranc iticisee se durcissent el 
s euaississent tout à la fois. Pansement avec une mèche de 
charpie enduite de cérat, .d’un ponec environ de diarpeffe. 

Le 2A, depuis hier la malade souffre de 1 pus. (Juélques- 
uns des plis de l’anus sont excoriés ; il y a déjà quelques rha- 

^ Le 27, on introduit une sonde cannelée dans l’ou'verture 
inférieure, qui siégé entre ia paroi postérieure du va- 
tfin. Le doigt indicateur de la main gauche,'porté dans le 
conduit, reconnaît' que l’extrémilé de la sonde pénètre justl 
qü’à la lèvre postérieure du col, en cheminant dans un coût 
doit pratiqué dans l’épaisseur même de la paroi posténeure 
du vagin. Ce conduit, terminé en cul de-sac, est de suite in¬ 
cisé à l’aide d’un bistouii long et étroit, conduit le long de la 

cannelure de la sonde. Même pansement. ^ 

Le 2 avril, la malade se plaint d’un écoulement très abon¬ 
dant, tachant le linge en jaune. (Injections alumineuses.) Le 
pityriasis versfcolore que la malade portait, .à son entrée, sur 
le cou et la poilritie, a disparu sous l’influence de la pommade 
âü ealomel. Depuis la première opération jusqu’à sa sortie, la 
malade s’est plaint souvent de douleurs de ventre. Penspt comme 
què c’était peut-être l’évacuation menstruelle qui voulait s’é-- 
tablir, on lui à mis des sangsues aux grandes lèvres, et on lui 
a administré des emmênagggues ; mais malgré cette médical 
tion les règles n’ont pas paru. 

Le 8 mai, les restes de la cloison transversale du vagin for¬ 
ment dans ce'conduit des angles ou des,promontoires très pt o- 
noricés, qui gênent encore la libre introduction des corps 
étrangère. Les restes de la cloison forment, en arrière surtout» 
une sorte de bride transversale qui a environ un centimètre 
et demi de profondeur. Le doigt, ou l’extrémité du spéculum, 
inlrodoit directement dans le Vagin, vient héurter contre cette 
bride ou s*arrêter au-dessous d*elle dans le cbbde-sap. M. 

Hùguier süisit l’une après l’atitré toutes ces inégalités, et les 
enlève avec dès ciseaux,courbes- sur le plat. Il ne survient m 

hémorrhagie, ni aucun accident. 

Le 24 juillet, la malade sort parfaitement guérie. 


qualifie de nos jours de cancers, à tort ou a raison , sont sus- 
■" de résofulion plus ou moins eapip'ele, et le^lcères 
*“ieliÆept#s d^ra'gon;JB un i|ot, 


liechei-ches 


s sur les ulcérations du col de la matrice; 

par M. Tanchou. 

Ad hæc vero ut perfection instilualuf 
curandi ratio , pausam qiioqtie ulceris 
autecedentem, et quitquid in illins am- 
bjtd concedit, etiam atque etiam cir- 
coiispicere oportet et accuratius explo- 


A forcé de s’occuper dés affections de l’utérus, on a fini 
par les comprendre; et les trop célèbres opérations que Ion 
■praiiquait sur cet organe» deviennent plus rares. Nous espé¬ 
rons qu’il en sera ainsi polir. les maladies du sein , qui ont 
avec eèlles-ci plus d’une analogie de cause et de formation, et 
que les amputations du sein 'pour de prétendues maladies in¬ 
curables deviendront aussi rares et aussi rahonnees qu elles 

sont fréquentes ét irréfléchies aujourd’hui; nous prétendqns 
prbu^èr-par. des observations, dans un travail que nous pu¬ 
blierons bientôt, que les tumeurs et les engorgements que 1 on 


.SUCcessivem€ntTCÇ.u et accepté cinquante-un,numéros du journal). ÎJps 
' fj-Afe de publication .sont, immenses,, il. faudrait être privé de la moin¬ 
dre dose .de bon sens pour ne, pas s’e.n apercevoir, et d’honneur, nops 
sommes per moments forcé de croire qu’il est une foule de médecins eu 
BBleique, qui s’imaginent que .c’est l’imprimeuf lui-inême qui nous 
paye poilr avoir la faveur de publier nos Annales I — N.ous ne l’impo- 
. sons à personne;, nous ne -le, délivrons que contre aignaliire ou au 
moins que contre demande verbale expresse, il est donc juste que ) on 
nous rembourse les frais qui nous ont incombé par suite de l’envoi du 
jojirDal à ceux qui nous l’ont demandé, ou u’en opt pas contreinandé 

renvoi.e» temps voulu, n._ ■ ,,, ' 

Je reconnais, qn’ici j’jnvention est origmaie et que ce procédé pour 
arriver A payement n’est nullement imUé de ce qui se pratique en 
France. Chez nous, d’ailleurs, rien de semblable ne pourrait arriver, 

' tous nos abonnés payent avec la plus,scrupuleuse exactitude et nous 

ne connaissons ni jetard..ni refus. 

— La guerre .règne à Charenlon., c’est-à-dire dans la maison con- 
' aaçrée au traitement des. aliénés. L’histoire du monde est remplie de 
batailles,et de carnage pour la possession des vivants, ici les hostilités 
n’ont pour, but que Ja possession des raort.-i. La médecine et la chi¬ 
rurgie se disputent le .privilège des autopsies , auquel l’une et üaulre 
Ctoient..avoir des droits exclusifs. Je me trompe, la chirurgift ne 
réclame, à proprement parler, que ses morts à elle, tandis que la mé- 
’ decine révendique avec les sieu.s ceux de. la ch'rurgie. La chirurgie 
' s’obstine et ne veut rien rendre. Bref, le Conseil des hôpitaux est smsi 
de l’affaire, qni a suscité déjà de part et d’antre un grami namhre de 
consultations et de,mémoires , de protestations et dladliésiims. On 
craint de la part du Conseil, fort embarrassé en pareille circonstance, 

UD nouveau jugement de Salomon. —II dira à la médecine Prenez 
la tôle, pour raUéûation mentale cela doit vous suffire ; et à la chi- 
nirgie : gardez le reste. Je préviens le Conseil que ce jugement ne sa- 
, tisfaisàit personne et q.ueJa. médecine et la chiiuigie ne sont pas assez 

' mauvaises mèiea pour accepter un tel partage. ... 

’ La question., il faut le reconnaître, est d ailleurs insidieuse, difficile 
,. et délicate. Elle peut se représenter souvent,-et à ce litre elle mériterait 
d’être sérieusement envisagée, je la recommande au rédactcür des colon¬ 
nes supérieures. Après tout , cette querelle est honorable et témoigne 
• une fois de plus du zèle et de, l’ardeur de nos confières eu foreur du 
progrès scientifique. Battez-vous souvent pour de pareils motifs, mes- 
. sieurs , et le monde rnédical h’y perdra rien en dignité et en copsidé- 

■”l°èxistè.àPàris, m’a-t-ondit, une , deux-et peut-être trois corapa- 
gniés enconmianaite et par aclions, qui exploitent én grand la.hiogra- 
■ phîe ccmfêinporainè. Jè dis exploiter, et vots verrez tout à 1 heure si le 
mot est impropre. L’idée n’est pas mauvaise assurément, industrielle- 1 


ment parlant. Il y a deux choses sér lesquelles là spéçuiation est à: 

peu près certaine de jouer à coup sûr, ce sont la vanité et la gourman-; 
dise. Le commerce le plus fiorissant k p..ris est le commçrce,du luxe,; 
et parmi ses innombrables,bràndies, le commerce ()eè rubans rt des; 
comestibles, C’ést incroyable ce qui se consomme à Pans de ruban- 
DUge et de friaudisps. Saint-Mandé, Belleville, Bagnolct gt jieux cii- 
convoisins ne sont habités que par des pâtissiers retirés. En dix aiis, 
me brioche bien (àite ou un baba moelleux procurent, à Pans, quinze. 

mille livres de rente. En voilà n'eul que, j’exercr;, et èpnç Deus .. 

Mais revenons à pus induslriels. Voici comment ils procèdent pour en; 
arriver à leur fin. — Vous êtes médecin en renom, je suppose , et cette} 
supposition est douce, n'estme pas? Un bpan jour vou^ 
site d’un monsieur, très bien couvert, s exprimant avec grâce et facn, 
lilé. — Je suis l’éditeur, vpus dit-», de la grande biographie des ceié-, 
briiés , des sommités - .nnt.mnerames. Votre' 


onzes, oes som>mies , ou des illustrations coetemporaifies. Yotre; 
nom ne peut qu’ajouter à la gloire de notre reçue» ; mais pour êtrei 
bien assuré de l’exactitude de nos rèiiseignements, je view vonS i rier; 
de me les donner vous-même. Et aussitôt, poqr ne pas blesser votre, 
modestie, il s’empresse .d’ajouter : — D.e simples notes, les laits seu¬ 
lement • nous meltrons la bordure à ce Irait esquissé. Vous vous trou¬ 
verez en bonne compagnie, monsieur ; dans la même livraison , nous 
donnons Tbiers, Laipartine, Berryer, Arago — et puis insidieusement 
et comme péroraison brûlante, l’adroit éditeur vous citera le nom d .un 
confrère rival. Que voulez-vous, c’est l'iiistoire éternellement jeune, 
toujours vraie, constamment appiiçable du corbeau et du renard. Ta-: 

clit Z seulement que le fromage ne coûte pas troji r ber. 

Biçf vous vous laissez aller à ces séduisantes pal ojes, vous donnez 
quelques notes, pent-êlre même lâchez, vous le portrait ; qu’arrive-t-il 
alors? C’est que quelques jours après .vous recevez, proprement enve¬ 
loppés, cent exemplaires de votre biographie dont d gbord tout vous 
plaît, le papier, le caractère, l'impression. Mais au fond du paquet, 
vons trouvez aussi une petite lettre et puis une facture de huit,cents 
francs, c’est au.plus juste, pour fiais de tout genre, et pour l'honneur 
aussi de figurer à côté de M. Thiers, . 

Vous croyez peut-être que c’est là une histoire inventée .à plaisir f 
. Non pas ceites, et je connais deux professeurs de noire Faculté, a qui; 
pour leurs éirennes, pareille chose est arrivée. L’im d’eux, inouensit, 
peut-être un peu timide, a transigé pour trois cents francs ; 1 autrej, 
qui n’eiitend pas raillerie sur des alfaires d’argent, a parlé de quelque 
chose comme d’un procureur du roi, cé qui a mis eu finie [®s 
plies, mais non la biographie qui, cellè-là, ne Sera chère qu à 1 éditeur 
infortuné. , r> * 

Jean BaimOnd, , . 


Rendre plus rares , et en faire une exception et non pas 

"^^uoi qu’il en soit, dans ce qui va suivre, nous allons nous 
occuper des ulcérations du col de l’utérus. , . , . 

De toutes les maladies qui attaquent 1 appareil génital in¬ 
terne de la femme, les ulcérations du col sont assurement^les 
plus fréquentes ; j’ajoute qu’elles sont les moins graves : p est 
si vrai, que la plupart des femmes fjui ont des pertes blan^ 
elles en sont affectées sans que leur santé en soit autrement 
dérangée. ,, 

Depuis quelques années il m’s passé soiis, les yçpx plusieurs 
centaines de ces maladies, et je puis affirmer,, écartant du dé¬ 
bat les ulcérations de nature-cancéreuse, que non-seulement 
je n’èn ai pas vu une seule qui ait aiuené la perte de la ma¬ 
lade, mais que je n’ai jamais eu besoin , pour les guérir; de 
recourir aux moyens formidables qu’on a préconisés contre 
elles. J’ai hâte d’ajouter que je ne les regarde pas cependant 
comme absolument innocentés ; je suis persuadé même que 
dans beaucoup de cas abandonnées à elle-même, la plupart 
finiraient par produire des transformations dangereuses, et de 
même que les maladies dé mamelles dont nous venons de par¬ 
ler tout à l’heure on doit les examiner avec attention pour juger 
des moyens ihérapeiUÎques qu’il convient d’employer contre 
elles. Celte réserve était nécessaire pour prévenir les repro¬ 
ches que je ne maiiqueriüs de in’àttirer, car c’est une chosæ 
peu compréhensible ,que la divergence des opinions sur uu 
sujet qui offre tous les éiértiénis du diagnostic le plus préçisi 
b4 hommes qu’on a lieu de croire expérinientês émettent 
tous iès jovu’s à cé sujet les plus frappantes hérésies ; les mis 
■précpiliseni les procédés les plus hardis de la'éhirurgie', là où 

les'autres veulênt'qu’on ne fftsse rien. • _ - 

je n’ai pas l’inteiltion de comballré de ;sémb1ables opimous*, 
il on est tëlle, que celle de l’amputalioh (dont je.n’ai pas énr 
core, soit dit en'passant, trouvé une seule fois l’indication sé-^ 
rieuse), sur lesquelles tout lecteur est assèz édifié, Jé Voudrais 
seulement prouver que la vérité est lé juste milieu de ,6e9 ;ex- 
lrêmes;que si l’indication de couper l’organe ou de-le rôtir 
sur place se rencontre rarement, on ne saurait non plus5;sans 

danger, abandonner le. mal à sa destinée. ■ . , 

Cependà’nt, Il serait temps de considérer CeS,'maladies sous 
leur véritable face cl de les ramener aux lofe d’une saine thé¬ 
rapeutique ; il semble naturel de penser que le spéculmh-ait, 
en quelque sorte, servi de flambeau à’leûr étude, et qu’il 
reste peu de Chose à faire pour leur.Irailement.- J’avoue que 
jamais on n’avait mieux jugé de leur couleur, de leur forme, 
de leur dimension. .Mais je ne puis m’empêcher de reconnaî¬ 
tre qqe r'atlention concentrée sur les phénomènes matériels , 
s’est détournée'dés phénohiènés vitaux : le diagnoslip unique¬ 
ment basé sur'les caractères physiques, a confondu sous |a 
même dénominaiîon des maladies essentiellement différentes 
et engendré une ihéràpèulique bornée ; dans quelle exagéra¬ 
tion n’est-on pas tombé au sujet de leurgrayîté ! et (piels 
moyens nouveaux a-t-on découverts pour les guérir? Qu n|a 
pas même tenu compte de la pratique des'anciens, qui, sur 
ce poiqt comme sur beaucoup d’aiitres, en savaient plus'que 
nous. 11 semble que les plus grandes înnovaijons j en,'ce déf- 
niér point, aient consisté a varier la nature des caustiques et 
des procédés opératoires. Notre époque, si prétentieuse, re¬ 
fuse en quelque sorte de croire qu’on a fait quelque chose de 
bien avant elle. Se figurer, par exemple, que l’idée de la cau¬ 
térisation dans ces maladies nous appartienne , ce serait une 
erreur grossière. Les accides n’étaient-ils pas employés an¬ 
ciennement dans ce but? Et Celse lui-même, ne recom¬ 
mande-t-il pas le fer rouge dans les ulcérations fongueuses du 
col? D’autres bons moyens dont la thérapeutique s’est enri¬ 
chie dans ces derniers temps , les pansements dahs le vagin, 
l’insufflation des poudres et les pessaires médicamenteux dont 
peut-être le premier j’ai renouvelé l’usage, étaient également 
connus des anciens. 

Mais il importe de bien déterminer le sens qu’il faut atta¬ 
cher au mot ulcération, si on veut que la science relire quel¬ 
que bénéfice des faits que la presse enregistre journellement. 
Sans doute le nitrate de mercuré , celui d’argent, le fer rouge 
peuvent produire des guérisons; mais dans quels cas? C’est là 
cé qu’il faut .spécifier. S’il s’agit à’ulcéralion simple , la Chose 
ne mérite pas cVêire prouvée. « Cette espèce d’ülcère n’est 
» nullement douloureux, et a rarement besoin des SPconrs;ae 
» l’art pour sa guérjson. » (flévin, Traité de pathologie et de 
thérapeutiglie chirurgicales). S’il s’agit, au contraire, d'ulcéra- 
' ilon càrcindmateüse, cfosl une autre affaire ; on ne saurait trop 
le faire eonnaîirè et avec détails, afin que le lecteur, possédant 
tous les éléments-d'un jugement impai’lhal, ne rejette pas 
l’observation dans ce chaos de faits perdus qui augmente ttflis 
les jours. . - 

Pour ma part, si je publie des faits, Ce n’est pas pour frap¬ 
per l’attention par des guérîsons singulières ou jugées, telles, 
ni pour préconiser des moyens nouveaux ; c’est uniquement 
dans lé but de dépouiller le"s ulcérations du masque de gravité 
qui en a fait jusqu’à ce jour un épouvantail aux yeux des mé¬ 
decins peu habitués à l’examen de l’utérus, de démontrer 
qu’elles ne diffèrent pas de celles qu’on observe sur d’autres 
: parties du corps , et qu’elles guérissent par des moyens analo¬ 
gues. 

Les anciens réservaient le nonr d’ulcérations du col aux solu¬ 
tions de continuité d’une nature simple , occasionnées le plus 
■ souvent par des causes locales’. « Ulcéra in utero fiunt post 
» aliosraorbos, \el post inflamraalionem, vel abcessum, vei 




















- lî^ 


^ ^ ^ ^ . 

fludus muliebres acres, etc. » ( Ronde, cetü liielhod. 

»P“ J Qinn..morbos, etc.,, p. 1(I3J. Ils décrivaient.sous 
cBf®” PS dénominations les maladies dans lesquelles l’ulcération 
d’^ ^,^1, épiphénomène secondaire (cancer, squirrhé, chan- 

V uépouillant les ulcérations du col de Tulérus de 
Çf®’ ^L'aclère fallacieux d’anaioraie pathologique ; je les jlivi- 
comme les anciens en deux classes : , _ 

I nreiuière compreiidra cles solutions de continuité ayant 
siéac à la ëurfaccde la membrane mnfiueu.se ; ce sontles 

col péôprétiienrdired (siihpJcsV idiopathiques, 

seconde, je placerai les ulcérations qui attaquent le, 

• U utérin dans sa profondeur (le squirrhé, le cancer, le lu- 
wfuleulcéré, le chancre, etc.), ^ j. , 

‘^nanà la première ciàsSé, la iiialadie consiste simplement eh 
Jctotion'supeljjçiello'/fcuérb^^^ et il n’y a plus de 
ladiBi Re-Wl ulcération est doue epiployé comme substan i 

af c’est un terme générique. „ , , , ; 

la seconde, au contraire , l’ulcération n est pas la ma- 
1 die elle est.le résuiiat et rarément; le point de départ;,' la 
’liiabïe maladie ,'.c*es,t;ie cmiçer , c'est le squîtrlte , c’est le 

^^^he^noî ulcération ne saurait donc être employé ici dans le 
I gage logique et sévère de la science que cotame terme sé^ 
rnndaire, comme adjectif; il faut, dire squirrhé ulcéré, cancer 
ulcéré 1 et non pas ulçéjration squirrheuse , ulcérâiiou cancé- 

isiste sur ces dénominations , .car elles exercent une im- 
riance considérable sur le progrès de la science. Je n’en 
veux pour preuve que la confusion qui a régqé dans l’étude 
L ulWations. du coi depuis qu’pn a, négljgé la distinction 
établie plus ha“t, et.tju’oii a confondu .sous ce titre à’ulcéra- 
^ ms des maladies si essentiellement différentes. 

II reste donc bien établi que le cancer et le squirrhé ulcérés 
ne sont pas pour gaoi des ulcérations du col, ce sont des ma¬ 
ladies d’une nature spéciale, dont l’ulcération ne constitue que 
leteé P-'usou 0iQ!ns,.ayauc6; qu’ont-elles de commun, si 

ien’est la solution de continuité? 

ha'science ne possède peut-être pas un seul fait bien con¬ 
staté des jjremières, tandis que les secondes cèdent avêc facU 
lltéà l’emploi d’une thérapeutique rdtionnelle. Çes merveil¬ 
leux faits .de guérison que ‘là presse enregistre chaque jour, ne 
sont autre chose que des ulcérations simples dont le diagnostic 
ffit plus ôu moinà dissimuléi Car, à qui persuadera-t on, si ce 
■n’esraox inexpérimentés, qu’on guérit là, dans une région si 
èlroîleet^i délicate, par dès opérations, des maladies incura¬ 
bles partout ailleurs ? quele fer et le fou sont propres à dér- 
truire le mal en cet endroit, tandis que partout ailleurs il est 
-passé en précepte qu’ilsne foulque l’exaspérer? « Levibus 
ètiirri non cédit, fortibus remediis excitatur. » (Compendium 
» medicinæ ; Riolan, p; 390j. , 

Les ulcérations du ço! ont leur siège sur la membrane mu- 
flueuse qui revêt cet organe ; elle.s l'attaquent plus ou moins 
dans son épaisseur , mais il est rare qu’elles pénètrent assez 
profondément pour atteindre le parenchyme sous-muqüeu^. 

« Qu’on ne qroie pas que dans ces ujcéràtions, le tissu de l’u- 
;» U-rus soit affecté profondément ; durant l’épidémie choléri- 
» que, nous avons eu la preuve anatomique de leur état de 
s simplicité. Plusieurs de nos malades ayant succombé, le col 
» utéiin fut l’objet de recherchés minutieuses; on trouva la 
i muqueuse rouge, ramollie, un pèli fougueusq, rulç.éràtipii 
» très superficielle et au-dessous d’elle le tissu utérin tantôt 
» superficiellemenl altéré et se laissant déchirer sans effort, 

1 tjueltiuefois absolument sain,» (Leçonssur les maladies de 
mtiiricfe, par Lisfranc, p. 356. ) ’ 

Quelquefois elles sont constituées par uti simple dépoùillè- 
meut de l’épithélium, sans bourgeons charnus et par consé¬ 
quent sans suppuration; c’est ce qu’on nomme eiwion ou 
: excoriation, maladie souvent douloureuse et grave , presque 
toujours syrapiomatique d’une àutrè affection de l’ulêrus. ' 
D’autres fois ellfô sont formées par une véritable plaie siip- 
puraiile qui présente l’aspect naturel de ces sortes d’affections 
(ulcération simple) ; elles peuvent acquérir dans des circon¬ 
stances données un volume exagéré (ulcération exiilcérante), 
un aspect ,livide, èt, «Bè consisla.n.çe niiolle. (ulcération.fon- 
gneus^),-4a1s '6h ft’ÿ féncofltre jïmàiB,-'qtK)it[H’è»i^disënt ceux 
qui ont écrit sur la matière, ces arêtes dures, enchâssées 
dans le tissu de l’organe, ces rétractions des tissus voisins, 
çes adhérences profondes qui caracléèiseni les squirrhes ou 
les cancers ulcérés. 

Il va sans dire que les ulcérations du col, comme celles de 
toute autre partie du corps, participent plus ou moins de la 
constitution. Faut-il pour cela les ériger en entités et créer 
; desuleératiqns scrofuleuses,, .dafliieuses, scorbutiques,, eje, ?, 
mais^ors biS s’anréicra-LOT ? UufcéraliQU. du col ifeisê èom-^ 

Vporte pas chez les femmes sèches,et nerveuses comm.e chez 
les femmes sanguines ou lymphatiques ; il faudra donc créer 
des ulcérations nerveuses . sanguines,- lymphatiques? De pa¬ 
reilles classificatiops n’auraient de terme que le ridicule. Les 
|eules livisimis qu’il soit permis d’adopter pour élucider le 
’teijet et-én faciliter l’étude, sont celles qu’on lire des formes 
les pluÿsaillantes Üe la m,àla,die, f^ous avons vu qu’çlle offrait 
leux l'drmes primitives : l” érosion, destruction de l’éplthé^ 
îiüin, ®ns bourgeoqs charnus ; 2s ulcération : plaie suppu- 
^nte avec bourgeons charnus. Celte dernière présente elle- 
iüême'ides formes secondaires, ulcération simple, exubé¬ 
rante, fongueuse, calleuse, etc., dont on ne peut faire des 
sous-divisions. 

L’ulcératio*n occupe constamment l’orifice externe du col, 
iflteà’ètend pgjs ou moins dams-^sa çàvité et- sur ses là,vresu„ 
■‘ Wid èllë n’a' jias, crtftme oïl î’ï répété « soàwnl, son siégte 

presque exclusif sur la lèv.re postérieure. , 

S’il est vrai de dire que les ulcérations du col sont de toutes 
les maladies de l’appareil génital interne de la femme les.pjûs 
fréquentes, il faut aussi reconnaître que cet organe y est plus 


exposé que les antres', par 'sa forme, sa position, ses rapports 

et surtout par ses fonctions. Riais une chose dignb de remar¬ 
que c’est que leurs causes sqnt généralement locales ; l’im¬ 
mense majorité des ulcérations, du col est en effet engendrée 
et entretenue par des circonstances locales. 

Les jeunes filles sont sujettes aux écoulements vulvaires, et 
on éait que la phlegmasie q'üi engendre tes éconlemetïts s é- 
tend presque toujours, quand elle règne dans le vagin , jus¬ 
que.sur le col utérin, oùplle se transformemsément en phleg-, 
Hiasie ulcéreuse; On ne sera donc pas suypris-que des faits- 
d’ulcéràlion du col aient été observés avant l’âge de puberté ; 
mais il est jtisfe ilè reconnaître que l’utérus étant alors dahs 
un état rudimentaire, les maladies qui l’affectenfn’ypren- 

nen: jamais un développement sérieux. 

La preuve qu’on a singulièrement exagéré les sympathies 
morbides du col, c’est que cet organe peut-être-coupé, brfilé; 
détruit iriipunément, qu’on petit y appliquer des sangsues sans 
douleur; ces faits que nous avions déjà signalés depuis long¬ 
temps sent désormais acquis à la science. 

On rapporte à tort, aux ulcérations du col de l’utérus, 
certains phénomènes qui appartiennent aux -ulcératiwis du 
corps ou du moins aux tissus organiques et profonds du mu¬ 
seau.de tanche : jes mauÿ de rein, les douleurs dans le bas- 
ventre,.les tiraillements et autres souffrances sont de ce nom¬ 
bre. Quant à rulcéraiion du col elle-même elle est habituelle¬ 
ment insensible et elle ne produit que des troubles insignifiants 
dahs l’économie. 

Les ulcèraiioLiis du col, ont une grande tendance b se per- 
péluer. , - ' 

SOCIETE MEOICAtE fe’!ÉM[OI.ATIOSI. 

séance du 6 décembre 1843. — Présidence de M. Corn.xc. 

Ont été envojés à la Société : 1° le numéro de décembre de la Cli¬ 
nique vétérinaire de M. Leblanc ; 

2“ Plusieurs ouvrages dont M. Adorne s’est chargé au congrès 
scientilique de Lucque.s , savoir ; par M. Luigi Pacini , Interno allô 
slato nttuale délia scuola piedico-chirurgica Luçchese et délia chi- 
rurtjia itahane ( renvojé.à M. GUaldès ) ; par RI, Luigi Senietilini, 
Suit’ incerieszd de segni, delta péritonite ( renvoyé à M. Bnnrjut- 
Saiiit-Htlaire ) ; par M. Carlo Cavalli , dotture in medicina, cbirnrgià 
e ihaeslrb osiétiica deH’ I. R. Üriiversita di Pavia, d.otlore jn filosofia 
e medicina délia R. Universita di Torino , Storia ragionatà di stra- 
ordinaria malattla che, dura da vent ’otto qnni lS3à ( rçnvoyé à 
M. Mojon") ; par lil. Reiiedeito Trompée, dottore , Cenno snjla lebra 
( renvoyé à iil. Briéne de Boismonl ) ; ,enfiii une. brochure intitulée : 
Récit des fêtes célébrées à l'occasion de l’entrée à Genèvç .de Béatrjx 
de Portugal, duchesse de Savoie , d’après un maBuscrit du temps, 
avec une introduction , par MM. lés docteurs Coindit et Chaponnière 
(renvoyé à M. Cheresl). 

— A propos du procès-verbal, M. Caffe fait observer que tes expé¬ 
riences faites par M. Piedagnel n’infirment pas ce qu’il avait dit au 
sujet du traitement de la névralgie sciatique. Dans celles dont il avait 
parlé «n, avait fait usage d’une pâte contenant 24 grammes de poudre 
de cantharides ; on ne peut donc rien arguer de ce qu’nn n’obtient 
pas de bons résultats par l’emploi d’un vésicatoire ordinaire en ren¬ 
fermant siiviron un gramme. 

M. Brierre de Boismont répond bi la lecture faite par M. Bel- 
bomme, sons le titre : Des causes physiques et morales de là folie. 
La prédominance des causes morales sur les causes i-bysiqiies dans 
leurs rapports avec la détermination de la folie était admise dans la 
science. RI. Parchappe avait même démonlré que les six-rtixièmes des 
eas devaient leur ôtie attribués. Toutefois un premier travail arri¬ 
vant à des conclusions diamétralement opposées, avait été lancé dans 
le monde par M. Desportes, administrateur des hôpitaux. Ge travail; 
avait reçu une espèce de sanction , quand des doutes se soiil élevés 
sur sa rédactioii. Alors on à tâché de remonter à la source des docu- , 
nieuts, et on a trouvé que la plupart manquaient d’un cachet de certi-l 
tnde sulfisant ; des fettilles avaient été perdues, et on avait dû à Ir 
mémoire plus ou moins fidèle d’un employé des données à y substi¬ 
tuer. Les résultats de M. DespoM'es pèraireut aussitôt presque touti 
leur importance ; mais ils sembleraient en prendre, une nouvelle par la 
publication de M. Moreau de Jonès. Ephémère comme l'autre, elle 
peut résister à la critique.. Pas plus que son prédécesseur, M. Rlot 
de -Joués n’est en mesure d’apprécier les documents. Il les a puisés aux 
feuilles transmises par l’iidriiinislration des hôpitaux an ministère de 
l’intérieur, oü l’impossibilité de remplir les cadres- de ces feuilles est 
de notoriété publique; La seule éuriniéraliotr des causes admises pat 
l’auteur suffit à prouver et son incompétence et le vice de la source ; 
ainsi, il met çn première ligne 2,234 idiots ; un médecin aurait-il ja¬ 
mais considéré l’idiotie comme une maladie; pour être foti , il faut 
nécessairement avoir joui de la raison. Viennent ensuite 1,137 épi- 
ieptiqu^, Saiis douJtft l’épilepsie est souvent une cause dtaliét(§tjQn 
Ïhcrititlfret^ourïaitîiufie bonn^ statistique des causes de ta foire , i| 
faudrait compter les cas déterminés 

ce qui.a été fait ici; on a’, conforuiémenl-aux cadres de l’âdmmistra- • 
lion , considéré comme aliénés les t,T37 tpileplfrfues , dont Ife jdus’ 
grand nombre sans doute n’étaient pas privés de raison. L’ivrognerie 
ligure pour 792 suc 6,964 - niais l’irrognene ésl elle-tnê.ne sous l’in- 
niience..d'e causes [uoductrices très complexes. Si on trouve des ivro¬ 
gnes dans le peuple, on en voit àassi parmi les gens riches. Trop d'in¬ 
dividus soiil conduits à ce vice par dés chagrins, pour qu’on puisse le 
considérer comme une cause physique. Puis l’auteur altrihue 655 cas 
à une iiritatiOh'êx&flVif. ,I|'|-ce ii’iine sufcxcitation nerveuse qu’il 
vent-iparlitf EÏihii M'a«r*ifeilit .'été déterminés par l’onanisme. Tout 
médecin s’occupant d’aliénationi mentale a sans doute rencontré quel¬ 
ques' faîfs-pouvaiit'èiifrer dans'c)elte catégorie , mais aucun d’eux n’a 
trouvé la propprtiou de 293,à<!pi964. 

En résumé donc la slâlîstfqiiB de Mcwa^le- |pn^ n -a de - 

valeur ; la prédominance dès càu&ss-nioiales exf un'laitT éllé rétsoft 
d’ailleurs 3e notre état de socié<é. . , , .. 

M. Brierre de Boismont term ne en réponda'nî à des attaques per- 
sdnneUenient dirigées contre lui au sujet de rinfluénce de la civilisa¬ 
tion. « Je n’ai pas prétendu , dilfil , que Ja bonne civilisation augme.n-, 
tât le hoïiibre des aliénés , rnaia| j’ai dit que iidüs marcliions dans une 
fausse voie, lia civilisation diininiiéra la folie quand , bien établie; elle 
donnera le Bfiulieilr à tons et non à quelques classes privilégiées. » 

M. BeUmmiie , d’accord a-vec sou collègue en lo.iit ce qui concerne 
M. Rloreaii de Jonès, reproduit,là substance de sa lecture conduisaiil 
à cette conclusion : Les causes jihysiqiies de là folie sont aussi nom¬ 
breuses, sinon plus nombreuses ffue les pansés morâlés ; il répète qùe 
parmi les infiuences répqlées caiiSfcs morales, il y en a d’esseriliellement 
phySinmes et, qu’ii une saccession telle des unes et des 

Sutéeâiqu’il JslffadififàfSflfiépfit prévéïiit de se laisser égàrer. 

En dernière analyse , si avec les matériaux de M. Moreau de Jonès 
on tenté de faire-une satistiqu^ meilleure en retranchant les épilepti¬ 
ques et les idiots, il restera augmentation du côté des causes morales ; 
.mais Ai., faisantweux.jenparei,,oa.ti«at.!i!on(j4ità.deâ luédiaposiiïons, 
liéréditaires on rétablira sans doute l’équilibre. 


Pour ce qui est de la civilisation , M. Belhomrae fait .une rémarque 
à ne pas oublier,.; on distingue mieux tes aliénés dans un pays..4’une 
civilisation avancée, parce qu’il y a des établissements poux les rece¬ 
voir , et rien ne prouve qu’ils soient moins nombreux là ou il est ptiÎA 
difficile de les compter. Si d’ailleurs elle est cause de folie, c’est, 
seiileirient par ses excès et par fes abus. ■ ,i . . . 

— M. Mojon lit un rapport sur l’ouvrage du docteur Guastalla, 
Trieste , ayant pour titre ; Studj medici suit’ aqUa di mare ; etc. 

L’auteur a divisé son ouvrage en cinq parties; Il est question dan? 
la première des propositions physico-chtmiqiiés dé i’êait dè'raer. Dans 
la seconde, (le ion action prise à l’intédetir ot des différents pririci- 
pes qui la constituent. Dans la troisième est exposé l’histwqUfe de$- 
bains de mtr , et -ptus particulièrement dp leur action sur l’économie 
aiiimiile. Ou trouve dans la qiialrièmé partie des'consldérations-pra-J 
tiques tirées des auteurs qui ont traité spécialemenHa matière. Dans 
là cinquième enfin sont indiquées les règles à suivre dans l’asage de 
s bains, sous les rapports de leur tempéralnre, de leur durée, etc. 
Pour biéii cohnaltie l’action médicale de i’eau de mer, prise à l’in¬ 
térieur on cmi-loyée eu bains , il faut l’étudier analytiqneméht et syn- 
tliéliqiiement : Car ce n’est qu’après avoir reprodml, sous l'influence 
des différents principes minéralisafeirrs isolés des faits semblables à 
cèiix qne le.s praticieus recueillent empiriquement’aux eaux, qnon 
pourra formuler rigoureusement la véritable action thérapeutique de cé 
mélaTige complexe. ' » i • 

La premièri^ tjueslion qtii se présente , dit Tautenr, c est de saTOîP 
quelle ést l’influence des substances organiques en faisant partie. Or, 
l’impossibilité de les extraire sans 'alléistion rend la solution fort dif-f 
ficile , cependant on peut àpproeber de celle-ci par l’éludé des effets 
des plantes et des animaux marins qBe nous pouvons y saisir. Parmi 
b s nombreuses plahles qui végètent dans la mer, Part n’a expérimenté 
d'une manière suivie que les algues, dont on a fàit dés décoctions Ou 
des gélatines. Quant aux poissons i-t aux crustacés, leurs efféts, poMme 
aliments et comme reiaèdes ont été beaucoup mieux étudiés; _ 

De ces éludes , conscieneh-usemeiit faites , l’auteur se croit autorisé 
à adopter l'opinion du professeur Brera, savoir : qu’on ne trouve dans 
les corps organiques de la mer rien qui puisse les faire regarder comme 
excitaiit-i ou toniques, et que leur partie mucilagineuse parait, au con¬ 
traire , de nature a adoucir ce qu’il pourrait y avoir d’irritant dans le 
contact de certains antres de ses principes. 

M. Guastalla passe ensuite à l’étude de cliacun des éléments miné- 
ralisaleurs ; l’acide hydroclilorique, liydrochlorales de soude et de 
magnésie , Sul pliâtes , carbonates, iode, etc. ; la conséquence de cette 
étude e.'t, que tous ces élémems étant par eux-mêmes des remèdes au 
ftinil antiplilogistiqués ou bypostbénisants , l’eau dé mer est un anti¬ 
phlogistique, opinhiii' contraire à éelle que professent tous'les auteurs; 

L'action de l’eau de mer offre des effets analogues à ceux de certains 
sels, en parliciflier du .sulfate de magnésie; or, ces sels et d’autres sens- 
blables; produisent plutôt des effets débilitants on antiphlogistiques que 
corroborants, toniques ou stimulants. La résolution des obslrnclions 
glandulaires ou vi.scérales chioniqucs sbnsTinfluence de l’eau de mer 
-est un fait incoiiteslabln, mais cette désobslrocpuh ne résulte pas aux 
yéiiX de M. Guastallà d’un effet détonicilé ou de stimulation ; loin de 
là , il’y volt une action antiphlogistique générale ; laquelle se mani¬ 
feste d’une manière plus |ir(Jnoncée dans les deux systèmes lyiùpliati- 
qne et veineux. , . 

Quelle est donc la raison; se dit-il, qui a pu conduire les médecins 
français, anglais, allemands, et même en partie les Italiens, à attribuer 
à l’eau marine, indépendanllnént de 'sa Vertu résolutive, une action to¬ 
nique, excitante, capable de corroborer les tissus , de rendre à la fibre 
affaiblie .son ton primili.f? , , , . . 

Si l’on ex^jne la question dans ses détails, on trouve qup presque 
tous conviennent que, prise iptérieurementcelte eau produit à peu 
près les mêmes effets résolutifs que les sels connus. D’autre part ; un 
grand notnbre de ces mêmes auteurs reconnais,sept que, pris, isoléme.nt, 
ces sels produisent des effets.entiplilogjstique.S hyppstbênisanls, mâs 
qu’il en est cependant qhi déterminent des,effel.S ré.solutifs et désoj- 
striiaiits, et qui donnent à l’eau la propriété tonicorfésolulive, .R y a 
évidemihent contradiction dans pelte manière de voir ; car on admet 
dans le même remède des vertus, dçs actions diamétralement .opposées, 
ou, pour mieux dire, on accorde au Composé des vertus oppoàées'à 

celles qu’on reconnaît aux ,composants. ' i. f j „ ■ 

L’auteur passe do çetle discussion à uii examen plus direct de 1 àÇ- 
lion tbérapeiiliqiie de l’eau de mer, car c’,est dans cette connaissante 
qu’il base le priiici|ie des pfescri|itiQns de ce médicament ; et d.é.^n 
utilité dans les affections bémorrlioïdalcs , dans Ips obstructions .ije la 
r^te, ou foie, des gUudes abdonuin^lKS». daùs les engorgeffiepts dil^ lym» 
pliatiques, le cata-rbe chronique ,de la vessie, .dq la matrice., étc,. 
Guastalla rapporte toutes ces afIéctionS à un travail plilogistique phrp- 
niqiie, et le.s bienfaits de l’eau de mer à son action hyposthénisanlë. 

Dans un fort long article de ççt ouvrage, il est question dd | àff «1*- 
ritime, con.-ideré côm'iiié moyen prophylactique et comme remèdê. Les 
nombreuses recherches historiques et scientifiques faites par l’auteur 
■tiiu ce iloiilt biffent une véritable nldnograpliie. Puis, S’appujant Aqr 
un grand noibbre d’observations qui lui sont pâiticulièrès , jl parfi^e 
l’Opinion de ceiix qui fegàrdenl Taîr marilime comme salrilaire dansâtes 
inflanimaliüiis chro'niqiiés de là poitrine ; et il déclare qu’au lieu d^dn- 
vover les.phtbisiques ë la campagne respirer l’air sec des montagnes, 
on'devrait les adresser à la mer, les faire voyager sur les navires, ou 
les établir sur des plages maritimes choisies, bien saines. 
x.i.*duvragé se termine par eue exj^isitioft très minutieuse et fort bien 
■ iné ; de tous les soins que demandent les br’"" 


quant àïia'àiisott(i Jtï’heure di(’|piïj; snjljba^ 1^ wé^iitf ns exi¬ 
gées avant de se plonger dans (’eau, pendWl qu en y demeure, et au 
minieiii où en sort; soit enfin quant à là fempèfatUfê dé 1 eair, et au 
nombre des bains. * -, 

Voici éq résnmé les conclusions qu’on peut tirer de 1 ouvrage de.M, 
Guastalla ; ‘, : - , 

1» L’osage externe de l’eau de mer n’est réellement utile dans pin- 
sieurs maladies clirojiique.s, qu’aiiiant qu’on, les contiiiue pendant ^lu- 

*'*2“ Il ii’ést pas nécessaire, pour être lïtilc, qu’elle produise des gafde- 

3» il impojte de faire puiser l’eau de mer pour boisson, loin des 
côti-.s, et à née grande profondeur. On la fait ensuite jeposer dans des 
bouteilles peàdant quelques heures; on la décanté doucement, ou mieux 
on la fiUi*, i^fin de la débarrasser dé tons le.s débris des corps élran- 

f ào'^L’eau lemeT'àoU teiypérati/ffl qn’eiléi{ir^te na¬ 

turellement ;j si on l’écliaiiff-, elle excile le vomissement; 

5» L'addièoii de quatie bu cinq volùmes d’açiflé carbonique, loin 
d’en améliorèr le goût, ainsi que te peiisentMM: Pasquier «t-Rayer, la 
rend pins désagrénble , mais en revanche plus facilement supportable 
par les esloifiacs très délicats ; 

o-r Là ‘dote ordinaire chez les enfants deMrois à sept ans, est de 
quinze à dixî-huit (lécagrariimes en deux fois : on peut arriver jusqu’à 
vingt-huit d^agrammi S.par jour. Chez les acJuUes.on doit commencer 
la dose de Uiiigl-qualrc décagrammes , et on arrive jusqu’à trente-six 
ou quarante par jour, en deux où trois intervalles. Quelques médecins 

anglais l’administrent à des doses beaucoup plus élevées. . 

JO Les (irtiliciens les plus renommés ifes villes maritimes ilabeDnes, 
quels q'uesoSent leurs principés théoriques :sur l’action de l'eau de 
raèr, la presfcfiveiii laigem'ent:daus tes mélrites et les hépatites êliro- 
niques, dané-les engorgemfnt.t glandulaifes, èt dans toute forme pos¬ 
sible de dégénérescence scrofuleuse ; , . 

8» Lorsque l’eau de mer produit la constipation, ce qui arrive ra¬ 
rement, il laut de temps en temps en suspendre l’usage pour adminis- 















Irer quelque dose de magnésie 0(1 autre pgrgatif,; ..j/i, 

9".,Lés éléments additionnels-que l'almospliéte peut recevoir d'e-la 
liier lin font'açqnérir djes qualités tliéranentiques très iiionimçii.s .. 
aussi, depuis CeJse jusqu'à Laeniii c; ét à Chuïfc, presqnc tous les piati- 
éjeqs conspifleqt' dans pljis-ieùrs m.-rladips 'es voyages,. leS|tongnes pa,- 

■Vigaéions,"le séjour dans-des lieux, uiarilimes. , 

Conclusion. Accorder à l’anteiir le litre de membre corirspondant 

soUicUé par .lut.' I. . ' . . . 

Après'le dépoQÎIljjnient'du ■sdriitin'j M; le président proclame M. 
Guastalla mepibre correspondïnit. 

—: M. Sotiderblelle se .plaint de ronbli dans lequel est tombé un. 
raloyen.agktutinàtif ti;èa éneigiqbe «mjdoyé |iar ficre Côme sous le nom' 
décolle antimoniée. Cette préparation, composée île gomme ammotiia- 
qûé dissoute dans le vinaigre, .taisant adliérer très fol lement le linge à' 
la peau, permet d’obtenir le rallinerbentxies tissus dans des cas d’ecar- 
tenSéiitB extrêmement consiitérablii.s. M. Suilberbielle dépose sur le bue 
reau deux'.observations-ii l’appui. La preiniére. est relative a un cas def 
décliirure complète de la cloison recto-vaginalu et vé.sico-vaginale. Les 
feSsGStétant.maintenue rapprichécslaii moyen de la colle ai.timonée.lla 
guériéon fut complète en trois mois, Isans qu’il ent -élé pialiqiié un 
seul point de suture. —Voici le lésuiné de la seconde : Une f. itime , 
Soumise à l’ablatiou rrune'tMmeur l'norine du sein gauebe,' portait une 
plâie;d’un pied de liant sur dix pouces de large ; oi'ze, vaisseaux arté- 
i-ielv avaient été liés;; les fils-divisé.s'i n deux faiseeanx furent logés 
aux deux extrémités, et la peau maiiileiiiie, si bien alfroiitée, (|ue la 
solution de continuité fui réduite à un.e plaie, à peu près Iransveisale , 
dont les deux tierè guérirent par première, intention. Au bout de trente 
jédrsla'guétisbn était certaine. 

: M, .Btofiii préseiite'un appareil destièé à faciliter l’examen des 

parties génitaux de la femme. Reployé Sur lui-même; Il ressemble à 
bb marcliepied rte bSblioIhéinie , et ii peut faire l’office ; développé ; 
c’estun lit sur lequeltle malade s’étend à J'âi^e, la tête, sur un cbevet, 
et les jambSs bien soutenues. Elle resl placée à uiié liauteur qui rend 
pour ropcrateùj- la manoeuvre beaucoup piii.s’ lae.ile. 

. . :. - t)'- i. C-BEKfsT, secrétaire anmcel. ‘ 


.REVUE DES JOURNAUX DE: MEDECINE. 


.JouRHAL DE MÉDECINE DE BORDEAUX , novembre 1813. 
Iconsiàérafio'ns'pratiques-sur la riélivrance ; par M. Barnetciie,. 
Ce travail étendu peut se résmner par ce‘dernier paragraphe : i< La 


délivrance n’est donc paS pour nous ce qu’oii la fait dan 
j^our, mais;telle que l’olit comprise les aniciens. Nous croyoïis-qoe l’ü^ 
tiiérus, puissant, léagit sur le délivre et l'expul.se comriie il cxpnlselait 
tout corps étangef. Nous croyons aussi qiie l’iilér'us aftaibli, ou même 
arrivé à l’état d’inertie , revient sur lui - mêilié lorsque , dégagé d’eii- 
traves qui dépassent ses forcés ,'rien ne s’oppose' plus an développe¬ 
ment de sa:pdissance!contractile. L’intervention dé la main est alors, 
à plus d’ûn titré, la pratique la plus rationnelle. Enfin , en prenairt 
dans ion acception là plus généialé l’acte pb'ysiologiquë qnl constilire 
là délivrance VROus devons dire,'à l’eiicol.tie des préceptes profrssés', 
^é l’intervention irtirnédiate de l’art doit être la règle , et la l'em(«rî- 
salion l’exception.» ■ 


Sur vingt cas fie tétanos que l’auteur a observés dans sa pratique, 
quatre avaient pour cause, dit-il, l’application des eaulère.s. , . 

• Sur- un ;eufant de neuf ans, aUüint.du niai vertébral de PoU, bn ap- 
;.pHquê d6Ux.,caulère.‘isur.les côtés de; la gjbbqsité. Tous les .symptômés 
paraissaient's’améliè.rer, lorsque vers le qi!ijiziè.rne jour je malade, se 
.plaighit dé difficulté d’avaler, ayeQ .fioijleur dans les madioires, be 
Jeqdemaiii il y eut trismus, ét. Je troisième jour le tétanos était coiifir- 
méoLe malade, mgiirut, ce jour-là. ,, ... ; . ... . ’ ; 

i ; A'.une jeune fille.d.e dixdi.uit ans, pblhisîque, on applique deux cam 
tèrès sous la ciaVic*ileldiolte.,T.e'ünxièiuc jour Je létaiius .-e déclare, el 
jla.nialadé memlle quatrième jour .le son.iiivasion., . . 

' Un iioinme de quarante ans éprouvait des aceiilenis de congestion 
cérébrale que les évacuations sanguines,,les piiig..lifs cl les jilfusioiis 
froides n’avaienl pu dissiper. On applique deux caiileres a la nuque. 
.Q,uiiizo jours aprè-s, le malade ayant subi une averse i t ayant beau- 

coup ipai;çhé,. le tétanos se déclare. ,, . 

; Un enfant de sei/.e ans, alleint d’opbllialiiiie scrofiileiise,, fut Aussi 
atteint’dé tétanos après l’appiicatipn de deux, camère,s à ia nuque. Les 
-goius prolongés', le musc et l’opi.um a, baule dg.e, dissii.èreiit ce redop- 
table.acèideiit. ' . ., 


, Empoisonnement par Veaü de jav'ellé-; par M. Barbet, pliarinacie 


.Ddtis le contant de l’été de 1838 , M. le docteur Bnilatoui’et M. 
Barbet furent priés de se rendre eir< toute Itâle près de la deinorselli 
X,..;. qui, assurait-on, venait de s’empoisonner par suite d’èn cli-grii 
d’amour. Eu entrant dans la cbambre, nous fumes frappés, dit d,iii 
teur,- de l’ddeur de -chlore qui y était répandue. Cette p.-n-lomie .lÂgéi 
d’environ vingt-cinq aps , d’une forte cunstitntibn , élait étendue siii 


son lit, en proie à une agitation extrême. L.! figure était légèrement 
injetléfé, ics yeux larmoyants , les mâchoires faibiemeut. contractées ; 
la boiicbe fixlialait une é,deur de chlore, upe-salive éiume.iise , blan- 
(■bâlre, eotourait' lns lèvres. Elle manifestait un .-cntiment'd’astriolion 
ilimsi l'e gosl r él t. ut le'trajet'de l’oesopliage , el ac’eusaitd'ans la ré- 
gioii’éjdgaslrfqôte des soqfn-ances'intoléfablqs.' Ep plaçant la main sur 
celte parue, on ressentait l’estomac violemment, conviil.-é.’ Le pôiils 
élait plein el fiéqiierit,'la chaleur dévélpppéa, maisl,également répÿr- 
lié, le fioiil qonvert de suejir. Du réste’, è)le semblait repoiisseï tous 
les secours qu’on voulait lui prodiguer ] et lépoqdait "a nos questions 
par lies paroles brèves et saccadées. Les personnes de la maison bous 
présèAtèrerit une bouteille de la contenâhcéde 76J> grainmès , portant 
l’éliqiiétte d’ean de.javelle et renfermant encore 30 à 40 grammes 
d’un liquide incolo'ié que nous.reconàûmes de suite pouf du cliloruredji 
potasse. IJIle avait bu tout ce qui manquait à la bouteille ; nous en 
ubllnmes-l'aven formel. ■ ' ; 

Je. [froposai l’admTiiis'lràtipn dé là.magnésie calcinée, fomme devant 
diminuer par sou alcalinité' l’.'i'ction irrilanle.du clllore libre, et alté- 
niicêTélat d’iislMCIioii.ile l’orifice œsoplingicn, qui empêchait ,1e vo¬ 
missement ; de s’effectuer. 20 grammes de magnésie, furent .délayes 
dans 'JOO grammes,d’eau tpcrée , et l’on obtint de la malade qu’elle 
but à'plusieurs lepriscs' eiivjron la moitié ;dii mélange^ Un qiiàtt 
d’heure s’éliiil à pèine'écoiïlé', qiTuii abondant vpmisséuieiit siirvif t ét 
expulsa environ deux verré'es’ de .liquide, d’uiife foite odeur de clilure; 
où nageait la imigoésie en ■ (locoiïs coagulés. De-iiouyelle^ doses du 
mélange, magnésien aménèrent de nouveaux vomisseméiils , et furent 
coelioiiées ju.sqii’a ce que la matière vomie n’eut plus l’odeiir du chlo¬ 
re. Alors la magnésie fut supprimée et remplacée par des boissons mu- 
cilagiiiéiisi s. Enfin lés accidents se calmèren.t, la aoplenr de l’éstqmae 
s’affaibl.'t, ét vingt-quatre iieures après la nial.-idejp.nt' reprendre ses 
occupations' habituelles, ne conservant qu’une s.nsibilité assez grande 
à. réfugastre,. qui. à cédé au bout dé quelque temp.s; à èn.régimè doux. 

Un deuxième cas est relatif à une jeune persomie de vingt ans qui, 
vers la même époque , cberclia pour la môme cause à ait. nli i à ses 
jours en liiivaiit'un verre d’i'aii de javellé. Avi'rti dix ni'inbtes après 
l’injection du poison , M. Barb.t n’hésita pas à coiiseillei la magnésie 
caliiiiée, dont elle prit 8 grammes délayés dans de l’eàu sucrée. Les 
vomi.'.semeiits se déclaièrent binitôl, comme dans l’observation précé¬ 
dente, et tout set. rmina sans le moindre accident, vu le pin de temps 
que le poison avaT séjourné dans rislomac. 


NOUTEI,LES. 


Le concours, pour l’agrégation (section Je .mé.lee.ine)' a. commencé 
liier lundi, à4 beuies.dii soir. Le jury est composé dé-MM. Fou.piicr, 
liié.'iJeutj. Cageaavp, secrélqire j .Andral» Dmnéril, Bouillami, Ifioiry 
et Legrbnx ; ilM. Adrien,.Cruveilhier.et.Gouraud, suppléants. 

!. M. Cruveilhier, à cause de sou degré de .parenté avec un des cai di- 
dats, s’est récusé. .....’ - • .. . :, • , , 

Les. concuiieuts.SQiit au nombré-de 25--.Ce sont MM. P. llrtaii, Bec- 
.querel,.Hardy, .Grisolles, Veiiiois, Valleix'. Beau, Beliier, Giicne.aii de 
Miissy, Eleiiiy, Delasiaiive, Legrand, Biirgbiere, 'Vigla, Tardieu, Caza- 
lis, lanquerel de-s Plaiielies, l’oilnu-l. Marotte, Baron, Roger, Blaiidi-t, 

Buiillay et Fanv.el. . ■ ■- ■ •' ■ 

, . jWij-ëredi, a midi,.: les concurrents auront, à répondre à la question 

Lies séin.-'es de ce concours auront lieu Ics-mardis, jeudis i t sanir- 
dis. à quatre heures. 


—Notre ville à prrdii dans un trèv court espace de temps deux linm- 
mes plems de modestie et de rcicuce, M. le docteur Fabre, M. Trémo- 
licre, pharmacien Nous .avons déjà payé notre t,rihiit de regr.ets an 
vénérable médecin en cliel de l’bo.qnce d. la Clianlé j'aujonrd'liui rinii! 
venons acq'ijller une dette aiiSM juste et aussi sacrée enyprs M. Tré- 
molière, ancipir pliarrn.icien en-çbef de riîôtel-Dicii , et l’un des bol; 
nisles les plus disliiigués du déparlément. 

Par un coiicoiirs fâclieux de cirConst.inces,,les soei.'lés royale el aep- 
déniiqiié ilc ii.édeeine de noire ville , 'auxquelles.appai.terjjiienl MM 
Trémolière et Fabre , ii’ent pas été prévenues as.séz lljt po'iir pouvoii 
liomn.ii une députation diargce d’expriinei- leurs régie s sur la tombe 
duces deux Immnies, également recoinmadaliles par leurs qualités pri- 
vées'etk rang hnnoralile qü’ils s’étaient fait dans la sci. iice. 

{La Climque de J^drsetllc.) 


: Voici le texte du jugement rendu dans le proecs de M. Gaiinal eonire 
M. le docteur Maictiaï ( de Calvi ) : . . . 

Il Statnant sur l’exception d’incomjiéleiice . 

Attendu que, pour faire uiié saine intérprétalion des difféfenles dis¬ 
positions de lois qui régissent la màlière,' il est essetdiél de'dîstingnér 
entré le casèù, soitla décliéance, soitla nullité d’un brevet, sont de¬ 
mandées par action principale, et le cas oâ, comme d'ans l’espèce, nhi 
personné poursuivie devant la juridîcfioli’Curreclion(iellë par le breve¬ 
té , lui oppose comme exception el comme' moyen de défense que le 
brevet est nul,'ou qu’il y a déchéance ; 

, » Atlènduqbe , dans la dernière hypothèse, les Tribnnaiix corr'éc- 


tionnêTrpeuvenr’én connaître , sans pouf clêTa viôTeî rîglffî 

compétence; , . ^ „ ,, , 

■» Xtlendii, toiit«t'ois,”qnR la décision à intervenir ne pedt alors 
filer qu’au piéveiiif , dans son inl^êt unique , et non aux tiers' 


» Àufoibi; - .. ,, 

'» Attendu,qidil est constant;que Ip goiiyernemeiit, en.accordantd,, 
bixivels d’iov'i nt’ioii' on dé perfectionnemeni, sans exiiriien préalable^j 
ga'i àntit en .-tiicune- façon lè mérite de la découvèite que les parties ijj 
téressé. s ont le droit de soiimeltre à l'appréciation des Tribunaux,. 
tamqient-le point de savoir si le procédé est brevetable; ■ , ; 

V Attendu que le Tribunal n’a/pas à examiner ài le liquide éonse,. 
valeur employé par le si.-.uf Marchai (de Calvi) est semblable à celiij' 
dont lé sieur Gannal fait usage pour l’embau'me*ent des.cadavres,'], 
plaignant n’ayant pas élevé celte prétention, niais bien si le mode, jj 
méthode, d’embaumement poilr la,'conservation.' indéfinie des corps,,,, 
moyen d'une incision àil’arlère carotide externe, par laquelle on inj,,,, 
le liquide conservateur, le tout sajis extraction pu mutilation qéelcojj 
que, peut faire l’objet d’un brevet; que les termes dans lesquelsso,) 
conçues les' dispositions de l’article l'e du décret du 31 défiembre Oj, 
jii'slifient la prélentipii du'sieur Marchai (de'Câlvi). qu’en effetjiet,,, 
licle ire'parlé que des nouvelles inventions industrielles , • dans 
les genres A'industrie, de fabrication, dont il a pop'' objet de garanlj 
la propriété; que le procédé.d’embaumémenl par injection , qu’il ^ 
séparer do l’emploi du liquide conservateur composé par Ganiial]|,. 
quel;liquidé selait brevetable), ne peut faire l’objet d’un brevet, à'rji: 
sénmême dit sujet, le corps humain, soit avant, soit éprès le déc^, 
ne pouvant être réputé marchandise, et rangé dans la classe desib, 
jets d’iiiilustrie, quelque latitude qu’on veuille donner aux mo*" 
chandise, industrie i 

» Attendu, cnliu^ que l’injection par la carofide , après mcisioiii), 
celle arltrc, coiislitne'uije opération analogue à une opération cliin,. 
gicale, laquelle nè saùrait laire l’objet d’une propriété exclusive, mj], 
gié les avantages réels qu’elle présente el la supériorité de celle m«t||,, 

de d’embaumi meut MW les anciens.procédés ; . .( 

Attendu quç, d’ajirè-. cé qui précède, il déviient; superflu d’examj. 


'Marc'liar(de Calvi) des fins de la plainlt] 
coilda,mne le sieur Gannal, partie-civile,-aùx Irais du prdcès. » ' ^ • 
M. Gannal,-pré-'ent à l’aiidicncé , a annoncé l’intention d’inteijetèi 
immédiatement appcl.J ■■ ' ' 


NOUVEU Ar'PAREIL ÉEECTRO-MÉDICAE. ; 


Le nouvel appareil élocfro-médicat de MM. Breton, pourj’applicàlioi 
de l’éleciricité eli mé'.lecine. a alteini, d’après |a nouvelle modilicâtiiil 
qu’lis viennent de lui apporter, le pliis haut degré de perfection qu'c, 
puisse désirer..— Cet a[ipaicil , si commode copime inanipulation, 
et mamtenaiil si.répandu, sera.avant peu, nous aimons à le-Ci'oit}, 
■ de tous ceux qui se Ironvent à même d’appliquertq 

c lac'roc lililpc nui sp nréscnlenl. si enn 


a'geiit tliéraiieutiqiiè dans tous lés'cas Utiles' qui se présentent si soj. 


■ L’usa^ fréquent que nous avons fait de cet instrument, soit . 

soit dans les hôpitaux, :où il lonctioiiiie tous les jours, et les heuitiù 
.résultatsque nous çn avous'oblenus'dans les paralysies , névralgieiq 
géiiéi'àjement toutes les affectious nerréuscs, nous l'ait un devoir det 
rtçomn'iandéi'd’une manière pailiçulièré et Spéciale à tous nos toi. 
frères prat-iciens qui .■•e’tioutent à ibônje de combattre ces diveiili 
affections foiijoiirs très dangereuses, si- ellès ne sont promptemenlil 
vigonréli.senieiil cojnb'altiies. pans ces cas-, réleciriçité ga.lvaniqueijl 
emulayée presque-toujours ay.ee succès, et suifdiit avec l’appari 
électro-médical, qui permet si facilement de donner-peu ou beaucoq 
du tension électrique. Cel instrument, quoique d'iiii'très petit voluiw, 
produit cependant lies effets vraimeht incroyiibles, ca'r les commotion 
sont SI furteS' à leur maximum j'qiic 1 lioiume le plus robu.ste ne 
les siqiporler;-mais!ctt appareil est si ingénieusement combiné, qii- 
l’aide d’un petit bouton .servant;à là giadnatioii , on peut, Jinjiniiii 
les se'cousses de mamère à le.s) rendre presque insensibles. - ■ ■ 

. jQu'and nous'ayons"dit que l’appareil.éleétro-njédical était appélél 
l-emiré de giailtls- sérvices én niédeciné, n.ds prévisions n’élaient poi'i 
exagérées ; -et les puissantes preuves que nous' pouvons donner aiijiii 
.d’Iini, peuvent confirmer ce que nous avancions primitivement; E 
tout où nous avons eg occasion S’appliquer l’électpicilé, npus u’avo 
qu’à noiis'appiaudir de l’avoir fait avec l’appareil Electro-médical 
MM.'Pretan, frères:, . \ ‘ . 


-Le Baume résolutif de Deibl, pharmacien, rue du Temple, 
'aiijourd'Jiui iiiiiversellemenl employé dans le traitement-des alii.ili r 
gont!eu-cs et rbutiiatisinalcs. Il doït,;saus_auciin douté, son efliçacilél 
l’heureux choix qui en forme là composition. De nombreux faits* 
güéiisOD'vieiiOent chaque jour en approuver l’usage. ■ ' 


M. Béchaid, breveté (médaille d’Iionneur 1843.), mérite l’attenli» 
pour Sfs Appareils orlhopé'liquos si légers, si. élégants et à la foiai 
iiiiles.. Leuf eipploi.est.tellement coininode, ;qiie la plupart de,s pii 
onnes- qui eu font usage paraissent ouliliei qu’elles sont l'enfÿmft 
dans (les.co'rsets élastiques éu dans des jambières à ressort. 
de'TüiTrndn, 15., ' ' . - ' . - ‘ ' 


^irop d’Ælcorces ei’Oiit 

TONIQUE ANTl-^ 

de LAllüZE, Pharmacien, rue ]Xeuve des Pelil 


■ Les succès du Sirop d’Ecorces d’Oranrjes (Curaçao de Hollande), 
publiée, sont tellement soutenus, que jounielleineiii il est prescril dai 
■'un puissant auxiliaire, et'dans'beaucoup comme un Spécifique à 
stomacliiqiie est reconnue dans les Alfeclioiis attribuées à l’atouie de 
^peut remplacer avec avantage le Quinqiiina, le Coliimbo, la Rbiibaib 

'par le malade. Les cas où l’expérience a cbnslaté son action.' 

mac. Mauvaise digestion avec mal de fête syin|ialliique. Alise 


anges , 

NEBVEUN 

its-Champs, 26, à Paris. 

it la fornmtc, toujours constante, a été . 
les Affections nerveiise.s vagues comme 
Bon aetiüii tonique et 
canal alimentaire. Il 


APPAEEIL ËïiEÇTEO-iiSEDICAL. 


Ce qui a -'té jusqu’à ce jour pou 
qiié a’ib.stni tiens commodés- poiir 
vénlef une iiachi'iie très énergiqiic 
coussesçgnünues et.d’iine force ekln 
ment'est'dèHo fràiics. Cet appa,^eij 


'veiid aussi chez âliH'. Bretou, rue ijii Petit-Bourb m, 9. 


ne soot pas supportés égalenit 
les Aigreurs, ou Coliques d’esi 
lélit, Colique nerveuse. Gastrite. 


O'QVB.AGïS COMPI.ET. 

8 '-forts volumes grand in-S<> sur deux colonnes. 


MAI 


DE médecine; 

; ■ , 'iFBAWÇÀIIS EX ÉXBA)¥«iEBS, 

: OÙ ItoÂXi tttto'çVd M mfciuïwue et, àe. 

'ÇTaV'w\'viés, ' ■' 

' - , pAr UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

Sous la direction du Docteur FABB.E. 


L’ouvrage èutier forme 8 forts volumes grand in-p; 
sur deux colonnes, imprimés sur beau papier rgisin 

et en caractères fondus exprès. 

l’o'uvragéentier, pour. Paris,. 50 ff. ; , ; 

Eri vente du Bureau de la Gazette des Hôpitaux 
. ■ - rue Dauphine, 22-24, 


TRAITEMEtiT dis DÉVIATIONS ded TAILLE it des llEMBRi 


UE 


fîv 

Pharmac 

Ce Sirop 


DIGITALE, 

Sjahélonye, 

, rue Bourbon-ViUenéuve, iO. 


lions de digiti 
le plus stable, 
plante. 11 n’o 
verses proprié tés 
périence, eiigi 
la capitale à 
dans les hydropis 
symptoinatiqges 
permet J’adniir 
affections inlU'- 
souvent d’Une 


biplace avec avantage toutes les pi-épara- 
le, et présente lé mode d’adininistfation 
le plus commode et le plus sûr'de cette 
xasionne jamais de nausées ; et ses di- 
.i tés , déjà conslatées par une longue ex- 
!i gentla presque totalité des médecins de 
le prescrire dans les nialâdies du cœur, 
essentielles et'dans celles qui Sont 
ane affection du eœui-; et enfin il 
inistrçr sans crainte: la digitale dans les 
immatoires de la poitrine, où elle agit 
mquière presque miraculeuse. 


grand obstacle d'ans l’emploi de l’électricité en médecine, c’est le.imi-'^ 
l’appliquer f.icili-;ment,aux pçisunnps malades. MM.,Breton viennent dliiiji 
' 1 même temps très portative, au mi,yen de'laquelle on obtient dessi- 

•diniiirè, et qiii'pcuve'nt se grad'uer à volonlé. Le prix dé dét iiisi!i-| 
place en tout point l’appareil électro-magnétique de Clarke, qW*J 


-t- 


JRnr MSgfC'HAS&Bt, ,W^écMÊ»icien-Bfinf!n0ii/»e, t'tee rSe 'Enurnon, '■ 



aveté. — Médaille d’H 


, Ces appareils réunissent à la réastaiicé nécessaire une flexibilité par¬ 
faite qui pérmiet au corps l’usage de,ses moindres moiivemeiis ; ils sont J 
d’üu Binpidi facile. Vu Iqur légèreté, qui n’empêclie én, rien (es personnes *3 
qui en font] usage de vaquer à leurs affaires. De nombreuses guérisuns, 
attestés au Ibesoin) établissent l’efficacité du Corsèf TMlewr, auquel Mf. 
Béoliard vient d’àpporter'dé notables aiyiéiiorâtions. On trouve aussi, chez J 
M. Béchàrd tous .lés articles nécessaires à l’orthopédie, les mainsi et N 
jambes artificielles, les bandages herniaires, etc.;le tout bien confac- j 
Itionné. i ; , ' . ' , ; 


l’VANlWKïS père et Comp., me NfeuTe-iScs-eetïls-Cliamps, - 28. 

CHOCOLATS OpAiliQÜES AU TlOMON Oü'Al) NOï®' 

Douze iabiettfisà Iq livre. — Cliaqiie faliletle contient la valeur d’jin litre d’infusion .bien chargé®; 


PARIS. —1 mPRlMlRIE BÉTHDNK EX PLON) BOÏ DE VADGiRARD , 36. ' 































jeudi 11 JANVIER 1844. 


(17« ANNÉE.) 


à*. 4. TOME VI. — 2* SÉRIÉ. 


Mju Mjancette WrançaUe , 


GAZETTE DES HOPITAUX 

Paris. 3 mois. 9 fr.: 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 


le Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, S^fr. 

Départ., id. 10 fr.; 

Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


,36 fr. 
id. ' 20 fr.; Id. 40 fr. 


sommaire. 

•moTTAUX. — Hôtel-Dieu (M. Chomel). Scarlatine. Quelques mots 
diagnoslio.et la marche de cette affection. — de ix Cu'^É 
ffll Andral). P.feumonie gauche. Efficacité du tartre stibié. - / C«- 
dé-nüe de médecine (9 janvier). Incubation de la peste. -- l rac u.es 
affmalléoles. — Coro.s fibreux de la mamelle. — Instrume^l.^ .le 
ehir“gie autiqu... - Fracture de l’axis. - Académie des mes 
18 janvier). Recherches sur le climat de la France. — Mode d.^ 
tmnsmi.ssion de la peste. — Trachéotomie dans le croup. — Revue 
nS JouBNWX. — Bulletin de Thérapeutique. De l emploi des éva- 
cMuts dans les fièvréa intermittentes. — Sur les 
uvscromateuses. -- Mémoire sur une nouvelle métlio.le de hâter la 
euérison des plaies récentes. — Efficacité de 1 rndure de potassium 
dans les ulcérations non vénériennes. — Nouvelles. — Feuillbton. 
Mémoire sur les accidents que peut produire chez 1 homme la pré¬ 
sence des vers intestinaux. (Suite.) 


HOTEL-DIEU.—M. Chomel. 

Scarlatine— Quelques mois sur te diagnostic et la marche 
de celle affection. 

Au n° 11 de la salle Ste-Catherine a été couché un homme 
âgé de 18 ans, bijoutier , présentant des symptômes de scar-- 
latine sur lesquels nous allons revenir plus has. Il ignore a 
fluel endroit il a pu contracter cette affection. Nous avons 
déià dans d’autres circonstances, eu l’occasion de vous dire 
flue dans les grandes villes rien n’est plus difficile que de sui¬ 
vre la contagion , là où personne ne se connaît, ou les rap¬ 
pris sociaux sont rares entre les habitants d’une meme inai- 
ron. Dans les villages , ou du moins dans les pelils endroits , 
cette filiation est plus facile à établir. Vous comprenez que 
dans une grande ville où tous les jours un millon d habitants, 
sans se connaître, se heurtent, se poussent, se frottent les uns 
contre les autres, la contagion doit avoir des moyens de véhi¬ 
culé tout à fait ignorés. Il est impossible lorsque 1 on passe 
près d’une personne qui a passé la nuit près d un nialade af¬ 
fecté de rougeole ou de scarlatine , il est impossible de savoir 
nuel poison cette personne porte sur elle. C’est donc dans les 
lieux où la population est peu nombreuse, que 1 on devra cher- 
cher à examiner la question de contagion. Seulement, on 
pourrait se demander si le malade n’n pas été pris spontané¬ 
ment de rougeole ou de scarlatine. 

11 serait difficile de démontrer que ce dernier cas ne s est 
pas présenté. La rougeole , la variole, la scarlatine, sont des 
maladies qui ne sont pas inhérentes à notre pays. Elles ont 
paru dans les contrées que nous habitons à une certaine épo¬ 
que, et alors elles ont laissé sur leur passage des traces épou¬ 
vantables. Mais les causes qui peuvent les faire naître, sons 
l’influence desquelles elles peuvent se développer, ces causes 
n’existent pas chez nous. Là seulement où existent les condi- 
lions nécessaires à la production de ces maladies , la seule- 
ment elles peuvent renaître spontanément. Supposons que ce 
soit, comme on l’a prétendu , l’Arabie qui soit le berceau de 
ces affections, fEurope ne présente pas les conditions n^es-- 
saires à la naissance spontanée des fièvres éruptives. Tout 
porte à croire que, hors les cas de contagion, elles ne peuvent 
-se développer que sous l’influence des conditions premières 
qui ont présidé à leur première apparition. Il est donc natu- 
rel de penser que chez nous un malade n’esl affecté de rou- 
geôle, de variole ou de scarlatine , que parce quil la con¬ 
tractée. 


C’est, du reste , une conclusion à laquelle nous n’arrivons 

que par le raisonnement. Dnns les petites villes, dans les vil¬ 
lages , ces maladies apparaissent à des intervalles éloignés, et 
l’ou sait alors dans ces endroits où tout le monde se connaît, 
que tel on lel Individu est arrivé venant d’un endroit où il a 
éié en contact avec des sujets malades. Alors l’épidémie qui 
n’a aucun pouvoir sur eux, qui ont eu déjà la même affection, 
frappe toute la nouvelle génération qui, existant depuis vingt 
ou trente ans, par exemple, intervalle écoulé depuis la der¬ 
nière épidémie, n’a point été préservée par une première at¬ 
teinte de la maladie. Voilà encore un motif d’admettre que la 
maladie reconnaît pour causé la contagion , et n’a point une 
génération spontanée. , 

Du reste, il faut se conduire, dans des cas pareils, d apres 
les lois que l’on a été à même d’établir d’après des faits nom¬ 
breux et positifs. Toutes les fois qu’un sujet se présente à nous 
avec une de ces maladies dont nous venons de parler,^ nous 
pensons toujours pour notre part, et tout d’abord , qu’elle a 
été contractée. Si nous ne pouvons découvrir ni l’endroit où 
il l’a gagnée, ni la manière dont il l’a prise, nous regardons la 
cause comme environnée d’obscurité^ mais cela ne détruit en 
rien notre opinion. Ainsi, dans le cas particulier, nous croyons 
démontré qu’il a contracté sa maladie par contagion. Ce qu’il 
y a de curieux dans la relation que ce jeune homme nous a 
faite de ses antécédents, c’est qu’il prétend avoir eu déjà la 
scarlatine dans son enfance , à l’àge de six ans. A cette épo¬ 
que il aurait été traité, nous a-t-il dit, à l’hôpital des Enfants. 

Il n’est certainement pas impossible que la scarlatine se mon¬ 
tre deux fois chez le même sujet. Mais cependant, cela consti¬ 
tue un fait exceptionnel, et quand un sujet est pris une se¬ 
conde fois d’une éruption , comme ici, par exemple , si cette 
éruption se montre avec les caractères de la scarlatine, que le 
malade ne conserve aucun souvenir de la rougeole qu’il dit 
avoir éprouvée, et c’est la maladie qui présente le plus de rap¬ 
ports avec la maladie actuelle, nous pouvons avoir des doutes. 
Il ne serait pas impossible qu’il y eût eu dans le diagnostic 
de l’affection quelque erreur, et les parents peuvent ne pas 
avoir bien présente à la mémoire l’affection dont il s’agit. Et 
puis, au début, les deux affections peuvent très bien être con¬ 
fondues. Il me paraît probable ici que la première affection a 
été la rougeole plutôt que la scarlatine, d’autant plus que le 
nialade ne se rappelle pas avoir eu la rougeole. Nous ne nions 
pas, encore une fois, la possibilité de la reproduction de ces 
deux maladies chez un sujet qui en a été atteint une première 
fois; mais nous devons, autant que possible, mettre de côté 
les cas exceptionnels. Nous n’acceptons le récit de ce malade 
que comme incertain, et même comme improbable. 

L’affection dont il est atteint maintenant a commencé il y a 
quatre jours. Cependant, dans un interrogatoire plus étendu 
et plus détaillé qu’on lui a fait subir, il a parlé d’un léger mal 
de gorge qu’il aurait eu il y a six jours environ. Ce mal de 
gorge ne paraît avoir été que peu intense. Il y a quatre jours, 
il fut pris de frissons; de plus, une certaine rougeur se mon¬ 
tra à la peau à peu près le même jour. Nonobstant ces symp¬ 
tômes, il continua a manger et à se livrer à ses occupations. 
Le lendemain de l’invasion de sa maladie, il continua encore à 
travailler; il mangea comme à son ordinaire, et n’éprouva, à 
la suite de son repas, aucun malaise, aucun vomissement, ac¬ 
cidents qui surviennent quelquefois spontanément, et sans 
avoir été provoqués. 

Malgré toutes ces imprudences, et bien que se sentant souf¬ 


frant, il se leva encore hier au matin. Il était rouge, présen¬ 

tait une chaleur fébrile intense. D’après l’avis de son maître il 
alla consulter le médecin chez lui, se rendit de là au parvis 
Notre-Dame, à pied, et enfin entra dans notre service. Ce 
matin la réaction est franche, et ces imprudences n’ont pas 
aggravé la maladie. 

Il y a des affections qui ont un caractère de bénignité telle 
que les malades pourront commettre les plus graves impru¬ 
dences sans qu’ils aient lieu de s’en repentir, et sans que leur 
maladie s’aggrave. D’autres fois, au contraire, les maladies 
ont un caractère de gravité tellement prononcé, que dès les 
premiers joursj et malgré les plus grandes précautions, la 
mort doit survenir dans un intervalle peu éloigné et sans 
qu’on puisse l’éviter. 

Hier donc, après avoir traversé ’à pied une grande partie 
de Paris, il est entré dans nos salles. Le chef de clinique a 
constaté, à la visite du soir, l’état suivant : 

Le malade, dont le visage est rouge, a le pouls à 116, assez 
développé, fort. Céphalalgie assez intense. Il a dormi une par¬ 
tie de la nuit; il n’a eu ni délire, ni rêvasseries, ni rêves pé¬ 
nibles. Ce matin il s’assied facilement sur son Ht ; il répond 
nettement aux questions qu’on lui adresse. Son visage est 
calme et tranquille. En arrivant près de lui, on est frappé 
tout d’abord de la couleur rouge de la peau, du caractère 
anomal que présente sa physionomie. Les lèvres sont grosses, 
gonflées. H y a sur la lèvre supérieure des squames, comme si 
une exfoliation de l’épiderme avait lieu. La face, considérée 
en général, n’est pas sensiblement gonflée. L’éruption, qui a 
commencé sans doute par ces parties, est dans son déclin à la 
face. . , 

Nous avons pu, par un interrogatoire minutieux, et par des 
questions réitérées, nous rendre compte de ce qu’il y a d’in¬ 
accoutumé dans le fait de ce jeune homme. Il y avait des bou¬ 
tons sur les lèvres, des vésicules probablement de nature her¬ 
pétique, Depuis, il s’est formé des croûtes ; tous symptômes 
qui ne tiennent pas à la scarlatine elle-même, mais à une 
éruption partielle et toute locale qui l’avait précédée. Ces phé¬ 
nomènes sont antérieurs et tout h fait étrangers à la maladie 
actuelle, et ne doivent pas être mis en ligne de compte. La 
langue est un peu blanche au milieu, rouge, scarlatineuse sur 
ses bords et à sa pointe. L’inflammation de la muqueuse buc¬ 
cale suit la marche de l’inflammation de la peau de la face, et, 
soit dans la variole, soit dans la rougeole ou la scarlatine, elle 
se développe et parcourt toutes ses phases avec beaucoup plus 
de rapidité qu’elle ne le fait sur la peau. Nous sommes proba - 
blement arrivés à une époque de la maladie où la phlegmasie 
est à son déclin sur la muqueuse buccale. 

Il n’est pas très rare qu’appelé chez un sujet au secondjour 
d’une fièvre éruptive dâns laquelle la peau n’est presque pas 
rouge, vous trouviez dans la bouche ou des pustules de variole 
déjà développées, ou la rougeur scarlatineuse ou rubéolique. 
C’est qu’au moment où la phlegmasie commence à peine à 
poindre à l’extérieur, elle a déjà paru et marché rapidement 
sur la muqueuse buccale, où elle est déjà terminée quand la 
peau commence à présenter les symptômes à leur maximum 
de développement. 

Chez notre sujet, la rougeur de la peau est considérable, 
tant sur la poitrine que sur les bras et les avant-bras. Cette 
rougeur est à peu près uniforme et répandue également sur 
ces parties. Elle appartient presque uniquement et évidem¬ 
ment à la scarlatine. Dans certaines périodes de la maladie, la 


jFÆ? ïïJMMjIaMVON. 


MÉMOIRE SUR UES ACCIDENTS QUE PEUT PRODUIRE CHEZ 
U’HOMME LA PRÉSENCE DES VERS INTESTINAUX; 

Par J.-T. Mondièbe , d.-m.-p. 

(Suite du n» 138.) 

Hydrophobie. L’hydrophobie, ou l’horreur des boissons, s’observe 
dans certaines maladies , et a été attribuée par les nus à une idiosyn¬ 
crasie des sujets , par les autres à une irritation primitive ou secon- 
daire soit du cerveau, soit du pharynx et de l'œsophage; et Je crois 
avoir démontré, pour ma part, dans mon Mémoire sur I Œsopnagisme 
(Archives de médecine, 1833, 2' série, 1.1, p. 465), que 1 hydropho¬ 
bie reconnaît souvent pour cause un spasme ou une irritation spasmo¬ 
dique primitive ou secondaire de l’œsophage. Parmi les causes de 
l’œsophagisme, je n’ai point signalé, dans mon mémoire, la présence 
des vers, parce qu’alors je ne connaissais pas les faits que je vais rap¬ 
porter; mais aujourd’hui je suis forcé d’admeltre celte cause en me 
fondant sur ces mêmes faits. , ,,, , 

Eu 1812, M. Serres communiqua à la Société medicale d émulation 
de Paris (Journal de Boyer, Corvisart, t. XXV, p. 258) 1 observation 
suivante : George , âgé de treize ans , d'un tempérament lympliatique 
et d’une constitution délicate, avait été mordu d’un chien enragé, il y 
avait six mois. Le 2 septembre il éprouva un malaise général, suivi, 
la nuit, d’une agitation considérable et d’horreur des liquides. Le 3 , 
cet état continua, le malade refusa tous les aliments, et entrait en tu¬ 
teur quand on lui parlait de boire. La nuit fut agitée comme la pré¬ 
cédente. . . , , ,,, , 

Le 4, on le porta à l’Hôtel-Dieu. Sa face était décolorée et altérée ; 
les yeux convulsifs; la pupille tantôt dilatée outre mesure, et d autres 
fois rétrécie au point de s’oblitérer ; la langue était blanchâtre , la soif 


vive, l’horreur des liquides extrême, l’agitation considérable. On lui 
mit le corset de force; ce qui augmenta ses efforts. On prescrivit une 
potion caitnante dont il ne voulut point boire, et un vésicatoire der¬ 
rière le cou qui soulagea peu. A dix heures du soir il mourut, ayant 
toujours eu cette horreur invincible pour les liquides. 

Autopsie. Le cerveau et la moelle épinière n’offrirent rien de remar¬ 
quable. Les poumons étaient sains ; le larynx à l’état naturel. L esto¬ 
mac ne présentait rien d'extraordinaire; mais les intestins grêles étaient 
remplis de vers lombrics oblitérant enlièremenl leur cavité; leur quan¬ 
tité était prodigieuse. . , 

Quoique dans ce cas on ait jugé le chien enragé, rien ne prouve qu H 
le fut réellement : l’absence de lésions cadavériques et surtout le temps 
qui s’écoula entre la morsure et le développement des accidents , con¬ 
tredisent cette manière de voir. On sait, en effet, à quoi s’en tenir 
maintenant relativement à ces cas de rage développée des mois et 
même des années après la morsure. Il s’en faut bien d ailleurs, et cela 
très lieureusemeiit, que tous les chiens que l’on poursuit et que ion 
assomme chaque année comme atteints de la rage , aient réellement 
celte maladie. Depuis douze ans bientôt que j’exerce la médecine à 
Loudun, j’entends chaque année parler de chiens nombreux tués com¬ 
me enragés, et d’un bien plus grand nombre encore de chiens et même 
d’hommes mordus par ces mêmes animaux , sans avoir observé moi- 
même , ou su que mes confrères eussent observé un seul cas de 
rage. Eloignant donc ici toute idée de virus rabique, et les reclierclies 
cadavériques faites cependant par un habile anatomiste n’ayant rien 
fait découvrir d’anormal dans les ceinlres nerveux , nous sommes en 
quelque sorte forcé à reconnaître comme cause de l’hydrophobie à la¬ 
quelle a succombé George, une surexcitation nerveuse des nerfi de la 
huitième paire , produite sympathiquement par le grand nombre de 
vers trouvés dans les intestins. 

Au reste, nous pouvons citer un autre fait dans lequel on ne peut 
alléguer cette cause rabique, puisque l’enfant qui en est le sujet n a- 
vait jamais été mordu avant le développement de la maladie qui le 
fit périr. Voici ce fait qui nous semble encore résoudre affirmative¬ 
ment cette question : l’bydrophobie peut-elle reconnatlro pour cause 


la présence des vers ? . . , . 

Un petit garçon, âgé de neuf ans, fut pris de violentes convulsions, 
d’une fièvre ardente et de tous les' symptômes de l’hydrophobie, quoi 
qu’il n’eûl point été mordu précédemment par aucun chien ni autre 
animal. Il mourut dans cet état. A peine était-il expiré, qu’il lui sortit 
par les narines deux houppes de vers lombrics. A l’ouverture du ca¬ 
davre , on trouva tout le canal intestinal rempli de ces insectes, jus¬ 
qu’au bout de l’œsophage. ( Dict. de méd. en 60 vol., t. IV, p. 243. ) 

Hystérie. — Nous n’avons trouvé la présence des vers mention¬ 
née, comme cause de l’hystérie, ni par les auteurs qui se sont occupés 
ex professe de cette maladie, ni par les auteurs des articles Hystérie, 
insérés dans les nombreux Dictionnaires de médecine publiés depuis 
trente ans. Bien plus les recueils périodiques qui ont paru depuis cette 
époque n’en présentent aucune observation, et il faut renionter au 
siècle précédent pour rencontrer des faits qui y soient relatifs. Nous 
ne chercherons point l’explication de celte singularité , car nous ne 
pourrions que répéter ici ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans 
divers endroits de ce travail. Il nous parait, en effet, évident que si 
les vers ont pu, il y a cinquante ans, donner lieu à des accidents hys¬ 
tériques , ils peuvent encore aujourd’hui produire les mêmes phéno¬ 
mènes car l’organisation de l’homme n’a point changé et les agents 
qui l’impressionnent ou la modifient sont encore les mêmes. Aussi en 
démontrant par quelques faits qu’il peut véritablement exister une 
hystérie vermineuse, nous pourrons peut-être engager les praticiens à 
diriger leur observation sur ce point, et alors les faits se multiplieront, 

nous le croyons du moins. 

Delins en rapporte trois observations (Amœnitales Acad., p. j, 
et au mois d’août 1768, M. Dufaure, docteur en médecine, en publia 
une (Ancien journal, t. XXIX, p. 120) que je vais faire connaître suc¬ 
cinctement, en négligeant les détails inutiles qu’elle renferme. 

Mademoiselle D..., âgée de neuf ans, d’une vivacité singulière , et 
d’une santé qni jusqu’alors n’avait reçu aucune atteinte, tomba , vers 
le commencement du mois de mai de l’année 1763, dans une lipothy¬ 
mie accompagnée d’une respiration laborieuse et de différents mouve¬ 
ments nerveux et spasmodiques. Peudant les premiers jours, ces acci- 
























rougeur de la peau, au lieu d’êlre uniforme, comme si l’on 
avait teint la peau avec du jus de framboise, la rougeur, di¬ 
sons-nous, peut présenter un aspect pointillé, et de là erreur 
(Je djtignoslic, sujet de dissidp^ice p^rmi les méçJecios. H 'l’e*’*- 
pas (.oujogrs ajussi fapjlc qu’pn pourrait le cr()ire au prejnicr 
aljord de distinguer la pougeole de la scarlatine, et cela sur¬ 
tout quanti la séarlatjne est accompagnée d’un poiptillé assez 
analogue à celui de la rougeole, fen examinant avec soin les 
deux éruptions, on peut presque saps exception distinguer 
l’une de l’autre les deux maladies. Il y a des rougeoles où la 
muqueuse de l’œil, du nez n’est pas alfectée, Il y a des scar¬ 
latines où la muqueuse de la bouche est saine, et n’offre aucun 
symptôme particulier. 

Lorsque les deux affections se présentent avec leurs carac¬ 
tères les plus évidents , les plus franchés, il pe peut y avoir 
d’incertitude pour le diagnostic, tpême pour les observateurs 
les moins expreés. Mais elles n’offrent pas toujoprs des carac¬ 
tères de cette netteté, ni quand elles sont au début, ni quand 
elles sont à leur déclin , et alors il est difficile de Tes différen¬ 
cier. Voici quelques signes éminemment pra|iqnes, auxquels 
j’ai été conduit a me rapporter poqr m’aider daps tpon diag¬ 
nostic. 

Dans la rougeole , il y a toujours irrégularité et ipsynjélrie 
dans l’éruption; vous voyez ici une petite tache; là, une 
grande; ici, une arrondie; là, pne triangulaire, ou échancrée. 
L’une est d’un rouge-vif, l’autre d’un rouge-brun ; les unes 
sont élevées et saillantes au-dessus du niyeau de la peau, les 
autres sont aplaties; enfin, tout est irrégulier dans la rougeole ; 
l’irrégularité dans l’éruption semjtle être le cachet de cette 
éruption, et quand vous avez vu seulement ppe petite portion 
des téguments d’un rubéolique, vous pouvez hardiment vous 
prononcer et porter voire diagnostic. 

Dans la scaiiatjne, ou c’est une rougeur uniforme, pu c’est 
un pointillé très régulier ; ce sont de toutes petites taches, ro¬ 
sées, uniforpies dans leurs dimensions, dans leur écartement 
les unes des autres. Ainsi dans la scarlatine, symétrie de i’é- 
ruptiop et régularité conimp d^ùs le granité que produisent 
les peintres sur les papiers de tenture, bans la très grande 
majorité des cas, vous trouverez quelques points du corps où 
existe la rougeur uniforme qui caractérise l’éruption scarlati¬ 
neuse normale. 

Chez le malade qui pqus occupe maintenant, ces caractères 
sont parfaitement tranchés. Indépendamment de ceux-là, il en 
existe d’autres encore. L’état de la bouche, le gonflement des 
mains ; dans la rougeole, les niains pe sont pas gonflées. Elles 
le sont souvent dans la scarlatine. Ici, ce caractère manque. 
Surviendra-t-il plus tard î Nous ne savons ; mais le f§it psi 
assez bien caractérisé pour que |e diagnoslifi n’eu souffre pas. 
Jl’habitude, cependant, elles sont gonflées, tendues ; upe autre 
circonstance encore, c’est l’existence simultanée de l’éruption 
miliaire et de l’éruption scarlatineuse. Dans }es scarlatines les 
plus bénignes, il y a des vésicules miliaires qui se motiirent 
à upli des bras, aux aines, et surtout dans le sens de |a flexion 
des membres. Ici, nous en avons tronvé quelques-unes„ (l’est 
encore un des caractères de |a scarlatine, qui aide le médecin 
dans le diagnostic. 

Enfin, un autre symptôme qui vient leyer toute espèce de 
doutes, c’eat l’exfolialion à larges squames de l’épiderme, et la 
desquamation à laquelle pu a donné le nom dé desquamation 
en forme (je doigts de gants. Celle qui suit la rougeole se fait 
par petites squames assez analogues à des écailles de son. De 
plus, avant de s’effectuer, la desquamation de la peau offre 
quelque chose de particulier. La peau offre un aspect spécial, 
quelque chose de lisse, de poli, de luisant. Il scmhle que les 
doigts sont n couverts d’une peau très mince de baudruche. 
Elle a perdu sa squplesse ordinaire. Op voit que' l’épiderme 
est déjà mort gt qu’il ne tient déjà presque plus, A l’aide de 
ces signes, on ne pept méconnaître l’éruption ; mais il importe 
dé recpnpaître l’éruptiop pins tôt que cela ; si l’on s’attachait 
aux derniers caractères que nous venons de dhpuer, le diag- 
poslic serait posé peut-être un peu tard, (ît l’on doit chercher 
à savoir la nature de l’affection avant le jour de la guérison. 

Dans rérupüon du jeune homme dont nous nous occupons, 
nops trouvons des caractères plus que suffisants pour reepn- 


dents se dissipèrent assez facilement Vers ie cinquième jour ils eurent 
encore lieu, toujours précédés de lipothymie ; mais à la place du cal¬ 
me qui succédait auparavant è son état primitif, il survint des mouve¬ 
ments convulsifs , des contorsions , des rigidités successivement dans 
tous les membres ; la malade, couchée sur son lit, s’élançait quelque¬ 
fois avec une impétuosité qui demandait la plus exacte vigilance dé la 
part des assistants , souvent on la voyait se livrer à la joie et aux ris 
iesplus immodérés; blenlét après, tes larmes, les soupirs, les sanglots 
formaient le contraste le plus bizarre. Depuis.cette époque, tous les 
symptômes s’aggravèrent, et les accès .se répétèrent jusqu’à deux et trois 
fois dans les vingt-quatre heures. 

Pendant la lipothymie , qui était la Adèle précurseur des secousses 
hystériques, la malade ir’élàit privée de l’exercice d’aucun de ses sens ; 
elle exprimait avec énergie les différentes sen.sations dont elle était af¬ 
fectée, et répondait à tonies les questions qu'on lui propo.sait ; elle se 
plaignait plus particulièrement d’un sentiment douloureux, et d’une 
faiblesse inexprimable dans les jartrbes ; elle ernyait sentir le mouve¬ 
ment d'une grosse boule qui, roulant dans l’ab Ionien, changeait à cha¬ 
que instant de place. Aussitôt que celte ondulation se portait, du Ivts- 
ventre à la gorge, elle éprouvait les horrerrrs d’une suffocation cruelle 
et d’un étranglement vicient; elle perdait la parole, et était exposée 
aux différents genres de convulsions dont j’ai déjà tracé la peinture. Le 
prétendu globe était à peine descendu du pharynx à l’estomac, qu’on 
voyait les premières dé(aillance.s remplacer les morrvements convrrlsifs; 
ces scènes variées avaient des retours plus ou moins fréquerrts, suivant 
la dorée de l’attaque, qui ne se prolongeait guère au-delà d’une Irerrre. 

Le médecin qui fut consrrilé supposa la présence des ver.«, r t eut re¬ 
cours aux saignées, à l’éméliiiire, aux piirgalifs , etc, ; il y eut une lé¬ 
gère amélioration, mais qui fut d’une courte durée, et bientôt les acci¬ 
dents reparnrent aussi forts et aussi fiéquents. 

M. Drifarr fut appelé plus tard à donner des soins à la malade. Les 
vers qu’elle avait rendus dans pirisierrrs occasions, l’oileur particulière 
de son habine , le prurit presque conlinricl de la rntunhrane pitui¬ 
taire, etc. , justiflèrent dans sou opinion le jugement qui avait été déjà 
porté. « Il n'était pas possible , dit ce médecin , de sé refuser à l’évi- 


I naître la nature de l’affection dont il est atteint. Le pouls est 
fort, développé, donnait 116 battements par niinule hier soir; 
I il en donne 12A ce matin. Mais , du reste , l’état général du 
malade est remarqnahlcpiejjt boi). Nous avops vu dans les an • 
lécMents, qu’il avait pu sorljr étant déjà malade, prendre des 
aliments, aaiis aggrayar son état ; ce que nous avons djt de la 
prQmptitude, de la liberté rfes mpuvemfints et de la parole, de 
la gaieté même que le malade conserve , tout est de nature 
à confirmer ce que nous disions de la bénignité de la maladie. 

Le traitement sera simple. Comme toutes les inflammations 
qui sont le résultat d’une intoxication , la phlegmasie scarlati¬ 
neuse n’est pas franche. C’est à la cause seule qu’il faut s’atta¬ 
cher. Coroine pqgr la syphiljs, c’est daps la cause inême que 
réside la véritable nature de la maladie. Il existe des cas dans 
la sciepee où l’on a yu une yéritable maladie de ce genre sans 
éruption à la peau, sans le symptôme caractéristique par con¬ 
séquent sur lequel on base habituellement le (Jiagnostic. La 
véritable nature de la maladie réside dans des cas de celte es¬ 
pèce dans la cause qui l’a déterminée, et ce n’est pas l’inflam • 
mation de la peau, qui est le caractère de la nialadie. 

La scarlatine ne pept ppint être définie une inflammation 
de la peau ; c’est une maladie qui a pour effet habituel d’en¬ 
traîner avec elle une inflammation de la gorge et de la peau ; 
mais ces deux phlegmasies ne sont pas toujours et nécessaire¬ 
ment existantes. Le phénomène primitif pour nous; c'est l’in¬ 
fection scarlatineuse. Nous vous disons tout ceci, et nous y 
insistons lobgucment parce que, lorsqu’un spjet a pne inflam¬ 
mation scarlatineuse de la peau il ne faut pas le soumettre à 
un traitement semblable à celui qpe l’on ferait suivre à un 
sujet affecté de pleuro-piienmonie, par exemple, ou de toute 
autre inflammation franche. Il faudra, par exemple, se garder 
des émissipns sanguines. L’expérience a suffisamment démon¬ 
tré que les saigpées, dans les maladies éruptives, produisaient 
souvent les plus funestes résultats. Il faut placer d’abord et 
avant topt ie malade dans dp bonnes conditions hygiéniques, 
il ne faut pas le couvrir de couverture.s outre mesure pour 
provoquer, coninie disept les gens du peuple, la sortie de lՎ 
ruption ; il pe faut point non plus ouvrir les fenêtres par un 
tepips froid et courir ainsi d’une extrémilé à l’smre. 

Ce n’est pas avec des émissions sanguines que l’on parvient 
à triompher d’une fièvre éruptive. Quand elle est excessive¬ 
ment grave , nous ne dusops pas qu’il ne puissiî se rencontrer 
des cas où il ne soit nécessaire de les employer ; mais on doit 
en être sobre et |ie pas beaucoup compter sur leurs résultats. 
C’est plutôt par des révulsifs énergiques que l’on vient à bout 
de triompher de ces maladies. Faites bien alteniion que nous 
ne proscrivons pas d’une manière formelle et exclusive les 
éqiissioas sanguines dans ces circonstanGes. Nous ne voulons 
pas exagérer la frayeur que l’on dit en avoir. Mais, nous le 
répétons, il faut en être sobre , et s’en abstenir dans les cas 
ordinaires. 

Les Anglais opt préconisé dans les fièvres éruptives qui 
marchent mal les allpsions froides , à cause de la réaction qui 
s’opère après elles. Les malades, en effet, après ces affusions 
froides deviennent rouges ; la chaleur extérieure dp corps s’é¬ 
lève ; mais il faut être sùr, pour employer ce moyeu , que la 
réaction pourra s’opérer et sera suivie de bons résultats. Il 
faut que le stycl soit fort ; s’il est faible , vous pourrez com¬ 
mencer à |e déprimer à tel point que la réaction ne puisse 
avoir lieu. Nous avons vu dans nos salles une femme qui ar¬ 
riva à l’hôpital le second ou le troisième jour de rérupiion. ; 
elle était dans un état d’affaiblissement presque complet. Au 
lieu d’employer les affusions froides, nous la fîmes placer dans 
un bain à 32 ou 33 degrés Réauraur. En sortant de ce bain 
elle était rouge écarlate, et elle guérit parfaitement. Peut- 
être l’eau froide eût-elle pansé dps effets moins favorables. 

Relatjvenient à l’intérêt que ttops avons dit que peut pré¬ 
senter le diagnostic, nops avons insisté sur la nécessité de sa¬ 
voir si le malade avait on non la rougeole. Voici encore une 
raison qui rend imporiant la connaissance de ce précédent. 
S’il a eu la rougeole, il est bien évident qu’il pourra sans au¬ 
cun danger pour lui, rendre des soins à des sujets affectés de 
rougeole , tandis qu’il ne rendra pas ces mêmes sqins impu¬ 
nément à un sujet atteint de scarlatine, et vice versa. Un in¬ 


dençe ; l’hystérie vermineiise était on ne peut mieux caractérisée. En 
conséquence , je prescrivis quel(|ues verres d’une limonade émélisée, 
et le surlendemain une purgation qui avait pour base l’extrait de rhu¬ 
barbe ; les anthelmintiqnes furent ensuite administrés et continués 
pendant trois semaines. « La malade rendit une quantité prodigieuse 
de vers lombricaux et ascarides, et dè-s lors vil disparallrè ses crises 
nerveuses et consolider sa santé, qui, (rois ans après, n’avait encore 
souffert aucune altération. 

Le recueil auquel j’pi emprunté l'observation qui précède en con¬ 
tient encore deux autres (t. XXXVI. p. 38) non moins remarquables. 
Dans l’une, la mort paraît avoir élé produite par un énorme peloton 
de vers qui remontant de l’estompe dans l’œsophage s’y arrêta. 

Palpitations. On admet généralement des p.ilpitations nerveuses, 
c’est-à-dire tout-à-fait indépendantes de lésions organiques du cœur ou 
de ses annexes; mais on est loin d’être d'accord sur les causes diver¬ 
ses qui peuvent les produire ; et parmi celles qui ont élé négligées par 
les écrivains, il faut compter la présenre des vers intestinaux. Nos 
traités généraux et spéciaux présentent donc encore sur ce point une 
lacune qui, comme tant d’anties, ne pourra disparaître que quand, 
pour s’élever à une histoire générale de la médecine, on aura sènti la 
nécessité d’analyser avec'soin tous les faits que renferment les annales 
de la science sur chaque point en particulier. 

Deux fois il nous a été donné d’observer des palpitations sympathi¬ 
ques de la présence des vers, palpilations qui ont promptement disparu 
ayee leur cause long-temps niéconnne chez un de nos malades qui déjà 
avait été co.idarnné comme atteint d’un anévrisme du cœur. C’était 
un jeune garçon, âgé de quatorze ans, fort, d’une bonne constitution , 
qui, depuis six ipois , était presque constamment tourmenté par des 
palpilaltons qui l'ernpêcliaieut de se livrer aux jcpx de son âge, le ré¬ 
veillaient fréquemment en sursaut, et l’obligeaient à rester quelquefois 
fort long-lemps assis sur son lit. La cause de ceS accidents étarit enfin 
reconnoe, les anthelmintiqnes furent administrés ; plus de cent vers 
furent expulsés dans l’espace de quelques jours , et bientôt après tout 
mouvement tumultueux du cœur avait cessé, pour ne pas revenir. Chez 
notre second malade , égalemeirt un garçon , tpais âgé seulement de 


térêt encore plus immédiat est celui-ci, à savoir que le dj. 
lade n’est pas exposé, après la rougeole, à Tœdématie q,,' 
survient souvent après la scarlatine, accompagnée souyg-l 
aujssi d’uij peu (d’.àlbiIwi'Hfm. West donc de la plus jMntgi^' 
portanoede seyoir, avant que la desquamation vienne fourqjj 
les derniers fenseigneraents, de quelle maladie était àffeciél, 
sujet. Car, daqs le cÿs où il aurait eu la sçarlaiiue, il faudra» 
pendant vingt ou vingt-cinq jours au moins l’entourer de prj, 
cautions, le maintejijf à l’abri du contact de l’air. Toutes lej 
considérations, dans le détail desquelles noijs sommes entrés 
prouvent d’rqne manière péremptoire, ce nous semble, qq, 
la certitude du diagnostic n’est pas ici une affaire de pure eu. 
ripsité. 


HOPITAL DE LA CHARITÉ. - M. Andkal. 

Pneumonie gauche. Efficacité du tartre stihié^ 

Le nommé Chemin, âgé de 69 ans, journalier, est le sujei 
de cette observation. Il est habituellement bien portant; qj 
tousse pas ordinairement. Le k novembre, en travaillant 
comme à l’ordinaire il se refroidit; il a eu du frisson et des 
sueurs dans la nuit ; le soir, point de côté gauche. Le lende- 
main, fièvre, perte complète d’appétit, toux avec quelques 
vomissements bilieux. I| est entré à l’hôpital le 7 et est couché 
au n“ 20, salle Saint-Louis. 

Le 8 nov. Aujourd’hui, au premier examen qu’en a fait 
M. Andral, on trouve la langue sèche, avec soif àrdeiite. U 
malade est dans une transpiration abondante. Le pouls est} 
100 plein. Il y a des crachais visqueux, âcres avec une légère 
coloration de sucre d’orge. La respiration est à A4 gênée par 
je point de côté. La percusMon et i’ausçultaiion de la poitrine 
ne donnent aucun bruit anormal en arrière; il y a un pen de 
râle crépitant en avant à la base du poumon gauche où existe 
la douleur, riep à droite. Le cœur ne présente rien d’ànor- 
mal. Le teint est d’un fond jaunâtre-animé. D’après les symp. 
plômps généraux et malgré l’absence de signes stéloscopiqpps 
tranchés on diagnostique une pneunionie 4u PPlé gauchg; 
dès hier au soir pu pratiqua une saignée, 

Ce matin , en examinant le sang, on le trouve recouygrt 
d’gne couenne épaisse et résistante , pt on ordonne une bop- 
yelle spignéc de 4 palettes ; lisage d’orge, diète. 

Le soir, il n’y eut pas beaucoup de loqx daps la jourpii; 
pas de mal de tête, Le point de côté est disparq pendapt la 
respiratjQii, inais se fait encore senijr dans ]a toux. En aus¬ 
cultant le poumon gauche on eptend parfaiteipept le râle cré¬ 
pitant qui était à peine sensible ce matip ; qp l’eptepd pripoi- 
paiement dans l’expiraiiop ep avant. En arrière op eptepd 
parfaitement aussi des râles de bronchite, qqi masquent p 
souffle profond, Les crachats sont visquepx, aérés, légèrement 
roux, Pouls à 80, résistant ; respiration à 32. 

Le 9 novembre, le caillot de la saignée dernière est afpc 
couenne épaisse, ferme. Les pommettes sont rouges spr un 
fond jaunâlriî. La nuit pourtant fut calipe, Pas de céphalal¬ 
gie. Il n’y a plus de point de côté, La langue est sèphe, sale; 
le veptre indolent ; pas de'selles, pppls large, résistaflt, à 100; 
respiration à 40. Le râje crc|)jtant est diminué dans topt le 
côté gauche; rien ni en avant, ni en arrière. Les crachats 
sont visqueux, aérés, de la même couleur que les jours pré¬ 
cédents. On ordonne uiie troisième sajgpée ; mauve sucréfi; 
diète. 

Le 10 u.Qvcmbre, le caillot de la saignée est, très large, 
couvert d’une couenne épaisse, un peu molle; la face est 
abattue, pâle. Cette nuit, il y a eu dp délire avec agitaiiop. 
Le malin le calme est rétabli, le malade répond nettement 
aux question ; sueurs abondantes ; pas de céphalalgie. La 
langue est .sale, couverte d’un enduit jaunâtre, épais, Popis 
à 104, inégal ; respiration à 4à. Il y a toujours du râle cré¬ 
pitant à gàuche. Poiion avec eau de fleur d’oranger, 120 gràW’ 
mes ; sirop diacode , 30 grammes, et tartre stihié, 20 centi¬ 
grammes. 

Le soir, le pouls était descendit à 84, très irrégplter, mop. 
Peau moite, Respiration à 36. 


huit ans , il y eut récidive au liout de dix meis , et nouvelle guérison 
à l’aide des vermifuge.s, guérison qui depuis plus de quatre ans ne s’est 
pas démentie. 

Je m’abstiens, à dessein, de relater ces deux faits, qui me sont pro¬ 
pres, dans tous leurs détails, et je me hâte de présenter au lecteur nos 
autorité bien ppts imposante qpe la mienne, celle de l’tip des meillegrs 
observateurs de notre époque, autorité que personne perécqsera ; c’esi 
celle de M. Andral. Voici ce rjue rapporte ce professeur distingaé. 
(Bulletin de Thérapeutique, 1838 , t, XV, p. 17.) 

Une jeune dame espagnole présente à l’observation des palpitations 
d’une violence extrême ; non-seulement la main et l’oreille sont forte¬ 
ment repoussées à l’exploration de la région précordiale ; mais encore 
telle est l’intensité des contractions , qu’à plusieurs piçds du l|t sqr le¬ 
quel repose la malade , on eniend très distinctement le bruit dont IfS 
contractions s’accompagnent. Cornnie on le pense bien, le pronostic fut 
des plus graves pai tni les iiié leciris consultants , et le plan du traite¬ 
ment le plus énergique à opposer à une meladie organique du cœur fet 
arrêté. I| n’y avait que qitelques jours que ce traitement était commea- 
cé, quand la malade rendit spontanément, dans sa garderobe, une 
grande quantité de vers lombrics. A partir de ce jour, les palpitalione 
diminuèrent d’une manière marquée, puis bientôt disparurent complè¬ 
tement. 

Si ce fait intéressant, recueilli par M. Andral, était unique dans la 
science, on pourrait, juisqu’à un certain point, penser qu’il n’y a en 
qit’une double coïncidence fortuite entre la présence de ces vers dam 
l’inleslin ef les palpilations, puis entre la cesselion brusque de celles- 
ci et l’évacuation spontanée de ceux-là. Mais il n’en est pas ainsi, et 
sans rappeler ceux que j’ai recueillis, je dirai que nos qnnales en con- 
liennent plusieurs autres qui ne peuvent permettre le plus léger 
doute. 

{La suite à un prochain numéro.)^ 














- 15 — 


Le 11 novembre, la figure est moins abattue ; ii y a eu 
plusieurs selles ; pas de vomissements. Les crachats sont vis¬ 
queux , moins jaunes ; langue sèche ; soif vive. Selles sans 
coliques ; ventre indolent à la pression. Pouls h 88, intermit¬ 
tent ; respiration à 36. En arrière, râle muqueux à gauche ; 
en avant quelques bulles disséminées de râle crépitant. On 
continue la même potion slibiée et la diète. 

Le soir, pouls k 84, irrégulier, mou ; respiration à 40. La 
peau est chaude ; le teint animé avec un fond jaunâtre ; râle 
crépitant à grosses bulles, abondant à gauche et en arrière 
dans toute la hauteur du poumon. Respiration soufflante dans 
le creux de l’aisselle gauche, Respiration puérile à droite en 
avant. 

Le 12 5 faciès calme et reposé. La nuit fut tranquille ; la 
bouche est moins pâteuse ; langue médiocrement sèche, vis¬ 
queuse ; pas de selles ni d’envies de vomir. Le pouls à 72. La 
respiration est k 32. Il y a du souffle profond dans l’épine de 
l’omoplate dans l’étendue de 4 à 5 centimètres. Bulles de râle 
muqueux dans ce point et dans le côté. Les crachats sont en¬ 
core visqueux et un peu couleur sucre d’orge , plus opaques. 
Même potion ; mauve sucrée ; diète. 

Le 13, la nuit a été bonne. Ce matin le faciès est calme ; la 
bouche encore moins pâteuse ; la langue est cependant sabur- 
rale. Pas de selles ni d’envies de vomir. Pouls k 64 ; respira¬ 
tion 32. Ii y a du souffle tubaire en haut avec crépitation dans 
toute l’étendue du poumon gauche, entremêlée de gros râles 
muqueux. Potion gommeuse simple ; 2 bouillons. 

Le soir la peau est fraîche. Pas de mal de tête. Pouls 64. 

Le 14, sommeil avec rêvasseries. Crachats visqueux encore 
un peu colorés. Langue humide; faciès calme, naturel. Ven¬ 
tre souple et excrétion urinaire facile. Pas de selles. Pouls _k 
68 ; respiration à 28. Il y a encore un peu de matité en haut 
en arrière, à gauche, et du .souffle tubaire dans la fosse sous- 

- épineuse. La respiration est un peu rude, sans crépitation 
dans tout le poumon gauche. Mauve sucrée; 2 bouillons; po¬ 
tion gommeuse simple. 

Le 15, plus de crachats rouillés, visqueux, adhérents, géla- 
tiniforraes. Une selle spontanée. Nuit calme avec bon som¬ 
meil. Pas de mal de tête. La figure est naturelle. Pouls k 60 ; 
peau fraîche; respiration k 28, calme. Le souffle se perçoit 
encore dans le poumon gauche en arrière, mais de plus en 
plus faible ; il est toujours un peu plus rude dans la fosse sous- 
épineuse. Pas de râle crépitant de retour, fliôme prescription; 
2 potages. 

Le 16 novembre, crachats moins vistjuenx, peu adhérents 
pu vase. Faciès calme ; teint meilleur, plus naturel. Pouls k 
68; peau fraîche; respiration à 24, très calme, un peu rude 
dans la région indiquée. Une selle ordinaire sans coliques; 
quelques vents. Pas de râles crépitant de retour. Môme pres¬ 
cription. 

Le 17, crachats un peu plus adhérents au vase. Pouls k 60; 
respiration â 24. Une selle spontanée sans douleurs. Bon som¬ 
meil. Pas de mal de tête. Le malade se trouve toujours mieux. 
L’appétit se réveille. Une portion. 

Le 18, la figure est excellente; l’appétit très vif. Une selle 
naturelle. La respiration est pure partout, excepté dans le tiers 
supérieur du poumon gauche en arrière, où elle est un peu 
rude encore. Pouls à 60 : peau fraîche. Même prescription. 

Le 19, le mieux se soutient. Même état qu’hier. Môme trai¬ 
tement. 

- Le 20, hier le malade s’est levé un peu sans rien ressentir. 
L’appétit est toujours bon et les digestions parfaites. Une selle 
ordinaire. Le .sommeil est bon, tranquille. Apyrexie complète. 

. La re.spiration e.st encore un peu rude et soufflante dans la 
fusse sous-épineuse gauche, pure dans tout le reste du pou¬ 
mon. Deux portions. 

Le 21 novembre, les forces reviennent petit à petit. La toux 
a presque enlièrement disparu. L’appétit est excellent. Denx 
selles ordinaires sans coliques. Pouls normal. Potion gom¬ 
meuse; 2 portions. 

Le 8 décembre, le malade est allé toujours de mieux en 
mieux; il est arrivé â manger ses trois portions, et sortit par¬ 
faitement guéri. 

Ce cas de pneumonie est encore un des milliers qui sont 
venus confirmer les grands avantages du tartre stibié dans le 
traitement de cette grave maladie. Nous voyons ici la phleg- 
masie pulmonaire persister dans toute sa force, malgré les sai¬ 
gnées répétées, et se modifier rapidement après la première 
dose d’émétique, et marcher d’une manière franche vers la 
résolution. C’est désormais un axiome thérapeutique admis 
par tous les médecins observateurs, que l’efficacité de ce mé¬ 
dicament. Ce qui n’est connu et admis encore que par un très 
petit nombre d’entre eux, c’est son mode d’action véritable ; 
ce sont les avantages immenses qu’on peut tirer d’une foule 
d’autres substances médicamenteuses employées selon les lois 
formulées par Rasori et Tommassini, etsanciionnées par l’ob¬ 
servation et l’expérience la plus rigoureuse. Nous regrettons 
vivement que les ouvrages immortels où sont consignées les 
niéditations de ces grands médecins, ne soient presque pas 
lus en deçà des Alpes ; l’art thérapeutique, nous en sommes 
convaincus, n’anraitqu’à y gagnèr, surtout en France, où de¬ 
puis long-temps il nous semble marcher dans une voie fausse 
et se perdre en efforts irrationnels. Nous reviendrons sur cette 
importante matière plus d’une fois, et nous ne désespérons 
pas de transmettre à nos lecteurs une partie au moins des 
convictions que nous avons à cet égard. 


ACADEMiK DE MEDECINE. 

Séance du 9 janvier 1844. — Présidence de M. Feiuius. 

La correspondance comprend la lettre suivante, de Vi. Aubert- 
Roche , lue par décision du conseil : 

M. Clia.ssinat, médecin du minislèie de l’intérieur, s’est chargé de 
vous transrae'iire l’héstoririue et les conséquences do co qui se serait 


passé à hord du bateau k vapeur le Léonidas, en 1837. Ce fait, tel 
qu’il est raconté , viendrait se mettre en opposition avec les conclu¬ 
sions tirées d’une expérience de 124 ans , et ponriaît, comme M. le 
secrétaire annuel s’est empressé de vous le faire remarquer, servir de 
réponse h la lettre que j’ai eu l’honneur de vous adresser et qui vous 
a été lue dans la dernière séance. 

Probablement M. le médecin du minisière de l’intérieur aura été 
mal renseigné , ou bien sa mémoire lui aura fait défaut. Le médecin 
du Léonidas était, non M. Cassiat, mais M. Loubet. 

Voici le fait tel qu’il s’est passé el puisé aux sources officielles ; 

Dépêche de Marseille. Ministère de l<f marine. Bureau des mouve¬ 
ments et de correspondance générale. 

« Le Léonidas est entré en grande quarantaine à Marseille le 9 juil¬ 
let 1837. Ce bâtiment a quitté Constantinople le 27 juin, et a passé 
les Dardanelles le 28 ; le 29 il a mouillé à Smyrne , d’où il est parti 
le 30, jour de son arrivée à Syra. Le l" juillet il est parti de ce der¬ 
nier port pour Malte, où il est arrivé le 4 et en est parti le 5 , et le 8 
de Livourne. » 

Circulaire. — Intendance sanitaire de Marseille, 17 juillet 1837. 

« M. Lorin, lieutenant de vaisseau, commandant le paquebot à 
vapeur le Léonidas, arrivé an port de Fijoui le 9 courant, venant de 
Constanlinople et autres ports dq Levant , ayant 47 hommes d’équi¬ 
page et 18 pas.sagers, a déclaré à sou arrivée avoir qn de ses chauf¬ 
feurs , Louis D.rmbüis , malade d’une gastrite et qucîque.s autres per¬ 
sonnes du bord légèrement indisposées. 

» Le 11, le preitiitr malade ( Louis Dombois ) est mort à bord ; le 
cadavre ayant été tran.sporlé au lazaret avec les aulre.s malades , l’au • 
top.sie en fut faite en pré.sençe des médecins de l’Intendance ; elle a 
présenté k l’inspection de l’eslomac, des intestins et du cerveau tous 
les signes d’une violente inllammation. 

» Un second rnaiade, te nommé Jurion . élève mécanicien , s’e.st 
(ilaint d’un violent mal de tête, et le lendemain il a ressenti une dou¬ 
leur accompagnée d’une tumeur au haut de la cuisse gauche qui l’empê¬ 
chait de marclier. Plus tard les médecins ont reconnu sur l’habitude du 
corps de ce malade des pétéchies et autres symptômes de pe.ste non 
douteux , accompagnés d’hémorrhagies, de délire , etc., etc. : ii est 
mort le 17. » 

De plus, il est constaté par la correspondance officielle , qiie l’Jn- 
lendance de la santé de Marseille a ordonné de brûler les effi-ts de 
Domhois et de Jurion ; que Dombois était malade et alité avant d ar¬ 
river à Livourne ; qu’il y a eu un troisième cas .sur Un aide cuisinier; 
que ces trois attaques ont eu lieu à bord et non au lazaret. Enfin voici 
comment l’alfaire du Léonidas est eonsignée dans le rapport fait .sur 
documents par M. le secrétaire du Conseil supérieur de santé au mi¬ 
nistère du commerce. 

« En 1837 (voir page 19) lè paquebot k vapeur de l’AdmiHi.Stration 
des postes , le Léonidas , arrive à Marseille ayant un homme malade 
à bord ; ci t homme mourut, et il fut reconnu atteint de peste ; il y 
eut deux décès produits par la même maladie. » 

D’après ces documents existant aux ministères de la marine, du com¬ 
merce, k l’hôtel des Postes et k l’intendance sanitaire de Marseille , il 
est cerlain que le Léonidas , parti le 27 juin , est arrivé à Marseille le 
9 juillet ; temp.s de route, 12 jours ; que Dombios, l" m.ort, était alité 
de sa prétendue gastrite t jour avant d’arriver k Maisejiiè ; celi- gas¬ 
trite fut reconnue peste, puisque les effets de ce mort oî.t été biûlés ; 
Que le Léonidas a mouillé k Smyrne le 29 juin, et en c.st paili le ."jO. 
C’était précisément dans un moment où la peste épidémique régnait 
avec-intensité dans Smyrne. Or, du 30 jidn an 9 juillet, il n’y a que 
9 jours d’intervalle; Dombios ayant été alité 1 jour avant l’arrivée k 
Marseille, cela fait 8 jours entre le départ d’un point épidémique et le 
jour de la manifestation de la peste. 

Je ne sais comment M. le médecin du minisière de l’inférieur a fait 
pour trouver un laps de temp.s de 13 jours. Il est probable que les do¬ 
cuments olficiels n’auront pas plus fixé son attention que mon travail 
qu’il s’est chargé de réfuter ! 11 s’étonne dans sa lettre que je n’aie pas 
cité le fait du Léonidas ; son étonnement et sa réfutation tombent mal: 
je me suis justement appuyé sur le fait du Léonidas, que je cite plu¬ 
sieurs fois (pages 74, 80, 82 des Documents imprimés ci-joints). 

Comme temps extrême de la manifestation de la mala.lie après le 
départ, j’ai porté ce temps k huit jours. 

Ainsi, la con.-éqiience de 64 faits, y compris celui du Léonidas, et 
d’une expérience de 124 ans, constatant que l.v mapifestali.ui de la ma¬ 
ladie à bord n’a jamais passé 8 jo:irs, k dal.r du jour du départ, de¬ 
meure intacte. 

M. Lonrfe établit-le? mêmes faits qu’ii a recueillis par ses ren.si-igne- 
ments propres. En résumé, il en résulte que le premier malade a été 
atteint dans l’intervalle .les huit jours, et si ce nlblade a eu ia peste, 
ce qui est aussi probable pohr lui' que pour les autres, ceux-ci ont pu 
la contracter sans que la loi de M. Aubert soit en rien infirmée. Du 
reste, le directeur des postes a promis des renseigUeniénfs (lo.silifs sur 
les dates , et M. Londe s’empressera de les communiquer k l’Aca¬ 
démie. 

M. Dubois (d'Amiens) rappelle les faits contenus dâns Iq lettre de 
M. Chassint, et en conclut que les opinions dé M. Aubert ont besoin 
d’un sérieux exarticn. 

M. Ifamont cherche k rentrer dans la discussion généiale; mais il 
est inlerroippu par M. le président, qui invoqué lés exigences de l’or¬ 
dre du jour. 

M. Gérardin demande si la discussion sur ce sujet pourra être re¬ 
prise dans la séance prochaine, 

M. le président répond qu’il rie peut le dire; mardi prochain l’Aca¬ 
démie devra se former en obmité secret k une heure peu avancée pour 
entendra le rapport sur les candidatures k la place vacante dans la sec¬ 
tion de pathologie interne. 

il/. Soyer-Collard saisit cette occasion peur se plaindre du long re¬ 
tard que la çoimnissiOB g apporté k faire ce rapport. La candidature 
est ouverte depuis dix mois, plusieurs places sont vacantes à l’Acadé¬ 
mie ; .si les commissions fntures ibeltaient aiusi peu de zèle k s’acquit¬ 
ter de leur devoir, les intérêts de l’Académie en souffriraient. 

—- il/. A. Bérard fait un rapport sur un mémoire de M. Lasserre . 
membre correspondant, relatif aux fractures des malléoles iiilerces et 
externes, avec issue des fragmenjs k travers la peau. 

Ce mémoire renferme quatre observations de o tte lésion. La cau.se 
a toujours été une çlmte sur les pieds. La réduction a été lonjnurs fa¬ 
cile; mais la coaptation des fragraents a été trois fois empêcliée par 
drs accidents graves, qui trois fois ont nécessité ranipulalion. Dans le 
quatrième cas, l’auteur s’est servi d’un appareil de contention dont la 
description n’a pas paru assez claire au rapporteur pour qu’il pût la 
reproduire. Ce cas s’est terminé heureusement. Ces quatre faits ne pa¬ 
raissent pas sufbsaiits k M. le rapporleiir pour décider cette question, 
savoir, si dans des cas semblables il faut amputer ou s’on tenir aux 
moyens contentifs. Néanmoins, ils doivent être pris en considération. 
M. Bérard saisit cette occasion pour appeler l’attention de l’Académie 
sur sa pratique en pareille circonstance, et qui coirsiste k faire la sec¬ 
tion du tendon d’Achille et même des péroniers, afin de faciliter la ré¬ 
duction, et puis k placer le membre dans une gouttière en fil de ter 
analogue k celle de M. Mayor. 

L’auteur étant membre correspondant, ce rapport n’a pas de con¬ 
clusions. 

I M, Velpeem. Je m'élenne de n'avorr pas entendu parler dé la ré¬ 
section des os Comme moyen de faciliter la réduction et d’anîver k la 
co|)tation de ces fractures. Ces fractures graves ont trouvé un bon 


moyen dans la résection. La réduction en est très difficile ; la résection 
a pour but de la faciliter. Nul doute que la section du tendon d’Achille 
ne soit un bon moyen pour arriver k ce but ; mais le déplacement 
fend k se reproduire, ce qui n’arrive pas avec la réseclion. D’ailleurs, 
par la réseclion on diminue les chances de tétanos, de déchirure de 
tissus et autres accidents graves qui surviennent trop souvent dans 
le réduction simple. 

M. Roux. Sans vouloir jeter le moindre doute Sur l’authenticité et 
la véracilé des faits rapportés par M. Lasserre, je ne puis cependant ne 
pas être étonné qu’il ait rencontré quatre faits absolument analogues 
dans une pratique probablement restreinte. Je n’ai jamais eu l’occasiou 
d’avoir k recourir k la section du tendon d’Acldlle, qui me parait ün 
moyen extrême. La résection est toujours ce qui m'a le mieux réussi, 
et je crois que, pratiquée k tempe, elle lût évité k M. Lasserre la dou¬ 
loureuse extrémité de recourir k l’amputation, qui a eu des résultats si 
funestes. 

M. Capuron. On trouve étonnant que M. Lasserre n’ait pas eu re¬ 
cours k la résection ; mais on oublie que dans son mémoire il établit 
que toujours la réduction des fractures lui a été facile. 

M. Gerdy. Je ne trouve rien d’étonnant k ce que M. Lasserre, qui 
pratique k ta campagne, ait vu quatre cas de fracture des malléoles. 
Pour mon compte , j’en ai rencontré trois k l’iiôpilal Saint-Loiiis où 
abondent toutes les lésions résultant de l’emploi de la force. Je ne vois 
pas dans les observations de M. Lasserre des indications bien éviden¬ 
tes pour l’amputation. Ce n’est pas que j'aie une aussi grande con¬ 
fiance en la résection que M. Velpeau et Mi Roux. Là section du 
tendon d’Achille peut en quelques cas trouver son application. D’aplès 
ce que j’ai pu eomprendie de l’appareil contentif de M. La.sserre, il 
aurait pour but de prévenir le renversemoiit du pied en dehors. Or, 
pour moi , ce renversement du pieil est excessivement rare et excep¬ 
tionnel. Dans plus de cent cas de fracture de péroné que j’ai eu occa¬ 
sion d’observer, je ne l’ai pas encore observé une seule fois. 

M. Roux. M. Gerdy a été fort heureux de ne jamais rencontrer le 
renversement du pied. J’en conclus qu’il n’a jamais eu affaire qu’k des 
, fractures légères et simple.s. Dans celles où il y a rupture des liga¬ 
ments ou arrachement des malléoles, il existe non-seulement une in¬ 
clinaison du pied, mais une véiifable luxation du pied en dehors, 
comme l’ont constaté d’ailleurs les recherches de Dupuytren et d’Astley 
Cooper. 

M. A. Bérard. La divergence entre mes deux honorables collègues 
et moi sur l'opportunité de la résection, est plus apparente que réelle. 
Cette rés-ction peut s’opérer k deux temps différents ; 1“ quand la ré¬ 
duction est impossible, ce qui n’èst pas le cas des observations de M. 
Lasserre ; 2* quand, la réduction ayant été faite, le déplacement se re¬ 
produit. Je n’en conteste l’elficacité ni dans l’iin ni dans l’autre de ces 
cas. Je demande .‘seulement si la résection et la section du tendon 
d’Acldlle ne peuvent pas aller ensemble et sè prêter un mutuel secours. 
Dans un cas analogue k ceux (dm rvés par M. Lasserre, par quel 
moyen vaudrait-il mieux comiiienccr ? Par la ré.section, opération 
grave certaim meiit, ou par la sèClinn sous-cutanée du tendon d’A¬ 
chille, qui ne peut donner lieu à aucun accident? Pour mon compte, 
la question ainsi posée est résolue, et je préférerai toujours commencer 
par l’opération la plus innocenle, quitte à en venir ensuite, si besoin 
est, k la résection des os. 

La ciêture de la di,«ciission sur ce sujet est prononcée. 

— M. Cruveilhier lit une note sur les corps fibreux de la mamelle, 
envisagés sous le point de vue anatomique et pratique. 

L’auteur présente d'abord des considérations générales sur les corps 
fibreux qui peuvent se développer dans l’économie. Il les considère 
sous les points de vne de leurs caractères anatomiques, de leur évolu¬ 
tion, de leur siège, de leur terminaison, de leur traitement. Apptiquant 
ces données générales aux corps fibreux du sein, il en tiace l’histoire 
complète sous tous ces rapports, et se résume par les propositions sui¬ 
vantes ; 

Les corps fibreux des mamelles constituent une affection très ffé- 
quente. 

Leurs caractères anatomiques diffèrent complètement de ceux des 
tumeurs cancéreuses. 

Leur nature peut être reconnue par leur mobilité ; ils roulent sous 
le doigt, ne sont pas adhérents comme les tumeurs squirrheuses. 

Ils ne sont pas susceptibles de dégénéreccetièc. 

Ils ne doivent pas être extirpés. 

Après l'exlirpation , quand elle a été pratiquée par erreur de diag¬ 
nostic, ils no repullulent pas. 

M. Blandin. Ce travail est toit impartant, et soulève de grandes 
questions d’anatomie palbologiqiie et siictoiit de tliérapeutique. L’heure 
est trop avancée pour coinmoncer la discussion ; je demande qu’elle 
soi; renvoyée ,k la séance prochaine. 

Cette pioposition étant appuyée, est mise aux voix et adoptée. 

-- M. Scoutetten, membre cotrespondant, présente k l’Académie lés 
dessins des iustrumenls de chirurgie antique qu’il a eu occasion d’exa¬ 
miner k IL rèulanum et k Pompéï. Ou y voit les dessins de loutes les 
sondes dont se servaient les anciens , et, entre autres , de la sonde 
droite et de la sonde en S; les inslrnnients pour le cautère actuel, des 
gouges k résection, des spatules , l’a'guille k séton , les ciseaux , le 
trocart, etc. 

Ce même chirnrgicii présente ou appareil de sustentation des mem¬ 
bres dgiis le Cas de frgeture , appar. il inventé par lui. 

— M. Bouvier présente les pièces pathologiques résultant d'une 
fracture de l’axis survenue clicz une vieille femme de ia Salpêtrière 
qui .se laissa clioir de sou lit eu voulant piendre le bassin. 

La séance est levée après cinq heures. 

— Le mémoire lu dans la dernière séance par M. Fleury, ne lui est 
pas commun avec M. Monneret, comme nous l’avions indiqdé par er¬ 
reur ; M. Fleury en est le seul auteur. 



ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Séance du 8 janvier 1844. — Présidence de M, Dupin. 

M Fusler lit la plémière partie d’un mémoire, intitulé; Recher¬ 
ches Mir le climat de la France.’Ces recherches comprennent trois par- 
tie.s ; 1" l’exposé des faits touchant les mollifications de ce climat ; 
2° la discussion de ces faits, pour en déduire les caraclères des modi¬ 
fications clmiatolomques ; 3» l’exauien des circonstances qu’on peut 
regarder comme les causes de ces modilicatious. Il ne s’agit dans 
uelle première lécinre que de la partie purement historique. 

Cette histoire commiuice k la conquête de la Gaule par Jules César, 
cinquante ans avant l’ère actuelle. Elle embrasse ainsi dix-neuf cents 
ans. Elle se compose elle-même de deux périodes bien distinctes : l’une 
pendant laquelle le climat de la France .s’est amélioré par degrés; l’au¬ 
tre pendant laquelle ee climat sbst détérioré par degrés. La lecture 
d’aujourd’hui ne comprend que la période de fou amélioration progres¬ 
sive. Elle .s’i'dend depuis Jules César jusqu’au douzième siècle. Elle 
embrasse ainsi 1050 ans. 

L’auteur s’est altaclié d’abord k reproduire l’ensemble des traits du 
climat de la Gaule au temps de la conquête de César, en la considérant 
successivement et par ses qualités atmosphériques, et par ses condi¬ 
tions topographiques. Il résiille des faits rassemblés par M. Fuster, 
que la Gaule, sous Jules César, avait un climat tiè.s rigoureux. Ses hi¬ 
vers étaient très froids, très précoces cl très longs. Le froid gelait tou¬ 
tes les rivières navigables , y compris le Rliône , et la glace était .si 
forte, qu’elle portait des armées en tonte sûreté avec leur train et leurs 
bagages. M. Fusler pense, d’après ces faits, que ces hivers commen- 













— 16 


çaient au mois d’octobre, et se prolongeaient jusqu’au mois d 

D’abondantes pluies inondaient alors la Gaule ; il s’y Joignait des 
tempêtes si terribles, qu’elles poursuivaient les indigènes même jus¬ 
que dans l’épaisseur des forêts. Il est certain que ce climat^ repoussait 
la culture de la vigne et du figuier, et ce qui prouve que c’est bien sa 
rigueur qui s’opposait à leur culture, c’est que la vigne peut y croître 
spontanément. 

La culture du sol de la Gaule ne répondait pas à sa fécondité. Des 
forêts immenses et impénétrables l’enveloppaient de tous côtés. M. 
Fuster a essayé, en se servant des monuments de l’Espagne et de tra¬ 
ces respectées par les âges , de reconstruire les antiques forêts de la 
Gaule. Il en a suivi ainsi la direction dans le nord , dans le centre et 
dans le midi. L’auteur a poussé plus loin ses recherches, il a tâché de 
mesurer la surface de ces forêts. Ses données approximatives l’ont 
conduit à penser que la Gaule primitive du Rhin aux Pyrénées ne cori- 
tenait pas moins de 46 millions d’hectares de forêts.—Tel était le cli¬ 
mat de la Gaule cinquante ans avant notre ère. 

Ce climat s’améliora rapidement. Tous les écrivains du premier siè¬ 
cle déposent de cette amélioration. Il perdit d’abord de son âpreté, 
sans cesser encore néanmoins d’être très rigoureux. Indépendamment 
des preuves tirées des caractères atmosphériques, l’auteur cite comrne 
résumé de ses progrès la marche ascensionnelle de la culture de la vi¬ 
gne dans le premier siècle. Arrêtée avant Strabon au pied des Céven- 
nes, elle commence alors à franchir cette barrière. Coiumelle la ren¬ 
contre plus tard chez les Allobroges (Dauphiné), et Pline la voit naître 
spontanément dans le Vivaiais, se reproduire dans la Viennoise, par¬ 
venir en Auvergne , et atteindre même la Séquanaise, ou Franche- 
Comté. Enfin lorsque, vers l’an 69 de notre ère, Domitien fit arracher 
la vigne de la Gaule, on n’avait pu en pousser la culture au-delà des 
environs d’Autnn et du territoire des Bituriges (Berry). 

Des modifications topographiques accompagnèrent ces modifications 
météorologiques. M. Fuster suit ces nouvelles modifications dans l’état 
des forêts, de l’agriculture et de la civilisation. Ce premier ordre de 
changements remonte à Auguste, et .s’étend jusqu’à Domitien. 

Ce climat continue à gagner dans les siècles suivants quand l’empe¬ 
reur Probus permit aux Gaulois de replanter la vigne; sa culture arrê¬ 
tée en 96 , sous le 47® degré de latitude , s’étendit du côté du 
nord, le long de la Seine. Le figuier, plus sensible au froid, et retenu 
au commencement de notre ère en deçà desCévennes, suivit rapide¬ 
ment la marche ascensionnelle de la vigne. Julien, qui se trouvait dans 
la petite ville deLutèce au milieu du quatrième siècle, trace un tableau 
charmant de cette région. 11 vante l’extrême douceur de sa tempéra¬ 
ture, l’excellence de ses vignes et la rapide multiplication de ses fi 
guiers. Il apprend aussi, par une de ses lettres , que les blés étaient 
déjà mûrs au solstice d’été dans le nord de la Gaule. 

Le midi s’était amélioré comme le nord. Ausone de Bordeaux et 
Sidoine Apollinaire ne permettent pas d’en douter. Les forêts dimi¬ 
nuaient toujours en même temps. L’agriculture et la civilisation fai¬ 
saient des progrès. 

Lorsque les Francs devinrent maîtres de la Gaule sous le nom de 
France, dans le cinquième siècle , son climat était encore plus doux 
que du temps de Julien. Il consistait en pluies suivies d’inondations, 
et en chaleurs intenses, précoces et prolongées ; ce qui procurait pres¬ 
que chaque année, à celle région, deux floraisons et deux fructifications. 
La vigne atteignit, dès ce moment, les points les plus septentrionaux 
du royaume ; elle couvrait la Normandie , la Bretagne et la Picardie. 
Toutes ces vignes rendaient de très belles récoltes de vin , et plusieurs 
d’entre elles fournissaient un vin très bon. La vendange se faisait au 
mois de septembre ordinairement, et quelquefois même au mois d’août. 
La moisson avait lieu aussi, dans ces contrées septentrionales , dans la 
seconde quinzaine du mois de juillet. Les actes authentiques rassem¬ 
blés par l’auteur ne laissent pas le moindre doute sur toutes ces obser¬ 
vations. 

Le neuvième siècle marque les limites du progrès du climat de la 
France. Toutefois , ce climat ne perdit rien avant le douzième siècle; 
il parut rester stationnaire pendant deux cents ans. Ses hivers consis¬ 
taient également en pluies et en tempêtes ; les vignes en couvraient 
toute la partie septentiionale. La moisson continue à se faire vers le 
nord à la fin du mois de juillet, et les vendanges à la fin du mois de 
septembre. 

— M. de Gemini, de Constantinople, envoie des considérations sur 
le mode de transmission de la peste, et sur la génération des maladies 
en général. 

L’auteur considère 1“ le principe de la peste comme existant dans 
un fluide composé d’animalcules imperceptibles , lequel, étant assez 
subtil pour pénétrer les pores du corps humain , s’y combine avec le 
système humoral et la constitution organique; cette combinaison sus¬ 
pend instantanément l’équilibre des fonctions organiques par la décom¬ 
position simultanée des deux principes combinés, c’est-à-dire , des 
fluides de l’économie et du fluide pénétrant, et développe ainsi le virus 
morbifique sous des caractères plus ou moins graves, selon les condi¬ 
tions spéciales de la constitution de l’individu. 

2“ Je n’admets pas le principe de la contagion , c’est-à-dire, la pos¬ 
sibilité de la communication soit de la peste, soit de toute autre ma¬ 
ladie contagieuse ou épidémique, sans le concours de l’action du fluide 
électrique. 

— M, Scouietten lit une note sur la trachéotomie dans la période 
extrême du croup. L’auteur rapporte un seul fait qui lui est tout per¬ 
sonnel , car il concerne sa fille âgée seulement de six semaines. 


REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE. 

Bclletin général de thérapeutique. Décembre 1843. 

De l’emploi des évacuants dans certaines formes de fièvres inter¬ 
mittentes récentes ou réfractaires. 

L’auteur anonyme de cet article professe, avec du reste tou.s les 
bons observateurs, que la fièvre intermittente est quelquefois liée à un 
état particulier des voies digestives, état désigné sous le nom de plé¬ 
nitude, qui peut rendre inefficace l’emploi du quinquina jusqu’à ce 
que la méthode évacuante ait fait disparaître la complication. Quel¬ 
quefois même un vomitif, administré dans ces circonstances, fait dis¬ 
paraître pour toujours les accidents. C’est ce que prouvent les faits 
qu’il rapporte et dont nous citerons les suivants : 

Un militaire âgé de vingt-trois ans, est pris en route de vagues 
frissonnements, de céphalalgie, de courbature ; malgré ces accidents, 
le malade continue sa route en partie à pied , en partie en voiture. 
Le lendemain du jour où ces accidents se sont développés pour la 
première fois , et à peu piès à leur début, un frisson intense se fait 
sentir , et il est suivi des idiénomènes ordinaires d’un accès fébrile. 
Pendant trois jours les mêmes accidents se répètent périodiquement. 
Faciès profondément altéré, teinte jaune surtout très prononcée à 
l’ovale inférieur ; céphalalgie frontale intense; inappétence, répugnance 
invincible même pour toute espèce d’alimentation ; langue sabiirrale, 
large et comme épaissie ; amertume très grande de la bouche ; senti¬ 
ment de courbalure et de faiblesse tout à la fois ; douleurs vagues 
parcourant l’abdomen ; garderobes rares ; insomnie complète ; pouls 
d’une médiocre fréquence ; bien que le malade ait changé de linge 
pendant la nuit, la peau est encore moite et comme macérée. Pres¬ 
cription : 10 centigrammes de tartre stibié ; vomissements bilieux ex¬ 
cessivement abondants. Dès le lendemain, tous les symptômes qui 
annonçaient une turgescence bilieuse et prononcée se sont effacés, 
mais, en même temps, à partir de ce jour, ta fièvre n’a pas reparu. 

La fille Bonnot, d’une constitution d’une force médiocre, jouissant 
d’une santé habituellement bonne , régulièrement menstruée, et habi 
tant la campagne , est atteinte, au commencement de l’automne de 
1842 , d’une fièvre tierce à laquelle on oppose d’emblée le sulfate de 
quinine ; celte fièvre, combattue de la même manière à diverses repri¬ 
ses, cesse et reparaît alternativement ; en somme la maladie durait de¬ 
puis six mois , quand cette femme devint grosse. L’état de grossesse 
mit fin à la fièvre; mais l’accouchement terminé, le mal réparait avec 
le même caractère, c’est-à-dire, sous le type tierce. C’est alors seule¬ 
ment que nous observons la malade ; l’affection durait, à partir de 
l’époque de sa réapparition, depuis deux mois environ. Le faciès porte 
l’empreinte de la cachexie, qu’on a appelée ictère splénique. L’appétit 
est fort irrégulier, la bouche est pâteuse, la langue saburrale. L’abdo¬ 
men, exploré, n’offre à la palpation aucune lésion appréciable. Je fais 
prendre à la malade deux bouteilles d’eau de Sedlitz à deux jours d’in¬ 
tervalle ; il en résulta des selles abondantes. Les troubles fonctionnels 
qui existaient du côté du tube digestif s’effacent peu à peu , de même 
que la langue se débarrasse de l’enduit saburral qui la chargeait. La 
fièvre manque complélemeiit le jour où elle devait reparaître; elle ne 
se montre pas davantage pendant les quinze jours que la malade est 
restée sous mes yeux. J’ai pu d’ailleurs m’assurer que depuis cette 
époque l’affection périodique n’a point reparu. 

Un mot sur les affections cutanées dyscromateuses , et en particu¬ 
lier sur le traitement de la panne hépatique par la pommade au 
goudron ; par le docteur Dauvergne, médecin de l’hospice de Ma- 
uosque (Basses-Alpes). 

L’aiileur appelle panne hépatique, taches hépatiques , une affection 
de la peau qu’Alibert avait classée dans ses Dermatoses dyscromateu¬ 
ses, et que la plupart des auteurs avaient désignée sous le nom 
à’éphélides, et confondue avec les taches de rousseur, diverses ma¬ 
cules scorbutiques, ou les taches inégales que certaines femmes , en 
faisant abus des chaufferettes, ont en hiver à la partie interne des 
cuisses. 

Dans deux cas rebelles à toute espèce de traitement, M. Dauvergne 
a réussi à faire disparaître la maladie par des frictions d’une pommade 
au goudron, dont voici la formule; 

Axonge, 30 grammes; 

Goudron, 10 

Mêlez exactement. 

Ces frictions doivent être continuées pendant un temps assez long. 

Mémoire sur une nouvelle méthode de hâter la guérison des plaies 
récentes; par M. Réveillé-Par;se. 

L’auteur termine ainsi son travail ; En résumé, le principe d’ex¬ 
pulser d’une plaie tout ce qui peut déterminer l’inflammation , retar¬ 
der la cicatrisation, porte avec lui la conséquence d’un moyen capable 
d’opérer cette expulsion. L’application d’une ventouse à pompe, dans 
certaines conditions précédemment déterminées , parait le moyeu le 
plus convenable et le plus énergique pour atteindre ce but. L’utilité 
de ce procédé, loin d’être une hypothèse gratuite, repose au contraire 
sur les faits et le raisonnement, sur les phénomènes de la vie les 
mieux observés. S’il est prouvé que toute vérité scientifique doit ar¬ 
river à cet état de clarté, de simplicité qui la rend incontestable nous, 
croyons y être parvenu pour le procédé objet de ce travail. 


Viodure de potassium jouit encore d’une grande efficacité dans fes 
ulcérations non-vénériennes; parM. Espezel, médecin à Esperaza, 

Un homme et sa femme, âgés d’environ trente-six ans, se présenté- 
rent à l'auteur il y a plus de trois mois. Six mois avant, à la suifj 
d’un refroidissement, la femme sentit de la douleur dans le fond de la 
gorge; peu à peu la douleur augmenta au point de rendre la déglutition 
pénible. Diverses tisanes n’ayant rien produit, elle se regarda un jour 
au miroir; et aperçut une sorte de plaie dans l’arrière-gorge. Les coin, 
mères et les charlatans lui font perdre un tempt précieux ; le mal 
augmente, la déglutition des liquides est surtout pénible ; de loin en 
loin il survient des vomissements ; la douleur s’étend dans le larynx, 
dans l’iBsophage ; enfin cette femme vint consulter l’auteur. Une ulcé- 
ration du diamètre d’un écu de six francs occupe la paroi postérieure 
du pharynx. Lamuquense et la couche inusculo-celluleuse sont detrni. 
les, et le stylet touche presque à nu le corps des troisième et quatrième 
vertèbres cervicales. Le fond de la plaie, fort inégal, est couvert d’une 
couche grisâtre, muqueuse; ses bords sont minces, régulièrement dé. 
coupés, un peu décollés, de couleur brune. Les réponses assurées de 
la femme sur l’origine nou syphilitique du mal, engagent l’auteur à le 
considérer comme une ulcération déterminée par une inflamma¬ 
tion locale. Mais les bons effets de l’iodurc de pota-sium contre les ul- 
céralions syphilitiques l’engagent aussi à l’essayer ici. Le remède lut 
ordonné en potion et en gargarisme. Au bout de huit jours, la malade 
éprouve une amélioration telle, qu’elle vint en faire part au médecin, 
étonné lui-même des progrès rapides de la guérison. Le vingt-sixième 
jour de traitement, la cicatrisation est complète, et il serait difficile 
alors de reconnaître que la paroi postérieure du pharynx a été le siège 
d’une ulcération très vaste et très profonde. Trente grammes d’iodute 
de potassium ont suffi pour un si grand et si rapide résultat. 


NOUVELLES. 

Des plaintes nombreuses et fondées nous arrivent relativement à l’é. . 
tat déplorable dans lequel la Faculté laisse les amphithéâtres de l’Eco- ' 
le pratique où ont lieu les cours des professeuis pirticuliers. Non-seu- i 
lement ils sont sans feu, mais encore on néglige de remplacer, même [ 
par du papier, les carreaux cassés ; de sorte qu’à la lettre, les élèves l 
gèlent dans ces salles inhospitalières. Les préoccupations de M. le 1 
doyen sont donc bien grandes, pour qu’il fasse preuve de tant d» négli- S 
gence envers les élèves ? , ç 

— Un concours public sera ouvert, le 2 avril 1844, devant la Fa- j 
culté de médecine de Montpellier pour sept places d’agrégés , savoir : [ 
trois places pour U section de médecines ; deux places pour la section 1 
de chirurgie , et deux places pour la s- ction des sciences acces.soires. | 

Les candidats nommés à la suite de ce concours entreront immé- | 
diatement en exercice , conformément aux dispositions de l’ordon- | 
nance du 10 avril 1840. j 

— On écrit de Cayenne qu’une épidémie de grippe très meurtrière | 
sévit sur les habitants de cette colonie. Au nombre des personnes qui | 
ont succombé, on cite M. Gallot, chirurgien de la marine. 

— La grippe règne aussi d’une manière fort intense à Lyon. 

— Le tribunal de première instance de Philippeville vient de juger 
le sieur M..., docteur en médecine et ex-capitaine de santé de cette 
ville, prévenu de concussion et de faux en écriture publique dans 
l’exercice de ses fonctions. Le tribunal a déclaré M... coupable de faux; 
mais, admettant des circonstances atténuantes, l'a condamné à cinq 
ans de réclusion et à l’exposition. 

— La commission administrative de l’hospice de Vendôme vient de 
prendre une décision qui lui fait bouneur. On sait que jusqu’à présent 
les raallieureux qui décédaient à l’hospice étaient enterrés sans cer¬ 
cueils; c’est l’usage général dans les hôpitaux. L’administration de ; 
l’hospice de Vendôme vient de décider qu’à l’avenir un cercueil serait 
fourni pour chaque trépassé. 


Les nouvelles expériences qui ont eu lieu, tant dans les établisse- 1 
ments publics que dans la pratique civile , ju.stifieut complètement | 
notre opinion sur le sirop anfi-nerveox de M. Laroze, pharmacien à | 
Paris. La réunion du principe tonique et amer au miel de Provence, ' 
reconnu comme un puissant apéritif, est une idée féconde en résultats 
hautement appréciés du praticien. Aussi, jamais de malaise ni répu¬ 
gnance causés par le médicament ; toujours amélioration , toujours 
progrès vers la guérison. Dans la pluralité des cas , il doit être pres¬ 
crit à la dose de deux cuillerées à bouche, matin et soir délayés cha¬ 
que fuis dans un verre d’eau. La dose est d’une seule cuillerée , éga- î 
lement divisée dans un verre d’eau et prise une heure avant chaque j 
repas, dans les aigreurs ou coliques d’estomac , mauvaise digestion | 
avec mal de tête sympathique , absence d’appétit, collique nerveuse, f 
gastrite, ga.stralgie. Dans tous les cas , l’action du Siroj) anti-nerveux ; 
e.st douce, in.sensible, rafraîchissante, et son usage n’assujétit à aucun ' 
régime. Aussi, c'est après avoir constaté l’efficacité de son emploi, la ^ 
fmilité de son administration, la promtitude de ses bons effets que 
nous croyons devoir le recommander aux praticiens qui veulent le , 
progrès de la thérapeutique. 


Le Baume résolutif de Deibl, pharmacien, rue du Temple, 50, ett 
aujourd’hui universellement em|iloyé dans le traitement des affections 
goutleu.ses et rhumatismales. Il doit, sans aucun doute, son efficacité à ’ 
l'heureux choix qui en forme la composition. De nombreux faits de 
guérison viennent chaque jour en approuver l’usage. 


BREVET D INVENTION. 

E'x.'çosWw'». 1839. — l^^àa^\.Ve ATot. 

GHARIÈRE, COUTELIER, 

fabricant d’instrumens de chirurgie, Fournisseur de la 
Faculté de Médecine de Paris. 

Rue de l’Ecole-de-Médecine, 9, à Paris. 

Bouts de sein et Biberons en ivoire flexible, de 4 à 10 fr. — Pompe simple à courant régulii 
sans réservoir d’air, de 12 à 24 fr. — Appareil du Dr Donné, de 5 à 8 fr. — Chacun de ces objets 
est accompagné de la notice explicative. 

Dépôt à Londres, chez M. Warick, Laurence Pountnay Lane. 



Dragées minérales^ 

Pour préparer soi-même, sur l’ordonnance du mé¬ 
decin, verre par verre , les eaux minérales froides oi 
thermales de toutes les sources ; alcalines de Selti. 
de Vichy, etc. Beaucoup de médecins emploient main 
tenant avec avantage les Pilules carboniques contre 
le mal de mer (potion de Rivière sèche), contre les 
envies de vomir des commencements de grossesses et 
les affections analogues. Nous rappelons qu’on les 
trouve au dépôt général des Dragées pour eaux de 
Seltz, Vichy, Bonnes, Spa, etc., à Paris, rue des Mar¬ 
tyrs, 42, et dans les meilleures pharmacies de la 
France et de l’étranger. 

Dragées pour limonade gazeuse. 


ILLUSTREE, 

RECUEIL DE SATIRES, 

Par B. FABBB ( Docéen etDoctenr). 

Les deux volumes ; Paris, 12 fr. 

Départements, 15 

L’ouvrage eDt complet. 

Paris, au bureau de la Gazette des Hôpitaux, 
rue Dauphine, 22-24. 


SIROP PECTORAL r 


P. LAMOUROUX. 


Les Médecins les plus accrédités. Professeurs et Membres de l’Académie royale de Médecine, recono 
mandent ce Sirop contre les Affections de poitrine. Rhumes, Catharres et Irritations. 

Trente années de succès constants confirment la réputation qu’il s’est acquise. 


OUVRAGE! COMPLET. 

Elforts volumes grand in-S» sur deux colonnes. 
PRIX : 50 francs. 

MCTIOlAIRi DES DICTIOlAlBiS 

DE MÉDECINE, 

BBAIVÇAIS BX ÉVBANfOBBS, 

Ou ItoÂii toiN'çVrt (4.6 tX àt 

PAR UNE société DE MÉDECINS , 

Sous la direction du Docteur FABRE. 
L’ouvrage entier forme 8 forts volumes grand in-8<>, 
sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisin, 
et en caractères fondus exprès. 

L’ouvrage entier, pour Paris, 50 fr. 

En vente au Bureau de la Gazette des Hôpitaux, 

rue Dauphine, 22-24. 


CAISÜE CElWRALi: 

ssMEDECIiBiPHiRMClElS 

M. Aug. GRENET, Directeur. 
Bureaux: 25, rue Neuve-St-Denis. 

OPÉRATIONS SPECIALES. Recouvrements à Paris 
et dans les départements. — Cession et permulalioa 
de clientelles et vente de pliarmacies, maisons de santé 
et autres établissements médicaux. 


Le Serment d’Hippocrate. 

DÉDIÉ A TOUS LES MÉDECINS DE TOUS LES 
TEMPS. 

Pfk , 1 fr. — Au Bureau du Journal. 


PARIS. 


IDWt ET PLON, Büï DE VADGIRARD, 36. 































samedi 15 JANVIER 1»44. 


fÉE.) 


N». 5. TOME VI. — 2“ SÉRiË. 


gja Êjaneette WrançmUe, 


GAZETTE DES HOPITAUX 

Paris. S mois, 9 fr.: 6 mois, 18 fr.; un an, 36 ,fr. 


le Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 2î-24. 

X Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIIÎES. 


Paris, 3 mois, 9jr.; 6 mois, 18 fr,; i 
Départ., id. 10*fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 

Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


Sommaire. 


«nPiTAÜX. - Beaojon (M. Robert). Symptômes sypiiibt.qucs secon- 
®^»ires guéris par le proto-iodure de mercure, après avoir résisté è 
f. lure det.oU^ Pied-bot varus équin. Remarques prati- 

l'es - DE LA Chabité (M. Bouillaud). Pleuro-pneumonie affectant 
.ir.A s noj^téiieurs du poumon, chez un Mij t am^m- 

que^ - Socâé médite du Temple, séance du 7 "«''^mbre 1843. 
^ Revue des Joubnaox. —.Annales d hygiène. 
fème pénitentiaire. - Reme thérapeutique. Sur ^ ,ll ’ 

Se de fer pur. - Sur l’infanticide par asphyxie - Nouvelle^ 
1 feuilleton Compte-rendu des travaux ' Ecole de médec ne 
au Caire. (Suite et fin.) - Traité pratique des maladies des yeux, 
parW. Mackensie. (Analyse.) 


HOPITAL BEAUJOX. — M. Robert. 

Vrmptomes syphilitiques secondaires f;uêris par te proto-iodure 
mercure, apiès ayoir résisté à l'usage de l’iodure de 


l’usage 

potassium. 

Dans la salle Saint-Edmond est entré, le 5 octobre dernier, 
le nommé Roch, âgé de trente-quatre ans, courrier de com¬ 
merce , pour y être traité d’une affection syphilitique. Ce cas 
nous a paru assez important pour les réflexions pratiques aux¬ 
quelles il se prête, et dont nous ferons suivre sa courte his- 


Cet individu, jouissant d’une bonne santé habituelle, con¬ 
tracte un chancre à la verge à la suite d’un coït impur, le mois 
de décembre 1841. Le médecin aux soins duquel il se conha, 
le rail à l’usage des pilules de Dupuytren pendant six semai¬ 
nes Le malade pendant ce temps continue à sortir et vaquer 
à ses occupations ordinaires, avec une température almosphe- 
rinue froide et humide. Le chancre néanmoins se cicatrisa. Le 
mois de mai suivant le malade vit paraître deux furoncles, 
l’un sur le dos, l’autre au jarret ; il n’y fit pas d’abord grande 
attention ; mais voyant que la maladie faisait des progrès, que 
des ulcères de mauvais aspect étaient survenus h la suite des 
furoncles, il eut de nouveau recours aux hommes de 1 art. On 
reconnût l’existence d’ulcères serpigineux de nature syphili¬ 
tique et on ordonne l’emploi de l’iodure de potassium. Le 
malade en fit usage régulièrement pendant cinq ou six se¬ 
maines sans aucun résultat ; les ulcères restaient a peu près 
stationnaires. Il se décida enfin à entrer à 1 hôpital. 

Lors de son entrée à l’hôpital, l’ulcère serpigineux était 
d’une étendue énorme; il occupait la moitié droite du dos, le 
moignon de l’épaule correspondante , et la partie supéneure 
du bras ; il y en avait un de même nature au jarret droit. Ces 
ulcères avaient bien tous tes caractères qu’on reconnaît ordinai¬ 
rement aux ulcères de celte nature. En examinant les parties 
génitales, on trouve une cicatrice profonde au-dessous du 
méat urinaire. M. Robert soumet iinmédialeiiieiit ce malade 
à l’usage de l’iodure de potassium , qui est porte graduelle¬ 


ment jusqu’à deux grammes par jour. On le continue jusqu’au 
22 octobre sans aucun cliangeraeiil notable dans l’état des ul¬ 
cères, qui re.slèrenl à peu près stationnaires. Alors le chirur¬ 
gien se décida à aiibsliiiier à l’iiidure de potassium le proto- 
iodure de mercure à petite doses. .Au bout de quelques jours 
de ce traitement, b s iilcères eliangèrent notablement d’aspect; 
la cicatrisation s’opérait rapidement, et enfin elle était com¬ 
plète le 1" novembre. • 

A propos de ce fait, on peut soulever une double question 
d’une grande importance pratique : 1° Pourquoi, nonobstant 
l’usage des pilules de Dupuytren pendant six semaines , le 
chancre chez notre malade a été suivi de phénomènes secon¬ 
daires? Nous croyons que la raison de cette inefficacité d’un 
traitement reconnu déjà comme très efficace est double. D’a¬ 
bord nous regardons comme condition indispensable pour la 
réussite d’un traitement antisyphilitique, l’ohservance de cer¬ 
taines règles hygiéniques sous lesquelles le traitement le mieux 
combiné peut échouer. M. Robert a plusieurs faits devant lui 
qui viennent à l’appui de cette opinion ; il nous raconta avoir 
donné des soins à un employé du ministère pour une maladie 
vénérienne ; le traitement était celui qu’une longue expérience 
a reconnu héroïque contre les affections de cette nature ; mais 
le malade sortait, continuait à s’occuper des affaires de son 
emploi, etc. Le malade, bien loin de guérir, empirait ; alors 
le chirurgien lui ordonne comme conditio sine qua non , le 
séjour dans sa chambre, et un régime convenable ; les symp¬ 
tômes s’amendèrent promptement, et la guérison fut complète 
dans un espace de temps assez court. Gomment, du reste, 
peut-on concevoir qu'une maladie devienne constitutionnelle, 
ou pouvant le devenir, se modifie, disparaisse sous l’influence 
d’une thérapeutique quelconque, lorsque le malade continue 
le même genre de vie qu’il tenait à l’état de santé parfait? 
Est-ce que le régime hygiénique, la soustraction à tous les 
modificateurs extérieurs n’entrent pas comme éléments dans 
le traitement rationnel de toute maladie, surtout générale ? 
Ainsi, pour nous, il n’est pas douteux que le régime et le re¬ 
pos plus ou moins absolu soient des conditions indispensables 
pour qu’un traitement antisyphilitique le mieux conçu et di¬ 
rigé soit vraiment efficace. 

Il y a, en outre, une seconde raison pour laquelle les pilules 
de Dupuytren n’ont pas préservé notre malade des symptômes 
consécutifs ; c’est le temps trop court pendant lequel on les a 
employée. Nous savons bien qu’à cet égard les avis sont encore 
partagés; les uns croient que cinq à six semaines d’un usage 
non interrompu des médicaments prescrits doivent suffire 
pour mettre à l’abri d’une infection consécutive. Nous avons 
entendu M. Ghoinel professer une opinion contraire, et insis¬ 
ter, en s’appuyant sur des faits très nombreux , sur la néces¬ 
sité de prolonger le traitement antivénérien pendant cinq à 
six mois, en employant des doses fractionnées des substances 
j qu’on ordonne. Nous partageons volontiers celte doctrine , qui 
1 d’ailleurs a toujours l’avantage sur l’autre , de tranquilliser 


mieux les malades, et de les préserver d’accidents possibles 
très graves. Il est bien vrai qu’en prolongeant si long-temps 
la médication, et en observant en même temps les préceptes 
hygiéniques que nous avons conseillés tout à l’heure, on con¬ 
damnerait des malades apparemment très bien portants à uit 
régime qu’ils subiraient très difficilement, et qui semblerait 
même le plus souvent inutile; et h cet égard, nous dirons que 
M. Chomel a pour pratique de laisser les malades vaquer à 
leurs affaires, à moins qu’il n’y ait quelque contre-indication 
particulière ; et nous aussi sommes d’avis qu'il n’est pas né¬ 
cessaire de tenir pendant tout le temps du traitement renfer¬ 
més les pauvres malades, mais nous croyons aussi quil est 
bien de le faire pendant le premier mois. Qu’est-ce, le sacri- 
' d’un mois de régime un peu sévère, comparativement 


danger auquel on s’expose en faisant autrement, décontractée 
maladie constitutionnelle toujours grave dans ses consé¬ 


quences? . 

La seconde question qui se présente, est relative à 1 emcaci- 
té comparative de l’iodure de potassium et du proto iodure 
de mercure dans les affections syphilitiques. On sait que la 
seconde de ces deux préparations est employée le plus souvent 
pour combattre les phénomènes secondaires récents de la sy¬ 
philis (telle est au moins l’opinion de M. Ricord, assez puis¬ 
sante dans la matière), tandis qu’on emploie plutôt la première 
contre les phénomènes tertiaires et invétérés ; pourtant, dans 
le cas actuel, nous avons vu arriver tout l’inverse, ou , pour 
mieux dire, nous avons vu l’iodure de potassium échouer con¬ 
tre des symptômes constitutionnels assez anciens, et le proto- 
iodure de mercure produire des résultats complets et rapides. 
Comment expliquer cela? Pour nous, il paraît plus que pro¬ 
bable que ces deux médicaments jouissent d’une action analo¬ 
gue, qu’ils peuvent être administrés indistinctement et avec 
des effets analogues, mais qu’il peut arriver que l’un échouant, 
l’autre réussisse et vice versa , et que par conséquent il faut 
savoir les alterner en temps et lieu pour obtenir le résultat 
qu’on se propose. Cela, du reste, n’a rien d’étonnant ; on l’ob¬ 
serve dans une foule d’agents thérapeutiques qui, ayant une 
action analogue , veulent être alternativement employés run 
après l’autre, toutes les fois que l’organisme en semble saturé. 


Pied-bol varus équin. Remarques pratiques sur cette difformité. 
Entré le n juillet, et sorti guéri le 10 novembre dernier. 


Le sujet de celte remarquable histoire est un jeune homme 
de vingt ans, d’une bonne constitution. Il est né sans aucune 
difformité, et a marché comme tous les autres jusqu’à l’âge 
de trois ans. A cette époque, il ressentit, sans cause connue, 
des douleurs dans la jambe droite, qui durèrent long-temps. 
On n’y fil pas attention autant que cela pouvait mériter, et il 
en résulta peu à peu, et comme graduellement, une déviation 
I et déformation du pied correspondant. Malgré cette difformité, 
1 l’enfanta marché jusqu’à l’âge de quatorze ans, où, ayant fait 




compte rendu des travaux de VEcole de médecine du Caire, par 
les professeurs nationaux de la nouvelle école arabe d Egypte. 
Précédé d’une Note de la commission chargée de son examen par 
la Société orientale. 

( Suite du n» 2. ) 


Quant à nos travaux pratiques de médecine et de .chirurgie, ils sont 
nombreux et importants. Dans les cliniques internes , on s’applique 
avec un soin tout particulier l’étude des maladies qui sévissent en 
Egypte , notamment i la peste , la variole, la dyssenterie , l’ophthal- 
mie etc. La clinique externe fournit des observations de haute chi¬ 
rurgie • ainsi il a été fait en opérations chirurgicales, a l’hôpital pra¬ 
tique de Casr-el-Ayni , dans le courant de cette année scolaire ; 
tailles, 16; extractions de calculs par le canal de 1 urètre, 4 ; lithotri- 
ties 2’ éléphantiasis du scrotum, 5; hydrocèles, 133; fistules anales, 
43 fistules lacrymales , 4 ; fistules salivaires , 3 ; excisions d hémor- 
rhoïdes, 15 ; grenouillettes, 5 ; ablation des amygdales, 1 ; bec-de- 
lièvre 5 • extirpations de tumeurs cancéreuses, 2 ; de polypes des 
fosses nasales, 3 ; de polypes du sinus maxillaire droit, 1 ; de turneurs 
enkystées, 18 ; de tumeurs fibreuses, 1 ; de sléatooies, 2 ; d un texSli- 
cule, 3. Amputations : de la jambe, 7 ; de la cuisse, 3 ; de 1 avant- 
bras, 4 ; du bras, 2 ; de l’index , 3 ; du pouce , 2. Fractures ; de a 
mâchoire inférieure, 2 ; de la clavicule, 4 ; des côtes, 3 ; du col de 
l'humérus, 1 ; du corps de l’humérus, 6 ; de l’avant-bras, 6 ; perfo¬ 
ration du sinus maxillaire supérieur pour l’ablation d une tumeur, 1 ; 
réductions de luxations de la mâchoire inférieure, 2 ; huméro-scapu- 
laires, 3; iléo-féinorale, 1 ; extractions de balles, 3 ; opérations de I hy- 
dropisie articulaire du genou , 5 ; de la gaine inférieure des muscles 
droits de la cuisse, 2 ; cataractes, 19 ; ectropions, 22 ; tricliiasis, 257. 

~Un gr'and^uombre de ces opérations, même des plus graves, ont été 
faites par les élèves de la première classe, sous les yeux des profes¬ 
seurs. Nous ne parlons pas des opérations simples qui tous le.s jours 
s’exécutent dans les salles des malades. Quant aux opérations dont la 
gravité peut entraîner la mort, nous devons faire observer qu il ne 
meuit pas plus de 3 ou 4 opérés sur 100. Pour les autres opérations, 
toutes ont été suivies de succès , excepté trois opérations de calai acte. 

Pour les maladies internes aiguës, la mortalité ne dépassé pas ordi¬ 
nairement 5 ou 6 pour 100. . .J . . 

Indépendamment de nos travaux d’enseignement et du service à 1 liô- 
pital de Casr-el-Ayiii, chacun de nous s’est occupé et s occupe encore 


des traductions les plus utiles à faire pour les progrès de l Ecole. Jus¬ 
qu’aujourd’hui, les ouvrages traduits en arabe et imprimés , ou sous 
piesse, ou traduits et attendant l’impression, ou encore en traduction, 


1» Ouvrages traduits et imprimés, 17 ; savoir : 

Traité de physique, par M. Perron , directeur de l’Ecole; Géogra¬ 
phie physique , traduit par Ahmed-el-Rachydy ; Chimie et Analyse 
chimique, par M. Perron, directeur de l’Ecole, 2 vehimes arabes, tra¬ 
duits par lui-même (le premier volume est imprimé) ; Botanique, py 
M. Figari ; Anatomie descriptive, de Bailly ; Abrégé d’anatomie gé¬ 
nérale, traduit par Ibrabim-el-Nabaiâwy; P/iÿSîO%ie, par M. Seisson; 
Chirurgie, par Bégin ; Bandages, traduit par M. Ibrahiin-el-Nabarâwy ; 
Vade-mecum ; Pathologie interne, par Roebe et Sanson ; Diagnostic 
et traitement des maladies, \r&io\x par Mobammed-Cliâfey ; Maladies 
des yeux, traduit par Ahraed-el-Rachydy ; Accouchements, traduit par 
Alimed-el-Racbydy ; Pharmacie, traduit par Husseiii-el-Racliydy; For¬ 
mulaire; Hygiène. , 

2® Ouvrages sous presse : Le second volume de Ch%m%& et a Awa- 
lyse chimique ; Opérations chirurgicales , traduit par Mobammed- 

Ouvrages traduits , attendant l’impression procliainement, 6 ; 
Anatomie descriptive de Criiveilliier, tiaduite par Mohammed-el-Cba- 
bâssy ; Anatomie générale, de Béclard,^traduite par M. Içawy ; Méde^ 
cine et hygiène populaires, par Clot-Bey, traduite par M. Châfey; De 
la Peste, par Clôt Bey, traduit par Mustafa-Soiibky ; Pathologie clini- 
que, par M. Emangard ; Dictionnaire des termes de médecine, tra¬ 
duit par tous les professeurs. 

4° Ouvrages actuellement en traduction : Maladies des Femmes et 
des Enfants , traduit par Abmed-el-Racliydy ; Diclionnaire des Dic¬ 
tionnaires de médecine du docteur Fabre, 28 livraisons ; cliaque pro¬ 
fesseur traduit un certain nombre de ces livraisons. 

Lorsqu’une traduction est terminée, elle e.'t relue par le scheik ré¬ 
viseur, en réunion académique des professeurs etde M. Perron, direc¬ 
teur de l’Ecole, qui, vu sa connaissance profonde de la langue arabe, 
préside ce comité de traduction et de révision ; en même temps la tra¬ 
duction est comparée avec l’original français. Ensuite la fonction spé¬ 
ciale du scheik est de châtier le style, de suivre l’impression, de cor¬ 
riger les épreuves, d’y apposer, après les corrections faites, le bon à 
tirer. Lorsque l’impression est achevée, l’ouvrage est encore relu par 
le sclieik avec le traducteur, afin d’extraire ce qui peut s’être glissé 
à’errata. 

Toutes ces précautions , que nous indiquons ici en quelques mots , 
entraînent un long travail, il est vrai, mais elles sont indispensables 
pour atteindre à toute l’exactitude possible. Il est aisé de voir quelles 
conséquences peuvent être la suite d’une erreur, ne fût-ce que dans 


e leitre, un chiffre , surtout dans les prescriptions médi- 


iin mot, 

Aujourd’hui la masse des volumes imprimés par l’enseignement de 
l’Ecole de médecine est de 14,500 volumes, sans compter les deux 
traités qui sont autuellement sous presse , et dont l’un est tiré a 500 
exemplaires, ' ‘ " *■ ‘ 


eiiipiaiics, I l l’autre à 1,000. ... 

A la belle époque de l’introduction des lettres et des sciences chez 
les Arabes, .‘otis Almansour, Aroun-el-Rascliyd, el-Mâmoûn , etc., ja¬ 
mais les traductions des livies étrangers ne furent aussi nombreuses, 
ni aussi exactes et justes , parce qu’alors ceux qui étaient chargés de 
ces versions, soit du grec, soit de l’hébreu, du syriaque, ou du latin , 
n’étaient pas a^sez versé i dans les sciences dont ils devaient transpor¬ 
ter les traités eu langue arabe. C’est ce qui explique comment les tra¬ 
ductions d’Hippocrate, de Galien, de Dioscoride , etc., ont été parfois 
défiourées, et même laissées avec des lacunes. De pins, pour ta multi¬ 
plication des ouvrages, et par conséquent, pour la facilité de 1 ensei- 
ment et de la propagation des connaissances, nous avons, de plus que 
ces anciens Arabes , l’immense moyen de I imprimerie. Quant a la 
science en elle-même, nous avons encore sur nos ancêires l’incontes¬ 
table avantage d’avoir à traduire les ouvrages européens les plus avan¬ 
cés dans toutes les parties de la science médicale, dans les perfection¬ 
nements pratiques qu’elle a reçus et qu’elle reçoit sans cesse depuis 
nombre d’années. ... ,. 

Nous avons de plus qu’eux, grâce encore au génie du grand homme 
qui gouverne l’Egypte, pu parvenir à nous livrer ici aux études anato¬ 
miques avec autant de facilité qu’on le fait dans les écoles d Europe. 
Jusqu’à ce siècle-ci, les Arabes n’avaient abordé ces études que théo¬ 
riquement; et l’on sait que la médecine n’a fait de véritables progrès, 
daiis quelque pays que ce soit, que lorsque les connaissances anatomi¬ 
ques directes et prises sur le corps de l’homme se sont multipliées et 
étendues. Enfin, à aucune époque de l’Iiistoire scientifique des Arabes, 
les maladies des ftmmes n’ont été véritablement étudiées. Aujour¬ 
d’hui il existe au Caire une Ecole d’accouchement, dans laquelle tous 
les cours qui se rapportent à cette partie de la médecine sont faits 
dans toute leur étendue ; un hospice pour les femmes ajoute la prati¬ 
que à l’enseignement théorique, sert à le vérifier, et le complète. 

Maintenant, nous terminerons ce Compte rendu en indiquant en 
quelques mots l’etat actuel de l’Ecole de médecine. L Ecole de méde- 

J - ^ : _.in evcIÀmo H’nraSMÎRatlon nluS âVancé OUB CClUl 


OUeiQUeS mots l eiai aciuci uo t ijuvriv. vtxs -- 

cine du Caire présente un système d’organisation plus avancé que celui 
de beaucoup d’universités d’Europe. Dons la même localité se trou¬ 
vent réunis l’hôpital général militaire de Casr-el-Ayny, la pharmacie 
centrale, et les laboratoires chimiques, un cabinet de physique, un ca¬ 
binet d’histoire naturelle, une bibliothèque médicale, et sous peu il y 
aura un jardin botanique. D’après cet arrangement, les élèves sont à 
portée de suivre tous les cours théoriques et pratiques, sans sortir de 























- 18 — 


un faux pas, il tomba , et en reçut une entorse du pied mala¬ 
de. On a traité l’entorse ; mais, depuis lors, il n’a pu s’ap¬ 
puyer sur le pied , et fut forcé de se servir d’une béquille 
pour ne pas être obligé de prendre un point d’appui sur la 
jambe et le pied droits. Il a continué dans cet état jusqu’à l’é¬ 
poque actuelle, et il se décida à entrer à l’hôpital le 10 juillet 
dernier. 

Voici l’état dans lequel on a trouvé son membre lors de son 
entrée : 

1“ Le membre est plus court que le gauche; autant qu’on 
a pu le constater, la différence de longueur porte plutôt sur la 
jambe que sur la cuisse. La jambe est légèrement fléchie sur 
la cuisse. Le pied surtout est grêle, et plus court que l’autre ; 
tout le membre est grêle, et pourvu de muscles flasques et 
faibles. 

Le membre gauche présente un état opposé qui contraste 
avec celui-ci. 

2° Le pied est dans un état d’extension permanente et très 
prononcée, telle que l’axe du pied fait presque suite à celui de 
la jambe , ou du mpius fait un angle très obtus avec celle-ci. 
Le dos du pied est fortement convex^et dirigé en dehors; 
lorsque le malade veut s’appuyer sur ce pied , il porte sur la 
face dorsale et le bord externe du cinquième orteil, où on re¬ 
marque une callosité à la peau considérable ; il y a aussi une 
saillie au niveau de l’astragale. Le bord interne du pied est 
assez fortement concave et regarde en haut et en dedans, com¬ 
me lorsque le pied est dans une adduction forcée. 

Les orteils sont très rapprochés et fléchis ; le gros orteil est 
même caché sous le second. 

La voûte plantaire est très concave, et regarde en arrière et 
en dedans. 

Si on veut rendre au pied sa forme naturelle au moyen de 
tractions et de pressions on rencontre des obstacles irrésisti¬ 
bles , qui paraissent uniquement dus aux muscles nombreux 
de la face postérieure de la jambe et de la plante du pied, 
raccourcis d’une manière permanente ; c’est-à-dire du tendon 
d’Achille, du tendon du fléchisseur du gros orteil, du fléchis¬ 
seur commun des orteils et de Taponévrose plantaire; des 
jambier postérieur et aiitérieur. 

En résunié , il y a 1° extension et adduction forcée et per¬ 
manente du pied ; flexion de l’avant-pied sur l’arrière-pied ; 
flexion des orteils ; 2° raccourcissement de tous les muscles 
dont l’action est de donner ou de conserver au pied cette at¬ 
titude ; 3° atrophie de tout le membre et de plus en plus à 
mesure qu’on s’éloigne du tronc surtout du pied, qui présente 
le plus grand degré de cet état anormal ; 4° flexion de la 
jambe sur la cuisse. 

La flexiou de la jambe sur la cuisse semble due à ce que le 
malade nç pouvant pas s’appuyer sur un pied difforme , est 
obligé de l’élever parce qu’il en touche autrement le col ; 
peut-être le raccourcissement des muscles jumeaux y est-il 
aussi pour quelque chose, mais il est bien peu considérable. 

La maladie principale ici est positivement celle du pied. 

Pour le traitement qu’on a dû entreprendre! il a été de 
toute importance de déterminer l’éliplogie de la maladie, et il 
fut très avantageux de çonnaitre qu’elle n’était pas congéniale, 
le malade ayant marché quelque temps après la naissance et 
tout à fait comme les enfants bien conformés ; que de l’autre 
côté elle est antérieure à la contracture des muscles rac¬ 
courcis. 

Si on considère que cette contracture musculaire ne peut 
s’effectuer que par l’intervention des nerfs, on arrive à cette 
conclusion que la maladie de difformité dont il s’agit résulte 
de la contracture même commune et simultanée de tous les 
muscles placés sous la dépendance de la branche interne du 


rétablissement. Cor il faut remaquer encore que tes élèves sont sou¬ 
mis au régime collégial, c’est-à-dire qu’ils sont instruits, loges et en¬ 
tretenus dans le sein de l’Ecole , aux frais du gouvernement ; et de 
plus, ils sont payés. 

Les cours qui composent l’enseignement sont établis et distribués 
dans l’ordre suivant ; 

Première année ou année préparatoire, consacrée aux sciences médi¬ 
cales accessoires ; Physique, professée par Ahmed el-Rachydy ; Chi¬ 
mie, professée par Derviche Zidân ; Botanique, professée par Moham- 
med-el-Fahâm. 

Section de médecine. Première année ; Ostéologie , Syndesmologie 
et Splanchnologie, Anatomie générale, par Hussein-Auf ; Bandages, 
par Ibrahim-el-Deçouky ; Petite Chirurgie, par Osmân-Ibrahim. Ces 
trois professeurs, ainsi que Mohammed-el-Fahàm et Derviche Zidân , 
sont des anciens élèves de l’Ecole, que leurs connaissances et leur 
supériorité d’intelligence ont portés depuis peu d’années aux fonc¬ 
tions de professeurs adjoints. Un sixième professeur, aussi formé à 
l’Ecole de médecine et appelé Hassanein Aly, a mérité , par ses con- 
naissance.s, son activité au travail, son intelligence, son habitude de la 
langue française qu’il a apprise par lui seul, d’être envoyé à Paris par 
son Altesse, pour étudier tout ce qui a trait à la fabrication des mon¬ 
naies. 

Deuxième année : Anatomie descriptive, professée par M. Cbabâssy; 
Physiologie, par M. Mustafa-Soubky ; Chirurgie, par M. Ibrahim-el- 
Wabarâwy. 

Troisième année : Anatomie descriptive, par M. Cbabâssy ; Chirur¬ 
gie , par M. Nabarâwy ; Matière médicale et Pharmacie , par M. 
Hussein-el-Rachydy ; Hygiène, par M. Osmân-Ibrabim. 

Quatrième année ; Chirurgie , par M. Nabarâwy ; Opérations chi¬ 
rurgicales , par M. Moharamed-Aly ; Pathologie interne , par M. 
Châfey ; Ophthalmiatrie, par M. Soubky ; Matière médicale et Phar¬ 
macie, par M. Hussein el-Rachydy; Histoire naturelle, par M. Hus- 
son, conservateur du cabinet d’histoire naturelle. 

Section de pharmacie. Première année : Chimie, professée par Der¬ 
viche Zidân ; Physique, par M. Rachydy ; Botanique, par Faliâni. 

Deuxième année : Chimie, par M. Zidân ; Physique, par M. Ra- 
ebydy ; Pharmacie, par Hussein-el-Rachydy; Botanique, par Fahâm ; 
Matière médicale, par Hussein el-Rachydy. 

Troisième année : Chimie et Analyse chimique , par Derviche Zi¬ 
dân ; Physique et Météorologie, par M. Rachydy. 

Quatrième année ; Chimie et Analyse chimique, par Zidân ; Physi¬ 
que et Géographie physique , par M. Rachydy ; Pharmacie expéri¬ 
mentale, par M. Hussein-el-Rachydy ; Botanique et Herborisation, 
par MM. Fahâm et Husson ; Manière médicale et Falsification des 
drogues, par Hussein-el-Rachydy; Histoire naturelle, par M. Husson. 


nerf sciatique. C’est là l’opinion de M. Bonnet, qu’il a consi¬ 
gnée dans son dernier ouvrage sur la rétraction , page 454. 
C’est là aussi du reste la doctrine enseignée par les orthopé • 
distes les plus distingués, M. Bouvier, Guérin , etc., et cp 
dernier insiste surtout avec raison dans l’examen étiologicjqg 
de ces aflections sur les maladies nerveuses, caractérisées par 
accès convulsifs, que les malades ont pu avoir dans leur pre¬ 
mière enfance, et qu’il regarde comme la cause première 
éloignée de presque toutes les difformités non congéniales. 
C’est pour cela que la contracture musculaire dont nous par¬ 
lons, et les autres maladies analogues, sont très fréquentes 
chez les enfants et infiniment rares chez les adultes, h moins 
qu’une cause traumatique ne vînt à agir. 

Dans le principe cette contracture fut active, entretenue 
par une pure excitation musculaire particulière, mais ayant 
continué pendant long-temps elle annonce des changements 
dans la structure même des muscles contractés. Il en résulte 
une atrophie, un raccourcissement réel de ces organes; la 
portion fibreuse a presque disparu, la tendineuse, au con¬ 
traire, a peut-être augmenté en donnant lieu à la difformité 
dans le membre, principalement dans le pied que nous avons 
décrit. C’est le dernier -terme, le résultat final de la contrac¬ 
ture musculaire. Du reste, l’histoire de ces transformations et 
de leur résultat définitif a été bien faite et décrite dans ces 
derniers temps dans les ouvrages spéciaux des chirurgiens or¬ 
thopédistes. Notre intention n’est nnllement de répéter ici ce 
qu’on peut lire d’une manière détaillée dans ces ouvrages, 
nous nous bornerons à dire que M. Bonnet nous semble avoir 
résumé d’une manière plus philosophique que les autres l’é¬ 
tiologie et l’évolution de ces difformités, et, pour cela, nous 
croyons devoir lui emprunter la dénomination qu’il a donnée 
à cette espèce de pied-bot, et qui, comme toutes les autres, 
nous semble plus scientifique en l’appelant pied-bot poplité 

Le pronostic de ces affi étions peut être grave si les lésions 
osseuses survenues dans l’articulation tibio-tarsienne et tarso- 
mélacarpienne sont profondes. Dans le cas actuel il n’y avait 
pas encore de ces lésions graves ni dans l’articulation du pied 
ni dans celle de la jambe, mais les os de l’articulation méta¬ 
carpienne ont subi quelque altération, et ce n’était qu’avec le 
temps qu’on serait arrivé à les ramener plus ou moins à leur 
état normal. Le résultat, du reste, répondit assez bien à notre 
attente. 

Le traitement qu’on avait à employer ici c’était bien la té¬ 
notomie, car dans un degré de difformité si avancé, avec une 
transformation des parties musculaires si profonde, toute ten¬ 
tative faite avec des appareils orthopédiques aurait certes 
échoué sans le secours préalable de la ténotomie. Il fallait 
donc couper les tendons des différents muscles raccourcis en 
commençant par le tendon d’Achille; comme il est toujours de 
règle dans ces circonstances. C’est ce qu’on fit le 20 juillet, 
par la méthode sous-cutanée bien connue. 

Après cette première opération thérapeutique, on applique 
un appareil mécanique convenable et bien construit par M. 
Pigot, destiné à fléchir le pied et le porter dans sa position 
normale avec la jambe , ce qu’on a pu exécuter peu à peu 
sans le moindre accident. 

Quand on eut obtenu tout ce qu’on devait attendre de 
cette opération et de l’appareil orthopédique employé, on pro¬ 
céda , le 20 août suivant, à la section des tendons du jambier 
postérieur et du fléchisseur commun des orteils ; on coupa le 
fléchisseur commun en dedans et un peu au-dessous de la 
malléole interne et le jambier postérieur un peu en arrière de 
l’insertion du scaphoïde. A la suite de ces nouvelles opérations, 
le pied put être placé dans une position meilleure. 


Cours de langue française et de traduction , professés par M. Baya. 

Cliniques. Clinique chirurgicale , faite par Nabarâwy ; Seconde 
clinique chirurgicale, par M. Aly ; Clinique interne, par M. Châfey ; 
Clinique d’ophthalmiatrie, par M. Soubky. 

Les élèves qui ont terminé leurs cours restent ordinairement au 
moins une année encore à l’Ecolej pour être exercés directement, sous 
la surveillance et la conduite des professeurs, au traitement des mala¬ 
dies et aux opérations chirurgicales. 

Les élèves en pharmacie sont, par groupe et à tour de rôle, attachés 
au service pharmaceutique à l’hôpital, à la pharmacie de l’hôpital, et 
à la pharmacie centrale. 

D’après le tableau que nous venons d'indiquer , on voit que les étu¬ 
des sont de cinq années au moins. Les élèves ne sont reçus à l’Ecole 
de médecine qu’après trois ans d’études préliminaire à l’école prépara¬ 
toire, où ils apprennent l’arabe, la géographie, l’histoire, les mathéma¬ 
tiques, etc., et de |à ils sont distribués aux écoles spéciales. 

L’exposé simple de çe Compte-rendu suffit, sans qu’il soit besoin 
d’y ajouter de réflexions, pour faire juger de l’ordre et de l’état des 
études médicales en Egypte aujourd’hui. 

Nous espérons qu’il prouvera aux médecins , nos confrères d’Occi- 
dent, que nous ne sommes pas indignes de leur estime et de leur ap¬ 
probation, et que l’école d’Egypte marche d’un pas assuré au dévelop¬ 
pement des connaissances qui entrent dans le cadre si vaste de la 
médecine. 

Grâces soient rendues au prince illustre qui a révivifié et ressuscité 
les études scientifiques sur le sol d’Egypte , et a recommencé une nou 
yelle époque de gloire intellectuelle paimi les Arabes. 

Grâces soient rendues aussi aux maîtres que sa générosité nous a 
donnés pour nous faire travailler à cette œuvre de régénération ! Par 
les soins et l’ipfatigable activité du célèbre fondateur de l’Ecole de 
médecine d’Egypte, les études médicales ont grandi rapidement parmi 
nous; par l’attentive administration de notre directeur actuel, par la 
connaissance profonde qu’il possède de la langue arabe, par sa science 
si multiple, l’Ecole continue son développement et ses progrès , et elle 
deviendra bientôt, nous l’espérons, la sœur et l’émule de l’école fran¬ 
çaise, dont nous nous glorifions d’être aussi les élèves. 

Toute notre ambition, et celle de nos chefs actuels, est de faire pro¬ 
duire au bel établissement médical d’Egypte des résultats que le mon¬ 
de scientifique puis.se louer, que les hommes à’honneur et de justice 
approuvent. Et nous ne mentirons point à notre mission. 

Désormais on verra sortir do sein de l’Ecole des médecins revêtus 
du titre de docteurs, et qui l’auront mérilés. Son Altesse, cette année, 
a autorisé à conférer ce litre aux médecins qui, élevés à l’Ecole, et, 
outre les preuves des examens scolaires annuels, auront été jugés ca¬ 
pables, par d’autres épreuves encore, de se livrer à l’exercice de la mé¬ 



Il restait, pour donner au pied toute sa forme normale, | 
couper le fléchisseur propre du gros orteil ; on n’a pas erq 
devoir le couper immédiatement et on a attendu le résultat 
de l’appareil méçaniqup. L’expeptation fut couronnée de suc, 
cès, car peu à peu le'gros p.rteil se distendit et céda enti^tg^ 
ment à la force de la mécanique. 

I,a difformité du pied était à peu près enlevée , et on avait 
toute raison de se féliciter du traitement employé ; mais |j 
jambe qui avait aussi ressenti l’influence de la cofllRaciere 
mu.sculaire dont on parlé plus haut, restait toujours nq peg 
fléchie sur la cuisse. On coupa les tendons du biceps et du 
demi-tendineux ; on plaça ensuite le membre dans un appareil 
destiné à étendre la jambe, tout en s’adaptant à l’appareil or¬ 
thopédique du pied. Il n’y eut aucune espèce d’accident-, 
quelques jours après cette application, le malade se promenait 
avec son appareil dans les salles de l'hôpiial. 

Le malade se trouve toujours mieux de son membre, il ^ 
continué à retenir son appareil tout en marchant, et il conti¬ 
nuera à le garder encore quelque temps par précaution après 
sa sortie, qui a eu lieu le 10 novembre dernier, présentant le 
pied bien redressé et tout le membre aussi bien que possible. 



HOPITAL DE LA CHARITÉ. — M. Boüillaud. 

Pleuro-pneumonie affectant les quatre cinquièmes postérieyrs 

externes du poumon droit au deuxième degré, chez un sujet 

anémique et chétif. (Casus pessimus et gravissimus.) 

La nommée Quéjai, âgée de vingt-six ans, malade depuis 
cinq joues, entra le 26 novembre 1843, et fut couchée, aq n° Ç 
de la salie Sainte-ftladelpine. 

Constitution faible, tempérament lymphatico-neryeux. Ré- i 
glée à seize ans, elle le fut, dit-elle, assez régulièrement, niais 
peu abondamment. Elle est sujette à un peu de leucorrhée et 
a eu deux enfants. Sa dernière couche a eu lieu il y a cinq 
mois. Les suites n’ont pas été graves ; mais deux mois plus 
tard elle fut prise d’une perte utérine abondante avec douleur 
assez vive dans le côté droit de la poitrine, gêne de la resph 
ration sans expectoration sanguinolente, mouvement fébrile ! 
continu. Elle fut traitée au moyen de cataplasmes émollients 
et de tisane de bourrache. Bien rétablie au bout de trois se¬ 
maines, elle s’est assez bien portée ensuite. A part la fièvre 
jaune, qu’elle dit avoir eue en Amérique en 1825, elle s’est 
toujours assez bien portée, sujette seulement à s’enrhumer 
tous les hivers. 

Il y a cinq jours, elle fut prise tout à coup d’un frisson vio¬ 
lent avec douleur assez vive dans le côté droit de la poitrine, 
et augmentant par la toux; gêne notable de la respiration. Ea 
même temps anorexie, un vomissement bilieux tons les jours; 
pas de diarrhée, pas de douleurs de ventre ; fièvre continue ; 
céphalalgie sans étourdissements ni tournoiements de tête. In¬ 
somnie complète. 

Alitée depuis le début. Pour traitement, infusion de fleurs f 
dé bourrache. Elle a pris un seul bouillon depuis cinq jours. 
Elle ignore la cause de sa maladie. 

A l’entrée, on nota les phénomènes suivants : visage animé 
aux pommettes; la malade pousse des gémissements de temps 
en temps ; respiration à 40, pouls à 120-124, faible. Rien de 
bien notable au cœur ; en avant, résonnance et respiration un 
peu faibles à droite, bonnes à gauche. En arrière à droite, 
résonnance très faible, à peu près male depuis la fosse sous- 
épineuse jusqu’en bas; râle crépitant et souffle bronchique; 
retentissement éclatant de la voix dans les mômes points ; ré¬ 
sonnance et respiration passables à gauche. Toux assez fré- 


decine et de la chirurgie. Les examens et la thèse du doctorat seront 
exigés, en surplii.s de tous les examens passés à l’Ecoie pendant la du¬ 
rée proprement dite des études. Jiisqu'anjourd’liui l’Ecole n’avait pas 
encore créé le titre de docteur pour les sujets qu’elle forme. Les mou- I 
vements des affaires publiques, les besoins incessants des nombreux ] 
services, soit militaires, soit administratifs, etc., enlevaient rapidè- 
ment les élèves. Et d’ailleurs, ce n’est pas dans les premières années 
de sa vie qu’une école de médecine, surtout dans des pays rénovés, 
est en état d’enfanter des médecins véritablement dignr S du nom de 
docteurs. Il faut que les esprits se familiarisent long-temps avec toutes 
les difficultés et les détails des sciences médicales, s’habituent à les 
digérer, se les identifient, avant qu’on ne commence à inaugurer des 
. médecins et à les charger de la responsabilité si grave que ce nom leur 
confie. Ce n’est pas assez, comme on le fait à Constantinople, de qua- ’ 
tre ou cinq ans, à des jeunes gens qu’une éducation première n’a pas 
assez développés, à des jeunes gens qui, dès leur premier âge, ne vi¬ 
vent pas au milieu d’hommes très avancés en civilisation, pour être 
mûrs et bons à recevoir le droit de compter au nombre des médecins, 
selon le sens qu’on y attache dans les contrées les plus éclairées de 
l’Europe. Car enfin nul n’est médecin par la seule raison d’un di¬ 
plôme. 

A l’Ecole d’Egypte, il faut passer, outre les cinq années d’études 
scolaires proprement dites, trois années encore aux études médicales 
théoriques et pratiques. Joignez à ces huit années de travail les trois 
années passées à l’école préparatoire. De cette manière, aucun sujet ne 
peut prétendre seulement à passer ses examens pour le grade de doc¬ 
teur, qu’après onze ans d’éducation ; et le temps qu’exige la prépara¬ 
tion à ces examens complète douze années. 

C’est que, dans l’organisation de l’Ecole, dans ses statut», dans son 
enseignement, le but n’est pas seulement de créer des mé decins, des 
aides-médecins ; le but est aussi, par la multiplicité des études, par le 
long temps qui leur est consacré, d’agir profondément sur les esprits, 
d’y déposer un ferment scientifique qui les anime, les pénètre, les 
remplisse , et ensuite se réver.-e sur les autres ; le but, en un mot, 
c’est d’aider puissamment à la civilisation du pays, en produisant des 
élèves qui en soient les sentinelles avancées au milieu de la popula¬ 
tion, et les défenseurs éclairés et fervents au milieu des hommes en¬ 
core ignorants ou incrédules. 

Du reste, l’Ecole de médecine égyptienne se place sans crainte en 
rivalité avec les meilleures écoles d’Europe. Sa réputation, commencée 
et soutenue par celle de son fondateur, a franchi désormais les limites 
de l’Egypte ; ses succès ont retenti dans l’Orient islamique, et de l’Yé¬ 
men, du Hedjaz, de la Syrie, de l’Asie mineure, de la Turquie d’Euro¬ 
pe, des régences, du Magreb, du Soudan, une foule de malades vien¬ 
nent chaque année nous consulter, solliciter de nous les secours de 





















- 19 ~ 


quente; crachats albumineux légèrement verdâtres ; langue 
humide, saburrale, rouge au pourtour. Soif, anorexie. Rien 
de bien notable du côté du ventre ; pas de selles depuis trois 
jours. Céphalalgie; souffle continu très fort dans la carotide 
droite. Saignée de 3 palettes. 

iLe 27 novembre elle se sent un peu soulagée. Quintes de 
toux avec crachats spumeux, albumineux, légèrement safra- 
nés en quelques points; douleur de côté; chaleur modérée ; 
moiteur; icspiralion à 04, pouls à 128, petit, faible, mou. 
ÿlatité en arrière à droite; crépitation depuis l’épine de l’o¬ 
moplate jusqu’en bas, voisine de l’oreille, assez fine, avec un 
souffle bien distinct vers le bord interne de l’omoplate; reten¬ 
tissement éclatant de la voix sans chevrotement notable. 

Caillot bien rétracté, couenne épaisse, résistante, fortement 
e- franchement inflammatoire. Saignée de 3 pal. ; vent, scarif. 
Part. post. thor. droit, 3 pa). ; guim. sir. gom. 3 p. ; sol. sir. 
gom, i P- ; catapl. ; julep béchique; diète. 

® Le 28 novembre elle se sent mieux. Ses règles ont apparu 
hier à peu près à leur époque. Visage moins animé, plus 
calme ; respiration plus libre, à 36 ; crachats albumineux, of¬ 
frant çà et là encore une légère teinte safranée; pouls à 116; 
douleur de côté disparue ; chaleur modérée, sueur ; persistance 
du souffle en arrière à droite. 

Caillot comme celui de la veille ; couenne moins épaisse. 
La saignée a coulé lentement. 

Sérosité des ventouses non rougie; rondelles prises en une 
masse gélatineuse. Vésical, post. thorax droit ; mêmes tisanes; 
diète. 

Le 29 novembre, elle dit se trouver beaucoup mieux, et 
avoir à peine toussé.Deux ou trois crachats albumineux, blancs, 
adhérents; chaleur douce; pouls à 104, respiration à 30. La 
malade ne paraît éprouver aucune dyspnée; visage calme; 
décubitus dorsal. Mêmes tisanes ; diète. 

Le 2 décembre, elle a continué à se trouver bien, n’éprou¬ 
vant de l’oppression que s’il lui arrive de faire quelques mou¬ 
vements, comme pour s’asseoir dans son lit; ni toux, ni ex¬ 
pectoration. Langue bonne; pouls à 96. Même prescription. 

‘ Le 3 décembre, elle continue à bien aller. Le souffle a com¬ 
plètement disparu en arrière à droite, ainsi que la crépitation. 
Mêmes tisanes ; 1 bouillon. 

Le 6 décembre, la malade va toujours de mieux en mieux. 
Respiration à 24, tout .à fait libre; pouls à 72. 

Guérison consolidée. Solut. sir. gom. 2 pots ; 1 port. 

Les circonstances désespérées dans lesquelles se trouvait 
cette malade, et par l’étendue de la ph|egmasie, et par le peu 
de données que fournissait sa chétive constitution à la théra¬ 
peutique active des saignées suffisantes, rendaient ce cas fatal 
et inévitablement mortel. 

Quelle conduite tenir cependant? [Abandonner la maladie 
aux seules forces de la nature, du avoir recours aux méthodes 
dites contro slimulaiites ? Mais l’expérience n’a-l-elle pas dé¬ 
montré leur inefficacité ? Il est évident que les saignées étaient 
la médication qui offrait le plus de chances de succès, et que 
si le médecin, qui avait un devoir impérieux à remplir, ne 
pouvait appliquer la formule nouvelle des émissions sanguines 
dans toute l’énergie que nécessitait l’intensité de la pneumo¬ 
nie, il pouvait au moins en tenter l’administration selon le de¬ 
gré que comportait la constitution dü sujet. 

Le caractère d’une formule, en général, n’est pas d’être in¬ 
variable, mais d’être une. Son principe étant identique, son 
avantage est qu’étant une fois trouvée, il ne s’agit plus que 
d'en faire l’application à tous les cas, et de là une multitude 
de variantes analogues aux variantes des formules des sciences 
physiques. Les conditions, telles que l’âge, le sexe, le tempé¬ 
rament, la constitution du sujet, l’époque avec l’intensité de | 


la phlegmasie, qui règlent son application, et en sont les bases 
indispensables, fournissent la mesure exacte des variations qui 
doivent présider à son administration, ou des doses. Une for¬ 
mule qui n’aurait pas ces fondements serait illusoire ; car une 
thérapeutique sage ne peut puiser ailleurs les principes qui 
doivent la diriger. Aussi cette formule nouvelle a-t-elle subi 
d’importantes modifications dans le cas qui nous occupe. Le 
nombre des saignées n’a été que de trois, dont une application 
de ventouses latere affecta. Aux yeux des personnes ne con¬ 
naissant pas la formule nouvelle, trois saignées pratiquées dans 
une pneumonie pourront ne présenter rien d’extraordinaire; 
mais ce qui étonnera, ce qui n’avait pas été vu dans la science 
avant la découverte de cette foi mule, c’est que, chez une ma¬ 
lade à laquelle un médecin élevé selon les anciennes doctrines 
eût tout au plus pratiqué trois saignées dans le cours de la 
maladie, et de là dépend l’efficacité des émissions sanguines, 
c’est, dis-je, que ces trois saignées ont été faites dans les pre¬ 
mières vingt quatre heures. 

Les changements qu’éprouva la pneumonie sous l’influen¬ 
ce de ces évacuations sanguines furent sensibles ; il survint 
une diminution notable dans la fréquence du pouls, l’accéléra¬ 
tion de la respiration, la température du corps, avec dispari¬ 
tion de la douleur de côté. Ce soulagement fut loin d’être sa¬ 
tisfaisant, les phénomènes physiques persistant à un degré 
assez élevé. Le pronostic, en prévoyant qn’il est impossible de 
porter plus loin le nombre des saignées, a jugé leur effet. Si 
elles eussent dû donner leur résultat accoutumé et pu être por¬ 
tées plus loin, le cas eût cessé d’être très grave sous plusieurs 
rapports. Mais était-ce l’occasion, après ces saignées, d’admi¬ 
nistrer l’émétique? Sans nous montrer l’adversaire exclusif 
du contro-stimulisme, nous dirons que son indication n’était 
pas plus marquée qu’au début du traitement. Outre son inef¬ 
ficacité, on a évité à la malade l’épuisement qui succède à son 
administration, et alors on n’eût pas manqué, comme tou¬ 
jours, d’attribuer au tartre stibié une guérison due aux émis¬ 
sions .sanguines. Il était plus nécessaire et plus logique de se¬ 
conder l’action des saignées par l’application d’un vésicatoire, 
dont l’expérience a démontré l’utilité après l’emploi de ce 
moyen. C’était aussi maintenir la maladie dans la voie de ré¬ 
solution qu’on avait tentée par les saignées, et le succès a 
prouvé le bienfait de cette thérapeutique. 

Deux mots encore. La convalescence de cettte malade a été 
très rapide, et il suffit de regarder la date de son entrée à l’hô¬ 
pital pour s’assurer de la vitesse avec laquelle on est arrivé au 
résultat. La guérison bien établie, les forces se sont bientôt 
relevées à la suite d’une nourriture abondante. La convales¬ 
cence eût-elle été aussi prompte et aussi solide si on eût ad¬ 
ministré le tartre stibié, ou si on eût abandonné la maladie à 
la nature? Nous ne le pensons pas, surtout quand nous com¬ 
parons ce cas et plusieurs traités de la même façon à d’autres, 
de moindre gravité, traites par les méthodes dont nous venons 
de parler. Disons plus ; la convalescence des'individus soumis 
au contre-stimnlisme ou à l’expectation, est souvent travcr.sée 
d’accidents plus graves que la maladie primitive, et nous ne 
craignons pas d’être taxé d’exagération en avançant que le 
tiers au moins des malades traités par ces moyens périssent 
dans le cours de leur convalescence, à une époque où, par 
conséquent, on doit recueillir les fruits de la guérison. C’est 
ici le sujet d’insister sur les avantages de la formule des émis¬ 
sions sanguines suffisantes, qui, classant de suite les cas, leur 
applique un traitement fondé stir les données qui ont servi à 
leur assigner leur ordre dans la série, et prévient les lésions 
graves dont la marche, à une certaine époque, ne peut plus 
être enrayée. A l’aide de cette formule, la rapidité de la réso. 
lution évite à l’économie les altérations qui sont les conséquen. 


ces nécessaires de la marche des maladies, et la facilité avec 
laquelle les individus soumis à ce traitement se rétablissent, 
tient à l’intégrité des fonctions dont les appareils n’ont pu être 
assez affaiblis ou lésés pour s’opposer à l’élaboration complète 
des éléments solides ou fluides qui subissent leur action. 

H. Lefebvre. 


l’art, et nous demander de leur pratiquer les plus graves opérations 
de la chirurgie. 

Qu’on nous pardonne ces quelques détails ; iis ne nous ont point été 
inspirés par une intention d’amour-propre exagéré. Hommes d’honneur 
et de conscience, nous le répétons, nous avions besoin de présenter au 
tribunal du corps médical européen nos pensées, nos désirs, nos œu¬ 
vres et nos espérances. 

Le prince illustre qui nous gouverne a eu la .gloire d’édifier en 
Egypte la première école médicale qui ait paru en Orient; c’ist à nous 
de l’élever au degré de perfection qui la rende digne de compter avec 
honneur au nombre des œuvres de la civilisation générale de ce siècle. 

Les professeurs de la nouvelle école médicale arabe, les élèves de la 
Faculté de Paris, 

Mohammed-Aly, dr Chabassy, Mostafajdr Chafey, 
Hyssauy, Ibrahim, Rachydy, Hussein. 

Caire, novembre 1843. 

Traité pratique des maladies des yeux , par Vf. Mackenzie ; 

Traduit et annoté par MM. Laugier et Richelot. 

(In-S», de 800 pages, 1844. Chez Dussillon.) 

ün bon traité complet et pratique des maladies des yeux est un 
livre qui , jusqu’à ces derniers temps , manquait à notre littérature 
médicale. Les travaux des Demours, des Sicliel , des Carron du 
Villars, des Sansou , etc., ouvrages d’une distinction notable, n’ont 
touché que des points isolés de la science et ne l’ont point considérée 
dans son ensemble. Il en est de même des extraits, malheureusement 
bleu incomplets, de Scarpa, qui ont été publiés en français, 'fous ces 
auteurs ont cherché à élucider certains points de la pathologie ocu¬ 
laire ; chacun s’est attaché, dans cette spécialité, à un certain nombre 
de sujets spéciaux , et la science, sous ce rapport, doit beaucoup à 
ceux qui l’ont enrichie du fruit de leurs travaux. Mais , nous le répé- 
tons, un livre manquait qui embrassât toute la pathologie d’un des 
plus importants organes de l’économie ; qui, médical à la fois et chi- 
lurgical, ne laissât dans l’ombre aucune question, et pût, au moment 
ou la spécialité envahit de tous côtés notre profession, affranchir le 
uiédecin stiidiéux de l’obligation d’appeler à son aide les connaissances 
“c ceux de ses confrères qui ont sqivi cette yoje. 

Cest cettê lacune qu’ont cherché à combler MM. Laugier et Riche- 
lot; le succès de leur livre prouvera, nous n’en douions point, qu’ils 
ont atteint le but qu’ils s’étaient proposé. On ne s’attend point ici que 
bous fassions l’analyse du traié de M. Mackenzie ; c’est un livre dont 


la réputation est trop solidement élahlie, le succès trop universel pour 
que nos éloges ne soient pas supeiilus. Aux considérations tontes pra¬ 
tiques qui constituent l’ouvrage dans sa presque totalité, viennent se 
joindre, quand besoin est, des observations d’une netteté et d’une 
précision remarquables, qui aident singulièrement l’intelligence du 
lecteur en faisant passer sous ses yeux des exemples des affections 
les plus importantes. C’est, en un mot, et nous ne faisons que répéter 
l’opinion des chirurgiens les plus distingués , le meilleur ouvrage et le 
plus complet sur cette pa-tie de la pathologie. 

Outre le mérite du choix du livre dont iis ont entrepris la traduc¬ 
tion , MM. Laugier et Richelot ont encore eu celui de le mellte au 
niveau de la science en réunissant, dans un grand nombre de noies, 
les principaux progrès qu’a faits l’oculistique depuis quelques années. 
Ces notes, aussi concises qu’il a été possible aux auteurs de les faire, 
ont été rassemblées au commencement du volume, où elles n’occupent 
pas mollis de trente pages et ne forment pas la partie la moins inté¬ 
ressante du livre dont nous rendons compte. Elles contiennent elles- 
mêmes un certain nombre de faits particuliers recueillis principale¬ 
ment par l’iin des auteurs, chirurgien consommé , qui dans l’observa¬ 
tion particulière des nombreux malades confiés à ses soins à l’hôpital 
Beaujon , a eu souvent occasion de confirmer les remarques de âlac- 
kenzie , ou d’en ajouter de nouvelles qui lui sont propres. 

Comme œuvre littéraire, un style facile et châtié, toujours concis, 
pouvant, chose rare dans une traduction, soutenir le parallèle avec le 
texte original , d’une exactitude scrupuleuse, et dans lequel on re- 
trouve avec bonheur transportée dans notre langue la vérité de l’expres¬ 
sion et de l’ilée de l’auteur anglais ; telles sont les qualités qui recom¬ 
mandent ce livre à l’attention des praticiens. C’est, du re-te, un genre 
de mérite qui ne peut surprendre ceux qui connaissent MM. Laugier et 
Richelot, et auquel nous a depuis long-temps accoutumés la plume élé¬ 
gante et fidèle du traducteur des Œuvres de J. Hunter, ce puissant 
génie qui illustra l’Angleterre au siècle dernier. 

En somme , et pour nous résumer, le Traité des maladies des yeux, 
de M. Mackenzie, est un livre esséntidlemeiit pratique, nous ne dirons 
pas utile, mais indispensable au médecin convaincu de la puissance 
et de l’utilité de son art. Nous pensons, et le public médical pensera, 
nous l’espérons, avec nous, que cet ouvrage,‘qui renferme la généralité 
de la science, et remplace avec avantage en les complétant chacun 
des traités partiels publiés jusqu’ici, se trouvera bientôt entre les 
mains de tous les médecins et des élèves studieux. 

Dr A. FoucAnx. 


SOCIETE nUEDICALE DU TEMPLE. 

Séance du 7 novembre 1843.— Présidence de M. Toirac. 

M. Belhomme lit, sur les Causes morales et physiques de la folie, 
une note qui se termine par le résumé suivant : 

1° Les causes physiques de la folie sont aussi nombreuses, sinon 
plus nombreuses, que les causes rnorales ; 

2“ Il faut éviter les idées systématiques dans l’appréciation des 
causes de la folie ; 

3» Il faut tenir compte avant tout de la prédisposition héréditaire 
ou innée ; 

4“ La folie débute rarement d’une manière spontanée , il y a sou¬ 
vent succession des causes physique ou morales , et il est aussi diffi¬ 
cile de se prononcer sur l'action unique d’une cause quelconque, que 
de reconnaître sa valeur absolue ; 

5« On ne doit pas faire figurer l’idiotie parmi les causes dé la folie, 
mais les vices d’organisation primitive ; 

6“ L’épilepsie est souvent fause de folie; 

7» La civilisation produit autant et peut-être plus de causes physi¬ 
ques que dp causes morales ; 

8“ Les causes physiques et morales se tiennent tellement qu’on ne 
peut concevoir une action immédiate sur l’intelligence et le moral de 
l’homme, sans l’intermédiaire de ses organes ; 

9» Pour qu’une statistique ait une valeur réelle , il faudrait que les 
faits qui y sont relatés fussent observés par le médecin qui fait la sta¬ 
tistique. 

M. Félix Legros. Si j’ai bien entendu M. Belhomme , il dit n’avoir 
jamais vu d’épilepsie sans une altération plus ou moins notable des 
facultés intellectuelles. Cette assertion nr 
cite. Dans ia plupart des cas 
légrité de son intelligence. 

M. BelhommeMfitxue que l’épilepsie chronique s’accompagne ordi¬ 
nairement d’un certain trouble de l’intelligence , et qu’en se prolon¬ 
geant il est rare qu’elle ne finisse pas par amener la folie. 

M- Moreau (ée Tours). Dans l’épilepsie chronique, les accès sont 
généralement éloignés, et il est très fréquent de voir, dans l’intervalle 
de ces accès, les facultés intellectuelles demeurer intactes. Peut-être 
serait-il plus vrai de dire que le dérangement porte sur les facultés in¬ 
stinctives. Du reste, j’appuie la prédominance attribuée par M. Bel¬ 
homme aux causes physiques sur les causes morales. Je partage éga¬ 
lement sou avis sur l’influence insuffisamment appréciée de l’hérédité. 

M. Belhomme. Voici un fait qui prouve la difficulté d’apprécier quel¬ 
quefois les causes de la folie. On m’a amené dernièrement une dame 
qui a éprouvé une impression morale quelque temps avant le dévelop¬ 
pement de sa maladie ; elle a été volée par sa domestique ; mais, d’un 
autre côté, cette dame a quarante-cinq ans ; elle est mal menstriiée. 
Voilà une cause physique. Suivant leurs idées, les uns diront que c’est 
la première qui a agi ; les autres accuseront la seconde. Il est plus pro¬ 
bable que toutes les deux ont eu leur part d’action. 

M. Félix Legros. Nous retombons dans les divisions classiques. La 
suppression des menstrues chez la malade de M. Belhomme sera la 
cause prédisposante-, le vol dont elle a été victime, la cause détermi¬ 
nante 

M. Deleau. On retrouve l’inlluence de l’imagination dans le déve¬ 
loppement d’autres affections ; dans celui de la rage, par exemple. 

M. Géry. La comparaison n’est pas juste de tout point. En effet, 
pour que la rage .se développe , il faut d’abord que l’individu ait été 
mordu, ou que le virus rabique lui ait été Inoculé de toute autre fa¬ 
çon. Cepi ndant voici un fait où l’imagination a suffi pour déterminer, 
non pas la rage, mais quelques symptômes hydrophobiques. Un hom¬ 
me vint à savoir qu’un chien qui avait passé près de lui quelques jours 
auparavant, était enragé lors de cette rencontre. Aussitôt il fut saisi 
d’un sentiment invincible de terreur, avec malaise général, anxiété , 
spasme du pharynx , constriction à la gorge ; enfin difficulté d’avaler 
les liquides, comme cela s’observe dans là rage. C’est dans cet état 
qu’il vint me trouver. Je reconnus de suite que tout son mal était 
dans son imagination Cependant, comme il était affecté au point 
d’être furcé de suspendre ses travaux, je clierchai à combattre cette 
sorte d’affaissement nerveux par le sulfate de quinine et le vin de 
quinquina; puis, je me bornai à fiii donner des pilules de mie de pain, 
lui laissant croire que je lui taisais subir un traitement actif. Cette 
maladie, toute morale, tourmenta long-temps ce malheureux. Ce ne 
fut qu’à la longue que son imagination se calma , et que les symptô¬ 
mes se dissipèrent. Mais il eu cuiiseiva une impression durable, et 
pendant long-temps encore il ne pouvait s’empêcher de frissonner si 
quelque chose venait à lui rappeler cet événement. 

M. Gaide. Ce fait combat une bonne partie de ceux qui sont allé¬ 
gués depuis qu’il es-t question de la rage. Les faits de lage très tardive, 
c’e.st-à-dire survenant après un long espace de temps, des mois, des 
années même, comme on l’a prétendu, ces faits, dis-je, existent dans 
les livres ; mais aucun de nous probablement ne pourrait dite en avoir 
observé. Ceux que les auteurs ont cités rentrent sans doute dans celui 
de M. Géry. Je crois qu’au bout d’un certain temps il est permis de 
contester le virus rabique. 

M. Ségalas. Il y a une vingtaine d’années, je fus chargé de faire un 
rappoit à l’Académie française sur un moyen proposé contre la rage. 

A l’occasion de ce rapport, je fis des expériences, des recherches, et je 
découvris plusieurs faits curieux, entre autres celui-ci i Un médecin de 
Lyon ayant été mordu par un chien qu'il suppqsa enragé , se crut, à 
quelque temps de là, atteint d’hydrophobie, et cheminait triste et som¬ 
bre, lorsqu’il rencontra un de ses confières , auquel il fit part de ses 
craintes. — » Et quand donc, demanda celui-ci, avez-vous ressenti les 
premiers symptômes?» — «Tel jour, à telle heure. » — « Cela fait 
plus de trois jours, reprend l’autre en consultant sa montre. Avez-vous 
jamais vu un hydrophobe vivre plus de trois jours?» Arraché à se.s 
lugubres appréhensions par ces paroles dites avec assurance, l’hydro- 
phobe imaginaire se trouva giiéii instantanément. 

Je citai ce fait dans mon rapport, continue M. Ségalas, et un mem¬ 
bre distingué de l’Académie raconla à ce propos qu’ayant été lui-même 
irdu par un chien suspect, il en avait reçu une telle impression de 
crainte, que, pendant plusieurs années, il ne put se défendre d’un sen¬ 
timent tout particulier de répulsion, chaque fois qu’il lui fallait traver- 
r la Seine, 

M. Félix Legros. Pendant mon internat à j’Hôtel-Dieii, un employé 
qui avait eu occasion d’y voir plusieurs enragés , fut pris tout à coup 
des principaux symptômes de l’hydrophobie rabiforme, avec un tel ca¬ 
ractère de giavité qu’une consultation générale eut lieu , à la suite de 
laquelle allait être pratiquée une injection dans les veines , lorsqu’il 
survint dans l’état du malade un léger amendement bientôt suivi d’une 
guérison complète. 

M. Moreau (de Tours). 'Voici un autre fait qui m’est personnel. 
Lorsque j’étais à Charentoq , on reçut un jeuqe homme qui avait mal 
à la gorge. M.. Bretonneau étant venu visiter l’hôpital, vit ce malade, 
et d’après certains signes, diagnostiqua une liydrophobie commençante. 

Le soir même, en effet, les symptômes de la rage éclatèrent, et bien¬ 
tôt le malade succomba. Je me rappelai alors qu’en examinant sa gor> 





















— 20 - 


ge, j’avais reçu au visage quelques parcelles de mucosités que les coii- 
tractioDS du pharynx lui faisaient rejeter. A ce souvenir, je me pf 
suadai que je devais être atteint de la rage, et je me fixai h moi-même 
le délai de neuf jours comme terme de la maladie. Je passai ces neu 
jours en proie à un malaise, à une anxiété inexprimables; pur-' (e 
t fixé s’étant écoulé sans acci- 


jours en proie 

temps fatal que mon imagination 

dent, je recouvrai ma tranquillité ordinaire. , ■ 

— 31. malin présente à la Société une brosse à peau, destinée a 
remplir, mieux qu’on ne l’a fait jn.squ’à présent, l’utile presciiidinn 
des frictions cutanées. Elle se compose de bandes de flanelle ou de 
feutre roulées en forme de petits cjlindres, et implantées de champ 
comme les pinceaux de crin des brosses ordinaires. Les poils de chèvre 
dont sont faites les brosses connues sous le nom de brosses à fnction, 
sont incapables , comme ou le sait, de produire une excitation siifti- 
sante. Celles de M. Blatin excitent très fortement les surfaces sur les¬ 
quelles on les promène ; elles produisent promptement une cbaleur 
vive, profonde, permanente, et détachent bien les écailles épidermiques. 

Le secrétaire-général , Edouahb Louis. 


REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE. 

Annales d’hïoiéne publique et be uénEoiNE légale, (Janvier 1844.) 


pace de temps , eût porté atteinte à leur santé ou affaibli lei r 
telligence. Quoique généralement sérieux, ils n étaient pas abattus , 
. plusieurs parlaient avec iin air de tranquillité douce, que je ne m at- 


plusieurs parlaieii., e k 
» temiais pas à trouver chez de.s hommes ainsi reutermes. » 

M. Beiioiston cite un passage de M. Demetz, qui est encore plus 

L’autour passe ensuite au pénitencier de Lausanne et, au moyen de 


Ce mémoire très étendu n’est pas terminé. 


Du système pénitentiaire ; par M. Benoiston de Chateauneup. 
e travail important nous ne reproduisons que ce qui toiiclie 


aux questions d’inlliience du système pénitentiaire 
vie de celui qu’on y soumet. Nous avons besoin seulement de provenu 
nos lecteurs qu’en reproduisant les passages suivants nous n cutendon.s 
pas leur donner notre afsentimeut. _ . 

Après avoir posé la question telle que la f.irmiilent les adversairts - 
de l’emprisonnement solitaire, M. BenoWon .s’exprime ainsi ; , ' i 

« Les faits principaux sur lesquels on s’appuie, sont les su.vqiiis . ' 
du mois d’octobre 1827 au 31 décembre 1836 , c’est-à-dire en neuf 
ans , on a constaté 10 cas d’aliénation mentale dans le pénitenliaiie 
de Philadelphie et 31 dans celui de Lausanne, du novembre 18.14 
au 1" janvier 1842. Le premier de ces deux faits, signalé par le 
docteur Fraiickliii Bâche, ne doit pas être séparé des observations dont 
ce médecin l’a accompagné. , , „ 

» Selon ce médecin, dont la probité e-t bien reconnue, sur les 16 
détenus qui ont donné des signes de folie , il est prouvé onicielle- 
ment que dix avaient ressenti les atteintes de cette maladie avant b nr 
entrée dans le pénitencier, et pour 4 autres, on a de forte.s raisons de 
croire qu’il en était ainsi , mais on n’en a pas de preuve directe. 

» Le docteur Darrach , qni remplace aiijounl’bui le dncteur Baclie 
dans les fonctions de méd.cin du pénitencier de Cherry-Hill, termine 
son rapport en date du l" février 1840 , par celte conclusion remar¬ 
quable ; « En définitive , dit-il , si une modification dans le système 
>> d’isolement continu était adoptée pour le nombre vraiment extraor- 
» dinaire de pri.soiiniers de couleur , et l’institution actuelle lé.servée 
» pour les blancs seuls , le système d’isolement continu satisferait à 
» la fois aux exigences de la justice , de la morale, de la santé et de 
* l’iiitéiêt pénitentiaire. » n i i 

a A cette opinion si nettement exprimée vient se joindre celle de la 
commission nommée par la législature de Philadelphie, pour s’enqué¬ 
rir de l’état sanitaire du pénitencier de Cberry-Hill. « Une sérieuse ob- 
. jeclioii est faite contre le système de Philadelphie , dit-elle dans son 
. rapport pour l’année 1838 ; c’est que la solitude exerce la plus lâ- 
» cbeuse influence sur l’esprit des condamnés , et qu’elle les porte a 
» l’imbécillité et à la folie. Cette as.sertioii , qni snppo.se un cerlain 
« courage de la part de ceux qui ne craignent p.as de la renouveler, est 
» viclorieuseinenl repoussée par ce seul fait qu’on ne croit pas 
» puisse citer un seul r as d’aliénation meulale survenu à Clicrry-H li^ 
V et causé par la soliliide ou la séparation des détenus entre eux, de- 
1, puis que le péiiilencier est soumis .4 l.i lègle aciiiclle. » 

» De leur côté, les inspecteurs du même péiiitiiicii r font les mêmes 
déclarations. 

■“» Ces déclarations sont formelles. Toutefois , ceux qui les ont faites 
éTaiit de tous les Américains les pins intéressés à déf. iidre un système 
qu’ils ont préféré à celui d’Auburn , et qu’ils continuent à a..pliqner 
malgré les vives mtaipies dont il est l’objet, il convient d’ajouter ici le 
témoignage deM. Cravvfoid venu d’Angleterre en. Améiiqile dans un 
esprit de recli. relies et avec une opinion généralement peu favorab e au 
mode d’emprisoniiemeut suivi à Clierry-Hill. » Connaissant, dd-il, les 
» craintes généralement enticlenues sur le danger qui doit résii tnr 
» d’une ioiigUf' période de temps passé dans la solitude, je me sms ai- 
» taché avec un soin particulier à constater les effets qu’elle produit 
« sur la santé, l’esprit et le caractère des détenus. Ayant obtenu la 
» permission de les visiter dans leurs cellules à chaque heure du jour, 
a j’ai eu la facilité de causer avec un grand nombre. La pliipait. l inn l 
» renfermés depuis quatre années-; je ne pus rien apercevoir dans leur 
» physionomie ou dans leur langage, qui me donnât à peii er que la 
» solitude à laquelle ils avaient été soumis pendant un aussi long es- 


passe eiisuiie au uefiiicuuix.i «a- --- - , 

uocniuems émanés soit des médecins, soit de l administration, il ajoi 
a Devant ces déclarations, faites par des hommes graves, coriscieiicieux, 
habilo.s en ces matières, il n’y aurait sans doute ni une crédulité trop 
facile, ni une prévention trop forte à dire que l’accusation portée contre 
l’emprisonnement solitaire, de rendre fous ceux que I on y soumet, 
nord beaucoup de son importance et de sa gravité, néanmoins Ion 
doit avouer qu’il en reste encore une partie. Mais il faut reconnaître 
aussi que le petit nombre de faits, toujours à peu près Us mêmes, in¬ 
voqués de part et d’autre dans cette discussion, I éloignement des 
lieux où ils se passent, qui rend leur caractère incertain et leur ap¬ 
préciation difficile ; les différences de mœurs, de races et de couleur ; 
le mélange des deux systèmes, et d’autres causes encore, entretiennent 
cette longue controverse, ce.s réfutations sans fin qui auraient besoin, 
pi.ur être décisives et fixer l'opinion, de s’engager sur des témoignages 
plu-i nombreux et plus certaiii.s. » , , ■ 

M. Benoiston passe ciisnite à i’examen de l influence de la pr'so" 
cellulaire .'iir la .santé générale des prisonniers et sur leur mortaliie. 
Les divers résultats publiés à cet égard lui paraissent fondés sur des 
bases trop incerlaines , trop vagues , trop iiiconaplètes 
possible de tirer aucune conclusion générale positive. « D ailleurs, dit- 
il, la question n’est pas là. U ne s’agit pas de savoir s il y aura plus 
de maUdes dans les nouveaux pénitenliers que dans les autres prisons 
et dans la vie ordioaii'P, mais bien s’il y en aura trop. 

1) Et -s'il arrivait qu’il en fût ainsi , que sous la règle sévère de 
l’is.,lemeiil continu, le nombre des affections maladives quelles qu elles 
fussent et la mortalité qui en serait la suite , vin.-sent à ble.sser trop 
vivement le sentiment d'humanité que la société , tout en les piiiiis- 
-aot, conserve encore envers de.s hommes qui n’en connaissent aucun 
pour elle sans doute il faudrait se hâter d’arrêter le mal en détrui¬ 
sant sa cause et l’on devrait alors adoucir la rigueur d’un châtiment 
qiii tuerait au ’lieii de corriger. Tuiitefuis, en le modifiant dans l’appli- 
<■ ition , ' il faudrait toujours s’attacher à conserver le principe de l’i- 
soleuieiit continu. » 


KKVBJE qPBÏÊBlAPSsUJ'ï'ïaSJ®. 


pharynx des animaux qui ont été enfouis dans ces milieux , forment 

lâte avec les mucosités, et adhèrent aux parois de ces cavités de ma- 
itère que leur progression vers l’œsophage et l estomac s en trouve 

2“ La présence de ces corps étrangers dans la bouche, le pharynx et 
le larynx , peut coexister avec renfouissemeut d un animal mort ou 
vivant ; ^ ■ i 

La longueur et l’aplatissement du canal œsophagien sont un ob- 
stade suffisant pour que ces corps étrangers n’y pénètrent pas , pour 
pas.ser de là dans la portion sous-diaphragmatique du tube digestif, par 
la simple action de la pesanteur, alors même que l’animal s est trouvé 
placé dans une position verticale. 

4» La présence de terre ou de cendres dans 1 estouiac et les intestins 
U on animal enfoui dans ces milieux , ne peut y exister sans que céa 
corps étrangers y aient été introduits par l’acte de la déglutition, et pat 
conséquent sans que l’animal ait été enfoui vivant. 

6» L’animal enfoui aura continué de vivre d autant plus long temps 
que le corps étranger sera parvenu à une plus grande profondeur dans 
le canal intestinal. (Ann. de la Soc. de Méd. d Anvers.) 


M. MialliP, à la suite d'un article destiné à faire connaître un moyen 
de préparer le proto-iodure de fer neutre à l’état solide , forme sons 
l.iqiiélle nous croyons fnmement que ce set ne pourra jamais èire ao- 
pdé à remplacer avantageusement l’iodure f-rriigiiieiix liquide ou li- 
qüeiir nchmale de M. le professeur Dupasquier, M. Mialhe, disoiif- 
notis^ isir demande s’il e»t bien cerlaiii que ce sel s-dl l’agent curatif 
de la phthisie pulmonaiie, ainsi que M. Diip isqiiier l’a si chaudement 
'pioclamé ? Sans répondre d’une manière absolue à celle qiie.stion , il 
se contente de faire ob.-eiver que celle médication ne peut être égale,- 
ment nficace à toutes les époques de la maladie tuberculeuse, et qu’il 
est même très probable qu’on ne peut en obtenir de bons lésultatf 
qu’au début de la maladie , époque à laquelle les prépaialions fern - 
gineiLses associées à l’iodure de potassium auraient le même iffet. Il 
ajoute que, d’ailleuis, l’iodure ferrugineux n’agd pas long-temps dans 
récono.iiie, attendu qu’il ne taide pas à être décomposé par le carbo¬ 
nate de suide que nos humeurs renferment , et à être par suite trans¬ 
formé en carbonate de fer insiiluhle, lequel séjourne dans l’économie, 
et en iodiire de sodium soluble , lequel en sort |iar diverses voies , et 
notamment par la sécrétion rénale. Eu conséquence de celte altérabi¬ 
lité si grande du proto-iodure, de fer, M. Mialhe, croit qu’on devrait de 
préférence recourir aux i.idiires de potassium et de sodium qui^ sont 
excessivement peu alléiables , et auxquels on pourrait associer 1 usage 
des préparations ferrugineuse lorsqu’un désirerait soii.melire les sujets 
à l’action simultanée de l’iode et du fer. 

(Bulletin général de thérapeutique ) 


La liste des docteurs en médecine qui se présentent au concours 
pour les différentes sections de l’agrégation devant la Faculté de Paris, 
contient les noms de 66 candidats qui se répartissent ainsi ; médecine, 
27 : chirurgie et accouchements, 21 ; sciences accessoires, 18. Or, il 
n*y a que 14 places à donner. 

— Le nombre des personnes qui s’occupent à Londres de l’art de 
guérir est de 2,330, parmi lesquelles on compte 320 médecins (physi- 
dans), 1400 chirurgiens (surgeons), 10 pharmaciens, et 600 cliimis. 
tes et droguistes exerçant à la fois la profession de pharmacien et de 
inédrein. 

— L'Indicateur de Bordeaux publie une lettre de Saint-Pierre 
(Martinique) du 29 novembre , qui annonce que la fièvre jaune vient 
de faire plusieurs victimes à Saint-Pierre et à Fort-Royal. 

_Trois professeurs de la Faculté de Paris sont dans ce moment 

remplacés dans leurs cours par des agrégés. Ce sont M. Breschet, rem¬ 
placé par â1. Cha.ssaigiiac pour le cours d’anatomie; M. Fouquier’, 
remplacé par M. Gouraud pour le cours de clinique médicale ; M. Du- 
inéril, remplacé par M. Legroux pour le cours de pathologie interne. 

— Le rapport pour la candidature de l’Académie de médecine, sec¬ 
tion de pathologie médicale, est annoncé pour mardi proéliain. L’élec¬ 
tion aura probablement lieu dans la séance suivante. Cette élection 
sera immédiatement suivie do l’annonce d’une nouvelle place vacante. 
On s’attend à ce que cette vacance soit déclarée dans la section de pa¬ 
thologie chirurgicale. 


Nous croyons que M. Mialhe s’est exag.hé beaucoup l’opinion deM. 
Dupasquier relativement a l’efficacité curative de Tiodure feiretix d.ms 
la plithisic piiliuoiiaire; car le professeur de Lyon a restreint les cas 
d’indication de ce médicament à t.eiix où la_ maladie reconnaît pour 
cause d s écarts de régime et spécialement l’abus des plai-irs véné¬ 
riens. Du reste, nous ne faisons p.is difficulté d’adim ttre avec l’auteur 
qu’il y aurait un avantage réel à remplacer, dans la pratique de l’art 
de guérir, le proto-iodure de fer par les iodures de potassium ou de 
sodium, a.'sociés à une pré|iaratioii martiale appropr iée. 


Sur l’infanticide par asphyxie; par M. le docteur Matthvssens. 
Dans un grand grand travail sur l’infanticide par asphyxie, M. le 


— On écrit de Cayennne : 

« Notre colonie e.-t atteinte d’une épidémie de grippe qui a rendu 
tout lemionde indade, et qui est mortelle pour les vieillards. Il meurt 
chaque jour un grand nombre de nègres, et quoique la maladie corn- 
mence à perdre un peu de sou intensité, il y a cependant des habita¬ 
tions et des sucreries où on a été obligé d’abandonner la récolte du 
girofle, parce que les ateliers étaient presque entièrement malades et 
qu’on manquait de bras. 

— La Société médicale d’Emulation, convoquée extraordinaire¬ 
ment le 20 décembre 1843 pour prucé ler , conformément à l’article 14 
de son réglement, au renouvellement du bureau, le constitue delà ma¬ 
nière suivante : 

Président honoraire : M. Cornac, ex-président. 

Pré.sident : M. Brierre de Boismont, ex-vice-président. 

'Vice-président : M. Gillette, ex-secrélaire-général. 

Secrétaire géiiéial : âl. Caffe. 

Seciétaircs particuliers: MM. ChcresI, léélii, et Faivre. 

Tiésorier : M. Adorne-Tscharner, réélu. ’ 


Monsieur le Rédacteur, 

Je m’atleiidais à voir mardi dernier l’un de Messieurs les membréi 
de l’Académie de médecine proposer à la docte assemblée d’envoyer 
députation pour 


médical à l’inauguration 
la f.iiitàiiie Molière. Il me semblait qu’il serait de bon goût de mon¬ 
trer que nous ne portons point rancune à notre grand comique dea 
plai-antrries qu’il a dirigées contre nous; plaisanteries qui , du lesle, 
u’alteigiienl guère noire génération coiffée à la Titus ou à la malcoo- 
tent, vêtue d’un frac, chaui.sée de bottes, et formulant en français par 
grammes et centigramines. Puisque l’idée n’en est venue à personne, 
.iioi, s’il en est temps encore, de l’insinuer dans votre jour¬ 


nal. 


in de V 


docteur Mallhyssens a examiné l’infanticide par enfouissement, et il 
thé, des expériences qu’il a faites sur ce point de la science, les con¬ 
clusions suivantes : , . . . . , 

JO La terre ou les cendres que l’on trouve dans la bouche et le 


PILULES FERRUGINEUSES DE BLAUD, DE BEAUGAIRE. | 
Le dépôt général des Pilules de Blaud, médecin en chef de l’iiôpital j 
de Beaucaire, etc., accompagnées de son cachet et de son certificat, j 
est toujours à la pharmacie de M. Colmet-d’Aâge, rue Neuve Saiut- j 
Merry, 12, à Paris. 


WAî«NIE« père et Comp., rue Kcuvc-iles pctlIs-CIiamps 


lOCOim DYMlliOUES 

Douie tablettes à la livre. — '’’'>“oo. i^i.L 


__iiomoN 

Chaque tablette contient la valeur d’uii ht 


NOYER. 

bien chargée. 


LE CULTIVATEUR , 

Journal des Progrès agricoles. 

Cahier mensuel de 4 feuilles in-8", avec gr.a vu res e 
table des matières (68 pages). Prix de 1 abonne¬ 
ment annuel, 12 fr. pourP.iriset les déparb uients 
et 15 fr. 60 c. pour l’étranger. Paris, rue Tai amie 


Brevet d’inventic 


O. — Médaille à l’Bxposil 

de 1857. 


Le rapport de MM. LODIBERT et MARflN-SOLON à l’Academie royale de médecine, a constaté que 
SiroD fait nar Juiinsoii, est efficace dans les Affections nerveuses (asthmes, palpitations), dans les Irritalioiii 
des o^aiies respiratoires (rhumes, toux, catanhe.s). Sa vertu bienfaisante sur les organes urinaires est notoire. 


UTwd'MCOLE 


Guide des Comices et des Propriétaires ; 

Par Jacques Bujaclt, laboureur à Cliallone, près 
Melle (Deux-Sèvres). 

Telle estl’ulilité que doit avoir ce Guide pour tous 
ceux qui s’occupent des travaux des champs, que M. 
le ministre de l’agriculture et du commerce en a fail 
nreiidte mille exemplaires; et que, pour sat.isf.iire aux 
demandes de MM. les maires, curés et juges-de-pai> 
des chefs-lieux de cantons, et à celles de MM. les pré¬ 
sidents des comices, il est devenu nécessaire de faiii 
une nouvelle édition, les trois premières ayant étéim 
médiatement épuisées. — Brochure iii-S». Prix, 1 fr. 
et I fr. 15 cent., franc de port. — Les personnes qui 
prennent 12 exemplaires reçoivent le 13' gratis. S’a¬ 
dresser à la direct, du Cultivateur, rue Taranne, 1 


Utile aux malades , blessés, infirmes. — Béquilles, 
appareils à fractures. — Fauteuils mécaniques , cami- 
.sole de force, lits en fer de différentes manières. 
Vente et location. — Rue Tliéveiiol, 10 


ILLUSTREE 

RECUEIL DE SATIRES, 

Par F. FABBH { ïiocéen ef Boctenr) 

Les deux volumes ; Paris , 12 fr. 

Départements, 15 

Li’ouvrage est complet. 




lu bureau de la Gazette des Hôpitaux, 
-ue Dauphine, 22-24. 


SiiP 


Pharmacie JOHNSON, à Paris, rue Caumartin , 


POIWTES D’ASPERGES DE 


œj 


Spécialité des Chocolats Médicinaux. 


botte. 


M. COLMET D’AAGE, pharmacien, encouragé par 
la faveur que MM. les Médecins accordent aux produits 
fabrique de chocolats, vient d’établir, à la suite 
pharmacie, des mécaniques en fer poli, une pi- 
lerie à trois pilons et sur pivôt, et une broii-rie à trois 
cylindres coniques, et mues par un manège;,elles fonc¬ 
tionnent tous les jours. 

Aujourd’hui, il peut combiner en deux heures tou¬ 
tes espèces de Chocolats médicinaux. 

Ces mécaniques résolvent le problème si long-temps 
cherché, propreté dans la manipulation des pâtes, 
exactitude dans le broyage. 

A la pharmacie, me Neuve St-Merry, n» 12, àPa- 
;, ou trouve préparé d’avance : 

1» Le Chocolat ferrugineux, dont il est le seul pro¬ 
priétaire ; prix en tablettes, les 500 gran.nes, 5 fr. 

Par paquets de 3 kilog., 27 fr. 

i Pour les enfants, les Bonbons ferruginenx , par 

DÉPÔTS dans les Pharmacies principales de France et de l etranger. 

Exiger la Notice sur les chocolats médicinaux. 


3“ Le Chocolat rafraîchissant au lait d’amandes; 

prix, les 500 grammes, 4[f’ 

Le paquet de 3 killog., 2111- 

Le Chocolat analeptique au salep de PersJI 
prix, les 500 grammes, 4,“' 

5» Le Chocolat pectoral, au baume de Tolu; pri<i 

s 500 grammes, ' Ut' 

6« Le Chocolat à l’osmazone pour convalescents; 
prix, les 500 grammes, 5 fr. 50f. 

7° Le Chocolat sans sucre ; prix, les 500 gr., 4li' 
Avis. M. COLMET-DAAGE accordera à âlM- 'd 
médecins, pour leurs malades chargés de famille,f 
peu fortunés, et sur une recommandation écrite et»’ 
gnée d’eux , une remise de vingt pour cent surlfi 
■ de tous les chocolats médicinaux. 


PARIS. — IMPRIMERIE BÉTHUNE ET PLON , BUE DE VADGIRABD, 36. 





























SIABDI 16 JANVIER 1844. 


(17* ANNÉE.) 


6. TOME VI. ~ 2‘ SÉRIE. 


lAtt tjancette française 9 


gazette des HOPITAUX 

Paris. 3 mois, 9 fr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 


Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
-T rue Dauphine, 2Î-24. 


^Marseille, J.-J- Iinl>ert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, 9.fr.; 6 mois, 18 fr.; un ai 
Départ., id. to’fr.; id. 20 fr.; id. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


n.rAllX - Hôtel Dieu (M. Ros(an). Méningo-encépliali e. Ré- 
le diagnostic différentiel de la céphalalgie idiopatliiqnc. 
“'’‘rL4 CuxmxÉ (M. Velpean). Opération ée strabisme Qualqnes 
Tn.vinns sur le degré de canfiance que cette opération doit ins.iiri r. 
^^“Tnmenr squirrheuse du sein. Opération. De la di.d.nction «é- 
à établir entre tes différentes tumeurs de la '«amelle. — 
o-s7inom»ftie Précis de la doctrine médicale de 1 Ecole de Mont- 
Prevue oes Journ.xux. - AnmUs de la Chirurgie fran- 
étrangère. (Décembre 1843.) De l’ankylose. - Sur la chi- 
t Simuliliée. - Faits divers. Formation exiraordinaire d une 
'“Sàe Cas d'hémorrhagie spontanée du bulbe de 1 œil. — 
calarai.te. f.„up„ura nour l’agrégation. — Feuilleton. Cause- 
‘^''Tèbdomadafres. - Académie des sciences (15 janvier)^ Hyper- 
tTohie de la rate. — Sources des miasmes. — Accidents causés 

par l’usage du seigle ergoté. 


HOTEL-DIEU. — M. Rostan. 

Méningo-encéphalite. Céphalalgie intense - Réflexions sur 
le diagnostic différentiel de ta céphalalgie idiopathique. 

K la salle Saint-Antoine, n” 29 bis, a été couchée la nom¬ 
mée Rosalie Bordière, âgée de ving et un ans, plumassière, 
malade depuis trois semaines. 

D’une constitution assez forte, d’un tempérament lympha- 
lico-saneuin, à Paris depuis trois ans, d’une bonne saute ha • 

hituelle! la malade, interrogé^ sur les antécédents de sap- 

mille déclare que sa mère est morte du choléra. Son père 
Pt ses’frères et sœurs sont d’une bonne santé. Il y a trois se¬ 
maines environ, elle fut prise , 5ans cause connue , d une ce- 
nhalalsie frontale générale extrêmement intense , qui persiste 
Mcore au moment de l’entrée. En même temps, douleup de 
ventre et maux d’estomac. Cet état a duré pendant quinze jours 
Siron , sans que la malade.fît aucun traitement et éprouvât 
Lcun soulagement. Il y a huit jours, elle fut obligée, par la 
violence de ses douleurs, de cesser son travail. ,. _ , 

Depuis ce moment, elle n’a pu prendre un seu instant de 
renos Elle éprouve des étourdissements, des bourdonnements 
et des tintements d’oreille. La vue est bien conservée ; la ma¬ 
lade se plaint de douleurs dans les membres, et dune lassitude 
Eénérale. Frissons assez fréquents, irréguliers. Elle n a jamais 
Lâché de sang, et ne tousse que rarement. Elle ne s enrhume 
noiiit facilement. Sujette aux palpitations quand elle se fatigue 
on marche vite. Bien réglée. Pas de leucorrhée. 

A la visite du soir, elle se plaint de la meme céphalalgie 
frontale violente. Le pouls est à 88, régulier, assez développe. 
La peau est chaude , moite ; sueurs pendant la nuit, surtout 
depuis quelques jours. Langue un peu rouge à la pointe, blan¬ 
che au milieu. Bouche sèche, amère. Soif, inappétence. Ni 
nausées, ni vomissements. Douleurs assez vives dans la région 
épigastrique; ventre insensible même à la pression. Constipa¬ 


tion depuis quelques jours. Résonnance et respiration nor¬ 

males. 

Le lendemain, l’état de la malade est le mémo ; le pouls est 
toujours à 88-92 , développé, régulier; persistance de la cé¬ 
phalalgie. La résonnance cl la respiration bonnes parioul. 32 
inspirations par miiiuli'. Soif vive; inappétence; bouche 
amère ; la déglutition un peu difficile. Tisane gommée; diète. 

Le 13 juillet, peau moite, chaude ; frissons toutes les nuits, 
se reproduisant à des heures différentes, et durant une demi- 
heure environ; céphalalgie frontale extrêmement violente, 
continuelle; insomnie; rêvasseries, et un peu d’incohérence 
dans les idées ; quelques étourdissements. La malade a cepen¬ 
dant bien toute sa connaissance au moment de la visite du 
matin. Un peu d’engourdissement dans les membres, tant su¬ 
périeurs qu’inférieurs, .sans paralysie bien marquée. La lu¬ 
mière la fatigue, et elle s’en plaint. Bien qu’il n’y ait pas de 
délire , l’intelligence est un peu obtuse. Les règles ont paru 
hier, à leur époque normale, peu abondantes. Pouls à 84-88. 
Limonade, 3 pots; seize sangsues aux apophyses mastoïdes; 
pédiluves sinapisés ; eau froide sur le front. 

Le 14 , le pouls est à 76 ; à peu près même état du reste. 
Vésicatoire à la nuque. 

Le 16, persistance delà céphalalgie toujours intense. Pouls 
à 88. Même obscurité de l’intelligence, sans délire, mais avec 
des rêvasseries pendant la nuit. Mouvements nerveux des mus¬ 
cles de la face. Bouteille d’eau de Sedlitz; catapl. sinapisés aux 
mollets; glace sur le front; diète. 

Le 18, pouls à 80 84, régulier , médiocrement développé ; 
la malade se trouve, à très peu de chose près, dans le même 
état que les jours précédents. Même état de l’intelligence. En¬ 
gourdissement et fourmillements dans les membres , sans pa¬ 
ralysie. Il y a eu cette nuit un peu d’agitation. Quinze sang¬ 
sues aux apophyses mastoïdes ; glace sur la tête* 

Le 19, un mieux sensible a suivi l’application des sangsues ; 
le pouls est tombé à 76 Cependant les phénomènes du côté 
du cerveau persistent encore. Eau de Sedlitz. 

Le 22 , la malade était en pleine convalescence, et douze 
jours après elle quittait l’hôpital parfaitement guérie. 

— Il est bien évident pour quiconque lira cette observa¬ 
tion, que la malade dont nous venons de raconter l’histoire a 
été affectée d’une ménfngo-encéphalite, peu intense il est vrai, 
et qui a promptement cédé au traitement que M. Rostan a 
mis en usage pour en combattre les symptômes. Si nous avons 
rapporté ce fait en détail, bien qu’il ne paraisse rien offrir de 
bien particulier, et surtout aucun phénomène qui semble se 
dérober aux lois générales , c’est que la malade qui en est 
l’objet a présenté pendant tout le cours de l’affection et pen¬ 
dant plusieurs jours avant qu’elle n’apparût bien évidemment, 
un symptôme, assez commun à la vérité , dans les inflamma¬ 
tions de l’encéphale et de ses membranes, mais qui ne per¬ 
siste pas ordinairement d’une manière aussi continue et aussi 
intense que dans le cas particulier qui nous occupe, nous vou¬ 


lons parler de la céphalalgie, sur laquelle nous allons revenir ' 

plus loin, en faisant remarquer avec quelle facilité l’on pour¬ 
rait s’égarer dans le diagnostic, si l’on ne se guidait que sur 
les symptômes les plus tranchés et les plus apparents, et non 
sur l’ensemble des lésions fonctionnelles qui caractérisent la 
maladie qui nous occupe. 

Et d’abord , il n’est pas sans intérêt de remarquer la mar-' 
che lente et insidieuse qu’a suivie l’inflammation au début. 
Pendant trois semainrs avant son entrée à l’bôpital, la malade 
a éprouvé quelques uns des symptômes précurseurs de la mé¬ 
ningo-encéphalite, sans qu’ils fissent de progrès notables, sans 
qu’ils se manifestassent avec une intensité plus considérable , 
mais aussi sans que l’on pût constater aucune amélioration évi¬ 
dente dans son état. Or tel n’est pas d’habitude le début de la 
méningo-encéphalite. La plupart du temps la maladie débute 
brusquement, surtout chez les jeunes sujets, dont nous n’a¬ 
vons point, du reste, à nous occuper ici. Mais chez les adul¬ 
tes, aussi, la promptitude de l’invasion peut êue telle, qu’elle 
en impose quelquefois pour une hémorrhagie cérébrale ou 
pour une congestion. Il y a quelques mois à peine, nous 
avons observé dans les salles de M. Rostan un homme mani¬ 
festement atteint d’une méningite aiguë, et chez lequel l’inva¬ 
sion avait été tellement brusque et soudaine, que les pa¬ 
rents croyaient, et que l’on eût pu croire à première vue, à 
l’existence d’une attaque d’apoplexie. 

Le pouls s’est toujours, depuis le moment de l’entrée de la 
malade jusqu’à la convalescence, maintenu à un degré d’élé¬ 
vation à peu près le même, c’est à-dire, entre 88 et 76 y ce 
qui pourrait presque passer chez certains sujets pour l’état 
normal, et ce qui tenait peut-être, en admettant que ce fût 
un véritable étal fébrile, à ce que le pouls normal du sujet 
était lent. Chez les individus qui n’offrent habituellement que 
48 ou 52 pulsations par minute à l’état normal, et ils sont 
plus communs qu’on ne le pense généralement, l’élévation du 
pouls à 88 constituerait un état fébrile bien prononcé. Mais il 
est nécessaire de se rappeler ici, ne connaissant pas le rhythme 
et la fréquence normale du pouls chez notre malade au mo¬ 
ment de son entrée, que souvent dans les phlegmasies cérébrar 
les, surtout quand elles affectent une marche lente, le pools ne 
présente pas de fréquence anormale ; qu’il est au contraire 
souvent remarquable par sa lenteur ; caractère qui ne peut 
en imposer qu’à l’observateur inexpérimenté ou inattentif. 
Ainsi donc, dans la méningo-encéphalite en général et en par¬ 
ticulier, dans le cas dont nous parlons, le pouls ne pourrait 
fournir que des indications excessivement vagues et presqu- 
dépourvues de toute espèce de valeur. La preuve en est en¬ 
core que, dans une ob.iervation que nous citerons plus bas, 
et dans laquelle on ne peut découvrir aucune trace d’une in¬ 
flammation , même la plus légère de l’encéphale ou de ses 
membranes, mais qui présenta avec celle que nous avons dé- 
■ crite, un point important de ressemblance; la preuve en est, 
j disons nous, que, dans ce cas, le pouls était beaucoup plus 


W' M VMIaIjM'FON* 

CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

L’Académie de médecine non invitée à l’inanguration de la statue de 
Molière. — Motifs qui auraient dû la faire s inviter elle-même. 
Proposition nouvelle. — Deux scènes de Y Amour Médecin. — Ap¬ 
plications. — Concours monstre. — Ce que c’est que 1 agrégation. 
— Biuquet à une dame professeur. 

111 a bien raison, notre fidèle et ancien abonné ; pourquoi, quand tou- 
tTs Us Académie ont été invitées à l’inanguration de la statue de Mo¬ 
lière , pourquoi seule l’Académie de mé lecine a-t-elle été oubliée , et 
pourquoi l’ayant été,'l’Académie n’a-t-elle pas spontanément provoqué 
cette invitation ? C’eût élé faire en même temps acte d esprit et d a- 
dresse. Bien des gens dans le monde se figurent encore qii au seul nom 
de Molière, nous entrons en fureur ou tout ou moins en confusion, que 
U critique si vive et si pénétrante qu’il lit d. s médecins de soii temps 
timlie d’apUimb sur noire têle, et que dans les Purgon , les Diafoirus 
et autres types gnitesqin-s nous nous reconnaissons nous-mêmes. Il lûl 
été convenable et digne , spirituel et de bon goût de montrer une fois 
pour toutes au public et dans une occa.sion solennelle, que les méde¬ 
cins du dix-neuvième siècle rient avec Molière des ridicules de leurs 
prédécesseurs, qu’ils savent s’associer aux liommages rendus a nus 
gloires littéraires, et que pour le grand nom de Mol.ère ils ne profes¬ 
sent qu’admiration et respect. Quel effet aurait produit dans le public 
cette simple addition au programme de la cérémonie ; Une députation 
de t’Académie de médecine frra partie du coitége ! .... 

Celte occasion perdue , j’en propose une autre. Le 15 janvier est 
l’anniversaire de la naissance de Molière ; c’est cetlc époque qu on a 
choisie avec juste raison pour inauguier sa statue. Puisque les médecms 
n’ont pas été, et qu’ils ne se sont pas eux-mêmes conviés à la fête, je 
propose qu’ils fassent leur démomtiation, en l’honneur de ce grand 
homme, le 17 février procliain, jour annivcr>aire de sa mort. I y aura 
juste cent soixante et onze ans que Molière est descendu dans la tom ■ 
be , succombant aux fatigues de la représentation du Malade imagi¬ 
naire où les médecins et la cérémonie de leur réception venaient d être 
frappés d’un ridicule ineffaçable. Je propose donc que les médecins de 
Paris et lieux circonvoisins se cotisent pour subvenir aux frais d une 
représentation solennelle composée de pièces de Molière, spectacle qui 
aura lieu ce jour-là. Le Malade imaginaire et la cérémonie devront de 
droit faire partie du spectacle. Pour petite pièce , je propose 1 Artiour 
médecin qui se joue rarement, je crois, et peut-être, si peu je sms au 


courant du répertoire, qui ne se joue plus du tout. Mes motifs de pré¬ 

férence pour cette pièce, c’est que nulle paît dans Molière je ne trouve 
une critique plus vraie, plus directe, plus constamment actuelle contre 
les médecins que dans celle-là. Rappelez-vous seulement la scène de 
la consultation entre les quatre médecins Desfonandrès, Tomès , Ma¬ 
croion et Baliis. Les commenlaleurs s’accordent à dire que sous ces 
noms tirés du grec et que Boileau lui avait fournis, Molière avait osé 
se jouer aux quatre premiers médecins de la cour, Desfougeraisdont 
il lit Desfonandrès, c’est-à-dire tueur d’hommes ; Esprit, qui bredouil¬ 
la t et dont il lit Bahis, qui signifie japuant, aboyant ; Guenat qu’il 
transforma en Macroion, parce qu’il parlait fort lentement ; Dacquin, 
enfin, qu’jl appela Tomès , ce qui veut dire seigneur, à propos de la 
grande prédilection de ce médecin pour la saignée. La scène est ravis¬ 
sante. Ils viennent d’examiner la malade ; tous les quatre ils s’asseyent, 
ils toussent ; j 

M. Desfonandrès. Paris est étrangement grand, et il faut faire de 
longs trajets quand la pratique donne un peu. 

M. Tomès. Il faut avouer que j’ai une mule admirable pour cela 
et qu’on a peine à croire le chemin que je lui fais faire tous les jours. 

M. Desfonandrès. J’ai un cheval merveilleux , et c’est un auimal 
infatigable. . , 

JJ. Tomès. Savez-vous le chemin que ma mule a fait aujourd hm ? 
J’ai été premièrement tout contre l’Arsenal ; de l’Arsenal, au bout du 
faubourg Saint-Germain ; du baubourg Saint-Germain au fond du 
Marais ; du fond du Marais à la porte Saint Honoré ; de la porte 
Saint-Honoré, au faubourg Saint-Jacques ; du faubourg Saint-Jacques, 
à la jiorte Richelieu ; de la porte Richelieu, ici ; et d’ici je dois aller 
encore à la place Royale. 

M. Desfonandrès. Mon cheval a fait tout cela aujourd’liui, et. de 
plus j’ai été à Ruel voir on malade. 

Dites , n’avez vous pas entendu vingt fois pareille chose ? Ne ren¬ 
contrez-vous pas tous les jours de tels vantards qui vous assourdis¬ 
sent du bruit de leurs exploits , qui ont vu vingt malades dans la 
journée, qui ont fatigué plusieurs chevaux et dont les occupations 
pratiques sont telles qu’ils ne peuvent rien voir, rien lire, pas même 
celle charmante scène de Molière , qui semble faite d’hier tt où ils 
trouveraient de si beaux enseignements ! 

Bref, nos consultants parlent de la pluie et du beau temps , des 
modes nouvelles et de la philosophie régnante ; mais du malade , 
point. Le père s’impatiente et vient timidement s’enquérir du résultat 
de la consultation. Alors ils parlent tou.s à la fois. 

Sganarelle. Eh ! messieurs , parlez l’un après l’anlre , de grâce. 

M. Tomès. Monsieur, nous avons raisonné sur la maladie de votre 
fille , et mon avis, à moi , est que cela procède d’une grande chaleur 
du sang , ainsi je conclus à la saigner le plus tôt que vous pourrez. 


M. Desfonandrès. Et moi, je dis que sa maladie est une pourriture 

d’humeurs causée par une trop grande réplétion ; ainsi je conclus à 
lui donner de l’émétique. 

M. Tomès. Je soutiens que l’émétique la tuera. 

M. Desfonandrès. Et moi, que la saignée la fera mourir. 

M. Tomès. C’est bien à vous de faire l’habile homme I _ 

M. Desfonandrès. Oui, c’est à moi ; et je vous prêterai le collet 
en tout genre d’érudition. 

M. Tomès. Souvenez-vous de l’homme que vous fîtes crever ces 
jours passés. ^ , , , 

M Desfonandrès. Souvenez-vous de la dame que vous avez en¬ 
voyée en l’autre monde il y a trois jours. 

Cher et très cher lecteur, mettez là-dessous_ une fièvre typhoïde 
moderne et des noms contemporains, la saignée d’un côté et les purga¬ 
tifs de l’autre, rappelez-vous ceitaines séances académiques, dites- 
moi, dites-moi, si celle scène n’e.st pas aussi neuve et aussi fraîche 
qu’en 1665 ? Les choses en viennent au point que toute la maison ac¬ 
court au bruit de la dispute et que Sganarelle ne sachant à qui en- 
tendie renvoie les quatre consultants et va consulter le marchand 
d’orvlélau. Hélas ! n’est-ce pas encore là notre histoire quotidienne 1 
MaisalorsarriveM.Fillerin, et les commentateurs supposent que, sous 
ce nom , qui veut dire j’aime la mort , Molière a voulu désigner la 
Faculté Ecoutez, écoutez quelques traits de fadmirable discours de 
M. Fillerin, vous qui, contre mou avis, déroulez devant le public non 
médical nos misères et nos contradictions', nos discussions et nos 
Intles intesliues , qui portez aux journaux politiques vos doléances , 
qui étalez devant la justice les tristes passions qui nous divisent I 
SI. Fillerin. N’avez-vous point de honte, messieurs, de montrer si 
peu de prudence, pour des gens de votre âge, et de vous être querellés 
comme de jeunes étourdis? Ne voyez-vous pas bien quel toit ces sortes 
de querelles nous font parmi le monde?... Pour moi, je ne comprends 
rien du tout à cette méchante politique de quelques-uns de nos gens. 
et il faut confesser que toutes ces contestations nous ont décriés de¬ 
puis peu d’une étrange manière , et que , si nous n’y prenons garde, 
nous allons nous ruiner nous-mêmes... Toutes ces disputes ne valent 
rien pour la médecine... Allons donc, mes.sieurs, mettez bas toute ran¬ 
cune, et faisons ici votre accommodement. 

L’accommodement en effet a lieu dans la comédie. Où est le Fillerin, 
où est le Molière qui pourrait aussi, dans le moment actuel, accommo¬ 
der nos Desfonandrès et nos Tomès modernes ? 

Je n’en persiste pas moins dans mes conclusions. Je crois que nous 
devons ce solennel hommage à Molière, ne serait-ce que pour ce que 
je viens de vous rappeler empreint de tant de vérité , de bon sens e 
de raison. Nous ne pouvons plus lui élever de monument, puisqu en 
Toilà un tout neuf; mais nous pouvons aller l’admirer et l’applaudir. 




















— 22 — 


fréquent, puisqu’il s’éleva jusqu’à 112 pulsations par lui- 
nuie. 

Des frissons irréguliers, qui se répétèrent plusieurs jours 
de suite, signalèrent aussi le comniencenient de l’affection, 
qui s^’accompagna également de quelques troubles dans les 
fonctions digestives , tels que soif, inappétence, éial saburral 
de la langue, etc. Mais il n’y eut point, phénomène que l’on 
observe assez souvent, de nausées ni de vomissements. C’est 
encore plutôt chez les enfants que chez les adultes que ces 
nausées et vomissements .s’observent. Aussi ne sera t on point 
surpris de ne lés avoir point remarqués ici. La constipation , 
qui fut notée au moment de l’entrée de la malade, est encore 
un caractère assez fréquent et beaucoup plus commun que la 
diarrhée. 

Si nous passons à l’examen des fonctions de relation, nous 
■verrons que les phénomènes n’ont pas été éioîns tranchés. 
Bien qu’elle n’ait pas déliré d’une manière bien notable, 
même pendant la nuit , au dire des personnes qui 'étaient à 
même de la surveiller, l’agitation, les rêvasseries contiiiuelles, 
l’insomnie, les mouvements nerveux qui furent notés dans les 
muscles de la face, etc., tous ces phénomènes ne prouvent-ils 
pas d’uiie manière évidente que l’organe central du système 
nerveux était nllectélégèrement, si l’on veut, mais bien posi¬ 
tivement? Et d’ailleurs, s’ils n’eussent pas suffi pour convain¬ 
cre l’observateur, le sentiment d’engourdissement des mem¬ 
bres qui fut noté pendant le cours de la maladie, n’aurait 
■encore fait que confirmer le diagnostic. C’est par un senti¬ 
ment d’engourdissement général que commence ordinaire¬ 
ment la première série des phénomènes, qui se termine par 
une paralysie plus ou moins complète , proportionnée à l’in¬ 
tensité de la phlegmasie. 

On sait, et nous n’avons pas ici besoin de le répéter, que 
lor que la méningite ou la méningo-encéphalite est parvenue 
à sou maximum d’intensité, des phénomènes nerveux se mani¬ 
festent, très marqués, .‘■oit que lés malades soient plongés dans 
un état de coma ou d’a.ssoupi.^semcnt, avec perte ou demi- 
derte de connaissance ; soit qu’ils présentent des convulsions, 
des mouvements tétaniques, des contractures proportionnées 
à l’intensité de l’affeclion inflammatoire. 

La méningo-encéphalite était-elle , dans le cas qui nous 
occupe . locale ou générale? La question nous semble être 
très facile à résoudre. Ce n’est que par les symptômes que 
■l’on peut connaître les lésions organiques qui en déter¬ 
minent ta production. Si le cerveau n’était alïeclé que dans 
un point, dans un hémisphère, par exemple, un seul côté du 
corps serait paralysé, en suppo.sant la maladie parvenue à son 
summum d’intensité , ou , s’il n’y avait point paralysie, l’en¬ 
gourdissement qui a été noté dans l’observation ne se serait 
étendu qu’à un côté du corps, et l’entrecroisement des nerfs 
eût produit cet engourdissement dans le côté du corps opposé 
à celui qu’occupait la maladie. Or, dans le cas actuel, il n’y 
eut pas de paralysie, mais l’engourdissement dont nous avons 
darlé était général, preuve certaine que la totalité des organes 
contenus dans la cavité crânienne était intéressée simultané¬ 
ment et dans leur ensemble, bien qu’à un faible degré. 

Les organes des sens avaient conservé leurs facultés intac¬ 
tes , et il n’y eut point, dans le cours de la maladie, de perte 
de connaissance ; ce fut à peine si la vue fut un peu affectée 
et si les globes oculaires furent un peu sensibles à la lumière. 

En présence d’une maladie aussi évideinment caractérisée , 
le médecin ne devait pas rester dans l’inaction ; mais, eu égard 
au peu d’intensité de la plupart des phénomènes , il ne deve - 
liait pas nécessaire de mettre en usage un traitement très 
énergique. Aussi M. Rosian , tout en prescrivant l’emp'oi de 
moyens antiphlogistiques, s’est-il bien gardé de les appliquer 


Donc la souscri()lion est ouverte, et je m'inscris le premier aux bureaux 
de la Gazette des Hôpitaux. 

Du reste, rien de iimiveau dans le monde médical, qui me parait à 
cette lieurc. parfaitement calme et inuffensif. Nous avons en ce moment 
le concours moirstie de l’agrégation, r ù pre.^que une cent.iirre de con¬ 
currents vont .‘e disputer quatorze places. C’est effrayant ! Et remar¬ 
quez encore que l’agrégatirrn tant ambitionnée et lairt courue , n’est 
rien , ne mène à rien , que c’est un impasse , qu’rrne foi.s cr-t échelon 
moirté Vous êtes au bout, sans y voir ni de pirts haut, ni de, pirrs loin, 
que le succès, dans ce concours , ne donne ni privilège, ni garantie 
pour l'avenir, et que le litre d’agrégé pour une chaire vacante n’est 
d’aucun poids dans la balance; et soyez étonrré, je le veux bien, 
qu’une foule si nombreuse de jeunes gens d’élite se précipite dans cette 
lutte avec tant de courage et de résolution. Pour la première fois le 
■jury aura à appliquer les uotrvelles drspositions sur les éprerrves éli 
mirratoires; tàclie dtfficile, délicate , pénible , que le nombre toujours 
croissant des concurrents rend, dit-on, indispensable, mais tient l’ap¬ 
plication exige un sérieux examen. On m’a raconté bien des choses sur 
ce concours, qui pourraient défrayer plusienrs feuillets du ferrilleton ; 
je veux dire de errs choses qui ne.se pt,s,sent pas dans le grand amphi¬ 
théâtre et en face du public , et qm lai.-sent toirjour.s, quelque soin 
qu’on y mette, cerfainrrs Ir.rees à l’aide desqirclles rien n’est plus facile 
que d’en suivre l’origine <t la (ilration. Je serat drscret atijoui-d’ltui , 
surtout en face de l'épreuvo élirninatoii-e ; mais je rre répnttds pas rie 
l’être toujours. Ami sincère et dévorré du coucortrs , j’emploirai con¬ 
stamment toutes mes faibles ressources pour le rendre loyal et pur 
d’intrigue. Juges et coitcurrerrls sont, sous ce rapport, justiciables de 
la presstî, et la presse ne manquera iri de frandrisri, ni au be.soin de 
courage pour signaler et pour flétrir l’intrigue. 

■Voilà mon brrtiri de la sernairre qui , sans Molière , rût été rrn peu 
maigre. Si je sigrrale avec plaisir la parfaite harmonie qui .‘■emble ré¬ 
gner parmi nous, le feuilleton cependant ne s’en accommode guère, et 
la cordiale entente obtiendrait ici peu de succès si nous n’étions avant 
tout charitable et bon homme. 

Je terminerai en offiant un bonqiirt à une charmante personne dont 
les haliitués de l’Athénée exaltent en ce moment le talent et les grâces. 
Je dis un bouquet, et c’ast de la couleur locale. Voici , en effet, ce que 
je lis dans un grave journal : «Nous venons d’assister à l’ouverture 
d’un cours public de botanique pour les femmes, fait à l’Athénée tous 
les mardis, par mademoiselle Magaud de Beaufort. Attiré par le désir 
de voir quelle figure pouvait faire une femme à une tribune, nous 
étions loin de penser que notre curiosité serait suivie d’une impres.sinn 
si différente. Avec quel étonnement nous avons vu celte jeune et jolie 
•personne exciter l’intérêt le plus vif et le plus soutenu par l’élégance 
de son langage, par la portée de ses réflexions scientifiques et par la 


dans toute leur rigueur. Deux applications de sangsues aux 
apophyses masto’ide.s, un vésicatoire à la nuque , deux bou¬ 
teilles d’eau de Si dlitz : voilà ce qui constitue le traitement 
act f. Comme moyens adjuvants ; la glace sur la tête, des si¬ 
napismes aux malléoles.-Sous l’influence de cette médlcaribn, 
on a vu dans quel court espace de temps la convalescence 
survint. 

Un des: principaux phénomènes qui furent observés dans le 
fait dont nous avons donné l’hisloire et sur lequel nous avons 
glissé rapidement dans le dessein d’y revenir plus longuement, 
c’a été la céphalalgie. La céphalalgie est un des phénomènes les 
plus fréquents de la méningite et de la méioingo-encéphalile à 
son début ; mais il est rare qu’elle persiste d’une manière 
aussi intense , aussi continue que dans le cas actuel , dans le¬ 
quel, pendant les trois semaines qui précédèrent l'entrée de 
la malade à l’hôpiia!, et pendant tout le temps qui s’écoula 
entre le momeui de son arrivée et la guérison , elle constitua 
en quelque sorte le symptôme prédominant. 

Nous avons cra devoir insister sur la valeur de ce signe , 
la céphalalgie, parce qu’il arrive a.sscz souvent que si l'on s’en 
laissait imposer par un seul symptôme prédominant, on pour¬ 
rait tomber dans l’erréur la plus grossière , et affaiblir le ma¬ 
lade en le soumettant à un traitement dirigé contre une ma¬ 
ladie qui n’existerait pas. L’Observation suivante est un exem¬ 
ple d’un cas qui, sans une scrupuleuse attention, eût pu don¬ 
ner lieu à une erreur dé ce genre. 

{La suite à un prochain numéro.) 


HOPITAL DE LA CHAUiTÉ. — M. Velpeau. 

Opération de strabisme. (Quelques réflexions sur le degré de 
confiance que cette opération doit inspirer. 

Félix Serain, cultivateur, âgé de vingt et un ans, est entré le 
24 novembre à la Charité, pour demander qu’on l’opérât du 
strabisme. 

Il n’est pas .sans intérêt d’examiner la valeur de l’opération 
qu’on pratique en pareil cas, bien que le nombre des strabi- 
ques ail considérablement diminué. Les seuls qui restent sont, 
en effet, ou des récalcitrants à l’opération, ou des sujets trop 
jeunes alors qu’elle était eu vogue pour avoir pu y être sou¬ 
mis. On eu a opéré une quantité immense, et comme on n’a 
jamais a.ssigné la valeur précise des résuliats qu’on pouvait ob¬ 
tenir, il en est ressorti celle conclusion fâcheuse, que pour 
quelques chirurgiens, l’opération tlu strabisme ne mérite au¬ 
cune confiance, tandis que d’autres y voient un moyen de 
guérison exempt de tout inconvénient. 

Entre ces âeux opinions extrêmes, ii en est une qui, selon 
nous, a plus de jusle.sse. Sans doute on redresse les yeux par 
l’opéraliou ; sansdoule ce redressemente.st à peu près complet; 
sans doute c’est sans accidents consécutifs qu’on obtient ce re¬ 
dressement; mais cela n’est vrai que pour la moitié des cas à 
fteu près. Dans l’autre moitié, une portion des opérés ne re¬ 
lire aucun profit de l’opération , et l’autre partie voit la dif¬ 
formité s’apraver, se compliquer de la proéminence de l’œil 
ou de son inclinaison en haut, ou bien il survient un creux 
manifeste à la place de la caroncule, etc. 

Il est très vrai que la section des muscles de l’œil est rare¬ 
ment dangereuse, et que pour peu qu’on mette en usage des 
soins convenables, elle ii’est jamais suivie d’accidents sérieux. 
Un peu d’inflammation, une rougeur qui persiste quelquefois 
un mois, deux mois même dans certains cas; une 'petite fon¬ 
gosité qui se pédiculisc quand on la laisse vieillir, et qui est 
fort aisée à enlever, tels sont, en général, les inconvénients 
légers dont elle peut être la cause. 


finesse de son esprit. Sa modestie, sa timidité et jiisnn’.à son trouble, 
n’ont fait que rendre plus intéressant et plus sensible son renianpiable 
talent d’improvisation. Aussi a-l-c'.le reçu de tout son auditoire l’ac¬ 
cueil le plus fl iltenr et le plus bienveillant , et jamais félicitliions ne 
parurent plus sincères ni mieux méritées. « 

Jeune, clievaleresqiie et incandescent étudiant qui pourriez lire cela, 
rappelez-vous que ce cours n’est fait que pour les dames, et que M. de 
Castellane, le Mécène de l’Athénée, vous defendrait probablement d’al¬ 
ler entendre de la bouche charinante et virginale de ma lenioiselle de 
Beanlort, la poétique description du mariage des fleurs et de la fécon¬ 
dation du fruit. 

Jean Raimosd. 


ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 15 janvier 1844. — Présidence de M. Dupin. 

èf. Cornay adresse un mémoire sur l’iiypertropliie de la rafe dan.s 
la fièvre intermitlente. Ce travail 'à déjà été lu à l’Académie de mé¬ 
decine 11 publié dans un jorual. 

Le même auteur adres.se un mémoire^snr les sources de.s miasmes 
qui occasionnent les typhus et le.s lièvres interinitlentes à Roclicfort. 
Çe mémoire a été au.ssi communiqué à l’Académie rie médecine. 

— M. Bonjean alres'c une note intitulée ; Accidents causés par 
l’usage du seigle ergoté. Eigolisme convulsifs. Dans le mémoire sur le 
seigle ergoté, communiqué à l’Académie en 1842, M. Bonjean annonça 
que des expériijnces faites sur des animaux l’autorisaient à conclure 
que l’ergot était moins dangereux en pain qu’en poudre , et que la 
chaleur jointe à la fermentation panaire , loin d’augmenter les vertus 
toxiques de cet agent, les atténuait au contraire d’une manière plus 
ou moins sensible, et d’autant plus que le pain avait été plus cuit et 
d sséché au four. M. Bonjean adresse aujourd’hui une nouvelle ob¬ 
servation confirmative de ce fait. Une famille nombreuse tomba ma¬ 
lade après avoir mangé en quantité du pain contenant du si-igle ergoté. 
L’analy.se du pain rt de la farine avec laquelle il fut fait, démontra 
que chaque individu avait dû prendre 48 grammes de seigle ergoté. 
Cependant les accidents furent peu graves et cédèrent facilement à u. e 
médication appropriée. La même quantité de seigle ergoté prise en 
nature u’aur.iit pas laissé vivant un seul membre de cette famille. 



Nous n’ignorons pas qu’on a cité des exemples dans h 
quels l’œil a été complètement perdu. Divers chirurgiens 
observé de ces faits malheureux. Dieffenbach a vu chez n" 
dame très haut placée, la vision détruite dans l’œil opétî 
Mais il faut ajouter que cette dame, dans la joie qu’elle f' 
sentait de ne plus loucher, passa la nuit qui suivit l’opêrat? 
à écrire à ses nombreuses connaissances quel magnifique 
eès on avait obtenu : elle devint borgne. 

M. Velpeau cite deux cas dans le.squels l’œil fut perduji 
suite de l’opération, mais toujours par des circonstances élr), 
gères à elle-même. Ainsi, il opéra une jeune femme qui api 
contracté une blennorrhagie qu’elle cacha ; l’opération pmiJ 
quée, une ophlhalmie blennorrhagique s’empara de l’m' 
Chez une autre, qui fut opérée d’un strabisme externe parm' 
ralysie du moteur oculaire commun, et qui probablement eji 
retiré peu de bénéfire de l’opération, un bandage coinp'rejjji 
mal appliqué amena la .suppuration et la perte de l’œil. 

On peut donc avancer, sans crainte d’être taxé d’e.xag(Sn, 
lion, que l’opération du strabisme n’est pas dangereuse. 

Pour ce qui est de fixer la valeur de ses résultats, il 
compter réussir dans la moitié des cas, et l’on doit s’attend! 
à ce qu’un quart des opérés ne retirera que peu de profit 
l’opération, el que l’autre quart conservera la difformité dajj 
le même état, ou une difformité égale à la première. 

Conclura-t-on, d’après ces données, au rtqetde l’opératioi) 
Non, sans doute. En est-il, en chirurgie, qui donne des rf. 
si'illats meilleurs? Nous ne le pensons pas. Qui ne sait que], 
plus légère peut être suivie d’accidents véritablement grayes' 
qu’une piqûre de sangsue, une moucheture, sont susceptibltj 
d’amener des érysipèles et tout un cortège d’affections qnj 
menacent la vie! 

De ce qu’il ne faut pas croire ces spécialistes qui réussisses 
toujours, et noos pensons pouvoir dire cela tout haut sam 
diffamer personne, il ne s’ensuit pas qu’il faille rayer l’opéra- 
tioii du strabisme du nombre de celles qu’approuve une saint 
chirurgie ; car, outre qu’il n’en est pas qui soient suscêpii. 
blés d’offrir des résultats plus satisfaisants, elle est d’une faci. 
liiô qui la met à la portée de tous les praticiens. NousdLsojj 
qu’elle est extrêmement facile, cela est vrai ; seulement il fain 
s’entendre, car cette facilité dépend tout à fait eu procéil 
qu’oii met en usage, puisque, entre les quarante ou cînquaiiii 
méthodes à l’aide desquelles on la pratique, il èn est qui de¬ 
mandent, dit-on, jusqu’à quinze ou vingt minutes pour lent 
exécution. 

Avec le procédé de M. Velpeau , le blépharergon appliqué, 
il ne faut guère plus d’une minute pour l’opération toute en¬ 
tière. Ce procédé, que M. Velpeau emploie depuis le moisii 
janvier 1841, est le plus simple et le plus facile qu’on puiss 
imaginer. 

Préalablement, on applique le blépharergon , instrumenl 
imaginé par notre confrère et ami le docteur Jehnnow- 
den et modifié par M. Velpeau. Il consiste en un fil de à 
élastique de la grosseur d’une forte aiguille à tricoter, plié 
en fer à cheval ou en rectangle, auquel il manquerait un ds 
côtés, et dont chacune des branches se contourne en di¬ 
vers sens sans que la totalité s’écarte de l’axe que doiveni 
conserver ces branches pour affecter la forme indiquée. Cel 
instrumenl tient les paupières séparées par son élasticité et i 
lui seul dispense de deux aides qui n’écarteraient pas les pau¬ 
pières aus.si bien qu’il le fait. 

Le blépharergon placé, au lieu d’aller chercher la conjonc¬ 
tive avec deux crignes fines, M. Velpeau saisit avec une pince 
à griffes la coiijoncilve el l’aponévrose du nuiscle , puis avec 
une autre pince il embrasse la conjonctive de manière que le 
muscle se trouve tendu entre les deux pinces ; il abandonne 
la première à un aide, pui.s,avec des ci.seaux courbes ou mènie 
droits el niousse.s, il divise d’un coup la conjonctive elle 
tendon du muscle dans toute son épaisseur. 

Le procédé de Dieffenbach, qu’on trouve décrit, d’aprèj 
Verhaegho, dans le Ihctionnaire des Dictionnaires de médecim^ 
art. Strabisme, page 294 , est une opération vëritablemenl 
délicate, tandis que le procédé de M. Vejpeau est d’une gran¬ 
de facilité à exécuter. iMM. Bonnet el Lucien Boyer ont ima¬ 
giné des pinces propres, selon eux, à mettre en pratique un 
procédé analogue; mais M. Vdpeau les trouve défectueuses 
en ce sens qu’elles sont trop minces, trop flexibles, et qu’on ne 
tient pas solidement avec elles. 

Le.s pinces dont se sert M. Velpeau présentent des branches 
fortes; et de plus, il a eu soin de faire pratiquer une échan¬ 
crure au-de.ssns de la griffe dans chacune des branches, de 
telle façon qu’il y a en cet endroit un élargissement de trois'à 
quatre millimètres, très utile pour permettre aux tissus saisis 
de s’y loger avec facilité. Cela est surtout nécessaire pour 11 
.seconde pince. Ce qui différencie principalement le procédé 
de M. Velpeau de celui des chirurgiens que nous venons de 
nommer, c’est que ces derniers se servent de pinces coninie 
les autres se servent des érignes, seulement pour-saisir la con¬ 
jonctive, tandis que M. Velpeau s’empare du même coup de 
la conjonctive et du tendon. 

Du reste, il a pratiqué maintenant plus de deux cents opé¬ 
rations, et il affirme n’avoir jamais éprouvé la moindre diffi¬ 
culté à couper les parties en suivant cette méthode. 

Tumeur squirrheuse du sein. Opération. De la distinction 
nécessaire à établir entre les différentes tumeurs de la ma¬ 
melle. 

Le 24 novembre 1843, est entrée à la Charité la nommée 
Dufour (Clémentine), uéeà Amioiis, âgée de quarante-six ans- 
C’est une femme d’une assez bonne constitution, qui portée» 
sein droit une tumeur située à la paroi -supérieure, et qui pa- 
raît être d’un tissu squirrheux ou encéphaloïde à l’état cru» 
avec un point ramolli. 

Les tumeurs du seiu sont,-comme on le sait, une maladie 
qu’on a fréquemment l’occasion d’observer. On a admis niie 














— 23 — 


distinction entre le squirrhe et l’encéphaloïde. Il est parfaite- 
■ ment clair qu’entre une tumeur encéi'haloïde constituée par 
une masse molle, fongueuse, criblée de petits vaisseaux res¬ 
semblant à la pulpe cérébrale, et une tumeur squirrheuse 
proprement dite, caraclérisée par une bosse dure, solide, il 
ne peut y avoir de comparaison à établir ; mais il ne paraît pas 
que celte tumeur squirrheuse ne puisse pas devenir encépha- 
Joïdc par la suite, que ce ne soit pas deux degrés d’une même 
affection. Toute la question est là. 

Mais une division plus importante à bien ctrnnaîire, et dont 
les conséquences rejaillissent nécessairement sur le pronostic 
et la thérapeutique, c’est celle qui fait des tumeurs du sein 
deux catégories bien tranchées : 

1“ Celles qui tendent à se reproduire, ou tumeurs ma¬ 
lignes; 

2° Celles qui ne se reproduisent pas, ou tumeurs bénignes. 
La première classe est, on le conçoit, la plus mauvaise ; 
car il est à craindre qu’après avoir été enlevées, elles ne re- 
spullulent dans les régions voisines, et même dans les régions 
éloignées. Il semble, à vrai dire, que ces tiimeurs-là ne soient 
que l’ombre du mal et non le mal lui-même, et qu’en frap¬ 
pant sur elles, le traitement ne porte passer la cause interne, 
véritable point de départ de la maladie. 

Parmi ces tumeurs de la première catégorie il faut ranger 
les quatre variétés suivantes, qui ne sont peut-être que des 
nuances de la même affection : les tumeurs squirrheuses, en- 
céjtbalüïdcs, mélaniques et colloïdes. Ce sont lesqualre varié¬ 
tés du cancer proprement dit; car ce sont les seules qui, 
abandonnées à elles-mêmes, constituent l’état particulier au¬ 
quel on a appliqué ce nom. Il faudrait encore en rapprocher 
certaines tumeurs érectiles qui sont, pour ainsi dire, sur la 
limite des maladies cancéreuses, et qui même souvent ne sont 
autre chose que la variété mélanique du cancer. 

En face de ces quatre espèces de tiimenrs, le danger est le 
même. Il n’a pas encore été possible de prouver qu’une seide 
ait été guérie sponianément. pas plus qu’il n’a été démontré 
jusqu’aujourd’hui qu’à part ririsiruirienl tranchant ou le caus¬ 
tique, aucune médication ait eu prise sur elles. Nous n’igno¬ 
rons pas qu’on a dit avoir obtenu la guérison de ces tumeurs 
autrement que par les deux moyens que nous indiquons; 
mais nous n’hésituns pas à dire qu’on s’est trompé ou qu’on a 
voulu tromper, et il no faut pas croire qu’il soit très difficile 
de commetlro une erreur dans celle question, il est, au con¬ 
traire, très compréhensible que quelques femmes de bonne- 
foi aient pu se faire illusion. Que faut-il, en effet, pour penser 
avoir guéri une tumeur cancéreuse autrement que par ie 
bistouri ou par le cau>tique? Une simple faute de diagnostic. 
Et si l’on réfléchit que sur la table de dissection, alors qu’on 
a sous les yeux les pièces pathologiques qu’on peut couper, 
étudier, examiner de tuuti s les manières possibles, ou discute 
quelquefois sur la nature do ces luineurs, ne doit-on pas pré¬ 
voir ce qu’il en sera quand celte tumeur sera encore renfer¬ 
mée dans le sein de la malade. 

Les chirurgiens qui n’y regardent pas de très près pourront 
.guérir une tumeur du sein par divers moyens thérapeutiques 
autres que ceux applicables aux cancers ; mais que prouvera 
celte guérison? Il est donc fort important de s’attacher à bien 
distinguer les tumeurs entre elles. 

Les tumeurs bénignes qui forment la seconde cla.sse, c’est- 
à-dire celles qui ne récidivent pas, sont les tumeurs fibreuses, 
tuberculeuses, grai.sseuses, par hypertrophie des tissus sains; 
,puis toute la série des kystes. 

C’est de l’étude comparative de la contexture des tumeurs 
de ces deux classes, que peuvent résulter des données utiles 
au diagnostic. Examinons donc les rapports et les différences 
qu’elles présentent. 

Les squirrhes, les cncéphaloïdes et les colloïdes, peuvent 
quelquefois être confondus ave des tumeurs fibreuses cl fi¬ 
brineuses; leur tissu n’est pas toujours très différent, leur 
densité est presque égale, mais la coupe des tumeurs fibreu¬ 
ses est homogène; elles sont, de plus, assez ordiiiaireraent 
isolées, circonscrites dans les tissus. La coupe du squirrhe, au 
contraire, est granuleuse, semée de points gris, souvent d’une 
teinte bleuâtre et légèreiin ni diaphane. Si on prc.sse la lu • 
ineur, la section laisse échapper une sérosité lactescente; de 
plus, les limites de cette espèce .sont mal déterminées; elles 
s’enfoncent dans les tissus voisins, où on les trouve sans ligne 
de démarcation bien tranchée. Enfin il existe, sous ce rapport, 
entre le squirrhe et la tumeur fibreuse, la même différence 
qu’entre la rougeur de l’érysipèle et celle du phlegmon diffus; 
l’une est limitée, l’autre ne l’est pas. Il faut ajouter pourtant, à 
propos de celle circonscription des tumeurs fibreuses, qu’on 
Jia trouvée quelquefois dans les . tumeurs -encéphaloïdes, qui ; 
sont'Véritablement comme cnTcyatées dans cerralns cas ; -mais ■ 
alors le ramollissement de ces derniers .me permet ,pas de des 
confondre av^;cdes lumoui's fibi'enses. 

Les tumeurs fibriiieuses-offrent ün granulé psrucnlier qui 
permet de les distinguer assez ifaoilemeuttcles tumeurs coHm- j 
de^réprésen lent-des pelotons grnnuleu’x, des-'masses dloift-ila 
coupe rappelle-celle du navel (tissu napifonne). üontains kys- 
'tes'couorets pourraient-80018 ‘être'COiffoiKlos=avec'elles; 'rasis ' 
cela ne peut arriver que rarement. 

Enfin, la mciaiiose, caractérisée par une masse noire, char- 
bonée, ne peut être l’objet d’aucune méprise. 

Tous les caractères que nous venons d’exposer sont sans 
doute assez faciles à saisir; mais il faut, pour cela, que les tis¬ 
sus soient dans la main, qu'on puisse les couper et les exami¬ 
ner avez soin, autrement la distinction entre eux n’est pas 
aisée à établir ; mais il est d’autres particularités qui se raiia- 
chent au diagnostic différentiel des tumeurs-du sein, entre 
elles, qui permettront de les différencier d’une manière ap¬ 
proximative sur le vivant. 

C’est là une question délicate et fort difficile que nous trai¬ 
terons quelque jour. D' Pajot. 


BIBLIOGRAPHIE. 

Précis de la doctrine médicale de l’Ecole de Montpellier; parle 
docteur Alexis Alqcié , professeur-agrégé de cette Faculté, etc. 
Troisième édition ; 1843. Un vol. in-S”. Prix, 6 fr. 

En me chargeant d’analyser cet ouvrage , je fis acte peut-être d’un 
peu trop d’empri-ssement , croyant d’abord qu’il s’agissait d’un livre 
comme il en parait tant de nos jouis , c’est-à-dire , léger, contenant 
peu d’idées en beaucoup de mots , et par suite facile à comprendre et 
à résumer eu quelques phrases. En cela, je me suis gr.nidenient trom¬ 
pé, et l’article que j’eiitrepreaids est rude à composer, la matière lon¬ 
gue et ardue. Il est question dans cet ouvrage des piiiieipes d’une 
école célèbre qui a conservé, é|)uré et agrandi les dogmes de la méde¬ 
cine ancienne. De noire temps, < ù le goût des idées pbilosopliiques en 
médecine se trouve si reetreinl, (ù l’habitude des détails noos éloigne 
invuliHiiaireruent des régions élevées de la science, il n’est pas aisé de 
rencontrer beaucoup de lecteurs et de b'en chauds partisans. Mais le 
vice assez général de notre siècle ne doit pas noms rendre ingrats en¬ 
vers les liommes qui nous conservent et nous commiiuiqnent les Ira- 
laux de la méditation ; sous ce rappoit, il serait nécessaire de donner 
quelque étendue à celle analyse, vu la multiplicité et la profondeur 
des sujets dont la docliine médicale dû Montpellier se trouve con¬ 
stituée. 

Vous savez que l’illustre professeur Bérard sentit la néce.ssité de 
composer un ouvrage pareil à cehii que M. Alqiiié vient de publier ; 

« Celte exposition nous paraissait d’autant plus nécessaire, dit Bérard, 
qu’aucun des professeurs de notre école n’avait jamais, à pioprenier.t 
palier, .nirepris celte tâche importante » Mais Bérard mourut en lais¬ 
sant un votume qui forme une sorte d’irdréduction à l’ouvrage consi¬ 
dérable qu’il se proposait de publier. Le champ restait donc llliie, lors¬ 
que M. Alquié s’est efforcé de le parcourir. En lisant les oeuvres de 
Bérard et le Précis de la doctrine que nous analy.sons, nous avons 
rémarqiié certains rapprochements entre la position respective de ces 
deux auteurs ; l’un et l’autre n’avalent aucune liypotlièse à soutenir, 
ii’àvaieiit fait encore aucun ouvrage qui pût gêner en rien l’appréciation 
franche de la doctrine médicale, de leurs maîtres ; aussi ont-ils pu rem¬ 
plir Iriir lâche avec Impartialité. 

Après avoir lu la Doctrine médicale de Montpellier, oii est surpris 
de voir qu’uii objet aussi im.iorlant ii’ait pas été de|iuis long-temps 
publié par les défenseurs habiles qui , d'âge en âge . se sont transmis 
i'i lliistratioii de cette école ; ce tte négligence reinarqiiable ne tient pas sans 
doute à la difficulté du sujet, ni à la paresse des éerirains de Montpel- 
litr, mais à l’iotéiêt que la plupart d’entre eux avaient à pro/iagt-r 
certaines idées |iaiticiiliore, ou , comme le dit M. Alqiiié , certaines 
exagérations personnelles. On ne saurait donc adresser trop d’éloges 
au jeune auteur qui n’a pas reculé devant une entreprise aussi pénible 
et aussi difficile , et y a apporté une sorte d’àbiiégstioii de lui- 
même pour mettre au service île son école son intelligence et son acti¬ 
vité. Avant la publication du livre du docteur Alqiiié, il en était de la 
dncliine médicale de Montpellier, comme des Œuvres d’Hippocrate, de 
Galien, de Sydenham, etc., i le., dont beaucoup de médecios l'arlnil, 
que ia plupart se permettent d’approuver ou de critiquer, sans les 
avoir lues. Bien plus, les travaux des grands hommes de la médecine 
sont colligés, répandus depuis longefemps, et la doctrine de Montpel¬ 
lier .sé compose de principe.s multipliés mois épars dans les nombreux 
ouvrages de ses illustres représentants; de sorte que, jusqu’à ce jour, 
celui qui eu parlait et celui qui désirait ia cunualire se Iroiivaii ut fuit 
embarrassés pour la trouver quelque part. N’éiant que i'Mppocralis- 
me, cette doctrine s’est san.s doute rei fermée dans les écrit.s du père 
de la médecine; mais iodépendammeiit du choix riifiieile à faire 
entre les lEiivres légitimes du ilivin vieiitard , et celles qui lui ont 
été faiissnmeut attribuées , ces dogmes de l’aiiliqiiité ont été étendus , 
épurés, conlirinés par les travaux de l’école de Montpellier, qui est 
parvenue à eu former nue véritable doctrine cumplète. Enliri pour faire 
comprendre le soin bien senti de l'ouviage que noirs analysons, il suf¬ 
fira de dire qu’en peu de temps trois éditions se sont déjà succédé. 

M. Alquié commence son travail en résnmaiil la philosophie de son 
école, qui est celle d’Hippocrate, de Bacon, de Newton , c’est-à-dire, 
l’induction ou la procession du particulier au général , méibode 
qui coiidiiil à admettre des forces comme causes des effets observés ; 
forces dont on ne cherche point à pénétrer la nature, comme le veu¬ 
lent les systématiques ; car l’école de Montpellier repousse toute hy¬ 
pothèse. A l’exemple des plus grands génies, elle reconnail des causes 
expérimentales qu’elle désigne par des expressions qui ne préjugent 
rien sur leur essence ; tels sont les mots/once vivante, dynnmistne, 
sens intime, etc., que les systématiques voudraient remplacer par ceux 
de fluide nerveux, électricité animale, stimulus, irritabilité, etc. 
Noirs devons d’autant plus iiisi.ster sur ces objets, que l’on est geuéra- 
lemi-nt porté à reprocher à la doctrine de Montpellier d’admellre des 
hyiiolbèses ; niais il faut avouer qu’elle n’en recoriiiall pas plus que 
NiWlon, qui posa l’attraction comme la loi des pliénoiiièiies physi¬ 
ques. De là, n’en doutons pas, la véritable raison de la pèrnianeiice de ‘ 
celle doctrine médicale; car l’abandon des théories nombreiises et hy¬ 
pothétiques n’a pu entraîner la chute d’une dociriiie aussi sévère dans 
sa iiiétliüde fl ses dogmes. Corn, arez , en effet, celte constance de 
l’école hipi.ocialiqiie, à celte instabilité de l’école op|iosée, tour à tour 
b.nllottér par le chinisme ou le mécanicisme, l’humorisme ou le soli- 
disme, par le vitalisme d.- Bicliat, le pliysiologisme de Broussais, etc., 
et vous ser ez au moins disposé en faveur d’une méthode philosophique 
qui ne met pas votre esprit it vos éludes à la merci de la mode scien¬ 
tifique. Aussi l’a-t-oii dit avec rai.son, Montpellier seul a d.-s princi¬ 
pes et une méthode; et qii’est-ce, bon Dieu ! qu’une science sans priii- s 
cipes et sans méthode ! 

H mesemble entendre le lecinur s’écrier : ie principe vital u’est-il pas 
une hypollièse absurde? Pas si>étiaiige que vous paraissez le croire. 
J’ai atilaitl que vous liorreiir des entités, mais je m’iffoice de voir si 
l’on ne iii’aiirait pas, à ci t égard, inspiré des craintes dénuées de fon¬ 
dement. Vous admettrez, sans doute, que les pliénoinèiies de la vie 
■oiil line cause, comme vous pensez que les actes du monde.physique 
sont au.ssi produits par une ou plusieurs causes ; eh bieu ! nuus voilà 
d'accord : les actes du corps liiimaiii ont une cause , et le noui que 
vous lui donnez ne peut être un siij-t de conte.statuin , car vous pou¬ 
vez le choisir vous-iiiénie pourvu que vous ne cheK hiez imiiit à pé¬ 
nétrer son essence. A Monlpellier, d’ailleurs, on n’agit pas aiitrenieiil ; 
•car ne croyez pas que l’on emploie l’expres.-ion de principe vital for¬ 
cément ; il y est, au rouliaire, rarimeiit prononcé, et l’on se .vert in- 
ilifféreiiiiiieiit des terme.v force vitale, puissance de la vie, dyn iinisme 
•humain , etc., etc. Ainsi cette méthoile, tout expérimentale, fait re- 
coniiallre une caiise-aclioii , dont le médecin doit étudier les effets, 
dont l’activité échappe à notre con.science, à notre être nioial, iiilel- 
lectoel, à notre âme eiifiti, et dont l’existence ne saurait pas davantage 
être mi.se en doute. Voilà donc deux forces abstraites, et iiulli ment 
peisoiinifiées, que l’Ecole de Montpellier admet avec toute l’antiquité. 

L’unité qu’elle remarque dans les divers actes phy.-.iolugiques con¬ 
duit celle Ecole à proclainer l’unité de la science de l'homiiie, l’unité 
de la pathologie et de la physiologie, et à rejeter la d.slinctioii cliiiné- 
rique de la spécialité de la médecine et dei la chirurgie ; elle est lel- 
lemeiit persuadée de l’uiiilé et de la .spécialité de la nature hiimaioe, 
qu’elle enseigne que la pathologie et la physiologie sont indépendan¬ 
tes des luis physiques et chimiques , et que pour cnniiattre l’Iiomme 
sain ou malade il faut l’étudier eu hii-inéuie et abstractioii faite d.s 
autres sciences. Tout eu adniellaiit celle unité et celte indépendance 
de la .science de l'homme vivant, cette Ecide ne saurait lecouuattre 
Jeux sortes seulement de maladies , comme les systématiques l’avan¬ 
cent. Selon celte Ecole, les causes n’étant pas les mêmes, leur mode 


d agir est différent. Les effets des médicaments ne se bornent pas à 
deux sortes , et par suite , d’après l’expérience clinique , il faut ad¬ 
mettre un grand nombre de maladies essentiellement différentes. 

Ces principes de patliologie découlent surfont de ce que l’Ecole de 
Moiitiiellier ne s’arrêlant pas à l’apparence des choses, mais pénétrant 
ju.squ’à la source des acie.s pathologiques, voit dans presque toutes les 
maladies deux objets que les autres Ecoles ne distinguent pas: la ma- 
nife.station morbide ou l’ensemble des symptômes, ce qui tombe enfin 
sous les sens , et la cause interne de ces phénomènes pathologiques, 
on ce qu’on appelle avec Galien l’affection morbide. Elle altache la 
plus hante importance à celte distinction et y trouve le fondement de 
ia véritable médecine pratique. Ainsi quand un individu est atteint de 
la syphili.s, elle y voit deux sujets d’étiologie, de diagnostic et de thé- 
rapeiitiqrre ; elle se demande si la cau.se syphilitique a agi seulement 
dans le lieu uii se monirc un chaniTe, et elle reconnaît sans peine que 
IMconomie entière est en même temps viciée quoique actuellement 
on ne puisse le reconnaître que par l’observation répétée ; elle trouve 
en cet étal moiMde deux sources de diagnostic , c’est-à-dire colle des 
caractères apparents et celte delà lé.sioii interne ; enfin elle y voit 
deux sujels de thérapeutique, les symptômes et l’affection syphilitique. 
De là elle est conduite à comprendre que les symptômes de beaucoup 
de maladies peuvent manquer . bien que l’individu soit réellement at¬ 
teint, comme dans l’hydroiihubie, le cancer, la goutte , etc., état qui 
constitue la diathèse. De là, elle est amenée à ne croire le diagnostic 
complet qu’antaiit que les deux faces du problème ont été découvertes ; 
de là , enfin , elle reconnaît comme rationnel, suffisant le traitement 
seul qui combat la forme et le fond des états pathologiques : sous ce 
rapport les principe.s de l’Ecole de Monlpellier ressortent de la pra¬ 
tique médicale la plus éclairée. 

Le docti iir Alquié continue son ouvrage en abordant la question 
fondamentale du siège des maladies et de ! anatomie pathologique ; 
et ici encore l’appiéciation en est tirée de l’expérience clinique , car 
son école n’attache du prix qu’aux inductions de ce genre. Ne pouvant 
outrer dans les délail.s de ce grand problème, je rappellerai seulement 
les conchr.sions dn Précis de ta doctrine ; Les orgatiiciens ont beau¬ 
coup trop altaclié d’importance au siège organique des maladies ; lors¬ 
que Bichat s’est écrié ; Qii’est-ce qu’une maladie si l’on n’en connaît 
pas le siège ! il a été énaré par la considération des maladies cliiiur- 
gicàles. Il i xisle, en effet, un grand nombre de maladies que l’on com¬ 
bat en ayant égard seulement à la nature même de l’affection et non à 
l’organe lésé;^ tels sont le périodi.smc, les douleurs , le scorbut, la sy¬ 
philis, etc. L’école do Montpellier considère donc les altérations orga¬ 
niques comme des caractères et di s effits morbides, et nullement com- 
n.e la partie essentielle à connaître et à combattre. 

Vient ensuite l’exposé succinct de la méthode analytique et des 
éléments des maladies ; comment r ésumer en quelques phrases un 
lirincipe aussi profond et aii.-si imporlaut en pratique? Disons cepen¬ 
dant que l’élément morbide est l.a lésion inter ne de l’économie ou l’af- 
feClion, qui peut ,se manifester par un groupe de symptômes très di¬ 
vers , mais dont le cachet est cependant touj mrs le même. Ainsi, l’é- 
lenir nt nerveiix, on l’affection nerveuse, se montre tantôt sous la forme 
de Colique , d’éréthisme général, de rliumatisme , etc. ; de sorte que 
dans chaque cas clinique (ilinniutisme, pleuré.sie, diarrhée, etc ) il faut 
se deinau'der quel est l’eléinent de ces maladies, de manière à les com- 
b.vllre tantôt |iar les iiarcutiques oii les antispasmodiques, tantôt par 
les anliplilegi.sfiqiics , d’aulres fois par les évacuants, etc. On peut 
comprendre déjà que celle médecine donne beaucoup à réfléchir ; 
qu’elle reconnaît des maladies bilieuses, catarrhales, nerveuses, iiiflam- 
maloires, adynauiiques, etc., .suivant les éléments morbides d’où elles 
proviennent rt le traitement qu’elles réclameiil. Mais je m’arrête pour 
UC pas elfaroucher nos modernes oiganiciens, et, du reste , parce qu’il 
m’e.vt impossible de donner eu quelques mots une doctrine si sévère, 
si profonde, si pratique. 

Je dois me borner a certains aperçus propres à faire sentir la philo¬ 
sophie et la rigueur des principes dont se compose la doctrine médicale 
de Monlpellier ; je renvoie le lecteur à l’ouvrage de M. Alquié, où tous 
les sujets de la sciei.ee médicale sont exposés avec méthode, clarté, 
parfois même avec un chaleureux entrainement. Je ne .saurais tropfé- 
liciler raiiteiir de son heureuse enlrepiise, et l’Ecole de Montpellier d’a¬ 
voir un aussi honorable interprète. Delim, d.-b. 


BEVUE DES JOUBNAUX DE MÉDECINE. 

Annales de la cniEORGiE pr.akçaise et étrangère. ( Décembre 184-3.) 

De l’anhylose; par M. le docteur En. Lacroix. 

Ce Irava l fort étendu donne lien aux déductions pratiques süi- 

L’imkylnse, est à la füi.s du domaine de ia médecine et de la cliirur- 
.gie L’a'.kylose qui est sous l’inlhience de caii.ses générales est le ré- 
siiltal d'une niodificalion de la vitalilé du tissu fînreux et exige un 
trailemeni tout médical ; et les belles reclierclies sur le rachitisme, 
qui font voir que l’oii peut à v-doiilé suii.draire aux os leur phosphate 
calcaire , poiiiraieul mettre sur la voie des moyens à employer dans 
celte maladie , a.^sez rare pour que la thérapeutique médicale soit 
muelte à son égan) jusqu’à piéseut. 

Pour les niuyeiis cliiriirgicaux , ils sont nombreux , car de temps 
iminéiiiorial cette affection a été i’ohjet de l’atlenlion des chirurgiens, 
Ce travail montre que si dan.s quelques circonstances l art a dû être 
enururiné de succès , dans heaiicuiip d’autres au contraire toute tenta¬ 
tive était une témérité blâmahie. Eu efld, une graude quantité d’an- 
kylosts doivent être considérées coninie incurables. M. Lacroix dé- 
monlre que la maladie [.eut débitler par les os ou par les ligaments. 
Toutes celles qui débutent par les os sont toujours symptomatiques 
■d’iiiie aff. clioii qui les a déterminées , et au-dessus des ressourrres de 
l’art; et l’on conçoit qu’il sera facile, en remontant aux causes, d’ap¬ 
précier la nature de l’atikylosi; dans les cas de carie, nécrose , fracture 
et rachîtiMne. Celles qui sont de nature spontanée ou idioiiathique 
ont ordinairement pour siège primitif les ligameiils cl peuvent être dé¬ 
clarées tout d'abord ( niables en génér a), à muiiis que l’ankylose ne soit 
de longue date, ce que les altérations pathologiques apiireiinent à re¬ 
connaître. 

Les ankylosés dos articulations arthrodiales peuvent se rattacher à 
deux types : dans l’un , rimmobililé de rartieulatioii précède la sou¬ 
dure des es ; dans l’autre , hs dé; ôls osseux précèdent la perte des 
mnnvements de l’articiilatiou. Ces deux modes de formation de l’an- 
kylüse montrent que , dans tous les cas, le mouvement est le meilleur 
muyen à opposer au développement de l’ankylose ; dans le premier 
pour prévenir, et dans le second pour combattre la formation de ces 
dépôts osseux. 

Le lien où commence l’aiikylose montre que c’est sur les parties 
placées dans l’extension que l’on doit d’abord agir ; il faut même pro¬ 
fiter de ce moyen, car ce point, comme superficiellement placé et 
éloigné des -gros vaisseaux , est encore accessible aux moyens chirur¬ 
gicaux. 

Mais plus tard, quand tous les progrès de l’ankylose ont lieu dans la 
flexion, la cliirurgie ne peut plus causer que des fractures ; les altéra¬ 
tions se traduiront à l’extérieur par des déformations qui indiqueront 
quelles sont les limites dans lesquelles un chirurgien devra agir, ou 
bien devra se résigner à êtr e inactif, s’il ne veut pas être coupable aux 
yeux de la morale. 

Donc quand les diamètres de l’articulation sont diminués, et que les 
dia,ihyses des os sont augintulées dans le diamètre antéru po.stérieur, 
il faut jenoncer à toute opération, parce qu’alcrs les os ont acquis plus 











— 24 - 


de solidité dans l’endroit où ils font réunis que partout ailleurs , et 
qu’alors la chirurgie pourrait déterminer une fracture au-dessus de 
l’articulation, qui est moins solide , et que quand même elle pourrait 
avoir lieu au niveau de l'ancienne articulation , ce serMt unç fraclure 
comparable à celle qui a lieu dans la continuité des os; que les surfa¬ 
ces articulaires, en admettant que l’on donne lieu à une fausse articu¬ 
lation, n’auraient pas la régularité et l’étendue convenables ,^et qu’en 
supposant même que ces conditions se rencontrassent, elles n’auraient 
pas de ligaments ni de muscles convenables pour la soutenir. 

Cette dernière considération donne aussi lieu à faire remarquer que 
l'examen des saillies d’insertion des ligaments et des muscles pourront 
faire voir à quel degré avancé se trouve l’ankylose ; il n’y aura que les 
muscles communs à celle articulation et à celles qui sont voisines, qui 
pourront avoir conservé leur volume normal. 

Plus le membre sera soumis à des actions énergiques , plus ces dé¬ 
formations seront promptes à prendre ces caractères d’incurabilité. L’on 
devra .aussi être en garde contre certaines altérations consécutives. 

Pour conclure, l’auteur dit que toutes les maladies organiques des os 
ont aussi un caractère particulier, en ce sens que, comme l’articula¬ 
tion ne lui sert plus de limites, elles sont tontes plus dangereuses par 
le champ plus vaste où elles peuvent se développer, et que par consé¬ 
quent le chirurgien ne saurait être trop vigilant à les combattre dans 
leur début. 

L’ankylose consécutive, plus difficile à se former, est impossible è 
combattre ; car ce serait souvent vouloir détruire la guérison d’une 
première maladie des os. 

Les .seules indications pratiques è tirer, dans les ankylosés succé¬ 
dant à l’antbrocace, c’est que la déformation des os au nivc.-m de, l’ar¬ 
ticulation peut être inverse de ce que l’on rencontre dans l’étal nor¬ 
mal ; mais en dessus et en dessous, ies os reprennent les caractères 
francs de l’ankylose, comme dans celle consécutive aux fractures au 
niveau des articulations. 

Une déduction plus importante è tirer de la marche de l’ankylose 
consécutive, c’est que dans celles qui succèdent aux luxations, la sur¬ 
face articulaire déplacée ne fe déforme que bien après l’os sur la sur¬ 
face duquel se déclarent les premins vestiges d’une articulation qui 
doit plus tard se souder avec l’os luxé. : 

Essai sur les luxations de la clavicule; par M. Morel-Lavali.ée. 

Nous avons analysé ce travail dan, le compte-rendu de l’Académie 
de médecine. 

Sur la chirurgie simplifiée; Lettre à M le docteur Mayor, 
de Lausanne ; par M. A. Vidal (de Cassis). 

La raison revêtue d’une forme spirituelle ne s’analyse pas; citer es) 
tout ce qu’on peut faire. Voici donc quelques passages de cet épltre : 

a Vous avancez que la simplicité est le caractère de la vérité ; 
c’est l’épigraphe de votre livre, c’est la base de votre sy.stème. J’oserai 
vous dire, sans vouloir porter un trop mauvais pronostic sur votre ou¬ 
vrage, que l’amour de la simplicité a perdu plus d’un système et plus 
d’un livre... Vous rappelez-vous ce système de chimie qui avait poussé 
la simplicité jusqu’à n’admettre , comme corps élémentaires, que le 
le sel, le soufre et le mercure? Avec ce souvenir, assistez à la pre¬ 
mière leçon d’un cours de chimie, suivez le professeur quand il trace 
sur un tableau le nom des corps élémentaires, et vous verrez si ce ta¬ 
bleau n’a pas grandi, même depuis que Vauquelin ou Fourcroy étaient 
chargés de l’accomplir— 

» Descendons davantage dans notre sujet, et puisque c’est surtout 
dans la thérapeutique chirurgicale que vous voulez introduire la sim¬ 
plicité, remarquez encore ce que sont devenues les panacées et par qui 
elles ont été créées. 

» La simplic.té de votre chirurgie vient de ce que toutes ses opéra¬ 
tions peuvent être soumises aux lois de la mécanique. C’est donc la 
connaissance de ces lois qu’il faut d’abord acquérir ; une fois en pos¬ 
session de cette connaissance , le jeune luaticien, selon vous et selo.i 
vos expressions, n’a plus besoin de répéter, de voir répéter des obser¬ 
vations, de faire , de refaire des observations , encore moins de les 
écrire, de les lire. Ainsi les précieux recueils qui nous ont été légués 
par Paré, par Fabrice de Hilden, par Pott, etc. , tout cela doit subir 
lesflamme.f, puisque de la connaissance de la mécanique on peut arri¬ 
ver à la pratique de la chirurgie dont les difficultés ne sont alors plus 
qu’un jeu. On concevrait plus facilement Votre syslèine , et surtout on 
l’adopterait avec plus de raison , si la rrivislanec pouvait être caicniée 
comme l’action. Ainsi, pour réduire une luxation, une fracture, on peut 
d’avance mesurer la force qui sera dépensée ; mais la résistance ne 
peut être prévue, calculée. Et, chose admirable , cette résistance la 
plus opiniâtre, celle qui pour êire domptée nécessiterait un déploie¬ 
ment de forces capables de compromettre immédiatement la vie du ma¬ 


lade, cette résistance va s’évanouir sous l’inflence d’un moyen très in¬ 
direct qui n’est nullement mécanique, par un grain d’opium, et quel¬ 
quefois sous la parole du chirurgien habile et d’une autorité bien 
reconnue. . 

» Ainsi Diipuytren , voyant qu’une réduction de l’humérus ne pou¬ 
vait s’effectuer par les tractions les plus énergiques, apostiophe la 
malade en l’accusant d’ivrognerie. A l’instant la malade est prise d'un 
élat nerveux qui produit un relâchement musculaire à la faveur du¬ 
quel la réduction devient très facile. Sont-ce les lois simples de la mé¬ 
canique qui pourront nous conduire à prévoir et à déterminer de pa¬ 
reils effets , des résultats analogues ? Non ceites. 

B 'Vous ne voyez aussi qu’une application des lois de ia mécanique 
dans l’opération de la cataracte, ce qui prouve que vous dédaignez les 
difficultés que peuvent apporter à l’accomplissernent de cette action 
chirurgicale les divers degrés de contraction de l’iris. Pour placer cet 
organe dans les meilleures conditions possibles à la réussite de 1 o- 
pération, est-ce par un moyen mécanique qu’on agit î Est-ce que, par 
hasard , la belladone serait un agent mécanique, un modificateur qui 
ne s’adresserait qu’aux propriétés physiques de nos tissus ? » 



FAITS SIVERS. 


sait principalement formé par l’iris ; il contenait des caillots sanguins. 
■ Depuis cette opération, le bulbe est un peu diminué de grosseur; il 
est niarqué de quatre sillons qui correspondent aux muscles droits. La 
cornée a perdu sa transparence. 

L'amoin.lrissement des lames de la corné,e . .unii;. à une congiistion 


CONCOURS POUR l’agrégation. 

Mercredi dernier, la première épreuve du concours a commencé. II 
s’agissait de répondre à une question écrite pour laquelle cinq heures 
étaient accordées.. 

La question donnée était ainsi conçue : 

(i Décrire siiccinclement la structure et les rapports du foie, la com¬ 
position, les usages, la sécrétion et l’excrétion de la bile. L’ictère, ses 
causes, son diagnostic, son traitement. » 

La lecture de ces compositièns a commencé jeudi. MM. Tardieu, 
Legrand et Hardy ont lu dans cette séance. Samedi, MM. Pelletan, 
Ponmet et ’Vernois. Demain, mardi, ce sera le tour de MM. Grisolles, 
Blandet et 'Vigla. 

MM. Boullay et Barthez se sont retirés. 


Formation extraordinaire d’une cataracte ; par M. le docteur 
Fkonmueller, de Fuerth. 

Un négociant âgé de soixante-cinq ans, jouissant d’une santé excel¬ 
lente et n’ayant jamais été affecté de maux d’yeux, se trouvait, le 17 
avril 1842, dans le courant de l’après-midi, assis dans un café, où il 
fusait une parlie de cartes. Le siège qu’il occupait était placé en face 
d’une fenêtre, et le soleil lui donnait en plein sur la figure. Il fut tout 
à coup saisi d’une douleur excessivement vive dans l’œit droit ; il se 
leva avec impéluo-ilé, en s’écriant ; « Qn’esl-ce que j’ai dans l’œil? Je 
ne puis le supporter, la douleur e.-t trop forte. » Toutefois, celte .Inu- 
leur ne tarda pas à s’appaiscr ; mais la vision qui s’exerçait si bien 
auparavant, re.-îa abolie de ce côté. 

Trois jours après, il alla trouver M. Fronmiiellcr, qui diagnostiqua 
une cataracte lenticulaire de l’œ 1 droit. (Au bout de quelque temps la 
capsule se troubla au-si.) 

M. Frotrmueller s’étant rendu au café pour examiner la disposition 
de la fenêtre, reconnut, sans en êtr e étonné, dans l’un des verres qui 
la garnissaient, deux convexités brtlliformes sentblahles, pour la gran¬ 
deur et la forme, à de véritables lentilles. Dè.s lors , il ne d.urla plus 
que l’accident éprouvé par le négociant reconnaissait pour unique cau-e 
l’action directe des rayons solaires concentrés par rrrne. de ces bulles. 

{Journal fuer Chirurgie und Augenheilkunde.) 

Cas d’hémorrhagie spontanée du bulbe de l’œil-, par M. le docteur 
Fronhdeller, de Fuerth. 

Urr vieux ceinturonnier, fort entêté, avait eu, au mois de mai 1840, 
un comrnencenrent de staplrylome de l’œil gauche, suite d’rrne oph- 
thalmie chronique de nature arthritique. En même temps, un flux Iré- 
morrhoïdal auqrrel il était sujet avait perdu beaucoup de son abon¬ 
dance ordinaire. 

Bien que l’œil droit fût lui-même affecté d’une assez forte irritation, 
M. Fronmueller ne put parvenir à lui faire abandonner son travail ac- 
corrturné, et tous les .-âges conseils qu’on lui donna sur ce point restè¬ 
rent impuissants ; les prescriptions elles-même.s ne furent pas suivies, 
de mamère que ce praticien voyant ses visites inutiles les su.spendit. 

Plusieurs semaines s’étaient passées depuis cette époque, lorsque M. 
Fronmueller lut appelé à la hâte. A son arrivée chez le malade, il le 
trorrva assis et tenant à la main un vase dans lequel tonrhaient à des 
distances assez rapprochées des gouttes de sang qui s’écoulaient de l’œil 
gauche. Il apprit de lui qu’il avait ressenti tout à coup de violentes 
douleur s dans l’œil, et qu’aussitôt l’hémorrhagie avait commencé ; une 
heure s’élail écoulée déjà depuis ce moment. 

L’rxamen de l’œd fit reconnaître l’exislence d’rrne tumeur rouge, du 
volume d’uu pois, à pédicule mince, smtarrt du rniliert de la cornée rie 
l’œil gauche: c’était de là que provenait le sang. La quantité de ce 
liquide qui s’était écoulée était environ de sept cent cinqrranle gram¬ 
mes ; sa couh ur était assez foncée. Le pouls n’élait |ias très déprimé. 

De.- compresses froides lurent appliquées ; un pédiluve chaud fut 

dministré. 

L’hémorrhagie ne s’arrêtant pas, et la prociilence des membranes 
internes s’augrn niant, le médecin en fit la section avec des ciseaux 
près de la base. A partir de la le sang cessa de couler. 

La tumeur enlevée consistait dans un sac membraneux qui parais- 


Ctaronlque. 

Une discussion d’un intérêt médiocre comme question gé¬ 
nérale, mais d’un intérêt réel dans l’espèce, a eu lieu à Cha- 
renion entre le médecin en chef et le chirurgien en chef de 
cet établissement. Voici quel en a été le sujet. 

Les aliénés qui, co'incidemment, sont atteints d’une mala¬ 
die chirurgicale, reçoivent, dans un service spécial, et des 
mains d’un chirurgien, les soins que leur élat léclame. S’ils 
viennent à décéder dans dans ce service, le médecin a réclamé 
la liberté d’en pratiquer l’autopsie, soit concurremment avéc 
le chirurgien, soit seul, si l’autopsie ne présente rien qui 
puisse intére.s.ser la chirurgie. C’est contre cette réclamation 
que le chirurgien en chef s’est élevé. L’affaire fut portée de¬ 
vant deux arbitres, l’un médecin, l’autre chirurgien, qui dé¬ 
cidèrent en faveur des prétentions du médecin en chef de 
Charenton. Le chirurgien ne voulut pas se soumettre à celte 
décision arbitrale et amiable, et il porta la question devant le 
conseil général des hôpitaux. Celui-ci nomma une commis¬ 
sion qui, après délibération et examen, fut du môme avis que 
h's arbitres. Il paraît néanmoins que l’affaire n’est pas encore 
tcrmitiée, et que le chirurgien en chef, à l’aide des adhésions 
qu’il cherche à obtenir de la part de ses confrères des hôpi¬ 
taux, espère faire revenir le conseil d’une décision qu’il croit 
contraire à ses intérêts scientifiques. 

Dans l’espèce, les prétentions du médecin en chef nous pa¬ 
raissent fort légitimes, et partant soutenables. Dans un ser¬ 
vice spécialement consacré à l’aliénation mentale, les cas chi¬ 
rurgicaux doivent être considérés comme des accidents, ne 
pouvant en aucune manière priver le médecin qui aura suivi, 
pendant plusieurs années peut-être, une observation intéres¬ 
sante, de l’occasion de constater les lésions anatomiques de la 
maladie. Si le service chirurgical n’est qu’accidentel, et nous 
ne croyons pas qu’on puisse l’envisager différemment dans un 
hospice d’aliénés, les droits du médecin à l’autopsie sont in¬ 
attaquables, et ce serait lui faire perdre tous les fruits d’une 
observation souvent très longue et patiente, en le privant de 
cette ressource ultime et souvent si importante d’enseigne¬ 
ment. En conviant le chirurgien à ces mêmes autopsies, en 
lui laissant le pouvoir d’examiner aussi ce qu’il peut avoir in¬ 
térêt à connaître, on ménage tous ses droits, ou donne satis¬ 
faction à toutes les convenances, et nous sommes étonnés que 
l’honorable et judicieux chirurgien de Charenton puisse con¬ 
sidérer cette affaire sous un autre point de vue. 


12 forts volumes iii-S“ environ, sur double colonne, divisés en 56 livrais! 


BIBLIOTHEQUE 

DU MÉDECIN-PRATICIEN. 


ü RÉSUMÉ GÉNÉRAI. IlE TOt S LES OUVRAGES IIE CLINIQl E MEDICALE OU CHIRURGICALE, 
DE TOUTES LES MONOGRAPHIES , DE TOUS LES MÉMOIRES DE MEDtCINE ET DE 
CHIRURGIE PRATIQUES, ANCIENS ET MODERNES, PUBLIÉS EN FRANCE ET A L ETRANGER; 
PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

SotMS la Mreclion tlt* eMoelear F AB BIX!, 

Auteur du Dictionnaire des Dictionnaires de médecine, rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux 
( Lancette française). 


\VAMI»IER père et Comp. • rae Xeuve-des petlls-diamps, 28. 

CHOCOLATS DYMMIOCES AIJ HOUBLON OU AU NOYER. 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la valeur d’un litre d’infusion bien chargée. 


APPAREIL ÉLECTRO-MÉDICAL. 

Ce qui a «’lé jusqu’à ce jour pour un grand obstacle dans l’emploi de l’électricité en médecine, c’est le man¬ 
que d’instrn uens commodes pour l’appliquer facilement aux personnes malades. MM. Breton viennent d’ins 
venter une nachine très énergique et en même temps très portative, au moyen de laquelle on obtient des se¬ 
cousses conlinues et d’une force extraordinaire, et qui peuvent se graduer à volonté. Le prix de cet instru¬ 
ment est de SO francs. Cet appareil remplace en tout point l’appareil électro-magnétique de Clarke, qui se 
vend aussi chez MM. Breton, rue du Petit-Bourbon, 9. 


ConditloB» de la iSoujücription 

La Bibliothèque du Médecin-Praticien sera publiée en 12 forts vol. environ, in-8», sur deux coloimesi! 
Imprimés sur beau papie. raisin et eu caractères fondus exprès. Elle formera environ 36 livraisons de 220 

250 pages. chaque livraison, à Paris, 3 fr. 

Prix de chaque volume, à Paris, 8 s 50 c. , 

ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau de la Gazette des Hôpitaux et du Dictionnaire des Dictionnaires dt 


LC SCRMENT 

D'HIPPOCBHE, 

DEDIE A TOUS LES ME¬ 
DECINS DE TOUS LE 
TEMPS. 

Prix , 1 franc. 
a Bureau du Jumi al, rm 
Dauphine, 22-24. 


z95. AuxFTRAnac 

EAUX 

NATURELLES 

d’Hauterive 

«I viomr. 



nCE ST-HONOBÉ, 295 . 

PASTILLES 

DIGESTIVES 

d’Hauterive 

’VXOBT. 


TRAITEMENT «s DÉVIATIONS dbu TAILLE eues MEMBRES 

Par BBCHABB, mécanicien-BMnaai-îstef me ae Tournon, ÉS 

Breveté. — Médaille d’Bonneur 1842. 

Ces appareils réunissent à la résistance nécessaire une flexibilité par- 
faite qui permet au corps l’usage de ses moindres mouvemeiis ; ils sont J 
d’un emploi facile, vu leur légèreté, qui n’empêche en rien les personnes 
qui en font usage de vaquer à leurs affaires. De nombreuses guérisons, 
attestés au besoin, établissent l’efficacité du’.Corse# Tuteur, auquel M. 

Béchard vient d’apporter de notables améliorations. On trouve aussi chez ' 

M. Béchard tous les articles nécessaires à' l’orthopédie, les mains et N 
jambes artificielles, Us bandages herniaires, etc.jle tout bien confec- 
itionné. 



Sirop ü’JEcorces d’Ornnges , 

TONIQUE ANTI - NERVEUX 

de LAllOZE, Pharmacien, rue Neuve des Petils-Champs, iJb, a Pans. 

Les succès du Sirop d’Ecorces d’Oranges (Curaçao de Hollande), dont la formule, toujours constante, a élé 
publiée, sont tellement soutenus, que journellement il est pre-wil dans les Affections nerveuses vagues comme 
■in puissant auxiliaire, et dans beaucoup comme un Spécifique à peu près certain. Son action tonique « 
stomachique est reconnue dans les Affections attribuées à l’atonie de l’estomac et du canal alimentaire, h 
peut remplacer avec avantage le Quinquina, le Colnmho. la Rhubarbe, qui ne sont pas supportés égalemeni 
par le malade. Les cas où l’expérience a constaté son action curative, sont les Aigreurs, ou Coliques d esto¬ 
mac, Mauvaise digestion avec mal de tête sympathique, Absence d’appétit. Colique nerveuse, Gastrite. 


PARIS. — IMPRIMEBIE BÉTHDNÏ ET PLON, BUE DE VADGIRARD, 36, 


























jeudi 18 JANVIER 1844. 


(17» ANNÉE.) 


É». 7. TOME VI. — 2» SÉRIE. 


Ida lancette Wrançaise, 


GAZETTE DES 


I,e Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES 



PariS^^j^^«2K, 9Tr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 

10 fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 

£tran|S^MNln, 45 fr. 

.Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


(Sommaire. 


«flPiTAUX. — Necker (M. Trousseau). De la percussion et de l’aos- 
“ ..iiation comparées clie4 les enfants du premier âge et chez l’adnlle. 
ÎL Hôtel-Dieü (M. Roux). Nécrose invaginée du premier os du mé 
tatarse. Résection. — Réllexions sur ce genre d’opération.= . — 


r les ti 


s fibreu¬ 


ses U.! la mamelle. — Revue des Journaux. — Journal de médecine. 
(Janvier.) De l’érysii.èle chez les enfanta à la mamelle. — Gazette 
médicale de Paris. (N» 1", (844.) De l’hydropisie et de la tympa- 
nite utérines hors l’état de gestation. — Bibliographie. I. Mémoi¬ 
res et observations de chirurgie pratique. — II. Nouvelle méthode 
de traitement des fièvres continues, etc. — III. Callisthénie modi¬ 
fiée — Revue thérapeutique. Action de lastryi hnine sur lesystèr 
me nerveux, etc. — Rechtrches sur la nalure de la matière de la 
carie des dents. — Moyen de provoquer la sortie des calculs de la 
vessie chez les enfants, sans opération. — Sur la coclienille comme 
spécifique contre la coqueluche des enfants. — Sur les causes' de la 
roideur cadavérique. — Nouvelle. — Feuilleton. Statistique des 
hospices et hôpitaux de la France. 


HOPITAL NECKER. — M. Trousseau. 


( Clinique des maladies des enfants. ) 

De la percussion et del’auscultation comparées chez les enfants 
du premier âge et chez [adulte. 

Vous avez pu déjà, dans le cours de vos visites, éprouver 
quelques mécomptes quand vous vouliez appliquer à l’élude 
des maladies de la poitrine chez les enfants à la mamelle, les 
notions que vous aviez puisées dans les cliniques des adultes, 
et même dans celles des enfants du second âge. Il s’est accré¬ 
dité à ce sujet des erreurs as.sez notables, et qui peuvent, 
dans bien des circonstances, jeter la perlurbation dans les 
idées du médecin. 

Pour vous bien faire comprendre l’importance relative du 
système pulmonaire de l’enfant du premier âge, il n’est pas 
inutile d’entrer dans quelques considérations de physiologie 
comparée. 

Si, parmi les mammifères, vous cherchez à déterminer 
quels sont ceux dont le système pulmonaire est le plus déve¬ 
loppé au moment de la naissance, vous voyez que ce sont ceux 
qui naissent avec les yeux ouverts, et déjà vigoureux, sauteurs 
et coureurs dès le premier jour de la vie. Tels sont les rumi¬ 
nants, les solipèdes. Voyez sur un poulain, sur un chevreau, 
combien est développée la cage thoracique, combien l’abdo¬ 
men est relativement moins volumineux. Au contraire, chez 
les carnassiers, dont la membrane pupillaire est fermée au 
moment de la naissance, et qui seront plusieurs mois avant 
d’acquérir de la vigueur, l’abdomen a un volume énorme, et 
le thorax est très peu développé. 

Comparez maintenant les aptitudes des animaux de la pre¬ 


mière catégorie à celles des animaux que nous avons placés 
dans la seconde. Les premiers, d’une énergie extrême, courent 
avec vélocité, sautent avec énergie dès qu’ils sont nés; ceux- 
là, au contraire, presque immobiles et sans force pendant une 
assez longue période, n’arrivt ni qu’après plusieurs mois au 
degré d’énergie que les autres on' presque en naissant. La 
même chose a lieu chez le.s oiseaux ; ceqsv qui naissent drus, 
et qui, en naissant, courent avec vivacité, et déjà cherchent 
et trouvent leur pâture, sont pourvus pendant leur jeunesse 
de ponmons relativement fort grands, tandis que ceux qui, 
pendant quelque temps, restent dans le nid, où ils ont besoin 
des secours de leur mère, sont remarquables dans le premier 
âge par l’ampleur relative de leur abdomen. 

Mais, à une époque plus avancée de la vie, lorsque les actes 
instinctifs de la vie nécessiteront une plus grande dépense de 
forces musculaires ou de vélocité, la capacité thoracique aura 
acquis son summun de développement, tandis que, relative¬ 
ment, l’abdomen perdra de son volume. Ces considérations 
de physislogie comparée sont tellement vraies, que la forme 
d’un animal étant donnée, au moment de la naissance et dans 
l’âge adulte, on peut arriver à la connaissance ^d’une partie 
de ses instincts et de ses habitudes. 

Pardonnez-moi une digression qui peut-être vous semblera 
hors de saison dans une leçon clinique, mais qui n’était pas 
sans quelque utilité pour vous faire mieux saisir ce qui me 
reste à dire. 

L’homme, pendant les deux premières années de sa vie, 
n’existe en quidque sorte que pour les actes nutritifs et intel¬ 
lectuels. Les organes intellectuels sont sans énergie ; et, com¬ 
me conséquence de cette inertie, la cage thoracique est à 
peine développée. Le poumon, et c’est un fait que l’anatomie 
peut aisément constater, est relativement moins développé 
qu’à toute autre période de la vie ; mais, dès que la démarche 
de l’enfant, plus assurée, lui permet de poursuivre les objets 
de ses sensations, et de donner carrière à l’activité dévorante 
de son cerveau, la poilrine acquiert promptement une ampleur 
relativement plus grande, et l’énergie des actes respiratoires 
augmente en proportion. 

Si maintenant on applique l’auscultation et la percussion à 
l’étude des maladies de l’enfance, on a tout de suite, par ce 
que j’ai dit plus haut, l’explication de phénomènes générale¬ 
ment fort mal appréciés. 

On constate que, chez les enfants à la mamelle, le son de la 
poitrine est beaucoup moins clair que chez les enfants un peu 
plus avancés en âge, et que chez eux, également, la respira¬ 
tion est beaucoup plus faible qu’elle ne le sera plus tard j de 
sorte que l’épithète puérile, donnée si justement par Laënnec 
à la respiration de l’enfant qui est dans la pueritia, c’est-à-dire 
de trois à quatorze ans, ne s’applique plus à Vinfantia, c’est- 
à-dire depuis le moment de la naissance jusqu’à l’âge de deux 
ans et demi ou trois ans. ^ 

Je ne saurais trop insister sur ces circonstances, parce qu^ ] 


en adoptant sans restriction ce qu’ont dit et écrit des auteurs 
très recommandables sur la séméiologie des enfants, vous ris¬ 
queriez de prendre pour l’effet d’une condition pathologique 
une obscurité du son et une faiblesse du bruit respiratoire qui 
appartient à l’état sain. 

Ce que je viens de vous dire suffit, messieurs, pour vous 
mettre en garde contre des erreurs assez graves ; mais je n’au¬ 
rais rempli qu’à moitié ma tâche si je ne vous faisais connaître 
quelques circonstances qui, chez les enfants à la mamelle , 
bien portants d’ailleurs, peuvent modifier les résultats de la 
percussion et de l’auscultation. 

Pour percuter la poitrine, je n’ai pas besoin de vous dire 
qu’il faut interposer le doigt entre la main qui percute et les 
parois du thorax ; le plessimètre n’est eu général d’aucune 
utilité; il a même, dans un grand nombre de cas, l’inconvé¬ 
nient de mal s’accommoder anx contours d’une poitrine trop 
petite. L’enfant est maintenu assis snr les genoux de sa mère, 
c’est là la meilleure position. D’autres fois il ne veut rester en 
repos que si on le couche le menton sur l’épaule et le ventre 
sur le sein de sa nourrice. 

Quand l’enfant est assis, la percussion ne donne, s’il est 
tranquille, rien qui diffère de ce que l’on constate chez l’a¬ 
dulte ; seulement le foie, quoique relativement très volumi¬ 
neux, ne donne pas autant d’obscurité à la partie inférieure du 
côté droit, que dans un âge plus avancé, attendu que, chez le 
petit enfant, le diaphragme plane, et le foie descend au delà 
du rebord des côtes. Mais si l’enfant est couché sur le ventre, 
non-seulement il survient un peu d’obscurité à droite en ar¬ 
rière, mais encore on en observe à gauche, ce qui tient, d’une 
part, à ce que le foie est refoulé en haut ; et, d’autre part, 
à ce que la flexibilité extrême des côtes permet à ce viscère 
et au cœur de se rapprocher de la paroi postérieure du 
thorax. 

Ces circonstances sont capitales; l’oubli que j’en ai fait m’a 
fait commettre des erreurs de diagnostic que je rectifiais aisé¬ 
ment en changeant la position de l’enfant. 

Le mode de respiration fait encore un peu varier le résul¬ 
tat de la percussion. Si l’enfant est en colère. et qu’il expire 
fortement, le son est obscur au moment de l’expiration ; il 
redevient clair, au contraire, au momeut de l’inspiration for¬ 
cée. Vous comprenez la cause de ce phénomène sans qu’il 
soit besoin que je vous en donne l’explication. 

Lorsque l’on ausculte, on observe encore quelques particu¬ 
larités qui valent la peine d’être notées. 

Si l’enfant est parfaitement calme, la respiration ne diffère 
pas sensiblement de celle de l’adulte; l’inspiration est assez 
bruyante, l’expiration est à peine sensible ; de plus, la pre¬ 
mière est excessivement active et lente ; la seconde, au con¬ 
traire, est purement passive et rapide. Mais si l’enfant est ir¬ 
rité, l’inspiration est entièrement rapide, et l’expansion pul¬ 
monaire ne peut être perçue, tandis que l’expiration est lente 
] et accomplie avec l’aide de tous les muscles qui concourent. 


W'M WJIIdMdJE^IOW. 


STATISTIQUE DES HOSPICES ET HOPITAUX DE EA FRANCE. 

Un énorme volume in-folio de près de 500 pages, tout hérissé d’in¬ 
nombrables colonnes de chiffres, est sorti, il y a fort peu de temps, 
des presses de l'imprimerie Royale ; c’est le premier tome, consacré à 
Ktàdministratiou publique, daus la Statistique de la France que publie 
le ministère du commerce. Ce volume se partage en divers chapitres, 
relatifs aux enfants-trouvés , aux aliénés, aux hôpitaux et hospices. 
Nous prendrons aujourd’hui ces derniers pour sujet de nos recherches. 

Les résultats que nous allons exposer se trouvent en germe dans 
les documents officiels, mais on y chercherait en vain les chiffres que 
nous donnons ; ils sont le fruit des additions , des comparaisons , des 
confrontations auxquelles nous avons soumis les données de l’admi¬ 
nistration, données qu’elle expose sans tableau synoptique, laissant à 
un observateur attentif le soin d’examiner quelles conséquences en dé- 
•rulent. 

En fait de travaux statistiques, il serait imprudent, on le sait , de 
comparer des années isolées; agissons donc sur des périodes triennales : 

Il a été admis dans les divers hôpitaux de la France : 

De 1833 à 1835, 1,129,094 individus. 

De 18.36 à 1838, 1,136,008 — 

De 1839 à 1841, 1,288,358 — 

11 en résulte une augmentation de 12,44 pour cent sur la troisième 

période comparée à la première. 

Durant le même espace , les chiffres à opposer aux entrées se sont 
présentés de la façon suivante : 

Décès. Sortis par guérison 

ou autre cause. 

De 1833 à 1835, 112 424 — 1,023,991 — 

De 1836 à 1838, 116 534 — 1,013,037 — 

De 1839 à 1841, 133 993 — 1,146,254 — 

r On trouve ainsi, sur les décès, un accroissement de près de 19 pour 
cent, lorsqu’on met la troisième période en regard de la première. 

Le rapport des décès aux entrées a été : 

Pour la première période de, 99 sur 1,000. 

Pour la seconde, de 102 — 

Pour la troisième, de 104 — 

Le nombre des malades, restant dans les hôpitaux, était de 99,886 
^ U fin d« 1*33 ; après être tombé à 96,000 et à 92,000 dans les deux 


années suivantes , il a graduellement monté jusqu’à 107,370 , chiffre 
du 31 décembre 1840. A la fin de 1841, il s’était un peu réduit; nous 
le trouvons de 106,055. 

L’examen de la mortalité comparée par département pouvant offrir 
de l’intérêt, nous en avons dressé le tableau suivant ; il embrasse, 
nous le répétons, une période de neuf années (1833-1841). 


Aisne, 

Allier, 

Alpes (Basses-), 
Alpes (Hautes-), 
Ardèche, 

Ardennes, 

Ariége, 

Aube, 

Aude, 

Aveyron, 

Bouches-du-Rhône, 

Calvados, 

Cantal, 

Charente, 

Charente-Inférieure, 

Cher, 

Corrèze, 

Côte-d’Or, 

Côtes-du-Nord; 

Creuse, 

Dordogne, 

Eure, 

Eure-et-Loir, 

Finistère, 

Gard, 

Haute-Garonne, 

Gers, 

Gironde, 

Hérault, 

Ille-et-Yilaine, 

Indre, 

Indre-et-Loire, 

Isère, 


Malades. Décès. 

38,287 3,226 

62,369 4,027 

32,152 2,501 

8,427 957 

6,455 4o3 

9,317 4,052 

10,321 719 

9,221 652 

29,720 1,804 

18,873 1,471 

20,393 1,234 

209,445 23,388 

63 174 3,917 

10,803 682 

23,854 1,268 

30,664 2,098 

22,497 1,369 

8,773 763 

2,892 261 

71,121 4,206 

47,583 1,711 

4,632 366 

14,937 1,759 

29,885 2,247 

35,250 2,685 

31,731 2,187 

35,324 2,713 

45,063 4,045 

69,522 4,367 

46,363 3,807 

17,326 943 

115,164 7,840 

97,171 5,969 

65,330 6,312 

11,442 1,027 

40,396 2,126 

61,996 4,636 


Jura, 

Landes, 

Loir-et-Cher, 

Loire (Hante-), 
Loire-Inférieure, 

Lot, 

Lot-et-Garonne, 

Maine-et-Loire , 
Manche, 

Marne, 

Marne (Haute-), 
Mayenne, 

Meurthe, 

Meuse, 

Morbihan, 

Moselle, 

Nièvre, 

Nord , 

Oise, 

Orne 

Pas-de-Calais, 
Puy-de-Dôme, 
Pyrénées (Basses-), 
Pyrénées (Hautes-), 
Pyrénées-Orientales, 
Rhin (Bas-), 

Rhin (Haut-), 

Rhône, 

Saône (Haute-), 
Saône-et-Loire, 
Sarlhe, 

Seine, 

Seine-et-Marne, 
Seine-et-Oise, 
Seine-Inférieure, 
Sèvres (Deux-), 
Somme, 

Tarn, 

Tarn-et-Garonne, 
Var, 

Vaucluse, 


Malades. Décès. 

23,184 1,733 

17,209 1,209 

38,666 2,513 

68,361 6,354 

17,516 1,544 

92,448 9,452 

52,770 4,360 

9,564 820 

19,104 1,179 

6,668 485 

118,162 6,587 

31,093 1,988 

83,565 5,227 

21,764 1,178 

40,817 3,650 

65,161 4,842 

21,127 2,216 

26,643 1,251 

19,831 2,072 

20,558 1,887 

113,765 9,558 

34,575 2,100 

22,727 1,411 

66,655 5,061 

61,454 3,713 

25,873 1,738 

6,848 620 

22,560 2,470 

64,082 5,016 

26,346 3,040 

199,615 21,536 

9,375 555 

69,219 4,914 

36,876 2,540 

826,793 72,877 

51,003 3,207 

51,312 4,537 

135,476 18,325 

29,968 1,413 

58,757 4,358 

13,214 1,112 

24,328 1,555 

55,120 4,588 

71,792 6,287 


















26 — 


en général, à l’effort. L’air sort de la glotte en un petit filet 
bruyant. L’evpiration est donc ici essentiellement active ,^ au 
rebours de ce qu’elle est dans l’étal normal ; de plus, pt j in- 
av,siste sur ce point, elle doit être très lente, tandis que l’inspi¬ 
ration e,st rapide. ^ „ 

Ce rhythme nouveau est bien effîeii It uViÇonnaîlre, parce 
qu’il change tout de suite certains bruits pathologiques qui en 
dérivent. Vous verrez, en effet, que si, comme le pense M. 
Beau, et comme je le pense également, les bruits de souffle et 
leurs modifications nombreuses se passent dans le larynx et 
sont transmis à l’oreille au travers du poumon induré, par 
l’air de la trachée et des bronches ; il s’ensuivra que ces 
bruits devront être d’autant plus évidents que le passage de 
l’air se fora plus bruyamment dans le larynx. G’e.st ce que 
l’on constate chez l’adulte. L’inspiration est lente, l’expira¬ 
tion est rapide ; donc l’air inspiré traverse plus silencieuse¬ 
ment le larynx que l’air expiré ; aussi les bruits de souffle 
sont-ils marqués, surtout dans le temps de l’expiration. Mais 
si, comme il arrive chez l’enfant irrité, l’inspiration est rapide 
au lieu d’être lente, les bruits de souffle s’entendent pendant 
l’expiration lorsqu’il est calme, et pendant l’inspiration s’il est 


agite et s ii crie. 

Ce peu de mots suffira peur vous donner une idée des mo¬ 
difications que certaines circonstances, jusqu’ici mal appré¬ 
ciées, apportent dans l’étude de certains points de la séméioti¬ 
que de l’enfance ; j’ai dû vous en entretenir avant d’aborder 
une question d’une extrême importance et encore bien obs¬ 
cure, celle des signes de la pneumonie des enfants à la ma¬ 
melle. 


HOTEL-DIEU. — M. Roüx. 


Nécrose inoaginée du premier os du métatarse gauche, — 
Résection. — Réflexions sur ce genre d’opération. 

Au 11 “ 77 de la salle Sainte-Marthe , est couché un homme 
âgé de cinquante-trois ans, qui entra , il y a quatre ou cinq 
jours, pour être traité d’une affection organique au pied gau¬ 
che. Il porte à la face antérieure du pied , au niveau du se¬ 
cond métatarsien , une plaie fistuleuse par laquelle en intro¬ 
duisant un stylet, on arrive à une surface osseuse dénudée 
et profondément altérée , et qui répond à la partie moyenne 
du premier os du métatarse ; car la fistule a un trajet oblique 
vers la partie interne dn pied, et s’arrête sur l’os que nous 
venons de nommer. Tous les autres os voisins sont parfaite¬ 
ment sains; l’orteil lui-même, qui est supporté par le métatar¬ 
sien malade, est dans un étal de parfaite intégrité. On ne 
connaît pas la cause véritable qui a donné origine à cette ma¬ 
ladie. En questionnant le malade à cet égard , il nous assure 
n’avoir jamais eu de maladies vénériennes ni scrofuleuses, ni 
autres de nature à produire une altération organique et con¬ 
stitutionnelle; très probablement la cause fut traumatique, un 
coup reçu sur la partie; car le malade nous dit qu il y a sept 
ou huit mois un certain nombre d’arbres réunis lui tomba sur 
le pied. Le fait est que des abcès se sont formés autour du 
siège de l’affection ; que ces abcès ouverts donnèrent lieu à 
des-fistules qui ne peuvent pas se fermer, et que maintenant 
une carie existe h la partie antérieure du premier os métatar¬ 
sien, dont il faut penser à débarrasser le malade. 

Tout bien considéré, nous croyons, dit M. Roux, qu’il n’y 
a d’autre remède à employer que l’enlèvement de la partie 
malade. Nous nous proposons de lui retrancher la moitié anté¬ 
rieure de l’os du métatarse, en conservant le gros orteil. Il en 
résultera certainement un vide que la nature s’efforcera de 


combler ; le gros orteil peu à peu se retirera, se rétractera, et 
pourra encore être de quelque avantage à la station et à la 
marche, malgré la petite difformité qui en résultera dans l’en¬ 
semble ’.U pied lui-même. C’est une opération bien différents 
de,jcellc,par laquelle on enlève le métatarsien en même tempe 
que'il'orteil, et qui se pratique assez souvent dans des circon¬ 
stances et pour des maladies analogues. C’est, en un mot, une 
résection que nous allons praiiquer sur une partie do méta¬ 
tarsien. Avant de procéder à cette operation, nous allons vous 
entretenir quelques moments sur l’opération en elle-même, et 
sur la résection en général. 

Tout ce qu’on a fait de bien et de hardi en même temps 
dans ce genre d’opérations, appartient à la chirurgie moderne. 
Ce n’est pas à dire pour cela que les anciens ignoraient entiè¬ 
rement les ressources de notre art; car en fouillant dans les 
livres des anciens , on y trouve quelques expressions qui fe¬ 
raient croire qu’on y avait déjà pensé, quoique rien ne prouve 
qu’on l’ait vraiment mis en pratique. On trouve des traces de 
cela dans les ouvrages de Paul d’Egine et d’autres praticiens 
de l’antiquité ; mais il faut arriver jusqu’au milieu du dix- 
huitième siècle pour voir celte opération bien établie et bien 
formulée. AVilt, en Angleterre, fut le chirurgien qui l’em¬ 
ploya le premier dans un cas de carie de l’humérus; de là elle 
passa en Hollande, et parvint en France ; et ce n’est pas à Pa¬ 
ris qu’elle commença à être pratiquée , mais en province; ce 
furent les chirurgiens Moreau père et fils, et Champion, chi¬ 
rurgiens très habiles, trop tôt enlevés à la science , qui s en 
firent les partisans, avant qu’elle trouvât la moindre faveur 
parmi les praticiens de la capitale. Plusieurs résections furent 
pratiquées par lesdits chirurgiens avec plus ou moins de suc¬ 
cès ; mais elles ne se généralisaient pas. Lorsque nous fûmes 
conduit à l’étudier à fond, nous arrivâmes à nous convaincre 
qu’elle pouvait rendre de très grands avantages, et rem ■ 
placer très utilement dans certains cas les amputations ordi¬ 
naires Depuis lors, nous eûmes l’occasion de pratiquer plu¬ 
sieurs fois cette opération, et nous eûmes généralement à nous 
applaudir du résultat. Nous supprimons pour le moment, à 
cet égard , tout détail ; l’occasion ne nous manquera pas d’y 
revenir, et de vous faire connaître le fruit de notre propre ex- 

^*^Lrpensée de retrancher des portions d’os laissant intactes 
les parties saines, et conservant pour ainsi dire la forme du 
membre, devait prendre nécessairement de Textension, s’a- 
grandir avec le temps, et s’appliquer successivement à une 
foule de cas très variés ; ainsi on a dû s’en .servir pour enlever 
une portion d’os dans sa continuité : telle fut la résection qu on 
pratiqua à la mâchoire inférieure et au péroné, en reiranc.iant 
de ces os seulement les parties malades, et laissant intact le 
reste. Quant à la résection du péroné, il y a bien long-temps 
que Desault lui-même en avait conçu l’idée._ Plusieurs fois ] ai 
entendu Bichat, ce grand homme auquel j’ai tant d obliga¬ 
tions , raconter que dans un cas de lésion organique de a 
partie moyenne du péroné, Desault se proposait d enlever la 
portion malade en conservant les deux extrémités articulaires, 
et en fut arrêté par je ne sais quelle raison. M. Seulm, chi¬ 
rurgien très habile de Bruxelles, la mit en pratique plus tard; 
et enfin nous-même, il y a vingt ans environ, nous la prati¬ 
quâmes chez un jeune homme avec un plein succès; car il y 
a deux ans que nous revimes celte personne chez son frere 
même, près duquel nous avons été appelé pour le soigner 
dans une tout autre maladie , et nous trouvâmes la cicatrice 
bien solide, et le membre, hors un peu de difformité, aussi 
ferme dans ses fonctions que celui du côté opposé. 

Nous avons étendu cette opération à plusieurs autres os du 
«brps-, pour les maladies desquels jusque-là on n’avajt em¬ 


ployé, comme unique ressource , que l’amputation ; ainsi les 
os du métacarpe, par exemple, furent soumis la première fois 
par nous à des opérations de celte nature. Nous avons toujours 
présent à l’esprit un tailleur que j’ai opéré, il y a vingt ans, j 
la Charité; il était jeune , et exerçait une profession pour la- 
quelle il avait un besoin extrême de l’intégrité de ses mains. 
Sa maladie consistait dans une tumeur occupant le premier 
métacarpien de la main droite, et qui avait profondément al¬ 
téré cette partie ; le ponce était sain, H me coûtait beaucoup 
de sacrifier avec la portion malade celle qui était saine, le 
pouce, dont il avait tant besoin ; et pourtant la science, jusque- 
là, ne m’avais pas appris d'autres moyens pour le guérir que 
l’amputation totale du doigt. Par une inspiration soudaine, je 
conçus l’idée d’enlever la portion malade en conservant le 
pouce ; je pensais enfin à appliquer à cet os la résection. Je 
mis la tumeur à découvert ; je séparai l'os malade des parties 
saines, je le détachai du trapèze auquel il était uni et qui était 
sain, et enfin je l’enlevai entièrement. Il en résulta une plaie 
assez vaste et profonde ; mais la nature et nos soins en com¬ 
blèrent peu à peu le fond, et en procurèrent la cicatrisation. 
Le pouce se rétracta notablement, n’eut certainement plus la 
mobilité et la force qu’il avait à son état physiologique, mais 
il conserva quelques mouvements, et put encore rendre de 
grands services à notre jeune tailleur dans l’exercice de son 
métier. Je l’ai depuis pratiquée plusieurs autres fois avec suc¬ 
cès, et je me suis convaincu que c’est une opération très avan¬ 
tageuse dans une foule de circonstances. 

De la main la résection fut étendue au pied, dans le but de 
conserver le gros orteil, pour les cas de lésion organique bor¬ 
née au premier os métatarsien. Ici, il faut convenir que les 
avantages ne sont pas aussi marqués que pour la main. Pour¬ 
quoi enlèverait-on, comme opération ordinaire, par exemple, 
tout le métatarsien dans un cas de carie de cet os, en conser¬ 
vant le gros orteil? Serait-ce pour donner plus de solidité à la 
base de sustentation? H est reconnu que cet avantage n’est pas 
considérable, que les malades marchent à peu près aussi bien 
et se tiennent aussi aisément debout avec un pied sans gros 
orteil, qu’avec un orteil non soutenu par le métatarsien. Eq 
outre , en enlevant cet os seul on produit une plaie énorme, 
profonde, que la nature a de la peine à remplir et à conduire à 
la cicatrisation. Serait-ce pour prévenir la difformité qui ré¬ 
sulterait de l’enlèvement de l’orteil entier? Mais cette diffor- 
mité aussi serait bien peu sensible, et très facile à cacher par 
une chaussure artificielle. La chose est bien différente pour la 
main. Il s’agit ici d’un organe dont l’homme en général, et 
certaines classes d’hommes surtout ont un besoin absolu, étant 
pour eux le moyen principal dont ils tirent leur subsistancej 
enlevez à la main le pouce, et elle est réduite à être un mem-; 
bre presque inutile. Ainsi, il n’y a pas de comparaison à faire 
entre la main et le pied sous ce rapport. Nous en concluons que 
celte opération appliquée au pied doit être bien plus rare<^u^ 
la main, que souvent elle ne doit pas être faite que sur Tins- 
tance des malades; que, du reste, on peut très bien la prati¬ 
quer sans aucune répugnance , parce que (comme du reste 
toutes les résections en général) elle est peut-être moins dan-* 
gereuse que l’amputation entière, et le résultat en est ordinai¬ 
rement assez bon, 

16 novembre. En revenant sur notre opéré, nous vonj 
dirons que nous avons été heureux dans l’opération au delà de 
nos espérances. L’opération, comme vous avez vu , fut simple 
et pratiquée d’après les règles établies; mais avant de nous 
mettre à l’œuvre, nous n’étions pas bien sûr que le mal ne 
dépassât certaines limites. Par l’exploration faite avec le stylet, 
nous avions bien reconnu que la maladie était bornée au pre¬ 
mier métatarsien ; mais qui nous assurait qu’elle ne s’étendit 


Vendée, 

Vienne, 

Vienne ( Haute- ), 
Vosges, 


28,933 

26,115 

35,356 

16,869 

32,081 


Décès. 

1,294 

1,789 

3,060 

1,464 

2,034 


La présence du choléra dans certaines localités , et diverses causes 
qui exigeraient une investigation spéciale, ont amené sur le chiffre 
des malades et sur celui des décès, les variations les plus sonsib es 
dans quelques départements. Dans les Hautes-Pyrénées, par exemple, 
le nombre des malades fut de 373 en 1833 , de 320 en 1834 ; il est 
monté à 860 en 1840 , à 1048 en 1841. — La Dordogne comptait en 
1833 , 598 malades ; eu 1834, 962 ; en 1840, 1994 ; en 1841, 2061. 

— Le Morbihan , où il n’y avait eu que 165 admissions en 1833 , et 
287 en 1834, en a subitement àccusé 5,522 en 1840 et 5,340 en 1841. 

— Par contre , le Finistère , où il y avait eu 7,227 malades en 1833, 

s’est trouvé descendre à 3,476 en 1841. . , , 

Le rapport de la mortalité au nombre des malades présente égale¬ 
ment parfois les plus brusques variations. Il a atteint son maximum 
dans la Meuse, en 1840 (492 sur 1,000) ; dans les Bouches-du-Rliône, 
en 1841 (351 sur 1,000) ; dans l’Ain, en 1833 ( 371 .sur 1,000) ; son 
minimum s’est rencontré dans la Meuse en 1834 (10 sur 1,000) ; dans 
le Morbihan , en 1839 (l9 sur 1000) ; dans les Deux Sèvres, en 1833 
(24 sur 4000) ; dans la Vienne , en 1833 (39 sur 1000). Dans quel¬ 
ques départements le rapport de la mortalité est demeuré presque 
toujours le même : l’Yonne , par exemple , a constamment flotté de 
60 à 66 sur 1,000. La Vendée n’a pas dépassé le rapport de 58/1000. 
Le Gard a oscillé de 54 à 70 ; l’Indre-et-Loire, de 40 à 66. De 1833 
à 1838, le Morbihan, singulièrement favorisé, était demeuré entre 19, 
et 29 sur 1,000. Le Nord est à peu près stationnaire de 79 à 89. La 
Seine a roulé de 76 à 97. Parmi les départements dans lesquels la 
proportion a été bien moins favorable , nous signalerons le Rhône 
(93/1000 à 126/1000) ; le HâUt-Rbin (95 à 135) ; la Seine-Inférieure 
(102 à 117). Ce n’est que lorsque de pareilles observations auront été 
réunies pendant des périodes considérables qu’il sera permis d’en tirer 
des tonséquences assurées. ... . i-. 

Mais déjà nous voyons se révéler un fait certain, cest que les dépar¬ 
tements agricoles, éloignés des grands centres de population, les moins 
exposés aux commotions politiques et industrielles , sont précisément 
ceux où, dans l’état normal des choses , la mortalité atteint sa moin - 
dre proportion. Dans 23 départements cette proportion funeste n’a pas 
une seule fois, durant les huit années dont il est question ici, atteint' 
le chiffre de 75 sur 1,000 , et parmi ces départements figurent (indé¬ 
pendamment du Morbihan , de la Vendée, des Deux-Sèvres, indiqués 


ci-dessus), l’Aveyron, la Charente, le Cher, le Puy-de-Dôme, Maine- 
et-Loire, les Basses-Pyrénées, eto. Le Cantal et le Loir-et-Cher n ont 
pas dépassé 76 sur 1,000 ; le Lot-et-Garonne est demeuré à 79. Ce 
n’est que dans un seul département, la Seine-Inférieure, que durant les 
huit années, la proportion s’est toujours maintenue au-dessus de lOff 
sur 1,000; il en a été de même, pour sept années, dans le Haut-Kiiin, 
et pour six années, dans le Rhône. 

Après tout, la mortalité moyenne des huit années sur le nombre 
total des malades, dans toute la France , a été de 81,S2 sur 1,000 ; 
elle a offert, en 1833, le chiffre le moins élevé (74,05) ; après être 
resté autour de 81 durant 1834-35-36, après avoir monté à près de 88 
en 1837 , après avoir redescendu à 78 et 75 en 1838 et en )839 , elle 
a dépassé 85 en 1840, et elle a atteint en 1841 son maximum 90,18 

^*"N!iu?avons pensé qu'il serait intéressant de rechercher quelle était 
la proportion de la population des hospices avec celle des départements. 
Voici les résultats auxquels nous sommes arrivés pour quelques-uns. 
Nous prenons pour base de nos calculs le nombre des admissions du¬ 
rant les quatre dernières années (1838 1841) , et nous avons dû pour 
la population départementale, nous en tenir à t avant-dernier recense- 

Binches-du-Rhône, moy. desadm. 19,459; 532 adm. sur 10,000 h. 
Calvados, — 5,652; lit — 

Cantal. — 8®°! ~ 

Cher. - 2,24; 481 

Corrèze. —' 5*2; 19 

Corse. — 

Doubs. — 

Finistère. — 2,664; 48 — 

Gard. — 6>**8; 176 — 

Gironde. - 12.0*/: 217 

Ille-et-Vilaine. — 

Loire-Inférieure. — 9;343; 199 

Nord. — 8,059; 79 — 

Pas-de-Calais. — 5-6*3; 85 — 

Puy-de-Dôme. — 5,532; 94 

Hautes-Pyrénées, — ^59; 27 

Bas-Rhin. . — 5,537; 98 — 

Rhône. - 20,521; 426 - 

Seine. — 91,910; 831 — 

Seine-Inférieure. -— 12,554; 174 — 

Vendée. — 2,537; 74 — 

Yonne. — 3,326; 93 

Nous avons pris des départements répandus sur les différents points 


de la surface du territoire ; on voit combien les grandes villes, celles 
surtout où l’industrie est la plus aefive, Paris, Lyon , Rouen, fournis- 
sent aux liôpitaux une population relativement élevée; les départe¬ 
ments où la civilisation moderne a le moins fait sentir son influence, 
ceux dont leprogrè.s ji’a guère approché, le Cantal, la Lozère, le Cher 
se distinguent sous le rapport opposé ; la Corse se présente, à cet égara, 

d’une façon tout à fait exceptionnelle. „ , , . , 

Ces considérations seraient susceptibles de développfemenls plus étea- 
dus, mais nous tenons à ne pas abuser de la patience du lecteur. 

Si nous jetons maintenaut un coup d’œil sur U situation financière 
des 1,318 hôpitaux ou hospices que.possède la France , nous arrive¬ 
rons aux résultats suivants: 

De 1833 à 1841 , leurs dépenses se sont élevées à 474,371,711 
francs (minimum en 1833, 48,842,000 francs ; maximum en 1840, 
58,223,000 fr.). , 

Sur cette somme, tes dépenses relatives aux enfants-lrouvés flgurent 

'^''D'’autre°pârt°, les recettes se sont montées à 509,644,330 fr. (mibi- 
mum en 1833, 51,222,000 fr.; maximum eh 1840, 62,622,000 fr-)- 
La dépense par malade était, terme moyen , de 78 fr. 22 cent. M 
1833; après s’êlre graduellement élevée à 96 fr. 50 cent, en J840, el» 
est restée à 87 fr. 5 cent-en 1841. 

Terminons en indiquant, année par année, el en nombres ronds, » 
situation financière des hôpitaux du département de la Seine. 

1833 dépenses 10,054,000 fr.; recettes 10,057,000 

1834 — 10,546.000 — 11,366,000 

1835 — 9,988,000 — 12,025,000 

J836 — 10,546,000 — 12,941,000 

1837 -r- 12,730,000 — 12,754,000 

1838 — 12,730,000 — 12,920,000 

1839 — 12,162,000 — 14,343,000 

1840 — 15,155,000 — 15,638,000 

1841 — 13,830,000 — 14,023,000 

Il en résulte, p )ur les dépenses , un total de près de 108 millions; 

pour les recettes, une somme de 116 millions. 

La dépense , par malade reçu dans les hospices ou hôpitaux de >' 
Seine, s’est ainsi élevée à 130 fr. 69 cent. (1). C. B. de B- 

(1) Annales d’hygiène et de médccii-e légale, janvier 1844. 















- 27 — 



au delà de l’articulation, que celle-ci ne fût aussi prise? 

P, il s’agissait de carie, et c’est une maladie sur les li- 
^\cs de laquelle on se méprend très facilement ; ou c’était 
“" nécrose, et dans ce cas aussi, comment en connaître par- 
f "lement l’éleudue î II n’y avait d’autres moyens de découvrir 
1 vérité qu’en mettant à nu les parties affectées , et nous eû- 
* s le bonheur de reconnaître que la lésion ne s’étendait pas 
des extrémités du métatarsien , qu’une bonne partie 
**”ême de celles-ci étaient à l’état normal. En effet, en fendant 
Jî’ dans sa longueur, on a trouvé une nécrose invaginée bien 
aractérisée, qui n’arrivait même pas aux points où l’os fut dé- 
?aché des parties avec lesquelles il était uni. Quelquefois mê¬ 
me en coupant l’os dans la partie qui est saine , une nécrose 
îons ou moins étendue suceède à l’opération ; c’est la nécrose 
Site secondaire qui survient lorsque l’os ayant été dénudé de 
son périoste avant d’être scié, un décollement du périoste se 
fait tout autour du moignon, et une petite portion de celui-ci 
est frappée de nécrose, qui se détache ordinairement assez bien, 
Pt retarde seulement un peu , sans l’empêcher , la marche de 
la cicatrisation. Ainsi, quand même cela aurait lieu chez notre 
malade , il n’y aurait pas à craindre des accidents graves. Il 
n’en est pas de même pour les cas de carie, où les limites étant 
difficiles à déterminer, on n’est jamais bien sûr d’avoir porté 
l’instrument tranchant sur la partie saine et de n’avoir pas à 
craindre une continuation de la même maladie. 

A cet égard il faut savoir que la chirurgie a fait dans ces 
derniers temps des progrès incontestables, mais pourtant pas 
aussi grands qu’on voudrait le faire croire. Dans cette bran¬ 
che de la pathologie il y a certainement encore beacoup à 
foire , malgré les efforts et les éludes des chirurgiens moder¬ 
nes, et le sujet malheureusement présente de grandes diffi¬ 
cultés ; car la description des maladies du système osseux 
n’est pas aussi simple et facile que celle des affections de tout 
autre système. Les maladies de ce système ne sont jamais 
franches, bien caractérisées ; elles se présentent presque tou- 
iours avec des caractères vagues, équivoques ; de là les diffi¬ 
cultés de leur description exacte et rigoureuse. Néanmoins 
on a acquis par les travaux modernes ce fait : que la nécrose 
invaginée peut se former aussi dans les os courts et de tissu 
spongieux. A l’époque où je faisais mes études de médecine, 
on croyait généralement, les maîtres enseignaient que la né¬ 
crose invaginée ne pouvait se rencontrer que dans les os longs 
et dans leur partie compacte , comme par exemple, dans le 
corps du tibia, du fémur, de l’humérus, etc., jamais dans les 
os courts et encore moins dans les os spongieux. Cette doc¬ 
trine a été démontrée erronée par les travaux postérieurs, et, 
sans me flatter, je puis dire avoir été un des premiers à si¬ 
gnaler le fait ci -dessus dans les nécroses du .calcanéum. 

^ La partie spongieuse du calcanéum est souvent le siège 
de cette affection, qui s’annonce par des abcès qui s’ouvrent 
à travers la peau dans le point correspondant à la nécrose et 
qui finissent par des fistules intarissables jusqu’à ce que le 
séquestre ou les séquestres qui existent dans la substance du 
halcanénm se soient fait jour au dehors ou spontanément ou 
artificiellement. , ,. 

Les anciens, ceux même qui ont pratiqué la chirurgie 
avant l’ère nouvelle, regardaient ces affections comme de vé¬ 
ritables caries , les traitaient comme telles, sans penser à ex¬ 
traire les portions d’os malades et isolées au milieu des parties 
saines. La maladie persistait naturellement, et ou finissait par 
dire qu’il s’agksait d’une maladie incurable. Si on avait mieux 
étudié la maladie , si on l’avait connue comme nous la con¬ 
naissons maintenant, on aurait vu tout de suite l’indication 
qu’il y avait à remplir, et la guérison se serait obtenuecomme 
nous l’obtenons. 

U y a toutefois une différence entre la nécrose invaginée 
des os longs et celles des os courts, c’est que la première 
laisse aux os dans lesquels elle réside leur forme à peu près nor¬ 
male , sauf un peu de gonflement dans quelques cas, tandis 
que dans la seconde les os se couvrent de masses globuleuses 
noires qui en altèrent beaucoup la forme, ce qui peut entraî¬ 
ner dans des erreurs de diagnostic. 

22 décembre. Le malade va bien. Il n’y a pas eu de réac¬ 
tion fébrile; pas de gonflement inflammatoire autour de la 
vaste plaie qu’on a faite au pied, La suppuration s’est déjà éta¬ 
blie, elle est d’assez bonne nature et pas trop abondante. Le 
fond de la plaie tend déjà à se remplir. Si les choses conti¬ 
nuent à marcher de cette manière on peut s’attendre à une 
guérison complète dans un espace de temps convenable : il 
faut pourtant faire la part de l’âge du sujet et de sa constitu¬ 
tion chétive, qui nécessairement forment un obstacle à cette 
rapidité avec laquelle on voit les plaies traumatiques mar¬ 
cher à la cicatrisation chez les sujets jeunes et vigoureux. 

27. La plaie va aussi bien que possible ; le pus est de bonne 
nature et pas trop abondant ; le fond de la plaie se remplit évi¬ 
demment, et les bords cutanés tendent à se rapprocher. — Ce 
matin le malade a fait une petite imprudence, il a voulu des¬ 
cendre de son lit pour aller à la garderobe et s’est appuyé sur 
un seul pied ; il n’en est résulté aucun accident jusqu’à pré¬ 
sent et on espère que cela n’aura pas de suite. On l’a verte¬ 
ment sermonné, et on espère que tout le mal se bornera là. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

Séance du 16 janvier 1844. — Présidence de H. Febros. 

L’ordre du jour indique la discussion sur le mémoire lu dans la 
dernière séance par M. Cruveilliier sur les tumeurs fibreuses de la ma- 
taelie. 

M. Blandin. Si j’ai tenu note exacte du mémoire ds M. Cruveilliier, 
j’ai vu que notre honorable confrère professait que les tumeurs fibreu¬ 
ses du sein sont fréquentes, qu’elles ne dégénèrent jamais, et qu’elles 
ne doivent pas être opérées. Quoique je sois heureux toutes les fois 
que mes opinions concordent avec, celles de M. Cruveilliier, je ne puis 
me dispenser, en cette occasion, d’exposer mes motifs d’opposition à 
la doctrine professée devant l’Académie. Son pas que je n’adopte ieS 


faits sur lesquels cette doctrine repose, mais seulement parce que je 
crois qu’il convient de leur donner une interprétation différente. 

Je ne pense pas, d’abord, que les tumeurs fibreuses soient commu¬ 
nes dans la région mammaire; et, à cet égard , il me semble que M. 
Cruveilliier s’est peut-être fait illusion , en disant qu’elles y sont fré¬ 
quentes. Souvent, il est vrai, on y rencontre des tumeurs qui ont'l’as¬ 
pect fibreux, de ces tumeurs qui envoient dans tous les sens des pro¬ 
longements d’apparence fibreuse , des pattes de crabe, comme cela se 
dit vulgairement ; mais ici l’aspect est trompeur, ce sont là de vérita¬ 
bles tumeurs squirrheuses, très susceptibles de dégénérescence. 

M. Cruveilhier a dit que la région mammaire abonde en tissu fibreux, 
et il s’est appuyé sur ce fait pour expliquer la fréquence des tumeurs 
fibreuses des mamelles. Anatomiquement d’abord, je ne crois pas à la 
justesse de cette assertion. Le tissu fibreux est beaucoup plus rare que 
ne le croit M. Cruveilliier dans cette région, et je m’imagine qu’il aura 
souvent confondu le tissu fibreux avec le tissu lamellaire. Mais d’ail¬ 
leurs cela me paraît importer peu à la question. En effet, ce n’est pas 
au sein des organes fibreux que se développent, avec le plus de fré¬ 
quence, des lumeurs fibreu.ses; la matrice, par exemple, n’en est-elle 
pas le siège le plus fréquent? 

M. Cruveilliier a donné pour caractère à ces tumeurs d’être dures, 
mobiles et non adliérentcs aux tissus voisins. Mais les cancers encé- 
phaloïdes revêlus d’un kyste ont précisément les mêmes caractères, 
ils sont mobiles , durs , non adhérents , éoucléables. N’aiirait-il pas 
coiiTondu les tumeurs fibreuses avec les tumeurs encéphaloïdes enkys¬ 
tées? 

M. Cruveilliier a dit ensuite que ces tumeurs fibreuses pouvaient 
quelquefois présenter des kystes dans leur intérieur. Mais c’est là pré¬ 
cisément le caractère des tumeurs squirrheuses. 

Il a dit encore : Quand vous enlevez ces tumeurs squirrheuses , 
elles ne repiillulent pas. Je ne peux admettre cet argument comme 
ayant une grande valeur, car il faudrait admettre alors aussi que tous 
les cancers repullulcnt, ce qui n’est pas. 

M. Cruveilliier a soutenu que les tumeurs fibreuses ne dégénèrent 
jamais. Il m’est impossible d’admettre une assertion aussi tranchée. 
En théorie , cela n’e.st pas, mais sans m’étayer sur elle, l’observation 
n’est-elle pas là pour répondre péremptoirement à M. Cruveilliier ? Les 
tumeurs fibreuses de l’utérus ne sont-elles pas susceptibles de dégéné¬ 
rescence ? Cela n’arrive-t-il pas très fiéquemment ? 

Mais enfin, est-il possible de recoonaltre ces tumeurs fibreuses du 
sein ? Avec les caractères donnés par M. Cruveilliier, je ne le crois 
pas. Ces caractères ne sont pas diagnostiques et à leur aide il me pa¬ 
rait impassible de distinguer les tumeurs fibreuses du squirrhe. Il est 
vrai que M. Cruveilliier a beaucoup insisté sur leur.s caractères ana¬ 
tomiques , mais ce n’est là qu’un diagnostic posthume qui ne peut 
rien produire pour la thérapeutique. D’ailleurs M. Cruveilhier sait bien 
qu’on s’est plusieurs fuis trompé à cet égard, et que sur les apparen¬ 
ces fallacieuses d’une tumeur fibreuse, on a lais.-é dégénérer, sans l’o¬ 
pérer, une tumeur squirrheuse et infecter l’économie. 

Que la marche de ces tumeurs soit lente, c’est inconte.slable, mais 
qu’elles ne puissent dégénérer, ce que je viens de dire suffit pour prou¬ 
ver le contraire. 

J'arrive au point le plus important des opinions de M. Cruveilhier, 
c’est-à-dire le point pratique. Duit-on opérer les tumeurs qu’il a décri¬ 
tes? Si le diagnostic de ces tumeurs est facile, si elles ne i-ont pas sus¬ 
ceptibles de dégénérescence, la réponse est prévue : elle doit être né¬ 
gative. Mais si, .au contraire, le diagnostic n’est rien moins que précis, 
s’il est prouvé que ces tumeurs peuvent quelquefois dégénérer, ne faul- 
il pas répondre affirmativement à cette question ? Et pour si peu qu’il y 
ait doute, faut-il s'abstenir des ressomees que la thérapeutique offre 
au praticien ? En thérapeutique chirurgicale, nous ne basons nos déter¬ 
minations souvent que sur des probabilités. Or, quand une femme se 
présente à nous avec une tumeur du sein présentant les caractères dé¬ 
crits par M. Cruveilhier, il est probable pour nous que cetto tumeur 
résulte d’un cancer enkysté, et il y aurait alors danger à la laisser dans 
l’économie. 

Voulez-vous que je montre toute la gravité du conseil donné par 
M. Cruveilhier ? Dans l’état actuel de la science on n’opère avec cer¬ 
titude , je me trompe , avec espoir, que les cancers eiiky.'-tés. On ne 
touche guère plus à ceux qui ne présentent pas cette condition. Or, 
qu’arriverait-ii si l’on écoutait les préceptes de notre collègue ? C’est 
qu’on n’opérerait jamais, car la distinction entre les tumeurs fibreuses 
et les cancers enkystés étant très difficile, si non impossible, on croi¬ 
rait toujours avoir affaire aux premières et partant on .«erait rassuré, 
très souvent bien à tort, sur les conséquences de leur séjour dans l’é¬ 
conomie. 

Je me résume et je dis ; 1° Que les tumeurs fibreuses du sein sont 
rares relativement aux autres tumeurs qui peuvent attaquer cet organe, 
et relativement aussi aux tumeurs cancéreuses enkystées ; 

2° Que leur diagnostic est fort difficile,; 

3* Qu’elles sont susceptibles de dégénérescence ; 

4' Enfui, qu’elles doivent être opérées. 

M. Rochoux. Je me proposais de dire quelques mots du diagnostic 
dei tomeurs du sein. Ce que vient d’en dire M. Blandin me dispense de 
ce spi» > Jê reviendrai seulement sur la question anatomique. M. Cru- 
veilliier n’a examiné le tissu fibreux qn’à l’œil nu , au microscope il 
présente quelques particularités de structure qui ne sont pas sans in¬ 
térêt. D’abord le tissu fibreux normal est fort difficile à distinguer au 
microscope du tissu cellulaire ; on ne voit pas de différence essentielle 
entre .le tendon d’un muscle et le li.ssu cellulaire pris dans les intes- 
lices des müscle.s. Mais le tissu fibreux de nouvelle formation pré¬ 
sente une grande irrégularité, une sorte de confusion dans l’entrecroi¬ 
sement de ses fibres. Pour arriver à quelque chose de précis, il faut 
éUidier ce qu’on pourrait appeler l’embryologie des tumeurs. 

M. Cartel. Je suis fort éloigné de vouloir troubler les plaisirs de la 
paternité; ils ont quelque chose de trop respectable. Mais enfio il faut 
examiner. Bichat, invoqué par M. Crutdlliier, h’a pas fait jouer un si 
grand rôle au système fibreux dans la composition anatomique de la 
mamelle. Et si j’osais dire qu’il n’y a pas de système fibreux ?.... Il 
ii’y a de système que quand y a un centre et de» rapports. Dans la 
maladie décrite par M. Cruveilhier, je vois nn embryon ; mais l’enfant 
n’existe pas encore. Supposez-vous que ce corps fibreux est isolé dans 
la mamelle ? Il n’a donc aucun rapport avec le système circulatoire ; 
c’est dope un corps étranger. Qui peut dire que jamais les tumeurs ne 
dégénéreront î Toutes les tumeurs dégénèrent avec le temps. Je fus 
consullé, il y a quelques années; par une dame qui portait une tumeur 
à l’aisselle, et qui me demandait si elle suppurerait. Oui, lui répon- 
dis-jé, si vous vivez cent ans. Au total, on ne peut considérer la des¬ 
cription de M. Cruveilhier comme l’expression d’une maladie nou¬ 
velle; c’est le commencement d’une maladie, et voilà tout. 

Il est quatre heures, l’Académie se forme en comité secret pour en¬ 
tendre le rapport de la commission sur l’élection d’un membre dans la 
section de pathologie interne. 


revue des journaux de médecine. 

Journal de Médecins. Janvier 1844, 

De l'érysipèle ches les enfants à la mamelle; par M. Trocsseaü. 

Cette maladie a été fort mal décrite jusqu’ici, si ce n’esl par tinder- 
TTOud. Elle mérite cependant une mention particulière, dans la pre¬ 
mière enfance, à cause de sa marche singulière, et surtout à cause de 
son extrême gravité. 

Là maladie débute ordinairement de la manière la plus simple et la 


plus bénigne, sans fièvre préalable, sans troubles généraux. Ce n’est 
d’abord qu’une inflammation locale et très circonscrite de la peau, sans 
retentissement sur le reste de l’économie. Chez l’adulte, on sait qu’au 
contraire la fièvre précède souvent, et presque toujours accompagne le 
début de l’érysipèle. 

Cependant l’éi y.sipèle, après avoir séjourné un jour ou deux dans le 
point qu’il avait primitivement envahi, prend tout à coup une marche 
plus rapid», et désormais va pai courir toute la surface du corps, en ga¬ 
gnant de proche en proche à la manière d’une nappe d’eau qui s’é¬ 
tend. Or, à mesure qu’il se généralise, il semlile perdre quelque chose 
de son intensité inflammatoire ; de sorte que si, au début, la peau était 
tendue, gonflée et d’un rouge-cerise, plus lard elle est à peine tumé¬ 
fiée, si ce n’est aux mains, aux pieds et aux paupières; mais pre.>que 
invariablement la rougeur est notablement moindre. A mesure que le 
mal s’étend d'un côté il abandonne la partie voisine, de sorte que lors, 
par exemple, que la poitrine est occupée, le ventre et lo pubis cessent 
de l’être. 11 en résulte qu’en même temps les bras et les jambes peu¬ 
vent être rouges et tuméfiés. Il semble alors, au premier abord, que 
l’érysipèle soit multiple; car si, comme il arrive le plus souvent, l’in- 
fiammalion n’a laissé aucune trace de son passage, pas même de la 
desquammation ou de l’œdème, et qu’on voie l’enfant à cette période 
de la maladie, on sera tenté de croire que l’érysipèle a commencé si¬ 
multanément par les quatre extrémités, ce qui n’arrive presque ja- 

Qiie si, pendant la première période de l’érysipèle, le mal marche 
en s’étendant de proche en proche, tl ii’en est plus de même lorsqu’il 
s’est une fois généralisé. Alors, en effet, il réparait par petits Ilots ré¬ 
pandus sur toute la surface du corps , lesquels deviennent à leur tour 
l’origine de nouveaux éiysipèles. Aussi ne peut-on regarder un enfant 
comme guéri que si déjà, depuis plusieurs jours, toute rougeur a com¬ 
plètement disparu. 

Dès que l’infiamination cutanée occupe un espace plus étendu , la 
réaction devient quelquefois très vive, et est caractérisée par une soif 
ardente , la fréquence du pouls, la chaleur de la peau. D’autres fois , 
et cela dans les formes les plus graves , l’enfant continue de leler, 
c’est à peine s’il éprouve quelques troubles fonctionnels , à cela près 
d’un peu d’agitation et d’insomnie. Il arrive un moment où l’état gé¬ 
néral se confond dans une expression commune. La décoloration de 
la face est le caractère le plus capital ; elle survient quelquefois très 
rapidement, d’autres fois dans une période assez avancée. Plus tard, 
il y a agitation extrême , des cris incessants , de l’in-somnie, et, dans 
quelques cas , des vomissements , de la diarrhée ,' et à la fin des con¬ 
vulsions. En même temps le pouls est ordinairement d’une fréquence 
et d’une faiblesse extrêmes. 

A l’autopsie , lésions diverses des bronches, du poumon ou de l’in¬ 
testin , du péritoine suivant les symptôme? qui ont été observés pen¬ 
dant la vie, 

La durée de cet érysipèle a varié de quatre jours à cinq semaine.». 

La marclie de j’érysipèle chez les enfants, l’extension considérable 
qu’il prend, son extrême opiniâtreté font facilement concevoir pourquoi 
celte maladie est si souvent mortelle. L’érysipèle de l’adulte, lorsqu’il 
n’occupe que la face, n’a pas de gravité eu général; mais s’il envahit 
successivement tonie la surface du tronc et des membres, U tue bien 
souvent. Que sera-ce donc chez un entant en qui la résistance vitale 
est moins puissante, chez qui les organes digestifs et pulmonaires se 
prennent si souvent et avec tant de violence dans le cours d’affectioqs 
où primitivement ils n’étaient pas du tout en cause ? Toutefois, l’ex- 
trêine gravité de l’érysipèle des enfants à la mamelle tient peut-être 
moins encore à l’étendue de l’infiammation qu’à la condition épidémi¬ 
que durant laquelle la maladie a pris naissance, et l’épidémie puerpé¬ 
rale est à la fois la cause prédisposante la plus ordinaire et la condition 
de l’érysipèle. 

L’âge exerce une influence immense sur le pronostic de la maladie. 
M. Trousseau n’a jamais vu guérir d’enfants âgés de moins d’un mois; 
il en a vu guérir plusieurs de trois mois à un an. Au delà de cet âge, 
l’érysipèle prend ordinairement la forme et les caractères qu’il revêtira 
plus tard chez l’adulte. 

Le traitement ne semble avoir que bien peu d’influence sur l’issije 
de U maladie. Les émollients, sous toutes les formes, ont élé essayés 
sans succès. Les fomentations, les bains, les pommades avec le sulfate 
de fer ne lui ont pas réussi ; il a essayô^d’entourer tout le corps, tous 
les membres avec une bande de vésiclftbires , l’érysipèle a franchi cet 
obst«cle. 11 a, sans succès , appliqué des vésicatoires sur les surfaces 
déjà envahies par l’inflammation. 

Il n’a retiré aucun avantage des pommades mercurielles et des bains 
de sublimé ; enfin, en désespoir de cause, il a fait avec le fer rouge de 
nombreuses ustions sur le point où l’érysipèle prenait naissance, et la 
marche de la maladie n’en a pas été modifiée. » Pointant, ajoute M. 
Trousseau, s’il m’était permis de faire coimallre ici mes impressions, 
je dirais que les bains généraux , dans le.squels ont mettrait de 3 à 
500 grammes d’alcool et 50 centigrammes à 1 gramme de sublimé, et 
de larges cataplasmes de mie de pain , auxquels on mêlerait un peu 
d’alcool, me sembleraient les meilleurs topiques. » 

Des causes, de la nature et du traitement de l’angine laryngée 
œdémateuse; par M. Louis Fledby. 

Ce mémoire a élé lu à l’Académie de médecine et analysé dans nos 
comptes-rendus. 

Mémoire sur le traitement du rhumatisme artieulaire par le sul¬ 
fate de quinine à haute dose, et sur les effets toniques de ce 
médicament; par M. Monneret. 

Travail lu aussi à l’Académie de médecine, et déjà analysé par 
nous. 

Gazette «ÉmcAiE de Paris. R» I". 1844. 

De l’hydropisie et de la tympanite utérines hors l’état de gestation ; 

Par M. Tessier , de Lyon. 

L’auteur se propose de démontrer, contrairement à Topinion de 
MM. Stoltz et Nægelé que l’hydropisie et la tympanite utérines sont 
des maladies non seulement possibles , mais réelles , et qui, bien que 
rares, doivent conserver une place dans le cadre nosologique. 

M. Tessier cite d’abord un fait de tympanite utérine qui lui est pro¬ 
pre. Il est relatif à une femme de quarante-trois ans , d’un tempéra¬ 
ment nerveux , qui entra à l’Hôtel-Dieu le 4 mai 1840, pour se iaire 
traiter d’une méirite chronique compliquée d’hystérie. Les symptômes 
principaux présentés par la malade étaient un engorgement du corps 
et du col de la matrice facilement appréciable par le toucher, un écou¬ 
lement lencorrhéique datant de quinze ans, un retard des menstrues 
depuis deux mois et demi, des douleurs dans l’hypogastre et dans les 
reins , des accès hystériques assez fréquents. Un mois plus tard , le 
ventre commença à se développer, et la perte blanche diminua d’une 
manière sensible. A partir de cette époque, le volume du ventre devint 
chaque jour plus considérable, et comme les règles ne reparaissaient 
pas, la malade conçut le soupçon d’une grossesse. Le loucher par le 
vagin et l’hypogastre fit reconnaître que l’utérus formait une tumeur 
volumineuse, mais légère, car le doigt la soulevait très facilement. La 
percussion du bas-ventre fournissait d’ailleurs un son clair , parfaite¬ 
ment distinct. Il y avait six mois au plus que les règles étaient sup- 
'prîmées ; l’utérus remontait presque jusqu’à l’ombilic , la femme per¬ 
sistait à se croire enceinte, elle prétendait même sentir quelquefois des 
mouvements analogues à ceux d'un fœtus. 

M. Tessier croyait, au contraire, à l’existence d une tympanite uté¬ 
rine, se basant sur l’absence de bruit de souffle et des battements du 














— 28 — 


cœur fœtal, sur le météorisme du ventre et la légèreté de la tumeur 
utérine. Tout à coup, è .six heures du soir, la malade est prise de 
douleurs tout à fait semblables à celles de l’accoucbement, qui furent 
suivies de l’expulsion biuyanlc, par le vagin, d’une grande quantité 
d’un gaz fétide. A mesure que ce gaz s’échappait, le ventre diminuait 
sensiblement, et au bout de quelques heures il était tout à fait af¬ 
faissé. 

M. Tessier fait observer qu’il ne sortit ni caillot, ni môle, ni aucun 
autre corps étranger dont la putréfaction pût expliquer cette formation 
anormale de gaz dans l’utérus. 

Il y a plus de trois ans que celte première expulsion de gaz eut 
lieu. Depuis cette époque, bien que cette femme ne se soit jamais trou¬ 
vée en état de gestation, le ventre s’est souvent ballonné de nouveau 
pour s’affaisser au bout de quelques jours par la sortie d’une certaine 
quantité de fluides gazeux. 

L’auteur rapporte ensuite les faits analogues qu’il a colligés dans les 
auteurs, soit pour la tympanite, soit peur l’hydrométrie, et il en con¬ 
clut que rien n’est plus certain que l’existence de ces deux affections 
hors l’état de grossesse, et que rien n’est plus incontestable que leurs 
droits à conserver une place dans le cadre des affections de matrice. 



BIBLIOGRAPHIE. 


Mémoires et observations de chirurgie pratique; parr M. le docteur 
Eugène Bermond , professeur-suppleant à l’Ecole préparatoire de 
Bordeaux. — Un vol. in-8» ; Bordeaux, 1842. 

Partout où la charité hospitalière a élevé de grands établissements 
nosocomiaux, l’observation médicale est sur son domaine. Nous ne 
sommes pas de ceux qui le. circonscrivent, ce domaine, dans l’enceinte 
des hôpitaux de Paris , qui n’ont foi qu’aux observateurs qui y prati¬ 
quent, et considération que pour ce qui sort des presses parisiennes. 
Nous e.stimons que dans ce grand tribut scientifique que notre époque 
paie à la science médicale, la province apporte son large conlingent, 
et c’est pour nous autant un plaisir qu’un devoir de signaler les efforts 
et les succès de nos confrères des départements. A ce titre nous de¬ 
vons dire quelques mots de l’ouvrage publié par M. le docteur E. Ber- 
raond, qui prouve qu’à Bordeaux comme à Paris, les faits intéressants 
de la pratique trouvent des observateurs éminemment capables de h s 
apprécier, de les féconder par des rédactions instructives, et de les po¬ 
pulariser par une rédaction irréprochable. 

Ce volume est un recueil d’observations chirurgicales faites à l’hô¬ 
pital Saint-André de Bordeaux , dans Je service de M. Bermond. Ce 
service est assurément un des plus riches qui se puissent imaginer, car 
nous voyons que dans un seul espace de quatre mois , il a reçu 784 
malades atteints d’affections chirurgicales. Aussi le cercle presque 
entier de ces affections a-t-il pu y être observé. Nous en donnerons 
une idée , en disant que M. Bermond a reçu 31 fractures ; 10 luxa¬ 
tions, 35 lésions organiques des os , 28 cancers , 36 maladies de l’œil, 
4 hernies étranglées ; qu’il a pratiqué 8 grandes amputations, etc. 

L’auteur rapporte et accompagne de réflexions les faits les plus in¬ 
téressants qu’il lui a été’donné d’observ. r. Ces faits resteront dans la 
science, et seront fructueusement consultés par les monographes et par 
les praticiens. L’auteur les a groupés systématiquement sous le titre 
de Compte-rendu et de Revue, comprenant deux périodes de neuf mois 
dans leur ensemble. II a, de plus, présenté sous forme de mémoires 
des faisceaux d’observations qui se recommandent par un intérêt spé¬ 
cial, telles que les fractures des articulations , les luxations spontanées 
du fémur, etc. Une analyse même succincte de ces observations nous 
est impossible ; nous ne pouvons qu’en faire remarquer le caractère le 
plus général, qui est la précision dans les détails , le .sens pratique et 
vraiment chirurgical des inductions, en un mot la couleur thérapeuti¬ 
que, si l’on peut dire ainsi, qui dénote en M. Bermond non pas un sim¬ 
ple et stérile collecteur d’observations, mais un praticien distingué qui 
observe pour s’instruire et qui écrit pour instruire les autres. 

Nouvelle méthode de traitement des fièvres continues désignées 
sous les noms de fièvres essentielles, fièvres graves, typhoïdes, ( te.; 
basée sur une nouvelle appréciation des phénomènes pyrétiques, 
et indiquée par une séméiologie nouvelle ; par M. H.-F. Banque, 
médecin en chtf de l’Hôlel-Dieu d’Orléans. In 8». Paris , J. - B. 
Baillière. 

Voici encore un travail remarquable qui nous vient de province. 
Nous appelons l’attention sérieuse des opservateurs surtout sur un 
signe nouveau à l’aide duquel, d’après M. Banque , on peut pronosti¬ 
quer une fièvre grave. Voici comment l’auteur s’exprime à cet égard ; 
« Toutes les fois que dans les premièrs jours d’une pyréxie continue, 
quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, il se produit sur 
les gencives interposées entre le.s molaires une exsudation blanche, de 
couleur nacrée , on peut être assuré que cette pyrexie, dans le plus 
grand nombre des cas, a une grande tendance à devenir grave, si elle 
n’est traitée convenablement. Ce symptôme est constant, non seule¬ 
ment dans les pyrexies, mais dans toutes toutes les affections qui sont 


destinées à devenir graves el typhoïdes. Pour nous, il est pathogno¬ 
monique, et suffit pour former notre diagnostic. 

» Si à ce symptôme se réunit la couleur indigo, teinte jus de mû¬ 
res des piqûres des sangsues et un commencement de prostration, l’af¬ 
fection, dès ce moment a tout à fait le caractère typhoïde. 

» Pour s’assurer de l’élat des gencives , il ne faut pas se contenter 
d’examiner celles qui appartiennent aux incisives et aux canines ; c’est 
sur les gencives des petites molaires qu’il faut porter toute son atlen- 

» Si la surface des interstices qui séparent ces dents offre une pyra¬ 
mide nacrée dont la base repose sur le corps de la gencive qui revêt la 
branche de la mâchoire , la pyrexie n’est plus simplement inflamma¬ 
toire, elle appartient dès lors à la famille des affections typhoïdes. 

» Si l’exsudation qui forme cette teinte nacrée s’efface avec le doigt, 
est très mince, et occupe une petite surface, la maladie sera peu grave, 
quoique typhoïde. 

I) Si cette exsudation est épaisse, ne s’enlève point par le toucher, 
si elle affecte un grand nombre d’interstices dentaires et une grande 
surface gingivale, si la teinte est grisâtre, nous pouvons dès lors pro¬ 
nostiquer la gravité de la maladie. 

» Cette exsudation change d’apparence dans le summum d’acuité des 
fièvres graves ; elle prend alors une teinte brun-foncé-noirâtre, que les 
anciens appellent fuligo et les modernes fiiligiuosités. » 

M. Banque présente ces deux signes comme un moyen presque in¬ 
faillible de reconnaitre les affections à caractère bénin ou malin. 

Quant au traitement, ce que M. Banque propose de spécial , c’est 
l’application sur le ventre d’un large épithème composé de ciguë, de 
diachylum gommé, de poudre de tliériaque, de camphre et de soufre 
en poudre, dont il forme une mas.se emplaslique homogène. M. Ban¬ 
que applique cet emplâtre aussitôl que l’application de sangSues et au¬ 
tres moyens n’ont produit aucun soulagement, et qu’aux signes connus 
d’une affection grave viennent s’ajouter les deux signes auxquels il 
attache une si grande importance. 

Nous engageons les praticiens à lire celte monographie de M. Ban¬ 
que, dont les succès dans le traitement de cette maladie dépasseraient 
ceux obtenus par toutes les autres méthodes. 

Callisthénie modifiée et adaptée aux exigences de l’éducation 
phisique des jeunes filles ; par M. Clias. Un vol. in-d». 

La méthode de M. Clias est de.stinée au développement naturel et 
successif des organes du corps humain. La première série d’exercices 
qu'il fait exécuter ne présente que tes mouvements naturels les plus 
simples, tous parfaitement appropriés à nos besoins journaliers et aux 
lois de l’économie vivante. 

Ces exercices, conformes aux lois de la dynamique, aux règles de la 
physiologie et de l’hygiène, propres à augmenter la somme totale des 
mouvements et les forces de chaque organe en particulier, ont pour 
but principal d’assouplir autant que possible toutes les parties du corps 
sans une grande dépense de force. 

En fortifiant la santé, ils doivent donner en peu de temps à ceux qui 
s’y livrent d’une manière suivie, une grande facilité dans les mouve¬ 
ments pour tous les autres exercices. 

La seconde série se compose de beaux développements des bras et 
des autres parties du corps, des mouvements gracieux des extrémités 
inférieures conjointement avec ceux des bras. 

De belles poses que l’on fait prendre aux élèves pendant ces diffé¬ 
rentes actions , ainsi que les exercices applicables aux besoins de la 
vie, forment la troisième série. 

Les exercices contenus dans la callisthénie et enseignés par M. Clia.», 
sont tous .soumis à des principes certains, dont les bases reposent sur 
des connaissances positives de l’organisation humaine. 

Approuvés depuis 1819 par plusieurs sociétés de médecine célèbres, 
réglés sur une sage mesure , ils sont appropriés pour tous les âges et 
aux différentes constitutions-. 

M. Clias a joint à son cours de callisthénie des enseignements d’une 
grande importance, qui ont pour objet l’art de corriger les déviations 
de la colonne vertébrale occasionnées par une action irrégulière des 
muscb s. 

Cette combinaison savante et méthodique des mouvements naturels 
offre aux médecins et aux parents la garantie que les exercices de M. 
Clias, au lieu de pré.œuler du danger pour les élèves, ne peuvent opé¬ 
rer sur elles qu’une influence salutaire. 



RIàVUB ïHÉBAPBWIQtJB. 

Action de la strychnine sur le système nerveux et sur la sensibilité 
générale et musculaire. 

Des expériences du docteur Pickford , à Heiselberg , il résulte que 
l’irritabilité de l’appareil de réflexion tant de la moelle épinière que 
de la moelle allongée, est extraordinairement augmentée, au point que 
le plus léger attouchement de la peau produit le tétanos ; que l’irrita- 
tion des viscères abdominaux après la destruction de la moelle allongée 
est suivie des mêmes effets chez la grenouille à l’état de tétanos, 
comme chez celle qui est saine , c’est-à-dire des contractions locales. 


Lorsque la moelle allongé est restée intacte, une irritation produit sut 
la grenouille tétanique des mouvements locaux excessivement aug. 
mentés et étendus, mais réguliers comme chez la grenouille saine. 
L’action de la strychnine a donc pour effet d’augmenter considérable- 
ment l’activité de reflexion des nerfs cérébraux, tant de ceux qui pré. 
sident aux mouvements vobintaires qu’aux autres 

( Archiv. fur physiologische Heilkunde. ) 

Recherches sur la nature de la matière de la carie des dents, 

M. le professeur ErdI (de Munich), assure qu’un moyen pour dé¬ 
truire la cryptogame parasite, matière de la carie dés dents, sans alta. 
quer la dent elle-même, consiste à imprégner les parasites avec un 
alcali, surtout avec un carbonate alcalin, puis de le neutraliser par un 
acide; ou bien encore à prendre de l’huile et de la créosote, qui 
amollit la matière de la carie , et de la détruire ensuite par l’acide 
nitrique qui agit instantanément sans attaquer la dent elle-même. 

Mais il ajoute ; Il n’est pas sûr qu’en luatit le para.5ile on fa.sse aussi 
cesser la douleur dentaire. {Allgemenie Zeitung fur Chiruryie.) 

Moyen de provoquer la sortie des calculs de la vessie chez les 
enfants, sans opération. 

M. le docteur Aberle part du principe que les parois de la vessie 
sont formées par des fibres musculaires longitudinales externes, qui 
constituent le detrusor urince, et de fibres musculaires internes, obli. 
quement croisées, qui sont d’autant plus épaisses qu’elles s’approchent 
davantage du col de la vessie, dont elles constituent le sphincter. Il j 
eu recours à des remèdes qui diminuent la contractilité des muscles 
circulaires. Le premier cas où il a emp'oyéce moyen, fut sur un en- 
faut de deux ans , chez lequel il reconnut, à l’aide de la sonde , un 
calcul du volume d’un gros pois. Il ordonna à l’intérieur une émulsion 
de graines de clienevis avec l’extrait de jusquiame, et des frictions sut 
le périnée avec une pommade de belladone. Huit heures après, un cal¬ 
cul s’engagea dans le canal de l’urètre et sortit spontanément. Depuis 
ce t- mps , M. Abir’e a eu encore à traiter quinze enfants affectés de 
giavell-'S, qui, sous l’influence du même traitement, ont rendu des pe¬ 
tits calculs au bout de dix-huit à trente-six heures. La paralysie du 
sphincter de la vessie n’a jamais été que de courte durée. (Idem.) 

Sur la.cochenille comme spécifique contre la coqueluche 
des enfants. 

C’est à M. le docteur Cajet Wachtl, praticien devienne, que re¬ 
viendrait la première application thérapeutique de cet agent. Il l’a 
administré dans neuf cas de coqueluche, et il en a obtenu un succès 
très remarquable dans toutes les périodes de la maladie. Il l’a em¬ 
ployée selon la formule suivante ; Cochenille, carbonate de potasse, 
de chaque 20 grains ; sucre, une once. Faites dissoudre dans eau chau¬ 
de, six onces, à donner trois fois par jour une cuillerée à café. 

(Oesler, médecin, Jahrbuecher.) 

Sur les causes de la raideur cadavérique; par le Dr E. Brüeoke. 

M. Bruecke, dans un travail fort intéressant sur les causes produc¬ 
trices de la roideur cadavérique, admet comme cause de ce phénomè¬ 
ne la coagulation dans l’intérieur des tissus. Il rappelle les modifica¬ 
tions que la coagulation fait éprouver au sang, et il part de ce point 
pour rechercher les changements qui doivent survenir, après la cessa¬ 
tion de la vie, dan.s les divers tissus organiques, et spécialement dans 
les muscles. On sait que, pendant la durée de la vie, la fibrine du 
sang se trouve contenue dans ce liquide à l’état de solution, tandis 
que, après la mort, elle se coagule et se précipite en formant un ré¬ 
seau dans les mailles duquel les corpuscules sanguines restent empri¬ 
sonnés. Celte coagulation de la fibrine du sang s’opère lorsque la cel¬ 
lule sanguine ou partie organisée du sang vient à être frappée de mort, 
La fibrine musculaire doit, suivant M. Bruecke, éprouver un change¬ 
ment analogue, c’est-à-dire se coaguler lorsque la partie organisée du 
mu.-cle, ou la fibrine musculaire, a cessé de vivre. (IHueller’s Arch.) 


A l’issue de la séance publique, l’Académie de médecine s’est formée 
hier en comité secret pour entendre le rapport de la commission sur 
les candidats à la place vacante dans la section de pathologie interne, 
On sait que M. Guérin avait été nommé rapporteur, et que depuis 
plus de dix mois que cette candidature est ouverte, M. Guérin a seule¬ 
ment trouvé liier le temps et l’occasion de lire son rapport. 

La commission a présenté la liste suivante, que nous avons déjà 
fait connaître ; 

MM. Prus, Gibert, Bequin, Briquet, Martinet, Nonat. 

M. Boyer-Collard a demmdé des explications sur l’exclusion de 
celte liste du nom de M. C. Broussais, qui y avait déjà figuré dans 
plusieurs autres candidatures. 

Les explications de M. Guérin, appuyées de celles de M. Orfila, ont 
très peu édifié l’Académie, qui, sur la proposition de M. Gueneau de 
Mussy, et à la presque unanimité, a renvoyé le rapport à la commis¬ 
sion. 


4 fr. 


BREVET D INVENTION, 

to'çostoou 1839. — à’oT. 

GHARIÈRE, godtei.ier, 

Fabricant d’instrumens de chirurgie. Fournisseur de la 
Faculté de Médecine de Paris. 

Bue de l’Ecole-de-Médecine, 9, à Paris. 

Bouta de aein et Biberona en ivoire flexible, de 4 à 10 fr. — Pompe aimple à courant régulier 
aana réaervoir d’air, de 12 à 24 fr. —Appareil du Dr Donné, de 5 à 8 fr. —Chacun de 
est accompagné de la notice explicative. 

Dépôt à Londres, chez M. Warick, Laurence Pountnay Lane. 



OVVKAGE COniPI.ET. 

S'forts volumes grand î»-8» sur deux colonnes. 
‘ PRIX ; 50 FRANCS. 

DniAIKE DES DICTIOIAIRES 

DE MÉDECINE, 

FBANIÇAIS et ÉTRAtVOEBIS, 

Om tom’çVrt 'îlAéà.tdue al 4,6 

'ÇÏ 0 iA,\(\'VV 6 S , 

FAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

Soua la direction du ~ 


L’ouvrage entier forme 8 forts volumes grand in-8», 
sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisin, 
et en caractères fondus exprès. 

L’ouvrage entier, pour Paris, 50 fr. 

En vente m Bureau de la Gazette des Hôpitaux, 
rue Dauphine, 22-24. 


DE DIGITALE, 

de Mjabélonye, 

Pharmacien, rue Boùrbon-Vüleneuve, \9.' 

Ce Sirop remplace avec avantage toutes les prépara¬ 
tions de digitale, et présente le mode d’administration 
le plus stable, le plus commode et le plus sûr de cette 
plante. Il n’occasionne jamais de nausées ; et ses di¬ 
verses propriétés , déjà constatées par une longue ex¬ 
périence, engagent la presque totalité des médecins de 
la capitale à le prescrire dans les maladies du cœur, 
dans les hydropisies essentielles et dans celles qui sont 
symptomatiques d’une affection du cœur ; et enfin il 
permet d’administrer sans crainte la digitale dans les 
affections inflammatoires de la poitrine, où elle 
souvent d’une manière presque miraculeuse. 


SIROP PECTORAL P 


P. LAMOUROUX. 


I préparé par 

Les Médecins les plus accrédités. Professeurs et Membres de l’Académie royale de Médecine, recom¬ 
mandent ce Sirop contre les Affections de poitrine. Rhumes, Catharres et Irritations. 

Trente années de succès constants confirment la réputation qu’il s’est acquise. 




12 fort vol. in-8® environ, sur double colonnes, 
divisés en 36 livraisons environ. 

En vente, à la librairie de Fortin, Masson, et Comp., 
à Paris et à Leipzig. 


BIBLlOTlIÜaUK: 

Dü MÉDECIN-PRATIClIPi, 

Ou Bésumé général de tous les ouvrages de clinique 
médicale ou chirurgicale, de toutes les monogra¬ 
phies , de tous les mémoires de médecine et de 
chirurgie pratiques, anciens et modernes, publiés 
en France et à l’étranger ; 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

Sous la direction du U’^ FABRE, 

Rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux. 
Prix de chaque livraison, à Paris, 3 fr. 

Prix de chaque volume, à Paris, 8 u 50 c. 

ON SOUSCBIT A PABIS, au Bureau du Journal, 
rue Dauphine, 22-24. 

UB raSHIER VOLDSIE EST EH VENTE. 


La première partie du Traité complet de 

l’ANATOMIE, de la PHYSIOLOGIE et de la 
PATHOLOGIE du 

SÏSTÈ,ME NERVEUX 

CEREBRO - SPINAL, 

PAR M. LE D' FOVILLE, 

Médecin en chef de la Maison royale de Charenton. 

Cette première partie traite de l’Anatomie, et com¬ 
prend un volume in.8» de 696 pages, et un atlas 
in-folio de 2'3 planches, toutes dessinées d’après 
nature, et lithographiées par MM. Emile Beau et 
Bion. 

Prix de la première partie, avec l’atlas, élégament 
cartonné, 28 fr. 

Chaque partie se vend séparément. 


PABIS. — IMPEIMIRIE BÉTHÜNÏ ET PION, EUS DE VADGIKAKD, 36. 






























(1^ ANNÉE..) 


N*. 8. TOME VI. — 2» SÉRIE. 


SAMEDI 20 JANVIER 1844. 


Ija Etaneette Wrançaiae f 


GAZETTE DES HOPITAUX 


le Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 2î-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, 9'fr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 (r. 
Départ., id. 10 fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


_ Epreuves éliminatoires des Concours (1" article). — HOPITAUX. 
des Enfants (M. Guersant père). Rhumatisme articulaire aigu. 
ne la durée et du traitement de celte affection dans l’enfanee. — de 
14 Charité (M. Velpeau). Rupture de l’utérus pendant le travail. 
Mort. De la gravité de cet accident et de la conduite à siiivr.- quand 
il survient. — Recherches sur les ulcérations du col de l’iilérus ; par 
M. Tanchou. (Suite ) — Société de Médecine Pratiqiie (7 et 28 
décembre). Hémorrhagie des vésicules séminales. — Leiicurrliéc chez 
les petites filles. — Election du bureau. — Revde des Joornadx. — 
joiirnal de médecine de Bruxelles. (Janvier 1844.) Piiogénie cuta- 
4)ée des enfants à la mamelle. — Nouveau remède astringent toni- 
yg _ Sur l’inoculation stibiée. — Revue thérapeutique. Fébri¬ 
fuge de M. Metzinger. — Moyen de faire disparaître les paillettes de 
fer incrustées dans l’œil. — Tétanos rhumatismal guéri par le sul¬ 
fate de quinine. — Topique calmant contre les douleurs hémorrhoï - 
dales. — Traitement des démangeaisons de la vulve. — Nouvelles. 


PARIS , 19 JANVIER 1844. 

DES ÉPREUVES ÉLIMINATOIRES DES CONCOURS. 

( Premier article. ) 

Sur quels motifs de nécessité urgente s’est-on fondé pour 
instituer les épreuves éliminatoires des concours î De néces¬ 
sité urgente , nous n’en voyons aucun. Les seules raisons , 
qu’on ait fait valoir, ^ont nous allons tout à l’heure examiner 
l’importance, les voici : 

On a dit : Le nombre des candidats aux places vacantes 
s’accroît tous les jours dans une proportion si considérable 
que la durée des concours devient interminable. 

Les frais que nécessitent ces concours grèvent le budget 
universitaire de dépenses énorme.s. 

Plusieurs candidats , qui consultent moins leurs forces que 
leur ambition, viennent se mêler à des luttes qu’ils ne peuvent 
soutenir ; ce sera pour eux-mêmes, pour les juges , pour les 
compétiteurs et pour l’université économie de temps et d’ar¬ 
gent , en les éliminant dès les premières épreuves. 

Nous cherchons vainement d’autres motifs, nous n’en trou¬ 
vons pas. Ceux invoqués se réduisent donc à cette simple 
expression : économie de temps, économie d’argent. 

Nous savons bien qu’à l’époque où nous vivons, cette der¬ 
nière considération , économie d’argent, est infiniment puis¬ 
sante. Nous savons bien qu’alors que tout, hommes et choses, 
inslitutious et idées, subit le honteux despotisme des intérêts 
matériels, la flétrissure inique du culte du veau d’or, parler 
d’argent c’est faire vibrer la seule corde sonore que possèdent 
certains hommes. Mais nous adressant aux esprits élevés, aux 
esprits véritablement et sincèrement libéraux, demandons- 
leor si les graves et puissantes considérations que nous allons 
présenter ne doivent pas l’emporter sur des motifs si complè¬ 
tement dépourvus de dignité , de justice et même d’opportu¬ 
nité. 

Une remarque préliminaire est ici indispensable. Les pro- 
f| fessions libérales et la médecine par-dessus toutes, subissent 
les conséquences fatales des principes d’économie politique qui 
' .égissent la civilisation moderne. Depuis plus d’un demi-siècle 
les économistes disent aux gouvernements, et les gouverne¬ 
ments les ont crus : Laissez faire, laissez aller ; ne vous avisez 
pas de diriger, de classer, d’utiliser les aptitudes ; qu’il leur 
soit libre de se précipiter sans mesure et sans limites dans les 
professions où les appelle leur inclination. 

1 S’il en faut juger par le résultat, le nombre des aptitudes 
médicales a été immense, et, seule chose que nous tenions à 
■ faire ressortir ici, la libre concurrence prèchée par les éco¬ 
nomistes a tellement porté ses fruits que l’encombrement est 
patent, manifeste en médecine , et que nous étouffons dans 
l’étroit espace de la pratique qui se resserre encore de jour 
en jour. 

De cet état de choses qu’arrive-t-il ? Ce qu’il était aisé de 
prévoir. 

D’un côté, les jeunes médecins, en nombre exubérant, 
qui encombrent la carrière , cherchent par tous les moyens 
possibles à sortir des couches inférieures de l’atmosphère mé¬ 
dicale. Les plus dignes, les plus courageux, les plus patients, 
et, grâce à Dieu, ce sont les plus nombreux , ne veulent at¬ 
teindre l’air pur des sommités qu’en gravissant cette colline 
erdue et escarpée des concours où , pour un qui arrive à la 
cime, tant d’autres dépensent en chemin leurs talents et leurs 
forces. 

D’un autre côté, le pouvoir effrayé de ce nombre toujours 
croissant d’athlètes, et n’osant pas, ne pouvant pas s’attaquer 
au principe même en vertu duquel ces athlètes existent et se 
muliiplient de plus en plus, le pouvoir cherche à en modifier, 
à en dénaturer les résulials par des restrictions mesquines, 
insignifiantes d’ailleurs, injustes toujours et par-dessus tout 
Illogiques quand elles ne sont pas contradictoires. 

En voulez-vous un exemple pris dans un autre ordre d’idées 
que celui qui nous occupe? Un jour le pouvoir reconnut 
qu en effet le nombre des médecins s’accroissait d’une manière 
^dehors de toute proportion avec les besoins de la société. 
Que fit-il ? Il rétablit l’exigenco du baccalauréat ès-sciences. 


Mais en même temps il donna aux écoles secondaires une or¬ 
ganisation nouvelle qui ,,touren éloignqùt les élèves des Fa¬ 
cultés , les atiirail dans cès -nouveaux centres d’inslruction. 
Aussi, qu’est-il arrivé ? G’e^| que le nombre des docteurs en 
médecine a diminué, il est vrai, mais le nombre des officiers 
de santé s’est accru en iniqioriiun. De sorte que le but^de cet 
arrêté, tout fiscal d’aillé^urs , non seulement a été nï.f iqué , 
mais qu’on est arrivé à un résultat pire que celui auquel on 
voulait remédier. 

Qu’on nous vante donc la portée , la perspicacité, le génie 
organisateur de ces esprits sublimes qui président à nos des¬ 
tinées ? 

Pour le concours, même chose arrive. On n’ose pas s’en 
prendre à son institution même , maison cherche à en fausser 
les applications. On a vergogne de dire : Nous n’en voulons 
plus; maison se cachecouardement sous des mesures restric¬ 
tives pour en venir plus tard à une attaque ouverte et déclarée. 

Cherchons à paralyser d’aussi désastreuses tendances. 

Examinons , car l’occasion est opportune, car aujourd’hui 
vingt-cinq de nos jeunes confrères qui concourent pour l’a¬ 
grégation à la Faculté de Paris, attendent dans l’anxiété la 
première application de cette disposition nouvelle des con¬ 
cours ; examinons les motifs de ces épreuves éliminatoires 
suspendues sur leurs têies comme l’épée de Damoclès. 

Les concurrents deviennent de plus en plus nombreux, dit- 
on. Gela est vrai ; mais cela doit être. C’est d’abord un ré¬ 
sultat néce.ssaire du principe de la liberté du choix des pro¬ 
fessions. Par cela même qu’il y a exubérance de médecins, il 
doit y avoir exubérance de concurrents. Si le principe est vi 
deux, attaquez le principe, mais jusque là il en faut subir les 
conséquences sous peine d’être co.iiplétement en dehors du 
bon sens et de la logique. Vous avez ouvert à deux battants 
les portes de vos facultés à une jeunesse avide d’instruction , 
et vous voudriez maintenant mettre obstacle à ce qu’elle tire 
gloire ou profit de ses études ? Cela n’est ni conséquent, ni 
juste. Est-ce un mal, d’ailleurs, qu’un grand nombre de 
concurrents ? Non pas certes ; le choix n’en sera que plus 
difficile et par cela même meilleur. Puis, l’intrigue a moins 
de chances de réussir et de se faire entendre au milieu de ces 
ambitions multiples et diverses que lorsqu’il ne faut combat¬ 
tre par ces armes qu’un petit nombre d’adversaires. Tel juge 
fermerait sa porte à vingt-cinq solliciteurs, qui n’oserait la 
refuser à cinq ou six. Dans le nombre des concurrents nous 
voyons double avantage : pour eux dignité, pour les juges 
indépendance, pour tous honorabilité. Cela vaut la peine qu’on 
y réfléchisse. 

La durée de ces concours absorbe un temps considérable ! 
Qui s’en plaint ? Les concurrents ? Cela ne peut être ; le con¬ 
cours n’est obligatoire pour personne : en entrant dans la lice 
ils connaissent d’avance les conséquences de leur acte et ils 
sont libres de les accepter ou de les refuser. Les juges ? Us 
seraient fort mal venus. Us touchent de magnifiques appoin¬ 
tements comme professeurs, et cette qualité entraîne néces¬ 
sairement à l’occasion celle déjugés ; de plus, et comme tels, 
on leur alloue une suffisante et honorable indemnité, et ils se 
plaindraient de la longueur et des fatigues des concours ! Si 
cela était, il faudrait taanquillement les laisser dire, ou répon¬ 
dre a ceux qui regretteraient ce temps dérobé aux soins de 
leur pratique : Allez, messieurs ! vous êtes indignes des hon¬ 
neurs du juge, vous qui ne leur sacrifieriez pas quelques pro¬ 
fits du métier. Les élèves 7 Cela n’est pas ; car les concours 
sont pour eux encore un enseignement qu’ils aiment, qu’ils 
suivent avec plaisir et sympathie, auquel ils mêlent leur ani¬ 
mation souvent expansive , quelquefois plus ou moins légiti¬ 
mement passionnée, toujours naïve et loyale. 

Ces concours exigent des frais considérables. Pitoyable ex¬ 
cuse! Dans un pays où l’on compte par cent raille francs les 
frais d’une course de chevaux, on lésine sur une faible somme 
destinée aux luttes de l’intelligence! C’est déplorable. Sup- 
primez-donc quelques mille francs à ces oisifs et stériles ama¬ 
teurs du sport , et consacrez - les à l’encouragement de ces 
hommes dont la jeunesse s’est écoulée dans les austères études 
de notre art. Il est triste, il est honteux que nous ayons à 
réfuter une objection semblable. 

On ajoute: Quelques concurrents se jettent dans les con¬ 
cours sans avoir bien consulté leurs forces. Qu’importe cela? 
Les concours sont précisément la pierre de louche qui fait ap¬ 
précier et mettre à leur place la vanité, l’outrecuidance, la 
sottise de quelques ambitions illégitimes auxquelles, sans ces 
épreuves, on aurait peut-être ajouté foi. Ne voyez-vous pas 
qu'une élimination leur laisse la ressource de crier à l’injus¬ 
tice? Ne voyez-vous pas que par elle vous pouvez mettre au 
même niveau le savoir malheureux et l’insuffisance complète? 
D’ailleurs, une longue expérience l’a prouvé, les concurrents 
décidément insuffisants, à part quelques rares et excentriques 
exceptions, s’éliminent eux-mêmes. Et encore, s’il arrive 
qu’un concurrent véritablement ignorant et ridicule se pré¬ 
sente , à qui la faute , s’il vous plaît? A vous même, qui avez 
investi du titre de docteur uii ignorant et un homme ridicule. 
Vous l’avez supporté tel aux examens , il vous faut le subir 
tel au concours. 


Les voilà passés au crible de la bonne foi, de la justice et 
de la logique, les motifs qui ont prévalu pour faire instituer 
les épreuves éliminatoires du concours. Il n’en est pas un qui 
airraême une apparence plausible et raisonnable. C’est vain', 
c’est creux , c’est futile, si futile qu’il n’est pas possible que 
des hommes de sens aient pu se laisser impressionner par de 
pareils arguments. Forcément il faut qu’il y ait là-dessous 
quelque chose qu’on n’ose oiî qu’on ne peut avouer, et qu’une 
intention secrète se cache sous ces dehors fallacieux. 

Les questions intentionnelles sont trop difficiles et trop dé¬ 
licates dans leur appréciation pour que nous voulions nous 
placer sur ce terrain. Mais après avoir démontré l’inanité des 
raisons sur lesquelles on fonde la prétendue nécessité des 
épreuves éliminatoires, il nous reste à accomplir une tâche 
plus importante encore , c’est celle' d’en montrer les dangers 
et l’injustice. 

Ce sera le sujet d’un second et prochain article. 


HOPITAL DES ENFANTS. — M. Güeesant père. 

Rhumatisme articulaire aigu. De la durée et du-traitement 
de celle affection dans l’enfance. 

Au n° 20 , de la salle Saint-Jean a été couché le nommé 
Defossé, âgé de treize ans, malade depuis trois semaines en¬ 
viron. 

D’une bonne constitution, d’un tempérament lymphatico- 
sanguin , né à Paris et ne l’ayant jamais quitté. D’une bonne 
santé habituelle, vacciné, non variolé; cet enfant n’a eu d’au¬ 
tres maladies qu’une rougeole assez bénigne à l’âge de sept 
ans, et quelques rhumes de peu d’importance pendant l’hiver. 
U y a trois semaines environ, étant rentré en sueur dans l’a¬ 
telier où il travaille, il eut froid , et le lendemain , en se le¬ 
vant , il ressentit dans le bras droit une douleur assez vive 
occupant principalement l’articulation du coude et celle du 
poignet. U ne peut se rappeler si ces deux articulations étaient 
rouges et gonflées. La douleur n’étant pas assez violente pour 
l’empêcher de travailler, il continua à se livrer à ses occupa¬ 
tions pendant trois jours, temps après lequel il futTorcé de 
se mettre au lit ; le coude et l’épaule gauches étaient pris, et 
le genou droit commençait à devenir douloureux également. 
Depuis le commencement de la maladie, il n’a suivi aucun 
traitement ; les douleurs ont persisté dans le bras gauche et 
dans les deux genoux ; le bras droit est un peu dégagé. 

Voici l’élat du malade au moment de l’entrée à l’hôpital : 

Le visage est rouge, animé, la peau chaude, moite, un peu 
sudorale pendant la nuit ; les yeux brillants. Pouls à 104-108, 
assez développé. Résonnance et respiration bonnes partout ; 
bruits du cœur normaux. Le coude gauche un peu gonflé , 
sans rougeur ; douloureux , ainsi que l’épaule du même côté. 
Le membre supérieur droit presque entièrement libre. Les 
deux genoux sont douloureux sans être ni rouges ni gonflés. 
L’articulation tibio-tarsienne droite est un peu ronge et tu¬ 
méfiée. Langue un peu saburrale. Soif vive ; anorexie. Ca¬ 
taplasmes sur les articulations douloureuses. Diète. 

Le lendemain , même état à peu près ; le pouls toujours à 
104 - 108 ; la peau toujours chaude, un peu sudorale. Sai¬ 
gnée de deux palettes ; cataplasme ; diète. 

Le 4, le jeune homme dit se sentir un peu soulagé. La cé¬ 
phalalgie dont il se plaignait les jours précédents, est beau¬ 
coup moindre. La peau semble un peu moins chaude au 
toucher ; mais le pouls est toujours à 104 , développé , sans 
redoublement. Les douleurs du bras gauche et de la jambe 
droite sont à peu près aussi fortes ; cependant il est survenu 
une diminution notable du volume du coude gauche qui était 
gonflé. La langue est toujours saburrale ; la soif assez vive. 
Rien de nouveau pour les bruits du cœur ou de la respiration. 
Infusion de bourrache ; cataplasme ; diète. 

Le 7, une amélioration bien évidente s’est fait sentir dans 
l’état du malade. Le bras gauche est presque entièrement dé¬ 
gagé. U ne reste plus qu’un peu de raideur et de gêne dans 
les mouvements. Quelques douleurs vagues et légères dans 
le bras droit, que le malade doit avoir tiré hors de son lit 
pendant qu’il était en moiteur. Les genoux et les coude-pieds 
encore un peu gênés et raides dans leurs mouvements, mais 
sans aucun gonflement ni rougeur. 

Depuis ce moment la convalescence marche assez rapide¬ 
ment. L’enfant, qui demande instamment à manpr, prend 
deux bouillons, puis bientôt une portion. Un huitième d’ali¬ 
ments. 

A part quelques douleurs vagues qui parcourent de temps 
en temps les membres, mais sans s’accompagner d’aucun 
gonflement, d’aucune rougeur à la peau au niveau des articu¬ 
lations, il se sent tout à fait bien, et sort le 21 du même 
mois, dix-neuf jours après son entrée à l’hôpital, dans un 
état de santé parfaite. 

— Bien que l’on en rencontre d’assez fréquents exemples 
dans les hôpitaux et dans la pratique, le rhumatisme articu¬ 
laire aigu est loin d’être aussi fréquent chez l’enfant que chez 



















l’adulte. Doit-on chercher la cause de cette différence dans 
ce fait, que les conditions sous l’influence desquelles se dé¬ 
veloppe habituellement le rhumatisme articulaire sont celles 
dans lesquelles se trouve l’homme plutôt que l’enfant, le pre¬ 
mier s’exposant lour-k-tour à toutes les vicissitudes atmos¬ 
phériques, sans prendre la plupart du temps la moindre pré¬ 
caution î Doit-on la chercher dans les différences qui existent 
nécessairement entre la constitution, le tempérament, le dé¬ 
veloppement des organes de l’enfant et ceux de l’homme ? 
C’est ce qu’il ne nous est pas possible de savoir dans l’état 
actuel de la science. Mais le fait existe et nous devons le con¬ 
stater. 

Ce n’est pas là, du reste, la seule différence que nous ayons 
à constater entre le rhumatisme articulaire de l’enfant et celui 
de l’adulte. Les symptômes locaux et généraux qui sont abso¬ 
lument identiques à tous les âges, ont chez l’enfant une inten¬ 
sité beaucoup moindre et une durée beaucoup plus courte. 
C’est un fait dont on a pu facilement se convaincre par la lec¬ 
ture de l’observation précédente. Il est rare en effet, chez 
l’adulte., de voir un rhumatisme accompagné de symptômes 
aussi tranchés que l’était celui-ci, il est rare, disons-nous, de 
le voir céder aussi rapidement, et la convalescence ne présen¬ 
ter aucune rechute. Car c’est un des caractères du rhumatisme 
articulaire aigu, quelle que soit la méthode du traitement que 
l’on emploie, d’exposer les malades à des récidives de la même 
affection-; et cela, non-seulement dans un temps éloigné, mais 
pendant la convalescence même. D’après les chiffres et les re¬ 
levés des auteurs qui ont écrit sur les maîadies des enfants, il 
paraîtrait que la maladie dure rarement chez eux plus de 
quinze à vingt jours. Il est bien entendu que l’on ne doit pas 
considérer ce terme comme rigoureux, et que l’on doit tenir 
compte et de l’intensité et de la généralisation de l’affection. 
La durée de la maladie est d’autant plus courte en général, 
que la maladie elle-même est plus simple; loi qui, du reste, 
peut s’appliquer à presque toutes les affections aiguës du ca¬ 
dre nosologique. 

Il est bien évident que Ibrsqu’une affection rhumatismale 
vient à se compliquer d’uné phlegmasie intermittente , atta¬ 
quant des organes essentiels à la vie, le coeur, le poumon ; 
une endocardite, une péricardite , par exemple, un.e pleuré¬ 
sie , l’affection primitive devra être plus grave , plus longue , 
plus dangereuse. L’inflammation des tissus du cœur, à la 
suite ou pendant le cours d’un rhumatisme articulaire aigu 
généralisé, n’est ni plus, ni moins fréquent chez l’enfant que 
chez l’adulte. Il nous est arrivé de voir souvent des enfants 
affectés de rhumatisme de ce genre, sans complication de 
maladie du cœur, et des maladies chroniques organiques du 
cœur chez des sujets qui n’ont jamais eu de rhumatismes. 
Mais cette complication, quand elle existe, est grave , autant 
par les accidents éloignés qu’elle peut entraîner à sa suite , 
que par la mort qu’elle peut déterminer à l’état aigu. Autant, 
quand l’affection est simple, le pronostic est facile et peu re¬ 
doutable, autant il est fâcheux, quand la maladie est ancienne 
déjà , ou qu’il existe une de ces phlegraasies des membranes 
internes ou externes du cœur. Bien que nous ne connaissions 
aucun cas de cette espèce, nous sommes fondé à croire que 
le rhumatisme articulaire aigu, quand il se termine par la 
mort, peut déterminer dans les articulations malades la pré¬ 
sence du pus. Dans les cas où il est moins intense, on sent 
manifestement la rotule éloignée des condylcs du fémur pat- 
un épanchement du liquide. 

Comme chez l’adulte, le diagnostic de l’affection rhumatis¬ 
male est extrêmement facile dans la plupart des cas. Nous 
trouvons dans un livre récent, qui a pour but l’étude des ma¬ 
ladies des enfants, l’indication de trois affections avec lesquelles 
on pourrait assez facilement, disent les auteurs, confondre le 
rhumatisme. Ils veulent parler de l’inflammation articulaire 
variolique, de l’épanchement sanguin articulaire, de l’ar¬ 
thrite, suite de phlébite. Pour la première, l’éruption est un 
caractère qui servira de suite à la faire distinguer; et quant à 
ce que l’on pourrait prendre pour une complication rhumatis¬ 
male , cette douleur survenant dans le cours d’une variole , 
l’erreur serait sans contredit de fort peu d’importance. 

L’inflammation articulaire, suite de phlébite, serait facile à 
confondre avec l’arthrite rhumatismale, surtout lorsque la 
présence du pus dans la cavité articulaire pourrait faire croire 
à cette terminaison, dont nous parlions tout à l’heure, la ter¬ 
minaison par suppuration. Mais là encore la distinction n’est 
pas d’une importance majeure , le même traitement devant 
être, à bien peu de chose près, rais en usage dans les deux 
cas, et quelles que soient les causes déterminantes de la 
phlegmasie locale et des phénomènes rationnels généraux. Les 
auteurs du livre dont nous parlons, après avoir rapporté une 
observation du genre précédent, s’adressent aussi eux cette 
question : Peut-être faudrait-il considérer ce fait comme un 
exemple de rhumatisme articulaire terminé par suppuration 
et compliqué de phlébite ? 

Quant à l’épanchement sanguin articulaire, c’est uue affec¬ 
tion excessivement rare, dont la science possède à peine quel¬ 
ques exemples, et qui pour cette raison ne mérite pas de nous 
arrêter sérieusement ni long-temps dans une question de dia¬ 
gnostic différentiel. 

Un mot maintenant des causes du rhumatisme , avant de 
passer au traitement. Quelle que soit la nature que l’on veuille 
admettre du rhumatisme, qu’on le considère comme une in¬ 
flammation pure et simple, déterminée par le froid , ou. com¬ 
me le disent quelques auteurs, comme une affection détermi¬ 
née par un principe particulier dont ils ne définissent point la 
nature, et qu’ils se contentent de désigner sous le nom de 
principe rhumatismal, il est bien évident que c’est le passage 
brusque du chaud au froid qui détermine le plus souvent la 
production du rhumatisme chez les enfants comme chez les 
adultes. Maintenant. que ce refroiclis.sement soit la cause dé • 
terminante du rhumatisme, ou qu’elle ne fasse que hâter l’ap¬ 
parition d’une affection morbide qui se serait nécessairement 


et forcément montrée chez le sujet malade, mais peut-être un 
peu plus tard, peu nous importe. U nous suffit de constater 
que le froid a une action bien évidente sur la production du 
rhumatisme, et la manière dont il agit nous occupera peu. 

Il n’en est pas de même des prédispositions qui méritent de 
fixer notre attention. L’âge, comme nous l’avons dit au com¬ 
mencement de ces réflexions, est une chose à considérer par¬ 
ticulièrement. Le^rhumatisme est moins fréquent chez rêiïfa'nt 
que chez l’adulte. Les exemples de cette affection au-dessous 
de l’âge de sept ou huit ans sont excessivement rares. Le plus 
souvent, c’est entre douze et quatorze ans qu’elle se montre 
chez les jeunes sujets. C’est l’âge qu’avait le jeune homme dont 
nous avons raconté l’histoire. 

L’influence des sexes est peu marquée ; mais il n’en est pas 
de même des constitutions. Il est d’observation que les sujets 
un peu lymphatiques, blonds, à peau blanche et fine, sont plus 
prédisposés que les autres à contracter des rhumatismes. L’hé¬ 
rédité paraît avoir peu de valeur, et l’on n’observe pas que des 
enfants , nés de parents rhumatisants , soient plus sujets que 
d’autres aux affections de ce genre. Chez notre malade , on a 
facilement pu se convaincre de la vérité d’un grand nombre 
des remarques que nous avons faites ici. Ainsi, lu tempéra¬ 
ment lymphatique ou lymphatico-sanguin, la peau fine et 
transparente , se rencontraient chez lui à un degré très pro¬ 
noncé. Pour la cause occasionnelle ou déterminante, elle a été 
citez lui, comme elle est chez la plupart des malades, un re¬ 
froidissement brusque dans un moment où il se trouvait en 
sueur. 

Quelques mots à présent sur le traitement que l’on peut em¬ 
ployer contre le rhutnatisme, et sur celui en particulier qui 
fut mis en usage dans le cas qui nous occupe. Nous examine¬ 
rons brièvement quelques-unes des médications dernière¬ 
ment préconisées dans le traitement du rhumatisme articulaire 
aigu. 

Nous ne sachions pas que le nitrate de potasse ait été admi¬ 
nistré à haute dose chez les enfants , ou s’il l’a été, qu’il ait 
produit des résultats plus satisfaisants que chez l’adulte , et les 
expériences les plus récentes ont fait justice de ces vertus mi¬ 
raculeuses que l’on attribuait au nitrate de potasse en pareille 
circonstance. D’ailleurs, l’administration de ce sel exige l’in¬ 
gestion d’une grande quantité de liquides , et l’on sait qu’il est 
souvent fort difficile de faire boire aux enfants la quantité de 
boisson que l’on jugerait nécessaire. 

Le sulfate de quinine est à peu près dans le même cas que 
je nitrate de potasse. On est déjà revenu des cures merveil¬ 
leuses que l’on prétendait avoir été produites par lui dans les 
commencements de son emploi. Et c’est avec d’autant plus de 
raison qu'il est tombé dans l’oubli, que si, comme le nitrate 
de potasse, il ne produit aucune amélioration, il est loin com¬ 
me lui d’être innocent. L’on sait, en effet, les funestes acci-^ 
dents qu’il a causés tout dernièrement chez des sujets aux¬ 
quels il avait été administré à dose véritablement toxique. 
Puis, on ne peut l’administrer qu’en pilules ou en potion. Or, 
les enfants avalent difficilement les pilules , et l’amertume de 
la potion , qui provoque souvent des vomissements oliez l’a¬ 
dulte, leur ferait certainement repousser invinciblement le 
breuvage. 

Il faut donc, lortsque l’on a affaire à un rhumatisme articu¬ 
laire aigu fébrile, mettre en usage le traitement antiphlogisti¬ 
que , mais avec sagesse, avec une prudente réserve. Il faut 
proportionner l’abondance et la fréquence des émissions san¬ 
guines, locales ou générales, à la gravité de la maladie, à sa 
durée antérieure , à l’âge , à la constitution de l’enfant. Il est 
bien évident qu’un enfant de douze ou treize ans ne subira 
point le même nombre d’émissions sanguines qu’un adulte de 
vingt-cinq ou trente ans. C’est surtout lorsqu’il existe une 
complication sérieuse du côté de la poitrine que l’on doit y 
avoir recours. Des embrocations calmantes, quelques infusions 
diaphoréliques, des cataplasmes et, si la saison le permet, des 
bains, enfin quelques laxatifs compléteront le traitement. 



HOPITAL DE LA CHARITÉ. —M. Velpead. 

Rupture de l’ulérus pendant le travail. Mort. Dr la gravité de 

cet accident et de la conduite à suivré quand il survient. 

Le 24 décembre 1843, Marie Aubé fut apportée à la Cha¬ 
rité. Cette femme, âgée de vingt-quatre ans, était en travail 
depuis assez long-temps déjà, sans que nous puissions préciser 
au juste l’époque à laquelle il avait commencé. On sut seule¬ 
ment que l’accouchement ne se faisant pas, un médecin de la 
ville avait tenté une application de forceps qui n’avait amené 
aucun résultat. Peu de temps après son entrée, la femme tom¬ 
ba dans la salle et mourut. Voici ce qu’on trouva à l’autopsie. 

L’enfant présente l’extrémité supérieure ; la tête était for¬ 
tement enclavée dans le bassin ; l’utérus offre à sa partie pos¬ 
térieure gauche, dans la région du col, une déchirure de plu¬ 
sieurs centimètres d’étendue ; le tissu utérin semble avoir été 
mâché, contus par le forceps ; l’instrument n’a point été pous¬ 
sé dans le ventre, il paraît même probable que la déchirure 
n’a pas été complétée par l’application de la branche qui n’a 
produit qu’uneéraillure profonde, mais que c’est au moment 
où la femme est tombée seulement que s’est complétée la per¬ 
foration. L’épanchement dans le ventre des liquides et des 
matières rendues par le fœtus mort, a suivi sans doute immé¬ 
diatement, Les tissus étaient gangrenés, emphysémateux! il y 
avait du pus dans l’abdomen. 

Le bassin , examiné sous le rapport de ses dimensions, a 
présenté une circonstance remarquable ; régulièrement con¬ 
formé d’ailleurs, il offre une diminution dans tous ses’diamè¬ 
tres, diminution qui peut être évaluée à un centimètre pour 
chacun : ainsi l’antéro-postérieur n’avait guère que neuf cen¬ 
timètres et demi à dix, l’oblique onze, et le bis-iliaque donze 
à peu près; ce qui justifiait d’ailleurs l’emploijdu forceps, mais 


non la manière dont en avait été faite l’application. Nous dison» 
que c’est là un cas de rétrécissement assez rare ; car les ac. 
coucheurs n’ignorent pas que, pour l’ordinaire, la diminmjdu 
dans la dimension des diamètres dans les bassins viciés 
présenté pas cette régu'arité dans leur manque d’étenduj 
Pour la majorité des cas, quand un diamètre perd de sa ion', 
gueur, le détroit gagne dans un sens ce qui lui manque dans 
l’autre ; tandis qu’ici c’était, comme le dit M. Velpeau , ^ 
exemple de rétrécissement absolu du bassin. 

La rupture de l’utérus, dans quelque point qu’elle sur. 
vienne , qu’elle arrive pendant la gro.ssesse oü pendant le tra, 
vail, et sous quelque influence qu’elle ait lieu , n’en est pj, 
moins un accident des plus redoutables et qui compromet i, 
plus ordinairement la vie de la femme chez laquelle il se tua. 
nifeste ; cependant il faut dire que, toutes choses égales d’ail, 
leurs, il est susceptible d’entraîner des conséquences plus f|, 
cheuses quand il est lé résultat de manœuvres malheurêusaj 
que lorsqu’il survient pendant la grossesse, par exemple. 

La déchirure de la matrice est certainement un de ces ac. 
cidents qui deviennent plus graves selon la cause qui les pro, 
duit. Si l’on recherche la raison des dangers moindres qjj 
font courir à la femme les différences de cause de cette rup. 
ture, on la trouve évidemment non dans l’accident lui raêipe 
mais dans les suites inévitables qu’il entraîne. ’ 

Dès que l’utérus est rompu , il faut fatalement que les H. 
quides contenus dans sa cavité , ou qui se produisent par ij 
déchirure elle-même, s’épanchent dans l’abdomen : or, la na. 
lure du liquide n’influera-t-élle pas sur les phénomènes 
sa présence dans çe lieu doit nécessairement développer; 
sera-ce la même chose que du sang ou du liquide amniotiqae, 
ou des mucosités s’épanchant dans le ventre avant d’avoir siibi 
le contact de l’air, ou du sang, du liquide amniotique soumij 
à l’influence atmosphérique? Tout le monde a répondu à cette 
question. 

Quand les liquides que nous venons de nommer et que da 
sang en particulier est en quantité peu considérable, qu’il n’a 
pas ressenti l’influence de l’air extérieur , ce qui peut avoir 
lieu le plus souvent alors que la déchirure arrive pendant la 
grossesse , quand elle n’est pas l’effet de manœuvres imprits 
deiites ou coupables, ce sang a des qualités douces , si noua 
pouvons nous servir de ce mot, et il est possible alors que 
la mort ne soit pas la suite inévitable de l’accident. Mais si 
pendant le travail la déchirure , comme ici, est survenue pat 
suite de fau.sscs manœuvres, et que le sang, le méconium, l’eaa 
de l’amnios que l’air a modifiés d’une manière fâcheuse se 
soient épanchés dans le péritoine , comme cela doit avoir liée 
de toute nécessité, alors la vie de la femme court les dangers 
les plus grands. 

Il est à remarquer que chez la femme qui fait le sujet è 
cette observation , la déchirure n’occupait que le lieu orfli* 
naire où on a coutume de l’observer quand elle reconnili 
pour cause l’introduction du forceps. Le plus souvent quanj 
une des branches éraillé ou perfore les parties génitales iii‘ 
ternes , c’est dans le point où le vagin s’unit avec l’utérmi 
c’est-à-dire dans le cul-de-sac vaginal. Le mécanisme de celle 
déchii ure ést facile à comprendre, et l’on ne saurait d’ailleun 
trop insister sur ce point, tant il est facile de s’en laisseï 
imposer par les apparences trompeuses que présentent te 
parties dans certains cas particuliers , apparetices qui peuveul 
conduire le chirurgien, peu habitué, à rompre violemment te' 
rapports naturels du vagin et de l’ulérus par l’application dii 
forceps. 

Il arrive, en effet, quelquefois que la tête du fœtus déscélii 
dans l’excavation encore coiffée du segment inférieur de l’il- 
térus, dont le col est à peine ou n’est pas dilaté. En touchànl 
la femme-, on rencontre la tumeur présentée par la tête, etUi 
examen peu attentif peut faire croire que cette tête est nnt 
dans le bassin. Ces conditions se réunissent alors, d’abord poüi ’ 
faire penser que l’accouchement éprouve quelque obstacle i 
dans sa marche, puisque la tête est déjà fort abaissée et qu’e» : 
réalité c’est à peine si le travail commence, puisque ladilafi“| 
lion est encore nulle ou peu marquée; ensuite pour que, j 
partant de ce point qu’il y a obstacle au dégagement, on soi! ! 
porté à se servir du forceps, qui, dans une circonstance sein- j 
blable, ne peut être évidemment appliqué sur la tête qu’êii 
comprenant entre ses cuillers toute la partie inferieure dé M 
matrice. Si maintenant l’application de l’instrument se fail 
sans que l’erreur soit reconnue , les tractions porteront suriaj 
matrice, qu’elles déchireront; ou bien, dans l’application iné 
me, la branche, éprouvant un obstacle qui n’est autre qtiel! 
cul-de-sac vaginal, sera pou.ssée avec plus ou moins de force 
p.ar l’opérateur, perforera le cul-de-sac et passera direCteittent 
Âins l’abdomen. 

Il n’est pas besoin de signaler combien donc il est nécessaire 
d’apporter le plus grand soin à ne s’obstiner à vaincre aiiéuae 
résistance par la force quand il s’agit d’appliqUer un inslru-' 
ment qui, mal conduit, peut amener de si tristes résultats. 

Ici la déchirure n’avait pas lieu , comme nous le disioiii 
tout à l’heure , dans le point où on l’observe le plus souvciil 
quand elle reconnaît celte cause ; elle siégeait à la partie poS‘ 
lérieure gauche du col, c’est-à-dire à la droite de l’accoucheuri 

Nous pensons que l’on pourrait encore établir une diffèreaci 
notable quant au pronostic dss déchirures de l’utérus pendant 
l’accDnchement, selon qu’elles arrivent à telle ou telle époqM 
du travail. 

La conduite à suivre dans ces sortes d’accidents est asseï 
difficile à tracer. Sans doute, toutes les fois que les parties K 
permettront, il faudra se hâter de terminer l’accoucheménti 
dût-on, comme il résulte de certaines observations, aller citer' 
cher le fœtus passé en partie dans l’abdomen de la mère; 
des anses intestinales passées par la néchirure du corps*!® 
l’organe se rencontrent dans l’utérus, il faudra les réduirCi 
puis, l’accouchement terminé , combattre les accidents de H 
périionite qui viendront à se manifester. Mais, il faut l’avoueti 
bien qU’on cite quelques exemples de femmes qui aient snf 











vécu à ce redoutable accident, on n’en est pas moins autorisé 
à dire qu’il en est peu qui soient aussi graves que la rupture 
de l’uiérus pendant le travail. D'' Pajot. 



Hecherches sur les ulcérations du col de Vutérus; par M. le 
D’ TANCHOü. 

(Suite du numéro 4.) 

C’est babituellement dans l’organe qui en est le siège, ou 
dans ses relations avec les parties voisines, que gît la cause 
qui les a produites ou celles qui les entretient : « L’iceri sua 
setnper est causa quæ quod genuit etiam num fovet. » (Joann. 
Fernelii De ext. corpor. affect., p. 3^7.) Les anciens pen¬ 
saient, non sans quelque raison, que la difficiillé d’en obtenir 
une guérison durable avait sa source dans la chaleur et l’hu¬ 
midité naturelles de cette partie : « Les ulcères de la matrice, 
dit Ambroise Paré, sôt difficiles et souvêt impossibles à gua- 
rir pour ce qu’elle est chaude et humide, et qu’elle reçoit 
toutes les superfluités du corps. » ( uvres chirurgicales, 
p. 501.) Il est rare que les engorgements et l’induration qui 
résultent quelquefois de la prolongation de la maladie, acquiè¬ 
rent des qualités de mauvaise nature; habituellement ils se 
dissipent d’eux-mêines à l’époque de la cessation des règles. 

Les ulcérations, à l’opposé des plaies récentes, tendent na¬ 
turellement à persister par cela seul que leur surface a perdu 
les conditions nécessaires à la cicatrisation spontanée. Par 
conséquent, le rôle du médecin n’est pas fini lorsqu’il a éloi¬ 
gné la cause de l’ulcération ; il lui reste à mettre celle-ci dans 
les conditions favorables à la cicatrice, c’est ce qu’on fait en 
modifiant son mode d’inflammation. Il ne faut donc pas trop 
s’étonner de l’emploi si fréquent des caustiques. C’est le 
moyen le plus commode et le plus efficace de ramener leur 
surface aux conditions d’une plaie simple. Mais ce que l’on 
no saurait trop blâmer, c’est que la cautérisation Jforme la 
base du traitement ; tandis qu’elle devrait n’en être que sup¬ 
plémentaire. 

On a trop oublié, dans la thérapeutique de ces maladies, 
cette excellente définition de l’ulcère : que » c’estfune solu¬ 
tion de continuité entretenue par une cause locale ou inter¬ 
ne. » Dans le sujet dont il s’agit, plus que partout ailleurs, il 
importe de l’avoir présente à l’idée ; car s’il est facile d’obte¬ 
nir la cicatrisation des ulcérations du col par la cautérisation, 
tien n’est plus fréquent que leur récidive. Comment pour¬ 
rait-il en être autrement si on ne commence pas par éloigner 
la cause qui entretient la maladie ! 

Pour certains médecins, la cautérisation forme tout le traite¬ 
ment des ulcères du col; d’autres, tombant dans un excès 
contraire, soumettent les malades au traitement général le plus 
débilitant. Des méthodes si exclusives ne sauraient être que 
nuisibles. Toutefois, la cautérisation ne produit que des effets 
passagers ; elle n’est point douloureuse, et il faudrait qu’elle 
fût appliquée d’une manière bien inconsidéré pour occasion¬ 
ner de grands ravages, tandis que le traitement général par 
les saignées répétées, la ciguë, les bains, l’inaction des parties, 
ne convient que dans les cas où l’ulcération est accompagnée 
de phlegmasie, chez les sujets sanguins. Mais, quel abus n’en 
fait-on pas en l’appliquant indistinctement à toutes les mala¬ 
dies de matrice ! Que de femmes voient leur maladie se per¬ 
pétuer, passer à l’état de chronicité ou d’induration blanche, 
leur constitution se détériorer sous l’influence de ce traite¬ 
ment désastreux, tandis qu’un bon régime les eût délivrées de 
leurs maux 1 

De ce qui précède, il résulte : 

1° Que l’ulcéiation dit col a son siège à la surface de la 
membrane muqueuse, et plus particulièretnent â l’orifice de 
l’organe. 

2° Que ses causes les plus ordinaires sont locales, et résul¬ 
tent de l’accomplissement des fonctions de l’utérus et de ses 
relations avec les parties voisines. 

3" Qu’elle est, par conséquent, le plus souvent d’une na¬ 
ture simple, mais qu’elle peut acquérir, par suite de diverses 
influences, des fermes variées. 

4“ Que les ulcérations qu’on a décrites comme des maladies 
d’une nature particulière, sous les noms de fongueuses, herpé¬ 
tiques, héraorrho’idales, blennorrhagiques, dartreuses, etc., 
ne sont autre chose que des ulcérations simples dégénérées, 
et qui ont été créées par l’imagination plutôt que par l’obser¬ 
vation pratique. 

5” Que cette maladie tend fort rarement à devenir cancé¬ 
reuse, à moins que le germe morbide n’existe déjà dans l’or- 
hanisme ; mais qu’elle peut amener, à la longue, l’induration 
du col, puis celle du corps de l’utérus. 

6“ Qu’elle est rarement douloureuse par elle-même, et que 
Ses sympathies morbides sont à peu près nulles tant qu’elle 
reste isolée. 

7“ Que ses causes étant presque toujours locales, le traite¬ 
ment général n’a d’influence sur elle que lorsqu’il s’agit de 
complications constitutionnelles; mais que c’est, en général, 
par des moyens locaux qu’on la guérit ; que la cautérisation 
seule expose presque toujours aux récidives, mais qu’elle est 
utile dans la plupart des cas pour terminer la guérison. 

On comprend facilement que je n’ai fait qu’ébaucher l’his¬ 
toire de cet important sujet. A la suite de ces généralités, le 
lecteur saisira plus aisément les faits que je vais rapporter, et 
qui sont destinés à faire connaître l’ulcération dans toutes ses 
particularités. 

Première classe. 

; Erosiohs. ( Etccoriations , exulcérations. ) 

Le col peut être dépouillé de son épithélium dans une 
étendue variable ; c’est ce qui constitue l’érosion. 

lorsqu’on touche une femme attaquée de ce genre de ma¬ 



ladie, elle accuse nne douleur aiguë au moment où le doigt 
arrive sur la partie dénudée. C’est un signe commun à la plu¬ 
part des érosions, et qui peut servir à les distinguer de l’ulcé¬ 
ration proprement dite, qui est habituellement insensible au 
tact; l’érosion est tellement superficielle, qu’il est difficile que 
le toucher parvienne à la reconnaître et puisse en établir les 
limites. Quelquefois on seiit comme une surface dépolie, gra¬ 
nulée, tandis que le reste de l’organe est lisse; mais encore 
ignore-t-on si cet état est produit par une érosion ou par une 
inétrite granulée. 

Il y a trois causes principales de l’érosion : l’engorgement 
du col, son abaissement, et là vaginite. Nous allons citer des 
exemples de l’une et l’autre. 

Première observation. — Engorgement chronique du col avec 
érosion du museau de tanche. 

Le 2 mai 1839, une dame de vingt-huit ans se présenta au 
Dispensaire de la part de M. Nauche. Le vagin était large et 
ridé, très court ; le col n’était pas éloigné de la vulve; il était 
indolore, si ce n’est au pourtour de sou orifice où le contact du 
doigt occasionnait une sensibilité exquise. Du reste, cet organe 
offrait un volume double à peu près de l’état normal; il était 
mou et mobile. Le museau de tanche vint s’offrir à l’embou¬ 
chure du spéculum comme une boule de chair d'un teint rosé 
tirant sur le blanc, uni et lisse, excepté à son orifice, où se 
voyait une surface plus vive, légèrement chagrinée, d’une 
forme irrégulière et de la largeur d’uiie pièce de deux francs. 
C’était une érosion circonscrite par un bord mince, frangé, 
d’un rouge plus saillant, et allant se perdre dans la cavité du 
col. En touchant la surface avec un pinceau, la malade accu¬ 
sait une douleur subite, et il s’écoulait un peu de sang. 

Le corps de l’utérus était un peu hypertrophié. La dame 
dont il s’agit était brune, vive, nerveuse ; elle travaillait beau¬ 
coup et toujours assise. Elle avait eu cinq enfants et deux 
fatisses-couches, et c’était plus particulièrement depuis trois 
ans, époque de la dernière, qu’elle souffrait. Elle avait eu des 
métrorrhagies nombreuses ; actuellement ses règles étaient ré¬ 
gulières, mais fort abondantes. 

Celte dame était tourmentée par une chaleur vive, téré- 
brante, à l’endroit du col ; une sorte d’agacement nerveux 
dans tout le bassin ; elle éprouvait des maux de reins, des pe¬ 
santeurs sur le fondement, des coliques hypogastriques, souf¬ 
frances qui appartenaient au déplacement de l’utérus et à 
l’engorgement de son parenchyme. 

Elle se plaignait en outre d’une dquleur formicante du 
membre abdominal jusqu’au gros orteil, douleur dont on 
pouvait aussi rapporter l’origine soit à l’érosion, soit à l’engor¬ 
gement ; car j’en ai vu de semblables dans l’un et l’autre cas. 

Evidemment, l’érosion n’était là qu’un effet; pour la dé¬ 
truire. il eût fallu redonner aux tissus sous-jacents leur toni¬ 
cité primitive, raffermir leur trame et faire pénétrer dans les 
capillaires, à la place du liquide séro-sanguinolent qui les dis¬ 
tendait, un sang rouge et fibrineux, tontes choses au-dessus 
des ressources de l’art dans l’état hygiénique où se trouvait la 
malade; la membrane muqueuse eût alors sécrété un épithé¬ 
lium normal qui ne se fût point détaché, et l’érosion se fût 
dissipée d’elle-même ; mais l’expérience ne m’avait pas encore 
démontré la difficulté de ces sortes de guérisons, et ce ne fut 
qu’après des tentatives nombreuses que j’y renonçai. Plusieurs 
fois j’étais parvenu, à force de cautérisation ou de pansements 
médicamenteux, à obtenir une cicatrice; mais à peine la ma¬ 
lade jouissait-elle quelques jours de celte pseudo-cure, que 
l’érosion ne tardait pas à renaître. 

Il est donc remarquable qu’ici la maladie parenchymateuse 
réclame toute l’aiteniion; et c’est même parce que sous l’éro¬ 
sion existent des tissus dont la vitalité n’est pas normale, que 
l’épithélium qui se forme ne réussit pas. Ces sortes d’érosions 
se manifestent, en effet, sur des sujets nerveux, très irritables, 
et dans des conditions où le col, altéré par des attaques anté¬ 
cédentes, reçoit, à la place du sang, un liquide ténu et séreux 
qui l’engorge. Son tissu n’offre que de mauvais éléments à la 
génération des bourgeons charnus; de même la peau, lorsque 
son tissu est altère, sécrète un épiderme morbide qui ne tient 
pas. 

Un autre point digne d’intérêt, c’e^t la sensibilité de ces 
sortes de plaies, tandis que celles qui qui suppurent (ulcéra¬ 
tions proprement dites) sont indolores. Cela tient à ce que les 
papilles du derme, qui sont très impressionnables, sont à nu 
dans le premier cas, tandis qué dans lé second elles se trou¬ 
vent garanties par l’épanouissement des bourgeons charnus, 
qui eux-mêmes sont insensibles. 

Le col utérin présentant plus de Consistance que les parois 
du vagin, et sa muqueuse n’é|ant pas, comme cette dernière, 
plissée et exlen.sible, l’inflammation qui l’attaque à sa super¬ 
ficie en détruit presque aussitôt la cohésion. C’est ce qui ar¬ 
rive dans la vaginite: l’inflammation s’étend par continuité à 
la surface du col, où elle produit une érosion. Ces sortes d’é¬ 
rosions ne présentent rien de particulier; leur sensibilité n’est 
pas moine vive ; mais lorsque le vagin est douloureux dans 
toute son étendue, la douleur que l’introduction du doigt y 
fait naître se confond avec celle de l’érosion, et îl en résulte 
plus de confusion dans le diagnostic, comme on va le voir 
dans l’observation qui suit. 

Deuxième observation. — P^aginite avec érosion de l’orifice du 

museau de tanche, et plus particulièrement de la lèvre anté¬ 
rieure. Guérison par les pansements astringerits. 

Madame L..., rue du Bac, 106 ; âgée de vingt-cinq ans, 
d’un tempérament sanguin, a eu quatre enfants et trois fausses- 
couebes. Elle a depuis plusieurs années une leucorrhée abon¬ 
dante qui ne l’a pas quittée, pas même pendant la grossesse 
ni pendant les règles,..ce qui est, pour le dire en passant, le 
symptôme pathognomonique des écoulements résultant d’une 
vaginite. Leâ règles sont régulières, mais fort copieuses; il y 


a des maux de reins, un sentiment habituel de courbature, 
des tiraillements épigasirigues et une grande inquiétude. Nous 
trouvons, à l’examen, toute la surface du vagin et du col en¬ 
flammée et douloureuse; uue érosion d’un rouge ardent oc¬ 
cupe l’orifice du col et presque toute la lèvre antérieure ; la 
matrice est congestionnée et plus volumineuse que dans l’état 
normal. 

Cette dame s’était présentée au Dispensaire le 18 novembre 
1838; elle fut pansée pendant quelques jours avec des épon¬ 
ges imbibées de liqueurs astringentes ; la vaginite, l’engorge¬ 
ment utérin et l’érosion se dissipèrent simultanément : c’est 
précisément ce qui devait arriver; car la vaginite était là le 
point culminant; c’était elle qui appelait le sang dans le pa¬ 
renchyme utérin, et qui en provoquait l’écoulement abondant 
à l’époque menstruelle ; c’était elle qui, en s’étendant sur le 
col, en détruisait l’épithélium et mettait sa surface à nu. 

Jusqu’ici je n’ai pas traité l’érosion dtrectement ; c’est qu’en 
effet cette affection m’est toujours apparue comme secondaire, 
et qu’en l’attaquant directement, soit par le caustique, soit 
par tout autre traitement, on laisse subsister la cause qui la 
reproduira le lendemain. Elle n’offre donc de gravité que par 
l’affection qui l’engendre. Lorsqu’on est parvenu à détruire 
cette dernière, il suffit de la toucher légèrement avec le caus¬ 
tique, si elle persiste, ponr en obtenir la guérison. 

La surface des érosions sécrète un liquide séro-muqueux 
peu abondant; mais l’irritation qu’elle projette aux environs, 
donne lieu à une sursécrétion des surfaces voisines, et sur¬ 
tout de la cavité du col, d’où s’écoule ce liquide glaireux, 
semblable à du blanc d’œuf, qui est particulier à cette partie. 
C’est pour cela que les érosions sont constamment accompa¬ 
gnées d’une leucorrhée plus ou moins abondante. 

{La fin à un prochain numéro.) 



SOCIÉTÉ X>E MÉDECINE PRATIQUE. 

Séance du 7 décembre 1843. — Présidence de M. Fouqdier. 

M. Serrurier écrit qu’il ne pourra assister à la séance par suite 
d’une indisposition dont il est atteint. 

La Société décide que les membres du biirenu se rendront clier. M. 
le président pour lui présenter leirrs cdiidotéances sur la perle doulou¬ 
reuse qu’il vient d’éprouver. 

— M. Guillon revient sur sa communication au siijet de l’hémor- 
rliagie des vésicules séminales. Les cas d’Iiëmorrhagies rapportés par 
divers membres ne sont pas absolomerrt semblables à ceux dont il a 
parlé. Dans l’Iiémorrhagife consécutive à la masturbation le sang n’est 
pas mêlé avec le sperme ; il y forme des stries, tandis que dans l’affee- 
liou que M. Guillon propose de nommer gohbéraie', le sang est entiè¬ 
rement mêlé avec le sperme. 

— M. Guersant fils fait un rapport verbal sur deux mémoires en¬ 
voyés par M. Gente, intitulé, le premier, Nouveau moyen de réduire les 
hernies diflicilement réductibles ; le second, Nouveau moyen curatif 
des brûlures. 

M. le rapporteur ne partage pas les opinions de l’auteur sur la va¬ 
leur ni sur la nouveauté de ces moyens. Il [iropose de lui adresser des 
remerciments, — Adopté. — Lui écrire que ses travaux sont insuffi¬ 
sants pour l’admettre comme menabre correspondant. 

M Guersant fait, en outre , une communication sur la leucorrhée 
des petites filles. 

A riiOpitil des Enfants, dit-il, les leucorrhées che* les petites fillés 
sont tiès Iréqnentcs; elles déterminent très souvent des irritations de 
Ja valvule, et quelquefois des inflammations gangréneuses dont la ter¬ 
minaison nous Inspire des craintes.Ellessurviennent le plus souvéUtchez 
des enfants mal logées, mal nourries, lymphatiques, scrofuleuses. Nous 
donnons liabituellement un traiteenent tonique, le fer, le Vin, les vian¬ 
des rôties, etc. Mais souvent le traitement général ne sulfil pas; nous 
y joignons avec avantage des injections avec une solution de nitrate 
d’argent ; nous pratiquons ces injections avec une petite séringUe de 
verre. Nous commençsns par de faibles doses 0,05 c. pour 30 gram¬ 
mes. Plus tard, nous arrivons à 25, 0,30. Lotions externes de là val¬ 
vule avec résolution d’acétate de plomb. Nous remarquons que là leu¬ 
corrhée se dissipe avec facilité sous l’influence de ce traitement; lors¬ 
qu’on nous amène une petite fille dont la vulve est déjà spbacelée , 
nous exprimons du jus de citron sur les parties ; des cuissons vives en 
sont la suite! mais la maladie s’améliore promptement. Plus tard, 
nous pansons âVec de la charpie imbibée de vin aromatique. Lorsque 
te spbacèle est profond, le jus de citron ne .suffit pus; il faut poftér le 
fer rouge sur les parties ; on a une désorganisation assei profonde ; 
mais les bourgeons charnus se développent et comblent l’espace. 

M. Tanchou. Il ne faut pas confondre chez les enfanjs même j les 
leucorrhées les unes avec les antres. Je ne dis pas que ebè* les eufatlts 
qui vont à l’bôpital des Enfants, il n’y ait bien une inflatomaliott Siii 
generis toute lymphatique. Dans ce cas, les préparations au rtltrafe 
d’argent réussissent. Il m’arrive souvent de faire introddlfS des tâiU- 
pons de charpie imbibés de nitrate d’argent chez les femmes; mais 
s’il y a vaginite, proprement dite, les préparations argenllftfBS |)êUYebt 
être utiles, mais elles sont souvent nuisibles. 

M. Guersant. Le traitement dont je parle est celui qui réussit dans 
le plus grand nombre de cas; mais s’il s’agissait d’une vaginite aiguë 
suivenüé par suite de violence pliysiqne, ces moyens ne suffiraient 

M. Sterlin. Plus l’écoulement est chronique, plus il y a de danger 
à le supprimer. Je ne blâme pas les moyens de M. Guersant, mais je 
dis que plus l’écoulement est récelit, et moins il y a de danger à le 
supprimer. 

M. Guersant. Je n’ai pas vu qu’il y eût danger à supprimer ces 
écoulements. G est comme chez les hommes, il n’y a pas de danger à 
siipptimer les écoulements uréiraux. Cependant hier j’ai vu une dame 
qui m’a dit qu’à l’âge de sept ans elle avait nne leucorrhée qui s’était 
supprimée, et qii’ii lui étnit survenu une iiiflainm.diun dans le genou. 

M. Guillon. Chez les hommes il n’y a pas de symptômes généraux, 
l’écoulement est local ; il faut l’attaquer par (les traitements locaux, 
tandis qu’on guérit les petites filles par un traitement général. 

La séance est levée à quatre heures et demie. 

Le secrétaire annuel, Egoisier. 

Séance du lundi 28 décembre 1843. 

La séance s’ouvre à trois heures, sous la présidence de M. Léger. 

Au terme du réglement, article 11, la Société réunie procède : 

1» A la nomination de son président. 

M. Fouquier réunit l’unanimité, il est proclamé président. 

2“ De deux Vice-présidents. Le premier qui réunit le plus de suf¬ 
frages est M. Tanchou ; le second, M. Thore. Tous deux sont procla- 

M. Serrurier est nommé seciétaire-géneral. 

Le secrétaire annuel est M. Masson (Charles). 









32 - 


Le secrétaire annuel adjoint est M. Foucart. 

M. Beliiomme, nommé en 1842, n’est pas sujet à l’élection, sa no¬ 
mination devant durer jusqu’à l’année 1845. 

La séance est levée à quatre heures. 

Sereuiuer , secrétaire-général. 


REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE. 

JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE ET DE mARMACIE DE DRUXELLES. 

Janvier 1844. 

Puogénie cutanée des enfants à la mamelle; 
par M. PiGEOLlET. 

E. J. perdit sa mère presque en naissant ; son père la plaça en nour¬ 
rice chez une femme habitant le voisinage d’un marais des environs de 
Bruxelles ; celle-ci élevait en même temps son enfant, et au bout de 
quelques mois accepta un troisième enfant. A dater de cette époque la 
petite devint malade. Elle avait six mois lorsque M. Pigeollet la vi¬ 
sita. Il la trouva dans un état fort alarmant; an récit de la nourrice , 
l’enfant avait eu d’abord une petite rougeur au cou, présentant une 
élévation dans son centre qui avait blanchi en grossissant; cette tu¬ 
meur s’était ouverte et cicatrisée en cinq ou six jours, en lais.sant s’é¬ 
couler une matière purulente assez épaisse; d’autres lui avaient suc¬ 
cédé, parcourant plus ou moins rapidement leurs périodes , atteignant 
un volume différent, et employant d’autant plus de temps à se cica¬ 
triser qu’elles s’étaient montrées plus volumineuses; quelques-unes 
s’étaient flétries et elfacées sans s’ouvrir; il n’y avait pas eu de fièvre 
très marquée, et l’enfant n’avait pas cessé de prendre le sein. 

Lorsque le médecin la vit ponr la preinière fois, son corps présen¬ 
tait une vingtaine de ces petites tumeurs , les deux plus fortes sur la 
tête et sur le ventre; d’autres plus petites au cou, au cuir chevelu et 
sur les membres; leur volume variait de la grosseur d’une lentille à 
celle d’une forte noix ; elles étaient régulièrement arrondies ; leur cou¬ 
leur était d’un gris blanchâtre, comme nacrée; les plus récent^-s seules 
étaient entourées d’une auréole de couleur rosée ; l’une d’elles, très 
forte, s’était ouverte récemment à la nuque, la peau offrait une divi¬ 
sion de quelques lignes et un décollement d’un pouce; il y avait pi rte 
de tous les tissus jusqu’à l’aponévrose; l’enlant n’avait point de fièvre, 
allait régulièrement à la garderobe , tétait comme d’habitude , et dor¬ 
mait profondément; elle ne jetait des cris que par suite des mouve¬ 
ments qu’on imprimait aux parties de son corps , siège du mal , soit 
en la changeant de linges ou en pansant ses plaies. En somme , l’au¬ 
teur compare le faciès de celte jeune tille à celui des enfants atteints 
de gangrène de la bouche, qui a envahi toute l’épaisseur de la joue, et 
qui presque toujours prennent de la nourriture jusqu’au dernier mo¬ 
ment. 

L’enfant de la nourrice était rachitique et affecté d’un commence¬ 
ment de carreau ; l’autre entant était assez bien portant. Quant à la 
nourrice elle-même, femme de quarante-deux ans, elle ne se nourris¬ 
sait que de légumes et de café léger; elle était dans uu véritable état 
d’épuisement. 

Malgré le changement d’air et de nourrice, malgré un traitement 
graduellement analeptique, le.s collections puiulentes s’euvrirent, sup¬ 
purèrent abondamment, et l’enfant s’éteignit au bout de dix jours. 

M. Pigeollet rapporte une seconde observation analogue. Il trouve 
la cause de ces symptômes dans une hématose imparfaite, résultat' 
d’un air impur; dans un chyle peu réparateur, et s’assimilant des ma¬ 
tières hétérogènes produisani peu à peu l’altération du sang. 

Note sur un nouveau remède astringent tonique très efficace ; 
communiqué par le Dr Pdtégnat, de Lunéville. 


Sur l’inoculation stïbiée; par le docteur J.-B. Dedourge. 

Les frictions et les applications stibiées , cet agent thérapeutique si 
utile, si énergique et si indispensable dans le traitement d’une foule 
do maladies graves, ne laissent pas cependant que d’avoir de grands in¬ 
convénients. Dans l’état actuel de la science, le praticien ne peut à son 
gré, par l’emploi de l’émétique, obtenir un nombre déterminé de pus¬ 
tules , et souvent même l’éruption qu’il veut produire se trouve , ou 
bien beaucoup trop faible , ou bien d’une conflurnee excessivement 
douloureuse, qui fréquemment lui laisse des regrets. C’est pour obvier 
à cet état des choses, et afin de remplir cette tacune thérapeutique, 
que M. Debourge communique tes essais de l’inoculation stibiée qu’il 
emploie depuis quelque temps avec les plus grands avantages, et qu’il 
croit en tout préférable aux deux autres moyçjis généralement mis en 
usage jusqu’ici. 

On prend une pincée d’émétique qu’on place sur une plaque de verre 
et qu’on délaie avec un peu d eau ou d’huile, absolument comme si 
l’on agissait sur du vaccin sec qu’on va employer. On charge une 
lancette de ce mélange, qui doit être un peu épais, et l’on pratique sur 
le lieu d'élection le nombre de piqûres que l’on croit convenable, sui¬ 
vant l’indication qu’on se propose de remplir. Ces piqûres ne taidi-nt 
pas h s’enflammer, et l’inllaniinalion légèrement pustuleuse qui en ré- 
sulle, et qui se dissiperait asse/. promptement si l’on en restait là, se 
transforme bientôt, au rnntraiie, en des pustules qui acquièrent un 
volume d’autant plus considérable que toute leur surface aura été en¬ 
duite plus fréquemment, plus-soigneusement et pei.dant un laps de 
temps plus long, avec une petite quantité de mélange émétisé, soit 
aqueux, soit huileux, dont on- aura fait usage pour leur production. 
M. Debourge se sert, pour cela, d’un pinceau à miniature ou d'une 
très petite spatule de bois, et il réitère malin et soir la petite gpidira- 
tion stibiée sur les pustules, deux, trois, ipiatre ou cinq jour.s, etc., 
suivant l’intensité inflammatoire qu’il veut produire. 

Il est indispensable que toub- la suiface ries pustules soit reconverte 
du mucilage stibié précité , et il est rare qu’on soit obigé de les en¬ 
duire pendant plus de quatre jours. 

De cette mau ère , dit l’auteur, on localise , on dirige à son gré le 
développement rie l’éruption pustuleuse .■■tibiée ; on obtient constam¬ 
ment le nombre de pustules qu’on désire ; il n’en vient jamais pirrs 
qu’on n’en veirt , on ies place à l'eirdroit précis où on les juge cortve- 
nables , on les espace à volorrté , oit leur fait acquérir le degré de dé¬ 
veloppement qui parait nécessaire , et l’un peut très facilement éviter 
aux malades, à moins qu’on ne les juge nécessaires, ces protondes es¬ 
chares qui les font tant sonllrir. 



KEVliB 'rHÈBAÏ»EtJTB«l5UH. 

Fébrifuge de M. Metzinger. 

Les succès qui ont été con.starnment obtenus, depuis plusieurs an¬ 
nées, d’une préparation composée par M. Melzmger et livrée sous for¬ 
me de pilules dans le traltement.des fièvres intermittentes , l’engagent 
à en publier la formule. 

Le ren.ède s’administre ainsi ; six pilules aus.sitôt après l’accès, six 
autres trois heures après la première prise, et une troisième prise de 
six pilules trois ou quatre heure.s avant le retour de la fièvre. L’aciès 
une fois arrêté, le malade continue, mais par deux prises par jour, cha¬ 
cune de quatre pilules , une le soir, une le malin, pendant trois ou 
quatre jours , puis il réduit successivement les prises à trois et à deux 

Cette dose est celle qui convient à une personne d’une buune con¬ 
stitution ; elle sera réduite en raison de l’âge , du sexe et de l’état du 
malade. 

Formule. 


Ce remède, nouveau dans la thérapeutique humaine , est celui de 
Knaup, regardé par plusieurs vétérinaires comme souverain pour la 
guérison de plusieurs blessures de chevaux produites par la selle, le.s 
coups de pied récents. M. Putégnat l’a employé avec succès dans les 
entorses, dans les contusions avec ou sans plaie ou sans ecchymose, 
dans une fracture avec tuméfaction énorme et un vaste épanchement 
sanguin, dans une tuméfaction résultat d’une luxati<jn, dans un éiysi- 
pète de la face, dans deux érysipèles suites de mouchetures sur des 
membres œdémateux, sur l’cedème d’une angiolencite, sur un panaris 
commençant, sur uu ulcère variqueux. 

En voici la composition exacte ; Sulfate de fer, sulfate d’alumine et 
dépotasse; de chaque, 500 grammes; hydrochlorate d’ammoniaque, 
oxyde de cuivre, sulfate de zinc; de chaque, 30 grammes; mélangez 
le tout, et faites fondre à une douce chaleur. On dissout dans un litre 
d’eau tiède, gros comme une noix de cette pierre, et on emploie cette 
solution en en imbibant des compresses, que l’on applique toutes les 
trois ou quatre heures sur le lieu malade. 


15 grammes. 


Quinquina en poudre, 

Sous-carbonate de potasse, a 

Carbonate d’ammoniaque, 2 

Sel végétal, 4 

S Jiifre doré d’antimoine, 2 

Extrait de trèfle d’eau , 4 

Extrait d’absinthe, 4 

Extrait de persil , quantité, suffisante pour une masse pilulaire 
qui sera divisée en pilules de 15 centigrammes. 

Pour les fièvres simples et récentes , il suffira de quelques jours de 
traitement ; mais dans les cas plus graves, pour prévenir les récidives, 
il conviendra d’employer la dose entière de 120 pilules. 

{Journal de Pharmacie.) 


Il est dans quelques circonstances extrêmement difficile ou même 


impossible, d’extraire de l’œil les petits fragments de fer, qui, lancés 
avec violence, s’y sont introduits profondément. Le procédé suivant, 
fondé sur la chimie, est fort ingénieux et parait entièrement efficace. 

M. Douillard, architecte, amena .son fils à M. Guépin , dans le cou- 
rant de 1843. Ce jeune homme avait reçu dans l’iEil une paillette de 
fer qui allait de la cornée au cristallin, en frisant l’iris. Il était impos¬ 
sible de saisir ce corps étranger, et une incision présentait des diffi. 
cultés. M. Guépin imagina le moyen que voici : il prescrivit un collyre 
avec de l’eau distillée et de l’acide acétique , persuadé que si la pail¬ 
lette s’oxydait dans la partie extérieure, l’oxydation se continuerait 
sur sa surface, et la dissolution, ainsi que la résorption de la paillette, 
seraient la suite de l’oxydation. Ses prévisions ne furent pas trompées. 
Au bout de trois semaines la guérison était complète, à cela près d’un 
petit point blanc presque imperceptible sur la capsule, et d’une cica¬ 
trice très peu apparente à la cornée. 

Dans un autre cas, le même moyen a été employé avec succès pour 
faire disparaître une petite quantité d’oxyde de fer laissée dans l’épais¬ 
seur de la cornée par une petite parcelle de ce métal qui y avait fait 
un séjour peu piolongé. {Annales d’oculistique.) 

Tétanos rhumatismal guéri par le sulfate de quinine. 

Un homme âgé de cinquante - deux ans , habitué à dormir sur le 
sol humide, est pris le 8 février 1843 de douleurs des articulations et 
du dos, en même temps que de rigidité des membres inférieurs et de 
tension des muscles abdominaux. Les jours suivants , le malade con¬ 
tinue à rester immobile dans son lit, avec une contracture permanente 
des muscles du tronc et des membres. Le cinquième jour, la mâchoire 
se roidit et le tétanos se déclare. Plusieurs saignes sont pratiquées 
sans succès ; des laxatifs et des purgatifs n’amènent pas de meilleurs 
résultats. Six jours après l’invasion des accidents, on se décide, guidé 
par le mode d’invasion de la maladie , la fièvre et les douleurs vives 
des jointures, à prescrire le sulfate de quinine à la dose de douze déci- 
grammes. La roideur des membres diminue peu à peu sous l’influence 
de ce moyen , qu’on emploie avec persévérance pendant plus d’un 
mois. Au bout de ce temps la rigidité avait disparu successivement 
dans les membres et le rachis, dans lu mâchoire, dans les muscles de 
l’abdomen. {Raccoglitore medico.) 

Topique calmant contre les douleurs hémorrhoïdales, 

M. Piischatt, de Bade, indique comme un excellent moyen palliatif, 
dans les lumeurs bémorrho'idales douloureu.ses, l’huile de semences de 
courge. Ou imbibe un petit plumasseau de charpie , ou mieux encore 
de coton ouaté, avec cette huile ; on l’applique ensuite sur l’orifice de 
l’anus. Cette application doit être renouvelée à plusieurs reprises. 

{Hufeland’s Journal.) 

Traitement des démangeaisons delà vulve. 

Le même praticien combat viclorieusement les démangeaisons, ordi¬ 
nairement si opiniâtres de la vulve par des lotions avec une solution 
aqueuse de borate de soude. Lorsqu’il existe un état congestif des or¬ 
ganes génitaux, on fait dissoudre 4 à 8 grammes de ce sel dans un li¬ 
tre d’eau commune. M. Pitschatt ajoute que dans quelques circonstan- 
cis on peut joindie l’emploi intérieur du borate de soude à son usage 
externe. {Idem.) 


NOUVELLES. 

M. le docteur Fouilloy, chirurgien en chef de la marine à Brest, à 
été promu au grade de sous-inspecteur général du service de ranté. 

M. le docteur Payen, premier chirurgien en chef au port de Toulon, 
remplace à Brest M. le docteur Fouilloy. 

— Ont été nommés chevaliers de la Légion-d’Honneur : 

MM. Calmel, chirurgien-major de 2'’ classe, aux Zouaves. 

Gama, Id. en Algérie. 

Horeau, Id. au 7' lanciers. 

Raichon , chirurgien aide-major de 1'° classe aux chasseurs 
d’Afrique. 

— Emile Chevé commencera l’étude la splanchnologie le samedi 27 
janvier à 4 heures, dans son amphithéâtre, rue de la Harpe, 9o. 

Le mercredi 31 janvier, à 4 heures, il ouvrira un nouveau cours 
d’anatomie. Les cinq premières leçons, qui sont publiques, auront 
pour but l’anatomie en grand et l’étude générale du cerveau. 


PILULES PERRUGINEUSES DE BLAUD, DE BEAUCAIRE. 

Le dépôt général des Pilules de Blaud, médecin en chef de l’hôpital 
de Beaucaire, etc., accompagnées de son cachet et de son certificat, 
est toujours à la pharmacie de M Colmet-d’Aâge, rue Neuve Saint- 
Merry, 12, à Paris. 



BREVET PROLONGE DE DIX ANS, 

A MADAME BRËTOA'. SAGE-FEMME, 

Boulevard Saint-Martin, 3 bis, en face le Château-d’Eau, à Paris. 

Les Bouts de sein en tétine et Bi’uerons de .Hadame BRETON, ex-répéli- | 
eur et chef de clinique à la Maison royale d'accoucheinens, sont les seub * 
[ui aient obtenus des médailles aux expositions de 1827, 1834 et 1839. 
Pour éviter la mauvaise contref.içon, il faut exiger gr-afiv, avec chaqui 
ppareil, l’Avis aux Mères, en 25 pages, qui indi ,ue les soins et alimen: 
lus aux eufans. Les bouta de sein et biberons de .Vla i .me BRETON por ' 
ent son nom. Elle reçoit des Dames enceintes à tout terme de la grossesse- 


OUVRAGE COMPLET. 

S'jorts volumes grand 111-8“ sur deux colonnes. 
PRIX ; 50 FRANCS. 

DICTIOIAIRE DES DICTIOIAIRES 

DE MÉDECINE, 

FBANîÇAlSi EX ÉXBAIVCiEBS, 

Ou IvOiMi tO’KvçVd jiè 'î&.èi.èW'ftè d éut CiVi'vvotqu 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE MÉDECINS, 

Sous la direction du Docteur FABRE. 
L’ouvrage entier forme 8 forts volumes grand in-8‘ 
sur deux colonnes, imprimés sur beau papier raisit 
et en caractères fondus exprès. 

L’ouvrage entier, pour Paris, 50 fr. 

En vente au Bureau de la Gazette des Hôpitaux, 

rue Dauphine, 22-24. 


Breve 


LITddd'MCOLE 

utile aux malades, blessés, infirmes. — Béquilles 
ipparcils à fractures. — Fauteuils mécaniques , cami- 
jole de force , lits en fer de différentes manières. — 

' Yêirlu et location.— Rue Tliéveiiot, 10 


lie Serment dt’ Hippocrate, 

BÉDIÉ A TOUS LES MÉDECINS DE TOUS LES 
TEMPS. 

Prix , 1 fr. — Au Bureau du Journal. 




ILLUSTREE, 

RECUEIL DE SATIRES, 

Par F. FABBSl ( liocéen et Docteur) 

Les deux volumes : Paris, 12 fr. 

Départements, 15 

Ei’ouvrage est complet. 

Paris, au burqau de la Gazette des Hôpitaux, 
rue Dauphine, 22-24. 


Spécialité des Ckocolats Médicinaux. 


M. COLMET D’AAGE, pliarniacien, encouragé par 
la faveur que MM. les Médecins accordent aux produits 
le sa fabrique de chocolats, vient d’établir, à la suite 
le sa pharmacie, des mécaniques en fer poli, une pi- 
lerie à trois pilons et sur pivôt, et une broicrie à trois 
cylindres coniques, et mues par uu manège: elles fonc- 
lioniient tous les jours. 

Aiijourd'liui, il peut combiner en deux lieures tou¬ 
tes espèces de Choculals médicinaux. 

Ces mécaniques résolvent le problème si long-temps 
cherché, propreté d.ms la manipulation des pâter 
exactitude dans le broyage. 

A la pharmacie, rue Neuve St-Merry, n“ 12, à Pa- 

i, ou trouve préparé d’avance : 

1“ Le Chocolat ferrugineux, dont il est le seul pro¬ 
priétaire ; prix eu tablettes, les 500 grammes, 5 fr. 

Par paquets de 3 kilog., 27 fr. 

2“ Pour les enfants, les Bonbons ferruginenx , par 
DÉPÔTS dans les Pharmacies pr 
Exiger la Notice sur 1 


butte. 

Les'six boites. 19fr. 50 c. 

.3° Le Chocolat rafratcliissant au lait d’amandes; 
rix, les 500 grammes, 4 fr. 

Le paquet de 3 killog., 21 fr. 

4“ Le Chocolat analeptique au salep de Perse; 
•ix, les 500 grammes, 4 fr. 

5“ Le Chocolat pectoral, au baume de Tolu; prix, 
s 500 grammes, 4 fr. 

6» Le Chocolal à l’osmazone pour convalescents ; 
prix, les 500 grammes, 5fr. 50C. 

7° Le Chocolat sans sucre ; prix, les 500 gr., 4 fr. 
Avis. M. COLMET-DAAGE accordera à MM. les 
médecins, pour leurs malades chargés de famille, ou 
peu fortunés, et sur une recommandation écrite et .si¬ 
gnée d’eux , une remise de vingt pour cent sur les 
prix de tous les chocolats médicinaux. 

cipales de France et de l’étranger, 

cho.colats médicinaux. 


SIROP 


Pharmacie JOHNSON, à Paris, rue Caumartin, 1. 


POIIVTE:iS D’AüPEROES de ( 

Le rapport de MM. LODIBERT et MARTIN-SOLON à l’Académie royale de médecine, a constaté que ce 
Sirop, fait par Johnson, est efficace dans les Affections nerveuses (asthmes, palpitations), dans les Irritalious 
des organes respiratoires (rhumes, toux, catarrhes). Sa vertu-hicnfaisaiite sur les organes urinaires est notoire. 


WANINIEB père et Comp.» rao IVeuvc-deai-petlts-Cliaiupsi, 28 . 

CHOCOLATS DÏNAMIOCES AC HOCBLON OU AC \0YiR. 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la valeur d’un litre d'inlusion bien chargée. 


PARIS. — IMPRIMERIE BÉTHUNE ET PLON, RUE DE VAÜGIRARD, 36. 





















mardi 25 JANVIER 1844, 


1(17“ ANNÉE.) 


N*. 9. TOME VI. — 2' SÉRIE. 


-- I II -I - I 

Mjw EianceUe W'ram^nim, - 


GAZETTE DES HOPITAUX 


j^e Journal paraît les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

A Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIÏÎES 


Paris, 3 mois, 9_fr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 fr. 
Départ., id. 10 fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 



Sommaire. 

HOPITAUX. — Hôtel-Dieu (M. Rostan). Méningo-céphalite. Cépha- 
"lalaie intense. Rétlexions sur le diagnostic différentiel de la cépha¬ 
lalgie! idiopathique. (Suite.) — de la Charité (MM. Fonquier et 
Gouraud). Afli'Ct'on ga-tro-iiitestinale de nature particulière. Ré¬ 
flexions. — Recherches sur les ulcérations du col de l’ulérus ; par 
m Tanclioii (Suite.) — Revue des Journaux. — Buffcfin médicaf 
de Bordeaux. (Janvier.) Opération de hernie inguinale chez un vieil ¬ 
lard ; étranglement à la partie inféfiëure dii sac. — 'SoÜrndt des 
Connaissances médico-chirurgicales. (Janvier.) Hydrothérapie ap¬ 
pliquée à un épanchement pleurétique. — Nouveau solde des mères 
Jp famille, ou éducation physique, etc. — Revue thérapeutique. 
Traitement de la fièvre hectique des entants par la viande crue. — 
Formule contre les rhagades des orteils. — Nouvelles. — Feuille¬ 
ton. Causeries hebdomadaire.-. 



HOTEL-DIEU. — M. Rostan. 


Uéningo - encéphalile. Céphalalgie intense. — Réflexions sur 
le diagnostic différentiel de la céphalalgie idiopathique. 

( Suite du numéro 6. ) 

Le 7 juillet est entré à rHôtel-Dieu, salle Saint-Jean, n° 4. 
le nommé Eugène Foussard, âgé de vingt-six ans, tisseur, de¬ 
meurant à Paris depuis un mois seulement, malade depuis 
trois semaines environ. 

D’une faible constitution , d’un tempérament un peu lym¬ 
phatique , cependant habituellement bien portant, ce jeune 
homme dit que son père est mort d’une fluxion de poi 
irine ; sa mère est morte également, mais il ne sait de 
quelle maladie. Il a des frères et sœurs qui jouissent d’une 
bonne santé. Il y a trois ans, il a craché du sang tous les ma¬ 
tins en se levant et cela pendant plusieurs mois. Il n’en cra¬ 
che plus maintenant. Il dit avoir toujours élé assez sujet aux 
étourdissements, mais sans jamais avoir éprouvé d’autres 
phénomènes nerveux et avoir perdu connaissance. Depuis 
quatre à cinq mois il est sujet, quand il se fatigue, à une 
douleur qui occupe le bras droit et le gêne , sans cependant 
l’empêcher de se livrer à son travail. 

Actuellement, il est malade depuis trois semaines. Sa ma¬ 
ladie a commencé par une céphalalgie violente ; le malade 
comparait à la pression exercée par un étau la sensation de 
douleur qu’il éprouvait. En même temps, faiblesse dans les 
membres et sentiment de courbature. Un peu de toux et d’ex¬ 
pectoration depuis quelques jours ; intelligence libre , ainsi 
ue les sensations. Pas de bourdonnements ni de tinlements 
’oreilles. Il n’a eu, depuis le commencement de sa maladie, 
ni nausées ni vomissements. Ce mal de tête persistant, et le ' 
jeune homme , qui du reste n’a suivi aucun traitement, n’é¬ 
prouvant aucune amélioration dans son état, il s’est décidé à 
entrer à l’hôpital. 


Le jour de l’entrée, à la visite du soir : visage un peu 
animé, pouls à 72, régulier. Résonnance et respiration nor¬ 
males. Pas de douleurs dans la poitrine. Baite.meiits du cœur 
précipités et palpitations quand il se fatigue et marche vite 
ou monte rapidenirnt on escalier ; quelques frissons ces jours 
derniers : aujourd’hui , état sudoral de la peau ; langue na¬ 
turelle. Anorexie , soif médiocre ; ventre souple , indolent, 
même à une forte pression. Vésicatoire a la nuque. 

Le'9 , ufh ’peu d’appétit ; les'âigésUyns^ font bien; ni 
diarrhée , ni consiipation. Urines et selles normales. Peu de 
toux. Crachats insignifiants. Persistance de la céphalalgie, qui 
occupe la totalité de la tête , sans que le malade accuse une 
douleur plus intense dans un point que dans un autre. Pouls 
à 68-72. Respiration à 16-20. Bains de pieds; un bouillon. 

Le 13, le jeune homme est complètement rétabli, sauf un 
peu de persistance encore de la céphalalgie, mais beaucoup 
moins intense et moins étendue. 

La 15, la céphalalgie ett tout à fait disparue ; le malade se 
sent tout à fait très bien et demande à manger. Une portion 
d'aliments. 

Le 20 du même mois, il demande sa sortie et peut repren¬ 
dre son travail. 

— Quelques mots d’abord sur l’observation précédente, 
puis nous présenterons quelques considérations sur la cépha¬ 
lalgie idiopathique, c’est-à-dire ne pouvant se rapporter à 
aucune cause positive, dont était atteint le sujet dont nous ve¬ 
nons de raconter l’iiistoire. 

Le malade, d’une constitution assez forte au premier abord, 
était évidemment, ainsi qu’il parut à Dl. Rostan, dans un état 
d’anémie ou de chloro-anémie dont on peut facilement cons¬ 
tater les symptômes et auquel sont sujets un grand nombre 
des ouvriers de Paris et des grandes villes, autant à cause du 
travail long et souvent pénible qu’exige leur profession , que 
de la nourriture insuffisante et du défaut d’exercice et d’aéra¬ 
tion. C’est à cet état de chloro-anémie que l’on doit proba¬ 
blement rapporter la pâleur habituelle du sujet et quelques 
phénomènes nerveux qu’il présentait lors de son entrée à 
l’hôpital, tels que les palpitations, l’oppression, etc. 

Les étourdissements dont il dit avoir été affecté au com¬ 
mencement de son indisposition dépendaient - ils d’une affec¬ 
tion cérébrale ? Evidemment non. Jamais on n’observa, ni 
avant son entrée, ni pendant son séjour à l’hôpital, ni engour¬ 
dissement, ni paralysie, ni contracture des membres. A peine 
un sentiment de courbature, de faiblesse générale, propre à 
toutes les affections aiguës, et aussi à un grand nombre d’in¬ 
dispositions éphémères qui se dissipent sans aucun traitement. 
Nous ferons encore observer que noire malade ne fut jamais 
sujet à aucune espèce d’accident nerveux sérieux, et principa¬ 
lement depuis le début de sa maladie, n’éprouva pas de perte 
de connaissannee. Une légère douleur dans le bras droit, pro¬ 
bablement rhumatismale, le malade nous ayant dit travailler 
auprès d’une fenêtre, et s’exposer assez souvent à un courant 


d’air, ne pourrait sans erreur être prise pour un phénomène 
de phlegmasie encéphalique, et confondue avec les contrac¬ 
tions tétaniques et les contractures des membres déterminées 
par la méningite. D’ailleurs elle n’eût pas, si elle eût dépendu 
d’une cause phlegmasique , duré aussi long-temps sans s’ac¬ 
croître ou sans diminuer, et elle n’aurait pas constitué un 
symptôme isolé. 

Puis les phénomènes généraux étaient tout à fait nuis. Le 
pouls ne dépassa jamais 68-72. L’intelligence était libre, 
nette, toutes les sensations distinctes. Il n’y avait aucune agi¬ 
tation, aucun symptôme de délire , etc. Quelle était donc la 
nature de l’affection à laquelle on avait affaire? C’était une 
simple céphalalgie idiopathique. Et maintenant, quelques mots 
sur un phénomène si commun, et qui peut quelquefois en im¬ 
poser pour une affection cérébrale. 

La céphalalgie est un symptôme que l’on observe dans la 
plupart des maladies aiguës. Cependant, souvent aussi, on a 
l’occasion de rencontrer des cas où la céphalalgie, comme 
dans le fait qui nous occupe , ne peut se rattacher à rien de 
positif, a aucune lésion , soit dans l’appareil respiratoire ou 
circulatoire , soit dans l’appareil digestif. On est forcé , pour 
en trouver l’explication, de se rejeter sur une céphalalgie ner¬ 
veuse, et quelque difficile que cela paraisse au premier abord, 
on est cependant obligé de l’admettre. 

Encore qu’il soit pénible de se contenter d’un pareil dia¬ 
gnostic, il ne faut pas néanmoins le rejeter, parce que l’on ne 
peut l’expliquer. Disons eu passant, à ce propos, que lorsque 
nous ne pouvons en médecine rattacher un symptôme à rien 
de sensible et de certain, nous sommes en général portés à 
dire qu’il est nerveux. 

Or, qu’est-ce qu’un symptôme nerveux? Si nous ne pouvons 
lui trouver aucune cause déterminante appréciable, à ce phé¬ 
nomène, est-ce à dire pour cela qu’il n’en ait aucune? Nulle¬ 
ment; nous devons seulement nous contenter de dire qu’une 
altération matérielle existe bien certainement, mais qu’elle 
nous échappe dans l’état actuel de nos connaissances. 

Un assez grand nombre d’espèces de céphalalgies ont été in¬ 
diquées et décrites par les auteurs. Sans vouloir entrer dans 
les détails circonstanciés de chacune de ces variétés, indiquons 
les principales en quelques mots. 

La céphalalgie peut dépendre d’une pléthore excessive ou 
d’un état anémique bien prononcé. Dans le premier cas, une 
douleur sourde, partielle ou générale, le plus ordinairement 
frontale, accompagnée souvent d’un état de torpeur et d’en¬ 
gourdissement , se montre d’une manière plus ou moins ra¬ 
pide chez des sujets très sanguins affectés d’une mairie chro¬ 
nique organique du cœur, ou qui ont eu dans un temps plus 
ou moins éloigné des affections cérébrales. L’usage des bois¬ 
sons alcooliques en excès, des préparations opiacées, toutes 
les circonstances enfin qui favorisent l’afflux du sang vers le 
cerveau, et la stase de ce fluide dans les vaisseaux peuvent dé¬ 
terminer cette forme de céphalalgie. Pour les symptômes quj 


UMÆtÆtÆTOJV. 


CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

Le Haschich. — Une prédiction qui s’accomplit. —’Uiie dame docteur 
en médecine.— L’homœopalhie tombée en quenouille.— Les soeurs 
de charité et madame Hahnemann. — La femme Huet et la police 
correctionnelle. — Les médecins plaidant au civil. — Nouveau tour 
des biographes. — Un accident de cabriolet habilement réjiaré. — 
Acquisition de bronzes et excision des amygdales. — Une citation 
pour le rédacteur en chef. 

A tout seigneur tout honneur. Je finissais mon dernier article par 
nn fait relatif à une demoiselle, ce qui était peu galant ; je commen- 
mencerai celui-ci par un fait qui coiiceine une dame, ce qui me re¬ 
mettra probablement en bonne grâces aupiès du sexe.— En l’an 1843 
de défunte mémoire , un cliirurgien célèbre, un professeur éminent 
d’une éminente faculté, publia uu livre intitulé le Haschich , livre 
qui, sous sa forme biblique et apocalyptique, n’est autre chose qu’un 
recueil de prophéties pour l’année 1943. Ce .livre — voyez le mauvais 
goût du siècle — ne lit pas grand bruit. Quelques amateurs seulement 
le placèrent dans leurs bibliothèques auprès des curiosités bibliogra- 
Pliiques, et moi, par exemple, tout â côté des célèbres prophéties de 
h’ostradamus, dont je possède un exemplaire rare, propliélies qui vi- 
lent le jour sous le même ciel et dont l’auteur fut aussi médecin de 
la même faculté. Or, dans ce livre du Haschich, que les indifférents 
et les incurieux ont passé sous silence, ou trouve, entre autres choses 
Bon moins singulières, la prophétie suivante : «En 1943 l’éducation 
des femmes aura subi de nombreuse.s amélioralions, et beaucoup au¬ 
ront reçu le grade de docteur en médecine. » Eh bien, cher lecteur ! 
Toilà que la prophétie du Haschich se réalise ; voilà que les temps 
prédits arrivent, que la transformation s’opère, voici, en un mot, un 

docteur en médecine femme !. Vous vous écriez et vous dites -. 

Cest un conte chinois ou des lies Marquises que vous allez nous ra¬ 
conter. Non, monsieur, c est en France que la chose se passe ; c’est 
» Paris, dans le plus beau quartier de la capitale et en l’an de grâce 
1844. Vous en voulez la preuve ? la voici : 

hans son numéro du 12 janvier dernier, le journal l’Estafette, 
cprès avoir aussi rappelé la prophétie du Haschich, ajoutait ; « Nous 
• pouvons citer une femme qui a donné dès aujourd’hui l’exemple à 
" tout son sexe ; ce n’est point une obscure somnambule, complicè de 
‘ quelque charlatan , c’est un docteur véritable, docteur qui paraît 
Suvoïc hérité du titre que portait son mari, en vertu de l’article du 


» Code civil, qui donne à la veuve certaine part des biens du défunt 
» époux. Nous avons eu entre les mains une carie de visite sur la- 
« quelle on lit ; Madame Hahnemann, docteur en médecine homœo- 
» pathique. A la bonne heure, voilà qui est clair et net. Que penser, 
» après cela , de mademoiselle Lenormand , qui avait eu la faiblesse 
» d’écrire sur ses cartes; Mademoiselle Lenormand, libraire, rue de 
» Tournon l » 

Jusque-là vous pourriez dire que ce n’est qu’un bruit de jourual, 
qu’une nouvelle sans probabilité et sans ressemblance , qu’un de ces 
puffs adroits dont les lecteurs inexpérimentés n’aperçoivent pas la mè¬ 
che. Mais je ne m’aventure pas en étourdi, et quand je vous ai parlé 
de preuves, c’est que j’en possède en effet, et de tontes la plus pé¬ 
remptoire ; car, habemus confitentem reum, comme disait l’orateur 
romain. 

Deux ou trois jours après la publication de l’article que nous ve¬ 
nons de lire, le même journal reçut et inséra la lettre que voici ; 

A Monsieur le Rédacteur. 

Paris, le 13 janvier 1844. 

« Je vous remercie d’avoir, dans votre numéro d’Iiier, fait connalire 
au public que Madame Hahnemann est docteur en médecine homceo- 
pathique, ce dont jusqu’à ce jour ses amis avaient seuls connaissance. 

1) Mon titre de docteur, beaucoup plus hunorable pour moi que ne 
le serait celui d’une principauté, n’est pas, comme vous l’avancez 
sans connaissance de causes, un héritage du docteur Halinemann. Ce 
titre , je l'ai mérité par mes travaux; et il m’a élé attribué par 
un diplôme exceptionnel (tout ceci est souligné dans le texte), que 
j’ai reçu d’une académie ayant droit de me le donner, et dont les 
membres sont les premiers médecins liomaiopalhes du monde après 
Hahnemann. 

i> Pour une femme , il est tout aussi convenable d’éfre médecin que 
soeur de charité. La différence n’existe que dans le plus d’inslruction 
et de capacité. 

» Je vous prie, Monsieur, et au besoin je vous requiers d’insérer 
ma lettre, telle qu’elle est, dans votre plus prochain numéro. 

» Marie Haunemann. » 

Dans cent ans, lorsque la prédiction du Haschich aura reçu son en¬ 
tier accomplissement, ce précieux autographe se vendra cent louis. Je 
dois dire cependant à messieurs de l'Estafette que madame Haline- 
manii n’est pas la première docteur eu médecine. Ce litre fut aussi 
conféré par une univer.silé d’Allemagne, ce qui n’est pas tout à fait la 
même chose qu’une académie , et surtout qii’uoe académie d’homoeo- 
patiies, à une femme moins ambitieuse dans ses prétentions, qui n’en 


exerça pas pour cela la médecine générale, mais qui se contenta d’être 
le premier accoucheur de son époque , d’écrire des livres qui sont de¬ 
venus classiques, ce qui néanmoins ne peut être mis en comparaison 
avec les travaux qui ont mérité à madame Hahnemann le titre auquel 
elle ajoute une si grande importance. De plus, il y a quelques années, 
une autre dame se pré:enta inirépidement aux examens de la Faculté 
de Paris, et voulait à toute force obtenir un diplôme. M. le doyen, 
avec tous les égards et toute la politesse qu’on lui connaît pour les 
dames , fut cependant forcé de refuser ce candidat en jupes , ce qui 
donna lieu, dans le temps, à une polémique assez drolatique. 

Quoi qu’il en soit, madame Hahnemann est donc docteur en méde¬ 
cine, et cela par diplôme. Voilà donc l’homœopathie tombée en que¬ 
nouille. Ce n’est pas mon métier d’éveiller la susceptibililé de mes¬ 
sieurs les gens du roi sur l’exacte régularité de ce parchemin, sur l’exis¬ 
tence légale d’une académie d’honiœopalhes qui aurait le droit de con¬ 
férer des diplômes de docteur en médecine même à des dames, ce qui 
parait aussi fabuleux et mythique que l’homceopatbie elle-même ; ce 
n’est pas mon affaire de rechercher si tout cela est bien en règle avec 
le Code pénal , ce que je désire de tout mon coeur. Mais, madame et 
très honorée consœur, — car le mot confrèresse n’est pas français — 
je ne peux laisser passer cette assimilation que vous voudriez établir 
entre les dames médecins et les sœurs de charité. D’abord, les sœurs de 
charité ii’exerceiit pas ou ne doivent pas exercer la médecine. Ensuite 
jusqu’à ce que vous nous prouviez que, comme ces saintes filles, vous 
n’avez qu’un mobile, la charité , qu’un but, le ciel; que, comme leurs 
soins, les vôtres seront dégagés de tout intérêt terrestre et matériel ; 
que, comme ces nobles âmes, on ne vous verra que sous le chaume et 
jamais dans les lambris doiés ; que , comme elles, vos pieuses et tou- 
cbantes consolatioiis ne s’adresseront qu’à l’indigence, jusque-là, ma¬ 
dame , permettez-moi de remarquer seulement. que les sœurs de 

charité ne font pas courir de cartes de visite , et n’écrivent pas de ré¬ 
clames dans l’Estafette. 

Nous avons vu depuis quelques années bien des scandales, bien 
des misères , bien des ridicules à propos de.s femmes. Heureusement 
que le bon sens public a préservé nos femmes et nos filles de la conta¬ 
gion delà femme fière, des prédications insensées sur le cojnmwn'isme 
matrimonial, sur ces appels immoraux à l’émancipation des femmes , 
de ces risibles tentatives à l’endroit des académies féminines ; il nous 
était réservé de voir quelque chose de plus comique encore , c’est la 
tête des femmes coiffée du bonnet doctoral. Cette coiffure vous va mal, 
madame ; charitablement je vous en avertis. Restez femme , croyez- 
moi , c’est-à-dire gracieuse. Ne cachez pas voire noire et ondeuse che¬ 
velure sous cette ignoble toque ; que les contours charmants de vos 
formes n’aillent pas s’ensevelir sous une disgracieuse souqueüille ; que 
votre bouche adorable ne grimace pas les mots barbares de notre art, 
elle est faite pour un plus doux langage. Et puis, voyez ! ma frayeur 
















- 36 — 


l’accompagnent, ce sont lous des phénomènes de congestion , 
l’injection de la face, la force, le développement et la vibrance 
du pouls, des éblouissements, des tintements d’oreilles , etc. 
L’usage des émissions sanguines , des laxatifs, des dérivatifs 
puissants aux extrémités inférieures, constituent le meilleur 
mode de traitement que l’on puisse conseiller. Dans le cas 
précédent, et qui a donné lieu h ces quelques réflexions, le 
traitement a àc à peu près nul. Il l’a été complètement sous 
le rapport des émissions sanguines; te seul moyen un peu 
énergique que l’on ait mis en usage , a été un vésicatmre à la 
nuque; niais remploi des révulsifs cutanés dans les aueclions 
nerveuses est chose fort comniune, et dont oh ne doit point 


setonner. 

De plus, aucun phénomène de pléihore on de congestion ne 
é’éSt fait remarquer ; et mêiiie , la constitutioii du sujet, bien 
que dè force ûiby'eiiiié ; ne comportait pas l’existence d’utiê 
céphalalgie de cétté natüre , lé malade étant, lious l’avons dit, 
un péù anémié par un travail excessif et par une aliniehtaiioii 
probablement insuffisante et mal appropriée, comme celle dé 
là plupart des ouvriers des grandes villes. 

Nous venons de dire que s’il o xiste une céphalalgie déter¬ 
minée par une pléthore excessive , line autre variédé du mê¬ 
me symptôme considéré isolément et comme constituant une 
maladie particulière, pourrait dépendre d’un état ariemiqüe 
excessivetiient àvàhcé. L’étàf dans lequel était tiotre sujet n’é¬ 
tait pas de nature à expliquer séiil la violence , la persistance 
de la céphalalgie qui fut observée dahs ce cas. Peut-être de- 
vràit-on té considérer comitie une prédisposition ; mais il est 
à coup sûr impossible de là i apporter à lui seul. D’ailleurs , 
il est racé que la céphalalgie anémique, si nous pouvons nous 
exprimer ainsi, survienne auli’ement qu’après des hémorrha¬ 
gies abondâmes. C’èst, dii reste , dans ce cas , une sorte de 
céphalalgie nerveuse, et qui démonirè chaque jour la vérité 
de ces deux semences bien âncietines et bien vraies: Sauguis 
frenat neri’os . Sanguis nèn’onim moderaior... .. Celte cé¬ 

phalalgie par anémie h’èsl jârhâis Simple. Elle s’accompagne 
toujours de vertiges, d’éiourdfesements, d’éblonissenients, dë 
tintements d’oreilles , d’un trouble plus ou moins prononcé 
dans les fonctions intellectüellés ét sc hsoriales, tous phénomè¬ 
nes que l’on n’a point constatés chez notre sujet. C’est par une 
alimentation substantielle et tonique, et parun traitement coh- 
veùablemcnl dirigé selon les mêmes principes, que l’on par¬ 
vient à dissiper ces symptômes Céphalalgiques. 

Nous passerons sous silence, en nous contentant de les rap¬ 
peler pour mémoire, les formés de céphalalgie dépendant 
d’iine phlegmasie aiguë, quelle qü'elle soit, cas dans lequel, 
outre lés renseigneraènts tirés de l’examen de l’organe mala¬ 
de, on a pour sé guider encore la réaction fébrile , tout à fait 
nulle chez notre stijet ; nous ne parlerons pas davantage de 
celles qui sont symptomatiqnes d’tihe dégénérescence du cer¬ 
veau ou de sès enveloppes, ou d’unè âltératioh de la boîte os¬ 
seuse , et hüiis arriverons immédiatement à l’exarilèn rapide 
de la céphalalgie dilè nerveuse essentielle, et de la céphalalgie 
névralgique. 

La céphalalgie névralgique se développe le plus souvent sous 
l’influence d’affections tiioràles vives, de travaux longs et fati¬ 
gants, de veilles prolongées, du froid , et cette dernière caose 
pourrait la faire rapprocher de cette foriue que l’on à homtiiéé 
céphalalgie rhumatismale. Dans là céphalalgie névralgique, on 
remarque habitiiellemetil, éotiime ptiilcipâl syriiptônie , une 
douleur vive s’irradiant jusqü aux dernières ramificâtions d’un 
nerf, survenant soit avec uiie rapidité extrême et d’une ma¬ 
nière instantanée, soit périôdiqüemehtou par paroxysmes sur. 
venant à intervalles plus ou moins réguliers. Dabsence de 
tout Symplôtiie névràlgiquê thei le malade qui fait le sujet de 


en est grande... Ces jours passés, on jugeait à là CTiànitire une pau¬ 
vre femme, la femme Huet, bien connue dans le faubourg Saint-Ger¬ 
main. Comme vous, madame , elle voulait faire de la médecine, n 
elle ne s’élevait pas, comme vous, au rang sublime de sœur de cliar 
Elle disait aux juges : Que voulez-vous que je fasseP Ces braves gens 


— en pailânt denses clients — 'vieiineut me demander conseil ; je les 
guéri.s, et vms voulez les empêcher de me témoigner leur reconnais¬ 
sance ! Tout service mérite récompense. Les juges, peli attendris, n ont 
pas entendu de cette oreille-là , et la fenime Huet a été impitoyable¬ 
ment condamnée à l’amende et même à la prison. A la prison , mada¬ 
me I .. Et si le parquet, envers vous inflexible, allait vous faire asseoir 
-sur ce banc infamant de la 6» Cbambre?... O hnmœopatine ! O Sa¬ 
muel , que dirait ta grande âme, si , polir Ion malbtur, rappelé à la 

Et mon Dieu 1 notre profession est-elle donc si lucrative qiiel.e 
doive tenter jusqu’aux ambitions féminines? Non , mille fois non. Le 
jour où l’on jugeait la femme Huet à la sixième chambre, on plaidait 
au civil la cause d’un de nos conîrèies contre un de ses clients. Ce 
confrère , que je connais beaucoup , est tout ce qu’il y a parmi ru 
de pur, d’honnête, d'honorable. Il avait rendu à sou client un de ^ 
services que l’argent seul ne paye pas, il l'avait rappelé plus qu à 
la vie, il l’avait rappelé à la raison. Ce client était riche et sa maladie 
avait été fort longue, avait exigé des soins assidus, dés déplacements 
fréquents, des perles de temps considérables. Notre confrère demande 
2400 francs pour ses honoraires. Le client se récrie , refuse d’allouer 
cette somme et propose ingratement celle de 600 francs. A son tour 
le confrère s’indigne et actionne son ingrat débiteur devant le tribunal 
civil Or, savez-vous ce qu’a accordé le tribunal ? J’ai douleur et 
honte de le dire ; il a alloué 800 bancs 1 II est vrai que les bomœo- 
pathes, mâles ou femelles, n’ont pas ces inconvénients à craindre ; ils 
se font prudemment payer d’avance, ce qui ne les txpose pas à subir 
•les chicanes et l’ingratitude des clients. 

— Je parlais dernièrement des biographes et de leurs manœuvres 
tendant à soutirer le plus possible des imprudents conbères qui se 
laissent prendre à leur gUi. Mon avertissement a porté ses fruits, 
mais en même temps il m’a fait connaître un nouveau tour de leur 
façon que je me garderai bien de ne p^s porter à la connaissance de 
mes lecteurs. Un de ces jours un entrepreneur de ces biographies se 
présenta chez un de nos confrèies haut placé. Vainement il épiiisi 
toutes les ressources de son éloquence commerciale, le confière fut 
inaccessible à ses offres séduisantes. Deux jours après il reçut s 
enveloppe une notice manuscrite sur son compte, où, comme cela 
dit communément, il était abymé. L’entrepreneur lui disait cependant 
qu’il le laissait libre de faire tous les cbaiigements qu’il jugerait né¬ 
cessaires. Notre confrère ne répondit mot. Alors revint 1 eiitreprenenr, 
demandant son manuscrit. Notre confrère n’a pas voulu le rendre. On 


notre observation, nous prouve que telle n’est point encore la 
céphalalgie dont nous cherchons à déterminer la nature. ! 

Nous arrivons donc, et par voie d'exclusion, h ia céphalal¬ 
gie nerveuse simple , idiopathique , ne reconnaissant a'ucunc 
cause matérielle appréciable, consislanl principalement en une 
douleur vive, inlolérâhle, pariiculièremenl fixée à la région 
frontale au-dessus des sourcils, et caractérisée par un senti¬ 
ment de resserrement, de conslriction fort pénible, et continu. 
D’ailleurs, aucun trouble dans aucun autre organe ne dénote 
un état de malaise ou de souffrance autre que celui que nous 
venons de signaler. Le repos . quelques légers révulsifs cuta¬ 
nés dans les cas où la douleur se prolonge , suffisent toujours 
pour dissiper cet état, qui ne présente jamâis aucun danger. 

C’est à un état céphalalgique de celte dernière nature que 
nous avons eu affaire dairs le cas qiiè nbhs avons ratonté plus 
haut, comme l’ont démontré cl l’ensemble des phénoniènes 
résultant de l’aciïon des autres organes de l’économie, elle 
traitement p u complexe sous l’influence duquel celte douleur 
s’est dissipée. L’importance qui résulte pour le pronostic et lé 
traitement, du diagnostic précis de la céphalalgie et de sa dis¬ 
tinction des autres affections cérébrales , a seule pu nous dé¬ 
terminer à faire ijiivre de réflexions aussi longues un cas qui 
paraissait au premier coup d'œil de la plus grande simplicité 
ét du plus médiocre intérêt. C’est pour le même motif que 
nous avons cru devoir le mèilre eu regard d’un cas de ménin- 
go-encéphalile dans lequel on a observé le symptôme cépha¬ 
lalgie, comme phénomène prédominant. D’’ A. F. 


HOiPlTAL DE LA CHARITÉ. — M. FOUQDIER. 

M. Gouraud, suppléânt. 

Jffection gaslro-intcstinale de nature particulière ,— 
'Réflexions. 

Au 11“ 18 de la spllé Sâidt-Charles, nous avons un homme 
de quarante-cinq ans, chapelier, d’une constitution faible, ou 
affaiblie par des excès de boisson et nne ivresse habituelle 
dcjtuis trois ans. Cet homme nous présente une maladie fort 
remarquable sous plus d’un rapport. Adonné , comme nous 
disions, à la boisson, depuis trois ans il était ivre au moins 
deux fois par semaine, et depuis deux mois cliviron il 
sè trouvait dans un état d’ivresse presque continuel, en 
rendant, disait-il, tous les alirnènls qu’il prenait, tels qu’ils 
les ingérait daiis l’esiomac un moment après les avoir pris. 

Il entra dans l’hôpital le 18 du mois de novembre. A notre 
première visite , nous trouvâmes que la région épigastrique 
était médiocrement douloureuse à la pression ; le ventre était 
flasque, mou , ne présentant aucune difformité remarquable. 
Il n’y avait pas de soif considérable, pas de vomissements ; le 
pouls était faible, non fébrile ; l’impulsion du cœur petite avec 
ün peu de souffle. L’aspect général du malade était pâle, ché¬ 
tif; celui de l’anémie. H était évident que rivrogiïerie chez 
tet homme avait déterminé une diarrhée abondante ayant 
lieu presque immédiatement àptès l’iiigestioii des aliments, et 
avec une faiblesse consécutive considérable. 

On a commencé par le mettre à la diète et à l’usage de bois¬ 
sons rafraîebissantès. Nous avons examiné le lendemain de son 
entrée les nialières eXcréraeniiiielles. Nous avons trouvé tous 
les éléments d’une diarrhée bilieuse, mais non pas une liente- 
rie véritable; il y avait h peine quelques débris d’aliments. 
Aü reste, comme le malade n’avait pas mangé le jour précé 
dent, il est possible qu’il h’y eût guère d’aliments dans l’iii- 
teslin. Peu après nous lui permîmes quelques tasses de bouil¬ 


lon froid, qu’il supporta assez bien; ensuite nous l’avons ali¬ 
menté un peu plus, et graduellement nous l’avons amenéii 
manger les trois quarts. Nous insistons particulièrement sur 
Cette cii’conâiancë, dont vous comprendrez la valeur bientôt. 

Qu’est-ce que cette diarrhée que notre malade a pré. 
semée avec les caractères que vous connaissez? C’esiune 
diarrhée assez commune chez les ivrognes, et qu’on peut ap. 
peler à bon droit gastrique à cause de sa dépendance de l’es¬ 
tomac. C’est une diarrhée qui ne tient pas à une affection oa 
état morbide particulier des intestins, mais à une disposiiia]) 
ou état spécial de l’estomac; ce n’est doue ni une entérite, 
ni une colite, ni une entéralgie , mais une affection gastrique, 
aiorgagni avait déjà signalé particulièrement cette espèce de 
diarrhée qui se manifestait peu de temps après l’ingestion des 
aliments, et par conséquent sous l’influence d’un état particu, 
lier de l’organe de la cliimification ; il l’appelait lui aussi, jj 
je rie me trompe, gastrique. Elle se dislirigrie assez facilemeiij 
par plusieurs caractères, 1“ parce qu’elle a lieu ordinairement 
peu de temps après les repas. Ceci n’arrive pas toujours ^ \\ 
est vrai ; quelquefois un certain espace de temps s’écoule en- 
trel’iiigesliori des aliments et l’évacuation diarrhéique, et alors 
pour bien caractériser la nâlure de l’affection , il faut èxaâii. 
lier attentivement le mode dont s’accomplit la digestion sto. 
macale; il faut interroger avec soin le malade sur ses antécé- 
dents, et après beaucoup de tâtonnements on arrive enfla j 
former un diagnostic exact, et à bien baser la ihéiapeutique 
qü’on doit suivre. - . * 

Celle diarrhée pent être de nature différente, tantôt inflani- 
niatoirc, tantôt nerveuse , et quelquefois anéoiique. Elle est 
inflammatoire quand l’estomac se trouve dans un état d’hyper- 
sthénie plus ou moins prononcé, et qu’il y a conséquemment 
ce qu’on appelle gastrite. Cette affection cependant, qu’on re- 
gardait comme si commune dans ces derniers temps et surtout 
à l’épociue de Broussais , est reconnue maintenant assez rare, 
Il y a un étal de l’estomac connu sous le nom générique de 
dispepsie, qui tient à une foule de circonstances particulières 
dans lesquelles l’esloniac peut se trouver, et qui consiiiueni 
pour cela plusîeûrs espèces de dispepsles. No'ns ne voulons pas 
enirer liiaiiitenarit dans cellé question qui est passabletnew 
embrouillée ehcore et que iioüs tâcherons, s’il est possible, d’é¬ 
claircir un peu dans une autre occasion ; nous avbris Seulement 
voulu appeler sur ce point votre altènlioii , et vôtrs inviter i 
rie pas confondre entre elles des afféciioris différentes. 

Notre malade évidemment n’â pas une gastrite, Câr la doit- 
leur à la région épigastriqdé est peu considérable, èt les lô- 
missemeiits brit été presque nuis ; la larigtie est pâle , largn, 
humide, la soif modérée, et la chaleur de la peaû très ped 
marquée, sans fièvre ; or, ce ne sont pas là les caractères sons 
lesquels se montre l’état inflammatoire de l’esiomëc, qtiiit 
distingue principalement par des vomissements fréqüents, pat 
une douleur vive à lâ preSsion sur l’éjiigâstrè , par nne langiit 
ronge, une soif ardente et une réaction fébrile cbnsidérablé. 

Il ÿ a tm moyen d’établir un diagnostic différentiel enlrt 
ces affections de nature opposée, donné pâr un thédedn trap¬ 
piste, principalement pour distinguer là gastrite de la gastral¬ 
gie. Cet observateur prétend que lorsqu’il y â urie inüamnia- 
lion de l’estomac, en admiuiStrànt ân triâliide des alihiènlsSi) 
nature animale, ils serbiit mal supportés, et donneront lies i 
des vomissements, oOjioor le moins à des ôppress'ioris eidiffi-’ 
cubés de digésiiori très grandes ; tandis que ceitè alitaenlàtiba 
animale sera birii tolérée et conviendra même dans les CaSié 
simple gastralgie. Il est bien vrai aussi que les estomacs affec¬ 
tés de ces états morbides dits gastralgiques sont très câpricieili, 
et que souvent ils digèrent parfeitemeiil aojôurd’hni les ili- 
menis qu’ils trouveront demain de digestion difficile. Rlâlglé 


l'a menacé d’un jirocès ; tant mieux , a-t-il lépoiiilii, je ne demande 
nas mieux que d’édifier la justice Sur de tels jirocédés. L affaire en 
est là. S’il y a procès, en effet, il sera curieux. Toujours esî-il 
qu’on doit louer notre confière de celte résolution hardie et cuura- 

^ — Un de ces jours passés , le cabriolet d’un chirurgien bien connu 
hiûlait le pavé de la rue Chapon. Or, la rue est étroite, et le cabriolet 
renversa un pauvre oiiviier chargé de bronzes, de dorures, et d objets 
d’art, dont les fabriques sont situées dans ce quartier. L’ouvrier eii fut 
quitte pour la peur, mais non les objets qu’il portait, et que la cliule 
avait pins ou moins eiidominagés. Le chirurgien décline son nom et 
son adresse, en offrant le prix du dégAt que la rapidité de son cheval 
venait de commettre. Il prend lui-même l’adresse du fabricant, et, en 
bommè adroit, il se présente à lui comme un acheteur. Combien ces 
vases? de quel prix ces flambeaux, ces bronzes, ces rocailles? Bref, 
il commande pour mille francs, promet de faire prochainement des ac¬ 
quisitions plus nombreuses, et avoue alors la mésaventure de la rue 
Chapon Le fabricant alfriaiidé par cette première commande , n eut 
garde de vouloir exiger le prix des objets endummagé.s. Ça se retrou¬ 
vera avec autre chose, dit-il au ehiriirgien, qui , lui serrant la main , 
lui dil; Au revoir. Qnelques jours après, en effet, le chirurgien revint, 
toujours sous prétexte de bronzes, et après avoir longuement examine 
les produits de !a fabrique, il se retourne brusquement v-ei» le fabri¬ 
cant en lui disant; Comme votre voix est rauque aujotirdbm ; est-ce 
que vous ne souffrez pas?— Pas le moins du monde ; jamais je ne me 
suis mieux porté. — C’est étonnant, on dirait flue vous avez un em¬ 
barras dans la gorge. Voyorls un peu votre houclie ; ouvrez bien, encore. 
Ob citl ! que vois-je? 'Vosamygdalessoiiténormément hypertropbiétis ; 
vous courez le frlus grand risque dè suffocation , mon ami ; l’excisioii 
est indispensable.— Il me semble, en effet, dit le fabricahl épouvanté, 
que depuis quelques jours j’avale plus dilflcilenient. Vous croyez donc 
qu’il faut enlever quelque chose?- Il y a la plus gi’ande urgence, reprit 
le tbirmgien, le plus têt ne sera que le mieux. 

Le lendemain, en effet, le chirurgien enlevait au fabiicanl ses 
amygdales plus ou moins hypertrophiées et après l’opération le malade 
disait au chirurgien ; De combien, monsieur, vous suis-je redevable P 
— Mon ami , c’est mille francs. Je vous les dois pour mes derniers 
achats, parlant nous sommes quittes. 

Et voilà comme vn homme habile peut toujours reparer, sans que 
rien lui en coûte et même avec bénéfice, les accidents causés jrar la 
rapidité de son cheval. 

— Monsieur le rédacteur en chef de ce journal, vous ôtes trop mo¬ 
deste , c’est moi qui vous le dis. Je trouve dans un journal de Paris 
un article qui vous concerne , it vous n’en dites rien ? Je n al pas vos 
raisons pour gard»i>i^TrB«ice, et je copie sans commentaire, puisqnè 
vous le vouleÿ®I®i^l^qites insérées dans le dernier numéro de 



la Clinique des Hôpitaux des enfants : 

» Ce ne fut donc pas sans surpri.se que nous lûmes dans la '.Gaietli; 
médicale im long article où M. Guérin s’efforçait , par d’ingéniem 
commentaires , de s’étourdir et de donner le change sur la honte i*' 
sa défaite. Jusque-là on l’avait plaint, et l’on pouvait encore pardo 
iter de dernier débat à |■bütlmlC et au savant qui se sentait succomta 
si misérablement dans irnobiiterù il s’était engagé d’une manieii 
si fatale ; mais quelle fut notre nouvelle surprix quand irons ap. 
que M. Guérin venait d’iuteijeler appel. Son tiiumnbe , les applaudis¬ 
sements qu’il s’élait donnés, les actions de grâces qu’il avait adressée 
aux juges , lotit cela s’élait converti en lamentations, en plaintes 3» 
re», et puis en imprécations,; car danf Je trouble et la confusion oul( 
jette l’isolement qui s’est fait autonr de lui, M. Guérin ne jrousse plil 
que des cris de désespoir, il ne voit jrlus que dr s eunemis partout 
« Vous êtes mon ennemi, et mon ennemi implacalile », dit-il dans un 
lettre ; et celte lettre à qui est-r lie adressée ? à l’honorable rédacteur 
de la Gazette des Hôpitaux. « Âyei au moins, lui dit-il, le couiajt 
» de l’être ouvertement ; et ne car lit z pas sous le manteau d’un laià 
» libéralisme les armes déloyales avec ie.'qiielles vous m^tfaquez. 

» Nous félicitons, au nom de la presse, M. lé docteur Fabre, daTOil 
contenu son émotion et d’àvuir su répondre avec dignité à ceitè grau 
injure. M. Fabre est connu pour avoir toujours eu le courage de sel 
opinions , et il ne convenait pas à M. Guérin de profiter de.la W 
position où il s’est placé, et où l’on ne peut pas iiiairquer lie générosili 
à son égard sans insuUer à Soii trialheur, pour faire une seinblablepr»' 
vocation. Si M. Guérin voulait trouver quelqu’un qui ne respecfUtp» 
sa triste position , pour se mbux poser ensuite en victime , M. Guen» 
eu sera pour la honte d’avoir si hiàl choisi eu jetant ses vues s"''™’ 
notable rédacteur de iz Gazette des Hôpitaux. 

» Nous voudrions qtie M. Fabrè trouvât dans hos paroles une coD!' 
pensatrou à l’injure qiiè voulait lui adresser M. Guérin, et qui nepM’ 
vait l’atteindre. 

» M. Guérin ne peut s'en prendre qu’à lui de ses malheurs. Dansi 
feuilleton delà Gazette médicale, il demande un tribunal scienlilii|"?i 
des commis-aires scientifiques, a Et pourquoi pas, dit-il, si leslnl"’ 
» naux ordinaires ne srilfiseiit pas et sont d’une incompétence stérile'! 
Et il ajoute : « Cette idée ne peut manquer d’être ridicule, pe"' 
» qu’elle est insolite. » Elle est ridicule, parce que le tribunal scie»; 
tiflque que vous demandez , parce que les commissaires scienliDgcy 
que vous désirez existent. Il ne tenait qu’à vou-s d’avoir des juge»! 
l’Académie de médecine ; vous eussii z été jugé par vos pairs. Pourq» 
ne l’avez-vous pas voulu ? quels étaient vos motifs ? s 

» En vérité, on ne comprend pas l’esprit de vertige qui pousse ai», 

„i„c on nihu à Sa notio Une iiitelliuence aussi remarauable queW' 
















- 37 ~ 


cela le nïôyeh proposé par le médecin trappistè peut être mite, 
employé ^''ee 'es réserves convenables. Ainsi, par exempte , 
DUS savons, d’après les derniers travaux des chimistes, prin- 
"i jgmcnt de M. Bouchardal, que les graisses, parmi les ali- 
Jeiits animaux, se digèrent toujours fort mal par les estomacs 
I, peu susceptibles ; car ce dernier chimiste a prouvé que ces 
substances exigent pour être digérées l’action de la bile, et par 
conséquent c’est au delà de l’estomac , dans la partie de l’in¬ 
testin où te bile se jette, qu’elles sont digérées. 11 faut donc 
commencer par écarter jes graisses des substances alimeutai- 
ces animales, avant de méitre en pratique le moyen expéri¬ 
mental de diagnostic dont nous venons de parler; on pourra 
alors arriver à quelque résultat. C’est pour cela qu’en admi- 
nistrânl aux malades du bouillon froid, qui du reste est géné¬ 
ralement bien supporté par les estomacs les plus paresseux, 
il faut auparavant le dégraisser. 

En partant de ce point de vue , nous avons donné à notre 
malade quelques tasses de bouillon froid qui passa très bien, 
sans donner lieu ni h vomissemenis, ni à diari-hée après l’in- 
gestion, De cette manière, peu à peu te diarrhée s’est éloignée 

du moment des repas, et est devenue presque nulle. On voit 

posilivcmenl que l’estomac fuuclionne plus régulièrement et 
on est porté à croire, l’hypothèse de toute gastrite étant écar¬ 
tée, qu’on triomphera complét'cmpi’ildè cette maladie. 

 ce régime sévère nous arons ajouté l’usagé du fer à l’in¬ 
térieur comme mOyèû tonrqüe 11 astringent à la fois. Cette 
■substance me semble n’entraver nollement tes fonctions de l’es- 
oroàc, au contraire , l’appétit paraît augmenter, et la diges- 
ion se régularise ; c'est encore là une raison pour ne pas ad¬ 
mettre l’existence d’un état inflammatoire, car dans cette 
hypothèse tes préparations martiales seraient supportées diffi¬ 
cilement. ^ _ 

Le malade continua à aller mieux ; mais il.n était pas encore 
précisément dans son état normal lorsqu’il voulut sortir. Le 
régime un peu sévère auquel on l’avait soumis, surtout sous 
le rapport des boissons alcooliques, lui parut trop désagréable, 
èt pour cela il y a tout à craindre que ce malheureux , rentré 
chez lui, et revenu trop tôt à sou genre de vie habituel, ne 
retombe dans le même état morbide. 


Recherches sur les ulcéraliont du col de Cutérus; par SI. le 

Tanchoü. 

(Suite du numéro prétédent.) 

Deuxième classe. 

Ulcérations, 

La vraie et légitime curation des ul¬ 
cères consiste en la correction et l’amen¬ 
dement de la cause antécédente, et en 
l’ablation de la cause conjointe. 

(PiGRAï, page 407.) 

On sait que la membrane muqueuse qui revêt l’orifice et la 
cavité du col est dépourvue d’épithélium. Du moins ce der¬ 
nier, s’il existe, est tellement fin, qu’on en peut nier l’exis¬ 
tence. Lorsqu’une irritation quelconque s’est établie en cet 
endroit, soit à la suite de l’accouchement, comme cela a lieu 
si souvent, soit par le contact d’un, écoulement irritant pro¬ 
venant de la cavité du col utérin ou des trompes, soit enfin 
par toute autre cause, l’érosion s’y trouve en quelque sorte 
naturellement formée, mais elle ne larde pas, en raison de la 
iiature spongieuse de celte partie, à se couvrir de bourgeons 
charnus: c’est une ulcération. Celle dernière diffère donc de 
l’érosion parce qu’elle a, comme tes plaies suppurantes, de 
véritables bourgeons charnus ; elle est à l’érosion ce qu’un 
vésicatoire en suppuration est à un vésicatoire volant. 

L’érosion règne plus particulièrement au pourtour de l’ori¬ 
fice, sur les parties saillaiiies des lèvres ; i’nlcéraiion se déve¬ 
loppe pre.squc toujours dans l’orifice lui-rtiêrae. 

La première présente une surface légèrement chagrinée, 
d’un rouge-vif pointillé de gris, très sensible au tact ; la se¬ 
conde a un aspect tomateux, inégal, d’un rouge plus foncé et 
uniforme; elle est presque toujours insensible au toucher. 
L’une sécrète un liquide ténu, jauhâire, tandis que l’autre 
donne lieu à une véritable suppuration. 

§ I" Ulcération simple. Supposons que la cause qui a pro¬ 
duit rulcératiüii ait disparu, et que l’organe soit resté dans 
les conditions tes plus normales ; nous aurons te maladie dans 
sa plus grande simplicité, dépouillée de toute espèce de coiii- 
plicaiion, et donnant lieu à de si légers syiiiptômés ^ne te 
plupart du temps tes femme ne s’eu douteront pas ; tel est le 
cas suivant. 

Troisième observation, — Ulcération simple sans cause 
connue. 

Le 1" mai 1839, une demoiselle âgée de irentè-six aiis, 
n’ayant point eu d’enfants, vint nous prier de l’examiner au 
spéculum. Elle avait une leucorrhée peu abondante ; mais à 
part cela, sa santé était excellente, tes règles venaient réguliè¬ 
rement ; point de douteurs dans les organes génitaux ni aux 
alentours. Celte femme avait eu des relations sexuelles à l’âge 
de dix-huit ans, et c’était depuis cette époque qu’elle perdait 
en blanc. Elle n’avait d’autre motif de se faire examiner que 
l’accusation qui lui avait été faite d’avoir transmis un écoule¬ 
ment. 

Le vagin était très étroit, mais sain ; le col se présentait 
dans l’état le plus normal, si ce n’est à son orifice, où existait 
une ulcération de la largeur d’une pièce de cinquante celiroes, 
granulée, d’un rouge uniforme, saignante au loucher, parfai¬ 
tement indolore. La matrice était d’ailleurs dans une position 
naturelle et parfaitement saine. 

Je louchai la surface de la plaie avec le nitrate d’argent, à 


quelques jours d’intervalle, et elle se cicatrisa assez promple- 
lemeni. , , , , 

On découvre ainsi dans le monde, sur beaucoup de lem - 
mes, des ulcérations dont rien ne révèle l’existence, si ce 
n’est un écoulement médiocre ; ulcérations qu’elles por¬ 
tent toute la vie sans s’en apercevoir, si des causes fortuites 
ne tes amènent pas à se faire examiner. C’est dans ces sortes 
de cas que tous les ihoyens réussissent. Il suffit, en effet, de 
remener la plaie aux conditions propres à la cicatrisation eti 
excitant modérément sa surface pour en obtenir te guérison. 
Et pour cela tous les caustiques sont également bons; mais le 
nitrate d’argent solide doit être préféré comme le plus com¬ 
mode. , 

Qüelquefote tes femmes sont portées à se faire examiner 
pour des maladies qui coexistent avec rulcération, mais dont 
celle-ci est indépendante, 'compie dans le cas suivant. 

Quatrième observation. — Ulcération simple avec cysiocèlc 
vaginal. 

Madame D... , âgée dé vingt-trois ans, vint réclamer mes 
„„ins te 2 mars 1839, pour un cyslocèle vaginal que son méde - 
cin traitait infructueusement depuis plus d’un an. Cette affec¬ 
tion lui était restée des suites d’une couche; elle s’était dissi- 
j)ée par suite du repos au lit gardé pendant plusieurs mois 
consécutifs, mais elle avait reparu à la suite d’une longue course. 
Le diagnostic en était facile; car une tumeur arrondie , dé- 
pressible, confondue à sa base avec tes parois du vagin, faisait 
saillie à l’orifice de la vulve, et on pouvait se convaincre aisé¬ 
ment qu’elle était formée par te paroi supérieure du vagin que 
la vessie poussait en avant. Le bec d’une sonde introduite dans 
la vessie, venait aboutir dans cette tumeur. 

En examinant tes parties an spéculum , je découvris sur le 
col une ulcération arrondie , située h l’orifice du col et plus 
parliculièremcnl à sa lèvre antérieure, de la largeur d’une 
pièce de vingt sous. Des bourgeons charnus avaient une rou¬ 
geur vive et claienl plus volumineux qu’ils ne te sont d’habi¬ 
tude dans ces sortes de cas. La cicatrisation s’en opéra au 
moyen de quelques cautérisations assez profondes et je pus 
me convaincre alors du peu de sympômes inhérents à celle 
solution de continuité, car tes souffrances de la malade restè¬ 
rent absolument tes mêmes après la guérison. 

L’ulcèraiion simple, telle que je viens de la décrire, ne fait 
naître aucune sympathie morbide ; elle n’est point doulou¬ 
reuse , et il est rare qu’elle donne lieu à un engorgement de 
la matrice ; enfin elle n’a aucune tendance à se terminer d’une 
manière fâcheuse. Mais on conçoit qu’une multitude de cir¬ 
constances peuvent en dénaturer la forme, l’eiiffammer, lui 
communiquer un aspect fongueux, rongeant, etc. ; dç là l’as¬ 
pect varié qü’ellè présente souvent, et dont on a à tort fait au¬ 
tant d’espèces différentes. 

§11. Ulcération consécutive à. la vaginite. La cause de l’ul- 
céraiion n’est pas toujours passagère ; elle accompagne sou¬ 
vent le mal aptes l’avoir produit, et, de cause déierminaiiie 
qu’elle avait été d’abord, devient cause d’entretien.'YeWa est la 
vaginite, qui, par un mouvement de reptation, se propage 
souvent de ia vulve au museau de tanche jusqu’à l’intérieur 
de la matrice et même des trompes. Cette maladie peut être 
assurément considérée comme une cause fréquente et très 
opiniâtre de l’ulcéraiion du col, si on réfléchit que l’inflam¬ 
mation ne peut guère pénétrer dans l’orifice de l’organe sans 
s’y transformer en phlegmasie ulcéreuse, en raison de la tex¬ 
ture anatomique de celle partie. 

Les ulcérations consécutives à la vaginite sont, en général, 
d’une assez grande opiniâtreté, non pas que leur nature nous 
ait jamais semblé différer au fond de celle des autres, mais 
bien parce qu’elles persistent tant qu’on n’a pas éteint la vagi¬ 
nite, qui est elle-même une maladie difficile à gnérir. 

Los personnes peu versées dans l’étude des maladies uléro- 
vaginales confondent facilement tes symptômes produits par la 
vaginite avec ceux qui sont propres à rulcération. Celte der¬ 
nière nè donne lieu encore ici qü’à des phénomènes obscurs, 
et lès souffrances que les malades accusent, appartiennent 
réellement, soit à l’inflammation de te muqueuse du vagin, 
soit à la congestion qu’elle excite dans les parties voisines, et 
surtout dans le corps de l’diérus. Quelquefois néanmoins, la 
surface de rulcération jouit d’une sensibilité très vive ; mais 
on peut regarder te fait comme exceptionnel : il est très rare, 
et je ne l’ai observé jusqu’ici que sur des femmes hystériques, 
dont tous les tissus de l’appareil générateur sont doués d’une 
susceptibilité nerveuse anormale. Le fait suivant est surtout 
remarquable. 

Cinqulèîne observation. — Vaginite aiguë avec ulcération du 
col. Symptômes hystériques. Guérison par les pansements 
astringents. 

Madame B..., rue du faubourg Saint-Denis, n° 180, âgée 
de vingt-neuf ans, a eu quatre enfants qui ont tous succombé 
peu de temps après leur naissance. C’est^depuis le dernier, il 
y a deux ans, que sa santé s’est altérée. 

Malgré tes apparences d'une bonne santé, l’embonpoint et 
la coloration des chairs, celle dame, dont la constitution est 
forte, se plaint de souffrir cruellement. Elle a un écoulement 
jaunâtre très abondant, non glaireux, qu\ ne h quitte pas, 
même pendant tes règles, et dont le contact lui brille les cuis¬ 
ses comme un acide, La vulve est le siège d’une douleur cui¬ 
sante, rongeante, augmentée par la fatigue, le passage de l’u¬ 
rine et la proximité des règles. Un serrement douloureux dans 
la région épigastrique; la sensation d’une boule qui monte à 
la gorge et y produit un sentiment de strangulation ; des étouf¬ 
fements, des coliques et des contractions désordonnées du 
tube digestif; une chaleur brûlante dans la peau, bien que 
celle-ci conserve, au toucher, sa température naturelle ; à te 
moindre contrariété, des attaques hystériques avec convul¬ 
sion deà niuscles de la fâcé, Immobilité, anbëlâtibn, etc. ; tel 


est le tableau que celte dame nous traça de sés souffrances 
lorsqu’elle se présenta au Dispeosarre, vers la fin de l’année 
1838. 

A l’cXanien dés parties, nous trouvâmes 1 orifice vulvaire 
d’ün rouge foncé, douloureux an moindre contact, hérissé de 
caroncules volumineuses et enflammées. Le vagin était lellè- 
meut èo'BtràcIé qu’il nous fut difficile d’introduirp le spécu- 
lutti ; sà inembraue muqueuse était phlogoséé èt eudurte d’une 
matière pnrifornie Verdâtre ; te col volumineux, arrondi et 
uniforme ; sa sui'îàce rouge, tendue et lisSe; son orificè était 
occupé, dans l’espace d’uhe pièce de trente s6as, par uïre ül- 
cératidn d’uii aspect fongueut, saignant abondamment au 
contact. 

En présence dé souffrances aussi forlès et aussi générâtes 
chez une femme qui offrait quelques apparences scorbutiques, 
je supposai que te maladie du vagin et celle du col, qui n’en 
était qu’un résultat, étaient sûus l’influehce d’un état géné^ 
ral de l’économie, je prescrivis, en conséquence, un régimé 
fortifiant et des anti-hystériques unis aux plantes crucifères, 
dont là malade ne retira point de soulagement. C’eW qUe j’a¬ 
vais pris l’effet pour te cause; et plus tard j’eus d’aiitrés bi^ 
casions de me convaincre que, chez d’autres femmes dbtit re 
système veineux très développé, est uni à une grande sUsc^- 
tibililé nerveose, les vaginites tiennent la matrice, les ovaires 
et tes tissus adjacents dans un éiàt permanent d’engorgement 
sanguin, d’où réAultent des sympathies organiques et relatifs 
exirêmemenl variées et un éiàt presque continu de souffrances 
hystériques. C’est uii argument en faveur de l’opinion qui 
place te siège de l’hystérie dans l’organe utérin: Les ulcérâ- 
lions du col, quand elles sont seules, ne produisent jamais de 
semblables désordres, ce qui provient sans doute de ce que 
cet organe n’a pas de relations aussi directes que le vagin avec 
les veines abondantes qui enveloppent tes organes dû bassin 
d’une espèce de trame. Après d’autres essais infructueux, tes 
saignées, tes sangsues, tes cautérisations du col, les bains, les 
injections au nitrate d’argent, etc., je sonmis la malade à des 
pansemenis journaliers au moyen d’une éponge fine imbibée 
d’un liquide fol lement astringent et introduit à derhèure dans 
le vagin. Quelques jours de ce Iraitcmeiil amenèrent une âihfé- 
lloraiion leltement sensible, que la malade put se considérer 
comme guérie. Le vagin n’éiail plus cnflàinttré, les sbntfraiiroas 
générales avaient disparu, et l’ùlcëration ëlüit cicalHsêè. rèu 
de temps après survint tné rècliiite dont oii se rciidit mMlre 
par le même traitement. Madame B... a en depuis un enfaiit 
qui à succombé comme les autres peii de tèùips après sa baiS- 
sancè. . ^ ^ - 

Puisque nous n’avons à considérer ici qne l’ùlcâ'atiôn, nbns 
devons faire remarquer que sa surface était extrêmement dou¬ 
loureuse. La cautérisation était suivie d’une grande sensibilité 
dans tout l’organe utérin, et même d’attaques hystériques. Les 
bourgeons charnus du col étant naturellement insensibles, on 
ne peut expliquer cetié particularité que par réiai hystérique 

de la malade, état qui se communiquait à la peau qui n’était 

point malade, et à plus forte raison aux tissus affectés d’une 
sensibilité moi bidè; Quant à l’aSpcct fongueux de te plate, il 
était dû à l’inflammation violente qui renaît dans toutes ces 
pariies. , 

Sans vouloir entrer ici dans de grands détails sur tes pan¬ 
sements vaginaux dont nous avons dajà parlé plusieurs fois, 
nous devons cependant les faire connaître ; c’est ce que nous 
ferons en quelques mots. 

On sait que deux surfaces irritées s’enflamment par le con¬ 
tact; on sait aussi que le produit de ces surfaces, qûând il 
n’est pas libre ènlièreniènt de s’écouler, ajoute encore à la 
cause; nous avons pensé que, pour le vagin par exemple, il 
était urgent de' distendre légèrement ses parois et d’absorbw 
la sécrétion qu’ils forment. Nous obtenons facilèraèirt ce ré¬ 
sultat avec des tampons de charpie ou de colon, avec qhe 
éponge qu’on trempe dans une décoction astringente, par 
exemple. Les pansemenis pulvérulents nous ont réussi dans 
celte circonstance (les vaginites ebroniqoes), non-scnlement 
parce qu’ils éloignent tes parois du vagin, mais encore parce 
qu’ils présentent à la surface dès li?sus malades des médicâ- 
menls susceptibles de les modifier. _ • 

Ce traitement est également applicable à l’ulcéraiion qnts’y 
rattache ; ces deux affections guérissent simultanément lors¬ 
qu’on commence par traiter la première. Mais oh commet 
souvent des erreurs de dîâgnosliè par suite desquelles, l'ulcé¬ 
ration étant regardée comme i’atreciioii principale, c’est con¬ 
tre elle que sont dirigés les iiioyens thérapeutiques. On voit* 
alors l’ulcéraiion résister à tous les moyens, ou récidiver si on 
parvient à la cicatriser. Mais une fois la vaginite dissipée, il suf¬ 
fit, pour obtenir la cicatrisation de rulcération, d’en aviver 
la surface par tes caustiques. 

Ou ne saurait trop se pénétrer, dans le cas dont il s’agit 
particulièrement, de cène idée, que l’ulcération du colpib- 
prement dite ne donne lieu qu’à des phénomènes obscurs, et 
qu’il ne convient de la considérer que comme affection secon¬ 
daire ou symptomatique. C’est un fait dont on a pu se con¬ 
vaincre maintes fois lorsque l’ulcération a persisté après la gué¬ 
rison de la vaginite; circonstance qui arrive presque imman¬ 
quablement si, après avoir dissipé te pblogose de la surface 
muqueuse, on ne ramène pas celle de la plaie à des conditions 
favorables par de légères cauiérisations. On voit alors que tes 
souffrances des malades se sont dissipées, et qu’elles sè croient 
guéries malgré la présence de l’ulcéralion. En voici d’ailleurs 
üii exempte. 

Sixième obsèrVàlion. — Vaginite ’sur-aiguë avec ulcération 
de l’orifice du col. Pansemenis astringents. Guérison. 

Dans le courant de 1839, une dame italienne, âgée de 
trente trois ans, vint au Dispensaire me consulter pour un 
écoulement qui te tourmentait beaucoup. Elle était enceinte 
de huit mois, et malade depuis le commencement de sa gros- 















— 38 - 


sesse. Il était donc évident qu’elle avait reçu le gernae de la 
maladie en môme temps que celui de son enfant. Les circons¬ 
tances n’étant pas propices, nous l’adressâmes à la Bourbe, et 
ce ne fut qu’un an après que je la revis. L’accouchement s’é¬ 
tait fait naturellement, mais la maladie avait persisté malgré 
un séjour de trois mois à Lowcine. 

Nous trouvons les parties dans l’état suivant : Vulve rouge 
et excorié en divers endroits, vagin phlogosé , très contracté 
et également excorié par places ; ulcération^framboisée à l’o¬ 
rifice du col. Toutes ces parties étaient exti^mement doulou¬ 
reuses et abreuvées d’une sécrétion puriforme abondante ; il 
s’écoula une assez grande quantité de sang par l’examen. 
Quant aux symptômes , ils appartenaient à la vaginite ; et il 
nous suffira de dire qu’ils étaient assez forts pour empêcher 
la malade de se livrer à ses occupations : elle était cuisinière, 

Traüement. — Introduction dans le vagin ( au moyeu du 
spéculum plein) d’une éponge fine imbibée d’une forte décoc¬ 
tion de noix de galle , renouvelée tous les jours ; injections 
avec le même liquide. 

Les premiers pansements furent douloureux, mais au troi¬ 
sième jour l’inflammation et les douleurs commencèrent à 
décliner , et au dixième il n’y avait plus de vaginite. Cepen¬ 
dant l’ulcération persistait, ses bourgeons charnus avaient ac¬ 
quis un volume considérable et il fallut d’assez profondes 
cautérisations pour les déprimer ; enfin elle se cicatrisa. 

Les souffrances de cette malade s’étaient dissipées avec la 
vaginite , et malgré la persistance de l’ulération , la guérison 
dernière n’avait même produit aucun changement. C’eût donc 
été à tort qn’on lui eût attribué une part des souffrances. 

Ces observations, que je pourrais multiplier infiniment, 
pronvent d’une manière évidente : 

1“ Que la plupart des ulcérations qu’on observe sur le col 
utérin sont sans importance ; cependant qu’il y en a qu’on 
doit surveiller ; 

2° Que ces ulcérations pour la plupart guérissent très bien 
par un moyen quelconque qui en modifie la surface ; 

3“ Que ces ulcérations ne tiennent pas toujours seulement 
à l’éiat de la membrane locale générale , mais bien à l’état 
morbide de tout le vagin ou des tissus sous-jacents ; 

4° Que c’est alors à une nouvelle série de moyens qu’il 
faut avoir recours , et que parmi ceux-ci les pansements hu¬ 
mides ou pulvérulents tiennent le premier lieu ; 

5° Enfin , qu’il est des affections dans lesquelles les diffi¬ 
cultés disparaissent quand on s’en occupe sérieusement ; mais 
espérons qu’il en sera de même dans les maladies du sein, par 
exemple , dans lesquelles nous démontrerons qu’on pratique 
aussi des opérations graves qu’on peut très bien éviter. 



REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE. 

Bulletin médical de Bordeaux. ( Janvier 1844. ) 

Opération de hernie inguinale-scrotale chez un vieillard de quatre- 
vimjt-un ans. Siège de l'étranglement à la partie inférieure du 
sac. Guérison ; par le docteur Eugèue Bermond. 

Un homme âgé de quatre-vingt-un ans, portant depuis l’âge de dix 
ans une hernie iîrguinale scrolale , jusqu’alors facilement réductible, 
fut pris tout à coup pendant la nuit du 9 septembre 1843 , des sym¬ 
ptômes ordinaires de l’étranglement. Après quelques essais infiuclueux 
de taxis, lé malade est soumis â diverses prescriptions dans l’ordre 
suivant : lavecent purgatif avec six grammes follicules de séné, potion 
avec soixante grammes huile de ricin et deux gouttes huile de croton 
tiglium, un bain aussi prolongé que possible, auquel succèdent de deux 
heures en deux heures des onctions avec l’onguent mercuriel bella- 
doné , combinées avec l’application de cataplasmes sur la tumeur. 

Le soir et le lendemain , et malgré un traitement plus énergique , 
les symptômes se sont aggravés et M. Bermond se décide à faire l’o¬ 
pération. 

L’incision de la peau, pratiquée d’après les règles ordinaires, dépasse 
en haut l’anneau inguinal et s’arrête en bas au léger sillon que pré¬ 
sente la tumeur. Son étendue est d’environ douze centimètres. Après 
la division des couches crllulo-fibreuses sous cutanées, le sac, facile¬ 
ment reconnaiséâhie, est incisé dans toute la longueur correspondante 
à la plaie tégumentaire. Aussitôt les intestins, mis en libellé , déve¬ 
loppent leurs anses ; il ii’y a pas d’épiploon. Le doigt, se fr.iyant un 
passage vers l’anneau inguinal, reconnaît bien vite qu’il est ddaté au 
lieu de former un cercle de constriction ; il arrive même que pendant 
des efforts de toux il laisse échapper de nouvelles anses d'intestin. 
D’où venaient donc l’irréductibilité et les phénomènes d’étranglement P 
Presque dominé par la pensée d’une méprise , l’opérateur se met eu 
devoir de faire rentrer l’intestin hernié, pendant que la pulpe de l’in¬ 
dicateur gauche, obturant en partie l’anneau , s’oppose à la sortie de 
nouvelles anses. Mais la réduction se trouve singulièrement entravée 
par suite d’un obstacle dont il ne peut d’abord se rendre raison. 


Après avoir inutilement cherché des adhérences , M. Bermond finit 
bientôt par s’apercevoir que la portion du sac où se terminait en bas 
l’incision , et à laquelle correspondait le sillon extérieur , est occupé 
par un large diaphragme fibreux, dont le centre a livré passage à une 
petite anse d’intestin qui s’y trouve étranglée. Un coup de ciseaux fend 
cet orifice fibreux à bords fililormcs, et aussitôt la petite anse e.st dé¬ 
gagée de l’arrière-cavité où elle était clandestinement emprisonnée. Sa 
vive injection indique que c’est elle seule qui a souffert dans l’espèce 
de double fond du sac où elle était incarcérée. Le point où s’arrkait 
brusquement l’injection avait médiocrement souffert de la constriction. 
Rien ne s’opposant plus à la réduction, elle s’est opérée à travers 
l’anneau avec la plus grande facilité. L’opération en elle même n’a 
pas duré plus de dix minutes et a été courageusement supportée. Au 
trentième jour la cicatrice était parfaite et le vieillard pouvait se pro¬ 
mener dans la cour de l’hospice. 

Journal des connaissances médico-chirurgicales. (Janvier 1844.) 

Hydrothérapie appliquée à un épanchement pleurétique. 

Le 5 juin 1842 , dit M. B iumgartner, je fu.s appelé à traiter une 
pleuiésie avec un épanchement considérable chez un homme sanguin 
et robu.sle , âgé de cinquante-quatre ans. Deux saignées furent faites 
dè.-i les jiremiers jours, puis on attaqua l’épanrhement par les diuréti¬ 
ques et les sudorifiqiie.s, mais sans succès. Au bout d’un mois, le pouls 
était aux environs de 100 ; je proposai l’hylrolhérapie comme moyen 
d’entraîner l’épanchement par lés .sueurs. Le docteur Herpin, qui était 
consulté avec moi sur l’état de ce malade, et qui avait l’expérience de 
ce tiaitement, l’accepta. Nous commençâmes, le 6 juillet , par entou¬ 
rer les jambes et les avant-bras seulement de linges mouillés d’eau 
froide et bien exprimés, puis tout le corps dans plusieurs couvt riures 
de laine exactément serrées, en l’attachant à peu près comme un bal¬ 
lot, et nous le recouvrions d’un ou de deux lits de plume. Là on le 
laissait trois heures de temps , en faisant boire nn verre d’eau froide 
toutes les demi-heures. Bientôt nous mimes le corps entier dans un 
drap mouillé; enfin nous su|>primâmes celui-ci, et nous nous conten¬ 
tâmes d’enroubr le corps et les membres bien exaiti-ment dans des 
couvertures de laine, à nu sur la peau. Ce dernier procédé amena les 
sueurs les plus abondantes; deux matelas eu étaient traversés. Eu 
sortant de ce bain de vapeur, le malade était rapidement épongé d’eau 
Iroide, essayé avec vivacité ; puis il rentrait dans son lit ordinaire. Il 
prit une douzaine de séances, et nous rûme.s beaucoup de peine à le 
faire aller jusque-là; il ne put cependant alléguer antre chose, sinon 
l’extrême ennui de cette longue immobilité et de celte chaleur. Il fal¬ 
lut bien, de guerre lasse, y renoncer, à notre grand regret. Le fait est 
qu’il n’était point guéri ; mais dans le cours de celte longue maladie, 
qui a duré quatre mois et demi et qui s’est terminée fatalement, jamais 
le malade ne fut mieux que pendant ce traitement. Le pouls descen¬ 
dait jusqu’à 92, même pendant le moment de la sueur, qui ne l’accé¬ 
lérait nullement; l’appét't n’était pas mauvais, les symptômes d’aus¬ 
cultation étaient stionnaires, il est vrai. Le mal empira dès qu’on eut 
cessé ce traitement. Le pouls allaft toujours en s’accélérant, et nous 
nous sommes reproché de n’avoir pas fait violence au malade et dp 
n’avoir pas mis plus d’obstination à continuer. 

Je fais connaître ce fait pour établir, sinon l’efficacité curative 
(quoique je sois loin de la nier), du moins l’innocuité de ce traitement, 
et cela dans un de ces cas où on semblerait devoir le plus appréhen¬ 
der son emploi. 

Nouveau guide des mères de famille, oit éducation physique, mo¬ 
rale et intellectuelle de l’enfance , basée sur l’organisation, etc. ; 

par le docteur Maire (du Havre). Un vol. in-8“. Paris et le Havre; 

1843. 

Cet ouvrage est déié aux mères. L’auteur a voulut les aider dans les 
pieux devoirs qu’elles ont à remplir. Il prend l’enfant dès l’instant où 
il a vu le jour, et sa sollicitude ne rabandoniie plus qu’à sa septièu>e 
année. Il partage ce temps eu trois époques principales ; la première 
comprend de la naissance à l’apparition des premières dents, huit mois 
environ ; la deuxième , du commencement à la fin de cette première 
dentition, c’est-à-dire, de l’âge de huit mois à deux ans et demi, à 
peu près. Enfin la troisième époque part de ce dernier point et finit à 
la septième année; elle est divisée elle-même en deux fractions par la 
naissance du phénomène moral le plus important, la raison. 

La pr. mière époque est spécialement et presque uniquement consa¬ 
crée à réJuCdlioii physique; la deuxième comprend les éléments de 
l’édncation morale; la troisième s’occupe notamment de rinstriiclion. 
Mais comme la nature ne s’asservit pas dans sa marche progressive 
aux divisions scholastiques, l’auteur n’en déduit pas que chacune d-i 
ces époques a son éducation spéciale, loin de là; il revient, par exem¬ 
ple, à l’occasion de la troisième é poque, à des préceptes hygiéniques 
ou moraux , parce que , en même temps que l’intelligence "se forme, 
le corps se développe et les passions surgissent. 

L’auteur a cherché à ne rien omettre, à tout prévoir, à tout calculer, 
persuadé qu’en pareille matière les plus petites choses peuvent avoir 
les plus graves conséquences; ainsi, depuis la composition de la layette 
du niMiueau-hé , depuis les jouets qui conviennent à chaque époque, 
jusqu’aux procédés les plus ingénieux pour enseigner la lecture, l’écri¬ 
ture, etc. , rien n’a été omis. L’auteur, quoique médecin , a été sobre 
de remèdes. Il fait à cet égard sa profession de foi. Il ne connaît qu’une 
médecine simple et difficile tout à la fois , pour le très jeune enfant. 
D’une part, dit-il, il faut peu de médicaments à d’aussi frêles organi¬ 
sations; d’autre part, c’est une étude par trop difficile pour une mère 
de bien interpréter le langage des organes malades. Qu’elle s’en rap¬ 
porte au médecin qu’elle honore de sa confiance, c’est un conseil d’ami 
qu’il lui donne à l’avance. 

Nous possédons déjà d’assez nombreux traités sur cette matière ; 


mais nous devons dtre que nous n’en connaissons aucun d'aussi coui. 
plet, qui réunisse à un aus.çi haut degré les qualités du médecin , 
l’instituteur et du philosophe, triple condition indispensable à ces sor. 
tes d’ouvrages, et qui doit placer celui de M. le docteur Maire au rang 
des productions véritablement utiles et dignes de tout l’intérêt du 
public. 


RMVUS 'l'nÉBAPËtJ'i'lQliB. 

Traitement de la fièvre hectique des enfants par la viande crue, 

M. le docteur ’Weisse avait traité depuis plusieurs mois un enfant 
âgé de douze mois, amaigri comme un squelette, pour une diarrhée 
colliquative. Un jour la mère de l’enfant demande an médecin s’il nj 
consent pas qn’on donne au petit malade de la viande crue. Le docteur 
se rappelant les bons effets que le docteur Habersang disait en avoir 
retiré dans les maladies hectiques, y consent, sauf à en défendre l’u. 
sage si la diarrhée augmentait. 

Le lendemain, M. "Weille fut fort étonné en-voyant l’enfant mâcher 
avec avidité un morceau de viande toute saignante. Mais comme l’au- 
teur remarqua ensuite des restes non digérés de la viande dans les sel- 
les, il ordonna de donner à l’enfant, trois fois par jour, une bonne 
cuillerée à soupe de viande crue hachée en trè.s petits morceaux, ce 
qui fut bien digéré. Au bout de quelques semaines l’enfant, qu’on 
avait cru perdu, fut complètement rétabli. 

{Zeitschrift fuer die Gesanmiie, etc.) 

Formule contre les rhagades des orteils. 

M. Herschmann vante les bons effets de la pommade, dont la for¬ 
mule vient ci-après, contre les gerçures {rhagades) qui surviennent 
aux orteils. On sait que ces gerçures, qu’on rencontre à la surface in¬ 
terne des orteils, et qui sont entourées d’un cercle rouge, accompagnées 
d’une sécrétion sanieuse, s’observent à la suite de la syphilis secon¬ 
daire. Ces gerçures sont fort douloureuses ; les malades passent les 
nuits dans l’insomnie , dépérissent visiblement, sans fièvre. Dans des 
cas, lieurcusement rates, la gangrène peut survenir, et sans un traite¬ 
ment antisyphiblique énergique, le malade perdre un orteil après 
l’autre. Or, pour dissiper les douleurs et pour cicatriser prompte¬ 
ment ces g-'rçures , M. Herschmann n’a trouvé rien de mieux qu’un 
mélange d’iinpaenf. litharg. avec le précipité blanc, auquel il ajoute, 
dans des cas opiniâtres, quelques gouttes de laudanum de Sydenham. 
C. Ile même pommade agit encore d’une manière infaillible contre les 
ulcères phagédéniqiies, qu’on rencontre quelquefois aprè.s la vaccination 
avec du mauvais vaccin, ou même assez souvent avec du bon , chez les 
sujets scrofuleux, syphilitiques, etc. La guérison de ces ulcères est ac¬ 
célérée lorsqu’on h s lave plusieurs fois par jour avec un décocté de 
mauve ou de ciguë. {Oesterr. med. Wochenschr.) 


NOUVELLES. 

Dans le comité secret de la dernière séance de l’Académie des scien- 
ces, la commission des prix de médecine et de chirurgie , a fait, par 
l’organe de M. Andral, un rapport dont les conclusions ainsi conçues 
ont été adoptées ; 

La commission propose : 

1» D’accorder oa prix de six mille francs à MM. Stromeyer et Dief- 
fenbacli; à l’un pour avoir le premier institué et exécuté sur des cada¬ 
vres l’opération du strabi.^me, et à l’autre pour avoir le premier prati¬ 
qué avec succès cette opération sur l’homme vivant. 

2» D’accorder, à titre de récompense : 

A MM. Boiirgery et Jacob, cinq mille francs, pour leur Iconogra¬ 
phie d’anatomie chirurgicale et de médecine opératoire ; 

A M. le docîeur Thibert, quatre mille francs, pour les pièces artifi¬ 
cielles d’anatomie pathologique; 

A M. le docteur Longet, trois mille francs, pour la partie patholo¬ 
gique de son ouvrage sur l’anatomie et la physiologie du système ner- 

A M. le docteur Yalleix, deux mille francs, pour son Traité des 
névralgies. 

3» D’accorder des mentions honorables, à litre à’encouragement : 

A M. le docteur Amussat, pour ses recherches expérimentales sur 
les ble-^sures des vaisseaux sanguins; 

A MM. les docteurs Serrurier et Rousseau , pour leur ouvrage sur 
les maladies des voies aériennes de riiomine et de certains animaux; 

A M. le docteur Philippe Boyer pour son ouvrage sur le traitement 
des ulcères par la compression à l’aide de bandelettes. 

— Samedi dernier l’Académie des sciei ces morales et politiques a 
procédé au remplacement de MM. de Gérando et Edwards. 

M. E .wards a été remplacé par M. Franck. 

M. de Gérando, par M. Lelut. 


M. Béchaid, breveté (médaille d’honneur 1843), mérite l’attention 
pour ses Appareils orthopédiques si légers, si élégants et à la fois si 
utiles. Leur emploi est tellement commode, que la plupart des per- 
onnes qui en font usage paraissent oublier qu’elles sont renfermées 
dans des corsets élastiques ou dans des jambières à ressort. — Rue 
de Tournon, 15. 


Les remerciements que nous adressent toutes les jiersonnes que noos 
envoyons chez madame Breton, nous font uii devoir de recommander 
de plus en plus l'usage de ses Bouts de sein et Biberons en tetine. Les 
nombreuses médailles qui lui ont été accordées ssnt des preuves irré¬ 
cusables de la supériorité de son invention. 


TRAITEMENT ms DEVIATIONS mu TAILLE bdbs MEMBRES 

JP«r BEVtiARn, Méeanicien-Bwmiafiitte, re«e üe Totsmon, MS 

Breveté. — Médaille d’Honneur 1842. 

Ces appareils rénnissent à la résistance nécessaire une flexibilité par¬ 
faite qui permet au corps l’usage de ses moindres mouveroens ; ils sont 
d’un emploi facile, vu leur légèreté, qui n’empêche en rien les personnes ^ 
qui en font usage de vaquer à leurs affaires. De nombreuses guérisons, 
attestés au besoin, établissent l’efficacité du Corset Tuteur, auquel M. 

Béchard vient d’apporter de notables améliorations. On trouve aussi chez J 
M. Béchard tous les articles nécessaires à l’orthopédie, les mains et N 
jambes artificielles. Us bandages herniaires, etc.;le tout bien confec- | 

Itionné. 



APPABEIL ÉLECTRO-MÉDICAL. 

Ce qui a été jusqu’à ce jour pour un grand obstacle dans l’emploi de l’électricité en médecine, c’est le man¬ 
que d’instriunens commodes pour l’appliquer facilement aux personnes malades. MM. Breton viennent d’im 
venter une nachine très énergique et en même temps très portative, au moyen de laquelle on obtient des se¬ 
cousses continues et d’une force extraordinaire, et qui peuvent se graduer à volonté. Le prix de cet instru¬ 
ment est de 8o francs. Cet appareil remplace en tout point l’appareil électro-magnétique de Clarke, qui st 
vend aussi chez MM. Breton, rue du Petit-Bourbon, 9. 


Sirop di’Ecorces iVOr anges f 

TOSrjQUE ANTI - EERVEUZ 

de L.AUOZE, Pharmacien, rue Neuve des Petits-Champs, 26, à Paris. 

Les succès du Sirop d’Fcorces d’Oranges (Curaçao de Hollande), dont la formule, toujours constante, a été 
publiée, sont tellement soutenus, que journellement il est prescrit dan.s les Affections nerveuses vagues comme 
puissant auxiliaire, et dans beaucoup comme un Spécifique à peu près certain. Sou action tonique et 
imachique est reconnue dans les Affections attribuées à l’atonie de l’eslomac et du canal alimentaire. Il 
peut remplacer avec avantage le Quinquina, le Columbo, la Rhubaibe, qui ne sont pas supportés également 
par le malade..Les cas où l’expérience a constaté son action curative, sont les Aigreurs, ou Coliques d’esto¬ 
mac, Mauvaise digestion avec mal de tête sympathique. Absence d’appétit. Colique nerveuse. Gastrite. 


WANJIVEK père et Comp., rae NfcuTe-des-petlts-CIiamps, 28. 

CHOCOLATS DÏNAMIOÜES AU HOCBLON OU AU NOYER. 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la valeur d’un litre d’infusion bien chargée. 


ay ijt'iji <i vf M é i! 

Prlncipaiement contre l’ASïHME, les CATARRHES, les RHUMES, TOUX OPINIATRES 
et les OPPRESSIONS de POIIRINE. — A la pharmacie rue DAUPHINE, 10, près le 
Pont-Neuf où l’on délivre GRATIS la brochure de M. RASPAIL, sur leur emploi. 


PARIS. -- IMPRIMERIE BÉTHUNE EX PlONi BUE DE VAÜGIRARD, 36, 


























jeudi 23 JANVIER 1844. 


(17- année. ) 


N». 10 . TOME VI. — a' SÉRIE. 


Iau Ætaneette M'rançaise, 


GAZETTE 


HOPITAUX 


e Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. _ 

^Marseille, J.-J- Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES. 


Paris, 3 mois, 9 fr.; 6 moLs, 18 fr.; un an, 36 Ir. 
Départ., id. tj) fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


Siomnaâire. 

noDiTAXJX — de la Pitié (M. Piorry). Parallèle des lésions intesli- 
de la lièvre lyplioïde et de la dysenterie, et de leur trMtcrnent 
resoeclit. — Hûtel-Dieb (M. Chomel).. Cancer utihin. — 

IX signes dianiiostiiiues. — Academie de médecine (2.1 
aes pr iLiva X '.h- la di-ruesini. .sur les liimeurs des mame'le,^. - 
Ceur libieuse de la vuOle palaliiie. - Destruction d’im- i n a rn <• 
Wcieiise. — Instrimieiit pour la ligature de.s polypes. — Academie 
fcienees (22 janvier). Les trois lumières de 1 œil. — Moyens ne 
*rr[g/r les vices de la seconde dentition. - Mémoire sur le cliancie 
] _ \ latomie chez le.s Chinois. — Eevoe des Joubn.aux. - 

Archives générales de médecine. (Janvier.) Recherclie.s mk la stiuc- 
mre spoD^'DUse de la rate. - D» traitein. nt de la goutte ja le 
eaux de Vicliy. — Revue thérapeuligue. — De 1 a|iplication de 1 eau 
bouillante dans certaines maladits.—SolutioudeFrirke. —Nouvelles. 

HOPITAL DE LA PITIÉ. — M. PlORRY. 

parallèle des lésions intestinales de la fièvre typhoide et de la 
dysenterie, et de leur traitement respectif. 


Un malade mort dans les salles de M. Piorry, des suites 
d’une pneumonie compliquant une fièvre typhoïde, a présen¬ 
té àl’autop.sie, un exemple remarquable de cicatrices des ul¬ 
cérations intestinales. Ce qu’il y avait particulièrement de re¬ 
marquable dans ce cas, c’est qu’en même temps qu’on voyait 
un grand nombre de cicatrices dans toute la portion infe¬ 
rieure de l’intestin iléum, aux lieu et place des plaques de 
Pever anlérieurement ulcérées, on trouvait aussi de larges 
cicatrices disséminées dans le gros intestin, cicatrices récentes 
comme celles de l’iléum, et qui avaient dû succéder à de lar¬ 
ges ulcérations contemporaines des ulcérations des plaques de 
Peyer. On trouvait donc réunies sur le même sujet, et dans 
la même pièce, les altérations matérielles caractéristiques de 
deux maladies que l’on a considérées jusqu’à présent comme 
parfaitement distinctes, d’origine et de nature différentes; 
savoir, l’entérite typhoïde et l’entérite dysentérique, ou colo¬ 
rée! ite. 

M. Piorry a pris occasion de ce fait pour tracer devant son 
audiioire l’histoire parallèle des lésions caractéristiques de ces 
maladies. Il est bon, avant d’aller plus loin, de dire qu’il ne 
s’agit point de comparer ici la fièvre typhoïde à la dysenterie, 
deux maladies qui, en réalité, sont trop différentes dans leur 
ensemble pour qu’il soit possible d’établir enire elles des rap¬ 
prochements sérieux. On n’a eu d’autre but que de rappro¬ 
cher et comparer deux états organo-pathologiques, ou deux 
lésions propres au tube digestif, et qui se manifestent dans 
deux maladies différentes, la fièvre typhoïde et la dysenterie. 

A. Entérite typhoïde. C’est principalement dans la portion 
de l’intestin grêle qui s’étend à tout le dernier quart de l’iléou, 
que siège la lésion intestinale dont l’existence est liée à l’affec¬ 
tion dite typhoïde. On rencontre quelquefois, mais assez ra¬ 
rement cependant, des altérations du même genre dans la por¬ 
tion du gros intestin voisine de la valvule iléo cœcale. Ce sont 
principalement les plaques agniinées de Peytr qui en sont le 
siège. Cependant, les follicules de Brunner présentent assez 
souvent des lésions rie la même nature. On trouve dans les 
cas dont il s’agit, toutes les aliérations organiques qui ont été 
comprises sous le nom d’inllammation, et ces lésions présen¬ 
tent le plus souvent, dans les plaques agininées de Peyer, la 
forme allongée et irrégulicremem ovalaire propre à celles-ci. 
On y voit d’abord des rougeurs qui se manifestent dans les 
premiers jours de la maladie; elles durent pendant un temps 
plus on moins long, et ne cessent ordinairement que lors de 
la guérison des autres lésions h l’entour desquelles on les ob¬ 
serve dans une étendue très variable. Ces rougeurs consis¬ 
tent dans une teinte uniforme, dans un pointillé dont l'aspect 
est parfois étoilé, ou dans des vascularités nombreuses. Celles- 
ci entourent parfois les plaques malades, et cela à une dis¬ 
tance assez grande, et toute la surface intestinale elle-même 
est parfois très rouge. Cela a lieu principalement vers les par¬ 
tie,! déclives, où les rnàiières fécales s’accumulent, et vers les 
points les plus rapprochés de la valvule iléo-cœcale. La teinte 
de ces organes varie du rouge-pfile au rouge violet ou noir⬠
tre, et cela d’après l’état du sang ou les proportions de ce li¬ 
quide. 

Les plaques de Peyer présentent, dans les premiers temps, 
une tuméfaction souvent remarquable, et qui contraste sin¬ 
gulièrement avec l’apparence de dépression qu’edles affectent 
fréquemment à l’état sain. Dans l’épaisseur même de ces pla¬ 
ques et au-dessous de la membrane muqueuse, il apparaît, 
d’après ce que l’on a reconnu dans des recherches récentes, 
de, pseudo membranesdont la formation paraît avoir lieu dès 
le commencement de l’affection dont il s’agit. 

A une époque plus avancée du mal, on voit sur la surface 
des plaques de Peyer ou sur les follicules de Brunner (ce qui 
est plus rare), se manifester des ulcérations dout le nombre, 
l’étendue, la profondeur varient. Elles sont, en général, assez 
profondes; leur fond est grisâtre, leurs bords sont tuméfiés, 
souvent coupés à pic, irrégulièrement découpés, et ces carac¬ 
tères sont d’autant plus prononcés que la maladie est plus 
grave et date de plus long-temps. Il en est de fort petites ; 


d’autres dont la dimension dépasse trois ou quatre centimè¬ 
tres. Plusieurs se déclarent souvent sur une même plaque, et 
se confondent sur quelques jioinisde leur circonférence ; elles 
formeni aiii.-.i un vasio ulcère à bord,s iiiégalemeiit frangé.-i. Le 
nombre de ecs u'ières, il.ins iiu iuie.-iiii, est souvent de dix, 
de quinze, vingt ei iiièm.' davaiiiage. et parfois la valvule iléo- 
cécale en eu queiipie sono Les ulcérations des 

follicules de Brunner ne diffèrent guère des précédentes que 
d’après leur siège. Eu général, plus on se rapjyroche du cæ¬ 
cum, et plus les ulcérations sont nombreuses, étendues et 
graves. 

Quand le mal a peu duré ou qu’il a été peu intense,^ la sur¬ 
face seule do la membrane muqueuse est ulcérée, et l’on dis¬ 
tingue au fond de la solution de continuité les fibres de la 
membrane musculeuse. Plus tard et quand la lésion a acquis 
plus d’intensité , la tunique péritonéale , reconnaissable à son 
peu d’épaisseur et à son aspect uni, occupe seule le fond de 
l’ulcère. Enfin, à un degré extrême cette membrane elle-mê¬ 
me est perforée, comme par un emporte-pièce , tantôt dans 
une étendue ([ui dépasse à peine un millimètre , d’autres fois 
dans une surface beaucoup plus considérable. Aux alentours 
de ces ulcérations, les membranes de l’intestin perdent de leur 
consisiance ou meme se ramollissent complètement. Il est 
assez fréquent de voir des couches de sang coagulé à la surface 
de ces ulcérations , ou des matières mélangées de sang altéré 
dans les portions d’iutestin voisines des parties malades. 

Dans les cas graves, lorsque surtout l’état typhoïde coïnci¬ 
dant est porté très loin et que la phlegmasie locale est très in • 
teiise , il se forme des points d’escharificalion gangréneuse, 
plus ou moins étendus ou profonds, qui occupent tantôt exclu¬ 
sivement la mi mbrane muqueuse, et tantôt, avec, les parties 
sous-jacentes. Ces points gangrenés sont ordinairement bien 
circonscrits; une ligne do démarcation nette les distingue des 
parties voisines. Souvent les eschares sont complètement sé¬ 
parées, ou ne restent adhérentes que sur quelques points de 
leur étendue. 

Les diverses altérations dont il vient d’être question existent 
parfois concurremment vers des points divers des intestins. 
Leur invasion paraît cependant,' 4?n général, dater à peu près 
de la même époque; mais elles n’ont pas parcouru en même 
temps leurs périodes, de manière qu’il est très commun de 
rencontrer sur certains points des ulcérations profondes , tan¬ 
dis que sur d’autres points on aperçoit à peine de la rougeur 
ou une légère tuméfaction. 

Presque constamment, dansreiUérite typhoïde, les ganglions 
lymphatiques du mésenière, les plus voisins de la portion d'in¬ 
testin malade, présentent des lésions dont l’intensité et la gra¬ 
vité correspondent en général à celles de l'entérite elle-même. 
Ce sont des rougeurs, des tuméfactions, des indurations, des 
ramollissements, des suppurations, qui tantôt envahi.ssent une 
ou plusieurs glandes lymphatiques , et d’autres fois paraissent 
se borner à quelques points seulement d’une de ces glandes. 
11 est des cas où les abcès des glandes mésentériques persistent 
encore, alors que l’entérite est en voie de guérison. 

Les liquides contenus dans les intestins malades sont pres¬ 
que toujours très fétides; indépendamment des débris d’ali¬ 
ments et du chyme qu’ils contieniîent, ils sont encore consti¬ 
tués par des mucosités altérées par de la bile le plus souvent 
jaunâtre ou un peu verdâtre, le tout mélangé à une éiioque 
avancée du mal, avec des traînées de pus, de sang, etc. Ces 
liquides, qui souvent sont visqueux et assez adhérents à la 
membrane muqueuse, sont parfois en si grande quantité qu’ils 
distendent non-seulement l’iléou. mais encore le gros inies- 
lin. Du reste, on les voit presque toujours réunis à une quan - 
tité considérable de gaz très fétides, et qui contiennent certai¬ 
nement de l’ammoniaque et de l’acide sulfhydrique. Ces liqui¬ 
des sont très irritants, très propres à déterminer par leur 
coniact avec des parties dénudées des phlegmasies septiques. 
Aussi voit-on souvent des eschares à la région sacrée être la 
conséquence de leur présence habituelle sous cette région. 

A ces lésions, il faut ajouter celles que l’estomac et les gros 
intestins peuvent présenter. Ces lésions ne diffèrent guère de 
celles que l’on observe dans les phlegmasies simples ; ce sont 
toujours des rougeurs, des ramollissements, etc. Quelquefois 
le colon et même le rectum offrent des eschares qui pourraient 
bien être le résultat du contact des matières provenant de l’i¬ 
léon avec la membrane muqueuse qui les tapisse. Nous ne 
parlerons pas ici des autres étals organo-pathologiques qui 
coïncident le plus ordinairement avec les lésions du tube di¬ 
gestif. Passons à l’examen des lésions anatomiques de la colo- 
rectite épidémique, ou dysenterie. 

B. Entérite dysentérique. La dysenterie, ou colo-rectite 
épidémique, présente des caractères organiques qui la rap¬ 
prochent infiniment, d’une part, de ceux qui appartiennent à 
l’iléite qui vient d’être étudiée, et de l’autre des lésions qui 
sont propres à la colo-rectite simple. Seulement, dans la dy¬ 
senterie, les désordres sont plus graves que dans la phlogose 
ordinaire des gros intestins. Plus'souvent les ulcérations exis¬ 
tent au delà .lans une plus large étendue, et avec des aspects 
qui les rapprochent beaucoup des altérations anatomiques pro¬ 
pres à l’iléite typho'ule. L’intensité et la gravité du mal, la pré¬ 


sence fréquente d’ulcérations, d’hémorrhagies, d’infiltrations 
sanguines et de plaques gangréneuses ; la coexistence d’un 
grand nombre d’autres états organo-pathologiques graves et du 
même genre que ceux que l’on obsi rvu dans la fièvre typhoïde, 
sont les caracièi es anatomiques les plus ordinaires de la dy¬ 
senterie. Ces caracièi es se montrent avec un degré d’intensité 
d’autant plus marqué, que les lésions en question siègent plus 
près dû voisinage de l’anus. 

Telles sont, de part et d'autre, pour l’entérite typhoïde et 
pour la colo-rectite dysentérique, les lésions caractéristiques 
que révèle l’examen cadavérique. Voyons maintenant quels 
sont les phénomènes que font reconnaître, dans l’un et l’autre 
cas, les moyens physiques d’exploration. 

Inspection. Que révèle l’inspection dans les deux cas dont il 
s’agit ï Voici d’abord quelques caractères qui sont communs 
aux deux cas. Le ventre est, en général, tuméfié, tendu, et 
après quelques jours de durée de la maladie, il se météorise. 
Quelquefois cependant, dans la dysenterie, lorsque la maladie 
date déjà de quelque temps, le ventre, après avoir été disten¬ 
du, se déprime, les intestins s’affaissent, reviennent sur eux- 
mêmes, absolument comme le fait la vessie après une longue 
distension. Mais ce phénomène n’a lieu généralement qu’a- 
près un temps assez long, à la suite d’une abstinence prolon¬ 
gée. Sauf CCS circonstances, l’abdomen offre, en général, à 
l’inspection, les même s apparences de tension et de développe¬ 
ment dans la dysenterie, que dans l’entérite typhoïde. 

Examen des matières. L’examen des matières fournit, 
dans les deux cas, des lignes qu’il est important de ne pas né¬ 
gliger. Nous ne parlons pas des vomissements de la bile qui 
peut être rejetée par l’estomac; cela a peu d’importance dans 
la question dont il s’agtt ; mais nous entendons parler exclu¬ 
sivement des matières qui sont rendues par les selles. Dans 
l’entérite typhoïde, les matières rendues dans les garderobes 
sont les mêmes que celles que l’on retrouve dans les intestins 
à l’examen cadavérique; ce sont des mucosités grisâtres plus 
ou moins altérées, et au milieu desquelles nagent des globules 
muqueux. Quelquefois ces mucosités sont puriformes ou d’ap¬ 
parence purulente. Dans quelques cas, qui sont les plus rares, 
on trouve en outre dû sang altéré ; on y trouve enfin des flui¬ 
des bilieux noirâtres, du chyle modifié et plus ou moins alté¬ 
ré et des détritus d’aliments qui varient suivant la qualité des 
substances qui ont été ingérées. Ces différents liquides sont 
mélangés tantôt avec une grande quantité de gaz qui tendent 
à se dégager, quelquefois avec de la sérosité, mais jamais avec 
une sérosité pure comme celle que l’on trouve dans les intes¬ 
tine des cholériques. Ce que ces matières offrent, en somme, 
de plus particulier à remarquer, c’est l’abondance plus ou 
moins grande de mucosités, abondance de mucosités qui est 
un fait important à noter, parce que la déperdition de ces 
mucosités est un des accidents les plus graves de l’entérite ty¬ 
phoïde, qui finit souvent par enlever les malades. 

Les matières intestinales dans la dysenterie offrent quelques 
différences. Ici on trouve du pus en beaucoup plus grande 
quantité que dans le cas précédent. 

Dans l’entérite typhoïde , le pus s’était élaboré , digéré, 
tandis que dans ce" cas-ci le pus séjournant dans un intestin 
qui ne remplit en quelque sorte que les fonctions passives d’un 
réservoir, reste en nature et conserve ses propriétés physiques 
habituelles. Le sang, dans la dysenterie, se trouve en beau¬ 
coup plus grande aboodance que dans l’entérite typhoïde. La 
raison de cette différence est toute simple si l’on se rappelle 
que plus ou approche de la terminaison de l’intestin, plus le 
système vasculaire devient abondant. Ou sait qu’il existe, en 
effet, des lacis sanguins considérables dans la muquense du 
rectum. D’un autre côté, la portion inférieure des gros intes¬ 
tins se contractant avec beaucoup plus d’énergie que l’intes¬ 
tin grêle, le sang en est exprimé en plus grande abondance. Il 
est ensuite remlu plus pur par la même raison que nous expo¬ 
sions tout à l’heure, c’est-à-dire parce qu’il n’a point subi le 
travail de digestion que subit le sang lorsqu’il est exhalé par 
l’intestin iléum et qu’il y séjourné pendant quelque temps. Il 
y a enfin quelquefois des portions d'eschares dans leâ'selles 
des dysentériques comme dans celles des typhoïdes. 

Palpation. La palpation fait reconnaître dans l’entérite ty¬ 
phoïde de la tuméfaction. Il y a encore de la sensibilité selon 
que les intestins sont ou non distendus par les gaz. Le carac¬ 
tère le plus important que la palpation peut faire constater, 
c’est le gargouillement, bruit spécial que chacun connaît bien, 
et qui a lieu dans le cæcum, et non pas dans l’iléon, comme 
on l’a dit. Le gargouillement ne se fait pas entendre dans le 
lieu nieme qui est le siège de l’altération, c’est-à-dire dans la 
terminaison de l’iléum qui, dans l’état habituel, correspond 
un peu au-dessous de l’ombilic, mais plus bas, dans le point 
occupé par le cæcum. 

Auscultation. L’on constate dans le même point, pari aus¬ 
cultation, le bruit hydraérique, bruit que nous avons reconnu 
long-temps avant qu’on eût signalé le gargouillement comme 
un des signes de l’affection typhoïde, et qui n’est autre chose 
que ce gargouilleoicnt même perçu par l’oreille au lieu de 
l’être par' la palpation. Le gargouillement peut exister egale- 
lueut dans la colo-rectite ; mais, dans ce cas, au lieu d’exister 





















- 38 — 


dans la fosse iliaque droite, c’est dans la fosse iliaque gauche 
qu’il se fait percevoir. Dans celte dernière circonstance , la 
palpation pourrait peut-être conduire à reconnaître le siège 
des ulcérations. 11 n’a encore été fait que des recherches in¬ 
complètes à cet égard. 

Percussion pkssimétriquc. Par la pc-réussion, voici ce que 
l’on trouve, et ceci est d’une importance extrême : quand il y 
a dis matières contenues dans l’intestin grêle, la percussion 
donne un son mat dans deux points, au-dessu»de l’ombilic et 
au-dessus du cæcum, et sur le bassin. Quand ce même intes¬ 
tin est rempli de gaz, la percussion donne un son clair dans 
ces mêmes points, et particulièrement sur le basvin, au niveau 
de la fossette qui correspond aux fessiers. Celle distinction est 
de la plus grande importance, parce cjue, dans les cas dont il 
s’agit, on trouve les intestins tantôt remplis de matières féca - 
cales, tantôt distendus par des gaz, et que ces deux étals récla¬ 
ment des moyens de traitement tout à fait différents. 

Voilà pour l’inieslin grêle; et notezqu’au-dessus on trouve 
.souvent une distension énorme de l’estomac et du duodénum 
par des gaz. Examinons maintenant ce que la perctis.siou ré¬ 
vèle dans les gros intestins. Il est des cas où le cæcum et le 
colon ascendant et descendant sont remplis parties niatières 
solides, tandis que les portions d’intestin situées au-dessus ne 
contienuent que des gaz. Ces faits, si simples en apparence, 
sont d’une importance extrême pour la thérapeutique. Les ac¬ 
cidents les plus graves résultent de cette accumulation de ma¬ 
tières dans les intestins inférieurs, les autres étant remplis de 
gaz qui émanent de ces matières. Le diaphragme se trouve 
être fortement refoulé en haut, et il se manifeste bientôt des 
symptômes asphyxiques. Cet état se révèle à la percussion par 
k bruit hydraérique ré-ultant du mélange des matières liqui¬ 
des avec l’air dans la portion d’intestin située immédiatement 
au-dessus des portions remplies de matières, et qui donnent 
un son entièrement mat. 

L’importance de la matité et du bruit hydraérique dans les 
régions cœcale et iliaque est très grande, suivant M. Piorry, 
pour établir le diagnostic d’nne entérite. Il lut a souvent suffi 
de constater l’une ou l’autre chez des sujeis atteints depuis 
quelques jours d’une fièvre aiguë, pour le mettre sur la voie 
du véritable caractère de la maladie. 

Tels sont les signes physkpiés de l’entérite typhoïde, aux¬ 
quels on peut joindre l’élévation de la température et la sé¬ 
cheresse de la peau. 

Examinons maintenant la différence que présentent les 
deux affections dont il s’agit dans leurs symptômes. 

{La suite à un prochain numéro.) 


HOTËL-DIÊÜ.—M. CHOMEL. 

Cànc'èr utérin. — Examen des principaitx signes 
diagnostiques. 

An n" 4 de la salle Saint - Bernard est couchée nne femme 
de éinquante-cinq ans, cardeuse de matelas. D’une bonne 
santé habituelle, elle eut quatre enfants, et tontes ses couches 
furent heureuses. Elle cessa d’être réglée S l’âge de qnaranie- 
Wois ans , sans aucune fndispôsition bien grave. Il y a deux 
• ans environ , époque à laquelle elle fait remonter sa maladie 
dctuelle , elle était occupée dèvant son miroir à mettre un 
bonnet, lorsque tout h coup elle séntit son bras gauche tom¬ 
ber le long de son corps , sans poutoir faire aucun mouve¬ 
ment. Rien de semblable ri'eut lieu dans le bras droit , non 
plus que dails les jambes. Le visage ne fut nullement défor¬ 
mé, et ne présenta aucune contraction ni paralysie. Pas d’é¬ 
tourdissements non plus ni de pesanteur de fête , et ce fait 
nous semble, en passant, digne d’attirer l’attention. 

Quelques jours après l’accident, elle put parvenir à faire 
exécuter à ses doigfs quelques mouvements, et au bout de 
deux mois elle avait repris ses occupations. Les mouvements 
et la Sensibilité étaient revenus. Pendant qn’elle était ainsi pa¬ 
ralysée , il survint un jour une hémorrhagie ntérine considé¬ 
rable , que la malade regarda comme une crise favorable. 

Ce qui parut à cette femme constituer une crise , et qui 
aurait pu paraître aux yeux de certains médecins remplacer 
une saignée générale , l’hémorrhagie utérine était un phéno¬ 
mène qui devait appeler l’attention du côté de l’utérus. Sans 
aucun doute, si on l’eût touchée à cette époque, on eût cons¬ 
taté un commencement des lésions qu’elle présente mainte¬ 
nant. 

Six âetriaines ou deux mois après survinrent d’autres per¬ 
tes. La malade continuait cependant à aller et venir, et à va 
qiier à ses occupations , lorsqu’il y a huit mois de nouvelles 
pertes survinrent beaucoup plus abondantes, qui commencè¬ 
rent à affaiblir la malade. Peu à peu elle remarqua que l’é¬ 
coulement devenait fétide, et prenait une couleur brun-ver¬ 
dâtre, il y a trois mois environ. La matière de l’écoulement, 
que la malade regardait comma un dépôt de pus, pour me ser- 
‘Vir de son expression , était bien en effet du pus. Mais ce 
n’était pâs d’une collection purulente qn’il provenait. Depuis 
deux ou trois mois la malade a maigri. Elle a remarqué éga¬ 
lement que le membre inférieur droit devenait le siège d’un 
gonflement ædémateux, et que des douleurs se faisaient sentir 
dans la région lombaire. Le gonflement du membre inférieur 
droit, qui avait diminué il y a douze ou quinze jours, a reparu 
depuis deux ou trois jours. , 

Voici les phénomènes que nous avons constatés au moment 
de l’eritrée de la malade. 

Maièreur considérable; le teint est jaune, comme dans les 
affections organiques. Un peu de gonflement ædémateux du 
membre inlârieur droit ; léger mouvement fébrile. Quelques 
douleurs dans la région lombaire. 

D’où pouvaient dépendre les accidents que nous avons sh- 
’ gnalês? Des polypes pouvaient exister dans l’épaisseur des tis¬ 
sus de l’utérus, qui se seraient développés dans la cavité en se 


coiffant de la membrane interne, et auraient donné lieu à des 
pertes et à des écoulements extrêmement fétides. Il était pos 
sible , d’après le récit de la malade , de conclure à l’existence 
de ces polypes. Cependant, cette circonstance d’un gonflement 
ædémateux à l’une des jajnbes montrait que le mal avait son 
siège dans un des côtés de l’excavation pelvienne. Or, il est 
rare qu’un polype, utéiin se développe à un point si considé¬ 
rable qu'il entraîne un dérangement aussi marqué de l’uté¬ 
rus. C’est bien plutôt dans le carcinome de l’utérus que l’on 
observe les symptômes de ce genre. C’est dans les progrès du 
cancer qui s’étend au tissu cellulaire des ligaments larges, et 
gagne de proche en proche, que l’on doit en chercher l’appli¬ 
cation. 

Non seulement le membre inférieur droit est gonflé, sans 
que le gauche présente rien de semblable, mais la même dif¬ 
férence se fait remarquer dans les parties externes de la géné¬ 
ration, Le côté droit de la vulve est œdématié, et le côté gau¬ 
che parfaitement sain. Le toucltpr est ici le principal, dirons- 
nous , presque le seul moyen d’arriver à la solution du 
problème. 

Voici les rcnseigncni«nts qu’il nous a donnés : 

En portant le doigt dans la vagin, à trois centimètres 
ron de la vulve, on sent un anneau étroit et dur qui se 
doigt ; et que l’on franchit avec quelque difficulté. Lue fois 
cet obstacle surmonté, le doigt se trouve dans une vaste exca¬ 
vation , dont on ne peut exactement fixer les limites. Cet an¬ 
neau est dû à l’épaississement de la partie inférieure du vagin, 
tandis que supérieurement les parois de ce conduit sont dé¬ 
truites. Nous avons pu croire que nous pénétrions dans la 
vessie, et cette pensée a dû nous porter à adresser une ques¬ 
tion à la malade, à savoir si elle urinait volontairement ; ques¬ 
tion à laquelle elle nous a répondu affirmativement. Si son ré¬ 
cit était vrai, il était probable que rulcératioii ne s’étali pas 
agrandie aux dépens de la cavité de la vessie. C’est un fait 
dont nous avons été à même de vérifier l’exactitude en intro¬ 
duisant une sonde dans la vessie, pendant que le doigt était 
dans le vagin. 

Au delà du rétrécissement, avons-nous dit, se trouve une 
vaste cavité capable de contenir un gros æuf de dinde, d’une 
forme arrondie, anfractueuse, dont lès parois offrent, dans tes 
points où elles sont accessibles , une consistance ferme et ré¬ 
sistante et quelque chose de grenu. Lorsque l’on a passé ce 
détroit, est-on dans la cavité du vagin ou de l'utérus ? Il est 
probable que l’on est parvenu dans l’uléros ; le museau de 
tanche a été détruit, et la cavité se prolonge eu arrière. Nous 
avons dû nous demander si, dans un pareil désordre, le rec¬ 
tum était le siège aussi de quelque lésion. Le loucher par le 
rectum nous a fait reconnaître que la muqueuse est lisse à sa 
surface et saine. Mais il existe de petites tumeurs arrondies, 
fermes, dures, dans l’épaisseur des parois do cet intestin, tu¬ 
meurs qui sont les traces de l’extension de la maladie au rec¬ 
tum. La muqueuse n’est pas perforée, et il est probable quq 
la malade succombera sans que cette apparition se produise 
dans son état. Ce n’est pas tout ce que fait constater le tou¬ 
cher par le rectum. Eu soulevant avec le doigt ces tumeurs 
globuleuses , on finit par reconnaître à une certaine profon¬ 
deur, dans ia région sus pubienne, une rénitence obscure qui 
devient plus évidente quand on déprime l’hypogaslre avèé la 
main. Il y a donc dans l’abdomen une tumeur qui s’élève 
jusqu’à deux travers de doigt au-dessus du pubis. 

L’exploration par le rectum permet de constater le genre 
de désordres auxquels il faut attribuer l’ædème du membre 
inférieur droit. Cet cédèmo des membres est toujours un fait 
exti êmement important. Il est un grand nombre de maladies 
que l’on ne peut soupçonner que parce qu’un bras ou une 
jambe sont œdématiés. C’est donc toujours quelque chose de 
très curieux et de très intéressant que l’œdème d’un ou plu¬ 
sieurs membres, parce que toujours ce symptôme se rattache 
à un trouble de la circulation veineuse , quelle qu’en soit la 
cause. Quelquefois l’ædème d’un membre tient, non pas h 
une affection étrangère, mais à une maladie de la veine elle- 
même. Mais le plus souvent, ce n’est pas la veine qui est pri¬ 
mitivement malade ; elle ne l’est, quand elle le devient, que 
consécutivement. Quant à la cause de l’ædème , elle variera 
suivant les cas. Pour le bras, ce sera une tumeur qui existera 
dans le creux de l’aisselle, dans la poitrine même, et qui com¬ 
primera la veine sous-c!a,vière. Pour le membre inférieur, ce 
sera une tumeur logée dans l’excavation du bassin. 

On a quelquefois été amené , par suite dé cet œdème , à 
soupçonner des tumeurs anévrismales qui ne présentent en¬ 
core aucun phénomène apparent qu’il,fût possible de consta¬ 
ter. Quelquefois on a vu des névralgies être déterminées par 
la compression des nerfs, etc. Ainsi, le gonflement œdémateux 
des membres, une douteur névralgique dans un membre sont 
des signes extrêmement Importants, que l’on rie doit point 
négliger et qui indiquent la nécessité de procéder au plus vite 
à l’exploration du bassin ou de la poitrine , exploration qui, 
pour cette dernière cavité , est extrêmement difficile. 

Voici ce que donne, chez notre malade, l’exploration par le 
rectum. On trouve que sj on porte le doigt à puebe de l’u- 
Icrus, ce doigt passe facilement entre la paroi gauche de ia 
cavité pelvienne et la tumeur ; il rie peut pénétrer de môme 
à droite entre la tumeur et la paroi du bassin. La tumeur qui 
exble dans le bas-ventre est donc placée plus à droite qu’à 
gauche. G’çst surtout dans le bassin que l’on constate ce fait 
que ce n’est pas seulement l’utérus qui détermine la tumeur 
à laquelle est due la compression de la veine dù membre in¬ 
férieur droit. 

Devons-nous chercher à établir le diagnostic ? La chose 
nous semble à peu près inutile. La maladie qui nous occupe 
est, dès son début, au-des.sus des ressources de l’art. Ce n’est 
pas que l’on n’ait quelquefois essayé d’y remédier. L’extirpa^ 
tion au moyenjdfi^Xinsirument tranchant a été essayée et sur 
vie guclctugf^ ^i^t^ . Mais les cas de réussite sont si ex- 
ceptioni^é^j^r^onfir|«yi-aient presque la règle au lieu de la 


.. .-M . 

détruire. L’extirpation de l’utérus en entier est une chose w 
lemenl grave que nous pensons qu’il serait de la dernière im' 
prudence et de la plus grande témérité de l’essayer. Coiup.' 
rons, en effet, ce qui arrive dans les cas de cancer du L' 
avec ce qui doit arriver dans les cas de cancer de la tnatrjçç 
Si dans un organe aussi facilement accessible à tous lesios', 
Irnincnls que la glande mammaire, et quelque bien fejj' 
qu’ait été l’opération, le cancer s’y reproduit et repullule 
tant de facilité , que doit-il arriver pour l’ulérus sur lequji 
on n’est jamais sûr d’avoir fait une opération complète I i?tsj 
un grancl nombre de chirurgiens , au commencement de cu 
siècle pen.saient que l’affection cancéreuse du sein finirait pem, 
être par ne plus ^comporter l’opération dans aucun cas , qaj 
penser du cancer de l’utérus qui se dérobe par la position 
l'organe, aux moyens d’investigation mioulieuse que l’on 
mettre en usage pour le sein ! La chirurgie est donc sansaa, 
cune puissance, sans aucun moyen non seulement de guérisoB 
mais même de soulagemènt. ’ 

Si, des opérations chirurgicales, on arrive aux remèdes lu, 
ternes, même impuissance de la médecine contre cette lerrj, 
ble affection. Les préparations mercurielles, l’iode et ses coni. 
posés, les alcalis ont été tour à tour mis eu usage, et sans le 
moindre avantage contre le cancer de l’utérus. Nous pensons 
nous, que lorsqu’une fois les moyens thérapeutiques ont 
échoué, c’est surtout aux moyens moraux qu’il faut s’adresser 
non plus pour guérir, mais pour consoler et soutenir les ma! 
lades. Nous essayons maintenant l’iode, puisqu’on l’a préco- 
nisé dans celte affection. Notre malade n’a pas de craintes bien 
sérieuses sur son étal ; aussi n’employons-nous que des quaii- 
lilés très minimes de médicaments, réservant les moyens les 
plus énergiques , quoique tout aussi inptiles , que fournit b 
matière médicale pour le jour où, perdant courage, elle s’ima. 
gincrait qu’on ne traite point sa maladie. Noos nteltrons tour 
à tour en usage les chlorures désinfectants, l’opium et les nar¬ 
cotiques pour apaiser les douleurs et procurer à la malade un 
peu de sommeil. 

Un mot encore, avant de terminer, sur un dernier, phéno¬ 
mène que nous avons observé. Il y a eu dans la région lombaire 
et dans la moitié inférieure de la région dorsale, des douleura 
qui nous font craindre que les ganglions qui se trouvent sitiiés 
au-devant de la colonne vertébrale ne soient attaqués; non 
pas que lé cancer en lui-même soit très douloureux, mais 
c’est la compression des nerfs par les tumeurs cancéreuses qui 
détermine ces sensations. Presque jàmaisTe cancer de rutériis 
lui-même n’est' très douloureux. Combien de fois ne voit ou 
pas de femmes qui ne ressentent aucune douleur dans la ré¬ 
gion de la matrice, et chez lesquelles des pertes hémorrhagi¬ 
ques et un écoulement caractéristique considérable prouvent 
que l’utérus est depuis fong-temps malade! Au contraire, lors¬ 
que par suite du cancer de l’estomac, le gonflement des gan¬ 
glions prévertébraux comprime des filets nerveux , des doit- 
leurs intolérables se font sentir. Chez notre malade, les dou¬ 
leurs ont été beaucoup trop fortes pour être des douleurs 
sympathiques. C’est une névralgie symptomatique que no,us 
observons ici, et ce sont les plus communes. 



ACADSaiIE D£ MÉDECINS. 

Séance du as janvier 1844. — Présideiice de M. ÊEdiius. i 

Après la lecture du proeès-vcibal dans leifiiet M. ié secfétaiic an- f 
nuel a rendn compte du résultat de la discussion qui a eu lieu en co¬ 
mité sur le lappurt de U comuii^sioii pour là capditlalure à la place 
vacüiite, M, Guérin demaiicto i.i parole sur sa rédaction ainsi conçue: j 
Le rapport c.st renvoyé à la coiiimi,ssioil pour aviser. ; 

M. Guérin. Je demande qu’il soit ajouté au procès verbal que le 
lappoiteur a fait observer que ce renvoi à la commission était c- nlraite - 
an règlement. 

M. Queneau de Mussy. Il faudrait ajouter aussi que j’ai combaltii 
cette prétendue violation du règlemeut. 

M. Adclon. Tout ce qui concerne le compte-rendu du comité secret 
doit être supprimé dans le procès-virbal, et cummuniqué seulcnieirtà ' 
la procbaiue réunion en comité secret. jj 

Après quelques autres observations, cette proposition est adoptée. E 

— Dans la coirespoudance , nous remarquons une communication 1 
de .M. le docteur Paris, de Gray, sur le traitement de la suette mi- t 
liaire; et une lettre de M. Lauduuzy , relative à un cas de morve sur- f 
venue cBez un vigneron après ta morsure d’nn dievat morveux. ■' 

— L’Ordre du jour laaièiie la continuation de la discussion sur les ^ 
tumeurs des mamelles. 

M. Gerdy. J’admets avec M. Cruveilliier l’existence des tumeurs li- i 
breuses de la mamelle. Avec lui j’admets que, dans certains cas, efles 
sont.faciles à distinguer des autres tumeiiis de mauvaise nature; mais 
je suis obligé de dire aussi que celle distinction ii’esl pas toujours fa¬ 
cile, et que même elle est quelquefois impossible. Dans les cas où 
celle distinction e.-t facile, les préceptes de M. Cruveilliier doiviot 
être pris en grande considération. Cependant il ne me paraît pas tout 
à fait impossible de trouver un caractère auquel on puisse reconnaître 
si une tumeur est su ceptrble ou non de dégénérescence. Ce caractère, 
c’est la douleur. En général, les tumeurs qui ne dégénéreront pejs sont 
inrlolentes. Les tumeurs malignes, au corrtrairo, sont le siège de doo- 
li urs lancinarrtcs ; de plus, cites font éidériver do la déniàtigcarsdn ; de 
plus encore , elles ont pour r é.-ultat d’opérer sur la peau une- sorte de 
retrait, sensible sur tout au mautclori, qui s’elface d’autant plus que la 
maladie fait des progrè.s. Eu réunrssairt ces trois caractères, on peut, 
darrs un riertain nombre de cas , ar river ,4 un diagnostic assez précis. 
Mais les choses rie sont pas toujours aussi claires, il y a des cas dou¬ 
teux, La douleur, par exemple , peut manquer ntéme'dàrts des casde 
squirrlte bien caractér i,séi ou bien elle peut ne pas être lancinante. Dans 
CCS cas, et ceci me ramène à la grande question pratique soulevée par 
M. Cruveilliier, il faut opérer. Ce ir’est pas ici que la maxime, dons 
le doute abstiens-toi, est applicable. Au contraire, darrs le doute il tant 
enlever, par l’opération , toute chance aux accidents consécutifs dé U 
préserree d’une tumnir- de mauvaise nâlure. D’ailleurs, la plupart des 
femmes, dan.s cette position, réclainent l’opéralioit. Ert un mot, et pont 
me résumer, il y a des tumeurs des mamelles qui ire donnent fie» à 
aucun accident coinsécut f ; quand le diagnostic en est facile et certain, 
il ne fairt pas opérer, mais, pour si peu qu’il y ait doute, il faut recou¬ 
rir au bislouri. Celte deruiè.e ressource doit d’autant moins répugner, 
que les opéi-dtiotrs sur le sein sont eu général simples et peu graves. 

Af. Velpeau Mallieurensement je n’assistais pas à la séance dans 
laquelle M. Cruveilliier a lu sou mémoire, que je ne connais que par la 
discussion et par les extraiis que j’en ai lus dans les journaux. Si W» 














extraits sont fidèles, le mémoire de M. Cruveilliier a une grande im¬ 
portance thérapeutique; il me suffira de rapporter les principaux points 
L’il a traités pour en faire juger. 

^ Ici M. Vel|ieaii énumère les principales opinions de M. Ciuveiihier, 
que noos avons déjà fait crriinaitre. Il continue en ces termea ; 

^ Je suis d’accord avec M. Cruveilliier sur plusieur.s points, et cela est 
d’autant moins un sacrifice de ma part que j’ai eu occasion d’exprirrrer 
et rie puMie'’ mêmes opitrions. Ainsi, je crois qu’il peut exister 
dans les mameiles des tumeurs fort différentes de celles qu’on ap¬ 
pelle cancéreuses. M. Cmveilhier les appelle tumeurs fibreuses; il ne 
îii’a pas- seinblé’, d’après sa description , qti’il fût très-légilïnie de leur 
donner ce nom en torrt-b circonstance. J’ai admis, pour mon compte, 
des tumeur-s fibreuses et des tumeurs fibriueusea, et celles-ci ont été- 
englobées dans la description faite par M. Cmveilhier. 

Ces tiimeui-s doivent évidemiiient être distinguées des tumeurs dites 
(jancércusés. Depuis Bayle et Laenuec on admet généralement quatre 
espèces de tumeurs cancéreuses, l’encéphaloîde, le squinhe, les tumeurs' 
colléïdès, la mélano.se. Si à l’inspection simple les différences d’orga¬ 
nisation qui existent eiitr-e ces dernières tumeurs et les premières ne 
sont pa.s sensibles, le microscope, dont fusage se popularise beuieuse- 
ineiit de pins en plus dans les recberebes d’anatomie pathologique, les 
rend très fréquentes. Au microscope, les liimeurs fibreuses ne présen- 
(ent que ries fibrilles plus ou moins régulièrement disposées. Les tu- 
uieiirs caiicéi-euses , au contraire , présentent des cellules globuleuses 
on ovtjîles. Due différence organique essentielle existe donc entre ces 
tiiraeiiis. 

Mais sur le vivant, la distinction rie ces tumeurs peut-elle être faite? 
Il faut à'cet égard les ranger en trois catégories, celles où la distinc¬ 
tion est facile, celle.s où elfe est impossible, celles enfin où elle ne sé 
présente qu’avec les caractères du doute. Oui, comme l’a dit M. Cru- 
yeilliier, les tiimeui-s fibreiise.s drivent être considérées comme de vé^ 
ritables corps étrangers , isolés dans l’économie et ne pouvant pas 
donner lieu à des accidents consécutifs. Mais il existe aussi des tu¬ 
meurs caniréreuscs enkystées qui offrent les mêmes caractères que ceux 
attribués aux tumeurs fibreuses par M. Cruveilliier , et celles-là sont 
susceptibles de ilégénrirescence. Cependant cirez les jeunes pi:r.sonii€s,: 
Sur les femmes avant l’âge de ti-ente ans , il y a toute probabilité que 
les liiiueurs des inaiiiélles avec tous les caractéi-e.s donnés par iM. Cru- 
veilhier surit des tumeurs fibiéiises. 

M. Cmveilhier a dit que ces tumeurs fibreuses ne sont pas su,«cep- 
tibles de dégénérescence. Je le crois comme lui. Cependant on a dit le 
contraire; je pense que pour soutenir cette opinion, on doit avoir coni- 
mi.s quelque erreur de diagnostic. Ces tumeurs fibreuse.? sont tout à 
, fait distinctes, ont une nature propre , une vie propre , et ne sont pas 
susceptibles de transformations. Elles resteront toujour? ce qu’elles 
sont. Ce n’est pas le seul exemple que nous ayons de tumeurs qui ne 
se Iransfornieut pas. Un lipiime, par exemple, ne deviendra jamais un 
squirrbe. On- s’est étayé de l’exemple des tumeurs fibreuse.? de l’iifériisi 
pour adopter la pus.sibililé de, leur dégénérescence. Mais je mets forte¬ 
ment en doute cetté dégénérescence cancéreuse des tumeurs fibreuses 
de l’utérus. Je n’eu connais pas dans la science d’exemple incontesta¬ 
ble; celrri même de Dupuytren me parait pouvoir être mis sérieuse¬ 
ment en doute. Quand on fait attention d’ailleurs au mode de dévelop¬ 
pement si différent du cancer et des tumeurs fibreuser, on est porté à 
conctiii-e que la dégénérescence de celles-ci doit être fort rare. 

’foiil ceci comluil à la question capitale soulevée par M. Cruveilliier. 
Faut-il opérer les tumeurs des maïuelles? i\l. Cruveilliier a soutenu la 
négative, et il me semble qu’il n’y a pas assez réllécbi pour avoir pu, 
dissiper tous les scrupules. Je suis d’une opinion contraire à la sienne, 
et je (iis qu’il faut opérer. D’abord, le diagnoslic c.st fort difficile , et 
tout le monde voit le danger qu’il y aurait à laisser dans l’économie 
un squiirlie ou un ericéplialuïJe enkysté. Ensuite , M. Cniveilhier n’a 
pas dit que ces tumeurs libc. uses pussent guérir autrement que par 
l’opération. Je sais bien que certains praticiens pensent par nu traite¬ 
ment local nu général faire disparaître ces tumeurs. Uii de nos collè¬ 
gues , M. Récamier, en a cité de nombreux exemples; mais je crois 
que ce .sont là autant d’erreurs, et qu’il n’existe pas un seul fait au- 
Iheiiliqiie de guérison par ces moyens. On a confondu les tumeurs 
avec les indurations de la glande mammaire. Pour mon compte, je 
crois que les tumeurs fibreuses, fibrineuses ou caucéreuses dans toutes 
leurs variétés, ne péuveiit'pas giiérir sans opération. 

Ici se présente une question incidente riisolite déjà par un grantï 
nombi-ii de praticiens qui ne veulent pas que l’on opère le cancer. 
Toute la difficulté consiste à savoir si l’on a réellement giiér-i des tu¬ 
meurs cancéreuses par ropération. Oui, pour mon compte , j^eu ai 
guéri, plusieurs autres prâticiens en ont guéri, et entre autres exem¬ 
ples qui me sont propres, je citerai céliii d’une bouchère de Paris opé-i 
rée d’une tumeur encéphaloïde érronne depuis sept à huit ans, et qiiij 
depuis lors, jouit d’une excellente saritév Donc la récidive u’a pas tou¬ 
jours lieu ; donc il faut toujours opérer, puisque le cancer, abandonné 
à liii-même , tue toujours. 

Maintenant, quand faut-il opérer ? Le plus tôt possible pour s’abri¬ 
ter contre les récidives , pour empêcher l’infcCtion générale. Si l’on 
pouvait dire que cette opération est grave , on concevrait la répugance 
des pralioieiis ; mais , comme le faisait remarquer M. Gerdy , cette 
opération, pratiquée dans des circonstances favorables, sur de.s femmes 
saines du reste, ne donne pre.«que jamais lieu à des suites fâcheuses. 

De tout ceci, je conclus qu’il peut exister dans les mamelles des tu¬ 
meurs fibreuses ou fibrineuses , comme je l’ai dit depuis long temps , 
que ces tumeurs peuvent ne pa.s dégénérer, mais au.ssi qu’elle s ne peu¬ 
vent pas guérir autrement que par l’opération , qu’il est .‘ouvent tlifli- 
cile de les disliri'giier des tumeurs cancéreuses, et qu’elles doivent être 
opérées le plus tôt possible. 

M. Roux. Mou état d’indisposition me ferait regretter beaucoup de 
ne pas pouvoir prendre part à ce débat et de ne pas cberclier à prou¬ 
ver que la doctrine de M. Cruvcilliitr n’est pas aussi bien fondée qu’il 
le pense, si je ne croyais que la discu.-;.siou ne sera pas cluse aitjour- 
é’iiui et qu’elle pourra se çontiiiiier dans la prochaine séance. Je suis 
obligé de renoncer aiijourd’Iiiii à mon tour de parole. 

M. Roux est en effet très enroué. 

M. CruvnlMer. Je regi-etle à. mon tour de ne pouvoir profiter des 
lumières que M Roux ne inaiiquerail pas de répandre sur la discussion. 

Je pense aussi que la disciis.slon puurra se , prolonger jusqu’à la pro¬ 
chaine séance , et je prends l’engagement de répondra à ses objections, 
comme j(i vais répondre à celles qui re sont produite.? jusqu'ici. 

Un fait général résiille jusqu’alors de la di.scus.--ion ; c’est la croyan¬ 
ce, à jiart qnelqiiescxi épiions, à l’exislence des tumeurs fibreuses de 
la mamelle. Désormais, dans le diagnostic, ou devra tenir compte de la 
possibilité de ces tumeurs , et par ce résultat seul je nie félicite d’avoir 
appelé raltention des pr,iticiBns sur ce sujet. 

Mais si nous sommes à peu près tous d’accord sur ,1’existence de 
ces tunienrs, il s’en faut que nous lé soyons sur d’autres points : 

Et d’abord sur la fiéqtieuce : J’ài dit et je .soutiens que les tumeurs 
fibreuses des mamelles sont très fiéquerlte.s ; M. Blandin dit, au con- 
trairé, qu’elles sont très rares. Celte divergence tient aux différents 
pomis de -viié sous lesqiiels on se place. Il y a quelques années , j’au¬ 
rais dit comme M. Blandin. Mais après avoir vu, et long-temps vu ; 
^aiid j’ài vu fies tumeurs fréquentes ebr-z lès jeunes filles à l’épotiue 
delà puberté, qiiailde j’ai vu qu’elles ne dégénéraient pas , quand j’ai 
ru qu’opérées elles ne reputlulaieiit pas ; quand je les ai examinées 
anatomiquement, 'ators je me .suis détnandé s’il ii’y avait pas lieu d’en 
taire urie description nouvelle et plus fidèle. On conteste tiujoufd.’Uui - 
tues opinions, j’tm appelle au temps et à l’cxpér-ience. Si je suis par- 
Tciit, et je l’espère , à jeter quelques doutes dans les espi'its, cela me 
auffil ; le temps fera le reste. 

Uuc autre raison de divergence, c’est la confusion qui existe sur les 


corps fibreux eux-mêmes. M. Blandin professe qu’ils sont susceptibles 
de dégénérescence , c’est une grave erreur , surtout basée comme elle 
l’a été sur ce qui se passe sur les corps fibreux de l’utérus. Ceux-ci 
ne dégénèrent jamais, quoi qu’on en ait dit. J’ai vu très fréquemment 
à la Salpêtrière des femmes de quatre-vingts ans et plus qui portaient 
depuis quarante ans des corps fibr-ttix de l'utérus sans aucune espèce 
de trausformaiiorr. M. Ca.stel a dit que ces corps fibrrrux n’étaient que 
l’embryon de la ntaladie ; il faut convenir que dans ces cas l’embiyou; 
' était un peu vieux. 

Mais je dis plus; les corps fibreux sont incompatibles avec le cancer, 
comme le font les naturalistes, et surtorrt en botanique, j’ai cberché à 
'établir des luis d’antagor.rsrne et d’incompatibilité entre certaines mala¬ 
dies. Je suis arrivé, pour la question actuelle , à ce résultat, qu’il 
n’existe pas un seul cas de coïncidence entre les corps fibreux et le 
cancer. 

Ce qui manque en patliolrrgic, c’est Isidéter mination précise des es- 
- pèces patliologiqiies. J’aiclierché à l’établir dans mon travail pour les. 
corps fibreux, qui me paraissent une espèce parfaitemeui distincte du 
squirrbe et des .autres variétés du cancer. 

Quant aux difiicullés du diagnostic, je ne les nie pas; elles sont eu 
effet très grandes, et l’erreur est très facile. J’ai vu un opérateur s’ap¬ 
prêtant à enlever un squirrbe, dont le bistouri tomba beiireusement suri 
un kyste .séreux el l’ouvrit. Une autre fois j’ai vu enlever toute une 
mamelle-, au milieu de laquelle se trouvait un kyste séreuS. Je crois 
qu’il est fort dilücile de les distinguer, ces tumeurs fibreuses , des 
kystes encéplialoïdes , si ce n’est par leur marche et la douleur ; des; 
tubercules , quoique ceux-ci ne soient jamais solitaires et présentent 
une grande rapidité d’évolutions, du cancer limité, des indurations du 
sein. Vous voyez que je ne nie pas les difficultés du diagnostic. Il y 
aura doue des cas douteux. Eb bien 1 dans ces cas douteux , il faut 
opérer;_c'est aussi mon avis. Mais dans les cas où le diagnostic est 
positivement établi sur l’existence des tumeurs fibreuses , l’opération 
doit être rejelée. 

Ceqcndant on m’objecte que ces tumeurs fibreuses ne peuvent pa.s 
guérir spontanément. Cela est vrai ; msis quelle différence entre une 
tumeur iiioffensive, indolente , dont la présence ne donnera lieu à au¬ 
cun accident, et une opération cliirurgicale qui si souvent a des ré- 
•niltats funestes, quoiqu’on en dise P 
M. Moreau. Il restera de cette discussion que toutes les tumeurs de 
la mamelle ne sont pas cancéreuses, et qu’il ne faut pas les opérer 
toutes. Je connais une dame qui depuis trente ans porte au sein une 
de ces tniueurs indolentes , et dont la santé générale u’a subi aucune 
atieinte. J'en connais une autre qui porte au sein, depuis quatre ans , 
une tumeur gros.se comme le poingt, dure, bosselée; ou ii’y fait rien, 
et elle ne s’eu trouve pas plus mal. On a dit que les opérations sur le 
sein n’avaient aucune gravité. Un coup de bistouri est toujours une 
chose grave. Le fer doit être VuUima ratio medkorum. Je crois 
qu’on doit poser en principe que toule tumeur indolente , dure , mo- 
bde doit être respectée. Et comme conséquence générale de cette dise 
cussion, il faut dire qu’il ne faut opérer que les cancers enkystés. 

La discussion est renvoyée à la prochaine séance. 

— M. Blandin présente une tumeur qu’il a enlevée à la voûte pa-: 
latine, et qui présente tous les caractères assignés par M. Cruveilbiet 
aux tumeurs fibreuses. Or, de deux choses l’une : ou cette tumeur est 
un corps fibreux, et alors il est susceptible de dégénéiesceiice , car ce¬ 
lui-ci a dégénéré ; ou ce ii’esl pas un corps fibreux , et alors il a pré¬ 
senté tous les signes diagnostiques que U. Cruveilliier a indiqués pour 
les corps fibreux. 

M. Bérard ne veut que faire remarquer, pour y revenir plus tard, 
que ce corps est bosselé. 

— M. Lisjranc présente un jeune homme sur lequel il a détruit 
une cicatrice vicieuse qui occasionnait de graves accidents. Quelques 
mois après sa naissance, le sujet tomba dans le feu ; il en résulta un« 
large brûlure qui fut suivie d’une vaste cicatrice ; celte dernière s’é¬ 
tendit : I» de la partie inférieure du bord antérieur de l’aisselle gaiiclié 
à l’apophyse coracoïde du côlé opposé; 2» de runion du tiers inférieur 
du sternum avec sou tiers moyen, au devant de l’oreille gauche ; le 
menton était adhérent à la partie antérieure et supérieure de la poi- 
Iriiie ; la lèvre inferieure, complètement renversée, se confondait pou? 
ainsi dire avec la paroi de cette cavité ; le tissu inodulaire qui siégeait 
d’ailleurs sur toute la longueur de la Lee antérieure du col, était eii 
grande partie constitué par des brides dont le diamètre antéro-posté¬ 
rieur était d’un centimètre environ ; le transversal en offrait neuf. 

Par la boushe largement ouveite s’écoulait une grande quantité de 
salive qui , affaiblissant beaucoup le malade , occasionnait d’ailleurs 
nue dégi ûtante malpropreté. Déjà de l’engourdisscraent se faisait 
éprouver sur les membres tlioraciques ; il devait être atlribué à la 
gêne de la moelle épinière que comprimait la colonne vertébrale, dont 
l’allongement était empêché par l’adhéreiioe du menton. La faiblesse 
exirème et les prudromes de paralysie inspiraient des craintes sérieuses 
pour la vie de l’enfant, âgé de huit ans, lorsque M. Lisfranc le vit pour 
la première f.is. 

Ce praticien pensa qu’une opération pouvait être tentée, et le Conr 
seil général des hôpitaux fit passer Naquart de l’hospice des Incura¬ 
bles ( hommes ), où il avait été admis , à riiôpilal de l'a Pitié. 

M. Lisfranc opéra le malade dans le courant du mois de juin 1829. 
On trouva entière la lèvre inférieure dans l’épaisseur des parois lliora- 
ciques ; les cicatrices furent divLsées et les brides enlevées ju.sque sur 
la partie inférieure de la face ; il n’était pas possible de faire de l’au- 
tnplaslie , ni de rapprocher les bords de la plaie ; il coula beaucoup 
de sang ; l’opération offrit de grandes rlifflcullés ; ou parvint, mais 
lentement, an bout d’une huitaine de jour.s, à ramener la tête à sa 
rectilude ordinaire. La solution de continuité se cicatrisa , mais la 
lèvre inférieure se renversa de nouveau en grande partie et le menlon 
s’abaissa encore; il demeura distaut de trois centimèirts des parois 
thoraciques. 

Onze mois après, M. Lisfranc'pratiqua une seconde opération moins 
difficile et beaucoup moins longue que la première. Celte fois, la lête 
conserva presque sa rectitude normale; mais la lèvre inférieure se ren¬ 
versa à demi ; deux brides a.ssiz considérable.? se formèrent sur les 
parois anlérieures et latéiales du cul ; elles partaient de la, région in¬ 
férieure de la face. 

M. Lisfranc a fait une troisième opération il y à vingl-lrois mois ; 
il'a iweisé les cicatrices; il a enlevé les brides; il a pratiqué l’ablalion 
(lu tiers de la lèvie inférieure; ii en a rattaché les deux autres tiers 
sur la joue; il a employé très souvent le nitrate d’argent fondu pour 
réprimer les chairs. D’ailleurs , le malade ii’a jamais éprouvé aucun 
accident grave. 

Les résultats que présente aujourd'hui le sujet sont définitifs, puis¬ 
qu’ils datent de vingt-trois mois. La tète a recouvré sa rectitude ordi¬ 
naire; l'a lèvre inférieure, quoique légèrement tiraillée, a conéervé sa 
position normale; il existe sur la partie antérieure et latérale gauclie 
du col une tiès petite bride qui u’uffre presque pas de saillie, et qui 
est un peu mieux dessinée lorsque l’opéré renverse forlemeot la tète 
en arrière. Celte bride n’a pas augmeuié .depuis six uiuis. 

M. Lisfianc termine sa communication verbale en faisant ob¬ 
server à l’Académie qu’il lui a présenté Naqnart, 1“ pour prouver 
que les diffii.ultés, la longueur de l’opéralion cl retendue de la plaie 
ne doivent point arrêter le chirurgien en pareille occurrence; 2“ pour 
déinonlrerque si l’autoplastie est impraticable, il est permis, suivant 
la méthode àoeieutre qu’on a tant blâmée, de taire la section de la ci- 
eateice et d’enlevee les- brides; que eelte méthode peut être suivie d’un 
succès presque complet, même dans les cas les plus graves. 

— M. Lucien Boyer présente un appareil d’instnimenfs destinés à 
faciliter la ligature des polypes de l’utérus. Cet appareil se compose : 

1» De deux porte-fils, simples tiges d’gcier de 25 centimètres de 


longueur, percées à l’Une de leurs extrémités d’un châs d’aiguille de 
5 millimètres de long, et présentant à l’autre bout un anneau de 5 mil¬ 
limètres de diamètre ; 

2° D’une balle du calibre de guerre à peu près, percée d’un trou 
suivant son épaisseur; 

3» D’une tige d’acier de môme longueur que les premières, présen¬ 
tant à l’une de ses extrémités un anneau de 10 millimètres de diamèire, 
soudé avec elles suivant un angle de 40 degrés, et à l’aulre extrémité 
une plaque ou anneau de même dimension, soudé à angle droit du 
même côté de la’fige. Cet instrumment peut être désigné sous le nom 
de serre-nœud provisoire. 

4° D’un serre-nœud ordinaire de Desault. 

Un fort cordonnet de soie étant enfilé dans le châs des deux porte- 
fils, l’opérateur en fixe un des chefs à l’anneau de celui qu’il destine à 
la main gauche, et, laissant l’autre chef passer librement dans l’anneau 
du second porte-fil, il l’attache à la balle de plomb, qui se trouve 
ainsi suspendue à son extrémité. Celle-ci, par son poids, maintient 
constamment le fil au degré de tension convenable quels que soient l’é¬ 
loignement ou le rapprochement alternatifs des deux tiges, sans que 
le cliirurgien ait besoin de s’eu occuper lui-même ou de confier ce soin 
à un aide. 

L’o|iérateui', après avoir porte le doigt indicateur de la main gauche 
sur le. pédicule de la tumeur, conduit sur lui les deux porte-fils réunis, 
et lorsqu’ils sont arrivés au niveau dé ce pédicule, il retient le pre¬ 
mier immobile dans la main gauche , tandis que de là main droite il 
dirige l’autre autour de la tumeur sans avoir en aucune façon à s’in¬ 
quiéter du fil. Lorsque le porte-fil a fait le tour de celle-ci, le fil est 
nécessairement enroulé autour de son pédicule, et exactement appliqué 
sur lui I ar la traction qu’exerce le poids de la balle de plomb. 

Alors, l’opérateur léunis.sant les dçux tiges dans la main gauche, les 
tient exacleiiient appliquées l’une contre l’autre, détache les deux ex¬ 
trémités du fil et le débarrasse de la balle de plomb désormais inufile; 
il introduit à la fois les fils et les tiges dans l’anneau du serre-nœud 
provisoire qu’il fait glisser sur eux jusqu’au col de la tumeur. Le fil 
étant alors retenu par cet anneau, il relire les deux tiges sans aucune 
crainte de le déplacer; il en introduit ensuite les deux chefs dans l’an¬ 
neau d(] serre-iiœud de Desault qui glisse sur le fil et vient s'appliquer 
exactement au pédicule du polype ; en pa-saut dans l’anneau du serre- 
nœud'provisoire qui est aussitôt retiré , le fil est enfin fixé dans la 
fente du serre-nœud définitif suivant le procédé ordinaire. 

Cet appareil a déjà été, dans les premiers jours du mois, mis en 
usage par M, Lucien Boyer sur une jeune femme épuisée par les blen¬ 
norrhagies dues à un polype de l’iiléru.», qui s’est détaché le neuvième 
jour apiès la ligature; la malade est aujourd’hui en convalescence. 
Il offre des av,-iutages qui seiont facilement appréciés des opérateurs 
habitués aux dilficuités que présente quelquefois la ligature des poly¬ 
pes contenus dans la profondeur des organes génitaux de la femme. 

— La séence est levée après cinq heures. 



académie; des sciences. 

Séance dü 22 janvier 1844. — Présidence de M. Dum. 

M. Magne adressé un mémoire sur les trois lumières de l’œil.—Feu 
le prolë,stur S insun commença à observer en lg36 , et signala à-sa 
clinique en 1837, que lorsqu’au devant de l’œil d’un amaurotique dont 
la pupille est dilatée, on présente une bougie, l’on distingue toujours 
trois images de la flamme se succédant d’avant en arrière. La pre¬ 
mière, l’antérieure, la plus vive, est droite; la seconde, ou moyenne , 
moins éclataufe, est renversée, et la troisième, ou postérieure, beau¬ 
coup plus pâle que les deux autres, est droite comme la première. 
Sansou et ses élèves arrivèrent aux mêmes résultats ; voici ce qir’ils 
constatèrent : l’image druite antérieure est produite par la cornée ; la 
moyenne renversée est due au segment postérieur de la capsule cris¬ 
talline; la droite poslérieure provient du segment antérieur de celte 
même capsule. L’opacité de la cornée détruit les trois images. L’opa¬ 
cité de la capsule antérieure fait disparaître les deux images posté¬ 
rieures. L’opacité de la capsule poslérieure empêche la prodoctron de 
l’image renversée. En d’autres termes, dans la cataracte capsulaire 
postérieure on ne voit pas la lumière moyenne ou renversée ; dans la 
cataracte capsulaire autéiieure, la lumière antérieure droite est seule 
visible, de même pour la cataracte capsiilo-lenliculaire. Les expérien¬ 
ces de M. Pasquet, jointes à celles-ci, confirmèrent cette conclusion 
qu’une cataracte , même commeiiçinle , peut toujours être distinguée 
de l’amauro.se et du glaucôme. Dans le glaiicôme et l’amaurose, en 
effet, l’altératiou ne portant nullement sur l’appareil du cristallin , on 
renconlre toujours les trois images de la flamme. 

— MM. Désirabode père et fils adres.seiit un mémoire en réponse à 
celui adressé par M. Lefoulon sur les moyens de prévenir et de corri¬ 
ger les vices de la seconde dentition. Ce travail se termine ainsi : ' 

Des observations que nous venons d’avoir l’iionneur de soumettre à 
l'Académie, nous nous croyuns en droit de conclure, contrairement à 
l’opinion du praticien qui les a provoquées ; 

1° Que l’arc alvéolaire, complètement immuable dans l’intervalle 
qui sépare les deux dentitions, ou pour parler d’une manière plus ex¬ 
plicite, dans l’intervalle qui sépare la fin de la première du commen¬ 
cement de la seconde, et ne se développant qu’au fur et à mesure de 
l’apparitioD des dents permanentes, il est rationnel d’admçltre avec 
Fox , Biinon , Bourdet et M. Duval, que l’enlèvement, dans cerlaiiu.s 
cas as.-iez fréquents, des dents piimitives, est un moyen auquel on est 
souvent forcé d’avoir recours pour favoriser l’arrangement régulier de 
Celles qui doivent les remplacer. L’expér ience de tous les jouts prouve 
les dangers de la métiiode contraire; 

2° Que si l’art possède des moyens de remédier à plusieurs cas de 
diffurmité de la dentute, ces moyens ne sont en réalité que ce qu’ils 
étaient il y a loug-temps, et que si les praticiens anciens avaient moins 
souvent recours que nous à leur emploi, c’est qu’ils t-laienl mieux pé¬ 
nétrés des mécomptes qu’on éprouve à cet égard, et qu’ils avaient sun- 
veot vu que les tentatives devenaient infi'uclueuses nu que les résultats 
n’étaient obleous que par la perte consécutive des dents sur lesquelles 
on avait agi. 

3» Que cberclier à développer la voûte palatine par des res.soits ou 
tout autre agent mécanique, comme moyen de corriger les défecluosi- 
tés de la denture provenant de l’extrême élroitesse de cette voûte os¬ 
seuse, est une idée compléternenl chimérique, l’expérience démontrant 
que tout ce-qu’on pourrait obtenir à cet égard serait de faire obliquer 
certaines parties de cette denture, surtout si l’on prenait appui sur le 
bord libre des dents, et le raisonnement faisant pressentir qu’une puis¬ 
sance disposée pour cunceiitrer son action sur les os qui forment la 
voûte palatine, les séparerait plutôt les uns des autres qu’elle ne les 
allongerait ou ne les évaserait dans leur corps même. 

— M. Lieutaud , chirurgien de marine, adresse un mémoire sur 
l’histoire naturelle et les propriétés médicales du clianvre indien. 

Cette espèce de chanvre, que beaucoup de botanistes regardent comme 
le même que notre chanvre commun (cannabis saliva), acquiert, sous 
l’influence cüinbiiiée du climat chaud de Ttiidc et du sul sur lequel ou 
la cultive , des propriétés narcotiques très actives , qui la rendent un 
médicament précieux contre la plupart des affections conVulsives. 

Il expose dans ce mémoire ; d’après les renseignements précis qui 
lui ont été fournis par les docteurs Monad et Jackson de Calcutta, tous 
les détails sur la culture de cette plante, qui pourraient être consultés 
avant de choisir les terrains, les amendements et les engrais conve¬ 
nables aux essais à entreprendre dans nos colonies. Il insiste plus 
particulièrement sur celle de ces conditions qui lui parait la plus fa- 













40 


Torable au développement do i.rincipe actif du chanvre, c est la pré¬ 
sence des sels nitreux dans les terrains où la culture de cette plante 
réussit le mieux. 

Les propriétés eniviantes du chanvre 
de l'Inde depuis un temps immémoiiul. 




1 professeur de matière médicale 


les diverses piéparation.c eiiiviante.s, en ii^age pai 
Calcutta , d’après les indicatioi 
O'Shangues}-. 

Pendant nu séjour de deux ans dans 1 In lo-Chine , il a pu souvent 
observer les pliénomènes physiologiques qui caractérisent 1 ivresse du 
chanvre. L’auteur les décrit avec étendue en les comparant aux eflets 
que produit l’opium chez les fumeurs chinois. 

La partie la pins importai.te de ce mémoire se rapporte aux divers 
essais thérapeutiques tentés dans les hôpitaux de Calcutta avec la té- 
sine du chanvre par les docteurs O'Brien , lîaleigtr, O’Shangnesy, ts- 
dale, etc. Ces essais con.'^taleut d’une manière évidente les bons et- 
lets qne l'on peut retirer de 1 emploi de cette subdance. dans te rbu 
matisme articulaire, le tétanos, tarage, le choléra asiatique , le 
delirium trernens et les couvulsiuus des enfants. 

— M. Bailleul adresse pour le prix Munthyon des considr'rations 
générales sur la variole conllueule ; d.! son traileiiienl par la désinfec- 

lir— Anatomie chei les Chinois. — M. Lkutaud adresse è l’Ac. dé- 
mre de. sciences la copie d’une planche d’a.,alomie chinoise trouvée a 
Xching-Haë , avec une explication des viscères qui y sont représentés. 

La planche anatuniiqiie dont l’explication fut le sujet de la no.e 
qu’on va lire, m’a été vendue, ainsi qne quelques autres qui seront 
présentées plus tard à l’Académie. |iai un médecin de fching-Hae, 
Liés la prise de cette ville par l arméc anglaise le 14 octobre 1841. 

Ces planches, comme nous l’apprend la date inscrite sur urie d i lle.s, 
ontélé gravées en l’aiinée 1576, c'esl-à-lire à nue époque ou hs Chi¬ 
nois ne pouvaient avoir reçu aticntie coinii.itnicalion sur 1 état de nos 
connaissances anatomiqn. a eu Europe. Le texte qui les accompagne a 
é é traduit par M. Julien. ..... , i 

Le dessin original dont je |.résenle la copie ci-joinle représenle la 
forme et la position des viscères, tels que les niédecius chirioi.s h s con- 
c dvent II est int.tiilé ; Description des organes du corps de l homme. 

Ces o'rganes sont divisé., en deux classes •. les tsang qui correspon¬ 
dent h nus viscères parencliymeuleux et qui sont au noiiibre de cinq , 
savoir , les'poumons, le cœur , le loie , la late et le rem ; les/ou ou 
viscères mcmbianeux, au nombre de six; le gros ft le petit ii.le.-tin, 
l’pcfoiTiric lîi vtjssiCi lü vésicul^i fit*l et les tjotS 

Le cerveau n’est pas compris parmi ces organes ; il est désigné dans 
la planche sous le nom de mère de la moelle, laquelle se pr olonge jus- 
uu’à l’os de la queue du coccyx. 

^ L’oiilice rie l’air, ke, condu.t ce lliiide dans un canal coriespondant 
h la trachéc-aitère dont les cerceaux cartilagineux sont assez bien in- 

le divise eu sept 


e du thoi 


X lobes pulmonaires de ce côté. 


diqués. 

Ce canal, arrivé à la partie s 
canaux secondaires; 

Quatre à gauche se rendent 

Un au centre, se rend au cœur. 

Deux à dioit: se reudeut aux lobes pulmoriaircs droits. 

Les pourooiis, Je, au nombre de deux, sont logés dans la cavité tlro- 
raciaue ; ils sont divisés en six lobes, deux à droite, quatre à gauche, 
suspendus aux subdivisions de la tr achée et di-posés comme les péta¬ 
les d’une tleur autour du cœur qui, placé au centre, eu représenterait 
assez exactement le pistil. , 

- Le cœur sin, placé dans le thorax au milieu des lobes pulmonaii 
parait suspendu par sa base è la trachée. Sa pointe.si inclinée è dr 
te sa base est tournée en haut et à gauche ; elle est recoiiveite par 
péricarde paou lo (rnotà mol, envelop,.ede l’aitère), constitue par sept 
lamelles imbriquées se recouvrant par la moitié. 

De celle base qui rrçoit le canal de 1 air, partent trois autres canaii 
oui mettent le lœur en coininunicalion avec les viscères de 1 abd .mec 
^ Celui de gauche descend le long de la colouno vertébrale pour s 
rendre au leiii. , 

Celui du cenlie se rend au foie , 

Le'cœur eu's ^umoins sont séparés de.s viscères abdominaux pa 
le diaphragme kih mo ( mot à mot, peau de >■*, I>Me 
l’épine dorsale, aux côtes et a la leaii du vuitn. It remplit, dit e 
texte , l’office d'un rideau qui empêche IcS émanations gros.ièies de 

Au^essüusVu dîaplœagme , nous voyons dans la cavité ah Jominale, 

10 à dioite, l’eftomac wé, représente à p.u près sous sa Ibrine réelle , 

11 reçoit bs aliments par l’œsoidiage. dont l’oiifice supérieur est des¬ 
siné l côté de celui de l'air et qui communique avec 1 estomac par 
l’ouverture cardiaque/liii muir 

La lace su, érieure de l’estoi 

*”T'droite de l’estomac communique l’orifrcr pytorique yeou 
(mot à mol, porte obscure) avec i- .i,eo...,.i„.ioMs du net.t inl 
seoM tchang , qui remplissent U 

ab^ominaK s’abouche avec le gros intestin jiar U porte lan 

mun ( valvule iléo-cœ.cale ) où se fait la sé|iaration des parties .so id, s 
et des parties fluides du bol alimentaire. Taudis que ces dernières se 
rendent dans la vessie . les résidus solides de la iligestion parcourent 
les circonvolutions intestinales et viennent aboutir à l’intestin droit 
( rectum ) thé tchang , lequel vient s ouvrir è 1 anus. 


La vessie pang kouang, dont la partie supérieure est cachée sous 
es circonvolutions intestinales , s’ouvre à l’extérieur par le canal de 
’urine 7ieaou, qui vient s’accoler dans la verge au canal excréteur 
du sperme 011 tsing. 

A droite et un peu aii-’lessiis. de l’estomac se voit la rate pe, qui 
immiiiiiqUB directement avec le cœur à travers le diaphragme par 
1 long canal. 

A gauche et au-dessus derJ’estomac sont placés les lobes du foie 
kan, lepié.-cntés comme ceux du poumon, par des appendices foliacés 
groupés sur le canal qui vient du cœur, comme les pétales d’une fleur 
aiiloiir de leur pédoncule, de manière à entourer la vésicule du fi-l 
tau , placée au centre des lobes liépatiques, comme le pistil au milieu 
des pétahs. 

Eiifiu nous vovons tout à fait en arrière et è gauche, suspendu con¬ 
tre la colonne viTlébrale , le rein chin , aussi eu communication avec 
le cœur par un long vaisseau et recouvert de plusieurs membraiie.s ou 
enveloppes, (le viscère , qui pour les physiologistes chinois est 1 or¬ 
gane e.ssentiel de la gcui ralion, chargé spécialement de la fabricalioti 
du sperme, excrète ce dernier liquide par un long canal qui de cend 
lu lo. g de la colonne veriéhr b', croise le rectum et vient s’accob r da .s 
la verge au canal de l’uiètre. 

Les idées que se ioimeiit les médecins chinois sur la figure et la po¬ 
sition de.s viscères, sont loin d Cire exactes, comme nous venons rie 
le Voir, lin jelaiit les yeux sur le dessin de Tching-Uaë , il est facile 
de s’a,,crcevoir que ce dessiit a.dû être tracé i.ar qm Iqii’iin qui ayant 

vu une prépaiation imparfaite des viscères intérieuis , aurait ensuite 
représenté ces viscèies de mémoiie, et eu faisant concor-der Jeur arian- 
genient avec les fonctions qu’ils sont censés accomplir. C’est aiii.sr , 
par exemple, que ce long canal qui (ait communiquer eriseiuble le 
cœur et le rem, puis ilescend jusqu’à la verge , et qui i ar pareiilhèse 
suit à pur près le même trajet que le tronc aortique, a été évideimnelit 
représenté conforiiiémei.t à la théorie physiolog que des Cliinoi.- sur la 
géiiéralioii. Ils adini'tlent, én elfel, que les éléments du sperme qui 
s’él.boie dans le rein, sont fournis par le cœur, qui , disent-ils , en¬ 
voie un fluide subtil dans cet organe , où il est Iraii-foririé en liquide 
gtiiiéraleur ou semence, transmis au dehors par le Ising ( mot a mol, 
par 011 le sperme e.^tilistiihué). 

Il existe nue singiilièie analogie entre la tbéorie de la séi rétion uri¬ 
naire, telle que la conçoivent les Chinois, et celle admi.se par les méde¬ 
cins grecs qui ont précédé Galien , qui admettaient eux aussi que les 
urines se séparai nt des aliments dans le tube inte.stiual , d’eù elles 
passaient directement dans la vessie par des pores ou des vai.-seaiix 
iinaginaires. Ou sait que ci Ito opinion err onée a été partagée pendant 
long-temps par un certain nombre de médecins européens, et que les 
vér itables fonctions du rein étaient encore si peu répandues du temps 
de Haller, i)ue ce grand physiologiste se cnit oblige de Lire quelques 
I (forts pour les faire admettre généralement. 

Eu lête de la planche dont l'explication fait le suj>l de Cit article, 
se trouve un exposé des foiiclions des oigiins qu’elle représente, con- 
forine aux idées physiologiques des médecins chinois; Mais cet ex¬ 
posé, évideminent incomplet et tronqué, ne donne qu’un aperçu très 
peu intelligible de leurs théories. 

Le premier organe, celui qu’ils placent à la tête de tous Ls atilies, 
eu égard à l’importance rie ses fonctions, c’est le cœur en qui ré.'ide le 
pih ou âme sensitive. H tient en queh|ue sorte sous sa dépendance 
tous les autres viscères avec Icstiuels il communiqire, comme nous 
l’avons vu. 

Après le cœur vient le-foie , siège du hivars ou âme intelligente ; 
bs modèles rt le plan, d.t le texte, émanent de lui. La vé-icule du fi-1 
est la soiiice des déterminations bardirs. 

Le troisième organe essentiel e.sl le centre de la poitrine eheuchung 
qui correspond aux poumons, et dans lequel siège l’âme vitale, le 
souffle ke, dont l'apparition à l’époque de la naissance .signale l’arri¬ 
vée de l’homme da.is le monde extérieur. 


REVLE DES JOURNAUX U 


MÉDECINE. 


AnCHlVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE. (Jail 


r 1844.) 


c par l’épiploon tché 


la courbature accidentelle et la fracture incomplète 
des os longs chez lék enfants ; par le d.icteur Tiiore. 

Mémoire non terminé , sur lequel nous reviendrons. 

Recherches sur ta structure spongieuse de la rate ; par ie D' 4 icla. 

Ce travail peut se résumer dans b s propositions suivantes : 

La rupture de la rate est un accident très rare. 11 e.sl ordma rement 
précédé d’un travail morbide congestionnel , iiillam i.atoire ou hyper 
trophique, dans li rate, dont il e.-t la conséquence et l’un des mo 1rs 
de terminaison. Une douleur dans la région splénique , le ballonne¬ 
ment du Vilitre , quelquefois des nausées ou nié.iie des vomisse ncéts, 
la con.stipatioo , la fréqnenclî et la petitesse croissante do ponts, 
pothymies et même la syncope ; l’inlégiité des fonctions intellcctin lies 
jusqu’au dernier moment, malgré les souffrances et une anxiété lirs 
plus vives, sont les sympt'ôims observés le plus souvent ; mais il y 
a, à cet égard, des dilférenç.-s et des variétés nombreuses. La mort a 
été jusqu’ici la terminaison commune et ordinairement prom(.le. Le 
ferme varie de quelques heures à six jours. La forme de la déchirure 
est linéaire, angulaire ou arrondie. La quantité de sang épanché est 
ordinaiiemeiit abondante. Ûne partie est coagulée, l’autre reste liquide^ 


Cet accident n’est pas suivi de périfonife. La rupture de la rate esl 
difficile à reconnaître. Ses, symptômes sont faciles à confondre avet 
ceux qui résultent de la perforation du canal digestif, de la déchirure 
d’uii gros vaisseau de rabJoiiien. Elle présente aussi des analogiej 
nombrenses avec la péritonite circonscrite on générale et mêrne avec 
la pleuiésie, la péricardite ou la pbiiro-pneumonie- Le traitement 
de cet accident, si l’ensemlile drs symptômes autorisait à le soupçon, 
ntr , devrait consister dans l’emploi raisonné des hémostatiques et de 
l’opium à haute dose. 

Du traitement de la goutte par les eaux de Vicht/; 
par le D' F. Rili.iet, de Genève. 

Dans ce mémoire, l’anteiir rappelle et examine toutes les discussions 
que celle question a soulevées dans la presse et dans les académies; ü 
expose les résultats de sr s propres observations, et il arrive aux 
closions généraies qui suivent ; 

Nous croyons donc, en dernière analy.se, que b s Thermes de'Vichys 
comme bon nombre d’antres, peuvent prévenir, atténuer et guérir h 
goutte; 1» par le léginie auquel les malades sont soumis pendant h 
sai^on du traileim iit; 2» par i’eaii prise à l’intérinir et employé i 
l’extéiieur; 3° par les principes roinéralisateiirs que ces eaux contien. 
lient, et qui, pour la plupart, ont un effet diaplioiétique, diurétique, 
purgatif, résolutif ou dige.stif. 

L’antcur énumère, en outre, les motifs qui l’engagent à préférey les 
eaux de Vichy aux autres sources minérales. 

Nouvelles recherches sur quelques maladies du poumon chez la 
enfants ; par MM. Legendre et Bailly. 

Mémoire non teiminé, en opposition avec les idées généralement 
admises depuis le.s travaux des observateurs récents, et sur lequel nous 
reviendrons plus tard. 

ISKVîUE TH^K.4S»23CJ'a'ï«i&JSî. 

De l’application de l’eau bouillante , de l’éther enflammé, de l’ai, 
cool dans certaines maladies; par M. Convvaï J. Edwards. 

L’aiiti nr se sert des alcooliques enflammés, ainsi que de l'eau bouib 
l»iite, comme de puissants excitants de la peau, et des révulsifs. U 
cite quelques cas de convulsions opiniâtres qui cessèrent immédiate, 
ment après qu’on eût allumé de l'éther, avec lequel on avait mi 
l’épine dor.sale. Dans nn cas de croup , on entoura le cou avec de la 
flanelle tiempée dans de l’eau bouillante , ce qui provoqua immédiate, 
ment des vésicules. L’amélioration fut prompte. 

{Prov. med. surgic. Journ.) 

Solution de Fricke contre les condilomes. 

Libay a constaté l’efficacité de la solution de Fricke, appliquée exlé- 
licuremeiit contre les condilomes. 

Pr. Sulfate de zinc 8 grammes. 

Eau végéto-minérale, 180 

Cette solution agit lentenreut, mais ne détruit pas moins les coiiéy. 
lomes. {Œsterr. med. Jahrb.) 

NOUVELLES. 

On a distribué hier à la Chambre des députés le rapport de M. 
Vib t sur le projet de loi des patentes. C’esI un des premiers projet! 
de lui à l’crdie du jour après la discussion de l’adresse. 

— M. le ducteur Taillefer, membre correspondant de l’Académie de 
médecine, est porté par l’oppusilion aux élections prochaines de Sailat 
(Dordogne). 

Si cette candidature réussit, le département de la Doidogne se 
pré.«enté par deux députés médecins, M.M. Dezemeris et Taillefer. On 
sait au.ssi que depuis quelques années , dans le même département, 
l’éliction du maiéchal Biigeand est d.; plus en plus disputée parla 
candidalure de M. le docteur Cliavoix. 

— M. le minisire de l’agiiciillure et du cummerce a décidé que lei 
membres du j iiy de la Seine, pour l’exposition de l’industrie, seraient 
choisis dois les catégories qu’il a déb riniiiées, et nommés dans ces ta- 
tégoii- s par le préfet de lu Seine. Voici les nominations faites dans Iti 
catégories qui nous concernent ; section de médecine et de chirurgie 
de l’Institut, M. Velpeau ; Conseil de salubrité, MM. Fayen et liussi. 

— On écrit de Carcassonne ; 

M. Bisié, .iilnste, vétérinaire dans le 9» chasseurs, marié depuis vingt 
j iiirs, est muil de la morve,, dont il a été atteint en doninmt ses suiiii 
aux chevaux placés dans l’infirmerie. Il paialt que U cuiitagi.iu île celle 

au nialire ; ci-liii.ci, animé il’iin zèle peu cominnii, ayant l’imprmleiile 
liabilude de fl.iirtr les déjections nasales pour s’assurer de la réalileou 
du degré d’intensité de la maladie. (Observateur des Pyrénées.) 

— Le 20 janvier, M. Edouard ROBl.N ouvrira, par la Chimie, par 
la Physique et l'Ilistoiru naturelle , de iiouv, aux Cours piéparatuirts 
au Baccalaniéat ès-scieiicfs , et au premier examen de médecine. La 
Cours de Chimie sera commencé à midi, celui de Physique à dcui 
heures, et celui d’Histoire iialuielle à trois heures et demie. 

— Nous avons iiçu de M. Déguisé une lettre que le défaut a 
de place nous force à renvoyer au prochain numéro. 


-12 fort y, 


r double colonne 


BlBL.KOTËlËQfLJft: 

DE MÉDECIN PlUTICli, 

ou Résumé général de tous les ouvrages de clinique 
médicale ou chirurgicale, de toutes les monogra- 
nhies de tous les mémoires de médecine et de 
chirurgie pratiques, anciens et modernes, publiés 
en France et à l’étranger ; 

par une société de médecins, 

SOU9 la direction du leABBE, 
Rédacteur en chef de la Gazette des Hôpitaux. 
Prix de chaque livraison, à Paris, 3 fr. 

Prix de chaque volume, à Paris, 8 » 50 c. 

ON SOUSCRIT A PARIS, au Bureau du Journal, 
rue Dauphine, 22-24. 

IK rnHHlER VOLUME EST EH VEHTE. 

ï^^^êrment d’iSitppocrafe, 

BÉDIÉ a tous les médecins de tous les 

TEMPS. 

Prix 1 fr. — Au Bureau du Journal. 




4 fr. 


. BREVET D INVENTION. 

î.x’çosiUoii, 1839. — îà«,ào,\\.U à’ox. 
GHARIÈRË, COUTELIER, 

Fabricant d’instrumens de çhirurgie. Fournisseur de la 
Faculté de Médecine de Paris. 

Rue de l’Ëcole-de-Médecine, 9, à Paris. 

> de »eîn et Biberon, en ivoire flexible, de 4 à 10 fr. — Pompe simple A 
is réservoir d’air, de 12 à 24 fr. —Appareil du Dr Donné, de 5 à 8 fr. 
accompagné de la notice explicative. 

Dépôt à Londres, chez M. ’Warick, Laurence Pouutnay Lane. 



5 à 8 fr. — Chacun de ces objets 


SIROP PË®TORALn,<v.,vr.,P. LAKÎOUROUX. 

Les Médecins les plus accrédités. Professeurs et Membres de l’Académie royale de Médecine, recom- 
niandent ce Sirop contre les Affections de poitrine. Rhumes, Catharres et Irritations. 

Trente années de succès constants confirment la réputation qu’il s est acquise. 


Pri'cil'alemeni çonire b ASTHME,; - - • r * ■> " “■r*’ ' 


.....esCAfARRHES, le: 

.. . 8 OPPRESSIONS de POITRINE.-y A Ja pharaacie r^ 
Pont-Neuf où 1. 


M.RASPAIL 


Chirurgie oculaire, 

I ïiaite des opérations cbiriirgicalesqui se pratiquent 
sur l’œil et ses annexes, avec un Exposé siicoinct 
des d il'érri.tes allératiuiis qui les réclament. Ou¬ 
vrage contenant la pialique opéi atuire de F. Jaeg® 
et de A. Rusa.';, prufe.ssems d’oplilli.liiiolugie 4 
V.eniie, d’apiès des documents recueillis par l’au¬ 
teur aux cliniques de ces professeois; par le (If 
teiir DEVAL. 

Un vid. in-S» avec plaiiclies. Prix, 8 fr. 

Paris, Geiiner-Baitlière, i ne de l’Ecole de Médicine, Ih 


dragées minérales^ 

Pour préparer .soi-niêiiie, sur l’ordonnance du mé¬ 
decin, verre par verre , les eaux minérales froide uu 
thermales de toutes les sources ; alealines de Seltii 
de FicAy, etc. Beaucoup de niédecius emploient iiialu- 
tenant avec avantage les Pilules carboniques contu 
le mal de mer (potion de Rivière sèche), contre 
envies de vomir des commencemenls de grossess""’’* 
les afi'ectioiis analogues. Nous rappelons qu’ou 
trouve an dépôt général des Dragées pour eaux ™ 
Sellz, Vichy, Bonnes, Spa, etc., à Paris, ruedesM®' 
tyr.s, 42, et dans les meilleures pharmacies de» 
Eraiice et de l’étranger. 

Dragées pour limonade gazeuse. 


PARIS. — IMPRIMKRIE BÉTHÜKÏ EX PLON, RUE DE VAÜGIRARD, 36, 







































samedi S7 janvier 1844. 


(17' ANNÉE.) 


N*. H. TOME VI. — 2® SÉRIE. 


^ - 

EéU ÏÏjuneeUe française. 


GAZETTE DES HOPITAUX 


Ig Journal parait les Mardis, Jeudis, Samedis. 
Bureaux, rue Dauphine, 22-24. 

X Marseille, J.-J. Imbert, rue du Petit-St-Jean, 38. 


CIVILS ET MILITAIRES 


Paris, 3 mois, Q'fr.; 6 mois, 18 fr.; un an, 36 £r. 
Départ., id. 10 fr.; id. 20 fr.; id. 40 fr. 
Etranger, un an, 45 fr. 

Annonces, 75 cent, la ligne de 45 lettres. 


Sommaire. 


HOPITAUX. — UE Looecine (M. Cullerier). Tubercules muqueux au 
**sein. — Question importante de médecine légale. — de là. Ciiaeité 
iM Crtivcilbier). Epanchement pleurétique occupant foute la cavité 
pleurale , guéri par la digitale. — Eventration ombilicale énorme 
Li a laissé vivre Tentant pendant deux mois et demi; par M. 
tov/and, d’Aix. — Revue des Joobnaux. — Journal de Chirurgie. 
/Janvier 1844.) Nouvelle méthode pour Touératior. du bec-de-lièvre- 
L Bibliographie. Traité pratique du pied-bot. — Histoire abrégée 
de quelques affections qui peuvent occasionner la mort subite. — 
Rmte thérapeutique. Transfusion de sang pratiquée avec succès. 
^ Aaphonie guérie par l’électricité. — Correspondance. Lettre de 
M. Déguisé. — Fedilleton. Quelques réflexions sur la Commission 
qiiarantenaire russe. — Nouvelles. 



HOPITAL DE LOURCINE. — M. Cullerier. 


fubercules muqueux au sein. — Question importante de 
médecine légale. 

Le 18 octobre 1843 est entrée à l’hôpital la nommée Virgi¬ 
nie Painson, âgée de vingt-trois ans , journalière ( salle Saint- 
Alexis, 37). 

D’une bonne constitution , habituellement bien portante , 
cette femme déclare être malade depuis six semaines environ. 
A cette époque, si Ton en croit son récit, il lui serait survenu 
au sein droit d’abord, puis au sein gauche, un petit bouton 
rouge qui s’est depuis lors toujours accru et élargi. Aujour¬ 
d’hui , au moment de l’entrée de la malade à l’hôpital, les 
deux membres sont couverts par une ulcération reposant sur 
une base large comme une pièce de cinq francs environ à 
droite, et comme une pièce de deux francs à gauche. Celte 
base engorgée est d’une couleur rouge-vineux. Le fond de 
l’ulcère est grisâtre ; les bords en sont aplatis et présentent 
l’aspect d’une plaie en voie de cicatrisation. Interrogée sur les 
couses de cette affection, la malade prétend l’avoir contractée 
en nourrissant un enfant qui est mort le mois dernier. Cet 
enfant avait, dit la malade, le corps couvert de croûtes qui 
suintaient; sa langue était aussi recouverte de petits ul¬ 
cères. 

Il y a quinze jours, dit-elle, elle s’est aperçue de l’éruption 
de petits boutons sur les grandes lèvres, boutons qui auraient 
été remplacés par de petites ulcérations. L’examen des parties 
génitales fait reconnaître l’existence de petits chancres , les 
uns en voie de cicatrisation , les autres à leur maximum de 
développement. Les amygdales et les piliers du voile du pa¬ 
lais sont recouverts de tubercules muqueux. La malade affirme 
que le mal de gorge ne remonte pas à plus d’une vingtaine 
de jours environ , à peu près au même moment que son mal 
au sein. 

Cautérisation avec le nitrate d’argent ; deux pilules de 
proto-iodure de mercure. 

Le 2 novembre, apparition sur la peau du tronc de taches 
de roséole syphilitique ; les chancres sont presque entière¬ 
ment guéris ainsi que les tubercules muqueux, qui diminuent 
et s’affaissent. 

Le 27 décembre, la malade sort entièrement rétablie , tant 
sous le rapport des symptômes locaux que sous celui de la 
santé générale. 

— La question médico-légale qui se présente dans ce fait 


est celle-ci : La nourrice demandait aux parents de son nour¬ 
risson des dommages-intérêts , prétendant que c’était Tenfant 
qui l’avait rendue malade, et elle réclamait de M. Cullerier 
un certificat à Tappui de sa demande. Ce certificat devait-il 
lui être accordé, et pouvait-on penstrque les tubercules mu¬ 
queux développés aux mamelons eu-sent été déterminés par 
une syphilis consiitiuionnelle dont a'ir;i;X, été affecté Ten- 
fanlî 

La question est complexe, et nous allons chercher à la ré¬ 
sourdre après l’avoir envisagée sous tous les points de vue. 

Et d’abord, les fait se sont-ils passés comme la malade le 
déclare? Les phénomènes ont-ils suivi Tordre de succession 
qu’elle leur assigne ? Nous sommes fort loin d’en être con¬ 
vaincu. Il est extrêmement fréquent de voir les malades 
chercher à tromper les médecins, surtout quand ils ont un 
intérêt à le faire; intérêt qui dans cette circonstance était évi¬ 
dent. Puis , n’eût-on eu que ce motif, et nous verrons qu’il 
y en avait bien d’autres, la contradiction de deux réponses de 
la malade eût suffi pour faire douter de sa véracité. Dans un 
premier interrogatoire , elle avait dit être malade depuis six 
semaines ; dans un second, elle fit remonter à vingt jours seu¬ 
lement les accidents développes dans la bouche : accidents, 
ajouta-t-elle, qui dataient de la même époque que ceux des 
seins. 

Mais là n’est point la seule raison qui devait nous faire re- 
pous.ser l’assertion de la malade. L’enfant auquel elle avait 
servi de nourrice était, disait-elle, né de parents malades et pré¬ 
sentait sur la peau et dans la bouche des symptômes que Ton 
ne pouvait rapporter qu’à une vérole constitutionnelle. Ôr, 
d’après la théorie que dans ces derniers temps M. Ricord a 
donnée de la maladie vénérienne, théorie que sanctionnent cha¬ 
que jour l’observation et l’expérience, il est un fait certain 
contre lequel on ne peut désormais élever aucun doute, c’est 
celui-ci : que les accidents constitutionnels de la syphilis ne 
peuvent jamais s’inoculer ou se transmettre par contact di¬ 
rect ; que les accidents primitifs, c’est-à-dire le chanere, sont 
les seuls qui puissent se transmettre de cette manière. Que 
pourrait présenter Tenfant dans les points du corps qui pou¬ 
vaient se trouver en contact avec le sein de la nourrice? Des 
tubercules muqueux aux lèvres et aux commissures, et des 
ulcères syphilitiques secondaires dans la houche, tous symp¬ 
tômes spécifiques, il est vrai, qui eussent exigé pour être en¬ 
tièrement guéris, l’emploi d’un traitement mercuriel, mais 
qui n’étaient pas transmissibles par contact; conséquemment 
on devait tout d’abord rejeter cette idée, que Tenfant né avec 
des accidents secondaires eût pu infecter la malade qui se pré¬ 
sentait à notre examen. Telle fut l’opinion de M. Cullerier, qui 
adopte pleinement les opinions de M. Ricord, et qui chaque 
jour est à même dans sa pratique d’en apprécier la justesse. 

Ce n’est pas que nous prétendions d’une manière absolue, 
et sans aucune restriction, que Tenfant ne puisse jamais trans¬ 
mettre la vérole à sa nourrice. Mais alors les conditions chan¬ 
gent , et voici comme la chose aura lieu. Ce ne seront plus des 
accidents secondaires qu’aura présentés Tenfant, ce seront des 
accidents primitifs et contractés directement par le contact 
d’une partie malade. L’enfant ne naîtra pas malade constitu¬ 
tionnellement ; mais la mère ayant des chancres h la vulve, ou 
aux grandes lèvn s, ou dans le vagin, etc. , la muqueuse des 
lèvres de Tenfant, au moment du passage, se sera trouvée en 
contact avec un des ulcères primitifs spécifiques ; la contagion 
aura eu lieu, un chancre se sera développé dans la bouche, et 


’on conçoit facilement la possibilité d’une transmission pa¬ 
reille du chancre de Tenfant au sein de la nourrice. Alors, 
dans le cas où Ton serait appelé à une époque où existeraient 
au sein de la nourrice des tubercules muqueux seulement, il 
faudrait admettre que les chancres, une fois cicatrisés, au¬ 
raient été remplacés jiar des accidents secondaires résultant 
d’une infection constitutionnelle. Et nous devons dire, à ce 
propos, que si elle est possible à la rigueur, cette infection des 
lèvres de Tenfant par un chancre existant à la vulve de la 
mère, elle doit être exçessivement rare , la vulve étant lubri¬ 
fiée au moment de l’accouchement par une grande quantité 
de liquides, les eaux de Tamnios, etc., et Tenfant étant re¬ 
couvert d’un enduit sébacé qui rend très malaisée l’application 
directe du virus sur les surfaces muqueuses de la bouche. Ce¬ 
pendant, si difficile qu’elle soit, elle n’est point impossible. 
On en a vu des exemples bien constatés et authentiques. Il en 
est de même de Tophthalmie blennorrhagique des nouveau- 
nés , qui peut, quoique dans des cas plus rares qu’on ne se 
l’imagine généralement, avoir été contractée par Tenfant au 
moment de la naissance , lorsque la mère est affectée d’un 
écoulement blennorrhagique. 

Un homme dont les ouvrages jusqu’à ces derniers temps 
étaient peu connus eu France, qui était loin, au moment où il 
écrivait, de posséder toutes les ressources qui sont à la dispo¬ 
sition des médecins de nos jours , mais dont le génie semble 
avoir prévu un grand nombre des découvertes qui ont été 
faites récemment, John Hunter avait lui-même cette idée que 
nous nous efforçons de développer ici, et que nous trouvons 
en germe dans son Traité de la syphilis: « On voit apparaître, 
dit-il, la maladie vénérienne aux mamelons des nourrices qui 
donnent à leler à des enfants dont la bouche est le siège de 
l’infection , parce que ces enfants ont reçu la maladie en tra¬ 
versant les parties génitales infectées de leurs mères. » (Tome 
II, page 184). 

Mais ici, M. Cullerier n’eut point à rechercher aussi loin 
l’explication do fait, très simple en lui-même, qu’il était appelé 
à observer. La malade, en effet, présentait aux parties géni¬ 
tales un nombre assez considérable de chancres, les uns à leur 
maximum de développement, les autres en voie de réparation. 
Il était donc inutile de pousser plus loin les recherches, les 
phénomènes existant au moment de l’entrée de la malade à Thô- 
pilal étant plus que suffisants pour ne laisser aucun doute à 
l’esprit du chirurgien. 

Nous avons dit plus haut les raisons qui, dans le cas parti¬ 
culier qui nous occupe, obligèrent M. Cullerier à ne tenir au¬ 
cun compte des assertions de la malade, et à regarder comme 
non avenus tous les renseignements qu’elle donna tant sur la 
manière dont les chancres de la vulve s’étaient produits que 
sur l’époque de leur apparition. Ici, une nouvelle question se 
présente, non moins importante. 

En supposant que les chancres de la vulve aient été la 
cause déterminante de l’infection constitutionnelle à la suite 
de laquelle ont apparu les tubercules muqueux des mamelons, 
comment pourrait-on expliquer la présence simultanée des 
accidents primitifs, les chancres, et des accidents secondaires, 
puisque, selon la doclribe nouvelle, les accidents secondaires 
ne se montrent guère qu’au bout d’un ou deux mois après 
l’apparition des accidents primitifs, époque à laquelle ont 
souvent disparu ces accidents primitifs ? La réponse est facile. 

Le chancre, à quelque variété qu’il appartienne, a deux pé¬ 
riodes bien distinctes. Tune d’augment ou de progrès, l’autre 


B'ÆVMMjEsJETOJV, 


QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LES TRAVAUX DE LA COMSIIS- 
SION DE QUARANTENAIRE RUSSE ; 

Par Clot-Bey. 

II y a douze ans qu’un médecin anglais, le docteur Henry, découvrit 
par des expériences que l’action du calorique détruisait les virus de la 
petite vérole, du vaccin, de la syphilis, etc., etc. Supposant l’existence 
d’un virus dans la peste, il fut conduit à penser par iuduction qu’il 
pourrait rendre impuissant, en se servant du même moyen, ce terri¬ 
ble agent de la contagion. Ses observations se trouvent consignées 
dans le Philosophical magazine and annals of philosophy. Nouvelles 
séries, n» 59, novembre 1821 ; n» 61, janvier 1832. 

Plus tard , d’autres médecins ont reproduit la même opinion. La 
Russie, qui entretient plus qu’aucune autre puissance des rapports 
avec la Turquie , et qui a par conséquent un très grand intérêt à dé¬ 
barrasser son commerce des entraves >le la quarantaine, s’est emparée 
de l’idée du docteur Henry. Elle a fait faire dans le lazaret d’Odessa 
des expériences qui ont prouvé ; 

1° Que la cbaleur pénètre facilement dans le centre des balles de 
coton, bien qu'elles aient été pressées par la presse hydraulique; 

2“ Que la laine et le coton ne perdent aucunes de leurs qualités : 
les poils en sont plus ca,«sanls étant chauds, mais ils reprennent leur 
premier état à mesure qu’ils se refroidissent ; 

3° Que les couleurs, de quelques nuances qu’elles soient ,non plus 
que les tissus, n’éprouvent aucune altération ; 

4° Que de grandes dépenses ne sont pas nécessaires pour la cons¬ 
truction des étuveS: une simple chambre chauffée par un poêle pour¬ 
rait sulfire. 

Il resterait à s’assurer si le prétendu virus pestilentiel était détruit 
par le même moyen que les autres virus. Pour résoudre cette question, 


il fut envoyé en Egypte une commission composée de trois hommes 
d’un grand mérite , MM. Ulratscbxo , Tchernikoff et Oumanitz, les 
deux premiers, médecins, et ce dernier, directeur du lazaret d’Odessa. 
Ces messieurs arrivèrent au Caire dans le mois de février, qe vice-roi, 
sur la demande du consul-général de Russie, leur avait permis de faire 
des expériences, et avait cliargé le Conseil général de santé et M. 
Gaetani-Bey, son médecin particulier, de les aider par tous les moyens 
en leur pouvoir, et de suivre leurs travaux. Les circonstances étaient 
alors des plus favorables, la peste existait au Caire et sur divers points 
de l’Egypte .4 Tétat sporadique ; ce qui est d’iMie grande importance ; 
car si elle eàt régné épidémiquement, les expériences auraient été sans 
résultat certain , et on n’aurait pas pu distinguer ce qui est produit 
par l’influence épidémique de ce qui Tétait par Tagent pestilentiel con¬ 
tenu dans les hardes. 

Des effets aussi contaminés que possible, consistant en chemises , 
caleçons, gilet-, draps de lit, couvertures en laine, qui ont été pris sur 
des pestiférés dont la maladie était bien caractérisée, ont été mis dans 
une étuve à une chaleur de 50 à 60° Réaumur pendant quarante-huit 
heures , les uns étendus sur des cordes, d’autres agglomérés en pa¬ 
quets , d’autres contenus dans des bottes en fer-blanc hermétiquement 
fermées ; on les a fait ensuite revêtir sur la peau pendant quinze jours 
par 56 individus qui avaient été préalablement soumis à une quaran¬ 
taine d’observation, et aucun d’eux n’a contracté la peste. 

Ces expériences ont été faites avec la plus scrupuleuse exactitude, 
en présence des membres du Conseil général de santé et de plusieurs 
autres médecins. Leur authenticité est constatée par des procès-ver¬ 
baux , rien ne peut être objecté contre leur valeur ; il est impossible 
d’allégner l’inaptitude, l’innocuité , car le nombre de ceux qui ont été 
soumis à ces expériences est trop grand. Les personnes qui ont subi 
Tépreuve étaient saines ; elles n’avaient ni plaies , ni cautères, ce qui 
est considéré comme un préservatif par les Orientaux; aucune d’elles 
n’avait été antérieurement atteinte de peste, ce qui, aux yeux de beau¬ 
coup de personnes, est une chance de moins pour la contracter, et elles 
étaient toutes d âge, de constitution, de tempérament et de pays diffé¬ 
rents ; il y avait des indigènes de diverses parties de l’Egypte, des Nu¬ 


biens, des Syriens, des Turcs. 

Si une ou plusieurs des personnes soumises aux expériences eussent 
été atteintes de la peste, cela ne prouverait pas que le moyen de désin¬ 
fection est impuissant, car elles se trouvaient, commè le reste de la 
population du Caire , sous l’influence de la constitution pestilentielle 
régnante. Si les causes morbides avaient été intenses , on peut dire 
avec probabilité que quelques-uns de ces individus auraient été atteints. 

Du reste, quoique je n’admette point que dans les hardes que Ton 
regardait comme contaminées , existât un virus ou des miasmes ( et 
cela est suffisamment démontré par la contre-épreuve qui s’est faite 
naturellement par les quarante-six individus qui ont soigné les pesti¬ 
férés et touché leurs hardes), je suis convaincu néanmoins que l’ac¬ 
tion de la chaleur est suffisante pour neutraliser, détruire, virus ou 
miasmes. 

J’ai suivi avec un vif intérêt les travaux de la commission russe ; 
c’est qu’en prouvant d’une manière évidente que le contact des bardes 
contaminées devient inoffensif après qu’elles ont été soumises pendant 
quarante-huit heures à 60 degrés de chaleur, ces expériences amène¬ 
ront certainement des améliorations dans les mesures qiiarantenaires 
et les moyens de purification , et qu’elles prépareront ainsi la réforme 
radicale des lazarets, qui ne peut manquer d’avoir lieu lorsqu’on aura 
apprufjndi la question de contagion et de non-contagion. 

Nous croyons que les expériences auraient eu les mêmes résultals 
si les effets n’eussent pas été passés par la chaleur. Nous avons de 
puissantes raisons pour penser ainsi, car sur 49 personnes , domesti¬ 
ques, infirmiers, ou chirurgiens, qui ont soigné les pestiférés, touché 
leur effets , couché dans leurs chambres , fait des autopsies, qui ont 
pris avec leurs mains, sans précaution, toute.s les hardes avec lesquel¬ 
les ont eu lieu les expériences, aucune n’a contracté la maladie. 

N’est-ce pas là une contre-épreuve des travaux de la commission ? 
Que peut-on objecter contre de pareils faits ? On ne peut pas plus al¬ 
léguer pour ces 49 compromis l’innocuité, l’inaptitude à contracter la 
maladie que pour les 56 personnes qui ont servi dans les épreuves. 

Que Ton adopte le mode de désinfection dont les expériences de la 
commission russe ont prouvé l’efficacité. Les méthodes de désinfection 




















de réparation. Toujours inoculable avec succès dans la pre¬ 
mière période, il perd à la seconde période sa propriété spéci¬ 
fique, sa faculté de se reproduire par contact direct. Or, pour 
qu’un chancre abandonné à lui-mfime, arrive à la période de 
réparation, il faut admettre qu’il ait au moins trois semaines 
d’existence. C’est rarement avant Ip troisième septénaire, très 
souvent après , que commence cettè cicatrisation. La malade 
avait donc été infectée localement plus de trois semaines avant 
son admission dans le service de M. Cullerier, puisque quel¬ 
ques-uns des chancres étaient en voie de réparation. Eh bien ! 
il résulte des observations nombreuses de M. Ricord , obser¬ 
vations dont il a bien voulu nous communiquer récemment 
les derniers résultats, que la limite inférieure de l’apparition 
des accidents secondaires , après l’infection primitive , peut 
être de deux semaines seulement. Il a vu quelquefois, rare¬ 
ment à la vérité , les symptômes secondaires se montrer au 
bout de ce court espace de temps , et dans tous les cas il est 
fréquent de les voir survenir après trois semaines. La femme 
qui fait le sujet de l’observation précédente était donc infectée 
depuis un temps assez long pour que les accidents secondai¬ 
res pussent apparaître sans que l’on eût le moindre sujet de 
s’en étonner. 

Elle ne présentait, il est vrai, aucun chancre avec ce carac¬ 
tère qui fait reconnaîre au premier coup d’œil que la consti¬ 
tution est prise , nous voulons parler de l’induration. Mais, 
outre qu’il est possible qu’un chancre induré ait échappé à 
l’investigation minutieuse que fit M. Cullerier, et la chose est 
facile à admettre, vu la profondeur des organes et leur dispo¬ 
sition , il n’est pas nécessaire que l’induration ait eu lieu pour 
que des accidents secondaires se soient nianifcstés. Un chan¬ 
cre induré indique toujours que la constilulion est prise, mais 
des chancres privés de ce caractère n’en conservent pas moins 
toutes leurs propriétés sous toits les rapports et sous celui de 
la production des accidents consécutifs en particulier. D’ail¬ 
leurs , M. Cullerier pense que le chancre s’indure beaucoup 
moins facilement chez la femme que chez l'homme , et alors 
il regarde la plaque muqueuse comme le premier signe indi¬ 
quant l’infection constitutionnelle, 

Les plaies do la vulve étaient-elles bien certainement des 
chancres, et n’aurait on pas dû tenter l’inoculation pour s’as¬ 
surer de leur nature ? M. Cullerier n’a point jugé utile de re¬ 
courir à l’inoculation dans ce cas. Autant elle est utile quand 
il y a doute, lorsque, par exemple , une plaie suspecte existe 
sur un point du corps qui n'est pas ordinairement en contact 
avec les parties le plus ordinairemetit le siège de l’affection 
syphilitique , autant elle est inutile lorsque l’on a affaire à ces 
parties. Si elle était nécessaire dans le cas tiue nous avons 
publié en détail dans ce journal il y a quelques semaines {voir 
le numéro du 21 décembre ), pour juger de la nature d’une 
plaie que présentait une malade à l’un des doigts, elle était 
ici complètement superflue, et M. Cullerier ne crut point 
devoir la tenter, répondant par cette manière d’agir aux ob¬ 
jections de ces médecins qui, ne comprenant probablement 
point la valeur de l’inoculation et les avantages que la science 
peut en retirer, proscrivent cette opération comme immorale 
et reprochent à ses partisans de l’employer sans discernement 
et dans toutes les circonstances. D’ailleurs, dans ce cas, elle 
n’aurait pu produire aucun résultat si l’on eût cherché à ino¬ 
culer le pus des chancres en voie de réparation, période à 
laquelle , comme nous l’avons dit plus haut, Tukère primitif 
a perdu la faculté de se reproduire. 

Maintenant une dernière considération par laquelle nous 
terminerons cette discussion dont on nous passera la longueur 
en faveur du sujet, et de la fréquence des cas dans lesquels 
on est appelé h répondre à des questions de cette nature. Si 
l’on admet que la production des tubercules muqueux soit le 
résultat d’une infection constitutionnelle déterminée par la 
présence des chancres à la vulve, et non le résultat du con¬ 
tact des lèvres de l’enfant atteint de vérole constitutionnelle 
avec le mamelon , comment expliquer l’apparition de cos tu¬ 
bercules muqueux plutôt aux seins qu’à la bouche, aux ais¬ 
selles ou partout ailleurs? 

L’explication de ce fait est encore d’une exlrôme simplicité : 
« Dès que le virus, dit M. Ricord , est entraîné par la circu- 


employées dans les lazarets sont, selon moi, très imparfaites pour ce 
qui regarde le coton, surtout depuis que l’on soumet les bailes à l’ac¬ 
tion de la presse liydrauliqne , car il n’y a certainement pas la dixième 
partie de ces balles exposées è l’air. Si la peste était susceptible de se 
transmettre par cette voie , elle eût été infailliblement introduite en 
Europe en attaquant les ouvriers qui sont cliargés de carder et de filer 
cette substance. 

On peut en dire autant des balles de laine, de soie , de chanvre, de 
lin , et si, comme on le croit, le virus peut se fixer à un poil , à uii 
fil, aucune surveillance, aucuns des moyens usités ne sont capables de 
le détruire. 

Sans de fortes dépenses on peut (rau.sformer les magasins des laza¬ 
rets en étuves pour y pratiquer la désinfection par le calorique, ce 
moyen amènerait unegramie économie de temps; en le pratiquant, on 
obtiendrait de meilleurs résultats en quaranti-lioit heures qu’on ti’cn 
avait obtenu auparavant en quarante jours , et il ne sera plus néces¬ 
saire d’ouvrir ni les balles de marcbaiidise , ni Us caisses des voya¬ 
geurs , ce qui produirait une double économie , et éviterait le vol des 
effets p9r les employés sanitaires, et la détérioration des belles collec¬ 
tions que les savants recueillent avec tant de fatigues et de dangers. 

. Puisqu’il est bien reconnu que le calorique détruit le virus et les 
miasmes , il serait très facile d’avoir dans les bâtiments à vapeur une 
chambre près de la chaudière pour placer les effets des voyageurs et la 
correspondance, qui, par ce moyen , seraient désinfectés en quarante- 
huit heures. 

Les passagers pourraient faire un spoijlio à bord , et remplacer les 
habillements qu’ils ont sur eux par d’autres qui auraient été quarante- 
huit heures dans l’étuve. Il résulterait de l'adoption de. cette mesure 
que la quarantaine se ferait à bord, qu’elle pourrait être réduite au 
terme de l’incubation, c’est-à-dire à quaire ou cinq jours, et que l’on 
.arriverait en libre pratique lorsque la durée du voyage excéderait ce 
. terme. 

Enfin, le mode de désinfection par le calorique doit être employé 
d’une manière générale dans les lazarets, ci renverser nécessairement 
l’ancien système quarantenaire. Les objections qui ont été faites par 


lalion sanguine, il subit une modification en verlu de laquelle 
il ne peut plus s’inoculer, et il agit alors sur l’individu lui- 
même ; ce n’est, en quelque sorte qu’en passant par le crible 
des organes qui ne s’affectent, dans cette afifeciion vicieuse , 
qu’en raison de certaines susceptibilités inhérentes soit à leur 
structure, soit à leur siège', à leurs fonctions, ou soit encofe 
et le plus ordinairement, en venu des câoses adjuvantes né¬ 
cessaires sans lesquelles aucun accident n’a lieu ; causes qui 
expliquent l’époque du développement, le siège relatif, la 
forme, etc., des symptômes secondaires chez les différents 
individus. » Dans le cas actuel, outre la sympathie bien ma¬ 
nifeste et bien connue qui existe entre les organes génitaux et 
les mamelles, une cause occasionnelle impôrlantè existait qui 
suffit pour donner l’explication du fait;c’est l’irritation causée 
par la succion de l’enfant sur le bout du mamelon, irritation 
analogue à celle qui produit chez les fumeurs l’apparition des 
tubercules à la commissure des lèvres qui se trouve en con¬ 
tact avec la pipe. 

C’est étayé sur toutes les raisons que nous venons de déve¬ 
lopper que M. Cullerier crut devoir refuser à la malade le 
certificat dont elle voulait appuyer sa demande en dommages- 
intérêts envers les parents de son nourrisson , et non content 
de ce refus, il affirma à la malade, d’une manière si posiiiyp, 
qu’il ne croyait pas un seul mol de son récit, et que les acci¬ 
dents n’àvaienl en aucune manière pu se passer ainsi, qu’elle 
finit par se rendre et par avouer presque la vérité des induc¬ 
tions que l’on avait tirées de l’examen qu’on lui avait fait 
subir. 

Un cas à peu près pareil à celui que nous venons de racon¬ 
ter en détail et de discuter se trouve tout au long dans le 
Traité de la Syphilis, de Hunier ( page 524), et le savant pa¬ 
thologiste anglais, sans posséder les qiêmcs éléments de diag¬ 
nostic , avait conclu de la même manière. Pour n’être pas 
neuf, ce fait n’en est pas moins inléressant, et nous ne pou¬ 
vons trop engager nos lecteurs à en prendre connaissance, 

D' A. FOÜCART. 


HOPITAL DE LA CHARITÉ. — M. Cküveilhieu. 

Epanchement pleurétique occupant toute la cavité pleurale 
droite, guéri par l’emploi de la digitale. 

Le nommé Pierre-Desirê Leharlel, âgé de trente-six ans, 
est entré à la Charité le 28 décembre 1843. C’est un homme 
fort, robuslement constitué, grand, exerçant la profession de 
garçon de magasin. Variolé à vingt-trois ans, non vacciné, il 
fut, a vingt-cinq ans, atteint d’un érysipèle à la face par suite 
de blessures. U n’a pas eu d’autres maladies. 

Du 1" mai 1843 jusque vers le mois de septembre, il cou¬ 
cha dans un endroit humide, et fut pris, à celle dernière 
époque, d’un enrouement et d’une toux extrême.nent opini⬠
tre, sans expectoration, mais continuelle, avec des redouble¬ 
ments tels qu’ils amenaient quelquefois des vomissements. Ses 
parchis sont d’une bonne santé habituelle. 11 n’a jamais cra¬ 
ché de sang. Ayant changé de demeure, la toux se calma peu 
à peu ; mais vers le mois de novembre il fut pris d’une op- 
pre.ssion qui alla sans cesse en augmentant jusqu’à son entrée 
à rhôpilal ; elle était arrivée an point qu’il ne pouvait plus 
monter un escalier sans être obligé de s’arrêter plusieurs fois 
pour respirer. Du reste, il assure n’avoir jamais eu de dou¬ 
leurs dans les côtés, et il prétend qu’il se couchait iiidifférem- 
ment à gauche ou à droite, sans éprouver plus de gêne dans 
la respiration. 

A son entrée à l’iiôpitai, voici ce que nous constatons : 

Le malade est couché sur le dos; il ne se plaint que de 
l’oppression ; le thorax est bien conformé; il y a peut être une 
légère différence dans les deux moitiés de la poitrine ; la ré¬ 
sonnance est claire à gauche, complètement male à droite dans 
toute l’étendue de ce côté de la cavité thoracique ; absence 
du bruit respiratoire. Le malade dit avoir maigri, avoir perdu 
de l’appétit; la face est pâle, étiolée; il est impossible à cet 
homme de se livrer au moindre travail. Une saignée de 400 
grammes; potion gommeuse. 


plusieurs contagionistes exagérés, et nofammetit par le docleur Bô, de 
Gêne-s sunt sans valeur, et ii’empêclieioiit iia.», nom l’esiiérOns, l’adop¬ 
tion de niesiwes qui promettent de si grands avantages au conimeice 
de l’Europe et à la civilisation des peuples de rorient. 


NOirVEl.LES. 

— M. Demonferrand , inspecteur-géiiéial de l’universilé, et depuis 
deux mois chef de la dbmptabililé et du contentieux au ministère de 
l’instruction publique, auteur de plusieurs travaux de slaliatique , est 
mort à l’âge de 49 ans. 

— On lit dans le Journal de la Belgique : 

Les journaux ont annoncé ces jouis derniers que l.i police de Molrn- 
beek-St-Jean avait saisi différenls quartiers de viaijde piovenant d'un 
clieval alteint d’une maladie pulinoiiaire , et destinés a la fabrication 
de saucissons dits de Boulogne. Cette ni'sure a suggéré l’idée de ré 
clamtr de la part de la régence de Bruxelles, une plu.s active surveil¬ 
lance de la viande dépouillée ans faubourgs et quelquefois à Iroi.s et 
quatre lieues de Bruxelles , et que l’on introduit en ville, où elle se 
vend de porte en porte parmi la classe ouvrière. 

11 serait à désirer que la régence nommât des experts placés aux 
portes de la ville et chargés de constater la qualité de la viande que 
l'on présente aux bureaux d’octroi. L’ou empêcherait , par ce moyeu , 
les paysans de venir vendre en ville des viandes provenant de bestiaux 
morts de maladies , ou qui ont été abaltns alors qu’ils étaient atleiuts 
de maladies mortelles ; l’oa éviterait ainsi souvent tout au moins de 
graves indispositions aux malheureux exposés à manger de ces viandes 
suspectes, que le bon marché les engage à acheter. 

Cette mesure nous parait bonne , mais pourrait être plus efficace¬ 
ment remplacée par des visites domicilières faites chez les abalteurs 
le jour même où les animaux sont tués. (Cas. méd. belge.) 



Le 31, l’état est à peu près le même. 12 ventouses sur iç 
côté malade ; potion ut suprà. 

Le 1" jaiivier, l’oppressipii ditninue. 1 végicatoire de 8 \ 
50 centimètres ; iiiâiçération de digiiule, 4 grammes pour 
grammes d’eau dislfllee. 

Le 2 janvier, la niàlifé a diminué ffans l’étendue d’un tiers 
a peu prè.s. Le malade a uriné quatorze à quinze fois daiislj 
nuit. 

Pendant les huit joiir.s qui suivent, adsninislration du mg, 
me médicament; le piajade continue à ufincr sept, huit à dix 
fois pendant la nuit, et en quantité considérablé, puis la sé- 
crétion urinaire diminue. 

Le 19 janvier, il n’a uriné que trois fois; l’oppression 
di.qiaru ; la résonnance du thorax est moindre à droite qu’j 
gauche ; mais on ne perçoit plus celte matité tanquam 
cussifemoris, consialée à .son entrée. La diari hée, qui s’étai; 
manifestée avec ténesme et brûlure de i’anus avant qu’il vîntii 
l’hôpital, a fait place à une légère constipation; l’appétit re. 
naît; le malade est en cohvalesçeuce. 

— Sous le double rapport du diagnostic et de la thérapeu- 
tique, cette observation nous a paru digne de remarque. Bien 
qu’il ne soit pas rare, en effet d’observer des pleurésies sans 
point de côté, il n’en est pas moins vrai que le praticien doit 
se tenir en garde contre les erreurs que i;eut faire coumiejtre 
l’absence de ce symptôme, qu’on s’accoutume à considérer 
comme pathognomonique de rinllammation de la plèvre. On a 
dit, et avec raison, que les signes généraux de ces sortes de 
pleurésies chroniques pouvaient faire croire à l’existence d’une 
maladie du cœur; mais la percussion et l’auscullaiion lèvent 
bientôt tous ]|‘S dpulrs sur ce point, et aujourd’hui ces affec- 
tiens ne peuvent guère être confon lues. Il est très vrai que 
chez certains pleurétiques le cœur peut être.refoulé de telle 
façon qu’on entende ses battement,i dans des direclions quife- 
raient croire à une maladie de cet organe, d'autant mieux que 
ces bailemcnts prennent un caractère d’i.ntensilé ou de fai- 
blesse apparente, selon l.e point où il a été poussé, et selon le 
lieu où l’on ausculte ; mais les autres symptômes viendrqijt 
empêcher les erreurs que ces déviations pourraient causer. ■ 

Il est jiourtant une maladie qui peui êiré assez facilement 
confondue avec la pleurésie chronique; on comprend qqé 
nous voulons parler d’une pneumonie chronique occupant 
toute la hauteur d’un poumon ; c’est dans ces sortes de cas, 
comme le fait observer M. Uiuveilhief, que la mensuration dn 
thorax peut devenir d’un grand secoüfs jiour différencier les 
deux états. Nous avons été souvent h même de lions convain¬ 
cre combien cette mensuration jetait de clarté sur le diagnos¬ 
tic, et nous pouvons ajouter qu’il nous a été possible asse^ 
souvent dé reconnaître, à la vue seule, une différence assej 
notable entre les deux moitiés de la poitrine, pour que l’idép 
d’un épaiicliement vînt à notre esprit avant d’avoir pratiqué 
la percussion et rausculialion. 

M' Cruveilhier n’a pas hésité à dire qu’il n’avait pas vu une 
seule pleurésie sans rétrécissement ou ampliation de la moitié 
corrcspoadaiite du thorax. Laënnec avait, lui aussi, décrit le 
rétrécissement du côté qui est le siège de répanebement. 

Mais CP qu’il est important do savoir, c’est que les modifi¬ 
cations qui surviennent dans la capacité de la poitrine suivent 
une marche différente selon l’époque où en est tri’ivéé la ma¬ 
ladie. Ainsi, lorsque cet épancheibeiit est au maximum de son 
volume, le côté du thorax où il se trouve aqgmente en éleq- 
due de deux, trois, quatre et même cinq centimètres; le côté 
opposé n’éprouve aucun changement. L’épanchement, ait 
contraire, est-il en voie de résorption, le côté malade se dé¬ 
prime, et même, selon M. Cruveilhier, l’omoplate s’abaisse et 
la colonne vertébrale s’ineprve chez les jeunes sujets. Dans ce 
dernier cas, c’est-à-dire quand la pleurésie a duré déjà un 
certain temps, le côté sain a acquis tm développement plus 
considérable (lu’il n’avait priniilivéïpent par suite de l’atrophie 
du poumon malade, d’où il résulte que la^ diminution de capa¬ 
cité de la muiiié oû siège l’épanchenient tend à paraître plus 
considérable encore qu’elle ne l’est en réalité. 

Il est encore une ])arlicularité qui nous semble digne de 
toute l’aileniion du médecin ; nous entendons parier de la p- 
si.stance de la matité après la résorption complète du liquide. 
11 faut être en garde contre ce pliéiiomène, de crainte de per¬ 
sévérer à traiter le malade pour faire disparaître un symptô¬ 
me qu’on regarderait comme indicateur d’une certaine por¬ 
tion de liquide, tandis que cette matité n’est due réellement 
qu’à la présence de faus,ses membranes de nature diverse, ou 
à des collections enkystées de matières d’apparence gélatineuse 
ou tuberculeuse. 

Sous le rapport de la thérapeutique, ce fait ést encore inté¬ 
ressant en ce qu’il nous montre l’épanchement pleurétique 
modifié d’une manière fort peu sensible par les moyens ordi¬ 
naires, et cédant avec rapidité par l’emploi d’un médicament 
qui réussit mal ordinairement dans ces sortes de cas, si l’on 
en croit ce qu’en a dit Alibert. 11 est vrai qu’en faveur del’ef- 
ficacilé de la digitale dans les épanchements séreux, des opi¬ 
nions se sont élevées appuyées sur des faits bien observés. 
Les expériences ont démontré que la digitale était le plus 
souvent un excellent rao\en contre les hydropisies en géné¬ 
ral, et les cpanchemenls pleurétiques en particulier. 

Il résulte des observations, trop oubliées peut-être des 
praticiens, que la digitale agit d’ordinaire comme nous l’avons 
vue faire chez le sujet de celle observation ; les urines sont 
énormément augmentées d’abord, cl à mesure que le malade 
s’habitue au médicament, la sécrétion revient peu à peu à l’é¬ 
tat ordinaire. 

Mais il ne faut pas oublier qu’il est des sujets chez lesquels 
la digitale produit des accidents à doses assez minimes, et qu'H 
faut, dans l’administration de ce médicament, tâter la suscep¬ 
tibilité du malade et procéder avec circonspection. On trouvei 
en effet, dans les auteurs, une grande quantité d’observations 
d’accidents causés par l’emploi de la digitale. 

Il est quelques individus aussi chez lesquels, sans prodnir® 














- 43 — 


Je Téi’îtabtes accidents, ce médicament, après qiielc|ues jours 
de son usage, ne peut plus être supporié. Dès les premières 
doses quelquefois, ou après un temps plus ou moins long, il 
odiiil des cliaieiirs à l’estomac, de la dyspepsie, du pyrosis, 
t l’on est forcé de suspendre son emploi, et cela compléte- 
^ nt, paeee que, dans beaucoup de cas, la moindre dose 
ou’on essaie de nouveau à faire prendre aiu malade siifTit pour 
uig„er tous les accidents qui scml)laient caJmés par un re- 
nos de qnelqttes jours. 

^ Ce qu’on peut faire de préférable alors, c’est d’abandonner 
la médication pendant un temps plus ou moins long, et d’a¬ 
voir soin, en le reprenant, de ne pas abuser de la tolérance 
une présMite le malade, mais de suspendre de temps en temps 
•jg'jjjgitaie, de crainte de dépasser les limites de |a susceptibi¬ 
lité du sujet. Peut-être même, comme ou l’a dit, vaudrait-il 
oiieux suivre cette marche dès le priocipe; car il est plus fa¬ 
cile de prévenir l’intoléraiice, que de la vaincre et de s’en 
fendre maître quand elle existe. 

Toujours est-il que la digitale est un^médicamenl qu’on 
prodigue dans les maladies du cœur, et qu’bu n’emploie peut- 
gne pas assez contre les épaiicbemenls du thorax. 

D' Pajot. 


j!f,entralion ombilicale congénitale énorme qui a laissé vivre 

l’enfant pendant deux mois et demi; par M. le docteur 

GOÏRAND , d’Aix. . 

Le 3 janvier 1842, à trois heures du matin, madame G.... 
accoucha avec facilité d’un enfant mâle assez gros , dont les 
■viscères abdominaux étaient pre,sque entièrement coniemis 
dans une hernie exoniphale. L’éventration lorinait à la base 
du cordon ombilical une tumeur globuleuse lisse. Ses enve- 
loppfs n’éiaient pas transparentes ; elles avaient la couleur 
blanche des enveloppes du cordon. Les vaisseaux ombilicaux 
pa=»nieiit au-dessous de la tumeur, formant un faisceau sail¬ 
lant qu’on pouvait suivre jusqu’à l’ouverture ombilicale. Cette 
tumeur était élastique, susceptible d’une légère diminution 
de volume par la pression ; les cris de l’enfant en augmen¬ 
taient la tension. 

L’opacité des enveloppes empêchait qu’on distinguât les 
viscères qui la formaient ; mais, à en juger par son volume et 
le peu de capacité de l’abdomen , la plus grande partie des 
viscères abdominaux devait s’y trouver. 

La cavité cavité abdominale avait beaucoup moins de lar¬ 
geur et de profondeur que dans l’état normal ; ses parois 
étaient déprimées sous les bypoebondres. 

Quant à la tumeur voici ses dimensions : circonférence 
-dans le point le plus renflé, 23 centimètres 8 millimètres 
( 8 pouces 7 lignes ) ; circonférence à la base de la tumeur, 
21 centimètres 5 millimètres (7 pouces 9 lignes). Diamètres 
tvansverse et vertical, mesurés d’un point de la circonférence 
de la base au point opposé, en passant .par le milieu de la tu¬ 
meur, 17 centimètres 8 millimètres ( G pouces 5 lignes et 
demie}. 

La peau du ventre se prolongeait sur la base de la tumeur, 
comme elle se prolonge ordinaireinent sur la racine du 
cordon, et formait là un rebord circulaire de cinq ou six mii- 
iimèires de largeur, qui .se continuait avec les enveloppes du 
cordon ou de la tu rnic. 11 n’existait aucun autre vice de con- 
formaiion. 

Bientôt après sa naissance, l’enfant urina et rendit du mé¬ 
conium ; les pressions exercées sur la tumeur faisaient couler 
le méconium et les urines. 

Mon pronostic fut grave. Deux de mes confrères, qui vi¬ 
rent l’enfani en consultation, pensèrent, comme moi, qu’il 
n’était pas viable. Wous fîmes faire des fomentations émollien¬ 
tes sur la tumeur. 

Les premiers jours renfanl teta bien, toutes scs fonctions 
s’exécutèrent régulièrement, son sommeil était bon. Le cin¬ 
quième jour, une ligne de suppuration séparait les enveloppes 
du cordon de la peau péri-ompbaliqne. On continua les fo¬ 
mentations. 

l.esjours suivants du pus se forma entre le sac et les mem¬ 
branes du cordon qui formaient l’enveloppe externe de la 
hernie ; il se fit, à ces metnbrancs, quelques déchirures qui 
laissaient couler du pus. Quand on découvrait reiifant il s’ex¬ 
halait des langes une odeur infecte. 

Lelhjanvier, je détachai, avec les ciseaux, d’a.ssez grands 
Jambeaux de membranes. Au-dessous se trouvaient des bour¬ 
geons charnus de bonne nature. 

Le 17, de nouveaux lambeaux membraneux et le cordon 
se détachent. Il reste encore une partie de l’enveloppe ex¬ 
térieure de la hernie, séparée du sac par un pus demi- 
concret. 

Le 25, les membranes extérienres se sont entièrement dé¬ 
tachées. Le sac est couvert de bourgeons charnus vermeils 
qui fournissaient une suppuration de bonne nature. La peau 
qui entourait la base de la hernie est al tirée par la force de 
cicatrisation sur le sac, qui cède, à son tour, à l’action de la 
peau. De l’action de la force iiiodulaire sur la-peau et de celle- 
ci sur le sac, résulte un changement dans la forme de la her- 
Hte, qui s’élargit à sa base, devient moins saiilanie, pliisdiire^ 
et prend une forme TOlîique. 

Au qon[)pienccineHî de février, t’enfanta été confié à une 
nourrice efe la campjjgne. Là , il étaji sous les yeux de son 
iiïeul et de son «nclé , qui sont médecins, et je n’ai plus eu 
océaslon de fe voir; je n’ai su que par les rapports de ses pa¬ 
rents ce qui s’est passé diqouis. l.a jïeao s’est de plus en plas 
’ifappj Qcliée du point le plus saiFlant du sac , et la tuna.eur est 
devenue tout à lait conique! Les premiers jours de mars il ne 
restàit plus Siw de sae qu’une surface de la largeur d’une pièce 
de 2 francs qui ne fût pas recouverte par la peau. 

Jusqu’alors, la santé de l’enfant avait été bonne ; mais, au 
milieu de mars, il survint, tout à coup, des accidents exces¬ 


sivement graves (suppression totale des selles , vomissements 
continuels), qui firent périr le petit malade en quatre jours. 

Je regrette vivement de n’avoir pas pu compléter celte in 
téressanie observation par l’autopsie. 

On admirera dans ce fait le mécanisme par lequel la nature 
tendait à achever, après la naissance, un travail qui était resté 
incomp et pendant la vie fœtale; il est vrai que le petit malade 
a été victime de ce travail organique, car il est très probable 
que l’iléus qui l’a fait périr, est résulté de la compression 
qu’ont subie les viscères par suite du resserrement do la ca¬ 
vité exomphaliqije; mais on sait que la force inodulaire n’a 
pas la niêine énergie chez tous les sujets et dans toutes les cir¬ 
constances. Supposons que la peau périomphalique n’eût pas 
été atlirée aussi fortement sur le sac, qu’une partie plus con¬ 
sidérable de la surface du sac se fut cicatrisée par exsiccation, 
et on concevra la possibilité de la guérison. 

Ce fait ii’est-il pas de nature à modifier un peu l’opinion 
des rpédeciqs sur la non-viabilité des enfants qui naissent avec 
une éventration ombilicale ? 



«EVIIE DES JOURNAUX DE MÉDECIVE. 

Journal de Chirurgie. (Janvier 1844.) 

Nouvelle méthode pour l’opération du bec-de-lièvre; 
par M. Malgaigne. 

Les procédé.^ généralement suivis pour la cure du bec-de-lièvre ne 
produisent des succès complets que fort rarement. Presque toujours 
une disgracieuse encochure démontre que l’art n’atleint qn’imoaifaite- 
ment le but qu’il se propo-se. Frappé de ces résultats, M. Malgaigne a 
voulu éïiler les iiieenvénienls des méthodes ordinaires, et en a cher- 
clié nue nouvelle. On en prendra une idée exacte en lisant l'obseivation 
suivante. 

Le nommé Maréchal , âgé de vingt-trois ans , ébéniste , demeurant 
rue de Cbarinton, 57, hoinroe robuste et bien con.stitné , entra , le 5 
déceintire 1842, dans mon service à l’IiOpital Saiiit-Ai.toine , pour se 
fairn traiter d'un bec-dt-lièvre congénial. La lèvre supérieure présen¬ 
tait, flans sa portion gauche, à B ou 7 millimètres de la ligne médiane, 
line division qui occu,iait les trois quarts de sa batileiir totale ; le 
dernier quait offrait comme une sorte de cicatrice rosée reiiiontant jus¬ 
qu’à la narine, et qui était là comme la Iràce d’une division inache¬ 
vée. Les bord.s de la division élaient également laprs.vés de ce tissu 
rosé ; ils s’écartaient beaucoup par en bas , et se continuaient avec 
le bord lilire de la lèvre par un angle très arrnndi. Leur éca. tement 
laissait ai ercevoir l’incisive latérale g.iucbe à peine sortie de l’alvéole, 
et line hiècbe encore plii.s désagréable résultant de la perte de l'inci¬ 
sive médiane. Les deux lèvre.s avaient une remarquable épaisseur, qui 
augmeiilait encore près des boids de la division , comme si l’ab-senae 
des dents avait favorisé en ce point l’hypertrophie rie la lèvre, lin es. 
sayantde rapprocher avec le> doigts les deux portions d» la lèvre, on 
les voyait s’enfoncer eu r.et endroit, et la forle encpclinre laissée sur 
le bord labial montrait assez la difncullé que sa reslaoralioo épioii- 
ver.rit par le procédé ordinaire. Il importe au.ssi de noler une disposi¬ 
tion assez fréqin nte, et dont les auleiirs n'ont pas tenu compte : le 
rebord rouge et niiiqneux de la lèvre ne se continuait pas diiet tement 
jinsqiie Vers la solnlion lie er niinoilé, comoie cela aurait eu lieu, par 
exemple, à In suite d’une section accidentelle ; mais il .se recourbait en 
haut Vers la nniitc, en suivant l’angle arrondi du becrde-lièvie, et di¬ 
minuant peu à peu de largeur de façon à se perdre enfin dans le tissu 
rosé de cicrtrice dont il a été parlé. 

Le malade mangeait et buvait sans difficulté ; il élait seulement 
gêné dans l’articulation de.s cuDsonnes labiales. 

Il fut opéré le 12 décembre do la manière suivante : 

Il élait assis sur une chaise en face du jour ; le chirurgien debout 
devant lui. D'un premier coup de ciseaux je divisai le frein de la lèvre 
qui descendait iin peu trop bas, et d’un second coup je prolongeai le 
bec-de-liè.vre,en Inut jusque sous la narine. Alors, me portant du côté 
gauche (lii malade pour faire agir les ciseaux de bapt en bas, je pro- 
céd.ii à i’avivemeut, en commençant dans l’iiicision nrêine que je ve- 
nai.s de faire, et cuotiiiuant jiuqu’à 2 millimètres du bord libre de ta 
lèvre. L’avivement se lit avec autant de promptitude et de facilité 
que par la méthode ordinaire , et je n’avais entamé les chairs ni plus 
ni moins ; seulement je pris grand soin de loiiaer parallèlimient 1 angle 
arrondi qui joint le bec d -lièvre au bord labial, afin d’avoir des lame 
beaux paitoiit également épais , et d’arriver près du bord de la lèvre 
dans le i-oint où il e.-t encore horizontal. Pour cela il ialliit de chaque, 
côlé deux coups de ciseaux, l’un qui arrivait jusqu’à l’angle et l’autre 
qui C'iiilournait cet angle, de telle sorte qu’en réalité la plaie a réunir 
se composait de trois sections, dans une direclioii verticale d’abord , 
puis de (dus en plus oblique , sans compter la siirfiiçe spignànte des 
petits lambeaux restés pendauts de chaque côté et qui avaient encore 
une direction diférente ; mais, dè.s l’application de la premiè;e épingle 
que je plaçai tout eu bas de la portion cutanée de l-i lèvre, la réunion 
se fit exai tement ; et comme les petits lambeaux ne tenaient que par 
nu tiès minime pédicule leur renversement de haut en ba.s et leur af- 
rontem.-nt face à face, n’offrit pas la moindre dilficiilté. 

La lèvre étant à la fois très liante et très épaisse , j’ajpulai deux 
autres épingles au-dessus de la première, après quoi je m’ocriip,ii de 
mes lambeaux, iis m’offraient beaucoup plus de subsiancc qii il n’en 
élait be.soin pour combler le déficit de la lèvre j je les taillai donc à 
loi.sir avec les ciseaux, de manière à en garder juste ce que je jugeai 
convenable, et en leur donnant aussi la forme qui me plut. Je les 
réunis alors par deux points de suture entrecoupée tu avant ; un troi¬ 
sième en arrière , et je regardais l’opération comme t nninée , lor?- 
qn’en y jetant un dernier coup d’œil, je m’aperçus que le bord d'un 
de ces petits lambeaux dépassait l’autre peut-être d'un demi-miliimè- 
tro : cela eftt uni à la régularité de la cicatrice ; c’est pourquoi je passai 
de l’un à l’autre une épingle à insecte, l’enfonçant moins dans le 
bord trop saillant et davantage dans l'autre, pour les ramener exacte¬ 
ment au même niveau ; r t, après avoir coupé les pointes de tonies 
mes épingles , sans autre bandage ni appareil je renvoyai le malade à 
son lit, seulement je lui recommandai de s’abstenir de tout mouvement 
des lèvres, et je ne lui donnai que des potages. 

Le deuxième jour, léger gonllemeiit autour des épingles , qui avait 
disparu le lendemain ; le qua'rième jour j'enlevai les épingles et les 
'gdnts suture e^ecoupée. Le sixième jour les fils de suture 
'éntoffillée iimhhrû , laissant yjjif UM cicatrice complète encore rose 
èt tendre , et offrant 'd’àp à deux milfihiètres de largeur. Les jours 
.suivants, elle se recouvrit de peliles croates jaunâtres , qui en se dé¬ 
tachant, la moof raient de plus en [dps srilide et réirécie. Le sujet ayant 
voulu absolument qujlfér l’hôpital le 26 ^éeembre , je fis prendre le 
dessin de Ir lèvre restauiée, et je constalailes détails qui suivent ; 

eitalrice d’union linéaire en baiit; près du jioid muqueux de la lè¬ 
vre, là même ob a éô placée la gre.niftre épingle, elle prend tout h 
coup prè.s de deux rniiiimjètTes de largeur. De là on dirai qu’elle se 
bifurque en manière de V re.nyersé, circoqsciïvant un petit tubercule 
ferme, charnu, losé, sur lequel il est iinpossilile de reronnallre des 
traces de fa cicatrice réelle; et il laut avoir été lémoln de l'opération 
puçr savoir qjie ce tubercule ftst précisément le résultat de l’adosse- 
lUènt des deux petits lamüémiit flottà'nts; que la bifurcation apparente 


de la cicatrice lient au pli de renversement de ces lambeaux, et que 
la véritable cicatrice doit se trouver au milieu même du tubercule. La 
lèvre est plus fournie et plus épaisse du rô'é de l’o^iération que de l’au¬ 
tre. Quand la bouche est f iinée, elle paraît aus.si régulière que s’il n’y 
avait eu là, au lieu d'un bec-de-lièvre, qu’une incision léunie par pre¬ 
mière iiileotion. Quand la bouclio e.st ouverte, la plus grande épaisseur 
de la lèvre frappe aussitôt le.s yeux, ce qui iiaraît tenir surtout à ce 
qu’elle n’ei-t point soutenue et coiripriméc par les dents incisives. 


BIBI.IOGR APIIIE. 

Trailé pralique du pied-bot , dé la fausse ankylosé du genou et 

dp, torticolis ; par le ftoclenr V. Duval , diiecleiir des traitements 

ortbopédi.|nes dans les bOpilaux civils de Paris. —Denxième édition. 

Un V 1. in-S", orné de fmiih s : 1843. Chez Johaunean, boulevard 

Pni.ssnunière, 95 ; cliez J.-B. BdH ère, libraire, rue de l'Ecole-de- 

Wédecine, 17 ; et clu z l’aiileur, à son établissement orthopédique, 

à la porte Maillot, bois de Boulogne. 

L’orlbopé.lie, e t art né pour ainsi dire d'bier, ce mot frappé à son 
origine même au coin de l’illiisioii , puisque créé pour s’appliquer à 
des boiteux et à des bossus, il n’exprime en définitive qu’une chose 
droite {orlhos droit, et pafs enfant ), l’orthopédie, disons-nous, a élé 
depuis peu le sujet de tant de débats amers, de scandaleuses discus- 
cussions, cl, qui plus est, de tant de déboires, qu’on éprouve en vé¬ 
rité quelque gêne seulement à en parler. 

Faiit-il faire de tout cela un roproebe à l’art en lui - môme , pour 
l’insuffisance des moyens qu’il peut forornir, ou bien en accuser les 
personnes qui l’exploitent, pour la coiivoilise que quelques-unes d’entre 
elles ont mise à cette exploitation ? Nous aurions bien des choses à 
dire en réponse à cette question toute de ciicoiistance ; mais comme 
dans Cl tle réponse nous serions malgré nous entraîné à parler beau¬ 
coup plus des hommes que de-^ choses, coiitenton.s-nous de leconnaî- 
tre que si l’<«t proprement d l a des loris, il les a en partie expiés 
par les succès oldenos dans le traitement du pied-bot au moyen de 
la section du tendon d’acliille, un des faits qui, avec la lilhotritie, ho¬ 
norent le pln.s la chirurgie du dix-neuvième siècle. 

L’auteur du livre que nous annonçons, le doci ur V. Duval, peut à 
bon droit revendiquer la plus grande paît de so gloire qui s’attache à 
Cl t opération ; car si, cédant à ce désir si cemmuo aujourd’hui de tout 
déprécier sous le prétexte d’être impartial, ou peut prouver que d'au¬ 
tres avant lui s’ctaieiil placés sur la voie des résultats obtenus par cette 
opératipii, il peut aussi, lui, démontrer, pièces en mains, qu’elle serait 
pent-.êire long-b'inps encore re.slée à l’état de simple théorie, si, mieux 
pénéiré de la valeur des indicalipns rationiu'lles desquelles elle res- 
sortissail, i) ij’axait eu Ip coiir ige de salfrancliir de.s crainles de ses de¬ 
vanciers en posant, le scalpel à la main, toute.s les conditions de son 
cxécnlion. N-os disons Unit cela avec une parfaite connaissance de cau¬ 
se, car mins avons appris de Deip cii Ini-même les doutes qu’il con¬ 
servait à cet égard, et nous avouons en tonte bninilité que, quelque 
imbu que nousfiissinu.s de cette vérilé physiologique dont, nous avions 
des premiers cberebé à faire l’applicatnni au liadeiuenl des difformités ; 
Les os sont des leveers et les muscles des cornes qui les font mouvoir, 
nous ctiuiLs toutefois bien loin encore de pressentir les suites favora¬ 
bles que devaient avoir les premiers essais que fit M. Duval , et aux¬ 
quels nous assislâmes. - 

Quoi qu’il en .soit de tous ces délail.s purement Historiques, M. Du¬ 
val ne f.dl aojoord’hni , ipiant an bied-bot, que publier une seconde 
édition du livre ilans lequel il avait consigné, en 184 ü, les essais dont 
nous venons de darler, et établi la filièje des faits qui lui ont permis 
de porter le Iraiteinciit de C' lie diflormité , par la section du lendon 
d’Acliille, et de plusieurs autres muscles moteurs du pied , au rang de 
tout ce que la Ibérapeutiqne cliiriirgieale po.ssèile de plus rationnel 
dans le principe, de pins simple dons l’exécution et de plus sûr dans 
le résultât. Seulement il a dëfrnit par de nonvclles observations, en¬ 
core plus concluantes, s’il est pos.sible que les premières, le peu de 
doute que quelques es|irits prctcoiis avaient pu conserver de bonne foi 
sur 11 solution <léfinitiv,e de la qne>lion, et réduit à leur juste valeur 
les procédés opératoires que le génie loojoiirs si inventif de la rivalité 
n’a pas manqué, faute de mieux, de proposer au détriment des siens. 
Auesi, quiconque lira ces obserralions, et se pénétrera des développe¬ 
ments dont elles sont le sujet, ne pourra s’empêcher de déplorer qu’il 
y ait encoie des médecins assez peu jaloux de la dignité de notre art 
pour détourner, sous lu prétex'e de quidques succès incomplets qu’ex¬ 
pliquent toujours quelques dispositions exceptionnelles, pour détour¬ 
ner, <lisons-nous, de l'emploi d'un moyen qui a Ions les avantages 
possibles sur les à|qiareils de la vieille orihnpédie, donnant ainsi gain 
lie cause à cette foule d’artisans redresseurs que l’impossibilité légale 
de s’élever ultra crepidam letieiil foicémenl dans rurnière étroite des 
bottines mécaniques. 

Mais ce qui donne un nouveau titre an livre de M. Duval, et pour¬ 
rait à bon droit le laite regarder comiiio une production nouvelle , c’est 
ce qo’d contient sur la fausse ankylosé du genou et sur le torticolis; 
difforimté.s au iraitemeiif des [uelles on n’a pas manqué d’appliquer de 
suite les principes qu’il avait si victorieusement établis et si prompte¬ 
ment popularisés pour le pied-bot. Il avait deux manières de traiter 
tout te qui se rappmle à ces deux questions et smtoiil à leur solulion; 
tes pié'énte.' sons forme de corollaiie- pratiques déduits de l’état ac¬ 
tuel de la science à leur égard, ou bien les prendre à leur point de dé¬ 
part même, et les suivre ainsi dans les progrès que leur ont fait suc¬ 
cessivement s.nbir les d scussions auxquelles elles ont donné lien. Il a 
préféré celte (iernièie manièie, qui a l'avantage d’ôtie plus Jidaclique, 
peimeltaol de s-iis r dans leurs lappoits iialmels la cause et l'effet, le 
principe et la conséquence. Il a eu laisoii ; mais bous regrettons même 
qu’il h’ait pas profité de l’occasion qu’elle lui offrait, qu.mt ^ la fausse 
ankylosé du genou , de fiétrir avec pins de force qu’ii ne l’a fait les 
lentatives aussi barbaies qu’irratiomieJles que le liaitement de cette 
nilf .nnité suggéra il y a quatre ou cinq ans à un médecin de Pontar- 
lier que le dé-ir de la célébrité avait attiré à Paris, aussi bien que les 
manœuvres violentes encore recommandées aujourd’hui par un chirur¬ 
gien allemand dont le nom fait grand bruit. 11 eut ainsi fait re.ssortir 
dayauiage, il nous ■•■emble , la supéiioiité de l’extension graduelle et 
naodérée dont il recommande l’usage, et fait ressortir sa nécessité à la 
siiile de toute opération de lénotomie en général, et en pafliculier à la 
suite de 1 1 section des mrrscles qui tiennent la jambe fléchie sur la 
cuisse. Tout CO qui concerne le torlicolis a été traité avec le même 
■soin que ce qui a trait au pied-bol et à la fosse ankylosé du genou. 
51. Duval a même eu la précaution de faire précéder les inoyèns opéra¬ 
toires qu’il applique à celle troisième difformité, d’une description 
anatomique qui alleste une étude approfondie des parties sur lesqvielles 
peut être porté l’instrument trancliant, et une connaissance parfaite 
des fonctions dévolues pour ainsi dire à chaque fibre qui entre dans 
leur texture. 

Aussi nous ne doutons pas que toutes les personnes , heureusement 
plus nombreu.ses aujourd’hui que nos dissensions ne pourraient le faire 
croire, qui aiment la science pour elle-même et ne jugent un livre que 
par les services qu’il peut rendre à ta pratique, but définitif auquel doi¬ 
vent tendre tons nos eflorts , ne placent l’ouvrage de M. Duval au 
nombre des meilleures productions de notre époque. Ecrit sans re- 
cberclie, c’est-à-dire sans empba.se , mais avec celte précision et cette 
simplicité mélli'rdique qui fixent l’attention sur les objets décrits, il a 
sa place marquée dans la bibliothèque de tout praticien , et il y figu¬ 
rera encore quand les discussions passionnées qu’ont suscitées les ques¬ 
tions à la solulion desquelles il est consacré seront depuis long-tempsu 
grâce à Dieu, plongées dans le plus profond oubli. 













— 4-4 - 


Histoire abrégée de quelques affections qui peuvent occasionner la 
mort subite; par le docteur F.-L. Pichabd. — Broch. in-8" de 90 
pages. 1843. — Chez J.-B. Baillière, libraire , rue de l’EcoIe-de- 
Médecine. 

Sous ce tilre modeste, M. Pichard rient de faire paraître la seconde 
édition d’uiie brochure qu’il avait publiée il y a quelques années, et 
destinée à faire suite à son intéressant mémoire imprimé en 1830 sur 
la Léthargie et les signes qui distinguent la mort réelle de la mort 
apparente. Paraissant s’adresser plutôt aux gens du monde qu’aux 
médecins, cette brochure n'en contient pas moins d’excellents précep¬ 
tes et des avis dont chacun de nous peut faire son profit. C’est un ré¬ 
sumé aussi clair que sagement rais mné de tout ce qui tient à la ques¬ 
tion , et un exposé précis tant des précautions hygiéniques quq des 
moyens thérapeutiques applicables dans l’espèce. Les personnes qui li¬ 
ront celte brochure, trouveront sans doute comme nous que l’auteur 
aurait pu porter ses vues au delà du succès d’estime auquel il déclare 
borner ses prétentions. C. Lach.aise. 



BEVUE 'Ï'HÈKAPEU'Ï'IBUB. 

Transfusion du sang pratiquée avec succès. 

Le sujet de cette observation est un négociant qui était dans l’ha¬ 
bitude de voyager pour les affaires de son commerce. Il avait été vi¬ 
goureux et actif ; mais en janvier 1843, il était faible et maladif de¬ 
puis deux ans. Il avait d’abord éprouvé de la dyspepsie, puis de 
l’affaissement et de l’émaciation, et il était arrivé au dernier degré de 
marasme. Son pouls était devenu filiforme et à peine sensible, le moin¬ 
dre mouvement lui causait des palpitations qui allaient jusqu’à la 
syncope. Cependant la poitrine paraissait en bon état. Il fut convenu 
dans une consultation que te malade aurait recours à un rég me res¬ 
taurant. Malheureusement l’estomac ne supportait les aliments qu’en 
petite quantité, et il finit même par ne plus les supporter du tout. On 
craignait à chaque instant une .‘■yneope mortelle. Dans cette extrémité 
on résolut d’essayer les effets de la transfusion du sang. 

Seize onces de ce liquide furent fouinies par un jeune homme sain 
et vigoureux , et injeclées par M. Clarik dans les veines du malade 
avec foute l’habileté désirable. La vie n parut à l’instant sur les tr.aits 
du malade. Le lendemain il était plu.s fuit ; il se plaignait même d’un 
.sentiment de pesanteur dans la tèle. Quelques légères épistaxis eurent 
môme lieu. Ces faibles accidents se dissipèrent bientôt, et l’appctit 
ayant reparu, le malade put le salislaire à loisir sur une quantité suf¬ 
fisante d’alimenls succulents. De l’eau ferrée compléta la guérison, et 
le malade entièrement rétabli a repris son aelivilé d’autrefois. 

(The medical Times.) 

Observation d’aphonie nerveuse guérie par l’électricité; 
par M. PF.LLEGBinr, deZara. 

Maudurik, âgé de vingt-trois an.s, fort et bien portant, ayant , à la 
suite d’une querelle , tué un camarade le 20 août 1840 , fut incarcéré. 
Trois JOUIS après il eut une violente attaque d’épilepsie , à la .suite de 
laquelle il resta .sans voix. On le traita par les antiphlogistiques , mais 
sans succè.s. En examinant les organes dont les fonctions étaient ainsi 
suspendues, on reconnut que le larynx était immobile, nullement dou¬ 
loureux ; la languè se mouvait difficilement, et était un peu gonllée ; 
elle était légèrement sèche. 

Seize mois après le début de la maladie, on essaya l’emploi de l’é¬ 
lectricité, et on employa une pile de Voltade cinquante couples. Le fil 
zinc fut appliqué sur les premières vertèbres cervicales, le fil cuivre 
sur les côtés de la glotte. Le premier jour, on donna au malade deux 
cents secous.ses; le second jour, trois cents. On employa encore deux 
fois le même appareil ; au bout de ce temps , Maudurik fut pris d’une 
agitation générale très forle, puis éprouva une syncope. Une saignée 
fut pratiquée avec avantage. Le malade fit enleiidre pour la première 
fois une voix enrouée. On recommença les séances avec la pile de cin¬ 
quante couple.s, et après huit séries de secousses appliquées tant à la 
langue qu’aux vertèbres cervicales , Maudurik avait parfaitement re¬ 
couvré la voix et la parole. Cette guérison fut radical • et complèle. 

(Gaz. méd. de Milan ) 



Correspondance. 

Nous insérons la lettre suivante, en l’accompagnant de quel¬ 



ques courtes réflexions ; elles suffiront pour prouver que nous 
n’avons eu aucun tort dans l’interprétation des faits. 

Paris, 21 janvier 1844. 

Monsieur le Rédacteur, 

On vient, à l’instant même, d’appeler mon attention sur un article 
de votre journal (16 janvier 1844). Cet article ayant énoncé des faits 
absolument inexacts sur le différend survenu , à la maison royale de 
Charenton, entre le médecin en chef et moi, je compte sur votre im¬ 
partialité bien connue pour espérer que vous ne refuserez point d’in¬ 
sérer ma lettre dans votre plus prochain numéro. 

1“ La mort d’un aliéné étant déterminée par une affection chirurgi¬ 
cale, le médecin en clref n’est point privé de constater les lésions ana¬ 
tomiques de la maladie. Toujours, en effet, j’ai convié à mes autopsies 
-les médecins de la maison royale de Charenton, tandis que M. Foville 
a fait pratiquer par surprise et à mon insu, l’ouverture d’un sujet mort 
dans mon service; 

2“ Il n’y a jaïuais eu d’arbitrage sur le différend qui existe entre M. 
le médecin en chef et moi (1) ; 

3“ 11 n’est point vrai que la que. iion ait été portée devant le Con¬ 
seil général des hôpitaux (2) ; 

4“ J’ai consulté mes collègues messieurs les médecins et les chirur¬ 
giens des hôpitaux, non-seulement sur la question des autopsies, mais 
encore sur une question de principe dont votre journal ne s’est pas 
occupé, et sur laquelle, par consr'queni, je n’ai pas à lu’expliqiier. Mes 
confrères des hôpitaux m’ont donné une adhésion pleine et entière, et 
m’ont fourni des documents que je reproduirai en temps opportun ; je 
publierai, en même temps, la preuve des faits piécédeiïrment énoncés. 

Telle est. Monsieur, la seule rép mse que j’adresserai , pour le mo¬ 
ment, à l’article contenu dans votre estimai journal. 

Je vous prie. Monsieur le Rédacteur, d’agréer l’assurance de mes 
sentiments distingués. 

Degbise , 

Chirtirgieu en chef de la maison royale de Charenton. 

Une .seule chose nous intéresse encore à dire, c’est que notre 
inteulion n’a jamais été d’établir et de soutenir une sorte de 
prééminence du médecin sur le chirurgien en chef de Cha¬ 
renton. De pareilles idées ne sont plus de notre époque, et ce 
n’est pas dans ce Journal qu’elles trouveraient un écho. Si 
telles étaient les prétentions du médecin, nous approuverions 
sans réserve M. Degnise de ne pas vouloir se souuiettre h une 
omnipotence que rien ne légitime. Mais s’il ne s’agit que d’ad¬ 
mettre le médecin à participer aux autopsies des aliénés morts 
dans le service de chirurgie, nous avons dit et nous soute¬ 
nons que ce serait blesser la justice, les convenances et les 
intérêts de l’art, que de s’opposer à cette prétention. Nous 
soutenons la même chose à l’égard du chirurgien. Le priver 
de participer à l’autopsie des cas chirurgicaux qu’il aurait 
observés, ne serait ni moins injuste, ni moins inconvenant ; 
de sorte que, pour nous, toute la question se réduit à ceci : 
il faut que le chirurgien et le médecin s’entendent et soient 
appi lés simultanément à pratiquer les autopsies. 

Nous espérons que cette manière d’envisager la chose satis- 


(1) Aucune inexactitude ne vient ici de notre part. Des 
arbitres avaient été proposés par l’une des parties et accep¬ 
tés par l’autre. Les arbitres se sont vus fortuitement, et, d’a¬ 
près la lettre de l’un d’eux, que nous avons lue, on pouvait 
et devait croire h un arbitrage. Des explications qui nous sont 
données, il paraîtrait qu’en réalité l’arbitrage n’aurait pas eu 
lieu. Nous laissons aux parties et aux arbitres le soin de se 
mettre d’accord. 

(2) Cette inexactitude n’a aucune importance. La maison 
de Charenton ne dépend pas, en effet, de l’administration des 
hôpitaux, elle est régie par une commission spéciale. C’est de 
cette commission que nous entendions réellement parler. 


fera toutes les exigences, et nous sommes convaincu que les 
honorables contendants s’empresseront de mettre un terme 
à une discussion fâcheuse pour la dignité de tous. 


“ La première épreuve du concours pour l’agrégation, section de 
decine, finit demain samedi. La seconde épreuve Peçon orale après 24 
heures de préparation) commencera mardi prochain. C’est après cette 
seconde épreuve que l’élimination devrait avoir lieu. 

Si nous sommss bien informés, le jury serait décidé à ne pas éli. 

— La nouvelle salle de l’Âcadémie de médecine sera inaugurée, dj(, 
on, à la première séance de mars. 

En attendant, la Faculté de médecine devrait donner à l’Académij 
une hospitalité plus généreuse, en faisant chauffer le poêle de la bi, 
bliotlièque. La salle n’est pas tenahle dans les jours froids. 


NOUVEL APPAREIL ÉLECTRO-MÉDICAL. 

Le nouvel appareil électro-médical de MM. Breton, pour l’application 
de l’électricité en médecine, a atteint, d’après la nouvelle modification 
qu’ils viennent de lui apporter, le plus haut degré de perfection qu’on 
puisse désirer. — Cet appareil, si commode comme manipulation, 
et maintenant si répandu , sera avant peu, nous aimons à le croire J 
entre les mains de tous ceux qui se trouvent à même d'appliquer cet 
agent thérapeutique dans tous les cas utiles qui se présentent si sou¬ 
vent. 

L’usage fréquent que nous avons fait de cet instrument", soit en ville 
soit dans les hôpitaux, où il tunctionne tous les jours, et les heureux 
résultats que nous en avons obtenus dans les paralysies , névralgies et 
généralement toutes les affections nerveuses, nous fait un devoir de le 
recommander d’une manière particulière et spéciale à tous nos con¬ 
frères praticiens qui se trouvent à même de combattre ces diverses 
affections toujours très dangereuses, si elles ne sont promptement et 
vigoureusement combattues. Dans ces cas , l’électricité galvanique est 
employée presque toujours avec succès, et surtout avec l’appareil 
électro-médical, qui permet si facilement de donner peu ou beaucoup 
de tension électrique. Cet instrument, quoique d’un très petit volume, 
produit cependant des effets vraiment incroyables, car les commotions 
sont si furies à leur maximum , que l'homme le plus robu.sle ne peut 
les supporter ; mais cet appareil est si ingénieusement combiné, qu’i 
l’aide d’un petit bouton servant à ia graduation , on peut diminnei 
les secousses de manièr e à les rendre presque insensibles. 

Quand nous avons dit que l’appareil électro-médical était appelé à 
rendre de grands services en médecine, nos prévisions n’étaient point 
exagérées ; et les puissantes preuves que uous pouvons donner aujoor. 
d’hui, peuvent confirmer ce que nous avancions primitivement. Par- 
tout où nous avons eu occasion d’appliquer l’électricité, nous n’avona 
qu’à nous applaudir de l’avoir fait avec l’appai’eil Ëlectro-médical ds 
J/ilf. Breton frères. 


PILULES FERRUGINEUSES DE DLAUD, DE BEAUCAIRE. 

Le dépôt général des Pilules de Blaud, médecin en chef de riiôpilal 
de Beaucaiie, etc., accompagnées de son cachet et de son certificat, 
est toujours à la jiharmacie de M. Colmet-d’Aâge, rue Neuve Saint. 
Merry, 12, à Paris. 


Recouvrement des créances dues à MM. les Médecins et Pharma¬ 
ciens, chez M. Frédéric Becbbet, rue de l’Echiquier, 34. 


Les remerciements que nous adressent toutes les personnes que nous 
envoyons chez madame Breton, nous font un devoir de recommander 
de plus en plus l’usage de ses Bouts de sein et Biberons en tetine. Les 
nombreuses médailles qui lui ont été accordées ssnt des preuves irré¬ 
cusables de la supériorité de son invention. 


M. Béchard, breveté (médaille d’honneur 1843), mérite l’attention 
pour ses Appareils orthopédiques si légers, si élégants et à la fois si 
utiles. Leur emploi est tellement commode, que la plupart des per- 
oniies qui en font usage paraissent oublier qu’elles sont renferroér! 
dans des corsets élastiques ou dans des jambières à ressort. — Ru» 
de Tournon, 15. 


WASJNIEB père et Comp., rue Kcuvc-Ues-petIlis-€I»aiiips, 28. 

CHOCOLATS DYIMIOÜES AU HOÜBLON OU AU NOÏEIL 

Douze tablettes à la livre. — Chaque tablette contient la vale 


n litre d’infusion bien chargée 


Principalement contre l’ASTHME, les CATARRHES, les RH"“’"‘= ooim-• ■■loo 

et les OPPRESSIONS de POITRINE. — A la pharmacie rt 
Ponl-Neaf oit Ton délivre GRATIS la brochure de P " 


ÎS RHUMES, TOUX OPINI.ATRES 
•- --e DAUPHINE, 10, près le 
ASP AIL, sur leur emploi. 


Compendium de chirurgie pratique, 

ou Traité des Maladies chirurgicales et des Opérations 
que ces maladies réclament ; 

Par M. A. Br^RAnn, professeur de clinique chirurgicale 
"à la Faculté de médecine de Paris, etc.; 

Et C. Denonviluers, agrégé et chef des travaux 
tomiques à la Faculté de médecine de Paris, chirur¬ 
gien du bureau central des hôpitaux. 

La 4» livraison vient de paraître. 

Mode de publication : 

Le Compendium de chirurgie pratique se publie par 
livraisons de 160 pages de texte, format grand in-8», 
équivalant à 40 feuilles, imprimées en caractères or¬ 
dinaires et de formai in-4», c’est-à-dire,' à 640 pages 
d’impression ; foutes les fois que des planches sr ront 
jugées nécessaires pour faciliter rintelligence du texte 
elles seront ajoutées. Les livraisons, au nombre de 
douze à seize, formeront trois ou quatre volumes 
grand in-8», imprimés sur deux colonnes. 

Le prix de chaque livraison est fixé à 3 fr. 50 c. 
pour Paris, et 4 fr. 50 c., franc de port, par la po.-te 
On souscrit chez Labé , libraire de la Faculté de 
médecine , place de 1 Ecule-ie-Méderùne , 4 , et chez 
tous les libraires de province. 

Ue Snsrmsînt aï''SSîpi»oi’.a‘ate. 


UTdud'MCOIE 

utile aux malades, blessés, infirmes. — Béquilles, 
appareils à fractures. — Fauteuils mécaniques , cami¬ 
sole de force, lits en fer de différentes manières. — 
Vente et location.— Rue Thévenot ,10 


Prix , 1 fr. — Au Bureau du Journal. 


Traité des Phénomènes électro-physiologiques des 
animaux; par M. MATTEUCCI. 

Suivi de Recherches anatomiques sur le Système 
veux et sur l’Organe électrique de la torpille; par 
M. Paul Savi. 

Un vol. iu-8» avec 6 planch<’s. Prix, 8 fr. 

Paris, Fortin, Masson et Comp., éditeurs, place dt 
"Ecole de Médecine, 1. 


Spécialité des Chocolats Médicinaux. 


M. COLMET D’AAGE, pharmacien, encouragé par 
la faveur que MM. les Médecins accordent aux produits 
fabrique de chocolats, vient d’établir, à la suite 

_pharmacie, des mécaniques en fer poli, une pi- 

lerie à trois pilons et sur pivôt, et une broierie à trois 
cylindres coniques, et mues par un manèg